Bonjour tout le monde ! Voilà le troisième chapitre, en espérant vous divertir^^
Chapitre 3
Se battre en duel avec un vampire !
"Crois-moi, il va payer ! Depuis qu'il est préfet, tous les problèmes me tombent dessus, comme par hasard ! Je te jure, il va regretter sa retenue... Ron? Ouhou?... Putain, arrête de rire !"
Harry regarda, énervé, la tête de Ron disparaître sous le lit tant il était plié en en deux. Il pouvait même voir ses épaules se soulever sporadiquement alors que son "ami" riait silencieusement de lui. Ou du moins, il essayait d'être silencieux parce que le roux poussait des "ohoho!" et des "pffff" loin d'être discrets.
"Bon, tu as fini?"
Apparemment non, s'il en jugeait la croissance alarmante des tressautements qui agitaient le corps de son soit disant meilleur ami. Finalement, la tête rousse réapparut après quelques secondes, les yeux brillants de larmes à force de rire.
"Hoho... Dé-désolé Harry, c'est juste... Ta tête ! "
Et Ron repartit de plus belle dans son fou rire. Rouge de colère, le brun eut envie de lui balancer son oreiller à la figure pour le faire taire. Mais s'il avait été honnête avec lui-même, il aurait reconnu qu'il aurait réagi pareil à sa place.
Madame Pomfresh, l'infirmière de l'école, avait du passer un baume rose fuchsia autour de ses yeux, si bien qu'il avait l'air d'un monstre rose aux cheveux hirsutes balayés par une explosion. En plus, quelques bulles vertes pomme éclataient de temps en temps, comme si le baume chauffait à la casserole.
Le Gryffondor humilié avait l'impression d'être sa mère, ou Madame Weasley, en train de se pouponner dans la salle de bains avec une crème anti-ride, anti-points noirs... Ou un autre machin répugnant qui transformait ces femmes en Scrouts à Pétard pour pouvoir "les rendre toujours plus belles" après.
... Et le pire, c'était que l'infirmière avait justement dit qu'il s'agissait d'une crème hydratante qu'elle utilisait souvent, le tout accompagné d'un clin d'œil.
Bonjour l'image mentale.
"J'ai envie de vomir...
-Quoi?
-Non rien. Bon, tu me soutiens ou pas?
-Euh... Pour quoi?"
Ron se ratatina sur sa chaise en voyant la crispation soudaine de la mâchoire de son meilleur ami. Apparemment, ce n'était pas la bonne chose à dire.
"Bon, ce n'est pas comme si je monologuais à ce sujet depuis cinq minutes... Non, depuis que tu es entré dans la pièce en fait.
-Désolé... J'étais concentré à... Enfin, tu vois quoi."Tenta de se justifier Ron.
Mais cela ne fit qu'accroître la colère d'Harry qui voyait parfaitement où il voulait en venir, particulièrement quand une bulle verte explosait sur son front ! Il soupira, songeant sérieusement à se mettre au yoga pour arrêter de cracher du feu sur tout le monde.
"Je parlais de Malfoy. Je disais que s'il croit pouvoir faire le beau avec son insigne de préfet et nous distribuer des retenues à tout va, il se met le doigt dans l'œil !
-Alors là, je te suis ! Crois-moi, quand il s'agit de Malfoy, je peux devenir très audacieux..."
Ils échangèrent un sourire de connivence : quand il s'agissait de faire des mauvais coups, ils devenaient soudain télépathes, se comprenant d'un regard.
"Et si nous retournions ses petits pouvoirs de préfet contre lui?"Proposa Ron d'un air conspirateur.
"Tu penses à ce que je penses?
-Et bien, ça dépend si je pense bien ce que tu penses que je pense...
-Alors... Oh, Hermione ! Comment ça... Ah, tu vas pas t'y mettre toi aussi ! "
Hermione, qui venait d'entrer dans l'infirmerie, tentait d'étouffer son rire dans une main et se tenait à la porte, comme prête à s'écrouler. Son fou rire redoubla quand elle croisa le regard meurtrier du brun cerclé de rose juste au moment où une bulle verte explosait du coin de son œil.
"Déso-désolé Harry... Je...
-Oui, oui je sais : j'ai l'air d'une grand-mère qui essaye de rajeunir. Contente? Tant mieux, parce que dis-toi que dans vingt ans... C'est toi qui ressemblera à ça ! "S'exclama Harry en la pointant du doigt.
"Oh non, ne parle pas de malheur s'il te plait !"Rit Hermione en mimant un frisson d'effroi."J'espère juste que je serais suffisamment aimée de mon mari pour ne pas avoir à recourir à... Ca."
Elle s'assit sur une chaise à côté de son lit et lui fit un sourire qui se voulait encourageant :
"Tu pourras retirer bientôt le baume?
-Oui, d'ici une heure ou deux normalement."
Hermione souffla, visiblement soulagée. Quand elle avait vu l'état pitoyable du chaudron après l'explosion, elle avait eu peur que les dégâts soient plus conséquents. Fort heureusement, elle s'était trompée.
Ils discutèrent encore de longues minutes, entre les reproches d'Hermione quant à son inattention, et les plaisanteries de Ron qui détendait l'atmosphère. Mais ses deux amis durent bientôt repartir en cours et laissèrent Harry dans l'infirmerie, seul.
"Lonely, I am so lonelyyy..."
Pansy Parkinson observait, effarée, Drago Malfoy discuter simultanément avec elle et Blaise d'un sujet totalement différent. Cela faisait exactement un quart d'heure qu'il discutait de sa voix traînante à la fois de la nouvelle coupe absolument ri-di-cu-le de Padma Patil et de la nouvelle réforme du Magenmagot, à propos de l'enchantement des transports moldus et de leur mise en vente.
A chaque fois que Blaise s'interrompait pour manger, Drago ré attirait l'attention de Pansy sur le sujet jusqu'à ce qu'elle-même s'attarde sur son assiette. Alors il revenait à sa conversation avec Blaise là où il s'était arrêté.
En gros, tout le monde mangeait, sauf lui.
Et quand Drago Malfoy ne daignait pas honorer son palais des succulentes pâtisseries françaises étalées sur la table, c'était que quelque chose n'allait pas.
"Drago?
-Oui?"Répondit l'adolescent après avoir bu une gorgée de jus de citrouille.
"Tu ne manges pas?"Demanda-t-elle en pointant son assiette.
Drago fronça les sourcils à cette question, visiblement sceptique. Il n'avait pas eu l'air de se rendre compte de son manque d'appétit avant qu'elle ne lui en fasse la remarque.
"Bien sûre que si."Répondit-il le plus naturellement du monde.
Pour lui prouver ses dires, le Prince des Serpentards commença à embrocher ses blancs de poulet tout en lui faisant remarquer, sur le ton de la confidence, que Potty semblait décidé à lui pourrir la vie.
"Qu'est-ce que tu lui as fait?
-A part lui donner une retenue? Rien. Ah ! Si... Respirer ! "Ironisa le blond en se saisissant de son verre.
Blaise à côté de lui fronça les sourcils, alors que Crabbe et Goyle ricanaient encore de la blague.
"Je crois que ce Gryffondor à la mémoire particulièrement sélective, non? Il faudrait qu'il consulte au plus vite un psychomage à ce stade !
-Heureux de savoir mon avis partagé. Enfin, ça peut être intéressant... Il a l'air déterminé à m'en faire voir de toutes les couleurs."Confessa-t-il en tournant légèrement la tête vers la table de Rouges et Or.
Millicent Bullstrode intervint rapidement – cette fille ne pouvait pas s'en empêcher de toute façon :
"Sincèrement Malfoy, ne t'attend pas à grand chose de sa part. Il a quelques illuminations mais si Granger n'est pas derrière, ça ne volera pas très haut."Elle rajouta après une légère hésitation."Il suffit de voir leur performance dans le train pour voir l'étendue de ses capacités."
A la table Serpentard, plusieurs élèves approuvèrent vigoureusement, nombreux ayant soit subi, soit assisté à ses frasques à leur encontre. Potter était l'un des principaux acteurs du "conflit Gryffondor-Serpentard" et tous savaient que si leur Prince n'en avait pas entendu parler plus que cela, c'était parce que les Sixièmes et Septièmes Années perturbateurs l'occupaient déjà trop. Car si les élèves de leur Maison savaient se défendre, les Gryffondors de ces années-là (et en particulier les jumeaux Weasley) avaient rallié à leur cause les autres Maisons pour s'en prendre à eux. Leur infériorité numérique les désavantageait énormément. Drago avait été le premier à intervenir, recevant le surnom Prince des Serpentards, qui lui collait désormais à la peau.
L'origine du conflit entre ces deux Maisons restait d'ailleurs extrêmement flou. Certains spéculateurs affirmaient que les Weasley qui, c'était bien connu, étaient des animaux métamorphosés en humains ;avaient toujours alimenté la haine contre les Serpentards pour laisser libre cours à leurs pulsions bestiales.
D'autres, plus sportifs, pensaient que la compétition inter-Maisons était montée à la tête des ambitieux Serpentards et que les Gryffondors avaient été les plus touchés dans leur orgueil face à leurs provocations.
Quant aux plus mélodrames, ils supposaient que tout avait commencé par la rivalité entre Godric Gryffondor et Salazar Serpentard et qu'au départ du dernier fondateur, les élèves avaient reprit le flambeau pour sauver leur honneur.
Et enfin, les moins intéressés par la questions disaient que les caractères des deux Maisons étaient tout simplement incompatibles parce qu'ils faisaient d'eux des fortes têtes et que, à Poudlard, il ne pouvait y avoir qu'un seul maître.
Mais Drago ne se souciait pas des origines du conflit. Son seul problème actuel, c'était Harry-je-me-crois-plus-fort-que-tout-le-monde-Potter qui faisait des siennes.
"Serait-il une épine à votre pied?"Demanda-t-il calmement, une lueur conspiratrice dans le regard.
Blaise eut un sourire narquois, reconnaissant la tête du fervent protecteur des Serpentards qu'arborait toujours son meilleur ami quand il jouait les justiciers.
"Je pense parler pour tout le monde en affirmant que oui."Répondit Miles Bletchley, le Gardien de l'équipe de Quidditch.
"Bien, je m'assurerai qu'il ne vous importune plus."
Drago, Blaise et Pansy s'échangèrent un regard entendu. Le Trio d'Argent, jusque là uniquement connu des Serpentards, allait se révéler au grand jour et faire comprendre qu'on ne s'en prenait pas à leur Maison sans crainte de représailles.
Théodore Nott, à côté de sa soeur, avait pu capter l'échange silencieux entre les trois amis. Il ne put retenir un soupir en songeant que cette année, la guerre Gryffondor-Serpentard allait prendre une tournure plus... Explosive.
Quand la cloche retentit dans la Grande Salle, personne, en sortant, ne s'aperçut que Drago n'avait toujours pas touché à son assiette.
"Harry ! Viens entre, Hermione et Ron sont déjà là !
-Bonsoir Hagrid."Le salua gentiment le jeune homme, sans parvenir à détacher son regard du tablier."Vous allez bien?
-Oui oui, très bien et toi? Tes amis m'ont dit que tu avais eu un accident de potions, ce n'est pas trop grave?"
Le sorcier lui fit un sourire crispé et alla s'asseoir sur l'immense canapé de Hagrid aux côtés de Ron et Hermione.
"C'est arrangé maintenant, merci."Répondit-il calmement, peu désireux de se remémorer le massacre de son "hospitalisation".
Il était resté toute la journée à l'infirmerie en ayant appris une chose : il était allergique à l'extrait de bave de dragon présent dans le baume de Mme Pomfresh. Elle ne l'avait laissé sortir qu'à dix-huit heures et il était parti directement cez Hagrid.
"Tant mieux ! Il aurait été fâcheux que tu te blesses gravement dès le premier jour, comme en Première Année !
-Hum... Oui, c'est certain..."
Hermione vint finalement à sa rescousse en comprenant que le brun n'avait strictement aucune envie de se souvenir de chaque évènement désastreux de sa scolarité.
"Hagrid, de quoi vouliez-vous parler avant que Harry n'arrive?
-Oh ça, hum, mais ce n'est pas encore sûr Hermione alors bon..."Bafouilla soudain le garde-chasse, mal à l'aise.
Le Gryffondor comprit soudain pourquoi Hagrid semblait si empressé de venir lui ouvrir. Il reconnut l'air raisonnable mais décidé qu'arborait Hermione à chaque fois qu'elle voulait soutirer une information aux adultes.
Pour se donner un peu de temps de réflexion, le demi-géant esquiva la conversation en partant près de la bouilloire pour servir le thé au nouvel arrivant.
"Qu'est-ce qui se passe?"Chuchota Harry à ses deux amis.
"Apparemment, il y a eu pas mal de plaintes de la part des élèves parce que le Tournoi des Trois Sorciers de l'année dernière a été interdit aux mineurs."Informa Ron tout en essayant de mâcher un des cookies durs comme de la roche du garde-chasse."Dumbledore aurait trouvé une alternative pour calmer leurs ardeurs et on essaye de savoir quoi.
-Ecoutez,"Intervint Hagrid en essayant de paraître le plus autoritaire possible,"rien n'a encore été dévoilé et les préparatifs ne sont même pas entamés alors...
-Quels préparatifs? Vous voulez faire un nouveau Tournoi des Trois Sorciers?"S'exclama Hermione, scandalisée.
Le duel des champions avec un dragon l'année précédente l'avait choquée au plus haut point et elle espérait que plus jamais le tournoi se reproduirait.
"Non, pas exactement. Ce genre d'évènement met plusieurs années pour se mettre en place !
-Mais il s'agit tout de même d'un tournoi?"Insista Harry en saisissant la tasse que lui tendait Hagrid.
Les pommettes joufflues de l'adulte se colorèrent brusquement de rouge, comme à chaque fois qu'il était démasqué. Les trois amis eurent un sourire triomphant : c'était bien un tournoi ! Hagrid nia cependant :
"Ne dîtes pas n'importe quoi ! Ecoutez, je ne dirai rien alors ce n'est pas la peine d'insister."
Ron, Harry et Hermione obéirent sagement mais, loin d'être dupes, un sourire insolent planait encore sur leurs lèvres. Hagrid dut s'en rendre compte car il devint encore plus rouge face à leurs regards inquisiteurs mais ne se démonta pas et changea de sujet.
Les trois adolescents eurent toutes les peines du monde à se retenir de se ruer sur Hagrid pour qu'il leur dise tout. Les interrogations se bousculaient dans leurs têtes, sauvages, et Hermione fut la première à reprendre contenance. Elle demanda à l'adulte comment se portait Aragog, une araignée géante que leur avait présenté le garde-chasse en Troisième Année. La bête hantait les pires cauchemars de Ron, arachnophobe jusqu'au bout des ongles.
Hagrid leur avait raconté que durant sa scolarité, un Premier Année avait trouvé Aragog dans sa malle et avait hurlé à qui voulait l'entendre que son innocente araignée avait cherché à le tuer. Du coup, le pauvre garde-chasse avait été expulsé pendant un mois pour détention d'animaux illicites dans l'enceinte de l'école et Aragog avait failli être exécuté. Heureusement, Dumbledore était intervenu et avait pris la créature sous son aile. Depuis, elle gardait la Forêt Interdite.
Quand, enfin, ils durent repartir au château pour le dîner, Harry explosa :
"C'est quoi cette histoire? Il va y avoir un Tournoi des Trois Sorciers pour mineurs?
-Bien sûr que non,"contra immédiatement Hermione d'un air buté."Dumbledore ne ferait jamais quelque chose d'aussi inconsidéré...
-Hermione, c'est forcément ça ! Autrement, les plaintes ne seraient pas calmées, au contraire."Signala justement Ron.
La jeune fille se rembrunit, les lèvres pincées. Son estime pour le directeur de Poudlard semblait en pleine chute libre.
"Quoi qu'il en soit, j'espère que ce sera moins dangereux que l'année dernière. Vous n'avez quand même pas oublié la Première Tâche ! "Rugit-elle presque." Cédric Diggory a failli se faire tuer lorsqu'il a affronté ce Magnyar à Pointes ! Je suis sûre que les autres champions ont triché en plus : le sort de cette Fleur Delacour était bien trop approprié pour correspondre à quelqu'un qui ignorait le sujet de l'épreuve...
-En tout cas, je m'inscris ! "Interrompit joyeusement Ron, loin des préoccupations de son amie.
Etant le sixième fils d'une famille de sept enfants, le grand roux avait développé au fil du temps un complexe d'infériorité qui le rongeait énormément. Alors que ses frères possédaient tous un don dans un domaine bien spécifique, que ce soit du Quidditch, un feeling extraordinaire avec les créatures, les farces et attrapes et la mémorisation... Ron, lui, ne se trouvait aucun talent particulier. Il refusait de considérer les échecs comme un talent utile, arguant le fait qu'aucun joueur d'échecs n'était célèbre et qu'on ne pouvait en faire son métier.
Ron rêvait d'une reconnaissance totale, et ses notes aux alentours de "Acceptable" ne suffisaient pas pour attirer l'attention des professeurs comme c'était le cas d'Hermione, ou la fierté de ses parents comme Percy.
"Moi aussi ! "Enchaîna Harry, trop émoustillé pour envisager le contraire.
Hermione marmonna un "Les garçons, vraiment ! "comme si cela expliquait tout. Elle participa tout de même avec plaisir quand ses deux meilleurs amis firent mille et une suppositions sur les épreuves. Elle roula des yeux quand ils décrétèrent "il y aura forcément un combat avec un vampire ! " et éclata purement et simplement de rire quand Ron dit, faussement angoissé :
"Et si on devait passer la nuit dans les appartements de Rusard?"
Au moins, nota-t-elle avec satisfaction, Harry avait retrouvé sa bonne humeur.
S'il devait émettre une vérité générale au sujet de Blaise Zabini, Drago choisirait sans hésitation son hétérosexualité.
Et c'était d'autant plus vrai quand il avait une pleine vue sur le dos cambré de cette Poufsouffle qui dévorait la bouche – à moins que ce ne soit le visage tout entier – de son meilleur ami. Celui-ci avait l'air plus que satisfait de cet acte barbare, s'il en croyait ses mains pressées sur la nuque et sur le postérieur de la fille, seules parties de l'anatomie de Blaise visibles au Serpentard. Le reste étant bien évidemment caché par le corps d'Ana, Aurore, Adriane... Enfin, un nom en A quoi.
Drago lâcha un long soupir. Un peu de tenue, que diable ! Oh, il n'avait rien contre le pelotage intensif, il adorait au contraire mais EN PRIVE ! Et il fallait qu'on lui explique en quoi la Grande Salle, remaniée en salle d'études pour l'occasion, avait un côté intime !
Le Prince des Serpentards regrettait amèrement de ne pas avoir suivi Pansy et Millicent dans leur séance relooking hebdomadaire – où il pouvait critiquer allègrement et observer discrètement les courbes des deux Serpentardes quand elles se changeaient. Ou alors il aurait pu rester avec Crabbe et Goyle qui dévalisaient les Cuisines, en testant sa résistance au spectacle de porcins qu'ils lui offriraient.
Pour résumer, il aurait préféré être partout, sauf ici.
Lui qui avait souhaité discuter avec Blaise, non seulement il n'en avait pas l'occasion mais en plus il n'arrivait pas à travailler, trop occupé qu'il était de se retenir de vomir. Il fallait dire que les bruits de succions se faisaient de plus en plus bruyants et explicites.
Quand il en eut assez, Drago ne prit pas la peine de leur informer de son départ. En fait, il était extrêment vexé que Blaise ait fait passer sa pétasse italienne avant lui, le rabaissant au titre de porteur de chandelles (et avec le sourire ! ).
Okay, il venait de la pêcher la veille et se devait de l'"entretenir", comme disait le Don Juan de manière si romantique. Mais là, il avait voulu une conversation sérieuse, où il aurait pu vider son sac mais aussi recevoir des conseils parce que, pour la première fois de sa vie, Drago Malfoy était complètement perdu.
Il partit de la Grande Salle d'un air royal, librement inspiré de la démarche de son père en y ajoutant sa petite dose personnelle(de l'arrogance, parce que les filles adoraient les mauvais garçons). Quand bien même il avait été éduqué et moulé dans le plâtre précieux des Malfoy, il aimait à penser que le reste du monde le percevait comme Drago Malfoy, et non pas comme le fils de Lucius Malfoy.
Même s'il savait que c'était faux.
Il soupira : bon, où allait-il maintenant?
Il n'avait aucune envie de parler à quelqu'un d'autre que Blaise. Quand il avait décidé quelque chose, rien d'autre ne le satisfaisait. C'était tout ou rien, sûrement son côté fils de riche qui ressortait. Du coup, il n'avait plus qu'à étouffer ses interrogations, ses doutes, et passer à autre chose. Ou au moins essayer.
Finalement, Drago choisit de partir dans le dortoir des Serpentards pour travailler et il s'avança vers les cachots d'un pas conquérant.
"Attention ! Ne bouge pas ! "Le stoppa une voix chantante.
Une jeune fille au visage enfantin et aux longs cheveux blonds, presque blancs, se tenait dans l'une des alcôves du château.
"Qu'est-ce qu'il y a?"Demanda-t-il tout en la jaugeant du regard.
Elle portait l'uniforme de Serdaigle et faisait presque deux têtes de moins que lui. A vue d'oeil, c'était une Troisième Année.
"Tu as failli écraser des Aclilumins."Expliqua-t-elle d'un ton docte.
"Je ne vois rien."Répliqua-t-il en fronçant les sourcils.
"Ils sont bien là, pourtant."
La voix claire et aigüe de la petite blonde l'agaçait prodigieusement. Il avait la nette impression qu'elle lui rentrait dans la tête et résonnait comme un écho à l'intérieur. En plus, il n'avait aucune idée de ce qu'étaient les Aclilumins. Il détestait être ignorant alors que la jeune fille lui avait révélé leurs existences comme si c'était la chose la plus banale qui soit. Si sa fierté n'était pas plus forte que sa soif de savoir, il l'aurait déjà assomé de questions.
Il se contraignit néanmoins au calme.
"Bon, dans ce cas, guide-moi pour que je ne les écrase pas.
-D'accord."Chantonna-t-elle en se rapprochant de lui.
Elle lui prit la main et le coude avec délicatesse et l'attira plus près du mur. Ils marchaient ainsi en crabe, le silence du couloir humide uniquement perturbé par le claquement des talons de la blonde sur les pavés. Bizaremment, il eut l'impression d'être revenu en enfance, quand sa mère avait tenu à lui apprendre la danse traditionnelle par elle-même. A ce souvenir, la voix désagréable de la Serdaigle lui apparut secondaire.
Elle le fit un peu avancer en lui donnant une légère pression au niveau du coude. Elle sentait les épices, comme on en trouvait sur le marché sorcier de Jerusalem. A eux deux, ils formaient un drôle de tableau : l'aristocrate au dos droit et à l'allure fière, guidé en aveugle par une petite sorcière à la moue rêveuse et aux yeux vagues, des dizaines de collier en toc autour du cou.
Enfin, elle le lâcha et Drago dut cligner plusieurs fois des yeux pour sortir de l'étrange torpeur dans laquelle elle l'avait plongé.
"Voilà, on les a dépassé."Annonça-t-elle doucement.
"Merci.
-De rien. Dis-moi, tu as déjà vu des Nargols?"
Bizarrement, la question ne le prit même pas au dépourvu.
"Non, pourquoi?
-J'aimerai tellement en voir."Répondit-elle, plus vivace soudain."Même si personne n'en a encore jamais vu, je suis persuadée au fond de moi qu'ils existent. Alors je les cherche.
-S'ils existent et qu'ils ont envie de te voir, ils viendront à toi. Alors attend-les simplement." Conseilla-t-il après un léger silence.
La jeune fille parut méditer ses propos puis un léger sourire fleurit sur ses lèvres.
"Tu as sûrement raison. Au revoir, Drago Malfoy."
Puis elle se retourna, contourna les Aclilumins toujours invisibles à ses yeux et s'en alla. Drago observa pensivement la Serdaigle s'éloigner, sautillant légèrement. Puis soudain, la mémoire lui revint en bourrasque, comme si l'adolescente l'avait tenue éloignée jusqu'à son départ : Loufoca Lovegood, Cinquième Année.
Pansy lui en avait déjà parlé. C'était une fille qui croyait en tout ce qui n'existait pas, à l'image du Chicaneur, un journal de type paranormal en faillite que dirigeait son père et qui se mettait tous les chercheurs à dos.
Il eut une petite mine dégoûtée en se disant qu'il s'était bien fait avoir. Il comprenait désormais pourquoi il ne voyait pas les Aclilumins : ils n'existaient tout simplement pas. Qu'est-ce qu'il était crédule, franchement. Même un Première Année aurait flairé l'embrouille.
Puis il se souvint de ses belles boucles du même éclat que le sien, de son toucher volatile et du calme qui s'était emparé de lui à son contact.
L'esprit de Drago s'agita pendant de longues minutes alors qu'il reprenait sa route. Il était tiraillé entre son éducation qui l'interdisait de fréquenter ce genre de parias, ses préjugés et l'apaisement et l'attraction étrange qu'il avait ressenti en sa compagnie.
Finalement, il décida de ne pas s'en préoccuper. Cette fille était peut-être excentrique, elle n'était pas désagréable pour autant.
Sur la table de chevet de Ronald Weasley, une figurine de Victor Krum, l'Attrapeur de l'équipe de Bulgarie – et accessoirement, un des champions du Tournoi des Trois Sorciers – tournait autour de la lampe de chevet en disant dans un accent bourru "Il est vingt-trois heures trente".
Dans le dortoir des Gryffondors, Ron et Harry discutaient à mi-voix pour ne pas réveiller Neville et Seamus qui dormaient déjà. Ils mettaient au point leur plan d'attaque Vengeance sur Malfoy, les mains pleines de sucreries et la Carte des Maraudeurs sur les genoux.
Cette carte était un parchemin ensorcelé représentant Poudlard ainsi que les déplacements de ses habitants. C'était un héritage des Maraudeurs, à la fois unique et précieux. Avec son Eclair de Feu, sa Cape d'Invisibilité et son album photo familial, elle faisait partie de ses biens les plus chers. Et c'était grâce à elle qu'ils allaient pouvoir suivre Malfoy.
"Harry, Malfoy n'est plus dans la Salle Commune ! "Annonça Ron, la bouche encore pleine de patacitrouille.
"Mince, il est où?"
Ils cherchèrent frénétiquement le nom de Malfoy sur la carte, parti enfin faire sa ronde. Ils finirent par le trouver au premier étage à côté de Pansy Parkinson. Ils restèrent tous deux immobiles quelques instants puis Malfoy s'éloigna en direction des escaliers tandis que Bulldogue inspectait l'étage.
"Ouf, j'ai eu peur qu'ils restent ensemble. Ca aurait été plus dur s'il n'avait pas été seul."
Harry hocha la tête puis enfila ses chaussures, se préparant à sortir. Il entendit Ron faire de même puis, quand ils furent prêts, les deux adolescents quittèrent leur dortoir.
La Salle Commune était plongée dans une semi-obscurité vacillante à mesure que le brasier dans la cheminée s'éteignait, éclairant doucement un couple enlacé sur un fauteuil et une Septième Année en train de réviser.
Même si le couvre-feu était largement dépassé, Harry constata avec plaisir que personne ne tenta de les retenir de partir. Il eut un sourire en se rappellant la nuit où Neville avait voulu les empêcher d'aller échanger son devoir de Potions. Il s'était trompé et avait donné son brouillon qui était agrémenté de dessins plus ou moins explicites sur son professeur favori. Rogue, qui était définitivement un sadique, avait refusé de le lui rendre par "souci d'équité". Heureusement, Hermione l'avait finalement pris en pitié(dès qu'il s'agissait des études, elle pouvait prendre des mesures drastiques) et avait accepté de l'aider.
Alors, quand Neville s'était interposé, elle lui avait envoyé sans remord un Petrificus Totalus en pleine tête. Depuis, plus personne ne les avait dérangé.
"Et c'est parti ! "S'exclama joyeusement Ron une fois arrivé dans le couloir.
Harry hocha la tête en ressentant les fourmillements de l'adrénaline affluer dans ses veines. Il sortit la Carte des Maraudeurs et repéra Malfoy dans les couloirs du septième étage. Le Gryffondor en informa son ami et ils montèrent le rejoindre sous la Cape d'Invisibilité.
Ils manquèrent de lui rentrer dedans alors qu'il prenait les escaliers pour descendre au Sixième. Ils se plaquèrent contre le mur en galère, manquant de le frôler au passage. Malfoy marchait à pas rapide, comme pressé d'en finir. Il allait être déçu...
Ils le suivirent en laissant quelques mètres entre eux pour ne pas se faire repérer. Ils le virent ouvrir un placard à balais, puis grimacer de dégoût.
"Pas la peine de baisser son pantalon, vous ne vous ne ferez rien de plus ce soir, Patil."
Harry écarquilla les yeux de surprise alors que Ron se recouvrait la bouche de sa main pour éviter de rire... Et pouffa à l'entente des protestations et qu'il put reconnaître la voix de Dean.
"Putain Malfoy laisse-nous ! Laisse-nous dix minutes ou...
-Je ne peux accepter mais si tu continues de m'insulter, je te laisserai dix secondes pour me convaincre de ne pas vous donner une retenue. Je sais, je suis très généreux."
Il eut un sourire sardonique alors que les deux adolescents en chaleur sortaient en terminant de se rhabiller.
"Allez filez, et n'essayez pas de vous réfugier ailleurs, Pansy est moins souple que moi."
"Mon œil..."Songea amèrement Harry alors que la fouine suivait le couple qui s'éloignait du regard. Puis il se passa négligemment la main dans ses cheveux blonds et reprit sa route. Harry et Ron se concertèrent un instant du regard puis se sourirent. Ils attendirent que Malfoy ait ouvert une nouvelle porte pour le pousser violemment à l'intérieur.
Le préfet bascula en avant et manqua de se rétamer par terre. Manque de chance, il se rééquilibra à temps. Harry pesta dans sa barbe : lui se serait éclaté la tête contre le bureau d'en face mais non, lui, ce petit aristocrate de pacotille, ne tombait pas, parce que les Malfoy ne tombaient pas Môssieur: ils descendaient !
"Qui est là?"Rugit Malfoy, furieux, le rappellant à sa "mission".
Le Serpentard avait sorti sa baguette par sécurité et voulut ressortir mais les deux Gryffondors déplacèrent précipitamment un bureau contre la porte pour le coincer.
Harry eut un sourire satisfait. La fouine était enfin en cage !
Malfoy recula prudamment en voyant le bureau lui bloquer le passage. Il aurait beau chercher, Harry était sûr qu'il ne trouverait pas que c'était eux. Après tout, c'était un vrai blond...
"Lumos maxima ! "Lança le préfet d'un coup de baguette.
Aussitôt, la classe fut éclairée comme en plein jour. Le Serpentard cligna les yeux pour s'habituer à la luminosité et tourna sur lui-même pour jauger la situation. Il fronça les sourcils en ne voyant personne. Ron choisit ce moment pour faire sortir très légèrement sa baguette et lancer :
"Tarentallegra ! "
Malfoy étouffa un juron et essaya d'éviter le sort, trop tard cependant. Effaré, il sentit son corps bouger contre sa volonté. Il entama alors une danse bizarre, mélange de claquettes et de déhanché "sulfureux" et les deux garçons éclatèrent de rire en le voyant faire. Le blond cria un Finite Incantatem mais ses bras bougeaient trop et ne faisaient pas le bon mouvement.
Harry était aux anges : Malfoy venait de placer une main sur sa nuque, l'autre sur sa hanche et leur faisait un show privé faussement sexy ! Hilares, les deux Gryffondors en profitèrent pour passer derrière lui et annulèrent rapidement le sortilège. La fouine s'immobilisa enfin, un peu destabilisée et le souffle court. C'était un cauchemar, un foutu cauchemar... Un peu effrayé à l'idée de subir un autre sort de la part d'un psychopathe, il se rapprocha rapidement de la porte quand...
"Gyah ! "
Malfoy fit un bond en avant en glapissant, les yeux exhorbités sous la surprise. Ses côtes ! On avait osé lui pincer les côtes ! Il donna un coup de coude dans le vide pour se dégager mais on le chatouilla à nouveau et il poussa un petit cri aigü.
A ce bruit peu glorieux, Ron n'en put plus et hurla de rire, plié en deux devant un préfet rouge de colère et de gêne. Merlin que le surnom "la fouine bondissante" lui allait bien !
Encore essouflé de sa danse forcée, le blond se retourna vers les bruits des deux amis et un déclic se fit dans son esprit. Un sourire mauvais prit alors place sur ses lèvres pâles, essayant de retrouver un semblant de dignité alors que ses yeux brûlaient de rage.
"Accio Cape d'Invisibilité ! "
Harry arrêta brusquement de rire. Comme dans un vieux film américain, il sentit le tissu frais glisser sur son corps et se réfugier dans la main du préfet. Encore une fois.(1)
Ron mit quelques secondes encore avant de se rendre compte qu'Harry ne riait plus et se figea en en comprenant la raison.
"Hem..."
Malfoy acceuillit sa répartie ô combien élaborée d'un sourire sadique.
"Tu disais, Potter? Après les Bombabouses, tu as décidé de jouer à l'esprit frappeur?
-Il faut reconnaître que tes cris sont tellement... Virils."Ricana Ron avec un sourire moqueur."On ne peut plus s'en passer ! "
La mâchoire de Malfoy se contracta de rage et ses poings se resserrèrent comme un étau sur la cape d'Harry. Pas bon, ça...
"Hum,"Répliqua dédaigneusement le blond."On verra qui se moquera de l'autre quand tu feras ta retenue avec Rusard. Deux retenues en une semaine, fais attention, tu ne pourras pas gober ta tonne de nourriture journalière en réduisant ainsi ton temps libre."
Le sang qui afflua sur les joues de Ron semblaient avoir été pompées à celles d'Harry, tant le rouge qui s'étalait sur son visage contrastait avec le blêmissement soudain du brun. Le Serpentard dut s'en rendre compte car son sourire s'élargit. Il fit léviter le bureau qui dérangeait l'accès à la porte et les enjoignit à sortir d'un mouvement de tête méprisant.
Les deux garçons obéirent en râlant mais se turent brusquement quand quelques étincelles jaillirent de la baguette du préfet, loin d'être aussi détendu qu'il n'y paraissait.
"Bien, j'irai informer Rusard demain que vous lui rendriez une petite visite.
-Malfoy, s'il te plaît, on a déjà celle de Rogue ! En plus, je t'avais averti que j'allais répliquer...
-C'est ça ton excuse Potty?"Ricana l'aristocrate."C'est de m'avoir averti que tu tu allais faire des bêtises plus grosses que toi? Désolé petit gryffon, ça ne fonctionne pas comme ça."
Il était dans la merde. Non, ils étaient tous les deux dans la merde. Si cela continuait ainsi, ils allaient écoper d'un blâme pour mauvaise conduite avant la fin du mois.
"Mais...
-Pas de mais le binoclard. La prochaine fois que tu veux m'impressioner avec ton chiffon, tu y penseras quand je ne ferai pas mes rondes."
Harry poussa un long soupir. Ils l'avaient vraiment vexé. Ron, lui, semblait avoir saisi la sagesse du silence, sachant que Malfoy ne flancherait pas de toute façon.
"Maintenant, retournez dans votre dortoir. Et que je nous revoie plus traîner, vous en avez assez fait ! "
L'aristocrate parut méditer une seconde puis amorça un mouvement pour cacher la Cape d'Invisibilité sous son uniforme.
"Hé ! Tu fais quoi là?"Protesta Harry, horrifié.
Il se prit la cape en pleine tête en réponse.
"Comme si quelque chose venant de toi m'intéressait."Renifla le préfet avec mépris.
Puis il leur tourna le dos, continuant son inspection comme si de rien n'était.
Il étouffa un cri de rage et accéléra le pas. Il bouillait littéralement de fureur, serrant et desserrant ses poings mécaniquement pour évacuer la tension. Il était complètement ridicule, il le savait. Il se sentait humilié et il luttait du mieux qu'il pouvait pour ne pas courir mettre son poing dans la gueule de Potter et Weasley.
Ces cons avaient réussi à lui faire peur.
Même si Drago avait su se rattraper du mieux qu'il pouvait, s'il en jugeait la tête déprimée des deux idiots, il n'arrivait pas à se satisfaire de sa victoire.
Il avait complètement perdu le contrôle. Son ventre se gela à cette pensée. Il était mort de honte. Il n'osait même pas imaginer ce qui se passerait si son père l'apprenait.
...
Il avait couiné, merde !
A suivre...
(1) dans le chapitre 1, Drago attrape aussi la cape d'Harry.
