Titre : 27 Robes

Auteur : Damoiselle A.

Résumé : Bella a toujours tout fait pour rendre son entourage heureux et les 27 robes de demoiselles d'honneur de son dressing ne diront pas le contraire. Seulement un jour, une rencontre, une bagarre et tout bascule pour elle. BS/JW

NDA : Bonjour à tous ! Voici le deuxième chapitre de cette mini-fic. Je remercie chaleureusement les revieweuses qui ont pris le temps de commenter ou de mettre en alertes/favoris cette fiction ="p. Cela prouve que les couples atypiques commencent à intéresser pas mal de gens, et que nous allons bientôt pouvoir taper sur Edward xD ^^.

En tout cas je vous souhaite une bonne lecture !

A.


Merci à Emy et Ayana pour leurs reviews anonymes ^^. Je suis heureuse que le couple tout comme l'histoire vous plaisent ^^.


27 ROBES – SECONDE PARTIE

Je me levai avec difficulté le lendemain matin. J'émergeais devant un café maison et après une douche chaude. Je me préparai avec soin. Après tout, aujourd'hui Edward me remarquerait peut être ? Hors de question de ne pas être préparée.

Je pris rapidement mon sac, ma veste et mes clefs avant de refermer la porte de mon appartement derrière moi. Le siège de la compagnie pour laquelle je travaillais était situé près de Central Park. Je rentrais dans une bouche de métro pour prendre la ligne qui me mènerait devant les bureaux de la Cullen Sportive Compagnie.

J'entrai dans le bâtiment à la suite d'Angela, je l'arrêtai pour la saluer.

Quand nous étions sorties de la faculté elle avait trouvé un emploi dans cette entreprise à la comptabilité. Les chiffres, c'était ce qu'elle préférait. D'après elle, ils ne pouvaient pas mentir et c'était une qualité qu'elle appréciait. Elle avait repéré une demande d'assistante pour moi et je m'étais présentée. Cela faisait plus de quatre ans.

- Alors comment vas-tu ma belle ? S'enquit-elle avec un sourire jovial.

- Très bien et toi ? Mais dis- moi, tu n'étais pas déjà habillée comme cela hier ?

- Si, dit-elle achevant de me convaincre de deux choses : je n'étais pas folle et elle n'avait clairement pas dormi chez elle.

- Il s'appelait comment ? Demandai-je avec un sourire indulgent.

- Benjamin. Enfin je crois.

J'éclatais de rire devant son air dubitatif. C'était Angie tout craché. J'arrivais à l'accueil et saluai Maggie, notre standardiste. Elle me fit un sourire, elle aussi allait bientôt se marier. Je le savais pertinemment puisque je préparais son mariage. Un mariage particulier : un mariage gothique.

Angie plaisanta avec moi jusqu'à l'aile de la production. Je récupérai les images pour le magazine mensuel de l'entreprise. Je me rendis ensuite dans mon bureau juste en face de celui de mon patron. Devrais-je dire de l'homme le plus parfait du monde ? Un soupir s'éleva en moi alors que je me penchai sur les photographies.

Angela arriva quelques minutes plus tard pour m'apporter un café bien senti. Elle précéda un livreur qui me tendit un énorme bouquet dans un vase. Il me demanda une signature avant de partir. Je sentis un sourire énorme naître en moi.

- Il n'y a pas de carte, dis-je à Angie. Si ça se trouve c'est Edward qui me les a envoyées.

- Calme-toi, tu ne le sais pas. On n'extrapole rien, tiens donne je vais les mettre sur ton bureau.

Un aboiement me sortit de mes réflexions et j'accueilli Dipsy avec force caresses et sourires. Edward Cullen apparut finalement au bout du couloir. Cet homme était parfait, il était gentil, intelligent, passionné. Un rêve, mon rêve.

- Bonjour Bella, me salua-t-il.

- Bonjour Edward, comment s'est passée cette ascension ?

- Très bien, nous avons battu notre propre record, Emmett et moi.

- Mais ce n'est pas votre sixième ascension ?

- Exact. Comment vous souvenez vous de tout cela ?

- C'est un métier, lui répondis-je avec le sourire. Nous venons de recevoir les photographies de la production. Je voulais avoir votre avis.

Edward se pencha devant moi et je me retins de le scruter attentivement.

- Elles ne me conviennent pas, énonça-t-il d'un ton certain.

- Elles font trop posées ? Pas assez aventurières ? Proposai-je.

- Exactement. Vous voyez, Bella, c'est pour cela que vous êtes si précieuse. Qui d'autre finirait mes phrases sinon ? Plaisanta-t-il et je sentis mon cœur battre la chamade.

Je me repris rapidement pour énoncer la liste des tâches qui l'attendaient aujourd'hui :

- Je me suis aussi permis de répondre favorablement pour vous à la demande de présence de Hale & Co pour leur gala annuel.

- Il faudra que je parle ?

- Oui, un discours très bref sur l'écologie et comment pratiquer un sport en limitant les impacts sur la nature.

- Dois-je y aller accompagné ? S'enquit-il en caressant son chien.

- Ce serait mieux, ils vous ont retenu deux invitations.

- Très bien. Au moins c'est un aspect de ma vie que vous ne gérer pas pour moi, le taquina-t-il.

Je sentis mon cœur se fendre un peu plus. Je me rendis directement dans mon bureau et retrouvai le sourire face au bouquet de fleurs qui y trônait. Angela allait me parler lorsqu'Edward sortit de son bureau :

- Bella, c'est vous qui avez posé le sandwich sur mon bureau ?

- Oui, j'ai pensé que vous auriez faim.

- C'est pour de petites attentions comme celles-ci que je vous aime.

Il disparut sur le seuil de la porte.

- Moi aussi je t'aime, bafouillai-je.

Angela se plaça en face de moi et me gifla. Je sursautai sur la violence de l'impact. Elle me lança un regard qui voulait dire « Arrête immédiatement de te faire du mal » :

- Tu as raison, je… vais me remettre au travail.

Elle sortit de mon bureau et je soupirai en reprenant mes travaux.


Les cheveux en pagaille, un air maussade sur le visage, je contemplais le chantier qu'était devenu mon bureau. Je l'avais entièrement fouillé et ce, sans le moindre résultat. Mais où pouvait être ce fichu agenda ?

J'avais retrouvé des stylos perdus derrière mon bureau, des post-it glissés sous l'armoire, mais aucune trace de mon agenda. D'après Angela, il était ma Bible. En réalité, j'ai toujours adoré les courses de rentrée. Quand ma mère était encore là, nous les faisions en famille. Nous prenions les plus beaux cahiers au papier fin et à l'odeur particulière… Une odeur de neuf.

Après sa mort, le budget de notre famille avait sérieusement diminué pour les courses de rentrée. C'est pourquoi, nous délaissions, Rose et moi, les plus belles choses pour nous reporter aux moins chères. Le seul luxe que je m'autorisais était le choix de mon agenda. Je pouvais rester de longues minutes devant l'étalage en les comparants, en les sentant et finalement j'en élisais un.

Aujourd'hui encore à chaque nouvelle année, je choisis avec soin mon compagnon de papier. C'est ainsi que l'on remarque qu'en réalité nous sommes juste des enfants qui ont grandi. Néanmoins, mon agenda aussi sentimental soit-il, détenait également un côté très pratique, et bien que toutes mes notes soient reportées sur l'ordinateur et que les numéros soient consignés dans un répertoire, sa perte me contrariait énormément.

Dedans j'y inscrivais toutes les tâches à effectuer pour le travail mais aussi pour ma vie personnelle : les rendez-vous chez le coiffeur, le dentiste, les têtes à têtes avec Angie, les envois de courriels à mon père, le nombre d'ascension d'Edward… Et bien sûr l'arrivée de ma sœur.

Je pestai encore une fois devant mon incapacité à mettre la main sur ce fichu organisateur de vie. Je choisis rapidement d'en commander un neuf, avant de me précipiter pour débaucher le plus vite possible. Ma sœur devait arriver à l'aéroport dans moins d'une heure et je serais présente pour l'attendre.

Alors que je sortais dans le couloir, je fus interrompu par Edward qui me héla :

- Bella ? Je suis désolé de vous arrêter dans votre course, mais… Nous serons tous au Midnight ce soir pour les fiançailles de Maggie, y allez-vous ?

- Oui, répondis-je sous le coup de la surprise. J'y serai, confirmai-je avec le sourire.

- Très bien, à tout à l'heure alors, me répondit Edward en me rendant mon sourire au centuple.

Je souriais comme une démente lorsque je croisais Angie au bas de l'immeuble.

- Bonne journée ? Me demanda-t-elle avec le sourire.

- Formidable. Au fait tu vas aux fiançailles de Maggie ce soir ?

- Oui, et toi ?

- Edward vient de me demander si j'y allais ou pas, chantonnai-je en me déhanchant comme une adolescente.

Angie éclata de rire à ma suite avant de me serrer dans ses bras :

- J'espère que tu ne te fais pas de faux espoirs.

- Moi non plus, lui rétorquai-je. Par contre je vais devoir aller récupérer Rose…

- Va, cours et nous venge ! Lança Angela dans les airs.

Je me mis à courir sous les rires de celle-ci. Les moments de bonheur simples étaient rares, aussi en profitais-je avec intensité. Et qui sait ? Peut-être que ce soir, enfin, je pourrai tout avouer de mon inclination au beau Edward…


- Rose ! L'appelai-je en la voyant arriver par la porte du terminal.

- Bella ! s'écria-t-elle en me prenant dans ses bras. Tu n'as pas changé, c'est fou !

- Je suis heureuse de te voir ! Contente de revenir à New York ?

- Très contente, affirma-t-elle avec un grand sourire.

- Où sont tes bagages ? Lui demandai-je en ne voyant que son sac à main.

- Oh, je me suis fait un ami dans le train : Garrett voici ma sœur Bella. Garrett a eu la gentillesse de m'aider avec mes valises.

Je fis un sourire à Garrett avant de prendre le chariot à bagages de ma sœur. Nous partîmes dans un dernier sourire éblouissant. En écoutant ma sœur me raconter ses dernières péripéties, je me remémorais les aléas de notre relation sororale. Rosalie et moi étions le jour et la nuit : elle était aussi blonde que j'étais brune, aussi belle que j'étais banale, aussi peu intéressée par les études que j'étais studieuse.

J'avais pris mon rôle d'aînée très au sérieux après la mort de notre mère, afin d'aider au maximum notre père. J'avais pris en charge les lessives, les courses et parfois la confection des repas. Je faisais repasser ses leçons à Rose, et la couchais quand notre père, Chef de police de la petite ville où nous habitions, faisait une garde et rentrait tard. J'avais géré les caprices et les colères de Rosalie. Seulement à l'adolescence, nos centres d'intérêts divergeant, nos liens s'étaient distendus.

Aujourd'hui j'avais la nette impression que l'important pour ma sœur était son apparence. Ma mère m'avait expliqué que la vie de Rose ne serait pas simple car elle était jolie. Déjà bébé elle aurait pu faire du mannequinat et cette beauté ne l'avait jamais quittée. Y compris pendant la douloureuse période de l'adolescence. Ma mère m'avait expliqué que l'entourage de Rosalie ne verrait que sa beauté, pour laquelle il lui attribuerait toutes sortes de qualités. Seulement si elle n'était reconnue que pour sa beauté, elle se penserait bien évidemment bête. Il fallait que moi, sa sœur, voit au-delà de son apparence.

Petite, cette vision des choses m'avait blessée : ma mère ne me trouvait pas belle. La mise en garde n'était que pour Rose. Les années passant, j'avais compris que je n'étais pas de la même beauté irréelle que ma sœur, j'étais juste jolie lorsque je faisais un effort. Je m'y étais résolue et m'efforçais de percer la carapace de ma sœur afin de découvrir autre chose que la mannequin fashionista en elle.

Alors qu'elle m'expliquait comment elle avait terminé sa relation avec Rodolfo, je me mis à remettre sérieusement en question le bon sens de ma mère. Mais Rose était ma sœur, ma famille. Nous nous étions éduquées ensemble et il y avait toujours cette complicité qui nous permettait de rire d'un battement de sourcils et de hennir à des réflexions peu spirituelles hors contexte.

- Rodolfo m'a dit qu'il voulait venir avec moi, je n'étais pas surprise mais j'avais besoin d'espace. Spazio Rodolfo, spazio, termina-t-elle en riant.

Je portai ses valises derrière elle, et elle entra la première dans mon appartement.

- Ouah, c'est tellement petit et mignon, j'ai toujours adoré ton chez-toi, dit-elle en observant le salon à partir de l'entrée.

Je la poussai un peu afin de faire rentrer son immense collection de vêtements italiens dans notre appartement. Dût-elle ne pas être ma sœur, j'aurais depuis longtemps refusé l'accès de mon appartement à une telle collection. Je ne jurai que par les couturiers français.

- Je suis ravie d'être rentrée au pays… Ces six mois m'ont paru une éternité, lança-t-elle joyeusement.

Rosalie se dirigea vers une console située en face de l'entrée. Encadré, un article de journal trônait sur la tablette. Elle s'en empara et me le montra. Le titre était « Une promenade d'un après-midi se transforme en voyage d'une vie ». Il était paru dans le New York Journal le lendemain du mariage de nos parents.

- J'ai l'âge que maman avait ce jour-là, déclara ma sœur, presque jour pour jour.

- Oui, soufflai-je avec émotion. C'était le mariage parfait, le Boat house, le super orchestre, la cérémonie au soleil couchant.

- Tout était parfait à part la robe, répliqua une Rose taquine, de la dentelle synthétique...

- Cela ne pouvait pas être mieux que cela, transigeai-je.

- En tout cas ils étaient réellement amoureux l'un de l'autre.

- Oui, acquiesçai-je en classant le courrier.

Un silence tomba avant que Rose ne saisisse les coupures de journaux placés à côté du cadre et ne me demande :

- Qu'est-ce que c'est que cela ? Des articles sur des mariages ? S'étonna-t-elle.

- Je... J'étais... Excuse-moi, dis-je en les reprenant. J'allais les recycler justement.

- Tu allais les recycler et en quoi ? Railla-t-elle moqueuse. En papier peint ?

- C'est, c'est de cet homme, Malcolm Whitlock, ces articles sont vraiment très bons, m'expliquai-je en me rendant dans la cuisine pour me préparer quelque chose à boire. Alors je les garde. En fait, j'adore ces histoires de fiançailles, de demandes en mariage complètement folles… M'emportai-je avant de me rendre compte que ma sœur fixait ses ongles d'un air bien plus intéressé que par mes paroles.

- Enfin laisse tomber, repris-je, ce n'est pas très intéressant. Alors tu restes combien de temps ?

- Une semaine ou deux, me répondit-elle en me souriant.

Elle s'était installée sur l'une des chaises entourant la table de la cuisine. Celle-ci était aménagée de telle façon qu'il n'y ait aucune séparation entre le salon, l'entrée et cette dernière.

- Les défilés d'automne sont terminés alors je ne suis pas débordée de travail.

- Oh en parlant de boulot, m'exclamai-je joyeusement en m'asseyant à côté d'elle, une tasse de thé à la main. J'ai une petite fête avec des amis du bureau ce soir tu veux venir avec moi ?

- A vrai dire je devais boire un verre avec des copains milanais, reprit-elle gênée.

- D'accord… Alors si je comprends bien, dissertai-je faussement outrée, ce soir tu préfères sortir avec des mannequins italiens plutôt que de venir à une gentille fête de bureau avec moi ?

- Bizarre hein ? Me répondit-elle en souriant. Oui, mais je vais essayer d'y aller, essaya-t-elle de se racheter en se dirigeant vers le réfrigérateur.

- Merci. La vodka est au congélateur,, la renseignai-je, le Red-bull sur le frigo et dans l'armoire…

- IL Y A DE LA TARTE AUX FRAISES !

Nous hurlâmes cette dernière phrase en chœur. Cette plaisanterie était issue d'un autre temps, d'une autre enfance, celle où notre mère était encore présente. Loin de mes moments nostalgiques, Rose se réjouissait et s'auto-congratulait pour cette petite victoire :

- Je l'ai dit en premier. J'ai gagné !

Je souris face à son enthousiasme enfantin et elle prit la direction de l'armoire pour en sortir le gâteau.


- Ouais c'est ça on verra bien, me répondit Angela, un Cosmopolitan à la main.

Nous avions pris place à côté l'une de l'autre dans un endroit stratégique du Midnight qui nous permettait d'observer l'ensemble des agissements de nos collègues tout en nous gardant assez loin de leurs oreilles. Cela avait l'avantage de pouvoir les critiquer vertement, en particulier cette pauvre Maggie, qui n'avait rien demandé et recevait ses présents à côté d'une table surchargée de paquets en tous genres.

Nous étions en pleine critique des souliers de cette peste de Kate Denali lorsqu'Edward s'avança vers nous. Mon cœur rata un battement en le voyant si beau.

- Vous lui offrez des verres à champagne et une bouteille en cristal, lui répondis-je avant qu'il n'ait posé la question.

- Ok. Y a-t-il des chances qu'elle croie que cela vienne vraiment de moi ? S'enquit-il avec humour.

- Cela se pourrait : je l'ai emballé de façon à ce qu'on croit qu'une voiture lui ait passé dessus, lui rétorquai-je sur le même ton.

- Délicate attention. Je vais au bar me chercher à boire, voulez-vous que je vous ramène quelque chose ? Un peu de courage liquide ? Me proposa-t-il avec un sourire charmeur. Et pour toi, Angela, un antidote contre la gueule de bois ?

- Très drôle, Patron, grinça Angela avec une lueur d'amusement dans les yeux.

- Je ne veux rien, merci, lui répondis-je avec un sourire lorsqu'il se tourna vers moi.

Il me sourit en retour avant de s'éclipser parmi la foule. Angie fusilla des yeux le verre que je portai à ma bouche. Elle me prit par le bras et m'incita à la suivre dans ces déambulations parmi la foule.

- Quand il te demande si tu veux boire quelque chose, me sermonna-t-elle, tu lui fais un sourire et tu lui dis une vodka soda. Si tu as déjà un verre tu l'avales en vitesse. Et là, tu commences à flirter. Vous baisez entre collègues et sans le vouloir tu tombes enceinte. Alors vous vous mariez et c'est le septième ciel !

- Combien de fois vais-je devoir te le répéter ? Lui rappelai-je sévèrement. Je ne veux pas qu'il me croie irresponsable.

- Oui c'est ce que les hommes veulent : une fille responsable.

- Tu te trompes, la rabrouais-je. Il apprécie ce côté-là de moi.

- A quoi bon apprécier si personne n'est à poil ? Gémit-elle plaintivement.

N'ayant aucune réponse valable à apporter à cet argument massue, je tirai la langue à ma meilleure amie. Nous nous souriions encore lorsqu'Edward émergea de la masse pour venir se poster en face de moi.

- Bella, en passant tu as bien eu ce que j'ai fait déposer à ton bureau ce matin. Cela t'allait ? S'enquit-il inquiet.

- Si cela m'allait ? Demandai-je avant de comprendre. Oui, cela m'allait très bien, assurai-je avec un sourire radieux.

- Formidable parce que toi et moi avons jamais eu de relations pareilles auparavant et je voulais être sûr que cela te convenait.

J'opinai du bonnet, totalement enchantée… Edward m'avait offert des fleurs. J'entendis quelqu'un l'appeler au loin.

- Ok, excuse-moi.

A peine eut-il passé le seuil d'écoute que je laissais libre court à mon enthousiasme auprès d'Angie.

- Oh mon dieu, oh mon dieu, il m'a offert des fleurs ! Braillai-je dans les oreilles de ma meilleure amie, dans une régression totale vers l'adolescence.

- Calme-toi, lança-t-elle avec une voix digne d'un général rappelant ses troupes à l'ordre, tu n'es pas dans un conte de fée : il faut que tu ailles le voir et que tu lui dises comment tu te sens.

J'acquiesçai à ses paroles totalement déconnectée de la réalité… Enfin. Edward.

- Tu entends ? Me secoua-t-elle. C'est tout de suite ou jamais alors il vaut mieux que ce soit tout de suite. Qu'est-ce que tu attends ? Me questionna-t-elle une dernière fois. Fonce.

Gardant en tête les mots d'Angie, je m'élançai dans la foule à la recherche d'Edward, toute à ma joie de pouvoir enfin lui avouer mes sentiments. Cette fois c'était décidé, je prenais mon courage à deux mains pour aller lui déclarer ma flamme. Même si dans mes rêves les plus fous, la situation était clairement inversée. Je scannais la foule afin de le trouver et je vis qu'il se dirigeait vers ma sœur, Rosalie, encore plus belle que cet après-midi dans une robe pailletée et excentrique.

Fronçant les sourcils, j'essayais d'accélérer afin d'arriver à Rose avant lui. Peine perdue, j'arrivais quelque secondes après.

- Hey ! Bella ! Me héla Rose.

Je fus alors la victime d'un cauchemar horrible : ma sœur regardait Edward qui la regardait. Ils se souriaient tous les deux dans un silence proprement inconfortable pour moi.

- Oh Edward voici ma sœur, Rose. Rose voici mon Edward, les présentai-je. Euh… pardon je ne voulais pas dire cela… m'embrouillai-je.

Je fus sauvée par mon prince charmant : quelle qualité cet homme ne possédait-il pas ?

- Bella est mon assistante, elle est mon bras droit.

- Elle a de la chance rétorqua ma sœur avec un sourire.

- Oh c'est moi qui en ai, répliqua-t-il gentleman. Dès que j'ai besoin d'aide, elle s'élance à mon secours. Et comme si je n'abusais déjà pas suffisamment d'elle j'ai fait déposer mon ticket de blanchisserie sur son bureau ce matin.

Mon conte de fée s'effondra sur place. Le ticket. Mais bien sûr. Un gémissement de pur désespoir faillit passer la barrière de ma gorge.

- Je pense qu'on peut considérer cela comme une urgence, plaisanta Edward avec un sourire.

- Parfois du linge repassé c'est un besoin vital, acquiesça ma sœur qui n'avait jamais eu à s'en soucier, étant donné que c'était moi qui réalisais la corvée de repassage.

- Surtout lorsqu'on a plus une seule paire de chaussettes, avoua mon prince charmant avec une grimace.

Ma sœur, bon public, riait aux éclats. Mon cauchemar se concrétisait. Ma sœur flirtait avec mon patron, qui se révélait être l'homme le plus parfait que cette terre ait porté et mon béguin depuis trois ans.

- Je peux t'offrir quelque chose ? Lui proposa-t-il galamment.

Et l'on put constater la différence majeure entre Rosalie et moi :

- Oui bien sûr, j'étais venue pour boire un verre avec ma sœur.

Il lui sourit, elle lui sourit et ils partirent vers le bar bras dessus, bras dessous. Un sentiment de frustration intense monta en moi à la vitesse d'un feu dévorant. Un hurlement bestial se coinça quelque part dans ma gorge quand je sentis une main se poser sur mon bras :

- Bonsoir, me salua un homme que je reconnus rapidement comme Jasper, le pseudo-médecin. Comment vas-tu ?

J'étais bien trop choquée par son apparition pour lui répondre clairement. Je fixai ces yeux avec un air d'incompréhension totale. Mais que venait-il faire ici ? A ce moment précis ? Pourquoi ne pouvais-je pas ruminer ma douleur en paix ?

- Les fleurs t'ont plus j'espère ? S'enquit-il avec un sourire.

Le mien se fana instantanément. Le bouquet de fleurs qui m'avait tant fait espérer d'Edward quelque chose qu'il était visiblement prêt à donner à ma sœur.

- Elles étaient de toi ? Le questionnai-je pour être sûre. C'est toi qui m'a envoyé des fleurs, l'enragé des mariages ?

Il acquiesça avec un regard légèrement troublé, ce qui était logique, vu la tête que je devais faire.

- Super ! M'enthousiasmai-je alors que j'étais loin de ressentir une telle joie. C'est une excellente nouvelle, vraiment excellente ! Tu me tiendrais cela une seconde ?

- Oui bien sûr, je ...

- Merci, le coupai-je.

Je sentais l'explosion de mes sentiments arrivée de manière imminente. Je pris la porte au fond de la salle et me retrouvais dans un couloir sombre. Je pus enfin exprimer ma rage, la trahison de ma sœur et la déception…

- AHHAAHAHHA ILS ME FONT TOUS CHIER !

Et comme si cela ne suffisait pas, je prie l'une de mes ballerines en main pour cogner contre le pauvre mur, qui ne m'avait décidément rien fait. Je soufflai un bon coup. J'eus alors la mauvaise idée de me retourner : le couloir menait à une autre salle qui était remplie de personnes. Ils fêtaient les cinquante ans de mariage d'un couple qui était apparemment en train de faire un discours quand je les ai interrompus.

Je balbutiai quelque chose avant de reprendre le couloir en sens inverse. Je remarquai alors que je n'avais pas fermé la porte derrière moi et que Jasper avait pu assister à ma crise. Je soufflai durement en me disant que cette soirée ne pouvait pas être pire. Je revins vers Jasper qui m'attendait, sourire aux lèvres et verre à la main.

- Excuse-moi, tu disais ? M'enquis-je en reprenant mon verre pour en boire une gorgée.

- Je voulais juste savoir si tu avais reçu mes fleurs, reprit-il doucement. Et je voulais te remettre quelque chose...

Il se baissa pour attraper quelque chose dans sa sacoche. A vrai dire, à ce moment précis, cela ne m'intéressait pas. En bougeant il m'avait permis de voir le couple que formait ma sœur et mon patron, au bar, en train de se bécoter. Il me sortit de ma transe morbide en me tendant un agenda. Mon agenda.

- Oh merci ! Dis-je chaleureusement.

- Il était par terre dans le taxi. J'avais le choix entre te l'apporter ce soir ou lors de ton épilation bikini jeudi… donc je me suis dit...

- Tu as lu mon agenda ? Demandai-je suspicieuse et surprise.

- En fait pas vraiment, j'ai essayé de le lire mais tu écris vraiment avec des pattes de mouche. Tu sais ils dont maintenant des agendas électroniques supers et ils s'occupent de tout pour toi.

- Je te remercie mais je n'ai pas besoin qu'on s'occupe de moi, le coupai-je sèchement en faisant quelques pas pour sortir.

- Ok attends, je peux t'offrir un verre ?

Il suivait mes pas de telle façon que nous nous retrouvâmes pile en face du bar où se trouvait Rose et Edward.

- Merci de m'avoir amené mon agenda c'est très gentil mais...

- Je te propose un verre pas une semaine à Hawaï, ironisa Jasper avec un sourire. Cela va te calmer les nerfs. Juste un verre.

- Je suis vraiment désolée. Je crois que je ne suis pas tellement... amusante ce soir.

- Je comprends, ne t'inquiète pas. On se reverra peut être par pur hasard jeudi. Peut-être pas non plus, sinon à un de ces jours !

Il s'éclipsa me laissant enfin ruminer ma peine en paix. C'était sans compter sur une certaine Angie qui me sauta dessus alors que Jasper avait à peine passer le seuil du club.

- Ouah c'est qui ce gars-là. Ou est-ce que je peux en trouver un ? S'enthousiasma-t-elle devant moi.

Aucun n'enthousiasme ne pourrait plus sauver cette soirée. Je la regardais avec un air las. Elle visualisa très bien pourquoi j'étais dans cet état-là et me prit dans ses bras pour me réconforter. Nous convînmes dans arrangement dans la semaine pour que je puisse épancher ma déception sur son épaule. Elle m'embrassa alors que je m'armais de courage pour essayer de décrocher ma sœur de mon patron.

- Non je te jure, racontait Edward, je ne pourrais jamais faire cela, c'était au moins un gros comme ça.

- Oh mon dieu, oui. Mais si je l'avais vu je n'aurais pas pu non plus.

J'haussai un sourcil à leur conversation : se rendaient-ils compte que pris dans un tout autre contexte leur conversation avait quelque chose d'indiciblement scabreux ?

- Il est tard, intervins-je auprès de ma sœur, tu dois être totalement épuisée.

- Non, me contredit-elle avec le sourire, allons danser.

- Mais Edward doit être... protestai-je.

- Je suis d'accord, me coupa-t-il, mais je suis un danseur médiocre.

- Non je ne te crois pas.

- Si c'est vrai et c'est arrivé plusieurs fois. Ils ont dû appeler une ambulance. Tu veux venir avec nous Bella ?

Je me retrouvais coincée dans une situation que j'abhorrai purement et simplement. J'étais tiraillée entre le besoin de dire oui et de leur pourrir le restant de la soirée et les dénégations vives que ma sœur m'encourageait à fournir en secouant sa jolie tête blonde. Je soupirai. Mon âme de grande sœur me perdrait.

- Allez-y tous les deux…

- D'accord.

Je les vis partir à travers la foule. Ma sœur eut la décence de se retourner pour me mimer quelques mots :

- Merci sœurette t'es un amour.

J'étais un amour ? Je ne le pensais pas, j'avais sérieusement pensé à saboter sa soirée. La seule chose que je voyais pour le moment était que mon amour me filait entre les doigts.


Voici arriver la fin de cette seconde partie, légèrement plus longue que la première (environ 2000 mots de plus ="p). J'espère qu'elle vous aura plu et que j'ai su restée dans le ton du film et de l'histoire. J'ai essayé de reprendre à peu près les mêmes dialogues en rajoutant les réflexions personnelles de Bella que j'imagine assez sarcastique ^^.

J'attends vos commentaires avec impatience, je répondrais à ceux du chapitre précédent à la suite de cette publication ^^. Bonne journée ! A.