Ce drabble est en quelque sorte la suite de « Où la discrétion est un défaut ».Bonne lecture !

Ishimaru l'espion

Au début, quand Hiruma était venu le voir, il avait cru qu'il plaisantait. Lui, espionner l'équipe d'Ojou ? D'abord, c'était déloyal, et puis, lui, un espion ? Il en aurait rit à gorge déployée si le regard sérieux et inquiétant du capitaine ne lui avait pas confirmé qu'il ne plaisantait pas.

Lui, espionner ? Les Ojou White Knights ? C'était un cauchemar !

Rien que de s'imaginer faire ça, Ishimaru se sentait mal. Il se couvrit de sueur et déglutit avec difficulté. Il avait brusquement l'impression qu'il faisait très chaud, d'ailleurs ses mains devinrent si moites qu'il fut obligé de les essuyer nerveusement sur son survêtement. La gorge nouée, il jeta un regard désespéré vers le capitaine, qui resta parfaitement impassible devant son désarroi. Alors, sans vraiment s'en rendre compte, il prit le caméscope que le démon lui tendait et fit demi-tour sans un mot.

Se déplaçant dans un état second, il finit par arriver à destination, à savoir le terrain d'entrainement d'Ojou. A ce moment-là seulement il reprit pied avec la réalité et, les yeux papillonnant, il observa ce qui l'entourait. Malgré lui, il remarqua que ce terrain-ci était beaucoup plus grand et bien mieux entretenu que le leur. Les lignes blanches étaient parfaitement tracées, le tapis de poussière qui composait leur terrain de Deimon était ici remplacé par une pelouse bien verte, visiblement arrosée régulièrement. Ici les bancs des remplaçants n'étaient pas en bois bancal et à moitié dévoré par les mites mais en fier granit gris, parfaitement droits.

Les joueurs adversaires étaient là, sur le terrain, et ils s'entrainaient dur, eux aussi.

A leur vue, la terreur envahit aussitôt l'espion amateur. La peur d'être repéré puis traité en paria, ce qui signifierais une catastrophe,tant pour les Devil Bat que pour son club d'athlétisme... Dans quelle galère s'était-il donc fourré ? Réprimant un gémissement, il releva les yeux sur les joueurs, s'attendant à croiser des regards meurtriers.

Mais, comme à l'accoutumée, il était invisible. Pas un des joueurs, même le si vigilent Shin ne regarda dans sa direction.

Légèrement soulagé, il leva le bras avec des gestes d'automates et il commença à filmer. Il filma, filma, pendant toute l'après midi. Et personne ne se rendit compte de sa présence.

Quand le soleil commença à décliner derrière les bâtiments luxueux du lycée d'Ojou, il se leva, essuya son uniforme pour le débarrasser de la poussière et s'éloigna sans qui quiconque ne le remarque. Hiruma allait être ravi : Il avait réussi, sans que personne ne s'aperçoivent de sa présence.

Et il ne savait toujours pas s'il devait s'en réjouir ou pleurer...