Bonjour à tous !

Merci beaucoup pour vos reviews^^ Me voilà pour le chapitre deux, où on se concentre un peu plus sur les Serpentards.

Ah, une précision au sujet du chapitre précédent : les parents d'Harry sont bel et bien morts. Seulement, Harry avait neuf ans au moment du drame. Ils sont décédés lors d'une mission d'Aurors mais pas de la main de Voldemort.

Voilà, sur ce, bonne lecture !

Chapitre 2.

Touille, touille mon chaudron !

"Le mot de passe est Main de la Gloire. On en change toutes les deux semaines par mesure de sécurité. Ne vous avisez surtout pas de divulguer votre mot de passe à quelqu'un, cela vous évitera de mauvaises surprises."

A ses mots, les Premières Années hochèrent la tête. Il savait qu'il les impressionnait, il lui était déjà arrivé d'intimider des Septièmes Années d'un regard. Néanmoins, certains mômes s'évertuaient à le fixer d'un air hautain, outrés qu'il leur donne ainsi des ordres. A ceux-là il adressa un sourire sardonique. Il avait eu la même réaction qu'eux en Première Année. Sauf que lui, on le surnommait désormais Le Prince des Serpentards, il avait plus d'influence même que le Préfet-en-chef et avait gagné le respect – ou la crainte, enfin ce n'étaient que des synonymes – de tous.

Et il ne comptait pas leur laisser sa place.

"Bien. Main de la Gloire."Adressa-t-il au mur en face lui.

Aussitôt, les pierres se mouvèrent, formant un espace suffisant pour laisser passer deux personnes. Il pénétra dans la Salle Commune des Verts et Argents et les Premières Années lui emboîtèrent le pas. Quelques élèves envahissaient déjà l'espace clos, discutant dans des fauteuils de cuir noir. Le mur en face de l'entrée était entièrement recouvert par des étagères, elles-mêmes remplies de livres aux reliures dorées ou d'objets aussi esthétiques que coûteux.

Trois tables étaient installées dans un coin légèrement surelevé pour pouvoir isoler les travailleurs des autres élèves. Contrairement au reste de la Salle Commune, elles étaient éclairées comme en plein jour par des multiples bougies flottantes au-dessus d'elles, à l'instar de la Grande Salle, pour ne pas fatiguer les yeux.

Pour l'instant, les seuls "travailleurs" assis sur les bancs rembourrés étaient Crabbe et Goyle, et ils jouaient à la Bataille Explosive. Ils firent d'ailleurs un mouvement pour le rejoindre mais il leur enjoignit d'un signe de tête à se rasseoir.

Une fois que les élèves de Premières Années aient fini d'inspecter l'élégante Salle Commune, il reprit la parole.

"Voici la salle de repos. Faites-y tout ce que voulez du moment que cela n'importune personne. Je n'ai pas l'intention de vous surveiller constamment comme l'Elfe de Maison que vous a acheté votre père. Vous êtes à Serpentard? Montrez-vous en digne et responsable."

Sa déclaration avait coupé les conversations discrètes des jeunes adolescents qui affichèrent soudain des mines graves, assurément chipées à leurs géniteurs. Sur les canapés, il vit les Serpentards plus âgés hocher la tête pour approuver ses dires. Il s'autorisa un sourire de satisfaction.

"Maintenant que nous nous sommes compris, je vous laisse aux bons soins de Pansy pour vous montrer votre chambre."

Dans un timing parfait, assurément calculé, la Préfète arriva sur sa gauche depuis la porte menant aux dortoirs.

"Nott,"Appella-t-il alors qu'il s'éloignait du petit groupe pour laisser Pansy prendre les rennes."Reste deux secondes avec moi s'il te plait."

Une jeune fille pâle aux cheveux châtains relevés en chignon se détacha du reste des Premières Années pour le rejoindre.

"Il y a un problème?"Demanda-t-elle d'une voix fluette.

"Tu as demandé à faire chambre à part c'est bien cela?

-C'est effectivement le cas, oui. J'ai quelques problèmes de santé et à cause de cela je préfère rester isolée. Pourquoi cette question?"

Drago lui fit un léger sourire mais mit un certain temps avant de répondre.

"En fait, je pense qu'il vaudrait mieux pour toi que tu sois accompagnée, au contraire.

-Peut être mais ce n'est pas à vous de décider ce qui est bon pour moi, Malfoy."Répliqua immédiatement la jeune sorcière.

Son sourire s'élargit. Théodore avait briefé sa petite soeur à son sujet, il en était sûr. Ce constat le remplit de fierté. Il savait de source sûre que la petite dernière des Nott avait certes, des problèmes de santé, mais que ceux-ci ne dérangeaient en rien une quelconque colocation. La vérité était qu'elle n'avait pas l'habitude de fréquenter des filles de son âge et qu'elle angoissait depuis plus d'un an à l'idée de dormir avec des inconnues. Aussi Théo avait trouvé ce compromis pour la détendre.

"Ne sois pas autant sur la défensive,"dit-il calmement, loin d'être impressionné."T'isoler n'est pas la meilleure façon de t'intégrer, tu en as conscience? Je te propose de t'installer dans la chambre de ton frère, Théo. Non seulement tu ne seras pas seule mais en plus il saura comment réagir en cas de problème."

La jeune fille le fixa, suspicieuse. Elle devait se demander où se trouvait l'anguille sous la surface alléchante de son offre.

"Et le compagnon de chambre de Théo? Il ira où? Je refuse de dormir dans la même chambre d'un garçon qui ne partage pas mon sang.

-C'est gentil de te soucier de mon sort mais il y a un lit de libre chez les Cinquièmes Années. Je prendrai celui-là. Par contre, il faudra mettre les choses au clair avec les autres garçons si on veut éviter les problèmes. Je compte sur ta participation !"Répondit-il d'un air faussement enjoué.

La jeune sorcière resta interdite pendant quelques instants. Puis elle releva ses yeux sur lui.

"Qu'est-ce que j'aurais à faire?

-Sois belle est reste près de moi."


Il était vingt-et-une heures dans la Salle Commune des Serpentards. Les élèves avaient fini de ranger leurs affaires dans leur dortoir et s'étaient tous rassemblés dans la grande pièce circulaire. Si le reste de l'année, ils prenaient l'habitude d'aller dans la chambre des uns et des autres, le soir de la rentrée était différent.

Cela permettait non seulement de tous se voir et de se connaître pour les nouveaux, mais aussi d'afficher l'honneur des Serpentards dans toute sa splendeur. C'était l'occasion idéale pour une mise au point, de l'avis de Drago.

Il était assis sur un canapé quasi circulaire au centre même de la Salle Commune. Lui et Eleanor Nott étaient encadrés par Crabbe et Goyle, toujours fidèles au poste. Pansy était à moitié allongée en face de lui à la manière d'une reine, écrivant soigneusement sur un parchemin en prenant une pause à chaque mot. Blaise et Théo discutaient -enfin, Blaise embêtait Théo qui répliquait séchement tout en leur jetant de fréquents coups d'oeil. Drago savait qu'il se posait des questions sur la présence d'Eleanor à ses côtés, et ce n'était pas le seul. De nombreuses rumeurs circulaient déjà à leur sujet. Il avait particulièrement apprécié celle qui disait qu'il avait fait un marché comme quoi elle serait son épouse, à condition qu'il soit le seul à qui elle parlerait, comme preuve d'amour.

C'était sensé expliquer le fait qu'Eleanor n'ait jusque là adressé la parole à quiconque. Le Prince des Serpentards ignorait si cette histoire tirée par les cheveux signifiait qu'il était de notoriété publique qu'il avait l'esprit tordu, ou que les femmes étaient trop jalouses pour reconnaître qu'il restait avec Eleanor parce qu'il l'aimait bien.

Mais qu'importe laquelle de ses suppositions était juste, elle le ferait quand même rire. Drago observa l'adolescente qu'il avait volontairement collé contre lui. Elle feignait l'indifférence devant la grandeur ainsi affichée des Serpentards mais il savait qu'au fond elle était émerveillée. Un léger sourire fleurit sur ses lèvres :la soif de pouvoir, voilà la première chose qui la différenciait de son frère aîné.

"Serpentards, j'ai une nouvelle à vous annoncer !"

Drago avait à peine élevé la voix, mais le silence se fit aussitôt. Le Prince des Serpentards avait parlé.

"De manière exceptionnelle, Eleanor Nott va séjourner dans le dortoir des garçons, dans la chambre de Théodore."Il se leva souplement, entraînant Eleanor dans son sillage. Il avait désormais l'attention de tous.

"Ce n'est pas contestable. Et j'attends de vous que ce petit écart du règlement se passe sans problème. Je m'assurerai personnellement que ce soit le cas."Dit-il durement, insistant particulièrement sur le je.

Il croisa volontairement le regard des garçons, la plupart indifférent ou déçus, bien qu'il en aperçut quelques uns frissonner.

Parfait.

"Si jamais l'un d'entre vous venait à la toucher..."Il passa doucement sa main sur la joue d'Eleanor, dans un geste parfaitement calculé. Il sourit en la sentant rechercher de nouveau le contact. Jouait-elle? Ou appréciait-elle réellement cette caresse?"... Il se met non seulement le Trio d'Argent mais aussi toute la Maison Serpentard à dos. Je me suis bien fait comprendre?"

Sa voix traînante ne dissimulait absolument pas la lourde menace qu'elle détenait. Et même les Septièmes Années les plus récalcitrants hochèrent la tête. Drago sourit, satisfait, et se rassit tranquillement.

Aussitôt, la pression se relâcha les conversations reprirent, quoi qu'un peu hésitantes.

"Drago Malfoy, le protecteur de la famille Nott. Comme c'est touchant... Et le mariage, c'est pour quand?"Ricana sèchement Pansy en enroulant brusquement son parchemin.

"Serais-tu jalouse?"Répliqua-t-il, loin de se démonter. Puisqu'elle n'aura pas la chambre des Préfets, tu as droit à celle de la Préfète en chef, comme tu l'as exigé, reine que tu es. Tu devrais être ravie.

-Je suis en effet très satisfaite. Cette comédie me fait juste rire, tu te mets si rarement en scène... Mais si tu continues, les gens vont finir par croire que tu n'es pas aussi égoïste que tu le prétends."

Il la foudroya du regard mais cela ne fit qu'accroître son sourire. Drago jeta un coup d'oeil rapide à Crabbe et à Goyle. Si Vincent se contentait de fixer la scène d'un air hagard, il savait que Grégory ne perdait pas une miette de l'échange.

Crabbe et Goyle n'étaient pas ses amis, ni même ses sbires. En vérité, ils restaient à ses côtés sous demande de leurs pères, eux-mêmes "conseillers" de Lucius Malfoy, son géniteur. A la base, ils étaient sensés le surveiller, le protéger en cas de besoin mais surtout rapporter le moindre de ses faux pas à son père. C'était là un moyen commun de s'assurer que le nom des Malfoy n'était pas souillé par un héritier "décadent". Au départ, Drago ne s'en était pas préoccupé plus que cela et avait même retourné la situation à son avantage en faisant d'eux ses hommes à tout faire.

Mais s'ils s'étaient soumis avec une facilité désarmante, ils n'en restaient pas moins fidèles aux attentes de son père. Et ce dernier, depuis sa troisième année, était devenu de plus en plus exigent. Il lui reprochait absolument tout : avoir été trop démonstratif au bal d'Halloween, s'y être pris à la dernière minute pour faire son devoir d'Astronomie, ne pas avoir mangé assez équilibré...

Il aurait vraiment aimé se contenter de le laisser parler. Mais malheureusement, Lucius ne se satisfaisait pas de son manque de réaction et utilisait désormais la manière forte pour ramener son fils dans le droit chemin. Il ne fallait donc pas que les deux armoires humaines prêtent attention aux paroles de Pansy, surtout qu'il soupçonnait Goyle d'exagérer ses "méfaits".

"Reconnais que cela t'aurait plu !"Ricana-t-il avec mépris."Mais je ne fais que montrer ma popularité et ma puissance. Surtout que j'ai remarqué que certains Premières Années étaient suffisamment sûrs d'eux pour se croire plus forts que tout le monde. Ce n'était qu'une leçon parmi d'autres, en faire bénéficier mes relations n'était qu'une option."

Il entendit Théo tousser pour faire semblant de contenir un rire. Il s'en moquait, sachant qu'au moins, Goyle le détestait trop pour ne pas être dupe.

"En parlant de ça, il va falloir que tu trouves une solution à tes ronflements rapidement, Blaise."

Le concerné tourna vivement la tête :

"Je ne ronfle pas !

-Ah? C'est ce qu'on verra ce soir."Dit-il avec un sourire narquois.

"Et pourquoi ça?

-J'ai laissé ma place à Eleanor pour dormir avec Théo – ça n'a rien de personnel, d'ailleurs – "Assura-t-il avec avec un sourire faussement rassurant à l'égard de ce dernier." Par conséquent, je suis désormais ton nouveau compagnon de chambrée. Heureux?"

La mâchoire de Blaise s'affaissa. Adieu, espace personnel, conquêtes d'un soir, promenade à poil dans la chambre... Il en aurait pleuré.

"Malfoy...

-Oui?

-Je te déteste.

-Merci, moi aussi."


En se réveillant, Harry était d'excellente humeur. Se lever aux côtés de Ron, Dean, Seamus et Neville était toujours un plaisir. Il avait ainsi l'impression d'être le lendemain d'une soirée pyjama – et c'était presque le cas, tant ils faisaient de conneries à l'insu de leur Directrice de Maison.

Le Trio d'Or rejoignit le reste de la Maison Gryffondor dans la Grande Salle. Les rires, l'odeur de bacon et le tintement des couverts achevèrent de le réveiller et il se hâta de s'asseoir à côté de Seamus, qui agitait les mains en discutant avec Dean, et en face de Ginny Weasley. Il la salua gaiement et elle lui rendit un sourire gêné.

"Oh, Ron, Harry, voilà vos emplois du temps ! "Annonça Hermione en sortant le paquet de feuilles de son sac. Ils se jetèrent littéralement dessus, angoissés.

"Quoi? On commence par Potions? Avec les Serpentards !"S'exclama Harry, scandalisé.

-En fait, on est envahi par les Serpents ! DCFM, Potions, Histoire de la Magie, Soins aux Créatures Magiques... Mais à quoi ils pensaient quand ils nous ont mis avec ces fils de bourges? Ils étaient bourrés?

-Ron! Je suis sûre que Dumbledore sait très bien ce qu'il fait." Tenta la jeune préfète.

Mais sa lèvre inférieure, triturée par ses dents, contredisait son affirmation. Harry et Ron la regardèrent comme deux professeurs tentant de raisonner une élève rebelle.

"Hermione... Tout le monde sait qu'on se déteste ! D'habitude, on reste plus avec les Poufsouffles et les aristos avec les Serdaigles. C'est mieux ainsi, pour tout le monde. Vraiment, si on a cours autant avec les Serpentards, il y aura une dizaine de morts avant la fin du premier trimestre ! "Prophétisa gravement Ron, approuvé par les les hochements de tête des garçons, tout aussi sérieux.

Ginny éclata de rire mais la brune lâcha un soupir agacé. Elle avait trop l'habitude de leurs mises en scène pour que la magie opère. Ce n'était pas le cas du reste du groupe et ils mangèrent finalement dans la bonne humeur, malgré le désastreux emploi du temps.

"La saison de Quidditch commence quand?"Demanda soudain Lavande Brown, une blonde qu'Hermione jugeait trop superficielle qu'il n'en était humainement possible.

Elle s'intéressait au Quidditch seulement parce que "les tenues sont trooop sexys" et que les garçons se laissaient toujours plus facilement aborder à l'entente de leur sport favori.

"Dans un mois ! On a intérêt à la gagner celle-là ! "S'empressa de répondre Ron. Il était à fond sur elle, elle pouvait dire pires énormités du monde qu'il ne s'en apercevrait même pas.

"Ne t'inquiète pas pour ça, je suis sûr qu'Harry fera un miracle, cette année.

-Merci Neville mais n'espère pas trop... Et puis c'est surtout un travail d'équipe, ne l'oublie pas."

La soudaine humilité d'Harry fit sourire Hermione. Il était déterminé et assuré quand il s'agissait d'enfreindre le règlement et de se lancer dans une bagarre – qu'elle soit physique ou verbale – mais dès qu'il était question de ses capacités, il perdait toute confiance en lui. Elle avait beau se torturer ses neurones, la jeune fille n'avait jamais su se l'expliquer.

"Harry, tout le monde sait que tu es une perle d'Attrapeur !

-Oui, tu n'as pratiquement jamais perdu de match, t'es le meilleur de l'école ! "

L'attrapeur en question rosit de gêne et de plaisir. Il balbutia un remerciement puis le Trio d'Or se leva pour récupérer leurs affaires de la matinée. Ils traversèrent un couloir aéré d'un pas tranquille quand des voix parvinrent à leurs oreilles. Harry et Hermione n'y firent guère attention mais le rouquin du groupe s'arrêta brusquement.

"C'est pas Malfoy?"

Hermione approuva vaguement de la tête, ayant elle aussi reconnut la voix traînante du Prince des Serpentard. Elle était prête à reprendre sa route mais elle se rendit compte qu'ils ne la suivaient plus. Retenant un soupir exaspéré, elle se retourna. Ils s'étaient penchés à l'une des fenêtres qui donnait sur un jardin intérieur de l'école et aperçurent Théodore Nott, debout face à un érable touffu. Il paraissait tendu, en colère. Malfoy, lui, était nonchalamment appuyé contre le tronc de l'arbre, un peu dissimulé de leur vue par un buisson.

"Je ne vois pas de quoi tu parles.

-Ne te fous pas de moi. Tu ne fais rien sans en tirer avantage."

La voix de Nott claqua, sèche, dans l'air tranquille du patio. Malefoy soupira.

"Tu ne pourrais pas simplement dire merci et t'en tenir là?"

Il y eut un léger silence. Le Serpentard semblait sur le point de sauter sur le blond qui sourit, narquois.

"Je ne me sens pas redevable."Répondit finalement le brun.

-Alors ne le sois pas.

-Pourquoi t'en es-tu pris à Eleanor?

-Je ne lui ai rien fait."Contredit la fouine, du tac au tac.

-Rien? Je te connais Malfoy ! Tu t'intéresses à elle, tu t'es pavané avec et pire, tu l'as mise sous ta protection !"

Le visage de Nott se tordait au fur et à mesure qu'il énumérait les méfaits de l'autre Serpentard qui tiqua à la fin de sa phrase.

Le Trio d'Or se concerta du regard, aussi étonnés les uns que les autres. Les Serpents se gardaient bien de dévoiler les tensions entre eux, les surprendre ainsi en pleine dispute était rarissime.

"Tiens, ce n'est plus Drago maintenant? Je croyais que seuls les larbins et les faibles m'appellaient Malfoy?"Théodore s'apprêta à répondre mais il le coupa, sa voix se faisant plus basse, moins mielleuse."Je ne vois pas en quoi la mettre sous ma "protection" comme tu dis, est mauvais. Je ne lui demande rien en échange, que je sache.

-... Je t'ai vexé?"

La mine du Prince des Serpentards se renfrogna subitement.

"Comme si ça n'était pas ton but."

Nott soupira et se passa une main dans les cheveux, las. Sa colère était brusquement retombée. "Vachement lunatique..."Songea Ron, pas trop étonné pour autant. Les Serpentards étaient tous tordus de toute façon...

"Je n'ai pas aimé que tu t'incrustes comme ça et que tu prennes des décisions comme un roi sans m'en avertir. Si ça ne dérange pas les autres, tant mieux mais moi, ça m'énerve. Ma soeur et moi n'avons pas besoin de toi, nous sommes largement capables de nous débrouiller seuls, je te l'ai déjà dis. Et reconnais que tu agis souvent en servant tes intérêts au détriment des autres."

Ron retint à grande peine un ricanement : il était parfaitement d'accord avec lui.

"Et donc tu t'es dis qu'étant un opportuniste sans scrupules, tout ce que je fais est forcément mauvais pour l'innocent angelot que tu es.

-Drago...

-Tu sais quoi? Tu avais raison : j'avais de très mauvaises intentions en permettant à une fille de dormir avec son frère... Et attends-toi à les recevoir en pleine figure."

Tout en parlant, le blond s'était rapproché de Théo, un sourire dangereux sur ses lèvres pâles. Il avait la tête légèrement penchée sur le côté, comme s'il contemplait un misérable insecte sans défense. Harry déglutit : ce genre de regards lui était souvent adressé mais le voir regarder un autre ainsi était tout aussi terrifiant.

"Bordel, il nous joue à quoi en faisant son serial killer? Il veut refaire Rogue?

-Ron ! " Protesta vivement Hermione.

Mais ses deux amis se mirent à ricaner en imaginant Malfoy avec les cheveux gras tombant sur les épaules, le nez retroussé, demandant : "je peux savoir pourquoi votre chaudron a encore explosé? Est-ce une preuve que la débilité est génétique ou bien est-ce une compétence que vous avez développé tout seul?"

Un élève de Première Année qui traversait le couloir les dévisagea, perplexe, affalés sur le rebord de la fenêtre à rire comme des baleines à maturité. On lui avait dit que l'école avait des cas un peu particuliers mais il ne savait pas que c'était à ce point...

"J'espère que je finirai pas comme eux moi aussi..."Songea-t-il avec effroi en repartant précipitamment.

Les trois amis se reprirent doucement. Mine de rien, ils avaient quand même envie de savoir la suite...

Nott semblait tendu comme un arc, frémissant sous le regard acier. Puis ses épaules se relâchèrent et il souffla légèrement, parfaitement détendu. Le Trio d'Or écarquilla les yeux dans une parfaite synchronisation : c'était décidé, tous les Serpentards étaient cinglés...

"Je vois que tu n'as pas perdu la main pendant les vacances... Mes tes menaces ne marchent pas sur moi.

-Ca a failli, pourtant."Se renfrogna la fouine, boudeuse.

Il venait de passer du mode serial killer à enfant gâté en une seconde trente cinq. Hermione se demanda vaguement si elle devait le féliciter pour ses talents d'acteur ou craindre un cas de schyzophrénie élevé...

"C'est vrai. "Reconnut Théo en soupirant."Mais même si je me suis fourvoyé sur tes intentions hier, je te connais suffisamment pour savoir que tu peux réagir au quart de tour quand tu es énervé. Tu serais incapable de lui faire du mal. Mais je sais aussi à quel point tu peux le prétendre juste pour me faire peur.

-Qu'est-ce que tu en sais? J'ai osé touché la blanche colombe, je pourrais pousser le vice à la détruire jusqu'au bout..."

Nott laissa échapper un petit rire, loin d'être décontenancé par les paroles du Prince.

"Je t'imagine mal en crapaud baveux!"

Les traits du blond se détendirent légèrement.

"Ne jamais se fier aux apparences, Théo... On se retrouve en Potions."

Sur cette dernière parole, Malfoy s'avança pour sortir du patio. Droit sur eux. Le Trio d'Or revint brusquement à la réalité : ils étaient de gros voyeurs et le préfet ne serait vraiment pas content de les voir.

"Merde, on recule ! " Hermione les tira en arrière et ils marchèrent dans les couloirs comme si de rien était. Aussitôt, Harry se mit à parler du premier sujet qui lui vint à l'esprit : l'élevage de fouine hybride. Ron le rejoignit rapidement dans son délire avec un entrain digne des plus grands acteurs :

"N'empêche, si on veut leur faire distribuer du courrier, il faudrait leur lancer un sort de Reconnaissance non?

-Oui, et il faudrait qu'elles puissent transplaner... Ca s'épuise, une fouine hybride ! "

En les dépassant, Drago les regarda d'un drôle d'air. Eux? Tarés? Ils ne voyaient pas du tout de quoi vous vouliez parler...

Ils attendirent qu'il ait disparu du couloir pour éclater de rire.

"Non mais t'as vu comme il t'a regardé?

-Des fouines hybrides? Harry, parfois je m'inquiète de ce qui te passe par la tête."Avoua Hermione entre deux fous rires.


La salle des cachots était plongée dans un silence angoissé. Qui était assez tyrannique et cruel pour donner un contrôle du niveau des ASPIC à des élèves de Cinquième Année? Rogue, qui d'autre?

C'était son passe-temps favori, non, le meilleur moment de sa vie que de voir les visages bronzés par les vacances se mettre à blêmir et transpirer de stress le premier jour des cours.

Ils devaient préparer une Potion d'Eclairement qui permettait une grande concentration à celui qui la buvait. Evidemment, Harry n'avait jamais vu autant d'actions à réaliser dans un laps de temps aussi court...

Il regarda un instant autour de lui : Dean et Seamus, conscients que leur note avoisinerait le D, riaient et chuchotaient des âneries quand Rogue était trop occupé à mettre la pression sur Neville. Malgré tout, leurs rires semblaient un peu nerveux.

Parvati Patil et Hermione s'activaient avec une frénésie certaine, excitées comme des puces à l'idée d'un défi aussi ambitieux. Côte à côte, les deux adolescentes étaient intenables ! Même Rogue n'était pas parvenu à réfréner leurs ardeurs malgré ses efforts.

Comme d'habitude, Lavande Brown et Neville pataugeaient : Rogue avait interdit à Lavande de réaliser la préparation seule et il poussait Neville à la faute en lui crachant des remarques acerbes. Le pauvre garçon introverti en perdait tous ses moyens.

Derrière le binôme, Crabbe et Goyle avançaient trop lentement en grognant(sûrement un langage codé connu d'eux seuls). Le Gryffondor fut un peu rassuré en voyant les panachés marron s'échapper de leur chaudron : leur potion était forcément plus ratée que la leur.

"Messieurs Potter et Weasley, j'ai l'impression que que vous n'avez pas conscience que votre potion devrait s'apparenter à de la crème brillante, comme celle des Messieurs Malfoy et Zabini par exemple. Avez-vous lu les instructions, au moins?

-Oui Monsieur."Soufflèrent Harry et Ron, conscients que répondre ne changerait rien à leur situation : ils étaient dans la merde.

"De quelle couleur est votre potion, Mr Potter?

-Grise... Comme votre teint."

La mâchoire de Rogue se contracta brusquement et son long nez se plissa sous la colère alors quelques rires étouffés s'échappaient dans la salle. Il donnait l'impression d'avoir avalé la bave de Trevor, le crapaud de Neville.

Harry et Rogue se détestaient cordialement. Non, il serait plus juste de dire que les Maraudeurs détestaient Rogue, qui le leur rendait bien. Et son père et le professeur de Potions étant encore plus en froid qu'avec les autres, Harry avait courageusement repris le flambeau à la mort de James.

"Mr Potter, votre retenue pour vos frasques dans le Poudlard Express débutera dès ce soir."Informa Rogue de sa voix caverneuse."A dix-huit heures, dans les cachots. Et pour votre arrogance, je rajoute deux jours supplémentaires à la retenue initiale de Monsieur Malfoy."

La mâchoire d'Harry tomba sous le choc de cette injustice.

"Mais Monsieur !

-Pas de mais, Mr Potter. Si je vous attrape à vous plaindre, dans votre barbe ou non, la retenue s'étendra à deux semaines, suis-je bien clair?"

La bouche du Gryffondor se referma brusquement. La salle de classe semblait en suspend, les vingtaines paires d'yeux vissés sur les deux ennemis qui se toisaient avec mépris.

"Très clair, Monsieur." Il se força à paraître détendu, comme si ses yeux ne brûlaient pas de haine, que son dégoût pour ce sorcier crasseux ne demandait pas à être craché à la figure, que ses mains ne le démangeaient pas de tirer sur ses cheveux longs et gras...

Non, il fit comme si le Maître des Potions venait de lui énoncer les propriétés des griffes de chauve-souris pillées.

Le charme opéra, ou presque. Tout le monde crut qu'il avait gagné la partie parce que Rogue ne l'effrayait pas avec ses menaces en l'air et que lui était au-dessus des règles, de toute façon. Mais ses amis comprirent qu'il était fou de rage, de même que Rogue qui eut un sourire à faire froid dans le dos.

"Courage, vieux."Compatit Ron une fois qu'il fut sûr que le Maître des Potions ne risquait pas de l'entendre.

Harry ne répondit pas, trop consterné – et trop tenté de se plaindre – pour ouvrir la bouche. D'habitude, Rogue répondait à ses provocations par des insultes sur les Maraudeurs(et en particulier sur son père) jusqu'à ce que Harry s'emporte trop. Et c'était seulement à ce moment-là qu'il le punissait.

Malfoy, et maintenant Rogue... Le monde était-il ligué contre lui?

"Passe-moi l'écorce de Botruc, s'il te plaît."Sa voix était lugubre, Ron aurait presque pu voir l'aura de désespoir s'échapper du corps de son ami et il grimaça. Le Gryffondor lui passa précipitamment l'ingrédient demandé, peu désireux de le contrarier. Puis il regarda les instructions écrites au tableau et ses yeux s'écarquillèrent.

"Euh Harry, on en a..."

BOUM!

"Déjà mis..."Se termina sa phrase dans un couinement plaintif.

"Monsieur Potter ! Qu'avez-vous encore fait?"

La voix du professeur Rogue fut couverte par les éclats de rire des étudiants. Harry avait la peau noircie par la fumée et ses vêtements étaient déchirés au niveau des manches.

"Ron, je suis maudit, c'est ça?

-Désolé vieux..."

Il en aurait pleuré et tapé du pied tant il en avait marre. Rogue accourut jusqu'à leur table et les élèves s'écartèrent sur son passage.

"Potter, expliquez-vous !

-Je me suis trompé, ça ne se voit pas?

-Ne soyez pas insolent ! "Tonna le Maître des Potions en réparant le chaudron qui s'était à moitié dissolu sur la table."Monsieur Malfoy, puisque vous avez terminé votre potion d'Eclairement, amenez cet inconscient à l'infirmerie je vous prie."

Le Serpentard concerné hocha simplement la tête, même s'il semblait plutôt désappointé de devoir jouer les guides. Mais il ne pouvait pas être plus en colère qu'Harry qui rangeait furieusement ses affaires et se précipita dehors où Malfoy l'attendait déjà.

"Tout doux Potter, on m'a demandé de t'amener à l'infirmerie, pas de faire un marathon !

-T'as qu'à attendre cinq minutes dans les couloirs avant de retourner auprès de ton Dieu Rogue ! Je t'attendrai pas."Grogna Harry en se précipitant vers le rez-de-chaussée.

Il entendit Malfoy soupirer puis presser le pas pour le rattraper.

"Potter, je ne sais pas si tu connais ce mot mais je prends le risque : j'ai des responsabilités, et même si ça ne me plaît pas d'avoir à jouer l'Auror dans les couloirs...

-Mais bien sûr,"Coupa sèchement Harry et le fusillant du regard."Comme si ça te faisait pas marrer de punir tous les pauvres types qui respirent un peu trop fort !

-Oh là, tu ne parles quand même pas de toi? Tu as fais bien plus que respirer trop fort, je te signale ! "

Le Gryffondor se retourna brusquement vers le préfet qui le toisait d'un air dédaigneux. Il détestait quand la vérité sortait de la bouche de ce pédant écoeurant.

"Tu m'as envoyé en retenue pendant une semaine ! Avec Rogue !

-Et tu t'en étais pris aux Serpentards. N'essaye pas de me faire croire que tu n'en aurais pas fait de même si j'avais fais la même chose à ta Maison.

-Malfoy, c'est Rogue quoi ! "

Le blond commença doucement à s'énerver quand il se rendit compte que le Gryffondor à lunettes ne l'écoutait absolument pas et cherchait juste à passer ses nerfs sur quelqu'un. Et sur lui, en plus !

"C'est sûr que si je t'avais envoyé chez ton loup-garou de professeur préféré, tu n'aurais pas voulu recommencer !"Railla-t-il en agitant les bras d'un geste faussement théâtral.

"En m'envoyant chez Rogue, tu m'as jute donné envie de me venger !

-Te venger? Je n'ai fais que te rendre la monnaie de ta pièce Potter. Tu as commencé à faire ton intéressant même pas arrivé à Poudlard ! Ne va pas te plaindre après si j'ai pris le strangulot par les cornes. "

Harry le fusilla du regard sans pour autant s'arrêter de marcher. En fait, aucun d'eux n'avait envie de subir la présence de l'autre plus que nécessaire. Et au fur et à mesure que leur dispute dégénérait, leurs pas s'accéléraient, autant pour montrer à l'autre qui était le plus fort que pour atteindre l'infirmerie le plus rapidement possible.

"Tu en as trop fait Malfoy, et attends-toi à en subir les conséquences."

Un sourire narquois effleura les lèvres de la fouine blonde. Ce crétin se foutait vraiment de sa gueule !

"Serait-ce une tentative de menace? Ne crois pas qu'un enfant qui s'en tient encore aux farces et attrapes de bas étage puisse m'effrayer."

Ce fut au tour du brun de sourire.

"C'est ce que tu penses? Alors tu risques de souffrir, petite blonde.

-Fais attention à tes chevilles Potty. Elles vont finir par exploser à force de gonfler, et je n'ai pas d'appareil photo pour immortaliser l'évènement."

Les deux ennemis se toisèrent en chien de faïence. Vraiment, Harry n'en démordrait pas : cette année, il allait y avoir des morts...

A suivre...