Titre: 27 Robes
Auteur : Damoiselle A.
Résumé : Bella a toujours tout fait pour rendre son entourage heureux et les 27 robes de demoiselles d'honneur de son dressing ne diront pas le contraire. Seulement un jour, une rencontre, une bagarre et tout bascule pour elle. BS/JW
NDA : Bonjour à tous !
Voici l'avant-dernier chapitre de 27 Robes du point de vue de Jasper. Je n'ai pas repris toute l'histoire pour ce POV ou sinon il m'aurait fallu autant de chapitres que ce que contient la fiction. ^^ J'ai donc repris les points forts de la réflexion de Jasper. J'espère que cela vous plaira.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
A.
27 ROBES –JASPER
Je me prenais la tête entre les mains. Encore un samedi soir de gâché. J'étais d'astreinte pour un autre mariage. Alice m'y avait dépêché à la dernière minute ayant le soudain besoin d'un énième article pour combler son édition dominicale. Je devais assister au mariage de Jessica et Mike Newton. Rien que leurs noms ne me laissaient pas présager quelque chose d'original. Que pourrais-je bien écrire ?
Peter essaya de me corrompre en me proposant un match de base-ball chez lui. J'hésitai à accepter avant de lui dire que je passerai peut-être plus tard. Mais devant la lenteur de la cérémonie, je me résignais à l'appeler. Je sortis et me postais dans l'allée avant de composer son numéro.
- Peter ? C'est Jasper, je ne passerais pas.
- Quoi, mais tu ne peux pas louper ça ! Me répondit-il.
Je le voyais tout à fait en train de s'exciter sur son écran de télévision, à hurler après les joueurs alors que ceux-ci ne pouvaient pas l'entendre.
- Quelle heure est-il ?
- Vingt-deux heures, me répondit-il d'une voix euphorique.
- Je crois que je vais rester ici encore un moment.
Ma phrase s'arrêta brutalement car l'une des demoiselles d'honneur passa devant moi en courant avant de se jeter dans un taxi qui démarra en trombe.
- Je te rappelle, conclus-je d'une voix éteinte.
Je me souvenais parfaitement avoir vu cette fille lors de l'échange des vœux. Petite, menue, un sourire timide accrochée aux lèvres, elle écoutait avec une grande attention le discours du prêtre. Mais que faisait-elle ?
La demoiselle d'honneur était revenue quarante-cinq minutes après son départ en trombe. Elle s'était glissée dans la masse tout sourire. La mariée fit un discours de remerciements en son honneur et j'appris ainsi qu'elle s'appelait Bella. Malheureusement pour elle, la mariée ne s'arrêta pas à la fin de son discours : elle envoya son bouquet sur la foule de femmes trépignantes qui se tenaient derrière elle.
Je vis Bella tomber et s'effondrer sur le sol alors que les harpies se dispersaient. Trois jeunes filles se dirigèrent vers la demoiselle d'honneur dans les vapes. J'arrivai à son niveau en même temps qu'elles. L'une parlait d'appeler un médecin, l'autre l'hôpital et la troisième me couvait du regard. Leur pépiement m'agaçait et je demandais d'une voix clair et ferme :
- Calmez-vous, allez chercher une serviette et vous de l'eau.
Les trois jeunes femmes s'éloignèrent à mon plus grand bonheur.
- Vous êtes médecin ? Murmura ma patiente.
- Non mais elles m'énervaient, souris-je en l'aidant à se redresser. Je m'appelle Jasper.
- Tout va bien Bella ? L'interpella une de ses amies.
- Je vais bien Angie, la rassura-t-elle avec un sourire rayonnant. Je vais rentrer, tu m'excuseras auprès de Jess ?
- Bien sûr, assura-t-elle en lui plantant un baiser sur le front.
Bella fixa le vide pendant quelques secondes avant de se tourner vers moi :
- Bien, si nous y allions ?
- Vous couvriez deux mariages ce soir ? Questionnai-je en l'aidant à se mouvoir.
Elle ne me répondit pas. Je laissais passer un temps et l'aidais à monter dans le taxi, tentant d'appliquer les bonnes manières que ma mère m'avait inculquées.
- Un seul mariage ce n'est pas déjà assez éprouvant ? Attaquai-je dès que le taxi démarra.
- J'adore cela, avoua-t-elle avec difficulté.
- Et peut-on savoir pourquoi ? Continuai-je, tout sourire.
- Je rencontre des personnes comme vous, très positives, ironisa-t-elle. Et sinon, tu fais quoi ?
- Je suis écrivain, révélai-je, et ce fut à mon tour de perdre mon sourire.
Je me servais de cette couverture depuis toujours. Les gens avaient moins de difficulté à parler avec un écrivain qu'avec un journaliste. Et puis je ne mentais pas vraiment, j'écrivais.
- Évidemment, soupira-t-elle.
- Nous sommes arrivés, déclara le chauffeur de taxi.
Ce dernier était arrêté devant une résidence de classe sociale aisée. Elle me jeta un regard noir lorsque je sortis mon portefeuille en assénant :
- Je paie.
Je préférais quitter le taxi pour éviter cette débâcle. Je lui ouvris la porte lorsqu'elle voulut sortir.
- Je ne comprends pas pourquoi vous aimez cela, entamai-je dès qu'elle eut posé un pied sur le sol. C'est un rituel compliqué pour un truc qui a quand même une chance sur trois de foirer.
- Et bien, je vous remercie de votre opinion, et vous souhaite une bonne soirée, me répondit-elle sèchement sans l'ombre d'un sourire.
- Vous êtes allée à combien de mariages en tout ? Insistais-je.
- Bonne soirée, me salua-t-elle en claquant la porte de l'immeuble.
En soupirant, je retournais dans le taxi et lui donnais mon adresse. J'avais une sensation étrange au niveau de la poitrine, quelque chose qui me soufflait que j'aurais aimé écrire sur cette femme. En tournant mon regard vers la place qu'elle avait occupé, je fus attiré par un carton coincé sous le siège.
Je réussis à le tirer vers moi. C'était un agenda et en l'ouvrant je compris immédiatement qu'il appartenait à la jeune femme qui venait de me claquer la porte au nez. Chaque page était rempli de dates et c'était fascinant. Et au vu de tous ces rendez-vous, cela devait lui être très utile. Mû par ma conscience, j'interpellais le chauffeur :
- Pourriez-vous ?
- Oui ? Me demanda-t-il.
- Non, rien.
Après tout, je pourrais le garder une soirée. Je l'éplucherais et je pourrais le lui rendre demain ou après-demain. Un sourire s'esquissa sur mes lèvres alors que je plongeais avec avidité dans la vie de Bella.
La nuit avait été rude. Je n'avais pas beaucoup dormi et une idée avait germé dans mon esprit. Je voulais écrire un article sur elle. Sa vie était tellement tournée vers les autres, que c'était un miracle qu'elle n'est pas encore reçu le Prix Nobel de la paix. Je pris plusieurs cafés en me rendant au travail. Peter entra dans le hall en même temps que moi. Je suis maudit.
Malgré mon manque de sommeil, j'essayais de me concentrer sur son discours. Peter était journaliste sportif. Il était payé pour aller voir des matchs de base-ball ou pour les regarder à la télévision. Vous trouvez cela injuste ? On est d'accord.
- Dommage que tu ne l'aies pas vu.
- Je travaillais samedi soir, si tu te souviens bien, pointai-je.
- C'est vrai j'allais oublier, dit-il avant de partir dans un fou rire tandis que je grinçais des dents. Tu as du te bourrer de gâteaux à la noix de coco et faire la chenille...Alors comment c'était ?
- Et bien disons que la mariée portait une robe qui brillait comme les yeux du jeune marié lorsqu'il la regardait s'approcher à travers une pluie de pétales de roses... lui répondis-je imaginant déjà la phrase d'accroche de mon prochain article.
- Et tu ne baises pas Jasper ? S'enquit-il en riant. La section mariage est la référence pour des milliers de femme ! Le dimanche, c'est la première page que lisent toutes les filles de la planète. Les mariées tueraient pour être là-dedans. As-tu la moindre idée de tout ce que tu pourrais faire ?
- Aux femmes qui sont sur le point de se marier ? Rétorquai-je comme si une deuxième tête venait de lui pousser sur l'épaule droite.
- Oui ! Elles ne vont pas t'appeler, ni t'embêter, elles vont même faire semblant de ne pas te connaitre, c'est inespéré ! S'exclama-t-il avec la ferveur d'une personne miraculée.
- Bientôt ça n'aura plus aucune importance, repris-je, habitué à son enthousiasme débordant pour la gente féminine. Ce que tu vois là mon ami, dis-je en brandissant l'agenda de Bella sous son nez, c'est mon ticket pour sortir du gâteau de mariage.
- Tu peux toujours rêver ! Me railla Peter, un sourire en coin.
- Fiche le camp, le priai-je avant de m'énerver.
- Ce serait génial en première page de la section, tentai-je de convaincre ma rédactrice.
- Ne recommence pas avec ça Whitlock, rétorqua-t-elle sèchement sans me regarder.
- Crois-moi Alice, c'est une très bonne idée, insistai-je près à lui déballer le contenu de mon argumentation.
Il me fallait cet article. J'avais épluché cet agenda en long, en large et en travers, je savais que je pourrais en tirer quelque chose de bien.
- Ah bon ? Aussi bonne que ta dernière bonne idée ? Se moqua Alice en prenant la feuille que je lui tendais. Un papier sur les politiques de prix des gâteaux de mariage ?
- Exact, me récriai-je. Ils profitent de tout le monde. La farine ne vaut rien et ils font des profits de huit cent pour cent, c'est scandaleux !
- Ah oui sauf qu'on s'en fiche, asséna-t-elle brutale.
- Et que fais-tu de l'article que je voulais écrire sur l'exploitation des femmes dans les usines de dentelle ? Appuyais-je en souriant. C'est un sujet percutant.
- C'est sûr que les gens veulent lire ça quand ils feuillettent la section mariage, se désespéra ma rédactrice. Jasper, cette section rapporte pratiquement plus que le journal au complet. Nos annonceurs veulent des histoires amusantes, dynamiques, colorées, qui mettront en valeur leurs produits.
- Alors notre but maintenant c'est de faire de l'argent ? M'enquis-je en haussant un sourcil.
Je savais que je touchais un point sensible chez Alice. Nous travaillions depuis quelques années ensemble et elle avait une éthique sérieuse.
- Sors d'ici, ordonna-t-elle en se tournant vers son ordinateur.
Je n'avais peut-être pas choisi le bon angle d'attaque…
- Ok, écoute ce n'était pas de bons sujets, avouais-je difficilement, j'ai compris, mais celui-ci est excellent. Cette femme a participé à sept mariages... Dis-je en lui mettant l'agenda sous le nez.
- Et alors ? Demanda-t-elle en soupirant.
- Cette année, poursuivis-je. Et samedi dernier, elle en a fait deux en même temps. Mais je ne parlerais pas seulement d'elle se serait un regard incisif sur la façon dont l'industrie du mariage a transformé ce qui était autrefois un important rite de passage en une source de revenus pour les entreprises.
Son regard était sceptique et je ne l'avais pas encore convaincu. En soupirant, j'ajoutai :
- Ce sera amusant, dynamique, et très coloré... S'il te plait Alice, je suis en train de mourir à la section mariage. J'écris une seule autre phrase à propos de soupir de bébé et je me tire une balle dans la tête. Ca au moins, c'est intéressant, je veux écrire cette histoire, déclarai-je fermement.
- Et moi je veux que tu couvres les mariages, c'est en ça que tu es doué et c'est de cela dont j'ai besoin.
- Si tu ne me permets pas d''écrire cet article de fond, je vais démissionner, la menaçai-je.
Elle planta son regard dans le mien, essayant de déterminer mon taux de courage ou d'imbécilité. Je ne cillai pas. J'étais un bon élément dans sa section et n'ayant ni famille ni relations amoureuses, j'étais le plus disponible.
- Ok, je te donne une chance, céda Alice. Mais si ce n'est pas bon, tu retournes finir tes jours à la section mariage avec un sourire sur ta petite face ridiculement séduisante.
- Entendu, acquiesçai-je avec le sourire en passer la porte le plus rapidement possible avant qu'elle ne change d'avis.
Il fallait absolument que je rencontre cette femme encore une fois. En réalité, plusieurs fois. Elle devait apprendre à me faire confiance pour que je puisse découvrir ce qu'il y a en-dessous de cette carapace d'organisation. Les fleurs envoyées le matin même devaient m'y aider. Elle pourrait les interpréter à sa guise. Il me fallait juste une brèche dans son attitude pour pouvoir l'approcher.
Ma seconde idée, au cas où la première échouerait, avait été d'écrire sur son agenda. Il pourrait jouer une sorte de liaison entre nous. Si la phase séduction ne fonctionnait pas, je pourrais toujours tenter de l'agacer. J'avais déjà marqué l'heure d'une soirée de fiançailles à laquelle elle serait obligatoirement étant donné qu'elle était encore une fois demoiselle d'honneur. Je projetais de lui rendre son agenda amélioré à ce moment-là.
Mon idée n'était pas mauvaise, mais lorsque je pénétrais dans la salle où avait été organisée la fête, la population était dense. La repérer s'avéra plus compliqué que prévu et lorsque j'arrivais à sa hauteur, je la saluai, le sourire aux lèvres :
- Bonsoir. Comment vas-tu ?
Je n'entendis pas sa réponse qui était très similaire à une espèce de gargouillis étouffé.
- Les fleurs t'ont plus j'espère ? M'enquis-je avec le sourire.
- Elles étaient de toi ? Rétorqua-t-elle en fronçant les sourcils. C'est toi qui m'a envoyé des fleurs, l'enragé des mariages ? Super ! S'exclama Bella un faux sourire aux lèvres. C'est une excellente nouvelle, vraiment excellente ! Tu me tiendrais cela une seconde ?
- Oui bien sûr, je ... Entamai-je.
- Merci, trancha-t-elle avant de me laisser seule avec mon verre et mon sourire.
Les fleurs n'étaient peut-être pas une si bonne idée finalement.
Je la suivis du regard, incapable de me décider sur une conduite à tenir. Elle passa une porte au fond de la salle, elle la ferma si fort que la porte se rouvrit. Et d'un seul coup, elle se lâcha complètement, tapant sur l'un des murs avec sa ballerine en hurlant quelque chose que je ne pouvais pas entendre. J'éclatai de rire. C'était tout vu, cette femme était folle.
Elle revint vers moi, le feu aux joues, dans une attitude plus calme. Cette femme était une vraie cocotte-minute.
- Excuse-moi, tu disais ? Poursuivit-elle, le sourire aux lèvres avant de reprendre son verre et d'en boire une gorgée.
Son geste me fit froncer les sourcils. Elle n'était pas prudente, j'aurais pu glisser n'importe quoi dans son verre. Ou alors, elle me faisait suffisamment confiance pour garder son verre à une soirée. Quelque chose de bizarre comprima mes entrailles à cette pensée.
- Je voulais juste savoir si tu avais reçu mes fleurs, répondis-je doucement en retombant sur terre. Et je voulais te remettre quelque chose...
Je lui tendis son agenda en souriant.
- Oh merci ! S'écria-t-elle chaleureusement.
- Il était par terre dans le taxi, expliquai-je. J'avais le choix entre te l'apporter ce soir ou lors de ton épilation jeudi… donc je me suis dit...
- Tu as lu mon agenda ? Interrogea-t-elle d'un air surpris.
Je faillis me frapper la tête sur un mur. Quel idiot ! Elle avait toutes les raisons de se méfier de moi maintenant.
- En fait pas vraiment, j'ai essayé de le lire mais tu écris vraiment avec des pattes de mouche, mentis-je en continuant la discussion comme si je ne venais pas de lui avouer que j'avais fouillé son agenda personnel Tu sais ils font des agendas électroniques supers de nos jours et ils s'occupent de tout pour toi.
- Je te remercie mais je n'ai pas besoin qu'on s'occupe de moi, répliqua-t-elle sèchement.
Autant pour la phase séduction. J'en fus réduit à ma dernière cartouche, que je lançais sans trop y croire :
- Ok attends, je peux t'offrir un verre ?
- Merci de m'avoir amené mon agenda c'est très gentil mais...
- Je te propose un verre, plaisantai-je, pas une semaine à Hawaï. Cela va te calmer les nerfs. Juste un verre.
- Je suis vraiment désolée, s'excusa-t-elle avec un pauvre sourire. Je crois que je ne suis pas tellement... amusante ce soir.
Les signaux étaient clairs. Si je l'importunais plus, elle se fermerait complètement à moi. Je décidais de laisser tomber pour ce soir.
- Je comprends, ne t'inquiète pas. On se reverra peut-être par pur hasard jeudi, la taquinai-je avant de comprendre ma bourde. Peut-être pas non plus, sinon à un de ces jours !
Je sortis, confus et horrifié par mon manque de professionnalisme. J'avais eu l'impression de redevenir un adolescent bourré aux hormones incapable d'articuler quelque chose d'intelligible devant une jolie fille.
Et pour cause c'était exactement ce que j'étais lorsque je me tenais face à elle.
J'avais réussi à me reprendre après la soirée catastrophique de notre dernière rencontre. La phase séduction n'avait pas fonctionné, mais il restait encore le plan B. Guilleret, je partis au travail et m'arrêtai avec Peter prendre un café avant de rejoindre le siège du journal. Comme d'ordinaire, Peter fit tourner la conversation sur le sujet qu'il maitrisait le moins : les femmes.
Au bout d'une demi-heure à subir son monologue, je décidais de me payer une petite revanche en lui assurant :
- Je te garantis que j'ai trouvé une façon de faire en sorte que les femmes m'appellent.
- Ah oui et comment ? S'enquit-il curieux.
Mon téléphone sonna à cet instant précis. On mettrait cela dans un film ou dans un roman, personne n'y croirait. Je bénis le timing parfait de Bella.
- C'est elle, chuchotai-je à Peter.
- Non ! Répondit-il avec les yeux exorbités.
- Oui allô ? Répondis-je avec un ton joyeux.
Une phrase de ma mère me revint en mémoire : « On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre ». Je fis un sourire à Peter qui posa sa main sur mon épaule avant de partir travailler.
- Tu as fait disparaitre une semaine complète de mon agenda, s'écria-t-elle visiblement en colère. Tu es malade ?
- C'était une expérience, protestai-je un rire dans la voix. Je voulais savoir comment tu ferais si toutes tes secondes n'étaient pas organisées d'avance.
Ma réponse dut la surprendre car elle ne repartit pas immédiatement dans l'une de ses tirades vindicatives.
- Et tu fais quoi à part travailler et aider tout le monde à se marier ? Demandai-je, espérant la faire parler.
- Ecoute, tu sais quoi ? Je ne vois pas en quoi cela peut te regarder.
- Et comment tu fais pour te payer tous ces mariages ? Continuai-je, en gravant ses réponses dans ma mémoire. Les billets d'avion, les robes, les cadeaux... Tu achètes toujours les mêmes ?
- Tout le monde adore mes cadeaux, et comme j'en achète régulièrement, j'ai des réductions...
- C'est affreusement triste, je suis désolé d'apprendre cela, repris-je d'une voix catastrophée. Mais je voudrais me faire pardonner. Que dirais-tu d'un nouvel agenda ou de venir prendre un verre avec moi ?
- Oui, bien sûr je vais prendre cela en note tout de suite ! Oh mais tu l'as déjà fait pour tous les samedis jusqu'à la fin de l'année !
L'une de mes meilleures idées.
- Fais-moi plaisir, dépêche-toi de trouver une autre fille à harceler.
- Non, répondis-je calmement avant de proposer, et si jamais tu as envie de sortir avec quelqu'un que tu n'as pas besoin d'emmener à un essayage ou à une dégustation de gâteaux... J'attends ton appel.
- C'est cela oui. Ciao.
Et pour la première fois depuis longtemps, j'espérais qu'elle me rappellerait.
Elle m'avait rappelé. Et comme tout ce qu'elle faisait, je n'avais pas trop compris pourquoi. Elle se sentait peut-être trop mal ou trop seule pour parler à quelqu'un de son entourage. Aussi étrange que cela puisse paraître j'avais apprécié ce rendez-vous. Bella était une personne à part, marginale dans notre monde. Elle s'occupait plus de la vie des autres que de la sienne propre. Et au fond je n'arrivais pas à discerner si c'était de l'altruisme ou de l'égoïsme.
Je lui avais proposé un petit exercice qu'on pratiquait dans mon cours de théâtre lorsque j'étais à la faculté. Elle s'en était bien sortie mais elle ne l'appliquerait jamais dans sa vie quotidienne.
Cette femme m'intriguait. Plus je repassais ses actions dans ma tête, moins je les comprenais. Que faisait-elle ? Pourquoi vivait-elle ainsi ? J'aurais pu faire des recherches sur son passé, mais contre toutes mes attentes professionnels, je ne pouvais pas. J'avais essayé et cela me donnait le sentiment diffus d'être un voyeur.
Depuis ce rendez-vous, j'hésitai à la rappeler. J'aurai pu intervenir dans sa vie si j'avais eu le prénom et nom de sa sœur. Si elle se mariait j'aurais pu prétendre vouloir écrire un article sur la cérémonie. Je soupirai coincé entre ma conscience et mon orgueil.
Mon téléphone personnel sonna. Je me jetai dessus, espérant que ce soit elle. Le numéro était pourtant inconnu.
- Jasper Whitlock, j'écoute... soufflai-je dans le combiné.
- Bonjour, me salua une voix que je ne connaissais pas. Je m'appelle Angela Weber, nous ne nous connaissons pas mais je sais quelque chose qui pourrait peut-être vous intéresser.
- Miss Weber, comment avez-vous eu mon numéro personnel ? L'interrogeai-je surpris.
- Vous l'avez noté une bonne centaine de fois dans le torchon qui sert d'agenda à ma meilleure amie.
Sa phrase illumina ma journée.
- Très bien. Qu'avez-vous à me dire ?
- Bella ne va pas très bien, avoua-t-elle d'une voix hésitante.
- Toujours sa sœur ? Demandai-je mi-sérieux mi-moqueur.
- Isabella Swan est ma meilleure amie, commença Angela Weber. Le mariage de sa sœur, Rosalie, avec Edward Cullen, la mine. Je sais que vous l'énervez et je crois que c'est ce dont elle a besoin en ce moment.
- Et je devrais vous croire parce que ? M'enquis-je gravement.
- Je vous donne une information, débrouillez-vous avec.
Je passai la soirée à essayer de prendre une décision. Une phrase dans le discours d'Angela me marqua : « Je sais que vous l'énervez et je crois que c'est ce dont elle a besoin en ce moment. »
Je serai donc l'homme le plus énervant que cette terre n'ait jamais porté.
J'avais rapidement retrouvé la trace d'Edward Cullen. J'appris ainsi que Bella était l'une de ses employées. J'arquai un sourcil à cette donnée avant d'appeler Rosalie Swan, bientôt Cullen. Comme toutes les mariées que je contactais, elle fut enthousiasmée par ma proposition. Elle accepta sans même consulter son futur époux. Elle proposa une première rencontre chez Antoine, le pâtissier qui s'occuperait du gâteau de mariage.
La rencontre avec Bella fut un brin houleuse. Elle me reprocha de ne pas lui avoir dit que j'étais journaliste mais j'appris par la bouche de sa sœur qu'elle était certainement l'une de mes plus ferventes lectrices. Cela me fit rire. Je l'énervais mais comme Angela l'avait prédit, c'était ce dont elle avait besoin. Elle était vivante tant que je réussissais à avoir son attention en la taquinant.
Je réussissais à avoir un pied dans sa vie. Elle me détestait, mais j'avais réussis à me faire une place dans son quotidien. Je ne lui étais pas indifférent et cette constatation me faisait sourire. Nous réussîmes à passer tout un après-midi ensemble, sans nous entretuer.
Et j'avais eu raison de supplier Alice pour cet article. Bella était un sujet rêvé pour un journaliste, même si quelque part entre mon arrivée et mon départ chez elle, j'avais oublié que j'écrivais un papier sur elle. J'écrivis mon article en quelques heures, inspiré par la journée que nous venions de passer. J'avais retouché plusieurs parties après coup, et plus je le relisais, et plus l'angoisse qu'elle le lise un jour croissait. Je dus finalement l'envoyer à Alice lorsqu'elle me demanda mon ébauche sur le sujet. J'espérais qu'elle trouverait l'ébauche peu adaptée à la section comme mes précédents sujets.
J'essayais de me sortir ces idées de la tête en rejoignant Bella dans l'un des magasins sélectionnés par Rose pour ses cadeaux de mariage. Je sentais que notre complicité de notre dernière rencontre s'était volatilisée. Et sans comprendre véritablement pourquoi je savais que je l'avais blessée.
- Est-ce que ta sœur veut tant de présents de tant de magasins différents qu'il lui est physiquement impossible de les choisir elle-même ? Lui demandai-je effarée, en voyant Bella sélectionné les cadeaux de mariage de sa sœur.
- Elle manque de temps. Le mariage est pour très bientôt, me répondit-elle en évitant ma question sous-jacente.
Etait-ce le mariage de Bella ou de Rose ?
- Encore une ! M'exclamai-je en la voyant scanner une autre cocotte.
J'espérais que Rose prévoyait d'avoir un nombre d'enfants conséquents avec Edward, sinon elle ne pourrait jamais se servir de toute la vaisselle que sa sœur prévoyait pour elle.
- Pour toi c'est peut-être qu'une autre cocotte, plaida Bella, mais pour Rose, c'est la marmite qui servira à cuire la dinde de Noel.
J'avais l'impression de me retrouver dans une mauvaise adaptation de Sophie Kinsella. Puis une idée germa dans mon esprit. J'ajoutai, curieux :
- Rose cuisine ?
- OK, c'est moi qui vais cuisiner, céda-t-elle, devant mon air effaré, mais Rose va être là… avec Edward. Et ça ce n'est pas qu'un autre vase...Dit-elle en me montrant une vasque informe en cristal.
- C'est un autre vase... m'empressai-je de la contredire, même si dans le fond, l'utilité de l'objet restait à déterminer.
- C'est le vase dans lequel Rose mettra les fleurs qu'Edward lui aura offert, juste parce qu'il en a envie... imagina-t-elle en souriant.
Je faillis éclater de rire, en me penchant vers les portes manteaux. Je déclarai de ma voix la plus théâtrale :
- Je vois, et ça c'est le coq porte-parapluies dans lequel Edward déposera tous ses parapluies, c'est ça ?
Pendant une fraction de seconde, je crus la voir sourire. Je n'avais pas un humour si horrible qu'elle le prétendait…
- Parfait pense ce que tu veux, lâcha-t-elle, tout ce que je dis, c'est que ce ne sont pas que de vulgaires objets. C'est sur ce genre de choses que se construit la vie.
- Non, niais-je avec force, ce sont des objets totalement inutiles qu'une industrie de 70 milliards par an a réussi à nous faire acheter pour être des mariés comblés.
Et j'en savais quelque chose. Il y a quelques années j'avais acheté et possédé tous ces objets. Cela n'avait pas empêché mon ex-femme de partir en courant.
- Tu sais ce que je crois ? M'interpella-t-elle. Je pense que tes statistiques et tes théories ne sont qu'un écran de fumé.
- Oh c'est vrai ? Qui cache quoi ? Questionnai-je joueur.
- Un petit secret, déclara Bella avec emphase en continuant ses emplettes. Peu importe lequel, tes parents ont divorcé, tu n'as encore trouvé personne et tu crois que tu n'y arriveras pas ?
- Moi je crois que si tu aimes tant les mariages, contrai-je durement, c'est parce que tu préfères te concentrer sur les moments de bonheur des autres plutôt que de te fabriquer tes propres souvenirs.
- Tu as absolument raison, tu sais pourquoi ? Le mariage c'est le lieu par excellence pour oublier qu'on est seul.
- Ce n'est pas un mariage que tu veux, m'écriai-je, c'est une cérémonie ! Pas un mariage, une cérémonie !
- C'est quoi ton foutu problème ! Pesta-t-elle contre moi. Tu t'es déjà marié à grand frais et ta femme t'a quitté c'est cela ?
J'eus l'impression de retourner cinq ans auparavant à l'anniversaire de mariage de ses (ses parents à qui ? je suis perdu) parents. Je secouai la tête tentant de chasser les images dérangeantes qui polluaient mes autres pensées.
- Bingo ! Répondis-je avec amertume.
- Quoi ?
Le choc se peignit sur son visage. Elle n'avait absolument pas prévu de tomber juste en émettant cette supposition.
- Pour mon colocataire de la fac en plus, ajoutai-je, un sourire acide sur les lèvres. Je crois que tu mérites un bonus pour cela.
- Oh merde, Jasper, je suis vraiment désolée... S'excusa-t-elle avec de grands mouvements de bras. J'ai dit ça comme ça...
- Tu es tombée pile ! La félicitai-je. Pour une fille qui ne se connait pas du tout elle-même tu m'as très bien cerné.
Un silence s'étira entre nous, et je sentais son malaise, sa gêne et sa culpabilité émaner d'elle par vagues.
- Tu veux qu'on trouve ce qu'il y a de plus laid dans le magasin et qu'on le mette sur la liste ? Me souffla-t-elle dans un sourire.
Je n'eus pas le cœur de lui refuser une diversion. Et puis je rêvais de voir cette statuette contemporaine en forme de cochon plaquée or dans le salon de Rose et Edward.
- On va faire ça. On y va !
Alice me convoqua dans son bureau dès mon arrivée au siège du journal. Je ne savais pas si cela signifiait que j'allais être renvoyé ou qu'elle allait me dire de retourner à ma rubrique mariage pour le reste de ma carrière.
- Waouh, annonça Alice tandis que je franchissais le seuil de son bureau.
- Je t'avais dit que je n'avais pas encore terminé, plaidai-je alors que le soulagement m'envahissait.
Si elle n'aimait pas, elle ne le publierait pas et Bella n'en saurait jamais rien.
- Non, non c'est bon, contra-t-elle dans un sourire. Je dois admettre qu'au début je trouvais ça choquant. Mais c'est brillant plein de mordant et terriblement divertissant.
- Et bien merci, répondis-je, peu sûr de moi.
- Tu as très bien cerné cette fille. On va le sortir dimanche, première page de la section.
Sa déclaration me pétrifia.
- C'est à ce moment-là que tu dois sauter de joie et me montrer ta gratitude, pointa-t-elle avec humour.
- C'est juste qu'il n'est pas assez bon pour moi, annonçai-je en essayant d'être le plus convainquant possible. On devrait attendre la semaine suivante.
- Tu me supplies pendant des mois et là tu me demandes une semaine de délai pour déplacer deux virgules ?
Alice haussa un sourcil, le plus grand signe de surprise que j'ai pu noter chez elle. Je savais depuis toujours que ma rédactrice menait deux vies différentes et parallèles : celle au travail et celle en dehors du travail. J'avais déjà tenté de savoir ce qu'elle était en dehors du travail, sans succès. Je décidais d'être sincère avec elle. Je m'assis sur l'un des fauteuils présents devant son bureau.
- C'est qu'en court de travail, je me suis rendu compte qu'elle était bien plus qu'une demoiselle d'honneur. Je ne sais pas trop… Je dirais qu'elle est bien plus que cela.
- Si je ne te connaissais pas mieux, je dirais que tu as un petit béguin, se moqua Alice en souriant.
- Très drôle, l'arrêtai-je immédiatement. Écoute ça pourrait être bien meilleur.
- C'est bon comme c'est là, trancha-t-elle.
- Donne-moi une semaine, la suppliai-je.
Je dus suffisamment l'énerver pour qu'elle finisse par soupirer en disant :
- Ah, très bien, fiche le camp.
Grâce à Alice, j'avais un délai pour annoncer la parution de l'article à Bella. Il fallait absolument que je lui dise. Sans comprendre pourquoi, tout mon corps me faisait sentir que c'était vital. Je décrochais le téléphone de mon bureau et composais un numéro que je connaissais par cœur :
- Allo ? Me répondit la voix de Rose.
- Rose, salut c'est Jasper.
- Salut ! S'exclama-t-elle enthousiaste. Ça se passe comment l'article ?
- Bien, bien. Je crois que tu vas être ravie.
- J'ai hâte de lire ça.
- Dis est-ce que Bella est là par hasard?
Alice avait raison. Peu importe pendant combien de temps je me suis caché la vérité, j'étais amoureux de Bella. J'aimais tout chez elle. Ses rêves, ses espoirs, ses illusions… même la demoiselle d'honneur qui était en elle. Pourtant elle avait cette violence enfouie au fond de sa personnalité, cette passion qui ressortait par instant. Des moments magiques.
Je sus que j'étais perdu au moment où ses lèvres se posèrent sur les miennes. Un désir brut remonta le long de ma colonne vertébrale. C'était le meilleur baiser que l'on m'ait donné et j'avais eu plus que ma part de femmes lors de mes années étudiantes. L'alcool n'y était pour rien, c'était elle que je voulais.
Nous nous dégrisâmes en courant à la voiture sous une pluie battante. Dans un abracadabrant enchevêtrement de bras et de jambes, elle réussit à se hisser au-dessus de moi. Elle me parla de ses inaptitudes sexuelles et pourtant cette nuit resterait magique pour moi. Le réveil fut plus difficile. Les barrières qu'elle avait mises en place entre nous avait été consolidées pendant la nuit. En lui tendant son café, je sus qu'il ne manquerait pas grand-chose pour que nous puissions vivre une relation.
Et il y avait eu cet article. Celui que je n'aurais jamais dû écrire. L'article qui propulserait ma carrière mais qui me ferait perdre tout ce que j'avais péniblement réussi à construire avec elle. J'étais un imbécile fini et j'étais furieux. Je me précipitai vers Alice le lundi matin pour l'interpeller :
- Tu peux me dire ce qu'il s'est passé ? On ne devait pas le sortir tout de suite !
- Ce n'est pas toi qui décide, c'est moi, me rappela Alice fermement.
- Mais je n'ai même pas eu le temps de la prévenir, m'écriai-je. On la prise par surprise.
- Eh, je t'ai donné soixante centimètres dans le journal du dimanche, la seule chose que tu devrais me dire en ce moment c'est "je t'aime".
Elle partit me laissant seul avec mon idiotie et mon ambition. J'allais devenir journaliste d'investigation comme j'en avais toujours rêvé. Je pourrais choisir ma section de prédilection. Mais c'était tout ce que j'avais retiré de cette histoire.
Mes journées étaient pitoyables. Je noyais mon chagrin dans l'alcool, puis dans le travail. Je me souvins de la soirée de fiançailles de Rose et Edward. Je m'y rendis pour soutenir Bella. Mon idée était de ne pas la croiser, d'être présent pour elle sans qu'elle me voit. J'avais prévu un cadeau à remettre à la seconde demoiselle d'honneur ou à glisser dans son sac. Evidemment rien ne se passa comme prévu et depuis je retournai cette soirée dans ma tête. Qu'aurai-je pu faire pour qu'elle me pardonne ? J'étais perdu. J'étais amoureux de cette femme. Je ne savais plus quoi faire.
C'est pourquoi j'atterris dans le bureau d'Angela Weber avant de me rendre au dernier mariage que je couvrirais avant de prendre mon nouveau poste. Il n'avait pas été difficile de la retrouver. Une standardiste du nom de Maggie m'avait même accompagné à la porte de son bureau. Je frappai et entrai lorsqu'elle me donna son accord.
- Asseyez-vous je vous en prie, ordonna-t-elle dès que j'eus passé le seuil du bureau.
- Je suis… Commençai-je.
- Jasper Whitlock. Le salaud harceleur. Je suis Angela Weber, enchantée.
Cette femme me surprenait et me glaçait. Je comprenais son attitude si agressive. Elle protègerait Bella envers et contre tous. Surtout contre moi.
- Que puis-je pour vous ? S'enquit-elle poliment.
- J'ai vu Bella, lors de la soirée de fiançailles, annonçai-je difficilement. Je lui ai promis de ne plus jamais l'embêter. De disparaître. Mais c'est juste trop dur. Je sais que je lui ai fait du mal. Mais il faut qu'elle comprenne que ce n'était pas intentionnel. Je voulais lui en parler avant qu'Alice publie le papier mais je n'en ai pas eu le temps.
- Alice ? Comme dans Alice Brandon ?
- Vous la connaissez ? Demandai-je surpris. C'est ma rédactrice en chef.
- Oui. Et vous venez me voir dans l'espoir que…
- J'espérais que… Hésitai-je. Je ne sais pas bien à vrai dire… Je crois que je suis amoureux d'elle… et rien que le fait de vous approcher m'apaise quelque part.
Elle acquiesça à mes propos et je savais qu'elle comprenait. Elle me raccompagna à la porte de son bureau en m'assurant son soutien. Je pensais que c'était l'une de ses formules polies faites pour se moquer des gens sans en avoir l'air. Si j'avais su…
Mon dernier mariage était encore plus terne que tous les précédents. Tyler et Lauren étaient un couple parfait. Leurs familles ne leur souhaitaient que du bonheur, leurs amis aussi. Je ne savais pas encore ce que j'aurais à écrire d'original sur ce mariage, mis à part le fait que la réception ait eu lieu sur un bateau. Même la robe de la mariée, pourtant hideuse, ne réussit pas à me soutirer un sourire. Je discutais avec l'un des témoins, un certain Norman, qui me racontait pourquoi il avait accepté d'accompagner Tyler dans l'une des plus importantes démarches de sa vie lorsque :
- Jasper? Jasper Whitlock?
- Oh mon dieu ! Soufflai-je.
C'était elle. Elle était au mariage de Tyler et Lauren. Elle se tenait devant moi, devant une foule d'inconnus, timide, tremblante et incroyablement déterminée.
- Il est là, il est là, couina Lauren à côté d'elle.
- Ok. Bonsoir, salua poliment Bella en regardant la salle.
- Tu peux y aller dis-lui vas-y ! L'encouragea la jeune mariée.
- Oh, ok. Je voulais seulement te dire que tu avais raison à mon sujet, avoua-t-elle avec un sourire désabusée.
Je m'avançai vers elle. Je voulais être plus près afin de savoir si elle était sincère ou non.
- Totalement raison sauf que je n'étais pas prête à l'entendre et surtout pas venant de toi… énonça-t-elle en riant.
- On pourrait avoir une poursuite ? Demanda Lauren, apparemment décidée à faire partager nos retrouvailles.
Un faisceau lumineux atteint ma figure, et je me plaçai dans l'ombre de Bella pour pouvoir continuer à la regarder. La lumière irradiait derrière elle et l'effet scénique était très réussi.
- Ah tu es là ! S'exclama-t-elle alors que le soulagement envahissait son expression. Ok, Jasper j'ai passé toute ma vie à attendre que le prince charmant se présente. Et tout à coup tu es apparu, tu ne ressembles en rien à l'homme que j'imaginais, tu es cynique, grincheux et impossible. Mais pour être franche, avoir à t'affronter, me bagarrer avec toi, c'est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée. Et je crois que je suis amoureuse de toi.
Sa déclaration me coupa le souffle quelques secondes. Je pense qu'on aurait pu faire mieux dans un roman ou un film. Mais cette déclaration nous correspondait totalement : bancale et maladroite, faite pour nous. (J'veux un Jasper pour moi toute seul… *s'en va en pleurant* encore une fois) )
- Voilà, j'ai fini. C'est tout ce que j'avais à dire, alors bonsoir à tous.
Elle descendit de la scène avec précaution tandis que je me faufilai à travers la foule pour l'intercepter. Je me plaçai devant elle, souriant :
- Je t'ai déjà dit que tu étais cinglée ?
- Oui, Jasper je suis réellement…
Je ne sus jamais ce qu'elle était réellement, cela importait peu.
- Viens, approche, soufflai-je.
Elle s'engouffra dans mes bras tendus et je l'embrassai.
Si j'avais été un écrivain, j'aurais réécrit notre histoire de façon beaucoup plus romantique. Gommant le jour où j'ai compris qu'elle était amoureuse d'Edward pour ne garder que cet instant précis des retrouvailles émues.
Mais je suis journaliste.
Oyé, Oyé ^^ !
Voilà, je suis une auteure mécontente. Ce matin je suis allée voir mes statistiques pour répondre aux reviews de ce chapitre après avoir posté. Le dernier chapitre a suscité 5 reviews.
Je trouve ça assez incroyable. Je ne parle pas pour les lectrices toujours présentes à chaque chapitre. Mais FFnet nous permet de prendre contact avec les auteurs. D'agir sur leurs écrits. Si vous n'avez pas aimé le dernier chapitre, les commentaires sont là pour me le dire. Je ne pourrais pas rectifier le chapitre mais on pourra toujours en discuter. Je réponds toujours au moindre commentaire de façon individuelle même si les réponses se font parfois attendre.
Ce chapitre est l'avant-dernier de l'histoire. J'espère qu'il vous aura plu et lorsque je dis cela, je l'espère vraiment. J'écris pour me divertir mais pour divertir également les autres. Le site nous permet d'échanger et de partager.
Alors à votre bon coeur ^^ A.
