Enfin le deuxième chapitre, pardon du retard (si une certaine personne, qui se reconnaîtra j'en suis sûre, voulait bien répondre aussi)

Ce chapitre est plus centré sur Draco, j'essaierai d'un peu plus consacrer le prochain à notre petit Harry ^^

Chapitre deux

Assis à la petite table de son mini-salon, Harry regardait son contrat, sourire aux lèvres. C'était plus qu'il n'avait espéré.

Si tout allait bien, il allait pouvoir rattraper le loyer du mois dernier et même pouvoir payer ce mois-ci. En plus, il avait libre arbitre dans le choix des fusées pour la représentation. A cette pensée, il sourit un peu plus : il pouvait faire tout ce qu'il voulait !

Le seul bémol, c'est que tout ce qu'il ferait, il serait obligé de le faire avec Draco. L'avait pas à lui mettre des bâtons dans les roues, celui-là… ! pensa-t-il en levant ses minuscules poings, les sourcils froncés dans une mimique qu'il voulait effrayante.

Peine perdue.

OoOoO

-Je croyais que c'était un vieillard ?

Lucius releva la tête. Après que les deux jeunes soient partis, il était retourné dans la salle à thé, et lisait à présent un vieux livre en sirotant un verre de whisky. Sa femme venait d'entrer.

-Je n'ai jamais dis que s'en était un.

-Mais tu n'as pas démenti non plus.

-En effet, tu ne m'aurais pas cru. Je te connais, ma chérie.

Narcissa s'assit dans le fauteuil en face de son mari. Le silence plana pendant quelques minutes, agréable.

-Quand même, n'est-il pas un peu jeune ?

Lucius se rapprocha de sa compagne, un léger sourire sur les lèvres.

-Pas autant qu'il le montre. Il est étudiant, dit-il en l'embrassant. Et puis…j'ai l'impression d'avoir fait le bon choix.

Il dévia ses baisers, commençant à embrasser son cou. Narcissa ferma les yeux, les mains dans les cheveux blonds de son homme.

-Pourquoi cela ? haleta-t-elle quand son mari descendit sur ses clavicules.

Lucius traça la courbe de son épaule de sa bouche, humant le parfum délicat.

-Tu verras…

Il l'embrassa langoureusement, faisant glisser son chemisier sur ses épaules. Narcissa se colla à lui, frémissante. Il continua lentement à la déshabiller, jusqu'à ce que Narcissa s'approche de son oreille.

-Lucius ? Murmura-t-elle.

-Hmm…

-Le canapé, tu l'as oublié ?

-Que ?

Plaçant ses mains sur son torse, Narcissa repoussa Lucius et se rhabilla en se dirigeant vers la porte, sous les yeux écarquillés de son mari. Abaissant la poignée, elle se retourna légèrement.

-Bonne nuit, mon chéri.

A genoux devant le fauteuil et à moitié débraillé, le maire regarda la porte se fermer, éberlué.

Foutu canapé.

OoOoO

Draco était étendu dans son lit, regardant le plafond. Il repensait à ce que son père lui avait dit. La veille, tous les deux avaient eu une conversation après le dîner. Lucius l'avait regardé sérieusement, comme il l'aurait fait avec un client. Il l'avait emmené dans son bureau et l'avait fait assoir en face de lui.

Lucius regardait ses mains, qu'il avait jointes sur son plan de travail. Il semblait réfléchir. Sachant qu'il était mauvais de l'interrompre lorsqu'il faisait cela, Draco attendit patiemment que son père ne relève la tête. Ce qu'il fit au bout de quelques minutes.

-Ecoute, Draco. Si je t'ai fait associé dans la création du feu d'artifice, tu te doutes bien que ce n'est pas sans raison. Dans l'administration, le quatorze Juillet est une date d'une importance capitale. (1)

-La fête nationale, oui.

- En effet. Mais je ne veux pas parler de la fête en elle-même, mais du pouvoir qu'en notre milieu elle représente.

Draco haussa un sourcil. Il ne voyait pas vraiment ce que son père insinuait. Le quatorze juillet était célébré en l'honneur de la prise de la Bastille, en 1789.

Relevant les yeux, il vit que son père le regardait, attendant une réponse.

-Je ne comprends pas, finit-il par avouer, grimaçant. Il détestait paraître ignorant.

-La révolution de 1789 est la plus connue, la plus…révolutionnaire. Mais il n'y en a pas eu qu'une seule, loin de là. A chaque fois s'en suivait de nouvelles règles, de nouvelles lois et, parfois, un nouveau régime. Tout ça pour dire que le pouvoir a beaucoup évolué, pour arriver à ce qu'il est aujourd'hui.

Lucius fit une nouvelle pause, observant son fils.

-Et… ? le pressa ce dernier.

Draco sourit, amusé et pourtant exaspéré. Son père avait toujours eu un penchant pour la mise en scène. A chaque fois qu'ils entretenaient une conversation sérieuse, lorsqu'il devait expliquer des choses importantes à son fils, il ménageait des pauses au beau milieu de son explication et observait Draco, l'air solennel.

Ce qui énervait quelque peu ce dernier, car il devait l'inciter à continuer pour enfin savoir ce que lui voulait réellement son père, ce qui démontrait qu'il ne le savait pas. Et une fois encore, il détestait ne pas savoir.

-Et le quatorze Juillet visant, en quelque sorte, à fêter la révolution, flatte par là même le pouvoir d'aujourd'hui.

Nouvelle pause. Draco roula des yeux. Mais cette fois-ci, son père ne lui laissa guère le temps d'ouvrir la bouche, à son plus grand plaisir, enchainant avec une question.

-Qui exerce ce pouvoir ?

-Le président.

-Faux.

Draco cligna des yeux.

-Le rôle du président est de préserver l'harmonie du pouvoir, de faire écrire de nouvelles lois, et de représenter son pays dans les affaires étrangères. Mais ceux qui « exercent » réellement ce pouvoir sont les représentants élus par les citoyens.

-Mais le président n'est-il pas lui-même élu par le peuple ?

-Si, mais ce n'est pas tout à fait la même chose. Je t'ai expliqué le rôle du président, laisse-moi en faire de même avec les représentants que je vais citer.

A ce moment-là, Lucius affichait un petit air satisfait. De toute évidence, il aimait beaucoup sa place.

Parfois, Draco se demandait pourquoi son père se tenait à une simple place de maire au lieu de gravir les échelons, lui qui semblait tant aimer le pouvoir. Après tout, même s'il était vrai que Lucius Malfoy était redouté par ses paires, il n'en restait pas moins qu'il n'était qu'un maire.

Il faudrait qu'il lui pose la question, un jour.

-Où voulez-vous en venir, père ?

-Et bien, j'allais te l'expliquer, le pouv…

-Où voulez-vous en venir vraiment ?

-Fovenasoivectter.

-Et en anglais, ça donne… ?

Lucius hésita.

-Il faut que tu viennes à une soirée…avec Potter.

-Il faut que je vienne à une soirée administrative ?

-Effrayé ? fit Lucius, moqueur.

-Oh non, j'étais simplement en train de penser à un gamin en loques begayant face à des dirigeants parce qu'on lui à posé une question. Ce doit être amusant, non ? Oh et puis faudra pas oublier de filmer, hein, parce que comme ça on pourra repasser en boucle le moment où le vénéré Lucius s'enfoncera une coupe de champagne dans la gorge ou peut-être alors le moment où son fils pètera un boulon.

Le regard du maire se glaça instantanément.

-Ne parle pas comme ça, siffla-t-il. Tu iras avec lui.

Draco voulut protester, mais son père lui coupa la parole avant qu'il n'ouvre la bouche.

-Et si tu as peur d'être humilié par ses frusques, arrange-toi pour y remédier.

Enervé, Draco ne répondit pas et quitta le bureau. Il ne claqua tout de fois pas la porte, il tenait à sa peau.

Et c'est ainsi que Draco s'était étalé -élégamment, évidemment- sur son lit trois places -quoiqu'il était sûr qu'on pouvait y coucher une quatrième personne.

Les yeux fixés au plafond, il regardait distraitement les rainures d'or serpenter pour former des figures géométriques élégantes. On pouvait voir un immense carré au dessus de son lit, comme l'entourant, suivis d'autres carrés dont la taille diminuait au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient, et qui finissaient par un lustre qui avait dû coûter une petite fortune.

Il était toujours plongé dans sa contemplation lorsqu'il entendit des coups frappés à sa porte.

-Entrez !

Entendant la porte s'ouvrir, il se leva et alla s'assoir calmement sur le sofa de son petit salon.

-Alors, on ne dit plus bonjour à ses vieux amis ? s'exclama un grand noir, surgissant de l'entrée pour s'affaler sur le canapé, collé à Draco. D'ailleurs, ce dernier commençait à suffoquer sous le poids de son futur ex-ami.

-Blaise, laisse-le respirer !

-Mais il a pas dit bonjour !

-Et il ne va certainement pas le faire si tu l'étouffes, répliqua Pansy, qui s'installa…sur Draco. Pousse-toi.

-Non, J'étais là avant. Toi, pousse-toi.

-Mais moi je ne l'étouffe pas.

-Mais moi non plus !

-Si, tu es trop gros.

-Et toi t'es une plume, c'est ça ?

-Euh, les mecs, pourquoi Draco est tout rouge ?

Théo, qui venait d'ouvrir la bouche pour la première fois depuis qu'il était entré dans la chambre, pointait le blond du menton. Blaise et Pansy suivirent son regard. Et tombèrent sur un Draco plus que rouge, qui malgré ses yeux quelque peu exorbités essayait de lancer un regard noir aux deux zigotos confortablement installés sur lui, et qui malgré tout ce qu'ils disaient pesaient très lourd.

-Il va vous tuer, continua distraitement Théo, s'asseyant sur le fauteuil en piochant un magazine du blond.

Les deux fautifs se levèrent précipitamment. Pansy le regarda et fit la moue.

-Tu pourrais te sentir un peu plus impliqué !

-Ce n'est pas moi qui ai essayé de le tuer.

-Je sais puisque c'est ce crétin de Blaise. Mais ça n'empêche que tu pourrais nous aider.

-C'est moi le crétin ? s'exclama ledit Blaise. Je te rappelle qu'on était deux dessus !

-Ah tu vois, tu avoues.

Alors que Blaise était sur le point de se jeter sur la brune, Draco, qui avait repris son souffle, se racla la gorge.

-Dehors.

C'est fou ce qu'il pouvait être inquiétant quand il parlait de cette manière. Pourtant, il n'avait dit qu'un seul mot, courant de surcroit. Mais plus que la signification, c'est le ton qui importe.

Les deux fautifs se regardèrent, un fin sourire sur le visage.

-Tu as dis « dehors », Draco ? Pas de problème.

-Ce sera même avec plaisir.

-Mais tu viens avec nous !

Chacun s'accroche à un bras du blond, et le traîna hors du manoir. Là, ils l'emmenèrent au café situé à 10 minutes de la bâtisse. C'était un pub à la devanture rouge où ils avaient l'habitude d'aller.

Ils l'avaient trouvé un peu par hasard. A cause d'une grève, les transports en commun avaient été bloqués et, n'ayant pas encore l'âge d'avoir une voiture, ils avaient dû rentrer chez le blond à pieds. Alors qu'ils passaient devant le café, Théo avaient stoppé brusquement : la devanture était rouge. Et Théo adorait le rouge. Depuis, ils se donnaient régulièrement rendez-vous ici.

En parlant de Théo…

-Mais où il est encore passé ?

Les deux autres n'eurent pas besoin de demander de qui Pansy parlait, sachant déjà qu'elle pensait au dernier membre du quatuor.

-Je parie qu'on va le retrouver dans le mini-salon, affalé dans le plus gros fauteuil avec un magazine cochon à la main.

Draco haussa un sourcil, calculateur. Ce n'était pas le genre de Théo. Blaise, en revanche…

-Tu veux parier, vraiment ?

Blaise pâlit. Etant donné qu'il était de couleur noire, le résultat était assez étonnant.

-Nan nan nan je voulais pas parier, je disais juste que Théo…enfin, voilà quoi. Et puis, qu'est-ce que tu voudrais parier, hein ? finit-il avec un petit rire qui sonnait faux.

-De rien, de rien, répliqua calmement Draco, un sourire fin sur les lèvres. Mais ça aurait pu être amusant…

Ne jamais parier avec le blond. Sinon, vous vous faites manger tout cru… Il gagne toujours.

On leur servi leur boisson. Le serveur était un jeune homme châtain, avec des yeux bruns et un air canaille. La traditionnelle veste du café, aussi rouge que ce dernier, lui allait bien et ajoutait à son charme.

-Pas mal, commenta Blaise une fois qu'il fut reparti.

-Pas mon genre, répondit Draco, adressant à peine un regard au serveur.

-Je me demande bien quel est ton genre… marmonna Pansy.

Elle avait, pendant des années –toute son enfance en fait- espéré qu'elle et le blond se marieraient, auraient deux enfants –pas un de plus, pas un de moins- et hériteraient du grand manoir du père de Draco. Des rêves de petites filles, en somme.

Elle avait brusquement reprit pieds avec la réalité lorsque, deux ans plus tôt, Draco lui avait clairement dit qu'il n'y aurait jamais rien entre eux deux, tout simplement parce qu'il était gay. Elle avait eu du mal, mais la pilule était passée.

Et le fait est que malgré ses innombrables conquêtes, il n'avait jamais eu de relations au dessus du coup d'un soir. Il baisait et il jetait.

Le blond lui jeta un regard noir.

Blaise calma le jeu.

-Près pour les Maldives ?

Tandis que Pansy se mettait à sautiller sur place, plus que ravie, Draco, lui, se rembrunit.

-Non.

-Comment ça, non ? On part dans trois jours.

-Pas moi, je reste ici.

-Hein, mais pourquoi ?

Draco prit une gorgée de son cocktail, ménageant son petit effet.

-Je suis associé.

Blaise haussa un sourcil.

-Explique.

-Mon père a décidé d'innover le feu d'artifice. Il a engagé un gamin et m'a fait associé.

-Avec ton père ?

-Non, avec le gamin, corrigea Draco en roulant des yeux vers Pansy.

-Mais pourquoi a-t-il soudainement décidé de changer ? fit cette dernière, pensive.

Ce fut Blaise qui répondit, à la grande surprise de Draco, qui n'en montra tout de fois rien.

-Il va y avoir une grande soirée entre les dirigeants des communes du département, dit-il simplement.

Pansy grogna, guerre plus avancée. Cela fit sourire Draco : Blaise adorait le suspense, comme son père. Et Pansy, en bonne commère, détestait ne pas savoir. Comme le blond.

Il envisagea, l'espace d'un instant, de lui expliquer, mais il préféra laisser Blaise faire son petit show. C'était double bénéfice : ça faisait plaisir à Blaise, ça faisait chier Pansy et lui, ça le faisait rire. En plus, avec un peu de chance, ça finirait par une jolie dispute entre ces deux-là.

-Et ? finit par le presser Pansy.

-Et ce sera une soirée basée sur le quatorze Juillet, soit sur le feu d'artifice. Pour faire simple, ce sera à la commune qui aura le plus beau feu d'artifice.

Le silence plana pendant quelques dizaines de secondes. Puis Pansy finit par répondre :

-C'est nul.

-Tu l'as dit…soupira Draco. Pas de dispute, cette fois-ci…

-Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi ton père a fait appel à un gamin, reprit Blaise.

-C'est pas vraiment un gamin, il est étudiant. Mais il ressemble à un gamin, alors…

-Et du coup, t'en as pour combien de temps ?

-Eh bien, jusqu'à la soirée, je suppose. En tant qu'associé, je serai sûrement obligé de m'y rendre avec le gamin.

-Merde.

Au grand soulagement de Draco, la discussion s'orienta sur un autre sujet. Ils burent tranquillement leur cocktail, alternant discussions sérieuses et sujets bénins. C'était ce que le blond préférait de ses amis, le fait qu'ils puissent être à la fois si adultes et si insouciants. C'était rafraîchissant, et ça permettait de déléguer les problèmes en arrière-plan.

Alors qu'ils s'apprêtaient à s'en aller, Blaise proposa :

-Ca vous dit de sortir, ce soir ?

-Ouais, ça fait longtemps qu'on s'est pas défoulés ! rigola Pansy.

-Deux jours, c'est vrai que c'est très long… se moqua le métisse.

-Parce que tu trouves que le resto c'est défoulant, toi ?

-Le jour d'avant, on était allé en boîte de disco, tu te souviens ?

-Boîte de nuit, Blaise. Et justement, c'était il y a trois jours.

-Ca change pas grand-chose au fait que c'était il n'y a pas longtemps. Et on peut dire discothèque.

-Oui, mais on ne peut pas mélanger les deux termes : c'est boîte de nuit ou discothèque. Et trois jours, c'est très long, on a largement le temps de récupérer assez d'énergie pour une bonne soirée.

-C'est justement pour ça que je propose de sortir ce soir.

-Il n'y a pas de problème, alors ?

-…

-…

-Bah non.

Ils se turent, sous le regard blasé du blond. Quoique en regardant bien, on pouvait voir une infime petite lueur de satisfaction dans ses yeux : il l'avait finalement eut, sa dispute. Le silence s'étira, que Draco n'avait absolument pas envie de briser. Ce fut d'ailleurs Blaise qui le fit, ne pouvant s'en empêcher.

-Mais, Pansy… Si il s'agit d'une boîte de nuit qui passe de la disco, on peut dire que c'est une boîte de disco.

La dite Pansy lui jeta un regard noir. Blaise décida subitement de passer à autre chose.

-Bon alors, tu viens ce soir ? demanda-t-il d'une voix empressée au blond.

-Peut-être, répondit simplement Draco.

Il commençait à partir quand un cri retenti derrière lui.

-Eh attend ! Pars pas comme ça !

Draco se retourna et tomba sur la vision d'un Blaise agitant les bras, Pansy le retenant par le col de sa chemise. Il haussa un sourcil.

-Pansy, tu sais que si tu continues à tirer sur sa chemise comme ça, tu vas finir par la lui arracher ? Je sais que tu le veux, mais un peu de retenue, que diable.

La brunette rougit brusquement.

-Mais c'est lui qui s'agite dans tous les sens ! Et d'ailleurs, pourquoi tu gigotes autant ? demanda-t-elle, toujours aussi rouge, en se tournant Blaise.

Amusé, le blond n'attendit pas la réponse et avança dans la rue. Malgré tout, cela ne l'empêcha pas d'entendre la réponse.

-Il a pas dit bonjour !

En rentrant chez lui, Draco se dirigea directement dans sa chambre. Et comme prévu, la lumière était déjà allumée, Théo installé dans le même fauteuil que lorsqu'ils l'avaient quitté. Il avait, dans les mains, un magazine de mode, et on pouvait voir devant lui, un petit tas d'autres magazines traitant plus ou moins des mêmes sujets. Pas de magazines de cul.

Dommage que Blaise n'ait pas parié. Il aurait encore gagné.

Sans lever les yeux, Théo demanda ce qu'il y avait de neuf.

-Une soirée, ce soir.

-Encore.

-A entendre Pansy, ça fait une éternité.

-C'est Pansy.

-Tu viens, alors ?

-Oui, répondit-il simplement.

Il se leva, prit son manteau et sortit sans un mot.

OoOoO

Harry hésitait : frapper, sonner ou entrer sans frapper ?

Il était planté devant la porte de la chambre du fils du Maire, visiblement en plein dilemme.

Déjà, sonner était éliminé. C'était une chambre, pas un appartement. Quoique au vu de la superficie du reste du manoir, il en était pas si sûr… Son propre appartement –mini, mais un logement quand même- tenait dans l'entrée, il en était persuadé. Mais il de toute façon, il ne voyait pas de sonnette. Question réglée.

Ensuite…la politesse voulait qu'on annonce sa venue avant d'entrer, non ? Donc, il fallait frapper.

Il leva le bras et prit une grande inspiration, nerveux. Il était en retard, et il ne savait pas comment Draco allait réagir. Si cela se passait comme la dernière fois…Et bah si ça se passait comme la dernière fois, il allait lui montrer de quel bois il se chauffe, foi de Potter !

Juste avant que sa main ne touche le panneau de bois, il se stoppa : Lucius lui avait bien dit d'entrer, non ?

Oh et puis zut. A trois il entre.

Un.

Deux.

Tro…

-Potter ?

Harry sursauta et referma brusquement la porte. Puis il se retourna en direction de la voix. Draco Malfoy était là, droit comme un i, et le regardait un air légèrement inquisiteur sur le visage.

-Malfoy.

-Tu t'apprêtais à rentrer sans frapper, je me trompe ?

-Non, pas du t… enfin si, si, j'ai frappé, mais tu répondais pas alors...

-Ah oui, bien sûr.

Avec un sourire en coin moqueur, Draco contourna le brun et entra dans sa chambre. Ce que Harry ne savait pas, c'est que le blond avait assisté à sa petite scène. Peu avant que le brun n'arrive, il avait eu faim et était parti chercher à manger dans les cuisines. Quand il était revenu, Harry arrivait par le couloir opposé et ne l'avait pas vu. Avisant la mine contrariée du petit brun, il avait décidé de rester caché, histoire de s'amuser un peu. Il n'était pas déçu. Harry ne s'en rendait pas compte, mais quand il était perdu dans ses pensées ses émotions s'affichaient sur son visage avec une clarté étonnante. Il était mignon.

A son plus grand damne, Harry rougit d'embarra. Il le suivit néanmoins dans la chambre.

Et il stoppa. Chambre, qu'il venait de dire ? Il se foutait royalement le doigt dans l'œil. Là, ce n'était pas un appartement, mais trois qui tenaient dans cette pièce. Ou plutôt dans ces pièces, car il y avait une démarcation entre la chambre à coucher et le salon.

Draco se racla la gorge, le ramenant au moment présent.

-C'est immense, souffla-t-il, détaillant les fauteuils, la table, le lustre, les tapis et tout ce qui se trouvait à portée de ses grands yeux inquisiteurs.

-Oui, je sais, dit Draco avec arrogance.

Harry leva les yeux au ciel.

-Vantard.

Draco s'installa à sa table de salon, sans l'attendre. Harry hésita. Peu habitué à ce luxe, et surtout habitué à attendre debout sans rien dire qu'on lui permette de s'assoir –par terre, bien entendu-, il attendit derrière Draco.

Finalement, voyant que le blond ne bougeait pas, il se décida à avancer. Après tout, ils étaient associés maintenant, donc il n'y avait pas de raison valable pour qu'il n'ait pas le droit de s'installer pour travailler.

Néanmoins, il préféra s'assoir par terre, par précaution.

Draco lui adressa un œil interloqué, mais ne dit rien, préférant sans doute en finir au plus vite.

-Alors, on commence par quoi ?

-Un récapitulatif, pour commencer. Il faut définir l'ordre avec lequel on va procéder.

Aussi bizarre que ça puisse paraître, le petit brun était passé de la timidité à l'assurance. C'était son domaine, après tout.

-Et il faut commencer par quoi, alors ?

Dire que Harry était étonné est un euphémisme. Où était passé le Draco Malfoy arrogant et méprisant ? Pas ici, en tout cas. Celui-ci lui laissait la parole, et donc la possibilité de faire son travail par lui-même.

-Et bien, étant donné qu'il faut commander les fusées au moins deux semaines avant la représentation, il faut commencer par les choisir. Et pour les choisir, il faut faire un plan avec des schémas.

Draco fronça les sourcils, interloqué.

-Il faut dessiner des schémas… de fusées ?

-Pas des fusées, du feu d'artifice, rectifia Harry, amusé par l'ignorance du blond. Le blond en question dut s'en apercevoir, parce que sa légendaire arrogance refit surface.

-Je le savais, fit-il d'un ton mordant.

L'atmosphère se fit plus lourde, et Harry baissa la tête.

Toujours avec la même froideur, il demanda la suite.

-Après, il faudra aussi choisir les musiques et les mixer en harmonie avec le feu.

-Ca veut dire qu'il faut aussi choisir les fusées en fonction de la musique.

-Oui. En d'autres termes, il faut trouver les deux avant de passer commande.

Au fur et à mesure qu'ils travaillaient, ils se détendaient et s'adressaient l'un à l'autre de façon plus chaleureuse.

Lorsqu'ils eurent finis de définir l'ordre avec lequel ils créeraient le feu d'artifice, Draco se frotta les yeux, retenant un bâillement. Harry, qui était en train de ramasser ses affaires, le dévisagea.

-Fatigué ?

-Soirée, hier.

-Ah.

-Mais ça ne te regardes pas.

-Je m'en doute.

Il se dirigea vers la porte, qu'il ouvrit.

-A bientôt.

-Je ne te raccompagne pas, tu connais le chemin, grogna presque le blond.

Harry ferma la porte.

Quand il fut parti, Draco se traina immédiatement dans son lit. La soirée avait été bonne.

Ils s'étaient retrouvés devant le café rouge, comme d'habitude. Pansy et Blaise étaient déjà là, mais nulle trace de Théo. Ils avaient attendus un quart d'heure, avant de se rendre à l'évidence : Théo était en retard et, si il venait, il saurait les retrouver.

En même temps, Draco ne voyait pas pourquoi ils s'escrimaient à l'attendre à chaque fois, alors qu'au fond ils savaient très bien qu'il ne serait pas à l'heure. C'était l'évidence même. Mais bon, comme dirait Blaise, l'espoir fait vivre. La connerie aussi, soit dit en passant.

Pour une fois, ils n'avaient pas pris le bus, Pansy étant venue en voiture. C'était plus pratique le soir, ça leur permettait de rentrer quand ils voulaient. Généralement, ils rentraient tous chez l'un d'eux, pour éviter de devoir déposer tout le monde. Pansy buvait moins qu'eux, c'était souvent elle qui conduisait. Sauf quand elle passait la nuit ailleurs, dans ces cas-là c'était aux autres de se débrouiller tous seuls…

Ils étaient d'abord partis manger un morceau dans un petit restaurant –c'est-à-dire une des meilleures pizzérias de la ville, on était riche où on ne l'était pas- avant d'aller en boîte. D'ailleurs, Théo les avaient rejoins au dessert, et s'était assis à côté de Blaise, l'air de rien. Ils n'avaient fait aucun commentaire, même pas pour demander comment il avait fait pour les retrouver, étant habitués.

La boîte de nuit était bondée, les gens dansaient partout. Il y en avait même qui se déhanchaient sur les tables. Le groupe se dénicha une table avec banquette de libre et commença le repérage.

A la fin de la soirée, ils étaient tous sur la piste ou avec un coup d'un soir. C'était le cas pour Drago, qui après s'être déhanché comme un diable sur la piste s'était vite trouvé un mec brun bandant à souhait. Ils avaient fini la soirée chez ce dernier.

Inutile de dire qu'ils n'avaient pas dormi.

Et donc, Draco était fatigué. Il ne mit d'ailleurs pas longtemps avant de s'endormir, réglant toute fois son réveil pour ne pas manquer le dîner.

OoOoO

(1) Désolée des erreurs plus que probables, je suis une vraie patate en histoire...

En espérant ne pas vous avoir trop ennuyé avec mon baratin ^^'

Ours en peluche (Vous avez vu ? Il neige !)