Désolé pour le retard de publication, j'étais occupée ce WE. Merci pour vos reviews qui me touchent beaucoup.
J'espère que la suite vous plaira autant. Les parties en italique sont des retours en arrière ;)


Lorsqu'il ouvrit la porte de son loft, une délicieuse odeur suave émana de la cuisine. Elle était vraiment parfaite se dit-il. Il s'approcha à pas de loup et l'enlaça tendrement.

Kate, Kate, hurla Castle, Kate. Réponds-moi je t'en supplie. Un léger murmure se fit entendre, imperceptible pour lui de l'endroit où il se trouvait. Il continuait sans relâche sa recherche, détaillant chaque pièce. Son cœur battait son plein. Il était effrayé. Une multitude de pensées toutes aussi néfastes les unes que les autres se bousculaient dans son esprit. Il se refusa cependant à penser à la pire car y penser serait admettre la possibilité qu'elle n'est plus. Il fit alors une chose qui le surprit lui-même, il se mit à prier. Il pria les dieux, les saints et les divinités de chaque religion. Il se dit que peut-être qu'alors, la portée de son souhait serait plus forte, qu'un de ces êtres omnipotent l'entendrait.

Kateeeeeeeeeeeee hurla t'il de nouveau sans trop y croire. Au même moment Kate rassemblait ses dernières forces et cria dans un long soupir « Castle » avant de sombrer dans un long sommeil profond. Cette fois-ci, il entendit un murmure qui provenait de l'autre bout du bâtiment. Il courut aussi vite qu'il le pouvait, crachant ses poumons, faisant abstraction de la douleur qu'il ressentait au sein de sa poitrine. Après quelques minutes qui lui parurent durer une éternité, il arriva enfin au point voulu. Seuls les battements de son cœur étaient perceptibles, ils tambourinaient à pleine puissance sa cage thoracique. C'est alors qu'il l'aperçut, étendue de tout son long. Elle ne bougeait pas. Il appela le 911 et se rapprocha de son corps qui semblait inerte. Il prit son pouls. Il battait fébrilement. Il l'appela « Kate, Kate si tu m'entends, sers moi la main ou fais moi un signe ». Rien ne se produisit, le corps de la jeune femme était toujours inerte. Il s'approcha de sa bouche afin de sentir le souffle de sa respiration. Mais aucun souffle ne s'échappait. Elle était en train de faire un arrêt respiratoire. Sans réfléchir, en mode automatique, il sortit un stylo de sa poche (comme quoi être écrivain pouvait s'avérer être utile), et lui fit une trachéotomie. Elle respira de nouveau. Au même moment, les secours arrivèrent.

« Castle, arrête, Castle, le repas va cramer ». Bien que tout son corps le réclamait et qu'elle n'avait qu'une envie, ressentir le contact de sa peau sur la sienne, gouter ses baisers sucrés.

Il suivit l'ambulance, se prenant pour un pilote de formule 1, zigzagant entre les voitures, grillant les feux rouges. Il déboula enfin devant les portes des urgences, entra précipitamment, bouscula quelques patients et s'affala presque sur le bureau des accueils. « Kate Beckett je vous prie » commença t-il. Voyant qu'aucune réponse n'arrivait, il s'éclaircit la gorge et reprit d'une voix un peu plus imposante « Vous venez de recevoir une patiente du nom de Kate Beckett, j'aimerais savoir si vous avez des nouvelles ». La femme, blonde, la quarantaine sonnante, daigna enfin lever les yeux dans sa direction puis pianota sur son pc avant de lui répondre : « Elle est encore en salle d'opération, les médecins passeront vous donner des nouvelles. » Elle retourna vaquer à ses occupation sans se soucier guère des allers et venus de l'homme qui occupait l'espace face à elle. Il se stoppa net, pianota un numéro sur son iPhone. Il redoutait la réaction de la personne qui se tenait à l'autre bout du fil. Une nouvelle fois, il n'avait rien pu faire pour la protéger. Il s'en voulait. Il avait failli à la parole qu'il avait donnée à cet homme.

« C'est votre fille, elle est au Priceton Hospital, je suis désolé. Je… je n'ai pas su la protéger ». L'homme ânonna quelques mots puis raccrocha. Castle qui demeurait toujours debout, le téléphone à la main, reprit sa marche olympique. Il regrettait tant de choses, il regrettait certaines paroles qui avaient été prononcées assez rudement, bien que véridique et qui avaient mené à ce qu'ils étaient aujourd'hui.Il avait pourtant cru qu'elle avait pardonné. Mais ce qu'il ne savait pas ce n'était pas contre lui, au contraire, elle avait voulu le protéger. Les personnes trop proches d'elle avaient une tendance à partir prématurément. Et si elle n'était sûre de rien, elle était certaine d'une chose, elle préférait souffrir de son éloignement que de celle de son absence éternelle.

Il s'exécuta et la laissa finir de préparer le repas, non sans oublier de tremper son doigt sans la sauce bolognaise qu'elle avait cuisiné. Elle lui frappa le doigt avec la spatule qu'elle tenait à la main, « Richard Castle, vous êtes un vrai enfant » lui dit-elle, le sourire aux lèvres, les yeux pétillant de bonheur.

L'horloge sonna sept heures, cela faisait maintenant douze heures, douze heures qu'il l'avait enfin retrouvée mais aussi douze heures qu'elle se battait contre la mort. Il lui faisait confiance, c'était une battante. Et puis, elle n'avait pas le droit de les laisser. Non, elle n'avait pas le droit de les abandonner. Les deux hommes avaient été rejoints par les gars et Lanie, tous étaient inquiétés pour leur amie, leur sœur. Personne ne parlait mais chacun savait la présence de l'autre. Ce n'était pas un silence pesant, ils en n'avaient tout simplement pas le besoin.

Les deux portes battantes s'ouvrirent enfin, laissant apparaitre un chirurgien. Ils le scrutèrent tous, essayant de deviner par son regard, sa façon de se déplacer s'il était porteur d'une bonne nouvelle ou au contraire, le messager de la mort. Une mort qu'ils craignaient tous. Une mort qu'ils savaient plus que probable. Une mort qui s'était jouée d'eux déjà une fois. La Mort laisse rarement une nouvelle chance surtout si cette personne a déjà bénéficié d'un sursis. Non la Mort ne laisse pas de cadeau, après tout, elle est la Mort.

Après quelques secondes qui semblèrent durer des heures, le médecin ouvrit la bouche et expliqua dans un jargon médical les opérations qu'elle avait du recevoir. Castle n'écoutait que d'une oreille, l'unique chose qu'il voulait entendre était : « Elle est tirée d'affaire ». Et puis ce fut comme dans un rêve, le médecin prononça ces fameux mots « Sa convalescence sera longue. Il faudra qu'elle soit patiente elle ne récupéra pas toutes ses capacités dans l'immédiat mais elle est sortie d'affaire. » Ne sachant pas s'il rêvait ou non Castle lui demanda s'ils pouvaient aller la voir. Comme elle venait de subir une opération chirurgicale importante, les visites pour ce soir étaient restreintes à deux personnes. Le choix fut vite fait, d'un commun accord, ils décidèrent que la personne qui accompagnerait Jim Beckett serait Castle.

Silencieusement, ils marchèrent côte à côte jusqu'à la porte de la chambre. Au moment où Castle posa sa main sur la poignée, Jim posa la sienne sur son épaule et prononça quelques mots « Ce n'était pas de votre faute, vous n'avez aucunement besoin de vous sentir coupable. Et j'apprécie le peu que je connaisse de vous. Vous êtes un homme de confiance. » Cette phrase rassura l'écrivain, ce n'était pas la première fois que Jim Beckett lui parlait ouvertement mais la situation était différente.

Il répondit à son regard et en parfait homme d'intérieur qu'il était, il dressa la table. Il y déposa un bougeoir, éteignit la lumière et alluma son vieux transistor pour laisser s'échapper les premières notes du violon de Josh Groban.

Ils entrouvrirent la porte précautionneusement veillant à ne pas faire de bruit au cas où elle dormirait. Elle était allongée sur le lit, semblait dormir d'un sommeil paisible, les persiennes entr'ouvertes laissaient passer un rai de lumière qui reflétait sur son visage, elle ressemblait à un ange. Ils l'observèrent dormir un moment, aucun d'eux ne parlaient, ils respiraient le bonheur de voir la femme de leur vie vivante.

Sentant une présence, elle se réveilla et examina la pièce dans laquelle elle se trouvait. Très vite des flashs de souvenirs lui vinrent en mémoire. Elle débita aussi vite qu'elle pouvait les informations dont elle se souvenait pour qu'ils puissent appréhender ses agresseurs. Elle parlait excessivement vite, elle savait que le temps était précieux. Castle l'apaisa. Il lui annonçaqu'ils les avaient déjà arrêtés, il lui précisa la manière dont il l'avait retrouvée suite à un appel anonyme en lui omettant un passage néanmoins important. Il s'était dit que ce qui importait le plus était qu'elle soit saine et sauve, que ses agresseurs soient derrière les barreaux. Puis ce fut le silence, chacun souriait à l'autre.

Jim vint au chevet de sa fille et lui chatouilla un « je t'aime » dans les oreilles et s'effaça pour laisser Castle et sa fille seuls. Il avait remarqué leur regard, leur sourire et avait compris qu'ils avaient besoin de se retrouver. Il sortit délicatement de la chambre et rejoignit les autres et leur donna des nouvelles de Kate. Rassurés, ils rentrèrent chez eux.

Dans la chambre 207, deux individus se regardaient tendrement. Malgré la distance et la séparation, ils avaient réussi à recréer ce contact visuel qui les caractérisait tant. Les mots leur étaient inutiles.

« Je suis désolée. Merci de m'avoir une nouvelle fois sauvée la vie ».

Il lui prit alors la main et lui répondit :

« Always ».


Alors, aimé ? pas aimé ?