6h00 s'affichait quand Castle regarda le réveil cette nuit là. Il décida que 6h00 était une bonne heure pour se lever. Tourner en rond dans son lit ne servait à rien. Il n'avait pas beaucoup dormi, il avait ainsi pu voir défiler 2h03 puis 4h21 et enfin 5h59 disparut pour faire place à 6h00. C'était une belle matinée de printemps, déjà bien ensoleillée pour l'heure. La vie reprenait possession de la Terre, l'hiver s'en était allé. Cependant Castle était bien trop préoccupé pour admirer ce magnifique tableau, il avait beau retourner cette phrase dans tout les sens, il ne la comprenait pas.
Quelques semaines plus tôt, il avait commencé à recevoir des appels anonymes. Lorsqu'il décrochait la personne au bout du fil raccrochait jusqu'à ce coup de fil où il s'était emporté sommant à son interlocuteur de décliner son identité car il avait des amis haut placés et qu'il n'hésiterait pas à s'en servir pour savoir qui il était. La seule réponse qu'il eut, fut : « Je sais qui vous êtes ». Ce qui était assez idiot quand on savait qu'il était un personnage public. « Je sais qui vous êtes » cette phrase résonnait en lui. Oui bien sûr que le peuple New-Yorkais savait qui il était, il était Richard Castle le romancier à succès. Aussi décida t-il de ne plus en tenir compte, il se dit pour se rassurer que son interlocuteur devait être un fanatique. Être un personnage public c'était aussi prendre le côté obscur.
Il se prépara un expresso et sourit à la vue des pancakes dans son frigo. Il repensa alors à la nuit magique qu'ils avaient passée ensemble. Leurs corps ne faisaient plus qu'un, ils étaient en parfaite harmonie, en parfaite symbiose. Une symbiose comme il n'en avait jamais connue.
Une fois son petit déjeuner englouti, il prit une douche et sortit en ville. Il erra sans but dans les rues, perdu dans ses pensées et se trouva ainsi dans Central Park. Il s'assit alors sur un banc admirant la beauté du lieu. Des enfants jouaient à un deux trois soleil, d'autres devaient jouer au chat perché. Les couples bras dessus bras dessous s'embrassaient tendrement. Un sourire béat refit alors son apparition. Il aimait à penser que bientôt, il se promènerait au bras de sa chérie. Oui bientôt. Il en était certain. Il l'espérait tellement
Il regarda sa montre, cette dernière affichait 19h, il se dit qu'une visite au Old Haunt ne pouvait pas lui faire de mal, bien au contraire replonger dans cette ambiance lui ferait le plus grand bien. Lorsqu'il entrait dans ce lieu, la même excitation l'habitait. Il se revoyait écrire ses premiers romans. L'endroit n'avait pas changé depuis sa dernière visite, il sentait toujours la bière éventée, le vieux Eddy jouait toujours sur le piano un vieil air de jazz. C'était comme si le temps se figeait lorsqu'il revenait en ce lieu, que sa vie n'avait pas changé.
Et pourtant cette dernière avait bien évolué ces derniers temps. Son Alexis chérie avait quitté le cocon familial, s'envolant vers de nouveaux horizons, côtoyant un nouveau monde, apprenant de nouveaux savoirs. Elle lui manquait. Il aurait donné n'importe quoi pour revivre ses moments avec elle. L'entendre articuler par sa petite bouche, son premier mot : dénouement. Premier mot d'une même liste étoffée par sa curiosité. La consoler de son premier chagrin d'amour. Jouer à Star Wars ou un autre jeu tout aussi loufoque. Il aimait la complicité qu'ils avaient réussi à créer entre eux. Et puis il y avait sa mère, mère comme il aimait à l'appeler. Elle était son modèle dans la vie. Un modèle de réussite, elle avait réussi à concilier sa carrière et sa vie familiale. Bon parfois de manière maladroite mais elle avait fait de lui l'homme qu'il était aujourd'hui. Un homme avec sa part de féminité en lui. Vivre parmi ces femmes n'avait fait qu'accentuer cette part en lui. Elle refoulait les marches des théâtres à travers le monde entier. Elle avait eu le rôle de Lady Macbeth. C'était le rôle de sa vie lui avait-elle confié avant de prendre la route et le laisser ainsi seul dans cette immense appartement. Enfin seul, tout était relatif.
Un sourire radieux fit alors son apparition sur son visage. Il avait redécouvert ce qu'était aimer et être aimé. Il avait appris à aimer de nouveau. Il aimait l'odeur de son parfum envoûtant. L'écouter chanter. Entendre son rire amoureux. Il aurait pu l'écouter parler pendant des heures, boire chacune de ses paroles. La regarder dormir tel un enfant sans oublier au passage de contempler ses (magnifiques) formes. Oui, Castle était amoureux. Ils voulaient garder leur relation pour eux et ce côté secret la pimentait d'autant plus. Elle avait le gout de la liberté.
Son téléphone portable retentit, appel inconnu. Malgré les doutes qui l'envahirent il décrocha. Au bout du fil il put reconnaitre cette voix qu'il connaissait si bien, elle prononça ces quelques mots : Vous voulez jouer Castle ?
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