'TITE ANNONCE
Au fait, j'ai oublié de préciser dans le premier chapitre... cherchez pas où se trouve Lutécie, c'est une ville que j'ai inventé. C'est plus facile comme ça ;)
Ooh, mais que va-t'il se passer ensuite? Votre main s'avance irrémédiablement vers le parchemin noté "2"...
Parchemin n.2 – Un étrange personnage
C'est en sanglots et toute tremblante que Mashiro se réveilla. Elle mit plusieurs minutes à retrouver son calme.
Une fois à peu près calmée, Mashiro s'assied sur son lit et jeta un coup d'oeil à son réveil. Il était trois heures du matin. La jeune femme enfouit son visage dans ses petites mains, les sanglots la secouant à nouveau: c'était comme ça quasiment toutes les nuits. Ce même cauchemar qui la hante depuis deux ans. Depuis ce fameux jour...
C'est pour ça que Mashiro s'efforçait de vivre une vie normale d'étudiante ici, en France. Le jour, les cours et le travail parvenaient à occuper son esprit, mais une fois la nuit tombée, elle ne pouvait plus lutter contre les démons du passé.
Et pour ne rien arranger les choses, la Lune était cachée derrière les nuages. Comme ce jour.
Mashiro décida de se lever. Après tout, elle était certaine qu'elle n'arriverait pas à se rendormir.
Alors qu'elle se brossait les dents devant son miroir, dans la salle de bain, la jeune fille aperçut un rouleau de parchemin entre deux pots de crème, le tout rangé sur l'étagère à côté du lavabo. Intriguée, elle finit de se laver les dents et se saisit du rouleau, qui s'avère être une reproduction d'un parchemin relatant la Légende de Shiranui. Mashiro pouvait facilement le reconnaître grâce au cordon fait de fil d'or qui maintenait le parchemin fermé.
Mashiro soupira. Les Dieux veulent-ils vraiment la torturer?
Mais malgré tout les mauvais souvenirs que cela lui rappelait, elle ne résista pas à l'envie de le lire. Elle connaissait déjà l'histoire par coeur à force de l'avoir lu et relu, mais relire les mots et revoir les superbes illustrations la passionnaient plus que tout, comme si elle espérait découvrir, cachée derrière ces lignes et ces images, un secret...
On raconte que Shiranui était la première réincarnation d'Amaterasu sur Terre, envoyée afin de vaincre Orochi. Lorsque Shiranui fit son apparition, le démon à 8 têtes régnait en Maître absolu et terrorisait le village de Kamiki où chaque année, il venait réclamer son sacrifice, à chaque fois une jeune fille. Shiranui faisait de son mieux pour aider les habitants mais malheureusement eux ne le voyaient pas d'un bon oeil. Comme ils ignoraient que c'était en réalité la déesse Amaterasu (et c'est d'ailleurs pour cela qu'ils l'ont surnommé Shiranui, ce qui signifie Majesté de Lumière Blanche), ils le considéraient comme un messager d'Orochi, car à chaque fois Shiranui était vu rôdant autour de la maison du prochain sacrifice.
Le jour funeste arriva alors; Orochi décocha sa flèche qui vint se planter dans le toit de la maison de la prochaine victime, une jeune femme nommée Nami. Mais pour l'homme qui était tombé amoureux d'elle, le guerrier Nagi, c'en était trop. Ne voulant pas voir sa bien-aimée finir en repas pour démon, il décida de prendre sa place en revêtant le kimono blanc de sacrifice, déterminé à exterminer Orochi.
Les sacrifices féminins sont essentiels pour Orochi, car ils lui permettent de renouveller sa force vitale et de rester ainsi immortel. Ainsi, telle ne fut pas sa colère lorsqu'il remarqua que le sacrifice qui lui fut apporté n'était pas la jeune femme qu'il avait choisi, mais un homme fou de rage et clamant qu'il était venu le détruire. La bataille s'engagea; mais Orochi était beaucoup trop fort. Alors que Nagi, gravement blessé, s'apprêtait à abandonner, Shiranui lui vint en aide; le majestueux loup blanc fit appel à la puissance de la Lune, redonnant ainsi ses forces à Nagi. L'homme et l'animal combattirent fièrement côte à côte et, après une lutte acharnée, parvinrent enfin à vaincre et à sceller Orochi.
La paix fut ramenée à Kamiki, mais cela avait un prix; Shiranui n'était pas sorti indemne de la bataille, mortellement blessé par le poison d'Orochi. Nagi le ramena alors à Kamiki où, tout doucement, la vie quitta le corps du loup...
Les exploits de Shiranui et de Nagi ne demeurèrent pas sous silence; les villageois, commencèrent par ériger une statue en l'honneur de Shiranui afin de le remercier pour ce qu'il a fait, et le récit des faits se transmirent de génération en génération. Les dieux retrouvèrent leur pouvoir et leur gloire d'antan, grâce à la foi renouvellée des humains.
Shiranui avait triomphé d'Orochi... mais elle, Mashiro, avait lamentablement échoué face à lui. Elle aurait pu sauver toute ces vies innocentes...
Ce grave incident n'avait bien entendu pas échappé aux Dieux; et par l'intermédiaire de Sakuya, ils retirèrent à Mashiro tout ses attributs divins, y compris ses pouvoirs. Mashiro avait perdu la confiance des Dieux, mais pas seulement; même les mortels ne la croyaient plus. Autrefois future déesse promise à une grande destinée, elle était maintenant à leurs yeux qu'une impostrice, voire pire, une messagère d'Orochi qui aurait volontairement libéré le démon.
Mashiro se regarda une derrière fois dans son miroir, ses yeux marrons encore rougis fixant son reflet. Elle n'envisageait même pas de prendre son petit-déjeuner, car se rappeler de ces mauvais souvenirs avait suffi à lui nouer l'estomac et à lui couper totalement l'appétit, mais peut-être qu'un peu d'air frais l'aiderait à s'en remettre. Elle quitta la salle de bain d'un pas lourd et s'empara des vêtements qu'elle avait préparé la veille, soigneusement pliés sur la chaise. Après un ultime passage devant son miroir afin de s'assurer qu'aucune mèche de cheveux ne dépassait de son bonnet, elle rejoignit l'entrée afin d'y enfiler ses chaussures et son manteau, puis referma la porte de l'appartement derrière elle.
Le soleil n'avait pas encore pointé le bout de son nez, et il restait encore un peu de brume. Certes, c'était plutôt étrange pour une jeune fille d'aller se promener à quatre heures du matin dans la rue, surtout qu'il fait toujours nuit, mais Mashiro aimait bien cela. Les rues sont totalement vides et silencieuses, tout le monde étant encore en train de dormir. Il n'y a donc personne pour lui jeter des regards du genre "oh! Une bête de foire!". C'est comme si Mashiro se sentait seule au monde, ne serait-ce que pour quelques instants.
Après quelques minutes de marche dans le froid, Mashiro s'arrêta sur un pont et regarda l'immense étendue d'eau se trouvant en dessous de la structure. Fermant les yeux, elle écouta les crépitements que faisaient les vagues provoquées par le vent, le chant du vent accompagné par toute une chorale d'oiseaux bien matinaux...
La jeune fille prit une profonde inspiration.
Chiriyuku hanabira ga machi wo irodoru kedo
Saigo no toki na noto kaze ga oshiete kureta
Kisetsu wa mawaru kara shinpai wa ira nai to
Ano toki yokogitta tsuki ga terashite kureta
Itsumo onaji namida bakari nagashi tsuzukeru
Nakusa nakereba kiduka nai kara
Tada hitotsu negai ga kanau no nara
Kinou no jibun ni "Sayounara"
Kawara nai omoi ga aru no naraba
Itsuka sakura no shita de
Depuis son arrivée en France, Mashiro a eut l'occasion de développer sa passion pour la musique. A l'époque où elle était encore à Kamiki, la musique faisait partie de son apprentissage. Il s'agissait bien entendu de musique traditionnelle japonaise, et Mashiro a appris à maîtriser le koto. Maintenant qu'elle est seule, elle a pu élargir ses connaissances musicales; et telle ne fut pas sa suprise de constater que même les artistes de son pays d'origine utilisaient des instruments électroniques, de nouvelles méthodes de chant, etc... pour faire de la musique. C'est là que Mashiro prit pleinement conscience que, même après avoir appris des tas de choses durant son enfance... et bien en fait, elle avait encore beaucoup de chose à apprendre et à découvrir.
Taisetsu na inori ga todoku you ni
Kyou mo utai tsuzukete yuku
Sagashiteta kotae wa kitto aru to
Sotto oshiete kureru
Tada hitotsu negai ga kanau no nara
Toki wo koete todoketai
Kawara nai omoi ga aru no naraba
Itsuka sakura no shita de
Taisetsu na inori ga todoku you ni
Kyou mo utai tsuzukete yuku
Sagashiteta kotae wa kono ni aru to
Sotto oshiete kureta
Kanashimi wo Resetto shite...
Mashiro commencer à frissonner. Il commençait sérieusement à faire froid, mais la jeune femme se sentait mieux à présent. Elle décida de retourner chez elle et de quand même avaler quelque chose, car même si aujourd'hui les cours commençaient en début d'après-midi, il lui faut quelque chose dans le ventre histoire de pouvoir tenir toute la matinée...
C'est avec le sourire et le coeur léger que Mashiro retourna chez elle. Plus qu'une après-midi de cours, et c'est le week-end. Elle avait hâte d'aller au cinéma avec Aki pour aller regarder le dernier film qui venait de sortir. Tout se passera bien désormais, pensait-elle.
~.o.O.o.~
Le premier cours de l'après-midi était consacré... aux mathématiques, une fois de plus. Alors que Aki et Mashiro descendaient les escaliers afin d'aller rejoindre leur place habituelle, aux tout premiers rangs, Mashiro aperçut les deux étudiants de la veille assis côte à côte, près de l'allée. Tous les deux lui jetèrent un regard de mépris... Mashiro n'aimait pas ça du tout.
Mais une fois que le cours commença, la jeune femme laissa ceci de côté pour le moment, essayant de se concentrer sur ce que le professeur disait et de ne pas s'endormir. Finalement, Mashiro sentit ses yeux s'alourdir irrémédiablement au bout de quelques minutes... cela est dû à la partie animale qui réside dans ses gènes. Car même si Mashiro n'a plus ses pouvoirs, elle reste moitié louve, ce qui la conduit des fois à adopter des comportements bizarres... et là par exemple, écouter quelque chose de long et d'assez incompréhensible a tendance à l'ennuyer et à l'endormir. Ses yeux se fermèrent... non! Il faut qu'elle tienne le coup!
"- Vous faites un concours de celui ou celle qui tiendra le plus longtemps possible sans s'endormir?"
Mashiro sursauta légèrement.
"- Hum? Qu'est-ce que tu veux dire?"
Aki regardait successivement son amie et les rangs du fond. Cela piqua la curiosité de Mashiro qui tourna la tête afin de chercher ce que son amie regardait.
- Et pourquoi "vous"?, demanda-t-elle, ne comprenant toujours pas.
- Tu ne vois pas? Ton nouvel ami...
- Mon...
Mashiro regarda une nouvelle fois en arrière et comprit cette fois-ci. Elle parlait du garçon aux cheveux longs. Celui-ci était assis au dernier rang, comme d'habitude, et somnolait. Continuant de le fixer, Mashiro voyait qu'il luttait contre le sommeil, se resaisissant à la dernière minute avant que sa tête ne heurte la table.
- Combien de temps va-t'il tenir? chuchota Aki, excitée comme si elle assistait à la projection d'un film à suspens.
Mais au bout de quelques secondes, il finit par abandonner; il croisa ses bras sur la table afin de s'en faire un coussin, y posa sa tête et s'immobilisa.
- Ah, fit Aki, légèrement déçue. Ca n'a pas duré longtemps...
Quant à Mashiro, elle retourna à son bloc-notes, riant légèrement. Elle en avait la certitude, c'était un garçon étrange mais... plutôt amusant.
Mashiro ne vit pas le temps passer, si bien qu'elle fut plutôt surprise lorsque le professeur annonça la fin du cours. Le dernier cours de la soirée. A peine le professeur leur souhaita un bon week-end que Aki se leva d'un bond et rangea ses affaires.
- Désolée Mashiro, on pourra pas rentrer ensemble ce soir, j'ai des choses urgentes à faire... Bien entendu, ça tiens toujours pour le ciné de demain, d'ailleurs j'avais prévu qu'on... tiens, il se passe quelque chose là-haut.
En effet, le tumulte habituel provoqué par les étudiants en fin de cours s'était atténué, et tous regardait vers le haut, le fond de la salle, aux derniers rangs.
L'estomac de Mashiro se noua; le garçon aux longs cheveux était aux prises avec les deux étudiants de la veille. Bien que plus petits que lui, ils le toisaient du regard, un regard plein de mépris et de menaces. Puis l'un des étudiants le saisit violemment par le col, lui proférant des menaces au visage que Mashiro parvenait parfaitement à entendre.
- Ce soir, comme promis, on va te faire la peau. Tu vas voir, ça va cogner!
Quant au garçon, il ne semblait nullement appeuré et regardait ses agresseurs avec une expression des plus indifférentes. Un surveillant, alerté par ce qui était en train de se passer, accourut pour les séparer; et il les prévient fermement que toute bagarre est formellement interdite dans l'enceinte de la faculté et que, s'ils veulent régler leurs comptes, qu'ils le fassent dehors. L'étudiant lâcha le garçon, et tous les trois se dirigaient vers la sortie d'un pas ferme et décidé.
Mashiro rangea précipitemment ses affaires. Le garçon va avoir de gros ennuis, et elle est presque certaine que ça a un rapport avec l'incident de la veille et l'absence des deux étudiants durant toute la journée. Peut-être que si elle intervenait, elle parviendrai à calmer les choses. Mashiro ne prit même pas le temps de passer la bandoulière de son sac au dessus de son épaule, le tenant à la place bien serré contre sa poitrine, et quitta la pièce en toute hâte.
- Cours! Va sauver ton prince charmant! entendit-elle crier derrière elle.
Cela fit rougir Mashiro, mais elle n'avait pas le temps de répliquer à son amie. Ce n'est pas grave, elle lui enverra un message une fois rentrée à la maison. Pour l'instant, elle priait pour qu'il n'y ait pas de bagarre entre les garçons...
Mashiro détalait les couloirs en essayant de courir le plus normalement possible. En général, elle peut courir aussi vite que le vent et à une vitesse incroyable, mais là il y'avait beaucoup de trop de monde pour le faire... toutefois, elle se retrouva face à un couloir désert et là, elle n'hésita pas: se penchant légèrement en avant, elle traversa le couloir long de plusieurs mètres en à peine quelques secondes, ses pieds touchant à peine le sol.
La jeune femme atteignit enfin la sortie. A travers la porte vitrée, la rue était sombre en raison de la nuit tombée. Mais Mashiro ne les voyait pas... Inquiète, elle sortit et, ne prêtant aucune attention au vent glacial qui vint la taquiner, elle scruta avidemment les environs. Où étaient-ils passés? Sont-ils encore dans la faculté?
Elle entendit soudainement des cris. Cela provenait de l'autre côté du bâtiment et, bien que lointains, la jeune fille reconnaissait ces voix. Ils ne voulaient donc pas que les autres étudiants les voient. Sans hésiter, elle contourna la bâtisse et ne mit pas longtemps à les retrouver: ils étaient bien là, debouts sur le trottoir. Mashiro s'arrêta, un peu désorientée par la scène qui se déroulait devant elle: tandis que les deux étudiants, apparemment furieux, lançaient des menaces au garçon, celui semblait plutôt faire la sourde oreille. Calme et décontracté, il semblait ailleurs alors que les deux autres s'acharnaient et s'insurgeaient contre lui. Comme si... pour lui, il était absurde que ces deux-là viennent le déranger pour une histoire pareille.
L'un des étudiants finit par comprendre qu'au final, leur cible ne s'intéressait nullement à leur histoire. Il posa ses deux mains sur la poitrine du jeune homme et le poussa violemment. Le garçon aux cheveux longs, déséquilibré, tituba en arrière et manqua de tomber, mais il se rattrapa habilement.
- Oh, je vois... dit-il d'un ton sarcastique. Si vous le prenez comme ça... Allez, amusons-nous un peu!
- Non mais pour qui tu te prends? s'écria l'autre étudiant.
- Moi? Ben pour moi-même, quelle question...
Cette réponse l'enragea encore plus.
- Hé, toi! lança-t'il à son ami, aide-moi!
Le premier n'eut pas besoin qu'on le lui dise deux fois; il se plaça derrière le jeune homme, lui attrapa les deux bras et les bloqua derrière son dos, lui empêchant ainsi de bouger, et encore moins de s'échapper. Quant à l'autre, il leva son poing, prêt à frapper...
Mashiro remarqua alors une lueur de panique briller dans les yeux du garçon aux cheveux longs. Il n'avait pas prévu cela, apparemment...
- Arrêtez!
Tous les trois s'immobilisèrent et tournèrent la tête dans la direction de la jeune fille, une expression de surprise mélangée à de l'étonnement se dessinant sur leur visage. Mashiro fixait l'étudiant qui s'apprêtait à frapper droit dans les yeux. Au fond, elle n'était pas du tout rassurée, mais elle essaya de paraître menaçante.
Ce qui, apparemment, ne fonctionna pas très bien, puisque maintenant ils semblaient être encore plus énervés. Laissant retomber son bras le long de son corps, l'étudiant s'avança lentement vers Mashiro, l'autre maintenant toujours sa cible prisonnière.
- Blanquette, tu tombes à pic..., dit-il avec un sourire démoniaque. Qu'avait-il en tête?
Il tendit la main vers elle et attrapa violemment son bonnet. Tout s'est passé très rapidement, et maintenant les cheveux de Mashiro flottait à l'air libre.
La jeune fille écarquilla les yeux, paralysée. Non, pas ça... encore, dans la faculté, ça passait, mais là... il commence à y avoir du monde, dans la rue! Tout le monde va voir ses cheveux!
- C'était pas très sympa de ta part. Franchement, on peut dire que t'es pas très galant..., fit le jeune homme aux cheveux longs, toujours sur un ton sarcastique. Il continue d'être aussi provoquant même en étant dans cette situation difficile? Mashiro n'en croyait pas ses oreilles.
- Oh toi, la ferme... et regarde bien ce que je vais faire...
Sur ces mots, il jeta le bonnet par terre et attrapa brutalement Mashiro par les épaules. En un instant elle était entre ses bras, ses mains posés sur son cou et menaçant de l'étrangler.
- Si tu t'excuses pas pour ce que tu nous as fait hier, j'ose pas même imaginer ce qui va arriver à Blanquette...
- Laisse-la, elle n'a rien à voir là-dedans.
Voyant que l'étudiant n'en avait rien à faire de ce qu'il venait de dire, il soupira.
- Ok, fais-ce que tu veux avec elle. De toute façon, je la connais à peine.
- Comment?
Mashiro aussi était scidérée par ses paroles. Elle s'est mise dans ce pétrin histoire de lui éviter la bagarre, et...?
- Tu... t'es sérieux?
- Absolument.
Mashiro sentit que son agresseur était lui déstabilisé par ces paroles. Puis, l'impensable se produit; le jeune homme profita de la situation pour libérer un de ses bras et asséner un violent cou de coude dans l'abdomen de l'autre étudiant. Celui-ci lâcha prise, la respiration coupée par le choc, permettant au jeune homme de le repousser pour qu'il ne puisse plus l'atteindre. Puis il accourut vers Mashiro et son agresseur et, attrapant son sac au passage, s'en servit pour frapper l'étudiant au visage. Mashiro fut libérée à son tour. Le jeune homme l'attrapa par le poignet et la força à se placer derrière lui, la protégeant ainsi des deux étudiants.
D'ailleurs ces deux-là ne s'attendaient pas à faire face à un tel adversaire, Mashiro pouvait le lire sur leurs visages défigurés par la colère mais aussi par la peur.
- Si tu te comportais comme un vrai adulte, reprit le jeune homme aux longs cheveux, je pense que t'aurais compris que tu es en train de te ridiculiser et de t'enfoncer encore plus dans ta bêtise. Nan?
L'étudiant le dévisagea. Il lança un "Tchh!" avant de se retourner vers son compagnon qui avait enfin retrouvé ses esprits:
- Hé dépêches, on se barre!
Puis tout les deux prirent leurs jambes à leur cou. Mashiro et le garçon les suivirent du regard, jusqu'à ce qu'ils disparaissent à l'angle de la rue, masqués par la nuit. Le garçon soupira.
- Bon, je pense que ça les calmera pendant un moment, dit-il en se penchant pour ramasser le bonnet. Il le tendit ensuite à Mashiro.
- Euh... merci...
- Tu devrais carrément le scotcher à ta tête, tu crois pas?
Mashiro le regarda, surprise. Ce garçon la surprenait de plus en plus... et une fois encore, c'était elle qui était sauvée.
- Merci beaucoup... de m'avoir aidée.
- Il n'y a pas de quoi, répondit-il en basculant son sac par-dessus son épaule. Et désolé pour ce que j'ai dit, mais c'était la seule solution... Le genre de mec qui ne sait que parler et pas exécuter... Au fait, ton amie n'est pas avec toi?
- Hein? Aki? Non, elle devait partir plus tôt, elle avait des choses à faire...
- … et donc tu te retrouves à rentrer chez toi toute seule. Dans la nuit. Pas très rassurant, à mon avis...
Mashiro sentit clairement ses joues s'empourprer.
- C'est pas grave... si je me dépêches...
Et puis, elle sait se battre.
- Je peux te raccompagner, si tu veux.
- Hein?
Le teint de la jeune fille vira au rouge. Lui et elle? Tous les deux seuls ensembles?
- Euh... je...
- On ne sait jamais, peut-être que ces gars attendent sagement dans un coin que tu sois toute seule. Ce serait dommage qu'ils te volent encore ton bonnet alors que... tu galères pour le mettre.
Il avait raison. Mashiro essayait tant bien que mal de faire un chignon avec ses cheveux (elle avait oublié de ramener un élastique), et de le maintenir en place pour enfiler son bonnet.
- Laisse-moi t'aider, dit-il finalement après l'avoir regardé lutter avec ses cheveux. Tu tiens ton chignon et je mets ton bonnet.
Le jeune homme lui prit le bonnet des mains, attendit que Mashiro achève son chignon, puis le lui enfila en prenant soin de bien recouvrir la coiffure de la jeune fille.
- Et voilà.
Mashiro le remercia, les joues encore toutes rouges et le coeur battant.
- Au fait... rassures-moi, tu ne portes pas ça en été?
- Hum? Euh, non... je met une casquette.
Le jeune homme soupira.
- Tu es bien étrange... au fait, tu prends le train ou tu rentres à pied?
- Je... prends le train...
- Ok. En route pour la station alors!
Le sourire qu'il lui fit la rassura un peu et la mit un peu plus à l'aise. Tous deux commençèrent à marcher, elle fixant toujours le sol, lui marchant avec une main dans la poche de son pantalon et l'autre tenant son sac. Ils restèrent silencieux jusqu'à la bouche de métro, attendirent sans se parler le prochain métro et y entrèrent. Comme il était tard, et que l'heure de pointe était déjà passée, il n'y avait plus grand monde dans le wagon et ils trouvèrent rapidement deux sièges côte à côte vides. Le garçon s'assied en premier et invita Mashiro à en faire de même.
Durant presque tout le trajet, Mashiro fixait à présent son sac qu'elle avait posé sur ses genoux, poings fermés. C'était la première fois qu'elle se trouvait dans une telle situation. Avec un garçon, en plus... et elle ne savait absolument pas quoi faire. Finalement, au bout de quelques minutes de trajet, il fut le premier à rompre le silence.
- Hum... Tu ne parles pas beaucoup...
- Euh... euh... on me l'a souvent dit...
- Ne t'inquiètes pas, ça ne me dérange pas absolument pas. Je préfère les gens silencieux comme toi. Au moins ils ne te posent pas des questions débiles et ne t'exposent pas toute leur vie privée totalement inintéressante...
Mashiro leva enfin les yeux vers lui. Il était maintenant accoudé à la fenêtre et fixait le paysage au dehors, l'air perdu dans ses pensées.
- Au fait... dit-elle timidement, ce qui attira l'attention du garçon. Je m'appelle Mashiro. Mashiro Sakura.
Durant un bref instant, leurs yeux se croisèrent.
- Et bien, Mashiro, saches que Yuri Lowell est ravi de faire ta connaissance, lui répondit-il avec un petit sourire.
Yuri Lowell... Enfin, elle n'aura plus besoin de le surnommer "garçon aux cheveux longs"... Mais ses pensées furent interrompus par une annonce du conducteur.
- Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, suite à un accident survenu sur notre voie, le trafic est interrompu... Nous allons devoir stationner ici quelques instants, mais je n'ai malheureusement pas plus de renseignements... Je vous remercie de votre compréhension.
Mashiro n'avait même pas remarqué que le train s'était arrêté en pleine voie. Quant à Yuri, il poussa un profond soupir d'exaspération.
- Il ne manquait plus que ça...
Mashiro, elle, ne disait rien. Pour elle, cela ne signifiait qu'une seule chose: elle allait devoir rester plus longtemps dans cette situation embarrassante avec Yuri.
- Désolée... de t'avoir entraîné avec moi...
- Hum? Oh, ce n'est pas grave. D'habitude on vient me chercher, mais aujourd'hui il se trouve que je dois rentrer en train...
Puis, au bout de quelques minutes, nouvelle annonce du conducteur.
- Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, le trafic sera totalement interrompu et ne reprendra que demain matin. Je vais pour l'instant avancer le train jusqu'à la prochaine station. Veuillez ensuite vous référer aux correspondances. Veuillez nous excuser pour le désagrément occasionné.
Dans le train, des cris de protestations s'élevèrent, tandis que le véhicule se remit lentement en mouvement. Mashiro commença alors à paniquer: comment allait-elle faire pour rentrer?
Yuri et elle descendirent à la prochaine station. Apparemment, un train aurait déraillé quelques stations plus loin, causant le désordre le plus total sur la ligne.
- Tu vas prendre un autre train?, lui demanda Yuri.
- Non... c'est le seul qui me permet de rentrer chez moi..., répondit-elle, la voix tremblante.
- Ah, mince... mais tu ne vas quand même pas rester ici jusqu'à demain... Viens, on va voir si il y'a des bus.
Alors que Yuri s'avançait vers la sortie, Mashiro, elle, resta clouée sur place. D'habitude, tout le monde préfère l'éviter et la laisser tomber, elle était donc obligée de se débrouiller toute seule. Mais là... Yuri n'a pas hésité une seule seconde à l'aider. Cela réconforta Mashiro.
Voyant qu'elle ne le suivait pas, Yuri se retourna vers elle.
- Alors, tu viens?
- Hein? Euh, oui, j'arrive...
A peine le rejoignit-elle qu'il l'attrapa fermement par le poignet.
- Accroches-toi bien, vas y'avoir du monde...
Et il avait raison: une foule compacte se forma autour d'eux. Sûrement tous les passagers bloqués à cause de l'accident. L'interruption du trafic s'était étendu sur toutes les lignes empruntant le chemin où il y'a eu l'accident. Ca bousculait dans tout les sens... bientôt, la petite Mashiro se retrouva rapidement ballotée dans tout les sens, et quelque fois elle sentait même qu'on lui marchait sur les pieds! Mashiro tordit son corps avec souplesse afin de pouvoir se faufiler sans peine à travers la foule... et surtout, ne pas perdre Yuri de vue.
Tout deux parvinrent enfin à s'extirper de ce lieu opressant. Yuri, tenant toujours le poignet de Mashiro, l'entraîna à travers les couloirs du métro et les escaliers. Mashiro n'était jamais venue par ici (sa connaissance du train se limitait uniquement au trajet maison-faculté... et maison-boulot aussi), mais Yuri semblait parfaitement savoir où il allait. Lui-même se faufilait habilement entre les passants, les contournant à la dernière minute... heureusement que Mashiro avait suivi un entraînement physique important auparavant! Une fille normale n'aurait pas tenu la cadence avec quelqu'un comme lui!
A la sortie, Yuri lâcha enfin Mashiro et se tourna vers elle, légèrement essouflé.
- Wow, tu as réussi à me suivre sans problèmes! Et à peine essouflée, en plus!
En effet... Mashiro était plutôt habituée à ce genre de course. Durant ses années à Kamiki, elle commençait toutes ses journées par trois tours du village en courant. Alors forcément...
Mashiro regarda autour d'elle mais ne sut pas dire où ils se trouvaient exactement. Elle ne connaissait absolument pas cette partie de la ville... Et Yuri l'avait probablement remarqué.
- Ici c'est le cinéma, lui dit-elle en lui désignant le bâtiment juste en face d'eux. Beaucoup de bus passent par ici, avec un peu de chance on en trouvera un qui pourra te ramener chez toi.
Ils se dirigèrent ensemble vers l'arrêt de bus, où Yuri vérifia les horaires et les lignes de bus. Quant à Mashiro elle le laissa faire, préférant l'observer (ou le contempler plutôt...). Une légère brise hivernale vint faire onduler ses longs cheveux dont la couleur se fondait presque avec la nuit... Cela ne semblait nullement le gêner, mais pour elle, c'est la première fois qu'elle voyait un tel spectacle...
- Hey, tu es toujours sur terre?
Yuri dût même claquer des doigts devant ses yeux pour la faire sortir de ses pensées. Mashiro ne s'était même pas rendue compte qu'il ne regardait plus le panneau et qu'il se tenait à présent devant elle.
- Euh... euh... excuse-moi...
- En train de rêver à un moment pareil?, dit-il avec un grand sourire. Je voulais juste te demander où tu habitais.
- Dans... dans le quartier des Fleurs Ensoleillées...
- Vraiment? Ben t'as de la chance, je connais un bus qui passe par là. D'ailleurs, ajouta-t'il en jetant un coup d'oeil au panneau, c'est le prochain qui arrive. Voilà c'est bon, tu peux retourner à tes rêveries maintenant.
Cette fois, Mashiro dut réprimer un petit rire.
- Ah! S'exclama-t'il, apparemment tu sais rire aussi!
- Bien... bien sûr que je sais rire...
- Et bien tant mieux. Parce que à chaque fois que je te regarde, tu n'es pas très souriante...
Yuri s'assied sur le banc et incita Mashiro à venir s'asseoir à côté de lui. Ils étaient les seuls à attendre le bus à l'arrêt.
- Ca va, t'as pas trop froid?
Ce serait plutôt elle qui devrait lui poser cette question! Elle allait bien, avec son gros manteau, son bonnet et ses gants, mais lui... il portait une simple veste en cuir noir et ouverte, sa chemise ouverte et donc la moitié de son torse à l'air... et il lui demande si elle a froid?
- Je vais bien... ce serait plutôt toi...
- Moi? Disons que je suis habitué. En même temps, trop de vêtements sur moi m'empêche de bouger convenablement.
Quelle réponse bizarre... Mashiro n'y était toujours pas habitué. Ce garçon hors-normes n'en finissait plus de l'étonner...
Ils restèrent silencieux jusqu'à l'arrivée du bus. Mashiro monta la première, valida son ticket et se retourna. Elle s'inclina légèrement.
- Merci pour tout, Yuri.
- Y'a pas de quoi. Tu sauras te débrouiller toute seule? Il faut que tu descendes à la cinquième station.
- D'accord. J'y vais, alors...
Toutefois, le regard étrange que Yuri fit soudainement la retint; il regardait à présent l'arrière du bus, fronçant les sourcils.
- Toute compte fait, je pense que je vais t'accompagner, lui dit-il en retrouvant le sourire. Tu risques de t'ennuyer sans moi.
- Que...?
- Allez! Tu es en train de faire attendre le chauffeur!
Yuri monta à son tour et la poussa légèrement, la forçant à avancer un peu plus vers l'arrière du bus. D'ailleurs, le bus était presque vide... mis à part qu'un seul homme occupait une place au fond. Mashiro pensait qu'il dormait, mais... une forte odeur d'alcool vint alors lui chatouiller les narines et elle comprit immédiatement que cet homme était en fait ivre.
Si elle était toute seule, elle aurait certainement paniqué durant tout le trajet. Même si elle savait se défendre. Heureusement que Yuri était là, avec elle...
Mashiro était assise sur une chaise isolée et Yuri se tenait debout à côté d'elle, le bras autour de la barre pour se tenir. D'ailleurs, il ne cessait de jeter des coups d'oeil méfiants à l'ivrogne du fond qui ronflait. Il ne remarquait même pas que Mashiro le fixait avec curiosité...
Il était suffisamment près pour qu'elle puisse distinguer le collier qu'il portait. Un bijou fait d'une longue chaîne en argent, avec un pendentif en forme d'étoiles à dix branches dont celle du bas était plus longue que toutes les autres. Le pendentif semblait être fait d'une matière transparente et brillait d'une lueur faible. La jeune fille remonta ensuite les yeux vers son visage, encadré par deux mèches de cheveux et une frange... d'ailleurs quelques mèches lui cachaient les yeux, mais cela ne semblait pas le gêner. Mashiro observait ses traits avec une grande attention: des traits fins, une peau à première vue délicate et douce... Sa grande taille était intimidante, mais il avait une silhouette fine, toutefois assez large et suffisante pour qu'on ne le confonde pas avec une fille...
Yuri tourna rapidement la tête vers elle, si vite qu'elle n'eut pas le temps de détourner son regard et de faire semblant qu'elle ne le regardait pas.
- Qu'est-ce qu'il y'a?
- Euh... rien du tout!
- Ooh... susurra-t'il en se penchant vers elle, déjà en train de craquer sur moi?
Mashiro sursauta violemment, la chaleur lui montant immédiatement au visage. Alors ça!
- Je... ne... pas du tout!
- Ne t'inquiètes pas, je plaisante!, dit-il en riant, visiblement amusé par sa réaction.
Mashiro fronça les sourcils, contrariée. C'était une bien mauvaise plaisanterie...
- Mashiro Sakura... continua-t'il comme si de rien n'était. C'est japonais ça, non?
- Oui, répondit la jeune fille. Je viens du Japon. Je suis arrivée ici il y'a deux ans.
- Sérieux? Tu as l'air plutôt à l'aise en français...
- Ma grand-mère paternelle était française. C'est elle qui m'a appris les bases. Et puis j'ai aussi étudié le français à l'école...
Ce qui n'était pas totalement faux. Mashiro avait bel et bien une grand-mère française qui l'aidait à parler la langue. Apprendre les langues étrangères, entre autres le français, faisait aussi partie de l'éducation de Mashiro. Elle s'est révélée particulièrement douée en français car c'était une langue qu'elle appréciait beaucoup. Et oui, elle a dû en apprendre, des tas de choses...
Après cela, Yuri ne lui posa plus de questions et retourna à son activité "d'espionnage", tandis que Mashiro scrutait le paysage nocturne. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres...
La jeune fille faillit oublier qu'elle devait descendre à la cinquième station, ce fut même Yuri qui dût appuyer sur le bouton afin de prévenir le chauffeur qu'il devait s'arrêter à la prochaine station.
- Toujours en train de rêver, hein?
- Euh... désolée...
- Ou bien... murmura-t'il, serait-ce parce que tu n'as pas envie de me quitter?...
- Heeeh?
Yuri partit dans un fou rire, toutefois assez discret pour ne pas que l'ivrogne du fond ne l'entende (il leur avait déjà hurlé plusieurs fois que tous les deux faisaient trop de bruits...).
- Tu es marrante quand tu fais cette tête, ajouta-t'il entre deux rires.
Le bus s'arrêta enfin. Mashiro reconnut immédiatement les lieux: La maison n'était pas loin, elle n'avait plus qu'à longer la rue, puis aller à droite.
- Bien, fit Yuri, tu vas enfin pouvoir te débarrasser de moi.
- Euh... quand même...
Le jeune homme la laissa descendre et l'accompagna jusqu'à la porte du milieu.
- Merci pour tout!, lui lança-t'elle après avoir descendu les marches du bus, et... à Lundi...
- Essaie de ne pas te faire voler ton bonnet ce week-end! Je ne serais pas là pour t'aider cette fois!
Yuri lui fit un clin d'oeil, puis les portes du bus se referma derrière lui. Mashiro resta là, debout à l'arrêt de bus, regardant le véhicule s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse.
Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas passé un moment aussi agréable que celui-là...
Mashiro secoua la tête afin de reprendre ses esprits. Elle se dépêcha de rentrer chez elle avant qu'elle ne finisse en statue de glace.
Une fois chez elle, Mashiro ne prit pas le temps de prendre une douche, enfila directement son pyjama et se faufila dans ses couvertures. Désormais, une seule chose occupait son esprit: Yuri...
Bon, vous l'avez deviné (ou pas...), la chanson chantée par Mashiro est "Reset" de Ayaka Hirahaha... la musique de fin d'Okami.
REVIEWS SVP! En fait là je suis en train de paniquer, j'ai la nette impression que mon histoire va passer inaperçue... surtout qu'en plus elle n'apparaît que dans la section cross-over! Si quelqu'un a la bonne idée d'y aller...
