Chapitre 7 :Journal II / Confidences
« Cher Journal !
Que de choses à raconter depuis la dernière fois !
La plus grande nouvelle, déjà, c'est que Sirius et moi avons arrêté de nous disputer. De l'avis de notre entourage, c'est bien plus reposant. Et puis, on avait peut-être un peu passé l'âge… Bref, ça fait bien calme tout à coup !
Ça fait maintenant deux semaines qu'on est amis. Tu sais quoi ? Si il y a quinze jours, on m'avait dit que j'allais marquer ça, j'aurai cru la personne folle. Mais je l'écris : Sirius Black est sympa. C'est un coureur de jupon, et d'ailleurs je ne sais pas du tout comment ça va finir entre Ely et lui, mais il est sympa. Et on s'entend plutôt bien. Tout de même, ça fait bizarre ! Il s'est même excusé pour la fois où il m'avait fait pleurer.
Deuxième point, justement, le couple Ely/Sirius. Pour l'instant, ça va, et Ely m'a dit qu'hier soir, ils avaient couchés ensemble. Evidemment, elle était enchantée, et je suppose que ce n'était pas sa première fois, à lui. Alors qu'à elle, si. Mais elle ne regrette rien, d'après ce qu'elle m'a dit. Ça fait un peu étrange quand même, et j'espère que maintenant qu'il a conclu avec elle, il ne va pas la plaquer… Je fais confiance au Sirius que j'ai découvert pendant ces deux semaines.
Donc, maintenant, dans tous mes amis plutôt proches, il y a Ely/Sirius, et James/Lily. Ces deux-là, décidément, qu'est ce qu'ils ont bien assortis… Et qu'est ce qu'ils s'aiment… ça crève les yeux. Je me demande ce que ça va donner… j'ai un pressentiment en les concernant : je n'ai pas l'impression que ça va bien finir.
Enfin, je dis « 2 couples », mais je suis sure que Thomas et Kristie ne vont pas tarder à sortir ensemble. Du moins, j'espère ! Oui, j'espère tellement…
A oui. Il s'est passé quelque chose de très…. Enfin voilà : Louis et Thomas avaient trouvé une bouteille de Pur-Feu dans le placard d'un des Serdaigle, et au lieu d'en profiter seuls, ils sont venus nous chercher toutes les trois. Je sais, c'est interdit de boire comme ça dans Poudlard, mais, comme ils disent en Angleterre : NO MATER. Autrement dit, on s'en fout. Du moins, ce n'est pas très grave… Bref.
Après avoir bu quelques gorgées, on est sorties de leur chambre, et j'avais oublié ma baguette dans la chambre des garçons, donc j'ai fait demi-tour toute seule, et j'ai trouvé Louis derrière moi. IL était venu me la rapporter. On était tous seuls dans les escaliers, et peut-être un peu trop proches… Alors on s'est embrassés. Whisky aidant, c'était assez torride. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais le plus important y est. Ses mains, nos mains se baladaient l'un sur l'autre. Et puis, on s'est séparés. Et j'ai dit :
Ça fait un bout de temps que j'en avais envie… Mais sincèrement, même si c'était génial, je ne pense pas qu'on devrait sortir ensemble…
Le miracle, c'est qu'on était sur la même longueur d'onde. Lui aussi avait envie de moi. Ok, ça fait vraiment étrange à écrire, mais c'est ce qu'il m'a dit. Et il a rajouté qu'il n'était pas le seul, à avoir « envie de moi »…
Ben dis-moi…
Je n'arrive pas à dormir.
Je crois que je vais aller faire un tour dehors, moi…
Leane Brogworth, qui décidément n'arrête pas d'enfreindre le règlement… On va dire que c'est pour le nouvel an qui vient de passer ! - 4 janvier 23 : 57 PM. »
JOURNAL ! JOURNALLLLLL !
Je suis donc sortie dehors. Et je n'étais pas toute seule. COMME PAR HASARD, je pensais que ce genre de truc n'arrivait que dans les films, il y avait un jeune homme aux yeux bleus foncés… Devine qui.
Je me suis approchée. Il s'est retourné, il m'avait entendu. Mais tu sais, ce n'était pas le Sirius de d'habitude. Celui-là, j'avais envie de le serrer dans mes bras pour que ses yeux reprennent l'éclat de joie qui les habite normalement.
Alors, j'ai demandé, comme une idiote :
Ça va ?
Non mais franchement ! Il avait l'air d'aller peut-être ? Pour me rattraper, j'ai continué :
Non, c'est bête ma question… ça va pas, c'est évident. Tu sais… si tu veux, tu peux me parler. Je sais qu'il y a seulement deux semaines, on avait envie de se sauter dessus, mais ça a changé… Et crois-moi, quand on ne se sent pas bien, il faut parler à quelqu'un. Evidemment, pas à moi forcément, hein ! Mais perso, j'ai un journal. Parce que personne n'a jamais pris le temps de m'écouter… Alors je ne vais pas commencer à te raconter ma vie, je te dis juste que si tu veux parler, je suis là.
Pendant longtemps, très longtemps, il m'a regardé sans rien dire. J'avais l'impression de passer au radar. Peut-être qu'il a pensé que je rigolais quand je lui ait dit qu'il pouvait se confier à moi, mais pas du tout. Non, il pouvait VRAIMENT se confier à moi. J'étais très sérieuse. Et il l'a lu dans mon regard, ça. J'en mettrais ma main au feu.
D'une voix qui chuchotait presque, il m'a raconté :
Ce que je vais te dire, personne ne le sais. Je ne sais pas pourquoi je te le dis à toi. C'est peut-être parce que toi aussi, tu as un problème dans ta famille. Je ne sais pas ce que c'est mais t'en a un, ça c'est sur… Je ne sais pas trop par où commencer.
« L'été dernier, je suis parti de chez moi. Chez moi, tu sais, ce sont tous des Serpentards. Ils parlent des nés-moldus comme d'esclaves, ils sont… ils sont répugnants. En étant envoyé chez Gryffondor, c'est un peu comme si je signais officiellement mon renvoi de la famille, si tu veux… Tu les connais. Bellatrix, Narcissa, Lucius… Tous ceux là sont chez moi comme chez eux. Et cet été, je suis parti. Définitivement. Je suis allé chez James. Chez qui d'autre aurais-je été si bien accueilli ? James, c'est mon frère. Cent mille fois plus que Regulus. Sa famille ne m'a pas posé une seule question. On est partis ensemble à Poudlard, et là bas, j'ai passé le plus bel été de toute ma vie.
Sa famille est extra. Ils sont tous gentils, ses parents aiment leur fils plus que tout au monde… Je devrai être jaloux de Cornedrue… Mais je ne peux pas. Ce n'est pas dans ma nature. Tout ce qu'il a, il le mérite. Tu le connais pas, toi, pas autant que moi, mais je t'assure qu'il est le meilleur ami que je ne pourrais jamais avoir.
Mais tu sais… Si tu peux savoir comme c'est dur tout ça.
Il s'est interrompit, et, pour l'encourager à continuer, j'ai pris sa main dans la mienne, et je lui ait demandé, tout doucement de continuer.
Encore une fois, il m'a regardé, et il a poursuivit :
« C'est dur de ne pas être aimé par sa famille. Devant les Maraudeurs, je fais comme si je m'en fichais. Tu sais, ce sont des Serpentards de la pire espèce, tous… Ma mère ne m'a jamais aimé. Je pense qu'en me voyant grandir, elle a du comprendre que je ne serai pas comme elle. Je n'ai pas de famille. C'est les Maraudeurs et les Potter, ma famille. Mais on aura beau dire, il manque quelque chose… Normalement, les gens ont les deux. Une famille de sang, une autre de cœur. Je n'ai pas celle de sang. Ou plutôt, je l'ai, mais elle me renie. Parfois, j'aimerai être Regulus, mon frère, pour voir ce que ça fait d'être accepté… ça me brise le cœur, sur le quai de Poudlard, quand je vois toutes ces familles, ces frères et sœurs, tout cet amour…
Tu me reproche souvent d'être un briseur de cœur, un dragueur, un coureur de jupon. C'est pour avoir de l'amour autour de moi, que je suis comme ça. Si tu pouvais savoir comme ça me pétrifie, la pensée d'être seul… Donc je multiplie les conquêtes pour combler l'amour que ma mère n'a pas su me donner…
Tu te rappelle, pendant le cours de défense des forces contre les forces du mal, on nous a parlé d'un miroir, le miroir du Risèd, qui montre à celui qui se regarde dedans ce qu'il désire le plus cher au monde… Et le prof a rajouté que dans la salle, très peu devaient savoir ce qu'ils y verraient… Moi, je sais. Je m'y verrai, entouré d'une vraie famille, comme celle de James.
Alors oui, c'est pour ça que je suis comme ça avec les filles. Pour combler ce manque d'affection.
Quand je viens ici, au bord du lac, je pense à ce que je veux devenir dans la vie, à ce que je vais faire… Mais ça me terrifie, parce que je n'en ai aucune idée… Toute ma vie, elle est dans ce château. J'y ait tout appris… Je ne veux pas avancer… J'ai trop peur de tout perdre pour penser à après, à ma vie d'adulte.
Tu penses que j'ai trop d'amour, que je suis trop aimé, mais non. Tu sais combien c'est dur de se construire tout seul ? Depuis que j'ai onze ans, ma mère ne me parle plus, ne me fais plus à manger. Avec mon père, ils parlent des Sang de Bourbes, comme ils les appellent. A onze ans, on est quoi ? Encore un enfant… Je n'ai pas eu de câlins, de compliments, de félicitations… S'il n'y avait pas eu Peter, Remus, et James, je ne sais pas ce que je serais devenu… Je suis tout seul, sans avenir, et ce rejet, il me hante…»
Il a arrêté de parler. On s'est regardé. Dans ses yeux, pendant une fraction de secondes, j'ai vu le petit garçon qu'il avait du être.
Sirius, tout ça, c'est derrière toi, maintenant. Tu as vécu des choses, dures, oui, tellement dures, et la preuve c'est qu'elles continuent à te poursuivre cinq ans après… Mais c'est fini. Tu l'as trouvé, ta famille. Ta famille, c'est les autres. C'est tes amis. Ils sont là, pour toi. Tous. Je ne sais pas si tu te rends compte de ce qui vous unit. Même si tu ne me le dit pas, je sais que quelque chose vous attache les uns aux autres. C'est très fort, tout ça. C'est bien plus qu'une amitié normale…
Tu as du comprendre des choses beaucoup trop tôt, dans ta vie. Le manque d'amour, la solitude, la peur d'être seul, le fait que toute une famille peut rejeter un petit garçon qui n'a rien demandé, les pleurs, la tristesse. Mais maintenant, tu as dépassé tout ça. C'est fini.
Je pense que ce qui t'empêche d'avancer, de penser au futur, c'est que tu as peur de perdre ce que tu as déjà. Tu ne vas pas le perdre, tout ça, c'est en toi, et même si c'est plus dans Poudlard, vous allez tous vous revoir. ON va tous se revoir. Les sentiments, ce n'est pas comme des pastels, ça s'use pas quand on les utilise ! Ça se renforce. On va tous grandir. Mais même si on va plus être collés les uns aux autres comme ici, on va toujours être aussi unis. Toi, ce que tu as vécu, ça va faire que tu ne commettras pas les erreurs que tu as vues… Même si ça fait mal, et je connais ce sentiment, ça te prends dans les tripes, dans le cœur et dans la tête, même si ça fait mal, ça va te faire avancer. Parce que tu ne peux pas rejeter ça. C'est en toi, et tu ne peux pas changer ce que tu es. Ça fait le type que t'es aujourd'hui… Et je te comprends. Tu ne peux pas savoir à quel point !
Pour la troisième fois, nos regards se sont mélangés. J'ai remarqué que ma main était toujours dans la sienne. Il s'est levé, il semblait perdu dans ses pensées. J'ai compris qu'il préférait être tout seul pour le moment. Avant de lâcher sa main, je l'ai serrée, très fort. Au moment où j'allais me retourner, il m'a sourit. Sourire auquel j'ai répondu.
Là, dans mon lit, à t'écrire, je pense à Sirius… Si seul finalement… Quand je pense à notre relation antérieure, ça me tue. On n'arrêtait pas de s'engueler ! Finalement, on a plus de points communs qu'il n'y parait. Ce que je ne lui ait pas dit, c'est que quand il m'a raconté son passé, j'ai été bouleversée… Il paraissait si… torturé. Mon dieu, que tu es beau, Sirius, quand tu es triste…
Par Merlin, je suis comme les anglais disent : EXHAUSTED. Si je pose pas ma plume maintenant, je vais m'écrouler dessus. Je viens de relire ma dernière phrase « Mon dieu, que tu es beau, Sirius… » Je dois être vraiment, vraiment fatiguée pour écrire une phrase pareille…
Bonne nuit, petit Journal de mon Cœur 3
