Bonjour, bonjour ! Merci pour les reviews, ça fait super plaisir :)
Alors, déjà, je voulais m'excuser d'une erreur impardonnable... Bonne année 2011 ! Et oui, je sais, c'était il y a quatre mois...C'est briottet qui me l'a fait remarquer. Mais mieux vaut tard que jamais, hein ?^^'
Bon bah voilà. Bonne lecture ! Et ne soyez pas trop méchants, hein...?
Chapitre quatre
Tout en se frottant les cheveux, Harry dressait mentalement la liste de tous les petits boulots susceptibles de l'employer. Jusqu'ici, pas de problème. Seulement, il fallait que ce soit un boulot matinal, et ça c'était déjà plus difficile à trouver.
Il finit de s'habiller, prenant tout son temps. Puis il se brossa les dents pour la deuxième fois. C'était inutile, il le savait. Il voulait juste faire poireauter un peu son invité, histoire de le faire perdre son air aristocratique qu'il détestait tant. Et puis, c'était trois plus drôle de le faire tourner en bourrique.
Le faire tourner en bourrique...quelle bonne idée. Harry était angoissé, fatigué et il avait besoin d'une bonne distraction pour se changer les idées. Quoi de mieux que de faire chier son associé ?
Il se brossa les dents une troisième fois.
OoOoO
Dans la petite cuisine, Draco dressait une toute autre liste : quels magasins auraient le privilège de l'accueillir en premier ? Mmm...difficile, très difficile... Surtout si le mannequin ne se bougeait pas les fesses. Ca faisait bien un quart d'heure qu'il était enfermé dans cette salle de bain. Le brun était petit et mince. Il ne devrait, par conséquent, n'avoir besoin que de quelques minutes pour être propre.
Il commença à faire les cents pas, les sourcils se fronçant peu à peu, suivant le cours de ses pensées. Il jeta un nouveau coup d'oeil à sa montre.
Vingt minutes.
Il se fichait de lui. C'était clair. Draco était même prêt à parier qu'il l'observait derrière la porte par le trou de la serrure. Il devait bien se moquer de lui, c'était tout à fait son genre. D'ailleurs, il se moquait de lui depuis le début : il arrivait toujours en retard, lui posait des lapins et l'humiliait même devant ses amis ! Mais s'il croyait qu'il allait se laisser faire, il se fourrait le doigt dans l'oeil. Il ne tournerait pas bourrique, fois de Malfoy.
Non, c'était lui, Draco Malfoy, qui allait le rendre âne.
Fier de sa bonne résolution, il s'adossa au mini bar et attendit.
OoOoO
Après s'être déshabillé et réhabillé quatre fois, lavé les dents cinq fois et après avoir lavé la douche six fois, Harry ne se trouva plus de prétexte pour retarder encore le moment de sa sortie au grand jour. Alors il souffla, ramena une dernière fois ses cheveux humides derrière ses oreilles et tourna la poignée. Il entrouvrit la porte et glissa discrètement son nez, puis ses yeux, dans la petite ouverture.
Bien sûr, il avait conscience que sa position devait être totalement ridicule, mais il s'en fichait comme de sa première chaussette. Quoique sa première chaussette avait été un de ses plus beaux cadeaux de Noël...qu'il avait encore, bien rangée dans un coin de son armoire. Enfin, passons, espionner Malfoy était bien plus divertissant.
D'ailleurs, il fut déçu. Draco était calmement adossé dans son coin cuisine, les bras croisés sur sa poitrine, ses yeux gris fixant son front avec amusement. Un moment de flottement passa, pendant lequel Harry se dit que le blond était sacrement attirant dans cette position, avant que l'information ne lui arrive au cerveau : ces yeux gris le fixaient.
Et s'ils le fixaient, ça voulait dire que Draco Malfoy se foutait de lui. Il rougit, et se tortilla pour se dépêtrer de la porte.
Le blond, lui, était fier de lui. Il n'avait pas défoncé la porte, n'était pas en train d'essayer de l'assomer avec une poële (d'ailleurs, Harry avait-il une poële ?) mais était debout et le regardait patiemment. Il laissa le brun se trémousser d'inconfort encore un peu, savourant sa petite victoire.
Il resta silencieux encore quelques dizaines de secondes, regardant le brun. Il avait toujours les cheveux humides, voire mouillés, et parfois son regard ne pouvait s'empêcher de suivre une goutte d'eau sur les courbes du visage du plus petit.
Alors que Harry ouvrait enfin la bouche, sûrement pour manifester son embarras, il le coupa :
-J'ai une surprise pour toi.
-Oh ? fit Harry, toute gêne subitement envolée.
-Eh oui, répondit Draco en haussant légèrement les épaules. Je suis sûre que ça va te plaire, ajouta-t-il d'un faux air enjoué. En fait, son sourire avait l'air plus sadique qu'autre chose.
Le petit brun se braqua immédiatement, suspicieux.
-C'est quoi ta surprise ?
-Tu verras quand on n'y sera.
Le blond se redressa, son sourire au coin toujours là.
-D'ailleurs, il est temps de partir.
-Non, veux pas.
-Hein ? stoppa Malfoy.
-Veux pas, répéta Harry, buté.
-Mais si, tu veux.
-Non. Qu'est-ce qui te dit que ça va me plaire ? Et d'abord, pourquoi une surprise, hein ? Tu te moques de moi, je le sais !
-Je ne me moque pas de toi, jura solennellement Draco. Du moins, pas directement, finit-il intérieurement.
Il finit d'enfiler sa veste, et s'approcha tout près d'Harry.
-Et je suis sûr que ce sera toujours plus amusant que de se terrer dans une salle de bain, murmura-t-il perfidement.
Harry rougit, et partit enfiler ses chaussures de mauvaise grâce. Une fois qu'il eut enfilé son manteau, ils sortirent dans la rue.
Ils marchaient depuis une dizaine de minutes en silence, Draco sifflotant presque joyeusement et Harry évitant son regard. En fait, il cherchait activement ce que son blond de partenaire allait lui faire subir. Surement quelque chose de perfide. Il se renfrogna encore plus, avant qu'une idée ne lui vienne en tête.
Ils étaient maintenant dans une partie de la ville où il y avait beaucoup de petites boutiques, que ce soit de charcuterie, de produits locaux ou de patisseries. Parfait pour ses recherches.
Lentement, il ralentit, vérifiant que Draco ne s'aperçoive de rien. De toute façon, ce dernier semblait bien trop occupé à siffler pour remarquer quoi que ce soit.
Une fois qu'il se retrouva bien derrière le blond, il bivurqua dans une ruelle adjacente. Il connaissait bien ce quartier.
Draco, lui, sifflait toujours. Au début, il n'avait commencé que pour en rajouter un peu pour son associé. Il voyait bien que ça l'agaçait, alors qu'il cherchait ce que le blond pouvait bien lui avoir préparé. Puis au fur et à mesure, il avait remarqué que ce truc, aussi stupide soit-il, l'apaisait. Il était alors parti dans ses pensées, ne sifflant plus que par réflexe.
Il avait d'abord pensé à ce qu'il allait faire durant l'après-midi, quels magasins et tout le tralala, puis il était parti un peu plus loin, sur la soirée administrative par exemple.
Il s'était résigné : il serait obligé d'y aller avec Harry. Mais il espérait toujours trouver quelque chose, un truc, pour l'écourter...considérablement. Du genre se présenter et se faire la malle. Avec un peu de chance, une heure suffirait et il pourrait passer le reste de la soirée avec ses amis.
D'ailleurs, en parlant de se présenter...Harry ne pouvait pas y aller comme ça, il y avait déjà pensé. Il lui faudrait quelque chose d'élégant. Pas un smoking, il était trop frêle, ça ne lui irait pas du tout.
Non, il faudrait plutôt... Il se retourna vers son associé, afin d'imaginer la tenue qui lui irait le mieux grandeur nature. Peut-être, pour le haut, une veste sobre, assez sombre pour faire ressortir ses yeux. Oui, et il faudrait qu'elle soit assez courte. Ou alors longue, peut-être ? Mince. Il releva alors les yeux...pour tomber sur le vide.
Draco regarda autour de lui, surpris. Rien, pas de brun à lunettes. Malgré cela, l'information mit du temps à parvenir jusqu'au cerveau : Harry l'avait lâché. Et il sifflotait tout seul, comme un con, dans la rue.
Draco retourna sur ses pas, bien décidé à retrouver le trouillard. Parce que c'était évident, il s'était enfuit parce qu'il avait eu peur. C'était ce que pensait, à raison ou pas, l'aristocrate.
Tout en faisant chemin inverse, le blond cherchait un moyen de lui faire payer sa lâcheté. Quelque chose qui horrifierait Harry et qui le ferait rire... Peu à peu, une idée germa dans sa tête, le faisant sourire intérieurement. Il se mit à imaginer les détails, avant de finalement accélérer l'allure. C'est pas tout ça, mais il fallait aller chercher le petit brun avant de se réjouir...
Il chercha pendant dix minutes, parcourant tous les chemins par lesquels Harry aurait pu s'échapper sans qu'il ne le voit, avant de finalement l'apercevoir en train de quitter une boutique de...charcuterie.
Bizarre.
Harry avait l'air dépité.
Draco accéléra encore l'allure, courant presque pour le rattraper. Presque, parce que courir derrière quelqu'un dans la rue n'était pas quelque chose approprié à son rang. C'était, encore une fois, ce que pensait le blond. Mine de rien, le brun était assez rapide, parce qu'il ne le rattrapa qu'une fois qu'Harry fut entré dans une charcuterie.
Il observa brièvement les lieux, notant la saleté qui s'étalait ici et là, avant d'entrer et de saisir l'épaule du brun. Celui-ci se retourna vivement, dans une position de self-défense. Draco faillit pouffer devant le ridicule de la situation. Lui, se battre ? Il n'effraierait pas même un moustique.
-Qu'est-ce vous voulez ? aboya une voix rude.
Ils se retournèrent. Un homme d'une quarentaine d'années, trapu et sale, les dévisageait. Une odeur de pas lavé se dégageait de lui, et ils durent se faire violence pour ne pas grimacer.
Se reprenant rapidement, Harry lui tendit la main et se présenta en essayant de sourire. L'homme le regarda de haut en bas.
-Qu'est-ce vous voulez ? répéta-t-il.
Harry laissa retomber sa main, embarrassé.
-Je suis étudiant et je cherche un travail pour financer mes études. Je sais que vous travaillez seul et je me dem...
-Dégagez, vous n'avez rien à faire ici ! J'ai pas besoin de vous !
-Vraiment ? Donc, si je reviens...disons par exemple samedi matin, je ne trouverais pas une queue de dix mètres derrière la porte du magasin ? fit Harry, dans une impulsion soudaine. Pas forcément très bonne, l'impulsion, quand on voyait l'état des lieux...
L'homme renâcla et se retourna pour crâcher dans l'évier. Cette fois-ci, Harry ne put retenir une grimace de dégoût. Il sentait le regard de Draco sur sa nuque, et ça le mettait mal à l'aise.
-P'tête...grommela l'homme.
Le blond regardait la scène, estomaqué. C'était une blague, n'est-ce pas ?
OoOoO
-Non mais tu...enfin, je...je... Tsssssss !
Draco leva la tête et lui fit un sourire innocent, qui ne fit qu'exacerber sa rancœur. Harry le fusilla des yeux et accéléra le pas.
Derrière lui, le blond éclata de rire. Harry vit rouge. Il se retourna brusquement :
-COMMENT AS-TU PU OSER !
Draco hossa simplement les épaules.
-EST-CE QUE TU TE RENDS SEULEMENT COMPTE !
-De quoi, que tu es à présent mon esclave ? Oui, je le sais ! fit Draco, hilare.
-Et tu, tu... C'est...Tssssss !
Il recommença à avancer, courant presque.
-Et arrête de RIRE !
Quand Draco disait esclave, il exagérait. La vérité, c'était que lorsque le charcutier pestilentiel s'était apprêté à accepter d'embaucher Harry, il avait bondi. Littéralement. Non, mais en même temps il fallait le comprendre : il n'allait pas laisser une pauvre petite victime innocente entre les mains d'un tel rustre puant et louche à cent mètres ! En plus, il était sûrement pervers !
Vous comprenez qu'avec toutes ces cartes en main, Draco ne pouvait pas passer son tour. Et donc, il avait bondi.
Le résultat était là : Harry James Potter, grand gagnant du gros lot, était donc officiellement (enfin, pas encore mais ça ne saurait tarder) l'employé personnel de Draco Lucius Malfoy, fils du Maire.
Et le deuxième résultat était là aussi : Harry lui criait dessus, emmettant des sifflements qui pourraient être très intéressants dans une autre situation (et Draco se morigéna de penser à ça alors que le brun lui criait dessus).
-Tu pourrais m'être plus reconnaissant, j'ai quand même sauvé ta vertu.
-Sauvé ma... ? Mais ça ne regarde que moi, ça ! Et il se trouve que ce boulot, j'en ai besoin ! Tu peux comprendre, ça ?
-Qui a dit que je ne te paierai pas ?
Pour le coup, Harry marqua une pause.
-Tu vas me payer... ? demanda-t-il, hésitant.
-Bien sûr.
-Et avec quel argent ? demanda-t-il encore, presque moqueur.
-Le mien.
Devant la mine septique du brun, Draco s'agaça.
-Si je te dis que tu es mon employé, tu es mon employé, point. Avec tout ce qui va avec. Ne te plains pas, tout ce que tu as à faire c'est de me suivre.
-Et si j'ai pas le temps pour ça, hein ? Je fais comment ?
-Si tu parles du feu d'artifice, je ne vois pas le problème. Je te rappelle qu'on travaille ensemble.
-Très bien. Je serai donc ton employé le matin, et l'après-midi on fera le feu d'artifice.
-Tu as oublié le soir.
-Non, le soir, je travaille.
-Oui, avec moi.
Harry soupira.
-Non, pas avec toi. Je travaille au restaurant.
Draco fronça les sourcils.
-Attends...tu as combien de travails ?
-Ca ne te regarde pas.
-Si, précisément, fit Draco d'une voix froide. Ca commençait à l'agacer.
Voyant que Harry faisait mine de repartir, il le retint par le bras.
-Combien ?
-Tss, qu'est-ce que ça peut bien te faire. Il y a une boulangerie là-bas, j'aimerais bien y aller.
-Pourquoi ? fit Draco, méfiant.
-Pour trouver du boulot, répondit le brun comme si il parlait à un petit enfant. Je ne veux pas du tien.
-Hors de question. Tu es déjà engagé.
Le tenant toujours par le bras, il le traîna hors du quartier. Harry se dégagea en soufflant.
Alors qu'il s'attendait à ce que Draco passe outre et l'emmêne là où il le voulait avant cette histoire, il fut surpris de se faire entraîner dans le premier café venu. Le blond entra précipitamment et alla s'assoir à une table du fond. Voyant que Harry hésitait à faire de même, il agrippa son pull et le força à s'assoir sur la banquette en face de lui.
-Maintenant, on parle, fit-il, déterminé.
Un ange passa, pendant lequel Harry le regarda avec des yeux ronds.
Draco soupira.
-Bien. Je veux savoir combien tu as de boulots et pourquoi tu ne vis pas avec ta famille. Et accessoirement, pourquoi elle ne t'aide pas financièrement.
-Je t'ai dit que ça ne te regardait pas.
-Répond.
Harry plissa les yeux devant le ton employé et se pencha lentement au-dessus de la table.
-Non, asséna-t-il, défiant le blond du regard.
Ils se fixèrent du regard, tendus, avant que Draco ne s'adosse au siège et ne croise les bras sur sa poitrine.
-Très bien, dit-il. Tu ne veux pas parler, c'est donc moi qui vais le faire. Voici ce que je pense : tu t'es enfuit de chez toi. Tu n'oses pas retourner voir tes parents, donc tu enchaînes les petits boulots et t'habilles comme un clochard.
Voyant que Harry ne disait rien, il enchaîna lentement.
-Quelle fierté mal placée...tu ne supportais pas l'autorité, c'est ça ? J'imagine que tu n'as plus donné de signes de vie, et qu'ils doivent mourir d'inquiétude...
Draco ne cherchait même pas le sens de ce qu'il disait, cherchant simplement à le faire réagir. Il disait tout ce qui lui passait dans la tête, s'aidant d'un film qu'il avait un jour vu avec ses amis.
-Mais s'ils venaient à mourir, tu n'irais même pas à l'enterrement. Après tout, tu es tellement au-dessus de tout ça. Mais regarde-toi, tu es maigre, tu habites sous un toit miteux...tu n'es rien.
-Qu'est-ce que t'en sais ? murmura Harry.
-Rien. Mais c'est évident. Après tout, tous les adolescents sont comme ça : ils se croivent supérieurs, disent que leurs parents sont des cons et fuguent, persuadés qu'ils sont les meilleurs. Mais quand ils atteignent les trente ans, ils font moins les fiers. Ils retournent chez leurs parents, la queue entre les jambes parce qu'ils ont raté leur vie. Puis arrive l'enterrem...
-Tais-toi.
-Tu leur paieras la tombe, j'espère ?
-Arrête !
Draco releva les yeux. Harry avait la tête baissée, semblant se battre contre lui-même. Draco eut un sourire sarcastique. Ainsi, il avait raison. Et Harry n'était, finalement, qu'un adolescent arrogant.
-Alors ? se moqua-t-il.
-Alors ils sont morts...mes parents.
L'horreur de la situation traversa le blond de part en part.
-J'avais un an. Un stupide accident de voiture, rigola doucement le brun, mélancolique. Et tu as raison, tu sais : je ne leur ai pas dit au revoir. Je ne leur ai même pas dit bonjour...
Draco voulu l'interrompre et s'excuser, mais Harry continua.
-J'ai grandi dans un placard. Lorsque j'ai eu onze ans, je suis rentré au collège. Puis à dix-huit ans, j'ai été mis à la porte. Fin de l'histoire.
Le silence flotta, avant qu'Harry ne lève les yeux vers le blond.
-Satisfait ? fit-il d'un ton sec.
Draco prit une inspiration.
-Non. Combien as-tu de boulots ?
Harry fronça les sourcils, puis capitula.
-Trois, répondit-il simplement. Postier le matin, feu d'artifice la journée et restaurant le soir. Enfin, je suppose que je suis maintenant ton employé à la place de postier.
-Pourquoi autant ? Où va l'argent, puisque de toute évidence tu n'en as pas ?
-J'ai...une dette, dirons-nous.
Devant le regard insistant de Draco, il expliqua.
-On m'a placé chez mon oncle après l'accident de mes parents. Il m'en a toujours voulu pour ça, bien que je n'y sois pour rien. Il disait que je leur avais gâché leur vie de famille. Il me fait payer une dette tous les mois, soit-disant parce que je leur avais coûté cher. C'est là que passe ce...ce putain d'argent, termina-t-il, sa voix se faisant plus amère sur les derniers mots.
Le silence régna, pendant lequel Draco se sentit étrangement bizarre. D'ailleurs, quand il y pensait, ça arrivait de plus en plus souvent, et à chaque fois lorsque le petit brun était là. Il se sentait...vivant. Il fronça aussitôt les sourcils, surpris par ses propres pensées. Bizarre, c'était vraiment bizarre...
Harry, lui, était à mille lieues de là. Ce qu'il avait avoué (à sa plus grande surprise, il fallait le dire) l'avait replongé dans le passé. Des flashs lui revenaient par moments, comme le placard, une des colères de son oncle, les courses poursuites avec son cousin... Pas très agréable, tout ça. Forçant ses pensées à se diriger vers un autre chemin, il pensa soudainement à quelque chose.
-En quoi ça consiste exactement, être ton employé ?
-Et bien...tu devras me masser les pieds, m'éponger le visage, me dire que je suis beau, me dire que je suis fort, m'apporter à manger, me regarder avec admir... Eh où tu vas ?
Le blond couru après le plus petit, qui lui claqua presque la porte au nez.
-Tu me vexes, là !
OoOoO
-LACHE-MOUAAHH !
Un poing surgit brusquement, manquant de peu son visage. Il resserra son étreinte.
-VEUX PAS Y ALLER !
-Voyons petit lion, c'est pour ton bien...
-LA FERME ! VEUX PAAAAAAAAAS !
Cette fois-ci, ce fut un pied qui fila, telle une flèche, vers son nez. Draco tourna la tête et éclata de rire, se demandant comment le petit brun gesticulant dans ses bras arrivait à se contorsionner assez pour réussir à donner des coups de pieds aussi haut.
Et tandis qu'Harry criait, il ouvrit la porte en verre et entra dans la petite boutique, cause de l'hystérie d'un certain petit brun.
Harry palit en voyant les horribles choses brillantes, qui claquaient dans tous les sens, et les affreux rouleaux pleins de piques. Il y avait aussi les donneurs de torticolis, et les briseurs de tympans. Sans compter les démoraliseurs...Oh non non non non non.
Draco étouffa un rire en suivant progressivement son regard. S'il avait oublié une chose aujourd'hui, c'était sans conteste sa caméra. Sa vengeance était parfaite. Surtout qu'il n'avait pas oublié son but premier : faire chier Harry. Et pour cela, rien de mieux...
...que le coiffeur.
Se fichant des regards interloqués qui volaient sur eux, il déposa tant bien que mal son fardeau sur le comptoir, le clouant de ses bras et de son torse, et s'adressa à l'hotesse.
-Vous êtes libre ?
La coiffeuse balbutia ce qui ressemblait à une réponse positive, et s'éloigna vers un fauteuil en leur faisant signe de la suivre. Draco retint un sourire en constatant que c'était le plus reculé du magasin.
Il eut toute la peine du monde à faire assoir Harry, qui le regarda avec un air furieux.
-C'est ça, ta surprise ? siffla-t-il.
-Non, répondit Draco dans un sourire. C'est ma vengeance.
Il évita habilement un énième coup de poing et se tourna vers la coiffeuse.
-Alors, vous en pensez quoi ?
-Euh...si on redégradait le derrière, déjà ce serait pas mal, fit-elle en rougissant. Combien voulez-vous couper ?
-On ne touche pas à la longueur, répondit catégoriquement le blond. D'accord pour le derrière, et il faudrait retoucher le devant. Il ne ressemble à rien.
-Une petite frange, peut-être. Ca renforcerait encore son côté mignon garçon.
-Un peu sur le côté, la frange. Il a un joli front, ce serait dommage de le cacher. Il faut juste dissimuler la cicatrice.
-Il a une cicatrice ? Oh, le petit chou..., s'extasia la coiffeuse, totalement sous le charme. Duquel, c'était la question.
-Le petit chou il est à côté de vous, je vous le rappelle, grogna Harry.
-Allez, on va shampouiner ! l'ignora la jeune femme.
C'est alors que le cauchemar commença.
Pour commencer, la coiffeuse, qui s'appelait Madelaine, l'entraîna sur le torticoliseur. Ce qui est, vous l'aurez compris, la chaise à shampoing. (Sérieusement, qui n'a jamais eu de torticolis après un passage chez le coiffeur ?)
Elle essaya donc de le noyer, puis l'emmena à nouveau sur le fauteuil initial. C'est là qu'entrèrent en jeu les horribles choses brillantes qui claquent dans tous les sens. Les ciseaux, en gros.
Harry blémit encore plus, si c'était possible, tandis que Draco se mordait la lèvre et lui maintenait les poignets. On ne sait jamais... Ce fut un moment inoubliable, pour le blond comme pour la coiffeuse. Peut-être aussi pour le brun, mais surement pas dans le même sens. Les clients aussi, d'ailleurs. Bah oui, rater sa coupe à cause de cris tels que "elle m'a coupé l'oreille ! Je suis sûr qu'elle m'a coupé l'oreille !" ou encore "Je suis chauuuuuuve..." n'est pas vraiment l'idéal.
Harry reprenait enfin son souffle (Madeleine et Draco aussi, mais ça il est pas censé le savoir), que le briseur de tympans, accompagné de son fidèle ami le rouleau plein de piques, prenait déjà du service. Il fallut à Draco toute sa patience pour lui faire comprendre que non, la brosse n'allait pas lui épingler le crâne, et que oui, le sèche-cheveux était obligatoire s'il ne voulait pas tout recommencer.
Heureusement, il put souffler un peu avant l'épreuve ultime. Oui, vous l'aurez deviné, je parle du démoralisateur. Ou le miroir, si vous préférez.
Soufflant un coup, il ouvrit un oeil. Et soupira, soulagé. Ce n'était pas si pire que ça. Il n'était pas plus moche qu'avant. Se tournant rapidement, il manqua la lueur de désir dans les yeux du blond. Celui-ci, après un bon matage en règles, sentit son portable vibrer et s'éloigna pour répondre., laissant Harry à la caisse.
Profitant que Draco ait le dos tourné, Harry se pencha vers la coiffeuse avec un air conspirateur.
-Rajoutez deux autres coupes avec mèches.
Madeleine jeta un regard au blond et rougit.
-Non...Je peux pas faire ça... Elle secoua la tête.
Harry lui sourit, patient.
-Il aime les filles qui ont du cran, lui confia-t-il. Pas les petites filles toutes tremblantes...
Madeleine rougit à nouveau mais se pencha, intéressée.
-Et il aime qu'elles le défient, continua le brun. Ca lui faisait bizarre de parler de Draco comme ça. Il était mal à l'aise, sentant quelque chose se tordre en lui comme il continuait.
-Et mettez votre numéro sur le ticket, finit-il dans un clin d'oeil qu'il n'aurait jamais osé faire dans d'autres circonstances.
La jeune femme se mordit la lèvre, avant de taper sur son clavier et d'attraper un stylo. Durant toute l'opération, elle ne lâcha pas le blond du regard.
Intérieurement, Harry hésitait entre danser de joie ou partir en courant. Il y avait aussi l'option de déchirer le ticket, mais vu qu'il ne comprenait pas pourquoi, il la mit de côté. Il décida finalement qu'il avait bien joué sur ce coup-là, et partit récupérer son manteau.
Il en profita pour tendre celui de Draco, l'air de rien, quand celui-ci revient.
-Je t'attends dehors, chantonna-t-il.
Il n'attendit que cinq minutes, avant que Draco ne claque la porte de la boutique.
-Enfoiré, siffla-t-il.
Harry lui fit grand sourire.
-Où on va ?
OoOoO
La journée se passa de la même manière, chacun essayant d'énerver l'autre avec des petits jeux puérils.
C'est exténués qu'ils s'affalèrent enfin sur le vieux canapé de Harry. Draco laissa son regard se promener dans le studio, et tomba sur le dizaine de sacs qu'ils avaient achetés. Il avait bataillé toute la journée avec Harry, ne serait-ce que pour enfiler un tee-shirt. Plusieurs fois, il avait dû recourir à la manière forte : le changer lui-même, en lui maintenant les mains.
Rien qu'à cette pensée, il se sentit durcir. Ca avait été très dur pour son self contrôle. Et même-là, assis sur son canapé, ses mains n'avaient qu'une seule envie : le déshabiller, et par pour lui passer une chemise.
Tsss, penser à autre chose. Rappeler le camarade qui l'avait appelé plus tôt dans la journée, par exemple. Il décroisa les jambes, qu'il avait discrètement croisées pour cacher sa bosse, et plongea sa main dans sa poche pour attraper son portable...qui n'y était pas. Il plongea sa main dans son autre poche, et inquiétude s'agrandit lorsqu'il remarqua qu'elle était également vide.
C'est un léger bruit qui lui fit tourner la tête.
-Hey, c'est mon portable !
-Hum...Moui ?
-Rend-le moi, exigea-t-il.
-J'ai toujours voulu savoir comment ça marchais...murmura le brun, l'ignorant. Oh, je crois que j'ai trouvé les photos !
-Lâche !
-C'est qui la fille ?
-Personne, donne-le moi !
-Ooooh...
Excédé, Draco plaqua Harry sur le canapé, essayant d'arracher le mobile des mains du brun. Peine perdue, Harry continuait de faire défiler les photos, s'extasiant faussement sur ce qu'il voyait. Draco tentait veinement d'atteindre son bras, essayant d'ignorer le petit brun qui se tortillait sous lui. Pas bon pour son self-contrôle, ça...
Le jeu continua un moment, jusqu'à ce qu'Harry trouva la photo.
Il rougit.
Draco fondit.
Il s'empara violemment de ses lèvres, obligeant Harry à ouvrir la bouche. Et tandis que sa langue partait à la découverte de sa partenaire, il oublia tout.
Harry avait chaud. Très chaud. Sans savoir ce qu'il faisait, il s'accrocha au blond, et le baiser se fit plus langoureux, plus quémandeur. C'était trop bon. Il gémit longuement. Il sentit une main se faufiler sur lui, jusqu'à atteindre la cuisse. Il donna un coup de rein, se collant au bassin de Draco.
Soudain, la chaleur s'en alla. A la place, Draco le fixait, une lueur dans les yeux qu'il ne connaissait pas. Il le regarda s'écarter précipitamment, abasourdi.
Puis il tilta.
Draco l'avait embrassé. Avec la langue. Et il avait aimé. Merde.
Draco regardait Harry, presque choqué. Il n'avait jamais ressentit...ça. Cette espèce de béatitude qui semblait le plonger dans le brouillard. Harry semblait avoir la même expression, mais bientôt une lueur de peur s'alluma dans ses yeux. Draco ressentit le besoin immédiat de s'expliquer.
-Je ne voulais pas, mais...
-Faut qu'on aille voir Ron.
Surpris, Draco se tut. Voyant que Harry se levait sans plus s'expliquer, il réagit.
-Qui est Ron ?
-Il m'aide pour le feu d'artifice. C'est bientôt fini.
Sans plus de cérémonie, il sortit.
OoOoO
Voilà, désolée pour l'attente. C'est toujours quand on donne une date qu'on est en retard...Trouvez pas ?
Je détaillerai plus la scène chez le charcutier, et toutes les petites choses pas forcément expliquées, dans le prochain chapitre. Une grande discussion s'impose !
Ours en peluche
