Chapitre 14 : Fin d'année

Ça y est, Journal, c'est la fin des cours. Je suis dans le Poudlard express. L'année prochaine, c'est ma dernière année.

Je devrai me réjouir. Je devrai penser au mois de juillet, où je vais en Equateur avec ma mère, au mois d'aout, où je vais en France chez Elysabeth avec Kristie.

Oui, je devrais me réjouir. Je devrais même être hystérique à la pensée de ces deux mois !

Pourtant, j'ai un poids dans le cœur. Mais c'est pas comme celui que j'avais au temps où mon père me battait. Il est différent. Là, j'ai l'impression d'avoir un trou dans la poitrine. Je n'ai pas peur, pas honte comme avec Papa.

C'est juste que quand je vois Sirius, j'ai envie de pleurer.

Je le déteste. En fait, j'aurai du me fier à ma première impression sur lui. Je suis idiote.

Tu sais, Journal, je le déteste, mais je ne peux pas m'empêcher de penser à lui, tout le temps. Je ne savais pas que c'était possible d'aimer et de haïr la même personne, en même temps.

Tous m'ont demandé pourquoi j'étais si froide envers Sirius. Qu'est ce que je pouvais leur répondre ? Alors j'ai souri, j'ai dit que je ne souhaitait pas en parler. Que Sirius savait très bien pourquoi je lui en voulait. Et je fais comme si je m'en fichait. Je rigole, je vis, je parle, etc.

Il n'est pas venu me voir. Il n'a pas tenté de me parler. DEPUIS UNE SEMAINE, IL N'A MEME PAS OSE ME REGARDER. Ça veut dire que ce qu'il a dit, il le pense vraiment. SIRIUS BLACK ME DEBECTE.

Si tu pouvais savoir combien ses paroles résonnent en moi… « Toi ou une autre, c'était pareil. » Il n'en avait rien a fiche de moi, à partir du début. J'ai réalisé qu'on avait arrêté de se chamailler qu'après que je me sois « relookée ». Si ça se trouve, depuis le commencement, il n'a qu'une idée en tête : que je couche avec lui. Mais non, non, tu vois, moi, il ne m'aura pas sur son tableau de chasse.

Je suis bête de marquer ça. Il s'en fiche de moi.

La blessure qu'il m'a faite est encore ouverte, et tu ne peux pas imaginer la douleur qu'elle me fait, en permanence, et encore plus quand je le croise.

J'ai été idiote de lui raconter, pour mon père. Comme il me l'a si bein dit, mes « histoires de familles, de parents », il « s'en fout ». C'est un peu comme si je lui avait donné un couteau pour me tuer. Je lui ai ouvert mon cœur, et, dès lors, rien n'a été plus facile que de le détruire.

Il n'a rien fait, rien dit. Il n'a pas cherché à me parler. Il n'ose même plus me regarder, cet idiot.

Jamais plus, au grand jamais, je ne lui ferait confiance. Même si, (on sait jamais) on se réconcilie un jour. C'est fini, fini.

Je n'avais jamais éprouvé de tels sentiments envers quelqu'un. Tu vois bien que l'amour ne sers qu'à souffrir

Je sais que je l'aime encore, plus que tout. J'ai envie de l'entendre rire, de l'écouter, de le toucher. J'ai envie d'être avec lui. J'avais tout fait pour n'être dépendante de rien. J'avais réussi. Et puis, petit à petit, il est arrivé, et il a tout bousillé. J'ai besoin de lui… Je ne suis pas entière, sans lui. Pourtant, je DOIS le haïr, pour ce qu'il m'a fait.

Je le haïs. Il m'a trahie. Il a trahi ce que je lui avais donné – à savoir ma confiance.

Il s'en fiche.

Tant de certitudes ce sont écroulées, tant de choses.

Leane, il faut te reconstruire. Il le faut. Il faut continuer à vivre, d'accord ?

D'accord, Leane, d'accord. Je survivrai. Après tout, j'en ai vu d'autres…

L.B - Dernier jour de 6e année. Date ? XX Tous les jours se ressemblent.

Leane referma son Journal d'un coup sec. Dans le wagon, les Maraudeurs et Lily venaient d'entrer.

Qui dit « Maraudeurs », dit Sirius Black. Elle lui jeta un rapide coup d'œil, et son cœur se remit à battre la chamade.

« Je le déteste, je le haïs, c'est un idiot, un crétin… »

Elle s'enferma dans son silence pendant que Louis, Kristie, Thomas et Ely faisaient la conversation avec entrain aux nouveaux venus.

Comme ces derniers ne semblaient pas vouloir partir, elle se prit de passion pour le paysage qui se déroulait sous ses yeux, et lâcha totalement la conversation entre ses amis.

Leane, tu es bien silencieuse aujourd'hui…, s'exclama Lupin

Moi ? Quoi ? Ah euh… Oui, désolée. Vous parliez de quoi ?

De nos vacances, Leane. T'es sure que ça va ?

Oui, oui, désolée, j'étais plongée dans mes pensées.

La conversation reprit, et cette fois-ci, la jeune fille y prit part. Après tout, ce n'était pas parce qu'elle était disputé avec un imbécile profond de garçon aux yeux bleus qu'elle devait se refermer sur elle-même.

James, d'ailleurs, la fit mourir de rire en racontant une anecdote sur ses parents.

Elle ne remarqua même pas le coup d'œil que lui jeta Sirius quand elle se mit à rire. Leane avait décidé d'arrêter de l'aimer. Même si pour l'instant, elle n'avait qu'une envie, celle d'embrasser le jeune homme, elle se refusa d'y penser.

Malgré ce qu'elle avait écrit quelques secondes plus tôt dans son journal, la page était tournée …ou presque !