Et voilà le chapitre trois ! Bon d'accord, j'ai un peu de retard... une à deux semaines, on va dire que c'est pas si énorme...
Bref, j'ai vu qu'on m'avait posé quelques questions, alors je vais y répondre maintenant.
Storm Shaddow et La : Effectivement, je publie une fois par mois. Du moins, j'essaye ^^'
Nekochan Miharu : Alors, Lyov et Draco... Je crois que tu auras un élément de réponse dans ce chapitre. Si non, j'y répondrai...mais plus tard. Pas question de dévoiler la suite XP
Briottet : Tu as pratiquement deviné la suite !
Serdra : Blaise et Pansy, surprise surprise ^^ Quoique l'effet surprise est un peu raté, m'enfin
Yopi : Oui, je vais bientôt updater Souplesse ! Le chapitre est en cours, et sera heureusement plus long que les précédents. J'ai enfin retrouvé des idées ^^
Chapitre trois
Harry entra dans le magasin d'arts. Il se dirigea immédiatement vers le dernier rayon. C'est ici qu'il venait lorsqu'il devait acheter son matériel. Aujourd'hui, ce serait des fusains et des feuilles canson de format A3. Il possédait déjà un chevalet, chez lui. Rafistolé avec des planches de bois ayant certainement appartenu à une étagère qu'il avait trouvé en bas d'un immeuble, à côté d'une poubelle, mais fonctionnel et pas cher.
Il acheta rapidement ce dont il avait besoin et repartit dans la rue.
En passant, il s'arrêta au distributeur d'une banque et consulta son compte. En lisant son reçu, il grimaça. Ce mois-ci allait être dur, comme le dernier. D'ailleurs, il fallait qu'il aille faire les courses.
Il se dirigea vers le supermarché, à deux pas de la rue où il était précédemment arrêté.
Quand il entra dans le magasin, la climatisation le fit soupirer d'aise. On était en Juin et il faisait chaud, même en fin d'après-midi.
Son reçu bancaire toujours dans la main, il passa les rayons divers et s'arrêta en face des pâtes. Comme d'habitude, en fait. Il prit quelques paquets, paya et retourna chez lui.
Il avait prit ce studio l'été de ses dix-huit ans. Il ne remercierait jamais assez le vieille propriétaire pour lui avoir si généreusement offert sa chance. Même si il avait parfois du mal à payer son loyer dans les temps, elle lui faisait confiance, et cela, ça n'avait pas de prix aux yeux du jeune homme. Oh oui, il l'aimait sa dame aux chats.
Il déposa ses affaires en coup de vent et repartit en claquant sa porte.
Il travaillait, ce soir.
En arrivant au restaurant dans lequel il faisait le service, il prit son uniforme, s'enferma dans une des cabines vestiaires et se changea rapidement. A peine entra-t-il en cuisine qu'on le héla, lui affectant plusieurs autres tables en plus des siennes habituelles. Il y avait foule, ce soir. Et dire qu'il en avait pour quatre heures…
Quand il rentra chez lui, minuit était passé. Il ne prit pas la peine de se préparer à manger, l'odeur du restaurant encore dans le nez, et s'endormit à même le canapé.
OoOoO
Le lendemain, Harry avait de nouveau rendez-vous chez Draco. Il soupira, soucieux. Le manoir le mettait toujours mal à l'aise, bien que ce ne soit pas la première fois qu'il y aille.
Le front collé à la vitre, il luttait contre le sommeil. Ses yeux papillonnaient régulièrement. Maudit boulot qui osait venir le réveiller deux heures plus tôt ! Au moins, il avait fini en avance. Cette fois-ci, il resta néanmoins sur ses gardes et descendit au bon arrêt. S'il n'était pas fatigué, il aurait sûrement fait la danse de la victoire sur le trottoir...Mais là, direction aristos blonds.
Il frappa à l'immense porte, et la femme de ménage vint lui ouvrir. Il fut autorisé à se diriger directement dans la chambre, et une minute plus tard il frappait à la porte du blond, fier de lui : il avait réussi à la retrouver tout seul, comme un chef.
Draco lui ouvrit et l'invita à s'installer. Il avait l'air d'assez bonne humeur, pour une fois. Ils se mirent à travailler, discutant de temps en temps. Le petit brun était plutôt content, le blond ne lui envoyait plus de répliques cassantes et l'écoutait. D'ailleurs, il était toujours aussi surpris que Draco s'en réfère à lui.
Ils en étaient là quand ils entendirent des coups frappés à la porte. Harry interrogea le blond du regard, lequel haussa les épaules avant de se lever élégamment pour aller ouvrir.
Il n'eut pas besoin d'aller jusqu'à la porte, cette dernière s'ouvrant dans un grand geste d'un jeune homme noir...et grand, pensa Harry, assez impressionné.
-Blaise, qu'est-ce que tu fous là ? fit Draco d'une voix sèche.
-Bonjour, blondinet. Ta maman ne t'as jamais dit que ça faisait parti de la politesse ? se désola le noir.
-Bonjour. Content ? Maintenant, répond !
-Bah, en fait je ne sais pas vraiment pourquoi on est là.
-On ?
-Pansy et Théo vont arriver, je crois qu'ils sont passés en cuisine. Mais j'avais tellement envie de te voir, tu m'as manqué !
Draco esquiva habilement l'étreinte du noir et demanda :
-Mais vous ne deviez pas être en train de vous préparer pour votre voyage ?
-On y va pas !
-Quoi ? fit le blond d'une voix blanche.
-Et non, mon chou, fit Pansy en débarquant à son tour, Théo derrière elle. On a décidé de rester avec toi.
-Pour te soutenir avec le miteux, rajouta Blaise avec fierté.
-Au fait, vous avez bien rendez-vous aujourd'hui, non ? Il arrive quand ?
Il y eu un blanc, pendant lequel Draco se contenta de fixer Harry. Ce dernier le regardait, effrayant d'impassibilité.
-Il est ici, fit le brun d'une voix froide.
Il n'en revenait pas. Apparemment, Malfoy avait parlé de lui à ses amis. Apparemment, il l'avait qualifié de miteux. Apparemment, il était tellement horrible qu'il avait besoin de ses amis pour le soutenir. Un sentiment de honte, mêlé à la colère, enfla dans sa poitrine. Il sentit ses yeux le piquer, mais il refusait de montrer un sentiment, quel qu'il soit.
Et apparemment, il était tellement insignifiant que les amis si haut placés du fils du Maire de la commune ne l'avaient pas même remarqué.
Ces derniers se retournèrent en entendant sa voix. Aussitôt après l'avoir détaillé, ils eurent l'air géné. Bah oui, si ses paroles n'étaient pas suffisantes, ses "loques" parlaient pour lui. Harry se sentit bruler de honte devant leur regard.
C'est Pansy qui se reprit le plus rapidement. Elle eut un petit rire étranglé.
-Tu ne nous présentes pas, Draco ?
Ca suffit au blond pour le sortir de l'engourdissement dans lequel il semblait avoir été provisoirement plongé.
-Non.
Tout ce qu'il voyait, c'était ses amis face au gamin et à ses loques. Et bientôt, ce dernier ferait ami-ami avec eux ? Jamais.
-Oubliez-le. Et toi, fit-il en se tournant vers le brun, vas nous chercher à boire.
-Pardon ? demanda Harry, incrédule.
-Dépêche-toi. Draco lui parla sans le regarder, d'un air qui laissait penser qu'une mouche l'agaçait.
Voyant que ses amis ne disaient rien, Harry remballa ses affaires et s'en alla, pressé.
-Sale enfoiré, laissa-t-il échapper avant de claquer la porte.
Dans la pièce, Blaise et Pansy ne disaient toujours rien. Théo s'était déjà installé dans son fauteuil et se contentait de les regarder, dénué d'intérêt. Draco se passa la main dans les cheveux et finit par s'assoir aussi.
-Tu as tort.
Le ton de la seule fille de la pièce était désaprobateur. Les bras croisés, Pansy fixait Draco. Celui-ci releva la tête, un sourcil haussé dans sa direction. Si ce n'était aussi sérieux, elle se serait crue dans un film.
-Il n'est pas comme tu l'as décrit. Enfin, sauf pour les vêtements, mais ce n'était pas une raison pour lui parler comme ça !
-Tais-toi, répondit-il d'une voix glaciale. Pansy le fusilla du regard, mais ne dit rien. Quand il faisait cette tête, ça ne servait à rien.
A la place, elle tourna les talons et quitta la pièce. Blaise la suivit aussitôt, suivit lui-même par Théo un peu plus tard.
Quand ils furent tous partis, Draco s'étendit sur le ventre et plongea sa tête dans ses bras. Il savait qu'il n'aurait pas dû agir comme ça, mais ça avait été plus fort que lui. Doucement, un sentiment désagréable monta en lui. Lorsque Harry l'avait dévisagé, juste avant de partir, ses yeux avaient brillés de haine et de...déception. Le sentiment remua en lui.
Sale enfoiré, qu'il avait dit. Il avait bien raison.
Cette fois-ci, la gêne qu'il ressentait le fit frissonner. Il détestait les remords.
OoOoO
Harry rentra directement chez lui, énervé. Il se prépara un thé, le bourra de sucre et se lova dans son lit, sa tasse entre les mains.
Il tenta vainement de se détendre, essayant de penser à autre chose de plus joyeux. Mais chaque fois, ses pensées se redirigeaient vers Draco. Il l'avait traité comme un malpropre, une tâche sur sa moquette de bonne facture. Non, décidément, ça ne passait pas.
Le brun décida donc de s'adonner à son activité préférée dans ces moments-là, et qui avait le don de fonctionner à chaque fois : couvrir de noms d'oiseaux la personne –ou la chose- à l'origine de son problème. Ici en l'occurrence, Draco.
Tout y passa, de « salopard » à « aristo-qui-pète-plus-haut-que-son-cul ». Au but d'un moment, lorsqu'il fut à court de noms d'oiseaux, il se calma. Il finit son thé, se fit une théière avec plus de sucre encore et retourna dans son lit.
Il colmata jusqu'en fin d'après-midi. A la fin de celle-ci, il en eu assez et décida de se rendre au restaurant en avance.
Pendant qu'il faisait son service, il ne pensa pas une fois à Malfoy, redoublant d'efficacité entre les tables. Parfois, les clients le remerciaient, satisfaits de son travail. Harry en fut agréablement étonné.
Même le chef, pour son travail et son arrivée plus tôt que prévue, le lâcha en avance. Bien qu'il n'eu pas l'idée de l'augmenter un peu, après tout Harry travaillait comme un fou pour de trop petits revenus, le fait de le laisser partir avant la fin ravit le brun.
Pourtant, quelque part, ça lui fit mal. Tous ces gens lui avaient dit « merci », son supérieur, même radin, l'avait aussi remercié à sa manière. Ils n'avaient pas fait cas de son corps maigre, de sa mine fatiguée et débraillée. Malfoy, si. Il ne voyait en lui qu'un gosse incapable de se fringuer.
Il soupira. Ce qu'on pensait de lui ne l'intéressait pas, habituellement. Il ne se comprenait pas, et ça l'énervait. En fait, aujourd'hui tout l'énervait. Et pour décompresser, il décida d'aller voir Lyov. Il n'avait pas oublié le châtain, qu'il trouvait amusant.
Il ne lui fallut qu'une dizaine de minutes pour rejoindre le pub, le restaurant étant situé dans un quartier voisin. La commune ne méritait pas son appellation : elle avait la taille d'une petite ville, avec un centre plein d'immeubles et de magasins. Elle était située à vingt minutes en bus d'une grande ville, capitale de la région. C'était une annexe, en quelque sorte.
Pendant qu'il marchait, il regardait autour de lui, comme si c'était la première fois qu'il la voyait. La nuit était éclairée par les enseignes des grands magasins, enseignes pleines de couleurs. Les rues, elles, étaient illuminées par des lampadaires anciens, diffusant une lueur tamisée. Sans le savoir, il se sentait chez lui, dans cette commune où il n'avait remit les pieds depuis dix-huit ans.
Enfin, il poussa la porte et chercha le châtain du regard. Il le repéra rapidement derrière le bar, et il s'y accouda avec soulagement, perché sur un haut tabouret. Il avait craint, l'espace d'un instant, que Lyov ne travaille pas ce soir-là. Et puis, bien qu'il ait été relâché plus tôt que prévu, il était assez tard.
-Harry ! s'exclama Lyov avec un grand sourire, quand il l'eut remarqué.
Il s'approcha du brun. Il avait l'air surprit de le revoir.
-Tu ne pensais pas que j'allais venir, n'est-ce pas ?
-A vrai dire...c'est vrai. En fait, je ne te voyais pas dans un pub, et encore moins à cette heure-là, petit brun. Mais je suis content que tu sois venu.
Harry lui sourit.
-Qu'est-ce que je te sers ? continua-t-il.
-Euh...
Harry cherchait ce qu'il pourrait bien prendre, quelque chose de pas trop cher. Il n'avait presque jamais mit les pieds dans un pub, alors il ne savait pas vraiment ce qu'on y servait.
Lyov le remarqua et sourit.
-Sans alcool ?
Le petit brun acquiesça du chef.
-Ok, laisse-moi choisir pour toi.
Bientôt, Harry se retrouva avec une boisson verte sur le comptoir. Ca avait l'air...bizarre.
-Sirop citron vert - kiwi, expliqua le châtain. Je suis sûr que ça va te plaire.
Sous le regard de Lyov, Harry trempa ses lèvres dans le liquide. Ses yeux se plissèrent de contentement. C'était un mélange de sucre et d'acidité. C'était délicieux. Lyov lui sourit en retour, ravi.
Sa conversation était rafraîchissante. Lyov essayait de revenir vers lui dès qu'il finissait de servir les clients, et faisait la grimace dès que de nouvelles têtes apparaissaient, se dirigeant obligatoirement vers le bar. Ce qui amusait beaucoup Harry. La soirée se finit agréablement, et le brun resta jusqu'à la fermeture. Avant de partir, le châtain lui fit promettre de repasser, ce que le brun fit avec plaisir.
Puis il rentra chez lui, le coeur léger.
OoOoO
Le lendemain, il se leva l'humeur mitigée. D'un côté, il se sentait calme et avait envie de passer l'éponge, et d'un autre, il avait littéralement envie d'arracher les yeux du blond et de les fourrer dans son cul d'aristo.
Et dire qu'il devait y retourner le jour même…enfin, inutile de penser à s'échapper, il n'avait pas le choix.
Sa matinée se passa de manière habituelle, sans anicroche quelle qu'elle soit. L'heure du rendez-vous approchant, il se sentait de plus en plus nerveux. Qui sait ce que Malfoy allait encore inventer pour l'énerver, ou pire encore, pour l'humilier ? Quoiqu'en y repensant, il se fichait pas mal d'être humilié, du moment qu'il continuait à préparer le feu d'artifice.
Il prit donc à nouveau le bus, et se retrouva vite devant le manoir. Du moins, avait-il l'impression qu'il ne s'était passé que quelques minutes depuis qu'il avait fermé la porte de son studio.
A sa grande surprise, Draco l'attendait devant le portail, bras croisés. Quand il le vit arriver, il le salua d'un simple signe de tête. Harry fit de même.
A vrai dire, il était plutôt soulagé : ils n'allaient visiblement pas travailler au manoir. Comme ça, ils ne croiseraient personne susceptible de « foutre la merde ». Parce que Harry s'était fait la promesse que la prochaine fois, il ne resterait pas en retrait à l'écouter parler de lui comme s'il n'était qu'un objet particulièrement abject du décor.
Il commença à se détendre, marchant avec le blond vers l'arrêt de bus, jusqu'à ce que celui-ci lui dise :
-Au fait, on va chez toi.
-Quoiiii ?
Pour toute réponse, Draco prit un air innocent, souriant légèrement. Harry était en ce moment drôle à voir. Le brun, après avoir marmonné un moment, se renfrogna.
-Chuis sûr que t'as tout prévu depuis le début…
Draco l'ignora, son sourire s'agrandissant imperceptiblement.
-Dis-moi, où habites-tu ?
-Quelque part où tu ne vas pas aimer.
-Et bien, c'est ce que nous verrons, n'est-ce pas ?
Bien sûr, Harry avait raison : Draco n'avait pas décidé d'aller voir ou le petit brun habitait comme ça, sur un coup de tête. Il voulait palier à une partir du problème que posait la future soirée administrative.
Le silence plana quelques minutes, tous deux attendant le bus, avant que Draco ne décide de le briser. Il fit alors quelque chose d'incroyable :
-Excuse-moi.
Harry le dévisagea, surpris.
-Pourquoi ?
-Pour t'avoir traité comme un chien. Je suis désolé.
Harry lui sourit.
-Merci.
Ce fut au tour de Draco de le dévisager, surpris.
-Pourquoi ?
-Pour avoir fait la différence entre un chien et ton associé.
Draco commença à répliquer d'une voix indignée quand il s'aperçut que le brun se moquait de lui. Ce dernier avait d'ailleurs du mal à retenir son sourire. Le blond entra dans son jeu et fit mine d'être outré, alors qu'en réalité il était soulagé de voir que le petit brun ne lui en voulait pas. Ou du moins, qu'il acceptait de passer l'éponge. En revanche, il ne se demanda surtout pas pourquoi il s'en souciait autant...
Le trajet se passa dans la bonne humeur, les deux énergumènes se détendant.
Une trentaine de minutes plus tard, ils arrivèrent dans un immeuble assez vieux. Harry le conduit dans un ascenseur et enclencha le dernier étage. Contrairement à ce que pensait Draco, il ne se dirigea pas vers une des portes du couloir, mais vers une issue à moitié dissimulée dans l'obscurité. Celle-ci s'ouvrait sur des escaliers.
Enfin, Harry ouvrit une porte et le laissa entrer.
Le studio était aménagé directement sous le toit, épousant sa forme. Il régnait une atmosphère chaleureuse, malgré les signes de pauvreté visibles. Un canapé assez âgé, pas d'objet superflus et rien sur les murs, mais on sentait la présence humaine dans le paquet de feuilles renversé dans un coin, la tasse sur la petite table basse, le paquet de sachets de thé ouvert et tout un ensemble de choses du même genre.
Draco laissa échapper un sourire en voyant le petit brun. Il semblait nerveux, comme attendant sa réaction, ou peut-être son jugement. Il n'osait même pas le regarder... Trop mignon.
-Bon s'y met ? dit-il en s'asseyant dans le canapé. Très confortable, on s'enfonçait dedans. Qu'est-ce qu'on doit faire aujourd'hui ?
Harry le rejoignit sur le sofa.
Aujourd'hui, ils choisissaient le thème. Après peut-être, se connecteraient-ils à Internet pour quelques recherches, histoire de savoir quel genre de fusées vendaient les professionnels. Ce n'était pas forcément nécessaire, mais ça pouvait aider.
Le brun fut catégorique dès le départ : la guerre, et pas autre chose. Draco se promit de lui demander pourquoi, un jour.
Ils commencèrent donc à choisir ce qu'il faudrait faire pour faire ressortir ce thème, sans plomber l'ambiance.
Au bout d'un moment, Draco releva la tête.
-J'ai envie de café.
-Tu veux…du café ? hésita le brun, surprit. Il faisait chaud, ce jour-là.
-Oui. Tu dois bien avoir ça, non ?
-Oui, oui.
Harry se leva et partit préparer du café dans son coin cuisine. Une chance qu'il lui en restait. De ce fait, il tournait le dos au blond.
Celui-ci en profita pour s'éclipser dans la chambre. Cette dernière était très petite, ne contenant qu'un lit une place et une vieille armoire. Il l'ouvrit, prenant garde à ce qu'elle ne grince pas. Il s'adonna alors à son activité favorite : la mode.
Cependant, il déchanta rapidement et une moue dégouttée se forma sur son visage : des loques, le petit n'avait que des loques. Draco frémit de dégoût. Il continua à fouiller, jusqu'à ce que-miracle !- il trouve un tee-shirt vert en bon état, et un jean bleu foncé pas trop usé. Une tenue correcte, mais plus pour une soirée entre amis que pour une soirée administrative. Il soupira, découragé.
-Qu'est-ce que tu fais-là ?
Il sursauta, et se maudit aussitôt après. Un Malfoy ne sursautait pas.
-Je regardais si tu avais des vêtements dignes de ce nom.
Et voilà, dès qu'il ne maîtrisait pas quelque chose, il était blessant. Pour la énième fois, il se maudit. Il avait bien vu la lueur blessée dans les yeux émeraude.
-Tout le monde n'est pas un fils à papa, cracha le brun. Alors soit tu me dis ce que tu fous vraiment dans mon armoire, soit tu peux aller te torcher le cul dehors.
Draco le regarda avec de grands yeux. Où était passé le petit brun tout timide ?
-Et bien et bien, on se dévergonde à ce que je vois, tenta-t-il sur un ton léger.
-Malfoy.
Aie, raté... Mais après tout, il était peut-être temps de le mettre au courant... Il prit une grande inspiration et se lança.
-Je regardais si tu avais un uniforme décent pour la soirée administrative.
-La soirée...administrative ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
-Bah, une petite compétition de rien de tout, tu sais, la routine quoi... Bon, on va boire le café !
Harry le retient par le bras, visiblement énervé.
-Tu es en train de me dire que le feu d'artifice est en fait une compétition entre...attends je parie que c'est entre toutes les communes de cette partie du département, j'ai raison ?
-Euh...c'est ça...
-Et il y aura une soirée entre vautours à laquelle je suis obligé de participer, moi, la loque humaine ? Parce que c'est comme ça que tu m'appelles, non ?
Croyez le ou non, mais un petit brun tout mignon tout timide peut-être très effrayant quand il est en colère. Et très sexy, aussi... Draco secoua la tête.
-Calme-toi petit brun, tu vas faire fuir la moquette.
-Je n'ai pas de moquette.
-Oui ben on va faire comme si, marmonna le blond en se dirigeant, pour de bon cette fois-ci, dans le salon.
Haineux, Harry servit le café avec des gestes brusques et s'enfonça dans le canapé.
-Au fait...tu n'as pas Internet ? se rendit compte le blond.
Harry répondit, toujours énervé.
-Non.
-Il n'y a pas de cybercafé dans le quartier ?
-Si.
-Allons-y, alors.
-Non.
-Arrête-ça. Pourquoi non ?
-Ca coûte trop cher.
Draco secoua la tête.
-On y va.
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il attrapa le petit brun par la taille, le soulevant à moitié, et claqua la porte.
-Mais attend, je...
-Ne t'inquiète pas, c'est moi qui paye.
-Oui, d'accord mais...Tu peux me lâcher, maintenant ? Je jure de ne pas m'enfuir, finit-il, mi-figue mi-raison.
-Oh.
Le blond le regarda un instant, puis sourit.
-T'es vraiment petit...t'es sûr que t'es un mec ?
-Tu veux vérifier, peut-être ?
Dire que Draco était surpris était un euphémisme, tout comme dire de Harry qu'il était rouge en était un aussi.
-Ca pourrait se faire...
Harry rougit encore plus.
-Alors, c'est par où, le cyber ? fit Draco, l'air de rien.
Le brun bafouilla un truc incompréhensible et passa devant. De son côté, ça arrangeait Draco que le plus petit accélère. Il avait l'espace d'un instant, envisagé de le prendre au mot – mais juste pour vérifier, hein...
Effectivement, le café était tout près. Ils achetèrent une heure – enfin Draco, et commencèrent les recherches.
Harry trouva bien vite des idées pour la composition, constituant déjà mentalement le plan. Le seul bémol était que c'était mortellement silencieux, le brun refusant d'ouvrir la bouche pour émettre plus de quelques monosyllabes. Draco avait l'impression de se trouver sur un tas de chardons ardents.
Après avoir noté les références et imprimé les photos, ils sortirent du café. Ils décidèrent rapidement de se retrouver à la bibliothèque le lendemain, pour plus de sécurité selon Harry.
Draco récupéra ses affaires chez Harry et repartit, l'atmosphère toujours pesante.
OoOoO
Il ouvrit péniblement les yeux dans la pénombre. Le bruit incessant d'une sonnerie stridente résonnait dans sa tête. Cette même sonnerie, retentissant de plus en plus fort, le poussa à émerger des draps. D'abord la tête, les cheveux en bataille, puis une main, suivit bientôt d'un bras. Celui-ci tâtonna le sol, et s'abattit enfin sur la source de son mal de tête naissant : un réveil. Le silence revint et il soupira.
Il finit par se décider à se lever, sortit une jambe fine... et la rentra aussitôt sous la couette, frissonant. Peut-être un peu plus tard, dans quelques minutes...
Il finit par se rendormir, se cachant à nouveau sous les draps.
OoOoO
Draco Malfoy exécrait. Il attendait le nain depuis dix minutes déjà. Il lui avait pourtant dit qu'il ne supportait pas d'attendre.
Il s'appuya contre le mur et croisa les bras dans une attitude nonchalante. Enfin, en apparence, parce qu'au fond de lui il était tout sauf nonchalant.
Il décida, dans sa grande miséricorde, d'être patient et de lui accorder cinq minutes supplémentaires. Après quoi, il se verrait obligé d'aller le chercher, par la peau des fesses s'il le faut. On ne plante pas un Malfoy, et il était temps que le brun le comprenne.
Bon, cinq minutes, c'était viser un peu trop haut : il ne tient pas deux. Il marcha vers le studio du petit brun à grand pas, bien que toujours avec élégance. Ayant une petite trotte entre la bibliothèque et l'appartement, il prit le bus. Il n'eut pas à attendre, les horaires correspondant étrangement à son passage. Enfin, il était Draco Malfoy, alors la question ne se posait même pas.
Il prit l'ascenseur, monta le dernier escalier quatre à quatre et arriva enfin devant la porte du studio qui l'intéressait. Il frappa et attendit que le petit brun vienne lui ouvrir. Pendant ce temps, il détailla le panneau de bois. Il était un peu délabré, et Draco fut surpris en voyant la serrure. N'importe qui pourrait la crocheter en quelques secondes.
Personne ne venant lui ouvrir, il colla son oreille à la porte. N'entendant aucun bruit, il fronça les sourcils et tourna la poignée. La porte s'ouvrit toute seule.
Inconscient, pesta Draco.
Il jeta un bref regard à la pièce principale et, ne constatant rien d'anormal, ouvrit la porte de la petite chambre.
Son regard fut immédiatement par une grosse boule de draps blanche. Elle brillait légèrement dans la pénombre. Il alluma la lumière et s'approcha de la chose. Précautionneusement, il tata, enfonçant ses doigts. Il y avait quelque chose de dure en dessous... Il appuya plus fort et la boule tressauta dans un marmonnement étouffé.
Draco éclata de rire et tira un grand coup sur la couette, dévoilant un petit brun roulé en boule. Celui-ci grogna et se tourna sur le ventre. Draco cessa de rire en voyant sa tenue. Merde, c'était pas permis d'être aussi... d'être aussi ça. Le tee-shirt cachait à peine la naissance de ses cuisses.
Ravalant sa salive, il lui secoua l'épaule.
-Harry.
Le brun ouvrit les yeux.
-Pas trop tôt, marmonna Draco.
Harry s'assit brusquement.
-Il est quelle heure ?
-Euh, à peu près deux heures et dem...
-Merde !
Il se leva comme une fusée, fonça vers la porte et se pris les pieds dans les draps. Retombant lourdement sur le sol, il se releva à toute vitesse et se précipita dans son salon.
Derrière lui, Draco était rouge et fixait le sol où Harry était tombé, les yeux dilatés. Le brun avait un tee-shirt vraiment court...et ne portait pas de caleçon...
Soufflant, il rejoignit Harry et le regarda s'activer, fouinant dans ses affaires dans tous les sens. Merde, le tee-shirt se soulevait presque à chaque mouvement...
Harry, quant à lui, ne se préoccupait nullement de sa tenue, occultant même le fait que Draco se trouvait chez lui. Il espérait simplement ne pas avoir perdu son boulot. Et pour ça, il fallait qu'il retrouve son portable. Tss, c'est toujours quand on cherche qu'on ne trouve pas.
Il se tourna vers sa cuisine, et tomba sur un grand blond. Ah oui... Il était là... Le grand blond en question était adossé au mur et lui tendait un pantalon. Il baissa le regard sur lui...et arracha pratiquement le jean des mains de Draco, qu'il enfila à toute vitesse en rougissant.
-Euh...oublie ce que tu as vu, hein.
Draco hocha la tête, amusé malgré lui. C'est qu'il était drôlement trognon.
Harry finit par trouver l'objet de ses recherches, trônant fièrement à côté de la gazinière. Il jeta un coup d'oeil au massacre derrière lui. On aurait dit qu'un éléphant était passé dans le coin. Affligeant.
Il avait trois appels manqués, et le dernier avait laissé un message. Viré.
Il soupira en se massant les tempes. Il était dans la merde, et bien enfoncé. Il fallait qu'il retrouve du boulot le plus vite possible. D'un raclement de gorge, son invité se rappela à lui.
-Pourquoi tout ca ? fit Draco avec un sourire amusé.
Harry soupira.
-Je suis viré.
-Pas que sache, non.
-Pas le feu d'artifice, mon boulot du matin. Je suis postier.
-Tu cumules ?
Harry haussa les épaules.
-Café ? Il fronca les sourcils. Mais au fait, qu'est-ce que tu fais-là ?
-Ton rendez-vous à la poste n'est pas le seul que tu as loupé.
-Désolé. Mais c'est toi qui m'as énervé, aussi.
-Ah c'est ma faute maintenant ?
-Tout à fait.
-Ta mauvaise foi est plus grosse que toi...
-...via le spécialiste en chef.
-Je ne suis pas de mauvaise foi.
-Absolument pas. Tu es parfait.
-Tu apprends vite, c'est bien.
Il regarda Harry s'activer derrière sa cafetière.
-Tu sais que nous sommes l'après-midi ? C'est plus vraiment l'heure du café.
-Hey oh, je commence ma journée, moi.
-Fallait te lever plus tôt. Tu m'as fait attendre et je déteste ca.
-C'est de ta faute, je te l'ai déjà dit. Tu m'as énervé. D'ailleurs, ne crois pas que c'est oublié. Ta soirée, et bien tu vas y aller tout seul. De toute façon, ça ne fera aucune différence, tu n'auras qu'à dire que tu l'as fait toi-même.
Le regard du blond s'assombrit.
-Ne nous prends pas pour des cons. Tu viendras, point.
-Et toi, ne me prends pas pour un chien.
-On en a déjà parlé, dit Draco entre ses dents.
-Et pourtant, tu recommences !
Harry lui renvoya son regard noir.
-Je vais prendre une douche.
Avec un dernier regard noir, il s'enferma dans sa mini salle d'eau.
Quand le verrou s'enclencha, Draco soupira. Quelque chose clochait chez lui, il ne pouvait en être autrement. Il ne devrait pas le trouver mignon quand il s'énervait. Il ne devrait pas non plus le trouver sexy avec ses frusques sur le dos, ni quoi que ce soit d'autre. Non mais c'est vrai, les loques c'est moche, anti-sexe au possible. Et bah là, c'était tout le contraire, elles lui donnaient envie de les arracher pour aller voir ce qui se cache en dessous...
Quoiqu'il le savait, ce qui se cachait en dessous. Une chute de rein vertigineuse, une paire de fesses et une peau dorée à croquer et... se rendant compte du cours de ses pensées, Draco se fustigea. Il n'y avait qu'une façon de se débarrasser de cette chose bizarre qu'il ressentait.
Lui enlever ses frusques.
XxX
A bientôt
Ours en Peluche
