Et une petite suite, il fallait bien que Castle se venge, sinon c'était une belle injustice :D

Merci à vous de continuer de me lire, bonne lecture, en espérant cette suite aussi folle que la précédente =)


Chaleur Dévorante (2/2)

- « Rick… Tu vas me le payer... » Un bâillement arrêta son faible débit de paroles... « Je te jure que si tu me détaches pas... » Elle ouvrit timidement un oeil, le soleil venant heurter sa pupille encore endormie. Effrayée par cette lumière bien trop vive, elle referma aussitôt son oeil. « Si tu ne me détaches pas… Je hurle à la mort jusqu'à ce que les voisins débarquent! » Termina t-elle sa phrase en enfuyant sa tête dans son oreiller avant de subitement se rendre compte qu'elle parlait probablement dans le vide.

Avant qu'elle puisse ajouter autre chose, elle entendit un bruit, qui se rapprochait fortement d'un grognement.

- « Te gênes surtout pas ma biche! J'ai hâte d'entendre la raison que tu vas leur donner... »
- « Sur quoi? »

Il laissa à son tour, échapper un bâillement.

- « Sur comment tu t'es retrouvée menotté, par exemple... Enfin j'dis ça, j'dis rien… »
- « Et bien, je leur dirai la vérité! » Lança-t-elle, sûre d'elle.

Il ricana.

- « Dans ce cas j'ai hâte de voir ça... Je te parie qu'ils se demanderont plutôt où est passé l'attirail en cuir... » Répondit Castle, nonchalant et sans trop cacher ce petit sourire en coin. Révélant ainsi ses arrières pensés.
- « Je... Bah... Je… »

Il bailla une nouvelle fois...

- « Je te capte plus Kate... Soit tu passes sous un tunnel soit tu bégaies. »

Il finit par se redresser et vit sa muse qui aveuglement et d'une main intrépide partait en exploration du côté de son lit...

- « Par ici... Youhou! » Fit-il en agitant sa main.

Kate, dans un effort surhumain pour un samedi matin et jour de congé de surcroît, tourna la tête dans sa direction et ouvrit - enfin - les yeux. Elle sourit en le voyant, ses cheveux complètement ébouriffés.

- « Alors... Cette nuit par terre ? » Dit-elle d'un ton moqueur.
- « Alors… Cette nuit menotté ? » Surenchérit l'écrivain tout en affichant à son tour un immense sourire, effaçant au passage celui de Kate.
- « Gnagnagna! » Fut la seule réponse qui lui vint à l'esprit.

Castle en profita pour se relever calmement tout enroulant le drap, qu'il avait prit en otage, autour de lui.

- « Tu comptes m'enlever les menottes, un jour ? » Demanda le lieutenant, abattu.
- « Bien sûr, tu me prends pour qui ? Va bien falloir que je te libère pour ce soir, non? »
- « Quoi? Tu comptes me laisser menotter à ce lit jusqu'à ce soir? »
- « huuuuum... Laisse-moi réfléchir. » Il fit durer le suspense en posant son index sur son menton et en tapant du pied. « Ouais… Je crois bien ! »
- « Quoi? »
- « Hey! T'allais bien me laisser dans les archives toute la nuit. Toi au moins t'as un lit! » Dit-il pour se défendre.

Il bailla une nouvelle fois, le forçant à s'étirer pour tenter de se réveiller. Le mouvement qu'il avait entreprit fit tomber le drap sur le sol. Il se mit à le regarder du coin de l'oeil. Pensant probablement avoir un don télékinésique assez puissant pour ordonner à ce bout de tissu de revenir sur son dos. Mais… C'était peine perdu. Il passa l'une de ses mains sur son abdomen qu'il gratta lentement. Et devant le peu de motivation qu'offrait le drap pour lui obéir, il soupira.

- « Sa doit être un pote de l'étagère... » Murmura-t-il tout en fusillant de son regard cet innocent morceau de tissu. « Bon allez… » Il frappa ses deux mains, faisant sursauter au passage Kate qui boudait toujours face à sa situation et à son impuissance. « Je vais me doucher, moiiiii ! »

En l'entendant prononcer ces mots, Kate se mit à faire la moue, rêvant elle aussi d'une bonne douche. Mais sur le coup elle douta très fortement que le lit veuille bien l'accompagner jusqu'à la salle de bain.

Avant de disparaître de la chambre, l'écrivain se retourna et ajouta calmement, un sourcil venant se placer un peu plus haut que prévu...

- « Après ma douche, je te détache Kate... Oh! » Il écarquilla les yeux. « Ça sonne étrangement dit comme ça! Ça fait pervers nan? »
- « Un peu ouais! » Répondit-elle.
- « Oh oh... J'adore ! »

Alors qu'elle retrouvait la chaleur du lit et des couvertures et accessoirement la fraicheur des menottes, elle entendit l'eau couler... A cet agréable son qui heurta ses doux tympans elle se mit à gigoter et à secouer son bras menotté. Espérant un possible miracle et plus de coopération de la part des menottes... Ou du lit.

Et c'est alors qu'elle entendit quelqu'un frapper à la porte. Elle arrêta immédiatement de bouger, espérant que la personne responsable de ce bruit penserait que l'appartement était vide et qu'elle finisse par partir. Mais c'était peine perdue.

- « Papa ! »

'Oups', fut la première pensée qui vint au cerveau de Beckett. D'une, parce qu'il y avait quelqu'un derrière la porte et qu'elle était menottée au lit, et de deux, parce que c'était Alexis. La panique commençait à prendre possession de sa zen attitude. Elle chercha du regard tel un radar d'un sous-marin Russe un moyen de se cacher dans la chambre, ou plutôt sur le lit, étant donné son lien très intime avec ce dernier.

Elle soupira voyant qu'il n'y avait aucun moyen pour elle de se faire discrète. Elle avait bien essayé de se cacher sous le lit… Mais avec un bras en guise de mat télescopique révélant sa position tel un phare au beau milieu de la nuit, elle avait abandonné cette idée.

- « Papa ! Je sais que t'es là ! »
- « Oh non, mais c'est pas vrai ! Pourquoi est-ce que ça m'arrive à moi ! » Pesta Beckett, désespérée. « Et en plus, je suis en nuisette et petite culotte ! »

Alors qu'elle cherchait encore un moyen de disparaître, elle entendit Castle intervenir.

- « Entre, Alexis, c'est ouvert ! »
- « Comment ça, 'Entre' ! J'suis attachée au lit, je te le rappelle ! » Elle jeta son oreiller vers la porte en guise de protestation, pensant que cette dernière puisse heurter la boite crânienne de son écrivain, ou mieux ! Le faire trébucher si jamais il venait à s'aventurer une nouvelle fois dans la chambre. « J'en reviens pas ! Tu peux pas faire ça! »

Elle se figea quand elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et des bruits de pas dans le salon.

Maladroitement elle parvint tout de même à agripper l'une des couvertures et se cacha en dessous. Avant de soudainement se rappeler que son bras était toujours prisonnier et révélait sans aucun doute sa position.
Elle se redressa et s'installa contre le dossier du lit, prit un air complètement – mais faussement – décontracté et cacha avec un bout de la couverture son bras menotté.

- « Papa ? … Kate ? » Fit la jeune fille en parcourant l'appartement.

Beckett déglutit.

- « J'suis pas là… J'suis là ! » Se reprit-elle rapidement. « Dans la chambre… Tu peux rentrer… Enfin non… » Bafouilla-t-elle avant de voir Alexis, se tenant juste à l'entrée de la chambre. Immédiatement, un immense sourire prit possession du lieutenant. Peut-être qu'en montrant ses quenottes, ça ferait assez diversion pour éviter de futures questions embarrassantes…
- « Hey... Salut Kate… » Cette dernière lui répondit par un long et ample signe de la main, comme pour compenser celle qu'elle ne pouvait pas montrer, ni bouger de peur de faire du bruit avec les menottes.
- « Que nous vaut cette visite, Alexis ? Non pas que ça me déplaise que tu viennes, loin de là mais… »
- « Oh ? Tu ne te rappelles pas que je devais passer… On devait bien aller manger tous ensemble ce midi, non ? »

'A vrai dire la seule chose qui m'occupe l'esprit en ce moment, c'est cette envie irrésistible d'étrangler ton père avec les menottes que j'ai dans le dos et qui me retiennent au lit, un samedi, à 10h00 du matin qui plus est…' Elle regarda son réveil. 'Ah ! A 11h30 plutôt…' Pensa-t-elle, un sourire vissé, et son regard fixant la jeune fille.

- « Kate ? » Fit la jeune fille, n'ayant aucune réponse de la part du lieutenant à part cet étrange regard.
- « Oh non, si ! Bien sûr que je me rappelle que tu devais passer ! Quelle question, voyons ! »
- « Hum, hum… » Alexis se retourna. « Il est où papa ? »
- « Ton père doit… » Le volume de sa voix se tue soudainement… 'Il doit certainement chercher un moyen d'éviter la peine de mort qui l'attend si je lui mets la main dessus…'
- « Kate ? Est-ce que ça va ? »
- « Ouais ! Pourquoi ça n'irait pas, hein ? »
- « T'es sûre ? »
- « Ouaiiis ! »
- « Alors pourquoi tu es encore dans le lit à cette heure-ci ? Ça ne te ressemble pas. »
- « Et bien… »

'Allez trouve un truc…'

- « C'est-à-dire que… J'ai… Mal aux jambes. Je me suis entrainée comme une folle dans la salle de gym, hier soir, avant de rentrer et je ne me suis pas étirée. Et j'en paie les conséquences… » Elle haussa des épaules pour accompagner ses propos.

D'un air faussement convaincu, Alexis secoua la tête de haut en bas.

- « Mais qu'est-ce qu'il fait ? » Se demanda la jeune fille.
- « Tu connais ton père… »
- « Ouais… »
- « Alors comme ça, on parle de moi ? » Intervint le dit 'père'. « Salut ma puce. » Il embrassa sa fille avant d'entrer dans la chambre. Il sourit en voyant l'oreiller joncher le sol et la pathétique technique de Kate pour dissimuler son bras et les menottes. « Dis donc, Kate, tu pourrais quand même quitter ce lit et te préparer, non ? On va être à la bourre… »

'Il est chié !' Pensa Beckett, trop choquée/embarrassée/gênée pour répondre quoique ce soit. D'ailleurs la seule réaction qu'elle eue fut de lui lancer un regard noir. Sans effet, cela dit.

- « Rick… Je peux… »

'T'étrangler' Pensa-t-elle.

- « ...Te parler une seconde ? »

Comprenant le message, Alexis s'éclipsa dans le salon et se servit un verre d'eau pour patienter. Castle lui, en profita pour s'installer sur le lit, mais toujours à bonne distance de sa muse.

- « Détache-moi, Rick. Je ne peux pas aller manger avec vous avec les menottes ! »
- « C'est pas vraiment les menottes qui posent problème si tu veux mon avis, Kate… » Il se mit un peu plus à son aise sur le lit, s'approchant dangereusement de l'espace aérien surveillé par l'armée Beckett (Oui elle est seule, mais elle fait peur quand même !). « Le problème, c'est le lit ! Je doute qu'il passe par la porte. » Il se mit à rigoler.

'Ding ding ding !' Sonna la conscience de Beckett. 'Change de stratégie ma vieille, si tu veux arriver à tes fins !' Lui ordonna-t-elle.

A sa pensée elle afficha un petit sourire coquin et plissa légèrement les yeux.

- « C'est dommage… Je pensais m'amuser un peu avec toi avant de partir au restaurant… »

Castle se mit à la regarder étrangement, surprit mais… Il la connaissait maintenant.

- « C'est très tentant Kate… Mais tu ne m'auras pas à ce petit jeu. Je te connais maintenant. »
- « Ah oui ? »
- « Et ouais ! » répondit l'écrivain, fier de lui.
- « Si tu me connaissais aussi bien… Tu n'aurais pas approché autant! »

A ces mots Castle s'arrêta net, et remarqua qu'il était effectivement dans la zone surveillée par l'armée Beckett. Mais il était déjà trop tard pour entamer une quelconque retraite…

- « Oops ! »

Fut le dernier mot qu'il put prononcer avant que le lieutenant ne l'emprisonne dans son étreinte avec ses deux jambes autour de son cou. Basculant au passage Castle de l'autre côté du lit. En position peut confortable, car à deux doigts de tomber du matelas.
Pour riposter, à défaut de pouvoir dire quoique ce soit, il agrippa la main encore libre de Beckett.
Ils étaient maintenant deux à ne plus pouvoir bouger.

- « Ok, super, et on fait quoi maintenant ? » Parvint à marmonner Castle.
- « On peut rester comme ça ! » Rétorqua Beckett, tout sourire. « Je ne suis pas peu fière de ce retournement de situation. » Avoua-t-elle.
- « Pffff ! Tu appelles ça un retournement de situation ? » Répliqua-t-il d'un ton moquer. « Loin de moi l'idée de te mettre face à la réalité, Kate. Mais au cas où tu l'aurais zappé, tu es toujours menottée au lit. »
- « Certainement. Mais tu es coincé avec moi… »
- « Probablement, mais Alexis est toujours dans la pièce d'à côté. » Fit-il tout en agitant vivement la tête pour appuyer sa remarque.
- « Possiblement… Et alors ? »
- « Et alors, va falloir que tu lui expliques pourquoi tu es menottée au lit… Et je serai curieux de savoir quelle excuse tu lui as sorti pour justifier ta présence dans le lit à une heure aussi tardive, madame je-me-lève-avant-que-le-réveil-ne-sonne. »

Beckett ouvrit la bouche, prête à lui répondre, mais aucun mot ne voulait s'assembler pour former une phrase. Après un long instant d'hésitation et de 'euuuuh' ponctué de 'baaaah', elle répondit.

- « Je lui ai dit que hier soir, j'avais fait de la gym… Intensément… Et que j'avais omis de m'étirer… »
- « Pffff ! C'est l'excuse la plus boiteuse que j'ai jamais entendu ! En voyant que t'es menottée au lit, elle fera rapidement le rapprochement entre ta 'gymnastique' qui t'as tellement épuisée et ces menottes ! Bravo, Kate ! Nan, franchement bravo ! » Cette fois-ci il ne put s'empêcher plus longtemps de pouffer de rire.

De son côté, les oreilles de Kate, suivit de ses joues, vinrent subitement adopter une couleur rougeâtre.

- « J'espère que tu as révisé, Kate… » Finit-il par bafouiller une fois sa crise de rire envolée.
- « Pourquoi ? » Demanda-t-elle paniquée devant l'air grave qu'avait adopté l'écrivain.
- « Parce que… » Il se racla plusieurs la gorge et s'élança. « Alexis ! » Son regard vint ensuite se poser sur Kate et il lui chuchota. « Vas-y, rends moi fier, trouve vite un scénario crédible pour justifier les menottes et tes jambes 'fatiguées' à cause de ta séance 'gymnastique'. »

En riposte et dans un dernier effort emplit de désespoir, Kate poursuivit sa prise et fit tomber Castle du lit. Ce dernier, par reflexe l'entraina dans sa chute.
Il se retrouva les deux jambes en l'air et le dos sur le planché. Tandis que Kate appréciait, douloureusement, la souplesse de son corps ; avec l'une de ses mains toujours attaché au lit, son autre main dans celle de Castle, une jambe sur le lit et un genou au sol.

C'est ainsi qu'Alexis entra dans la chambre…

- « Oui, papa ? »

En les voyants dans cette position 'étrange', lui rappelant curieusement une œuvre d'art, elle afficha un long sourire non sans dissimuler une surprise, certaine.

- « Mais qu'est-ce que vous faites ? »
- « Alors ça ma puce, tu demandes à Kate… » Fit Castle, renvoyant la responsabilité d'une explication crédible sur les épaules de sa partenaire.

Kate était sur le point d'inventer autre chose quand…

- « Non, en fait… Je ne veux pas savoir, vous êtes majeurs hein… Et ceci… » Balayant la chambre de son regard. « Ne me regarde pas. »

Castle pouffa de rire une nouvelle fois. Kate, était bien trop gênée pour dire quoique ce soit. Préférant fixer le mur en ayant la douce pensée, de pouvoir s'y cacher à l'intérieur, l'envahir.

- « Ça tient toujours notre diner par contre ? » Ajouta Alexis, se recouvrant les yeux avec l'une de ses mains.
- « Bien sûr, ma puce… » Il marqua un petit moment de silence puis reprit. « Kate ? »
- « Ouais ! Bien sûr ! Euh… Je finis avec ton père... Je finis ton père ! » Se reprit-elle. « Et on arrive. »
- « Okaaay… » Répondit la jeune fille, les yeux écarquillés et quelque peu mal à l'aise.

Puis Alexis ferma la porte en quittant la chambre.

- « Et bien ! On va en avoir des trucs à raconter ce soir… » Ajouta Castle avant de se redresser tant bien que mal et de se retrouver sur ses deux pieds. « Ça va, Kate ? » Dit-il tout en posant son regard sur sa muse.
- « A merveille, voyons ! Ta fille pense qu'on a… »
- « … Passé une nuit de folie et qu'on s'est essayé au SM… » Ajouta l'écrivain d'un air rêveur et ponctuant la fin de sa phrase par un soupire de bonheur.
- « T'es vraiment irrécupérable, Ricky… » Souffla Beckett.
- « Ouais, je sais ! » Rétorqua-t-il, fier comme un gamin. « C'est pour ça qu'on m'aime… » Fit-il, grand sourire, à deux doigts de se déboiter la mâchoire devant le regard complètement désespéré de Kate mais quelque peu amusé.

Quelques longues heures plus tard, devant le Old Haunt, alors que le soleil rasant perçait encore timidement entre les buildings, Esposito et Ryan entrèrent dans le bar. Il l'avait imaginé presque vide, après tout, Castle étant le propriétaire, ils avaient pensé qu'ils ne seraient qu'une petite poignée pour cette soirée spécialement organisée par l'écrivain.

- « Mais pourquoi il y a… » Commença Ryan.
- « Pratiquement tout le commissariat ! » Finit Esposito.

Ils saluèrent des collègues accoudés au bar, d'autres installés sur les banquettes devant une table et une bonne bière.

Sourire crispé les deux inspecteurs s'avancèrent.

- « Je le sens pas du tout là… » Chuchota l'Irlandais à son collègue.
- « Moi non plus si tu veux savoir… »
- « Mais pourquoi, pratiquement tout le commissariat est là ? »
- « Si je le savais… »

Les deux hommes s'installèrent au comptoir. Saluèrent Brian, le barman, et commandèrent une bière.

- « Si Castle a presque invité tout le monde, ça sent pas bon… »
- « Oh que non. » Confirma Ryan avant d'aspirer le lit de mousse au dessus de sa bière. « Tu penses que ça y est, c'est terminé, il abandonne le partenariat ? »
- « Putain, j'espère pas ! » Cracha le latino, amer en pensant à cette idée. « On est complètement à côté de la plaque, Ryan. En fait Castle et Beckett ne sortent pas ensembles… Castle va annoncer ce soir qu'il laisse tomber son partenariat avec la police… »

Ils soupirèrent en même temps et admirèrent d'un air bien livide les bulles dans leur verre.

- « C'est nul… Mais alors c'était quoi hier soir ? »
- « Sa manière de nous dire au revoir avant l'heure, je suppose. On a mal interprété les signes, voilà tout… »
- « Voilà pourquoi Castle venait au 12ème de moins en moins souvent… »
- « Ouais. Tout prend un sens, maintenant. » Souffla Esposito. « Mais s'il abandonnait le partenariat, il devrait y avoir le patron et le maire aussi, non ? » Tenta-t-il pour se rassurer.

Il avait à peine prononcé ces mots que le Maire, accompagné par Montgomery, entra dans le bar, plaisantant et souriant avec le capitaine.

- « Et bien… Je crois qu'on à la réponse là… » Ajouta Ryan, dépité.

Les deux amis virent ensuite le juge Markway débarquer. Mais toujours aucune trace de Castle ou de Beckett.

- « Bon et bien là, il n'y a plus de doute, c'est une fête d'adieu. » Lança Esposito.
- « Hey ! » Ryan frappa le bras d'Esposito. « On peut peut-être encore le faire changer d'avis ? » Fit-il, plein d'espoir.
- « S'il a organisé une fête c'est que c'est une décision murement réfléchis, Ryan… Et puis d'abord, tu comptais t'y prendre comment pour le faire changer d'avis, hein ? »

Javier vit le regard livide de son collègue, probablement à la recherche d'une idée lumineuse, mais rien ne lui vint.

- « Tu comptais le séquestrer quelque part ? Le forcer à regarder Hannah Montana en boucle ? » Il esquissa un petit sourire.
- « Non pire… » Poursuivit l'Irlandais en se frottant les mains. « Le forcer à écouter Justin Bieber ! »
- « Là… Ce serait vache… » Marmonna-t-il. « Mais t'as raison, on ne peut pas le laisser partir, y a peut-être encore une chance… »

Les deux hommes se regardèrent, trinquèrent puis ils se tapèrent dans les mains pour se donner du courage. Prêt à tout tenter pour garder l'écrivain dans leur équipe.

Alors que les Gars accoudés au bar préparaient une stratégie des plus redoutables, tel des mafieux préparant un casse, ils virent l'écrivain passer la porte, Alexis et Martha à ses côtés.

- « Bon. T'es prêt Ryan ? »
- « Et comment ! »

Bien décidé, ils abandonnèrent le comptoir et leur bière et se ruèrent sur Castle...

Vingt minutes plus tard c'était au tour de Beckett de faire son entrée dans le Old Haunt. Elle avait à peine mis un pied dans l'établissement que Castle lui tomba dessus.

- « Hey, Kate… » Chuchota l'écrivain.
- « Rick ? Qu'est-ce qu'il t'arrive, t'es poursuivit ? »
- « C'est le mot… Il leur arrive quoi à Ryan et Esposito ? »
- « Pourquoi ? » Fit-elle, étonnée.
- « Depuis que j'ai débarqué ils arrêtent pas de… » Il s'arrêta un instant, regarda furtivement autour de lui avant de continuer. « On dirait des gamins qui ont décidé de me suivre jusqu'à ce qu'ils aient le courage de me demander quelque chose… »

Elle sourit.

- « C'est pas marrant ! Ils sont hyper flippants ! »
- « Bah demande leur ce qu'ils veulent. » Dit-elle tout en haussant des épaules.

A ces mots Castle se redressa un peu plus, se sentant incroyablement bête de ne pas y avoir pensé plus tôt. Puis quand il vit les deux compères prêt du bar, il décida de les rejoindre.

- « Les Gars ? »
- « Castle ? »
- « Ok, pourquoi est-ce que vous me suivez depuis que je suis arrivé. C'est vraiment flippant vous savez ! »

Ryan et Esposito se regardèrent longuement.

- « Castle… » Javier posa sa main sur l'épaule de l'écrivain qui la regarda d'un drôle d'air. « Cette fête ce soir… »
- « Ouiiii ? »
- « On sait ce que c'est ! »

Castle pensait déjà au dollar qu'il allait devoir débourser s'il s'avérait que les Flèches du 12ème Districtavaient finit par découvrir la vérité avant minuit. A cette douloureuse pensée il déglutit difficilement.

- « Vous… savez ? »
- « Ouais. » Répondit Ryan en croisant les bras. « Tu peux pas faire ça, Castle ! »
- « Comment ça ? Quoi ? Faire quoi ? »
- « Tu ne peux pas laisser tomber le partenariat ! » Précisa Javier.

Un sourire vint subitement prendre possession de Castle, il était soulagé. Ilsétaient soulagés en réalité ; Lui et son compte en banque.

- « Okaaay, alors vous pensez vraiment que je laisse tomber ? »
- « Plus la peine de nous le cacher Castle. T'as organisé une fête, y a le Maire, le patron… »
- « Ouais mais ils sont mes amis, vous l'êtes aussi ! Je n'ai pas le droit d'organiser une fête, juste comme ça ? »
- « On te voit de moins en moins souvent… »
- « Hey, les Gars ! Entre les romans, les promotions, la BD, l'autre film… J'ai du boulot, faut bien que je paie les factures. »
- « Castle… » Javier serra un peu plus la main qui était toujours posé sur l'épaule de l'écrivain.
- « Non, mais vous paniquez pour rien, okaay ? J'vais pas vous quitter ! » Lança-t-il, tout sourire, avant de pincer les joues de ces amis qui firent la grimace. « Papa reste avec vous, les enfants ! »

Castle tourna des talons et laissa les deux inspecteurs en plan, incapable de bouger ou de dire quoique ce soit.

- « Hey, mais… » Bafouilla Ryan. « Il a pas donné la raison de cette fête. »

Intrépide qu'ils sont, ils repartirent à la poursuite de Castle qui venait tout juste de rejoindre Beckett quand Lt interpela la salle et tous les convives.

- « Castle, Beckett… Dans 3 minutes ! » Cria l'homme, qui avait laissé son uniforme au vestiaire, tout en tapotant sa montre.

L'écrivain et sa muse le regardèrent avec un grand sourire.

- « Il se passe quoi dans trois minutes ? » Demanda L'irlandais.
- « Euuuh… » Fut la seule réponse de Javier avant de poser son regard sur sa montre. « Ah ! Bah dans trois minutes… Il est minuit… »
- « Putain ça c'est de l'info, Javier! … Mais encore ? » Rétorqua l'irlandais.
- « J'en sais rien, moi. Mais on va le savoir… »

Les deux inspecteurs se rapprochèrent encore du duo qu'ils avaient côtoyés toutes ses années, se frayant un chemin entre les collègues, le maire, les amis de Castle, le juge…

- « Pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'on est les seuls à ignorer un truc super important… » Marmonna Javier.
- « Parce que c'est le cas ! » Intervint Montgomery tout en se marrant. « C'est incroyable quand même, vous, des inspecteurs aussi chevronnés pas moyen de faire la lumière sur cette affaire. C'est à se demander comment vous arrivez à arrêter des criminels ! »
- « Patron, vous êtes au courant ? »

Il répondit d'un petit mouvement de la tête.

- « Plus que 10 secondes… » Fit Roy en leur montrant sa montre.

C'est alors que Castle se rapprocha un peu plus de Beckett, sourire en coin.

- « VOILA ! Ça fait un an ! Vous avez gagné le pari ! » Firent quelques invités au moment où l'horloge afficha 0:00.
- « Un an de quoi ? Quel pari ? » Protesta Javier, épuisé de ne rien y comprendre.

Castle ne laissa pas plus de temps à Javier de se plaindre pour lui donner la réponse.

L'écrivain posa ses deux mains sur les hanches de Kate, cette dernière les posa sur ses épaules avant de les glisser derrière sa tête pour l'emprisonner dans son étreinte.
Ils se regardèrent droit dans les yeux… Castle se rapprocha encore un peu plus du visage de sa belle et dans un souffle il lui murmura, « T'en es sûre ? ». Elle lui répondit par un large sourire avant de coller ses lèvres aux siennes et de se laisser aller à un long baiser…

- « J'en reviens pas ! » S'exclama le latino, ne croyant pas ce qu'il voyait. Puis il posa son regard sur celui de Kévin. « Non Ryan ! » Rapidement il posa l'une de ses mains devant les yeux de son collègue. « Regarde pas… T'es trop jeune ! » Fit-il avec un air faussement bouleversé.
- « Hey ! » Protesta Kévin devant sa vu obstruée, et d'une main rapide et décidé il repoussa celle de son ami...

Après quelques bières, blagues, paroles, bières, taquineries, bières... paroles, tournée, blagues, bières... Toast... Paroles, tournée, bières... Bières...
Ryan et Esposito héritèrent de ce doux surnom : « Les Flèches du 12ème District ».