Titre: 27 Robes
Auteur : Damoiselle A.
Résumé : Bella a toujours tout fait pour rendre son entourage heureux et les 27 robes de demoiselles d'honneur de son dressing ne diront pas le contraire. Seulement un jour, une rencontre, une bagarre et tout bascule pour elle. BS/JW
NDA : Bonjour à tous !
Je tiens à vous présenter des excuses pour ce retard de publication d'une semaine et un jour -oui, oui j'ai compté-. Celles (ou ceux -quoi on peut toujours espérer non ?) qui me suivent sur La Lune est une menteuse ou sur Facebook savent pourquoi. Internet a décidé de me lâcher alors que j'étais tranquillement en vacances. Donc prise de tête pour le remettre. Là dessus les concours que j'avais passé voilà quelques semaines, ont porté leurs fruits et je suis acceptée dans une école à 250 km de chez moi, comprenez qu'entre la recherche d'appartement, le bail, les papiers, le déménagement... J'ai disposé de moins de temps pour l'écriture. Je pensais important que vous sachiez que ce n'est pas par manque d'intérêt ou autre que j'ai retardé la publication. ^^
Sur ce, je ne vous embête pas plus,
Bonne lecture !
A.
27 ROBES – SIXIÈME PARTIE
Sans véritablement comprendre comment nous en étions arrivés là, nous courrions sous la pluie, nous abritant de nos blousons trop minces. Notre baiser nous avait enflammé et il n'était nullement apaisé lorsque nous rejoignîmes la voiture, et ce malgré la pluie qui tombait.
Il eut la galanterie de me faire passer devant lui après avoir rabattu les sièges de la Volvo. Je me précipitai à l'abri, Jasper sur mes talons. Nous nous retrouvâmes dans un habitacle réduit, à quelques centimètres l'un de l'autre. La buée commençait à se former sur les vitres de la voiture. Je posai doucement une main sur la joue de Jasper. Il se pencha pour m'embrasser. L'alcool aidant, je ne me reculai pas et accueillis avec plaisir ses lèvres douces. Le feu s'était ravivé et en quelques secondes nous étions collés, mouillés, l'un contre l'autre.
Je passai par-dessus le levier de vitesse pour me retrouver à califourchon sur lui. Empressée comme je l'étais, j'oubliais ma maladresse, notre situation et le fait que je détestais cet homme au moins autant que je l'appréciais. Sa chemise fut bientôt réduite en lambeaux. Un gémissement de pure frustration me prit lorsque je m'aperçus qu'il avait un tee-shirt en dessous. Cela le fit rire doucement alors que je m'évertuais à le lui retirer. Je pus enfin atteindre son torse avec un soupir de satisfaction. Je m'étendis sur lui pour l'embrasser caressant délicatement sa peau sensible. Quelques grognements furent ma récompense avant qu'il ne me redresse pour m'ôter mon chemisier.
Ma maladresse n'avait en réalité pas totalement disparu. Preuve en fut, le coup de klaxon que la voiture émit accidentellement à cause d'un geste malheureux. Jasper et moi en rîmes un bon moment avant de reprendre nos esprits. Il défit un à un les boutons de mon chemisier. Heureusement, que contrairement à lui, je n'avais rien mis en dessous, mis à part de la lingerie.
- Tu es belle, me susurra-t-il en embrassant ma mâchoire.
Il continua sa ligne de baisers jusqu'à mon soutien-gorge qu'il ôta avec une adresse qui me laissa pantoise. Ses baisers étaient doux, chauds, ils incendiaient ma peau et j'avais la fâcheuse impression que mon corps s'embrasait. Lorsque je jugeais que c'était presque trop, je le fis se rallonger sur le siège pour lui attribuer ma propre torture. Je délaçai rapidement sa ceinture alors qu'ils se défaisaient de ses chaussures par un habile coup de pied. En faisant glisser son jean j'emportais son boxer. Je me retrouvais sous le volant avec une belle bosse en prime. Mon gémissement de douleur l'alerta et il me redressa sur lui. Je sentais son sexe contre mon ventre et cette sensation ranima tous mes sens.
En souriant, il répondit à mon baiser vorace. Je sentis alors deux mains ôter délicatement mon pantalon alors que je bazardais mes chaussures. Nous nous retrouvâmes nus, serrés contre l'autre, visiblement excités sur la banquette arrière de la voiture de mon père. L'alcool et la situation me firent rire.
- Qu'y a-t-il ? S'enquit Jasper, un sourire aux lèvres.
- La situation est juste trop drôle…
- Si tu ne veux pas, on peut… commença-t-il avec une lueur inquiète dans les yeux.
- Non ! M'écriai-je trop fortement. Je te veux.
Je le vis déglutir difficilement tandis qu'il passait et repassait ses mains sur mes flancs. Mon corps était aussi chaud que le sien et je réalisais un infime mouvement contre lui, qui permettait de soulager quelques peu le feu présent. Un baiser coupa court aux réflexions que je sentais arriver. Le mouvement contre lui se renforça et notre étreinte devint plus langoureuse, quand une phrase surgit de ma mémoire comme une gifle.
- Je... Entamai-je, suffoquée. Je dois te dire que...
- Oui ? M'interrogea Jasper en continuant de délicieuses caresses.
- Je suis nulle en matière de sexe.
Son expression aurait valu son pesant d'or. Ces yeux s'écarquillèrent, et sa bouche forma un « o » parfait.
- Je te demande pardon ? Se reprit-il.
- J'avais… J'avais un ex qui m'a fait clairement comprendre que ce n'était pas mon domaine d'excellence. Alors par honnêteté je préférais que tu sois au courant.
- Je pense que… réussit-il à dire alors que je l'embrassais.
Jasper répondit à mon étreinte avant d'amorcer un nouveau frottement contre mon corps. Impatiente, Je le suppliai d'aller plus loin. Il se contorsionna pendant quelques secondes avant de réussir à prendre son portefeuille dans son sac – que Dieu merci, il avait déposé à l'arrière. Je pus rapidement en extraire un préservatif que je déroulais sur son membre. Jje me positionnai sur lui sans rompre notre baiser. Basculant sur ses hanches, je me soulevais légèrement avant de le prendre en moi. Un gémissement de plaisir surgit dans l'habitacle. Comme un écho, un grognement lui répondit. Jasper souffla difficilement avant que je l'embrasse.
Ses mains m'intimèrent un rythme propre à nous rendre fous tous les deux. Trop rapidement la jouissance nous prit, mais Jasper me promit rapidement un second round. Nous rîmes de la situation, de l'alcool, de cette séance de sexe fabuleuse que nous allions avoir. L'absurdité de cette situation n'avait d'égale que la sensation de plénitude et d'apaisement qui m'accueillit quand je me calai entre ses bras. Je reposais sur sa poitrine lorsqu'il me chuchota :
- Tu es très douée en matière de sexe.
- Bonjour mon petit soleil ! Lança Jasper en me réveillant en sursaut.
- Bonjour, marmonnai-je, encore engourdie de sommeil.
Mais où étais-je ? Qu'avais-je fait ? Pourquoi ma tête était si lourde ? Je me redressai doucement sur le fauteuil avant de la voiture de mon père. J'ouvris les yeux grands comme des soucoupes en me rappelant pourquoi et comment j'avais atterri dans cette situation inconfortable. Oh mon Dieu ! J'avais eu des rapports sexuels dans la voiture de mon père avec Jasper Whitlock ! Je ne sais exactement quelle partie de cette phrase me choquait le plus. Ma gorge émit un soudain gémissement plaintif… Qu'allait-il penser de moi à présent ? Pire, depuis quand respectais-je ce qu'il pensait ?
- C'est pour toi, dit-il en interrompant mon monologue intérieur.
Sur l'instant je l'aurai béni. Il me tendait un gobelet de café noir. Je le regardai comme s'il me tendait la solution à tous mes problèmes.
- Merci, répliquai-je en me saisissant du café.
La première gorgée fut la meilleure de toute ma vie. Les évènements d'hier soir me revinrent petit à petit en tête et j'essayais de cacher la rougeur que ces souvenirs provoquaient. Je remerciais silencieusement Jasper pour son silence. Il était resté à côté de la voiture, buvant son propre café, le regard perdu sur la route que nous avions emprunté pour rentrer.
- La dépanneuse est en route, m'informa-t-il avec le sourire.
- Ok, acquiesçai-je de plus en plus mortifiée.
Je me serai flagellée sur place si cela n'avait pas paru encore plus suspect. J'avais passé une nuit de sexe mémorable avec Jasper Whitlock, alias l'homme les plus insupportable et impossible que j'ai jamais rencontré de ma vie. Mais il avait compris… Du moins il avait deviné ma situation. Au début j'avais été furieuse d'être ainsi découverte, ainsi transparente… Et pourtant… Quelque part cela avait libéré quelque chose en moi. Il avait compris ma situation, s'en était soucié au point de m'en parler.
C'était sans doute pour cela que j'avais accepté de boire un verre en sa compagnie, alors que je savais pertinemment que je ne tenais pas l'alcool. Je me souvins de cette discussion, d'un moment partagé, de sa vulnérabilité lors de son aveu pour le mariage des Keller… Quelque part cet homme insupportable et impossible avait su me comprendre mieux que ma propre sœur et il avait su me faire rire et me toucher… J'esquissai un sourire. S'il y a deux jours on m'avait dit que je serai en train de chanter les louanges de Jasper Whitlock dans une voiture où nous venions de faire l'amour au petit matin…
Cependant je devais lui dire. Si cet homme avait la moitié des qualités que je lui attribuais je devais lui dire qu'il n'était pas une décision prise dans un moment d'alcoolisme caractérisé… Il devait comprendre que je ne faisais jamais cela. Prenant une gorgée de café pour me donner une contenance, je me tournai vers lui, oublieuse de ma honte :
- Je veux seulement dire... Je veux seulement dire que je n'ai jamais fait ça, soufflai-je.
- Oui je sais, affirma-t-il en me souriant.
Il ne devait pas avoir compris. Mais c'était beaucoup trop important qu'il comprenne…
- Non c'est vrai je n'avais jamais fait ça, contrai-je avec plus de force.
- Je le sais très bien, oui, répliqua Jasper avec le sourire. La nuit dernière tu n'as pas arrêté de le répéter et de le re-répéter. Je n'ai jamais fait ça, non je n'ai jamais fait ça... continua-t-il en m'imitant.
A l'entendre cela avait presque l'air flatteur. Ma gène revint immédiatement et me monta à la tête.
- Ça va je voulais seulement que tu sois au courant, m'appliquai-je à articuler.
Nous échangeâmes un sourire. Complices.
Le restaurant familial que nous avions déniché était dans le plus pur esprit américain. La dépanneuse nous avait déposés dans un centre commercial provincial, le temps de réaliser une vérification de la voiture. Affamés nous avions atterri à la table d'un restaurant typique de ces petites villes. Le drapeau américain siégeait fièrement sur la devanture et la carte du petit déjeuner était constituée de bacon, muffins, œufs, et autres toasts… Nous avions commandé notre premier café en arrivant avant d'attendre nos œufs au bacon accompagné de pancakes.
Nous étions en train d'échanger des anecdotes de journées passées à organiser ou à assister à l'organisation de mariages. Jasper s'était lancé dans l'explication de l'organisation la plus dingue qu'il n'est jamais vue… La mariée avait tout délégué à sa cousine qui elle-même avait délégué à sa mère, qui avait refilé la patate chaude à sa belle-mère et ainsi de suite…
- Non ?
- Non je te jure c'est vrai.
- Et voilà ! Nous interrompit la serveuse. Vous voulez autre chose ?
- Non merci, répondis-je avec le sourire.
- Hey, hey c'est Bennie and the Jets! S'exclama un homme en passant près de nous. Super! Lança-t-il avant d'entamer une caricature –du moins je l'espérais- de ce qui c'était passé hier soir au pub. Bu-bu-buh Bennie and the Jets ! Bennie ! Je voulais vous dire waouh ! C'était génial.
- Merci... Sourit Jasper en jetant un regard insistant à l'homme importun.
Le visage de l'homme perdit tout sourire. Il essaya de se rattraper, sembla vouloir nous parler encore une fois avant de décréter :
- En tout cas salut !
- Salut ! Répondit Jasper avec une once de soulagement dans la voix.
Une lumière sembla s'allumer dans mon esprit. La dernière pièce manquante de mes activités d'hier soir.
- Oh mon dieu, articulai-je, j'ai chanté Bennie and the jets hier soir hein c'est ça ?
- Hum, hum... Acquiesça Jasper, un morceau de pancake dans la bouche. A tue-tête, rajouta-t-il. Et si je me souviens bien tu étais un ton au-dessus...
- Je te demande pardon ? M'exclamai-je alors que les souvenirs affluaient. Moi ? Toi tu as poussé des notes que seuls des chiens peuvent entendre.
- Non... Contra Jasper avec cependant très peu de conviction.
- Si c'est vrai des notes vraiment très aigües ! Insistai-je.
- Par contre tu sais... Essaya-t-il de dire de façon totalement inintelligible pour moi. Au moins je ne mentais pas...
- Mon dieu, mais c'est vous ! S'exclama la serveuse, en passant près de notre table.
Je souris devant son enthousiasme. Peut-être avons-nous chanté faux, mais nous avions animé une belle soirée pour ce pub… Et apparemment tous les habitants à quinze kilomètres à la ronde y étaient. Décidant d'en prendre mon parti, je lui souris avant de répondre sur le ton de la fausse modestie :
- Oui moi c'est Bennie et lui c'est les Jets.
- Hey, reprit-elle en interpellant une autre serveuse derrière le comptoir. C'est la fille qui est dans le journal.
- Dans le journal ? M'enquis-je, désorientée.
Comment aurais-je pu apparaitre dans le journal ? Le mariage de Rose n'était pas encore passé et Jasper ne devrait rendre son article que dans quelques semaines… Je ne…
- Oh merde, jura Jasper en cachant son visage de ses mains.
Apparemment lui savait pourquoi une jeune serveuse me reconnaissait comme « la fiche qui est dans le journal ». Toujours obligeante la serveuse me passa la pièce à conviction avec un sourire avant de passer à un autre table. Quelle ne fut pas ma surprise en l'ouvrant de voir apparaitre le titre de cet article : « Encore, encore et toujours demoiselle d'honneur » par Jasper Whitlock. Le rouge me monta au front. Jasper essaya de récupérer le journal, mais je réussis à l'esquiver avant de demander :
- C'est quoi ça ?
- Bella... Souffla-t-il.
- Oh mon dieu ! M'exclamai-je irrémédiablement choquée.
L'article faisait trois pages et était illustré d'une trentaine de photographies de moi, dans les différentes robes de demoiselles d'honneur que j'avais passé l'après-midi où Jasper était venu à l'appartement pour me poser des questions. Il avait profité de ma confiance pour écrire un article sur moi… Et au vu du titre, il n'était pas des plus élogieux. Je suffoquai presque d'indignation.
- Bella laisse-moi t'expliquer, commença-t-il mais je ne lui laissai pas le temps de continuer.
Je me levais d'un bond, chiffonnant le journal pour lui lancer la boulette à la figure. Je sortis en fulminant après lui. Je devais rentrer chez moi, et me remettre de cette énième déception. Je n'arrivais pas à croire que cela ait pu se passe…
- Bella... M'interpella-t-il.
Cet idiot m'avait suivi. Il était irresponsable, il m'avait énormément déçu et il se permettait de me suivre ? Mais pourquoi faire ? Arranger les choses ?
- J'avais demandé à Alice de ne pas le publier, tenta-t-il de m'expliquer en soufflant.
Mais qu'est-ce que je pouvais bien faire de cette information ? Qui était Alice ? Et puis cet article il l'avait bien écrit, non ? C'était sa signature sur le bas de la page en tout cas… Je repartis d'un pas vif vers la première station de bus pour la gare routière. Il m'avait ridiculisé auprès de tout New York. Il avait joué avec ma vie pour l'exposer au vu de tous, il s'était joué de ma confiance… On n'avait fini la nuit ensemble, bon sang ! Je commençais à croire que…
- Il n'y a personne qui lit cette section de toute manière. Attends, arrête s'il te plait, me demanda-t-il en essayant de m'attraper par le bras.
Mû d'un réflexe de rage, je me retournai pour lui faire face et lui asséner une gifle magistrale. Une expression incrédule passa sur son visage. A peine ma main eut-elle touchée son visage, que je regrettai mon geste. Il était peut être qu'un infâme baratineur, mais on ne m'avait pas appris la violence.
En colère contre lui, furieuse contre moi, et fâchée avec le reste du monde, je me détournais de lui pour rentrer à New York.
Le chemin jusqu'à mon appartement fut long et pénible. Je réussis néanmoins à raccourcir considérablement le voyage et la note en reprenant la voiture de mon père, fraîchement sortie du garage. Les routes de campagne étaient mauvaises et tout le charme que je leur trouvais deux jours seulement auparavant avait disparu. Je laissais passer le temps, pressée d'arriver à mon appartement et de tenter une noyade dans ma baignoire.
Malheureusement les célèbres embouteillages de New York réduisirent considérablement mes chances d'arriver chez moi pour le début d'après-midi. Je dus me résoudre à subir les klaxons, la lenteur de la circulation et une sérieuse introspection avec moi-même. Je vivais cette situation comme dans un rêve, une autre vie. Comment Jasper avait pu me faire cela ? Où avais-je été trop confiante ? Et à partir de quel instant était-il devenu si important pour moi ? Autant de questions qui restaient sans réponses.
Je fus soulagée de me garer sur ma place de parking en bas de mon immeuble. Je montai les marches des escaliers avec la lenteur du condamné. Un énorme soupir de soulagement m'échappa lorsque je passai le seuil de la porte. Je jetai un regard perdu sur les innombrables fleurs fanées qui gisaient çà et là dans des vases partout dans l'entrée. Ces bouquets, Edward les avait fait livrer pour ma sœur, il y a quelques jours lorsque celle-ci avait décrété qu'il était plus correct pour elle de vivre avec moi jusqu'au mariage. Heureusement Edward l'avait très vite convaincue du contraire et il ne me restait que ces fleurs…
- Comment est-ce que tu as pu me faire ça ? Hurla une voix proche de moi.
Je sursautai presque en voyant ma sœur surgir à ma droite. Elle était furieuse. Non, dans une rage noire. Je la regardai avec incompréhension :
- Quoi ?
- « Si Bella est le type parfait de la demoiselle d'honneur serviable, lit-elle en tenant ce fameuse New York Journal, sa sœur Rose est, quant à elle, une future mariée arrogante et capricieuse, qui a tout moment pourrait se transformer en un monstre traversant à pas lourds Manhattan, prête à cracher du feu et à faire tomber les avions du ciel ! »
- Je ne savais pas qu'il écrivait un article à propos de moi… m'excusai-je en m'asseyant sur mon divan.
J'étais complètement dépassée par la situation. Après avoir organisé le mariage de ma petite sœur avec l'homme de ma vie, je devais gérer une petite sœur hystérique, merveilleusement remontée par un homme qui avait su se faire aimer de moi le temps d'une soirée…
- De toi ? reprit-elle de plus belle. Il m'appelle Mariéezilla ! Dans le foutu New York Journal ! Je vais le mettre en pièces je te le jure ! Je vais lui arracher les yeux un à un !
Ses menaces s'envolèrent dans les airs et je compris que j'étais déconnectée de la réalité. Comme si un bruit assourdissant était passé près de mes oreilles et que depuis tout son perçu était étouffé, modulé, entendu comme à travers une vitre. Le téléphone sonna et ma sœur renversa deux fauteuils et un guéridon en allant répondre. A cet instant, je comprenais le surnom dont l'avait affublé Jasper.
- Quoi ? Hurla-t-elle dans le combiné.
Elle laissa à peine le temps à l'interlocuteur de formuler une requête avant de remettre à crier :
- La seule personne avec qui tu vas parler c'est à mon avocat ! Je n'en ai pas encore mais tu peux être sûr que je vais en trouver un. Sale trou du cul !
Jasper avait donc téléphoné. Ma sœur, encore plus furieuse après son coup de téléphone, continua à projeter tout ce qui se trouvait à sa portée. Elle déchiqueta le journal en plusieurs petits morceaux.
- Faut que je sorte d'ici ! Asséna-t-elle en prenant son sac et son blouson.
Elle rebroussa chemin avant d'arriver à la porte pour se planter devant moi :
- Oh, mais tu ferais mieux d'appeler l'armée de l'air parce que Mariéezilla est en liberté !
Elle sortit de mon champ de vision et claqua la porte. Je m'écroulai sur le divan.
Quelques jours étaient passés depuis la fameuse parution du journal. Après avoir broyé du noir pendant un week end, je devais me résoudre à retourner travailler, à affronter mes responsabilités et à m'excuser auprès du fiancé de ma sœur. Malgré mes efforts, j'arrivais une demi-heure en retard par rapport à mon horaire habituel. Angela me vit passer dans l'atrium et me suivit jusqu'à mon bureau. Des messages du standard m'y attendaient. Jasper Whitlock a appelé… Le recontacter au… Je les passai tous en revu :
- Jasper, Jasper, Jasper… Arrête de m'appeler ! M'écriai-je en m'écroulant sur mon fauteuil.
Angela choisit ce moment pour entrer dans mon bureau. Elle se plaça dos au mur, face à moi, les bras croisés.
- Avant que tu ne dises quoique ce soit pourrais-tu ne rien dire ? M'enquis-je d'un ton suppliant.
- Hum... Je ne comprends pas... Annonça Angela en s'éclaircissant la voix. A quoi tu fais allusion ?
Ma figure décomposée lui fit comprendre que l'heure n'était pas à la plaisanterie.
- Oh je t'en prie ce n'est pas grave. Ce n'est qu'un article, en première page d'une section du New York Journal avec un million de photos de toi en prime...Qui est-ce que cela pourrait bien déranger ?
- Bella ? Appela Edward de son bureau.
Je la fusillai du regard avec un signe de tête éloquent. Non seulement ma sœur était en colère contre moi parce que j'avais accordé ma confiance à un vaurien, mais son fiancé était certainement dans les mêmes dispositions… Je passai le seuil du bureau, avant de me planter devant lui.
- Je vais t'expliquer... Commençai-je, contrite. Je n'avais aucune idée de ce qu'il écrivait sinon je...
- Bella... M'arrêta-t-il. Cet homme est un salopard. Il a abusé de ta confiance, je l'ai très bien compris, ne t'en fais pas avec ça.
- Je sais que j'aurai du voir plus clair dans son jeu... M'entêtai-je, navrée. Je suis vraiment désolée.
- Pourrais-tu s'il te plait cesser de t'excuser ? Me demanda Edward avec un sourire en coin sur ses lèvres. La seule raison pour laquelle je t'ai fait venir ici, c'est pour m'assurer que cela allait.
- Oh, répliquai-je surprise, et bien, ça pourrait aller mieux. Mais je devrais passer au travers.
- Écoute je ne m'en ferai pas trop si j'étais toi, me conseilla-t-il en me ramenant dans mon bureau. Tu connais des gens qui lisent cette section de toute façon ?
- Non, répliquai avec un sourire.
A part la moitié de New York, soit environ quatre millions d'habitants. Personne ne lit cette section.
Ma sœur m'avait convoqué pour le dernier essayage de sa robe de mariée. J'en étais soulagée. Nous n'avions plus eu de contacts depuis la publication de l'article. J'avais de ses nouvelles grâce à Edward et je continuais de régenter ma part de l'organisation du mariage. Cependant le fait de ne pas pouvoir lui demander son avis était plus que compliqué.
- Bella est-ce que c'est toi ? Entendis-je alors que je passais le seuil d'un des plus célèbres magasins de robes de mariées sur mesure.
- Oui, répondis-je en me dirigeant vers les cabines d'essayage.
- Salut, me lança-t-elle du haut de son corsage.
- Salut, lui répondis-je avec un sourire. Bonjour, repris-je en saluant les vendeuses.
Ma sœur s'approcha de moi, un calepin en main. J'avais déjà vu ma sœur nue et à moitié nue, mais je devais avouer que le corsage en dentelle et l'espèce de mini-jupe en satin qui devait lui servir de sous-vêtements étaient des plus originaux. Cela lui allait très bien. Sérieuse, elle déclara :
- Alors, j'ai énormément réfléchi à l'article et à cet affreux fiasco et j'ai décidé de te pardonner. Tu es trop naïve, ce n'est pas ta faute j'imagine.
- C'est vraiment noble de ta part Rose, la remerciai-je, avant de froncer les sourcils. Attends est-ce que tu es en train de me cocher sur ta liste ?
- Hum, esquiva-t-elle, à propos des diapos je sais exactement ce que je veux que tu dises et je t'ai préparé un texte. Papa dit que tu as nos photos de famille, elle continua alors que j'acquiesçai, donc je t'enverrais celles d'Edward. Hum, tiens j'aimerais que tu dises ça et seulement ça. On ne voudrait pas que tu nous mettes dans l'embarras une seconde fois.
- Ok. 10-4, répliquai-je en la regardant s'éloigner vers les cabines d'essayage.
J'entrepris la lecture du texte qu'elle venait de me donner. Ma sœur n'a jamais eu aucun talent à l'écrit et ce malgré les nombreux professeurs particuliers, de préférence masculins, qu'elle avait su se dénicher lorsqu'elle était au lycée. Elle avait un don pour se montrer charmante et drôle à l'oral. Et son texte, rédiger selon des expressions parlées, serait plaisant à lire et à entendre. Pendant que je lisais, j'entendis les vendeuses passer avec la robe et ma sœur s'exclamer plusieurs fois :
- Oh, la voilà ! Alors. C'est bon. Oui, ok. Il faudrait mettre un bouton pression, recommanda-t-elle avant d'attirer mon attention. Alors qu'est-ce que tu en dis ?
- Mais je croyais que tu devais te marier dans la robe de maman ? M'enquis-je curieuse.
- C'est la robe de maman, me sourit-elle, en tout cas en partie. Elle était tellement passée de mode, qu'on n'a pu récupérer que quelques bouts de tissu.
- Des bouts de tissu... Répétai-je d'une voix blanche.
- Mmhh... Oui celui-là et la ceinture, dit-elle en me montrant les tissus incriminés.
- Tu as coupé sa robe de mariée ? L'interrogeai-je, pas encore certaine de ce que je devais en penser.
- Et bien en réalité c'est plutôt Mary Helen...
Ma figure devait se décomposer de seconde en seconde. Ma sœur venait de découper la robe de mariée de notre mère pour s'en fabriquer une autre qui n'avait strictement rien à voir.
- Mais ne t'en fais pas on t'a gardé les restants, s'empressa d'ajouter Rose en voyant ma figure déconfite. Et tu pourras toujours porter celle-ci si elle n'est pas démodée d'ici là ! Conclut-elle simplement.
Et comme Rose sera toujours Rose, elle repartit dans son idée de robe de mariée parfaite.
- Mary Helen je crois qu'on devrait encore la raccourcir un peu...
Une sourde colère monta en moi. Elle n'aurait jamais dû faire cela. Elle était allée trop loin !
- Non. Non, non, non. NON ! M'écriai-je en me plaçant face à elle.
- Ça aurait été drôle, mais tu n'auras pas à la porte si tu ne veux pas ! Répliqua Rosalie, légèrement excédée.
- Tu te fiches de tout Rose ! Et tu te fous de tout le monde à part toi, lançai-je acerbe. J'ai passé ma vie à t'excuser parce que tu étais petite quand maman est morte mais assez c'est assez.
Sur ces bonnes paroles, je me rendis dans la succursale du magasin.
- Je n'ai aucune idée de quoi tu parles, m'arrêta-t-elle en me suivant vers la sortie.
- Je ne peux pas réparer ce que tu viens de faire, expliquai-je dans une colère froide. Mais je ne vais pas te laisser faire du mal à Edward. Il croit tout savoir de toi le pauvre ! Mais tout ce qu'il sait de toi ce sont les tissus de mensonges que tu n'as cessé de lui raconter. Tu as même demandé à Pedro de garder un secret ! Alors je veux que tu lui dises la vérité, et tout de suite. Il n'est pas comme tes autres petits copains européens, c'est une bonne personne. Une relation ça ne se construit pas sur des mensonges comme cela !
- Oh c'est vrai Bella ? Répondit-elle avec un sourire sarcastique. Et tu sais ça grâce à toutes tes relations de couple qui ont si bien marchées ?
- Si tu ne lui dis pas la vérité, moi je vais le faire, la menaçai-je.
- Non bien sûr que non, essaya-t-elle de se persuader. Tu es beaucoup trop gentille, tu ne voudrais pas me faire de mal quand même je suis ta petite sœur.
Son discours aurait pu fonctionner si elle n'avait pas porté sa robe de mariée – découpée dans ce qui fut jadis celle de ma mère. Il n'y avait pas grand-chose de plus important que ma sœur, mais le souvenir de ma mère avait toujours été préservé.
- Cela c'était hier, repris-je avant que des larmes ne perlent à mes yeux. Aujourd'hui tu n'es qu'une salope qui m'a brisé le cœur et qui a démoli la robe de mariée de ma mère.
Je me rendis directement à l'appartement. Après tout il me restait un diaporama à réaliser pour la soirée du lendemain. La fameuse soirée de fiançailles où chacun se regroupe pour célébrer le nouveau statut des ex-célibataires. Je laissai vingt-quatre heures à ma sœur. Elle avait assez profité de ma gentillesse et de ma sollicitude.
Je passai ces vingt-quatre heures dans un état d'esprit guerrier. Mais du fond du cœur j'espérais, je priais pour qu'elle est le courage de lui dire, pour que je n'ai pas à faire ce que j'avais prévu. En me rendant à cette soirée, mon cœur s'emballait dans ma cage thoracique. Ma nuque se raidit et je m'avançai, quasiment persuadée de découvrir que ma sœur était loin d'une salope sans cœur et qu'elle avait tout dit à Edward.
Je devais tout d'abord installé l'ordinateur portable sur le projecteur mis à disposition par l'établissement. Mon chemin fut inopinément barré par l'une de nos tantes du côté paternel : la mère de la fameuse Victoria.
- Oh Bella, tu es superbe, s'écria-t-elle avec la plus parfaite hypocrisie. Tu as l'air en pleine forme ! Oh trésor cela doit être tellement dur pour toi de voir ta jeune sœur se marier avant toi comme ça.
- Oui, Oui c'est vrai, admis-je avec un sourire tout aussi faux que ses seins. Mais je n'ai qu'à me rappeler que je pourrais encore baiser sauvage avec des inconnus et cela va beaucoup mieux.
- Oui, oui, acquiesça-t-elle sans véritablement avoir entendu mes paroles.
- Bonne soirée, lui souhaitais-je alors qu'elle se répétait à haute voix ce que je venais de lui dire.
Elle dut en percevoir le sens après quelques répétitions car elle me lança un regard si noir qu'il aurait pu tuer quelqu'un. Je m'avançai, plus confiante, vers les installations. Je tendis la mallette contenant mon ordinateur d'une main au technicien embauché pour la soirée. Angela m'attendait, comme toute demoiselle d'honneur qui se respecte. En revanche, elle m'attendait avec un cosmopolitan en main.
- Oh, j'ai bien envie de te faire de l'œil, insinua-t-elle en m'observant tendre mon ordinateur au technicien.
- Ok, il est sur le bureau c'est le fichier Rose et Edward, ajoutai-je avant de me tourner vers ma meilleure amie.
- Est-ce que ça va ? S'enquit-elle inquiète.
- Oui très bien, mentis-je en me précipitant vers son verre.
Je savais que ce que je devais faire était nécessaire. Je ne me sentais pas mieux pour autant. J'ingurgitai le contenant de son verre avant qu'elle n'ait eu le temps de dire :
- Euh attends ce n'est pas de l'eau.
Je brandis son verre vide face à elle avec un hochement de tête. Elle n'en demanda pas plus et accepta :
- Ok. D'accord.
Je m'éloignai d'Angie pour aller saluer ma sœur et mon futur beau-frère. Officieusement je voulais savoir si elle lui avait dit la vérité.
- Bonsoir, les saluai-je avec un sourire crispé
- Bella, reprit Edward avec un sourire charmeur, je tiens à te remercier de tout ce que tu as fait c'est magnifique.
- Ce n'est rien, répondis-je alors que le test parfait approchait de moi à grands pas.
Un serveur passa près de moi avec un plateau d'amuse-bouche. Parmi ceux-ci, j'en avais fait commander spécialement à la viande. J'en pris un avant de le présenter à ma sœur.
- Oh tiens une belle saucisse en croûte ! Tu en veux une Rose ?
- Non ! S'exclama-t-elle trop vivement, avant de se reprendre. Euh, je ne mange pas de viande...Bella...
Je lui laissai sous le nez quelques instants comme une dernière échappatoire. Lorsque je lui avais présenté l'amuse-bouche, j'avais presque cru qu'Edward allait rire en contant toute l'histoire. Ma sœur avait choisi de se taire. En respirant, je confirmai ma décision. Moi pas.
- C'est vrai, me rétractai-je en enfouissant la saucisse dans ma bouche. J'avais oublié. Allez c'est l'heure du diaporama.
Si je n'avais pas déjà perdu toutes mes chances avec Edward, mon attitude vorace et bizarre aurait certainement jouée en ma défaveur.
- Bella... M'interpella Rosalie, en s'avançant vers moi pour pouvoir baisser la voix. Tu vas dire ce que j'ai écrit et pas autre chose, hein ?
- Bien sûr, acquiesçai-je avec sècheresse. La demoiselle d'honneur parfaite fait toujours ce qu'on lui demande.
Rose parut soulagée pendant un millième de seconde. Après tout, je n'avais pas besoin de paroles pour la discréditer. Mais elle ne le savait pas encore. Je me perchai sur l'estrade avant de faire tinter un verre. La totalité des personnes présentes, famille, amis, collègues, étaient réunis pour cette soirée. J'inspirai avant de me lancer :
- Bonsoir tout le monde, le saluai-je avec le sourire. Au cas où vous n'auriez pas lu l'article, je n'en suis pas à mon tout premier mariage.
Quelques rires se firent entendre dans l'assistance. Cette phrase de Rose était brillante et digne d'un grand orateur. Elle retournait le désastre de l'article à son avantage. Mais cela ne changeait rien à ma décision. Je devais la vérité à Edward.
- Pour commencer, repris-je d'une voix faussement enjouée, je crois qu'il vous faut connaitre la vérité au sujet de Rose et Edward…
Je vis la respiration de ma sœur s'accélérer brutalement. Heureuse de mon petit effet, je continuai.
- Ils forment un couple parfait. Non divin, plutôt. Le genre de couple dont sont faits les mythes. Leur compatibilité est si grande qu'il est absolument impossible que leur amour n'est pas été créé par les dieux.
Cette partie du discours n'était pas la meilleure, un peu trop grandiloquente peut-être. Je m'attardais sur les défauts du texte pour retarder l'échéance du diaporama. Pourtant, il fallut en arriver là :
- Puisqu'une image vaut mille mots j'ai réalisé un diaporama qui vous permettra de constater mes dires par vous-même.
Je farfouillai rapidement dans le dossier concernée pour lancer la version prévue pour la soirée au cas où Rose aurait encore eu des secrets pour son futur époux. Le vin me monta à la tête. La première photographie me ramena sur terre.
- Dès le commencement ils étaient destinés l'un à l'autre
Nous pûmes assister à une séance nostalgie en observant deux bébés nus, l'un sur des couvertures et l'autre dans son bain.
- Ils ont toujours eu en commun l'amour des créatures à fourrure.
Mon attaque commençait à cet instant précis. La première photo présentait Edward en tain de caresser une chèvre alors que l'autre montrait Rose en train de tenir notre chat Doppy par les pattes postérieurs en l'agitant en tous sens. Quelques rires innocents se firent entendre alors que les traits du visage de ma sœur se durcissaient. Elle n'avait encore rien vu.
- En vieillissant ils avaient la même façon de s'impliquer et de sa consacrer à leurs études …
J'avais choisi la photographie de remise de diplôme d'Edward. En parallèle la photographie représentant Rose la présentait en tenue de cheerleader du lycée, entourée d'un groupe de garçons, tous athlètes.
- Et de faire leur part pour la communauté.
Edward était présent à une distribution de repas de façon bénévole, alors que Rosalie aidait la collecte du lycée en se faisant draguer par un basketteur aux mains longues en lavant des voitures.
- Il s'intéressait aux relations internationales et elle aussi.
A partir de cet instant, le public riait jaune. En effet, Edward était entouré d'asiatiques au premier plan et derrière était présent les drapeaux des pays concernés. La photographie de Rosalie avait été prise pendant sa période « romaine ». Elle était entourée de deux bels italiens qui chacun la tenait d'un bras.
- Comme aujourd'hui ils partagent les mêmes valeurs, leur amour est basé sur la compréhension et l'acceptation profonde de ce qu'est l'autre personne.
Les dernières photographies étaient le coup d'estoc final. La seule qui présentait Edward le montrait à un congrès biologique. Les trois autres photos représentant Rose, étaient incriminantes. L'une d'elle la présentait en train de manger de la viande alors qu'elle portait sa bague de fiançailles, une autre où elle grimaçait face à un bébé en pleur alors qu'elle le tenait le plus loin possible d'elle, et enfin la dernière photo la montrait en train de repousser le chien d'Edward avec une grande grimace de dégoût.
- Cupidon a réuni ces deux âmes sœurs, conclus-je en levant mon verre, légèrement embrouillée dans mon discours. Buvons au plus parfait des couples jamais réuni par le destin, je suis fière de toi petite sœur, finis-je alors que le diaporama se dissolvait derrière moi.
A peine fus-je descendue de l'estrade qu'Angie me poussa vers le bar alors qu'elle prenait ma place devant l'assistance. Je rejoignis le comptoir et commandais autant de cosmopolitan qu'il m'en faudrait pour affronter ma sœur. Angela avait un regard paniqué et essaya de bafouiller un discours quasiment intelligible.
- Ok... Très bien. Ça c'était… Ok... Tenta Angela en essayant de se reprendre. Et pour ne pas briser cette ambiance de joie qui règne, Edward a un petit frère nommé Pedro qui souhaiterait dire quelques mots. Pedro.
Elle fit une pirouette avant de laisser lui laisser la place. De mon comptoir, je pouvais entendre ce qu'il disait. Il parla distinctement et fortement comme un homme. Une partie de moi ne put s'empêcher d'être fier de lui.
- Merci, dit-il en commençant son discours. Comme vous le savez tous, Edward est mon grand frère mais il est plus que cela. Et maintenant il a Rose. Et je vous jure qu'elle est vraiment, vraiment très cool.
Quelques sourires naquirent dans la salle tandis que je remarquai que le couple de fiancés était de plus en plus sinistre.
- Parce qu'elle va m'aider à lancer mon entreprise de nettoyage. Bon Rosalie m'avait demandé de garder le secret, mais je suis tellement excité. En ce moment le seul endroit où je fais le ménage c'est chez mon ami Edward. Mais si quelqu'un est à la recherche d'un super bon service de nettoyage, faut venir me voir dans le hall. Merci...
Pedro descendit de l'estrade alors que le visage d'Edward se tordait de fureur. Il quitta la salle d'un pas raide alors que ma sœur le suppliait de l'attendre. Angela vint me rejoindre au bar pendant que les invités étaient livrés à eux-mêmes dans la salle de réception.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Attaqua-t-elle en reposant le cosmo que j'avais dans les mains.
- Il devait savoir la vérité, répondis-je, mortellement sérieuse.
- Tu aurais pu lui dire seul à seule entre quatre yeux, indiqua Angie avant de soupirer. Même si ma morale ne m'indique pas toujours où est le nord... Mais si je te dis que ce n'est pas correct, c'est que ce n'est pas correct.
- C'est toi qui passe ton temps à me dire qu'il faut que j'apprenne à m'affirmer, contrai-je en levant les mains devant moi, pour me protéger de toutes récriminations.
- Oui, mais ce n'est pas ce que tu as fait ! Lança-t-elle d'un air désespéré. Ce que tu viens de faire, c'est de libérer tous tes sentiments refoulés ces vingt dernières années en une seule soirée... Ce n'est pas désagréable, c'était très divertissant, je ne dis pas le contraire. Mais si cela avait été la chose à faire, tu te sentirais mieux en ce moment. Tu te sens mieux en ce moment ?
- Euh... Hésitai-je en prenant conscience de la vérité de ses paroles.
Ma sœur rentra dans le restaurant comme une furie. Elle se posta devant moi.
- Je ne me marie plus c'est fini, me cracha-t-elle à la figure. J'espère que tu es contente.
Elle repartit aussi vite qu'elle était entrée alors qu'une prise de conscience nouvelle s'empara de moi. Et si je n'avais pas fait ce qu'il fallait ? Pouvais-je m'être trompée ?
En voyant le visage barbouillée de larmes de ma sœur alors qu'elle se réfugiait dans les bras de mon père, la réponse claqua comme une gifle : Indubitablement.
Voilà la fin de la sixième partie ! La prochaine partie sera la dernière tirée du film (en effet, j'ai prévu quatre autres chapitres avec différents POV sans compter un joli épilogue).
J'espère que celles qui ont vu le film pourront retrouver une ambiance. Et que celles qui ne l'ont pas vu arrivent à suivre l'histoire et les pensées tortueuses de notre Bella ^^. Alors pensez-vous qu'elle ait eu raison ou tort d'agir ainsi ?
Bonne semaine à toutes (tous ?) ! A bientôt ! A.
