Titre: 27 Robes

Auteur : Damoiselle A.

Résumé : Bella a toujours tout fait pour rendre son entourage heureux et les 27 robes de demoiselles d'honneur de son dressing ne diront pas le contraire. Seulement un jour, une rencontre, une bagarre et tout bascule pour elle. BS/JW

NDA : Bonjour à tous !

Voici la septième partie, le dernier point de vue de Bella avant l'épilogue. Il reste encore deux chapitres et ils seront respectivement du point de vue d'Angela et celui de Jasper.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

A.


27 ROBES – SEPTIÈME PARTIE

Comme giflée par la réplique de ma sœur, je sortis en courant de la salle de réception. Les larmes me montaient aux yeux et menaçaient de couler. Une fois dans la rue, elles débordèrent. Qu'avais-je fait ? Je me retournai vers le restaurant et repérai une silhouette au combien familière et qui m'avait rendu si malheureuse :

- Oh seigneur, jurai-je avant de l'attaquer verbalement. Quoi encore ? Qu'est-ce que tu viens faire ici ?

- Tu refuses de répondre à mes appels, expliqua Jasper en mettant ses mains devant lui, en protection.

- Mais qu'est-ce que tu veux ? Lui demandai-je, hargneuse. Tu veux une autre interview pour ton papier ?

- Bella je suis désolé, je te prie de me croire... Dit-il en accompagnant ses excuses d'un regard suppliant.

- Tu t'es servi de moi pour lancer ta carrière, assénai-je, toujours furieuse de mettre fait avoir. Sois au moins un homme, admets le, ou non, mais s'il te plait ne fais pas semblant que cela te fait quelque chose.

- Laisse-moi t'expliquer... Entama-t-il.

- Non je ne veux pas savoir ! Le coupai-je sèchement. Je viens de détruire ma vie et je suis loin d'avoir eu besoin de toi pour le faire !

Un silence suivit ma déclaration et je me détournai de lui. Pourquoi ne me laissait-il pas en paix.

- Ouais ! S'exclama-t-il alors que je me retournais, surprise. Enfin ! Je t'ai vu tout à l'heure et tu sais quoi ? Je t'ai trouvé fantastique. Est-ce que je peux te certifier que c'était complètement dingue ? Oh oui mais tu as agi au moins Bella, pour la première fois de ta vie tu n'étais pas la demoiselle d'honneur parfaite.

- Stop. Je ne vais pas recommencer à discuter avec toi. Je ne sais même pas pourquoi je reste ici.

- Attends... Laisse-moi, me supplia-t-il en avançant vers moi. Viens ici écoute moi, ordonna Jasper en me retenant. Tu veux savoir la vraie raison pour laquelle je suis venu ici ? Parce que je savais que cela allait être très dur pour toi.

Je faillis lever les yeux au ciel face à cette déclaration mais une lueur de sincérité dans ce regard me retint.

- Et pour la toute première fois depuis très longtemps j'avais envie d'être présent pour quelqu'un. Oui c'est vrai, j'ai tout fait foirer, admit-il tristement. Je le sais et j'en suis désolé. C'est pour cela que je vais m'en aller et disparaître. Tu ne me reverras plus jamais je te le promets. Mais avant je vais te dire que tu es une fille qui mérite, tu es une fille qui mérite bien plus que ce qu'elle a en ce moment, ça c'est sûr. Je crois que tu es quelqu'un qui mérite que l'on prenne soin d'elle, pour changer.

Il hocha la tête avant d'ajouter, confiant :

- Oui, c'est ce que je crois.

Il prit une inspiration difficile, alors que j'essayais de percer à jour la vérité. Etait-ce vraiment ce qu'il pensait ? Mais dans ce cas pourquoi… Il fit demi-tour devant mon regard scrutateur. Il s'éloigna brièvement avant de se retourner. Il se planta face à moi et lança en me tendant un portable entouré de ruban :

- J'ai oublié de te donner cela, souffla-t-il. C'est un cadeau. Pour que tu ne sois plus obligée de transporter partout avec toi, ton antiquité d'agenda. Tu pourras inscrire là-dedans toutes les choses que tu dois faire. C'est parfait quand on reprend tout à zéro.

Je restais ébahie devant son geste pendant quelques secondes. Etait-il possible que… ? Pourquoi ce geste si attentionné sinon ?

- Ok, intervint-il en souriant, mettant fin à mon dilemme intérieur, prends-le s'il te plait, je suis en train de me sentir très idiot.

Il me fit une sourire embarrassé avant de se retourner et de s'éloigne pour de bon, cette fois. Je soupirai de soulagement sans vraiment comprendre pourquoi. En regardant ma main, je vis le logo HTC du portable dernier cri qu'il venait de m'offrir. Submergée de gratitude, cela me fit pleurer. Engourdie par l'alcool et par l'étalage de ma propre stupidité, je rentrais à mon appartement sans me presser, à petite vitesse.

Je fus contente de retrouver cet endroit si familier, si confortable, même si certaines photographies me rappelaient douloureusement l'affreux cafouillage de la soirée. Je posai mes affaires sur le canapé avant de m'asseoir dans un des fauteuils. Je me pris la tête dans les mains, laissant mon regard errer sur les fleurs fanées qui étaient toujours présentes dans mon appartement. Cela me fit monter les larmes aux yeux. Je soupirai et fini par admettre ce qui se tramait dans mon esprit depuis l'intervention de Jasper.

Bien que cela me coûte de l'admettre, il avait déjà eu raison. Et cette fois-ci son bon sens prévalait sur le mien. J'allais tout reprendre à zéro.


La semaine avait été affreuse. Je m'en voulais comme jamais et je passais mon temps à fuir Edward au travail. Pourtant je n'avais pas à m'en faire, il avait pris une semaine de congés sans explications. Je soufflais enfin lorsque la journée du vendredi fut derrière moi.

J'avais prévu de passer la fin de semaine au fond de mon canapé, avec un pot de glace Ben & Jerrys et une flopée de films romantiques. Mais mon père m'avait appelé la veille pour savoir si le brunch du samedi midi tenait toujours. Je n'avais pas osé refuser. C'est pourquoi je me retrouvais devant mon père, l'air irritable et les cernes sous les yeux. Après m'être attablée devant ses pancakes pour enfants, il entreprit de parler en termes délicats du fiasco qu'avait été la soirée de fiançailles de ma sœur, et ceci sans donner raison ou tort à l'une de ses filles, ce qui relevait de l'exploit.

- Tout ce que je dis, conclut-il en levant les bras au ciel, c'est que vous le vouliez ou non vous êtes sœurs.

Je soupirai. Il avait absolument raison. Ce qu'avait fait ma sœur était injuste envers Edward, mais si je m'étais montrée plus mesurée, nous aurions tous pu régler cela à l'amiable, sans coup d'éclat ni humiliation. J'avais cependant essayé de joindre ma sœur pendant ces longues nuits sans sommeil : en vain. Elle ne voulait plus m'adresser la parole et pour une fois dans ma vie, je la comprenais.

- Je sais papa, soufflai-je, lasse. Mais c'est elle qui refuse de...

- Arrête elle t'adore, me coupa mon père avec un sourire doux. Tout finira par s'arranger il faut juste que...

Nous entendîmes la porte d'entrer claquer et une tornade blonde envahit la cuisine. Rose avait le sourire aux lèvres en apercevant mon père. Il se fana bien vite en me voyant.

- Papa ? Interrogea Rose, coincée entre la colère et le doute. Tu peux me dire ce qu'elle fait ici ?

- Rose cela doit se passer entre toi et ta sœur, expliqua calmement notre père. Je ne m'en mêle pas. Je sors... pour regarder un match avec Billy...

Il nous embrassa chacune sur le front avant de monter sans sa voiture et de disparaître dans l'allée. Un lourd silence résonna à nos oreilles. En soupirant je me lançai, fixant ma sœur dans les yeux alors qu'elle prenait place sur la chaise en face de la mienne :

- Je me sens tellement mal, avouai-je. Je suis désolée pour ce qu'il s'est passé.

- Tu es désolée ? S'écria-t-elle dans un grand mouvement de bras. Tu m'as humiliée devant à peu près toutes les personnes que je connais et tu crois que tu vas t'en sortir en disant "désolée" ?

- Je sais... je... Bafouillai-je lamentablement.

A vrai dire, je ne me trouvais pas franchement d'excuses… Je n'avais pas été honnête avec elle depuis le début, je ne pouvais pas lui reprocher ses mensonges. Mais ce qu'elle avança par la suite me laissa sans voix.

- Tu as toujours été jalouse de moi ! Hurla-t-elle.

Je m'apprêtai à m'excuser platement une seconde fois, espérant donner ainsi plus de poids à mes excuses quand :

- Quoi ? Laissais-je échapper, surprise.

- De mes vêtements ! De mes amoureux ! Poursuivit Rosalie sur sa lancée.

- Mais arrête ! La coupai-je les yeux écarquillés.

- Et je suis sûre que tu attendais cette occasion au fond... Persifla ma sœur en se levant de sa chaise.

- Mais non ! Me récriai-je de bonne foi.

- Bella, tu sais ce que tu as fait ? Tu m'as enlevée la seule chose de ma vie qui fonctionnait bien !

C'était la cerise sur le gâteau. Sa relation avec Edward fonctionnait bien ? Je n'avais peut être pas fait quelque chose de très correct en humiliant ma sœur ainsi, mais mon propos était juste. Elle n'avait aucun droit de leurrer son futur époux sur ce qu'elle était vraiment. Furieuse de nouveau, je me levai pour la confronter.

- Oh je t'en prie ! Repris-je en levant les yeux au ciel. C'est toi tout craché ça, Rose. Tu n'as pas arrêté de mentir à Edward et tu n'en assumes absolument pas la responsabilité. Tu l'as manipulé !

Hors d'elle ma sœur brandit un pancake aux noix sur le dessus de l'assiette que mon père avait posé là quelques minutes plus tôt… Sûrement avait-il pensé que ses souvenirs nous ramèneraient à de meilleurs sentiments…

- Mais enlève ce pancake de devant ma figure, crachai-je, lâche ça tout de suite !

- Pas question ! Contra Rose en essayant de me le coller sur la figure.

Après de nombreuses gesticulations, nous finîmes par tomber sur le sol, le pancake à nos côtés. Je soupirai. A mon tour d'être franche :

- Est-ce que tu l'aimais réellement ou bien est-ce que c'était pratique ?

La question était posée entre quatre yeux. Ma petite sœur leva les siens au ciel en répondant :

- Oh, pas ça Bella. Ne monte pas sur tes grands chevaux. Admets que tu as de la rancœur contre moi parce que c'est toi qui devait me faire des tresses dans les cheveux, magasiner pour ma robe de finissante et me fabriquer tous mes costumes de Halloween !

- Non, je ne t'en ai jamais voulu pour ces choses-là... Niais-je farouchement.

Ma sœur était petite, mon père avait besoin d'aide, j'étais l'aînée, la plus grande, je devais aider… Maman ne l'aurait pas pensé autrement.

- Oui tu m'en veux ! S'exclama Rose, piteusement. Tu as toujours trouvé que ma vie était trop facile...

- Elle l'était ! M'écriai-je à mon tour, incrédule. Elle l'est ! Tu n'as jamais eu à te soucier de rien ! Tu es belle, amusante, et charmante. Ta vie est parfaite.

- Ma vie est parfaite ?

Les larmes qu'elle contenait depuis plusieurs minutes menacèrent de déborder. Je fus désolée de devoir contempler ma sœur dans cet état.

- Est-ce que tu es malade ? Reprit-elle rageusement. Tu ne sais rien à rien ! Tu veux savoir pourquoi j'ai décidé de rester à New York ? J'ai perdu mon emploi. Et en plus Rodolfo a rompu, il m'a laissée tomber...

La surprise se peignit sur mon visage… Si seulement elle m'avait dit la vérité, si seulement nous avions parlé à cœur ouvert, combien de blessures auraient été évitées ?

- Et là Edward est arrivé, continua-t-elle, avec un sourire heureux. Il était si gentil avec moi, il se préoccupait de moi... Tu comprends ? Ce qui fait que j'ai envie de devenir la personne qu'il voulait... Je voulais être sa femme. Il mérite d'avoir une femme qui l'aurait respecté, qu'il l'aimerait et qui le soutiendrait dans toutes ses actions... J'essayais de devenir toi.

- Pourquoi ? M'enquis-je perdue devant cette déclaration. Pourquoi est-ce qu'on voudrait devenir moi, quand on est une fille comme toi ?

Nous prîmes quelques secondes de réflexion et d'observation de l'autre. Un soupir nous échappa en même temps lorsque Rose résuma parfaitement la situation :

- C'est un beau gâchis...

- Oh oui, acquiesçai-je, consternée.

Rosalie se releva difficilement sur ses talons hauts avant de me tendre une main pour que nous puissions nous asseoir face au brunch de notre père. Le regard perdu dans celui de l'autre, elle prit mes mains entre les siennes et entama :

- Bella tu n'as pas arrêté de prendre soin de moi après la mort de maman...

- Oui et il le faut, assurai-je d'une voix forte.

- Non, ce n'est pas vrai, niai doucement ma petite sœur.

- Mais c'est mon rôle... Repris-je essayant de lui expliquer calmement.

- Tu n'as plus à le jouer, me coupa ma sœur, tu as juste à être ma grande sœur, comme cela devrait être le cas de toute manière.

Sa phrase eut un écho en moi. J'entendis les paroles prononcées par Jasper après la soirée de fiançailles… « Tu mérites qu'on prenne soin de toi pour changer ».

- Probablement que quand j'étais jeune, sourit Rose en me serrant les mains, c'était bien que tu prennes soin de moi. Mais maintenant, il faut que tu cesses de t'occuper de moi et de tout le monde autour de toi !

Je réussi à esquisser un sourire timide. Rosalie en fit autant. Et quelques minutes après, nous étions dans les bras l'une de l'autre, heureuses de nous être retrouvées, d'avoir pu, pour la première fois depuis tant d'années, parler franchement, sans faux-semblants, sans instinct protecteur et maternel trop envahissant. Pour la première fois depuis une éternité nous étions simplement des sœurs.


Le soir même, je rentrai chez moi, déterminée à remettre de l'ordre dans ma vie. J'arrêterai de fuir Edward et irai m'excuser. Je lui raconterai que ma sœur avait certes abusé de sa confiance, mais qu'à présent que tout était dit, ils pourraient réellement faire connaissance.

Je ne savais pas quoi faire à propos de Jasper. J'utilisais avec encore quelques difficultés le portable qu'il m'avait offert. Mais en me délassant dans mon bain, je me félicitai de mon attitude d'aujourd'hui. Après tout, à chaque jour suffit sa peine… Je sortis du bain, m'habillai rapidement d'un vieux pyjama avant de me brosser les dents. Mon esprit tournait à vide jusqu'à ce que mon regard se porte sur le fameux placard.

L'objet du délit. Celui qui avait engendré la grande séparation entre Jasper et moi. Les dizaines de robes de demoiselles d'honneur… Il me semblait que maintenant elles n'étaient plus si importantes qu'avant. J'avais changé, muri. Cette histoire avec construit quelque chose en moi. Jasper avait raison, il fallait repartir à zéro.

Motivée, je finis de me brosser les dents. J'allais chercher des sacs poubelle dans la cuisine et mit de la musique dans le salon. En dansant, je mis tous les restes de Bella, la parfaite demoiselle d'honneur, aux ordures. Je fis des sacs distincts en classant les accessoires avec leur robe et leurs chaussures. Quand je pus enfin fermer ce placard, après des années à être resté entr'ouvert, débordant de vêtements, je ressentis un soulagement sans fin. J'étais entourée d'une quinzaine de sacs poubelle plein je nageai joyeusement entre en éclatant de rire.

Soudain le téléphone sonna, coupant mon incroyable enthousiasme. Je décrochai le fixe, espérant à moitié que ce soit un appel de Jasper.

- Allo ? Demandai-je en souriant.

- Bella c'est Edward, annonça mon interlocuteur.

- Salut !

- Tu vas bien ? Me questionna-t-il étrangement.

- Oui, le rassurai-je en repensant qu'il mettrait certainement ma santé mentale en doute s'il m'avait surprise cinq minutes avant son coup de fil.

- Excuse-moi de te demander cela, reprit-il d'une voix contrite, mais je n'ai personne pour m'accompagner au fameux gala de la Hale Corporation. Voudrais-tu venir avec moi ?

Etrangement, le coup au cœur que je m'attendais à recevoir ne vint pas. C'est très calmement, en assistante professionnelle que je lui répondis :

- Oui, aucun problème.

- Je suis désolé mais je ne peux pas faire autrement, s'excusa Edward encore une fois.

Comme moi, il devait pensé que c'était une chose difficile de demander à son ex future-belle-sœur un tel service alors que c'est elle qui vous a révélé la vérité sur les mensonges de votre ex-fiancée. Pour pallier à la gêne, je repris :

- Non, bien sûr. J'arrive de suite.

- Merci, souffla-t-il dans le combiné.

- De rien. Bye.

Le téléphone à peine raccroché que je me ruai déjà dans ma chambre. Il était hors de question de paraître déshéritée à un tel gala… Rose m'en aurait voulu.


Le taxi que j'avais appelé put m'emmener au bureau en un temps record. Je pris les ascenseurs de façon totalement calme avant de passer le seuil du bureau de mon patron. Il avait le front plissé devant son ordinateur. Quelques semaines auparavant, je l'aurais trouvé absolument craquant. Aujourd'hui, plus sereine, j'attendais juste qu'il me remarque. Il passa une main dans ces cheveux, lissa sa chemise et finalement leva les yeux :

- Wahou ! S'exclama-t-il un sourire aux lèvres, en se levant pour me saluer. Tu es superbe, me dit-il en plantant son regard dans le mien.

Ce regard qui m'avait tant troublé ne me causa aucun émoi. Je me contentai de le remercier poliment, avec le sourire.

- En fin de compte, il t'aura fallu me trouver quelqu'un pour cette fameuse soirée, plaisanta-t-il.

- Oui, on dirait, Souris-je, avant de reprendre, sérieuse : Edward avant que l'on s'en aille, j'aimerai m'excuser pour la semaine dernière. Je n'aurais jamais dû faire ça...

- Ecoute, me coupa-t-il, le regard blessé, je te dois une fière chandelle. Ce n'était pas de ta faute si j'étais sur le point d'épouser une parfaite inconnue. Je ne sais pas à quoi je pensais. Tu ne crois pas qu'on devrait oublier tout ça ?

Sa demande avait un accent désespéré. Il était blessé dans son intégrité et il essayait de passer outre pour continuer à vivre normalement. Je lui souris en signe d'encouragement en répondant avec enthousiasme :

- Oh oui ! Sûr.

Un silence s'installa entre nous, coincé entre nos sourires polis.

- Cela m'embête de te demander encore une faveur, reprit Edward avec un sourire en coin, mais il faut que j'imprime mon discours de ce soir… et je ne trouve pas le fichier.

- Oh, ce n'est rien, j'y vais, m'empressai-je de lui répondre en me dirigeant vers l'ordinateur pour échapper à la gêne de notre situation.

Je commençai à fouiller méthodiquement tous ces dossiers pour retrouver son discours avant de me souvenir que l'enregistrement automatique des documents écrits était prévu pour être classé dans un dossier à part. Edward ouvrit la bouche comme pour me parler. Il la ferma puis se lança :

- Tu sais, je suis vraiment heureux d'avoir pu t'appeler ce soir. Je peux toujours compter sur toi, tu ne dis jamais non. Et ça me plait.

La surprise se bloqua dans ma gorge quand tous les pièces du puzzle s'emboitèrent. Mon dieu mais que faisais-je là ? Ce n'était clairement plus Edward que j'aimais ! Les papillons dans le ventre qui venaient me hanter à chaque fois que je le voyais n'étaient pas apparu. Aussi étrange que cela puisse paraître je l'avais considérer petit à petit et bien à contrecœur au départ comme mon beau-frère. Mais actuellement celui dont la trahison me blessait, celui qui me manquait… c'était Jasper.

- Quoi ? M'écriai-je, abasourdie par sa déclaration.

- Bah je disais seulement ... Poursuivit-il maladroitement en me regardant imprimer son papier à toute vitesse. Je ne comprends pas... J'ai dit quelque chose ?

- Oh seigneur ! Jurai-je en lui tendant son papier avant de rassembler mes affaires et mon courage. Edward... Je démissionne, oui. Je démissionne.

- Comment cela tu démissionnes ? M'interrogea-t-il, perdu.

- Oui quand j'ai commencé ici après l'université j'étais éblouie par ta compagnie et par toi aussi, expliquai-je sans honte et sans regrets. J'étais tellement prise par mon travail que j'en ai oublié d'avoir ma propre vie. J'étais trop bien ici, pour m'en aller. Sans compter que je voulais te voir tous les jours parce que j'étais follement amoureuse de toi !

- De moi ? Répéta Edward surpris.

- Oui vraiment, lui assurai-je avec un sourire libérateur. J'avais vraiment un très gros béguin… Mais tu y arriveras sans moi, j'en suis sûre, dis-je en repartant sur un sujet moins glissant. Tu trouveras quelqu'un pour ce poste, qui passera deux ans au maximum ici parce que c'est ce qui est normal pour ce genre de...

Mais avant que je n'aie pu finir ma phrase, deux lèvres chaudes se posèrent sur les miennes. Edward venait de m'embrasser pour me faire taire… Et étrangement je ne ressentais rien… J'avais imaginé ce baiser pendant des semaines et des semaines et la déception fut cruelle.

- Excuse-moi, souffla-t-il en se libérant de notre baiser, je ne sais pas ce qu'il m'a pris tout à coup.

- Non, ça va, le rassurai-je pensivement. Je m'étais toujours demandé ce que cela me ferait.

- Et ? S'enquit-il nerveusement.

- Et j'ai rien ressenti du tout, avouai-je honnêtement.

Franchise serait désormais mon deuxième prénom.

- Outch, mima Edward comme s'il venait de recevoir un coup. Ca ça fait mal. On pourrait peut-être faire un autre essai ?

- Oui, oui, acquiesçai-je curieuse.

Ses lèvres s'approchèrent encore de moi et cette fois-ci j'initiai le contact. Sa bouche était chaude, ses lèvres sensuelles, sa langue habile, mais cela ne me faisait pas plus d'effet que d'embrasser ma sœur. Je souris doucement.

- Non plus ! M'exclamai-je ravie. Même pas un tout petit peu et toi ?

- Pour être honnête ? Répliqua Edward avec un sourire penaud. Pas vraiment...

- Oui, pas du tout comme ça... Ça devrait être différent avec la personne qui est sensée...

La sonnerie de mon téléphone retentit. J'avais un message texte d'Angie : « Va retrouver Jasper avant qu'il ne soit trop tard et que tu ne t'en veuilles toute ta vie. » En cet instant, Angela était devenue le coup de pouce que m'envoyait le destin. Enchantée, je quittai le bureau d'Edward sans regret et descendis dans la rue pour me trouver un taxi. Je montai dans le premier qui passait et donnai l'adresse du New York Journal. Le siège devait être capable de situer chacun de ses employés, non ?

Le trajet me parut d'une lenteur exagérée, je trépignais sur mon siège. Et si Jasper ne m'attendait pas ? Je courus dans les bureaux de la rédaction, jusqu'à l'accueil. Quelques journalistes étaient en train de discuter entre eux sans me prêter aucune attention. Trop excitée pour m'arrêter à leur incompétence, je me hissai sur la pointe de pieds et demandai :

- Excusez-moi, hého ! Vous savez où est Jasper... hum, Malcolm Whitlock, je veux dire ?

- Oui, me répondit un homme en me souriant. Il est à l'extérieur pour son dernier mariage. Et c'est toi la fille de l'article... T'es une vraie célébrité.

- Oui c'est ça, acquiesçai-je en récupérant l'adresse de l'endroit où le mariage devait avoir lieu.

Quelques secondes après j'étais déjà sur le trottoir et faisais signe à un taxi. Coup de chance il s'arrêta et je me propulsai à l'intérieur.

- Vite au quai 17, demandai-je en refermant la porte avant de m'exclamer : Oh mon dieu !

- Bonsoir, me sourit Zigui, le chauffeur de taxi qui avait accepté de me véhiculer pendant cette fameuse soirée de double mariage…

- Je n'ai qu'une robe ce soir Zigui, plaisantai-je, alors fonce.

- Non ce n'est pas vrai ! Gémit plaintivement mon chauffeur.

Mais je n'avais plus le temps pour plaisanter. Jasper ne m'attendrait peut-être pas. Et la péniche non plus.

- J'ai dit : fonce ! Ordonnai-je d'une voix claire.


Je claquai la porte du taxi en souhaitant une bonne soirée à Zigui, mon deuxième signe du destin. Si après ça, Jasper n'était pas l'homme de ma vie… Je courus sur le quai d'embarquement, m'arrêtant pour demander à un majordome si le bateau était encore à quai.

- Oui dépêchez-vous, m'assura-t-il dans un sourire.

Je me maudis régulièrement pendant tout le long du chemin pour avoir décidé de mettre ces escarpins trop hauts et trop peu pratiques. Le désespoir s'abattit sur moi en voyant les marins retirer la passerelle permettant d'accéder au bateau. Un élan de courage précéda aussitôt cette brève période d'abattement et je me mis à courir, enjambant la passerelle, pour sauter le peu d'espace qui séparait celle-ci de la péniche.

Je crus ma dernière heure arrivée lorsque j'atterris finalement sur le bateau, les deux pieds campés solidement sur le pont. J'étouffais un soupir de soulagement avant d'essayer de descendre une marche… et de me tordre la cheville ! Si la situation n'avait pas été si dramatique, j'aurai ri. Un majordome s'approcha de moi pour vérifier mon état de santé.

- Très bien, tout est parfait, le rassurai-je en faisant quelques pas hésitants sur ma cheville fragile.

Je me mis immédiatement à sa recherche, sans pour autant cesser de m'apitoyer sur mon manque d'équilibre flagrant. Je repassai dans mon esprit ma chute lorsque la jeune mariée, habillée dans une robe parée de plume, de coquillages et de nacre, m'arrêta en s'écriant :

- Oh mon dieu, oh bingo ! Ce n'est pas vrai ! Vous êtes la fille dont parle l'article mais qu'est-ce que vous faites ici ?

- Euh... eh bien, euh ok, bafouillai-je pitoyablement. Pour faire une histoire courte, je suis là à cause d'un homme.

- Oh je veux en savoir plus... M'encouragea-t-elle avec un sourire heureux.

Diligemment je m'exécutai. Elle écouta avec attention la version simplifiée de notre histoire, acquiesçant sur mes ressentis, quémandant quelques menus détails… C'est ainsi que sur une subite inspiration de Lauren –tel était le nom de la mariée en meringue- que me retrouvais face à un public de deux cents personnes, sur l'estrade réservé aux musiciens, le micro placé devant moi.

- Jasper? Jasper Whitlock? Soufflai-je dans l'appareil, complètement décontenancée.

- Oh mon dieu ! Entendis-je.

C'était sa voix et rien que cela me mit dans un état incroyable. Je ne savais pas si cette exclamation signifiait qu'il était heureux ou non , mais pour la première fois de ma vie, j'avais décidé de ne pas avoir peur.

- Il est là, il est là, me précisa en couinant ma nouvelle amie.

Pour autant je ne voyais qu'une masse grouillante d'inconnus. Le trac commençait à monter dans ma voix.

- Ok, acquiesçai-je en essayant de fixer mon regard à l'endroit où il se tenait. Bonsoir.

- Tu peux y aller dis-lui vas-y ! M'encouragea Lauren avec de grands gestes.

- Oh, ok, bafouillais-je en inspirant profondément. Je voulais seulement te dire que tu avais raison à mon sujet. Totalement raison sauf que je n'étais pas prête à l'entendre et surtout pas venant de toi… Dis-je sur le ton de l'humour.

Mais j'étais coincée, je ne pouvais le voir et j'avais l'impression de livrer mon cœur à une assemblée de parfaits inconnus. Lauren dût comprendre mon embarras car elle eut l'idée géniale de demander aux éclairagistes :

- On pourrait avoir une poursuite ?

Un spot fut projeté dans la salle et après quelques instants de recherche, le faisceau lumineux s'arrêta sur un homme qui levait la main pour signaler sa présence. Jasper. Il me regardait, impassible.

- Ah tu es là ! M'exclamai-je soulagée. Ok, Jasper j'ai passé toute ma vie à attendre que le prince charmant se présente. Et tout à coup tu es apparu, tu ne ressembles en rien à l'homme que j'imaginais, tu es cynique, grincheux et impossible, révélai-je en souriant, me rappelant ce que nous avions déjà vécu.

Les souvenirs affluèrent, notre rencontre officielle avec ma sœur à la pâtisserie, le verre que nous avions bu lorsque je l'ai appelé, son air désespéré lorsque je m'étais mise en colère contre lui…

- Mais pour être franche, avoir à t'affronter, me bagarrer avec toi, c'est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée. Et je crois que je suis amoureuse de toi.

Un soupir m'échappa. Son visage n'avait pas changé d'expression et je m'en inquiétais. Tout d'un coup les personnes présentes à ce mariage m'apparurent comme une multitude. Elles avaient disparu pendant un laps de temps certain où je ne voyais que lui, ne m'adressais qu'à lui. Je me repris, me reconstituai une contenance avant de conclure :

- Voilà, j'ai fini. C'est tout ce que j'avais à dire, alors bonsoir à tous.

Lauren me serra dans ses bras en me souhaitant tout le bonheur du monde et je pus enfin descendre de l'estrade sous le regard d'une centaine de personnes. Je me déplaçai rapidement dans la foule, jusqu'à ce que Jasper soit face à moi. Il m'avait coincé entre lui et le reste du monde, sans aucune possibilité de fuir. Il me sourit en lançant :

- Je t'ai déjà dit que tu étais cinglée ?

- Oui, lui souris-je à mon tour, Jasper je suis réellement…

- Viens, approche, me dit-il en me tendant les bras.

Deux secondes plus tard, j'étais contre lui et recevais le baiser que j'avais attendu pendant toutes ses années sous les applaudissements des invités du mariage de Lauren et de celle-ci. Nous saluâmes la foule avant de nous éclipser discrètement, pour une soirée seul à seule, emplie de baisers gourmands.


Voilà pour cette semaine ^^. 27 Robes prend la place de publication de La Lune est une menteuse et donc les trois derniers chapitres seront publiés un vendredi.

Pour les réponses au reviews, je suis désolée d'être aussi charrette, mais je déménage ce week end et je crains de ne pas avoir le temps de toutes les faire. Je répondrai à celles de ce chapitre ^^. Alors lâchez vous xD.

Ils ont mis le temps, mais ils sont finalement ensemble ^^. Alors qu'en avez-vous pensé ? Avez-vous voulu tuer Bella plusieurs fois dans ce chapitre ? xD

En tout cas bonne semaine à toutes ! A.