Bonjour à toutes, bonjour à tous ! Après cette (quand même) longue absence de ma part, comment allez-vous ? J'espère que vous ne m'en voulez pas trop, mais les études ont recommencé, et du coup, faut que je bosse. Pas facile de trouver du temps, donc. Mais je vais vraiment essayer d'être plus régulière, parce que écrire pour vous me manque quand même. =)

Au programme de ce chapitre : des analyses de laboratoire, des discussions de couple, des scènes... heu... pas moralement conseillées (on va dire ça, lol.), une morgue, et des retrouvailles inattendues... ça devrait être à peu près ça. ^^

Merci à toutes celles et tous ceux qui m'ont lue et/ou reviewée : ça me fait toujours chaud au coeur d'écrire pour des gens qui apprécient ce que je fais et qui n'hésitent pas à formuler des critiques. Merci, merci !

Sur ce, bonne lecture ! =)


Réponses aux reviews :

Chou : saluuuuut toi! Merci pour ton looooog (et très gentil) message "pas à pas" : ça m'a fait super plaisir! Alors comme ça, tu t'ennuies sans moi ? *grand sourire moriartyesque* Je vais essayer de ne pas trop te décevoir et de poster plus vite : je ne voudrais pas que tu sois fâchée (ouais, on a vraiment une relation étrange, nous deux... je vais commencé à t'appeler "Sherlock" et à poser des bombes, si ça continue... mdr).

Donc, je reprends ta review. Bombe: et oui, je me devais de mettre une ptite explosion dans le 1er chapitre, quand même!- Mycroft: il aime bien insister. Surtout concernant la sécurité de son frérot... - Disputes habituelles: étant donné que Sherlock et John vivent ensemble (comme on le sait) et sont désormais... heu... amants (selon ma version ^^), je pense que Mycroft les croise régulièrement, histoire de tenir tout ça à l'oeil; ça lui ressemble bien. - Non, je n'ai quand même pas détruit tout Baker Street: ce serait dommage! - Opium: je ne sais pas si Sherlock voulait vraiment arrêter. Selon mon optique, il était dans un logique d'autodestruction ayant pour cause son ennui. C'est son frère qui a donc du prendre les choses en main... - C'est vrai que cette scène de dispute était assez dure, surtout pour Mycroft qui s'en est pris plein la figure... et pour John qui a failli être écarté! Mais bon, ça s'est plutôt bien fini. - "Holmes" : je ne me souviens plus comment Lestrade appelle Sherlock ; dans les livres, c'est souvent par son prénom. J'imaginais qu'il l'appelait indifféremment "Sherlock" ou "Holmes"; le degré d'intimité de l'utilisation variant selon son degré d'énervement (plus facile de pester contre quelqu'un en le nommant par son nom, nan? ^^). - L'animal de Lestrade: si Sherlock devait faire de l'ironie et l'affubler d'un nom d'animal... mmmh... je vais y réfléchir... le caribou me dirait bien, mais je sais pas pourquoi... - Pour les virgules : en fait, ce sont les points-virgules qui sautent. Normalement, je les vérifie, mais là, j'avais oublié de le faire... et la flemme de corriger ensuite (c'est pas bien, je sais... j'y ferai quand j'aurai le temps ^^). - Orgasme : je suis d'accord avec ton "waou". D'ailleurs, au passage, niveau orgasme, tu vas être servie dans ce chapitre (enfin... plus ou moins... lol.). - Suicide/Meurtre : non, ça ne pouvait pas être un suicide, en effet. Sinon, y'aurait pas eu d'histoire! mdr Mais Lestrade aurait vraiment, VRAIMENT voulu que ce soit un suicide. Plus simple pour lui et son ego. - "Personnellement, non" : ben... phrase drôle, mais toute vraie! Moi, je me suicide rarement dans ma baignoire... (bon, en soit, le sujet n'est pas si drôle...) - Pendentif dragon: en fait, le bijou est tombé du cou du tueur, et est tombé dans les cheveux de la victime. - Meurtrière : là, malheureusement, je dois te laisser dans le doute... homme ou femme? - Pour tes idées : alors... 1) on voit effectivement réapparaître (et dans ce chapitre) une connaissance de Sherlock, d'origine chinoise. 2) Pour sa relation avec la victime: tu n'y es pas exactement... ^^ 3) La victime qui se droguait : là encore, tu es en partie dans le vrai... et en partie pas. Ce sera plus compliqué que ça. ;)

Sinon, j'espère que j'ai publié assez vite et que tu aimeras ce nouveau chapitre! En tout cas, je te remercie pour tout: c'est vraiment génial d'avoir une telle critique! :) À bientôt! =)

HaruKuro : merci pour ton commentaire! Je suis heureuse que tu compares mon texte à un bon thriller : c'est très encourageant pour moi et ça me boost pour avancer. ^^ C'est vrai que Sherlock est énervant ; mais le jour où il ne l'est plus, ça ne sera plus Sherlock. ;) C'est aussi vrai que "reprendre les affaires" sur un cadavre, ça fait bizarre... mais rassure-toi : John ne va pas perdre son humanité ; il reste toujours le plus sensible, le plus romantique, le plus patient et le plus tendre des deux. J'espère que tu aimeras ce chapitre qui, comme je l'avais promis, est tout aussi long que le premier... mais quel boulot de faire du long! mdr Merci encore et plein de bizZz =)

Glosgow : merci pour ton mot! Oui, Sherlock est horrible... je devais pas être dans un bon jour, quand j'ai écrit ça (y'a des fois, faut pas m'embêter... grrrr... lol). Mais dans l'ensemble, je dois dire que Sherlock n'est pas réellement sympathique, dans cette fic (telle que je l'ai imaginée, en tout cas) : je vais exploiter à fond son côté sombre, manipulateur, odieux, narcissique... John va déguster! *niark* Mais (normalement) ça devrait bien finir... à moins que les personnages m'échappent et deviennent incontrôlables ! *aaaaaah... le cauchemar de l'auteur* Le début de l'enquête est énigmatique, c'est vrai : ce chapitre devrait fournir quelques indications supplémentaires, mais c'est pas la suite que ça viendra vraiment. C'est pas facile à mettre en place, parce qu'en parallèle à l'enquête, je gère aussi tout le côté "relationnel" (évolution des sentiments, doutes...). Combiner les deux, c'est un peu complexe, des fois. ;) Pour John : non, cette enquête va être très éprouvante pour lui. Pour sa relation avec Sherlock. Il y aura des cris, et des blessures (figurées), probablement. Mais je laisse planer le suspense! *niark niark niark* Oui, cette fic vient après Tea Time in London : en fait, toutes mes fics s'inscrivent dans la même chronologie (dans l'ordre : L'Affaire du Tower Bridge, Tea Time in London, Le Coucou, La Chasse au Dragon) ; comme ça, je garde toujours une logique et je fais évoluer les persos par rapport à un canevas déjà placé. (on referme le chapitre "la petite cuisine interne de Syriel", lol. ^^) J'espère continuer à publier régulièrement, en tout cas, malgré mon boulot! Merci d'être toujours là pour me lire et me reviewée: tu es super! Bonne lecture! =)

Jessica630 : merci pour ton ptit mot! J'espère que ce chapitre sera aussi riche en suspense que le précédent. J'attends tes impressions avec impatience! BizZz =)

Clina : merci pour ton commentaire! C'est chouette que tu ne sois pas fâchée pour la lenteur de mes publications... quoique... là, j'ai mis vraiment du temps avant de publiet. Tu me diras (après avoir lu celui-ci) si tu es en colère ou pas, cette fois-ci. :) C'est vrai que Sherlock se dévoile un peu plus : il essaie d'expliquer à John ce qu'il... ressent (même si le terme est discutable pour un sociopathe), mais c'est pas évident pour lui. Cette fic sera riche en psychologie et en problèmes relationnels en tout genre : la relation de nos deux tourtereaux en prendra un coup... je n'en dis pas plus pour le moment! J'aimais bien le coup du "mollusque décérébré et de la méduse" ; c'était très drôle à écrire! ^^ C'est chou que tu penses toujours à pas réveiller ta fille. *smile* Tant pis pour les indices que tu n'as pas trouvé : l'histoire se dévoilera petit à petit. J'espère que tu aimeras ce chapitre, en tout cas! Très bonne lecture et encore merci pour tes compliments! BizZz =)

Eiffel : merci pour ta review! Décidément, le "mollusque décérébré" a du succès! ;) Pour la femme meurtrière : je ne sais pas si John a raison sur ce coup... je ne t'en dirais pas plus! *méchante, hein?* Merci pour tes compliments : j'espère que tu trouveras ce chapitre aussi parfait que le précédent (tu me mets la pression, là... mdr). À bientôt!

love FMA : merci pour ton message! Tu as trouvé un des indices : un dragon, comme dans le titre (je suppose que tu parlais du pendentif). Mais il y a un autre dragon qui se cache, parmi les personnages que j'ai mis en scène (ouuuuuh, le gros indice... je suis gentille ce soir... hihihi! ^^). Il y a aussi des scènes qui donnent une partie du mobile du meurtre. Mais tu verras: les raisons se dévoileront petit à petit. C'est vrai que Sherlock est désagréable... et pervers... et... ça ne va pas vraiment s'arranger avec ce chapitre! ;) Bonne lecture! =)

The Lauloo : merci pour ton ptit mot! J'espère être toujours à la hauteur dans ce chapitre... tu m'en diras des nouvelles! Au programme: relations sentimentao-sexuelles, quelques questions existentielles, interrogatoire d'un PDG et rencontre imprévue... À bientôt! =)

Jade : merci pour ton mot! Et OUI : le chapitre 2 est enfin en ligne! Tu n'auras plus besoin de me harceler... mdr. ;) Bravo pour avoir posté ta première review: c'était pas trop dur? ^^ Je sais, je sais, mon cerveau est exceptionnel, je vais devenir le maître du monde... (nan, je ne me prends pas pour Moriarty, LOL.) T'inquiète pas pour les indices : la trame se dévoilera petit à petit. Et nan, je te les dévoilerai pas, même si tu me harcèles dans les bibliothèques! ^^ Bonne lecture, en tout cas; tu l'as bien méritée! ;) BizZz =)


Le Lóng et le Scalpel.

- St Bartholomew's Hospital, dans West Smithfield, laboratoire. 15h40 -

- Molly. Apportez un thé au docteur Watson. Et une tranche de cheese-cake. Il n'a rien mangé ce matin ; je ne voudrais pas qu'il fasse de l'hypoglycémie.

La jeune femme sortit du laboratoire avec un sourire crispé, ravie d'avoir entendu prononcer son nom. Une fois la porte fermée, John se tourna vers Sherlock, avec regard de reproche :

- J'aurais très bien pu y aller moi-même. Tu es vraiment obligé de martyriser cette pauvre fille ?

- Elle n'a rien contre.

Réglage minutieux. Dans la loupe électronique, le petit dragon d'argent prenait des proportions gigantesques. Chaque détail est important. Chaque gravure dans le métal…

- Tu n'as donc aucun remords ?

Soupir. Sherlock délaissa la loupe, braqua ses iris gris sur John, l'air profondément ennuyé. Lèvres plissées, le médecin était désapprobateur.

- Non. Je n'ai aucun remords. Je suis un sociopathe, tu l'as oublié ? Et puis, si ça lui fait plaisir de m'obéir sans rien exiger en retour, je ne vais pas vraiment m'en plaindre.

Il se repencha sur la loupe. John s'assit sur une chaise proche.

- Elle fait ça uniquement parce qu'elle est attirée par toi.

- Il me semble que toi aussi, répliqua le détective en tournant un manette.

- Ça n'est pas comparable.

- Bien sûr que si. Tu me supportes parce que tu es attiré par moi. Et tu ne t'en plains pas, à ce que je sache.

- Ce n'est pas…

- Quoi, tu oserais prétendre le contraire ?

- Non, mais…

- Tu n'es pas attiré par moi ?

- Bien sûr que si, mais ce n'est pas la…

- Et quand je te donne des ordres, tu obéis.

- Oui, mais je ne…

- Sans te plaindre.

- D'accord, mais tu…

Sherlock se rejeta soudain en arrière, un éclat de triomphe dans le regard.

- Donc, ton raisonnement ne tient pas. Tu ne peux pas me reprocher ma conduite avec Molly, avouer ensuite que j'agis de même avec toi – ce que tu acceptes sans rechigner, sans exiger que je change – et me demander ensuite d'être plus gentil avec elle, alors que mon comportement avec toi reste identique. Tacitement, tu approuves ma conduite.

Sur le coup, le médecin ne répondit rien. Il resta la bouche ouverte, essayant d'analyser le raisonnement. C'est un sophisme idiot. Il se sert d'arguments qui n'ont aucun lien pour prouver ce qu'il avance. Il ne… Un corps chaud se plaqua contre son dos ; John sursauta. Sherlock avait quitté son siège, pour venir derrière lui. Des bras s'enroulèrent autour de son torse. Un murmure langoureux, au creux de son oreille :

- Mais toi… c'est différent. Si tu n'apprécies pas ma conduite, je peux… essayer de changer. Toutefois, je ne garantis pas le résultat.

Le contact se rompit, aussi brutalement qu'il était venu. Sherlock reprit sa place. La porte du laboratoire s'ouvrit ; Molly apparut, portant tasse et part de tarte. Elle posa le tout devant John, qui la remercia d'un grand sourire, essayant de faire disparaître le rouge sur ses joues. Sherlock était si… imprévisible. L'odeur de son corps tournait encore autour de lui, envoûtante. Malgré la présence de la légiste, John sentait un puissant désir lui vriller les reins. Si elle n'était pas entrée… soupir. On a dit qu'on devait être discret. Coup d'œil à Sherlock. Discrets, tu parles ! Comme si lui était discret ! D'un commun accord – c'est du moins ce qu'il avait semblé au médecin –, ils avaient convenu de ne pas révéler leur nouvelle… relation. Du moins pour l'instant. Seul Mycroft était au courant – je suis sûr qu'il ne se prive pas d'utiliser les caméras placées dans nos chambres respectives, songea John avec une pointe de colère. Même Mme Hudson n'en savait rien, ce qui rendait certains ébats fougueux assez difficiles – il s'agirait de ne pas être trop bruyant. Constatant que Molly le regardait, John planta sa cuillère dans le cheese-cake, et tenta de chasser ses pensées.

- Vous avez du nouveau ? demanda la légiste.

Elle se tenait près de Sherlock. Aujourd'hui, sous la blouse blanche, elle avait enfilé sa petite robe rouge, celle qu'il lui avait conseillé d'acheter. J'espère qu'il la remarquera. Oh, faites qu'il la remarque ! Mais le ténébreux détective ne lui adressait pas un regard, toujours rivé à la loupe électronique. Enfin, il se redressa:

- Du nouveau, oui, en effet.

Il sortit le pendentif du plateau de la loupe, le posa sur la table.

- Ce bijou. Un dragon chinois. Sa morphologie est parlante : tête de chameau, oreilles de bovidé, cou de serpent. Ses serres sont celles d'un aigle. La crête sur son dos est caractéristique.

Sherlock se passa la main dans les cheveux ; John termina sa tasse de thé.

- Facture chinoise – vous voyez le minuscule idéogramme, à l'arrière ? Made in China. Le pendentif n'est pas ancien, et, outre qu'il est en argent pur – comme l'indique le poinçon 925 –, il ne doit pas avoir beaucoup de valeur. Malheureusement, il se vend chaque jour des dizaines de breloques semblables. Impossible donc de connaître sa provenance avec certitude.

- Pas d'empreintes ? interrogea John en finissant son cheese-cake.

Il était affamé. Sherlock secoua la tête, agacé.

- Aucune. Et même s'il restait des traces, je doute qu'elles aient résisté à une nuit passée dans une eau savonneuse. Néanmoins…

Il s'empara d'une pince fine, l'approcha du dragon :

- J'ai pu dénicher ceci.

John s'approcha, tandis ce que le détective glissait sa minuscule trouvaille sur la plaque de verre d'un microscope. Il alluma l'écran, qui refléta l'image agrandie.

- On dirait… un grain de pollen, murmura Molly.

- Tout à fait. Il ne reste plus qu'à lancer une recherche, ce qui devrait nous donner un début de piste.

Il se leva :

- En attendant, vous devriez aller voir si le Yard n'a pas laissé un cadavre pour moi à la morgue, Molly.

Il lui adressa un sourire qu'il essaya de rendre chaleureux. Puisqu'il faut faire des efforts. Pitoyable.

- Vous seriez gentille… nous vous suivons ; je dois parler à John.

La jeune femme sortit avec empressement, des papillons dans le ventre.

O°O°O°O°O°O°O

- St Bartholomew's Hospital, dans West Smithfield, laboratoire. 16h16 -

- Qu'est-ce que tu voulais me dire ?

John entrouvrit la porte du laboratoire et décrocha son blouson de la patère, un doigt sur l'interrupteur du laboratoire.

- Rien.

- Rien ? Mais alors pourquoi…

Sherlock le plaqua contre le mur. Fort.

- J'ai envie de toi. Tout de suite.

Le médecin déglutit avec difficulté ; les yeux de Sherlock brûlaient de désir. Il sentit son propre corps se réveiller. Quelqu'un pourrait venir… La petite voix de sa raison. Cet homme est impossible.

- Sh… Sherlock…

Le détective attrapa ses lèvres. Vorace. Les baisers avec Sherlock étaient à son image : possessifs, exigeants. Intenses. Le repousser fut une torture.

- Sher… lock… n'importe qui pourrait nous voir…

- Et alors ? C'est ce qui rend le jeu excitant, non ?

John frissonna sous ce regard dépravé. À son tour, il voulut le provoquer un peu, provoquer cette bouche qui dévorait son cou :

- Je croyais que… tu ne mélangeais pas travail et vie privée… Que tout élément extérieur ralentissaient tes… déductions… mmmh… aïe !

Il venait de lui mordre le cou. Si j'ai une marque… très discret, vraiment !

- Tu n'es pas un élément extérieur, John. En fait… j'ai très envie que tu deviennes un élément intérieur, si tu vois ce que je veux dire…

Sherlock frotta ses hanches contre les siennes ; le médecin écarquilla les yeux en comprenant le sous-entendu, puis attrapa les fesses de son amant. Gémissement.

- Tu es vraiment insortable, tu sais ? chuchota John. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi… ?

- Tu n'as qu'à me punir, ronronna Sherlock. Je n'ai pas vraiment été sage…

- Pas vraiment.

Les mains du détective caressaient son sexe ; il pouvait sentir leur chaleur à travers le tissu de son jean. John décida d'inverser les rôles. Assez joué ! Et tant pis pour la morale. Il fit faire volte-face à Sherlock, qui se retrouva dos au mur. À ton tour. John défit fébrilement la ceinture de cuir, tout en l'embrassant :

- Tu n'as pas du tout été sage, Sherlock.

Le bouton du pantalon. La braguette. Le détective ferma les yeux. God. Embrasse-moi encore. Touche-moi. Fais-moi toutes ces choses qui me rendent fou… John… John glissa une main dans le boxer noir, attrapa le sexe dur. Chaud. Tu es si chaud, Sherlock. Il fit passer son pouce sur le gland humide et sensible. Geignement. John eut un sourire doux. Tu es beau. Les joues rougies, les lèvres entrouvertes, la sueur collant les mèches sombres…

- Je crois que je vais te punir un peu, murmura le médecin en s'accroupissant.

Il baissa le boxer ; Sherlock rejeta la tête en arrière. Mmmh. Oui. S'il te plait. Punis-moi. Punis-moi encore. J'ai envie de ça, envie de toi… je t'aime, je t'aime à crever. La bouche chaude, la bouche délicieuse, la bouche humide s'empara de lui ; il jeta un cri muet et suppliant aux néons du laboratoire. John léchait, suçait, caressait ; les gémissements lui parvenaient, comme une douce litanie sans fin. Il aimait cette dureté contre sa langue, ce corps tremblant contre le sien, ces mains qui se crispaient dans ses cheveux. Et cette voix, comme une prière soupirant son nom. John accéléra ; Sherlock glapit de surprise. Ah! Plus vite. Plus fort. John…

- John, je vais…

Le médecin accéléra encore, envoyant des décharges de plaisir dans le corps de son amant. Encore un peu… encore… plus… C'était là, tout proche, si proche… Soudain, John s'arrêta. Cessa tout mouvement. Se redressa.

- Qu'est-ce que tu fais ? balbutia le détective.

Joues rouges et pupilles dilatées, il semblait perdu, surpris. En colère. Frustré. 'Bip'. John sourit avec calcul :

- Tu as un message.

Sherlock, boxer toujours sur les cuisses, finit par attraper le Blackberry, coincé dans une poche de son pantalon. John. J'ai envie… Son sexe pulsait douloureusement ; il lut le texto.

Le corps est arrivé. Je l'ai préparé pour vous. Je vous attends. Molly =)

Il referma le smartphone, le posa sur une table proche, sans quitter le mur où il était adossé. Regard langoureux à John. Il l'attrapa par son pull ; la fine laine était douce, sous ses doigts.

- Viens…

John s'approcha, l'enlaça. L'embrassa. Humide. Chaud. Excitant. Puis se recula à nouveau. Il remonta le boxer et le pantalon de son amant, ferma la braguette. Sherlock le fixait, les yeux écarquillés :

- Mais… tu ne… tu me laisses comme ça, en plan ?

Le médecin lui répondit par un nouveau sourire. Machiavélique.

- Tu voulais être puni, non ?

Brusquement, il se plaqua contre Sherlock, emprisonnant une nouvelle fois ses lèvres. Plaqua sa main contre la hampe dure. Le détective gémit, avança les hanches. Mais John se recula aussitôt.

- Non, non, non. Tu attendras ce soir ; ça va te faire du bien, d'apprendre la patience. Et puis, Molly nous attend.

Il ouvrit la porte, éteignit les néons. Sherlock rattachait sa ceinture, encore abasourdi.

- Je te déteste, murmura-t-il d'une voix rauque.

Le médecin étouffa un rire mental. Toi, tu es vexé.

- J'en suis persuadé, répliqua-t-il.

- Tu as intérêt à te rattraper ce soir.

- J'y compte bien.

John sortit, fit quelques pas dans le couloir. Sherlock le suivit. Tu crois pouvoir me frustrer ? Attends un peu. Décidément, il adorait les jeux.

O°O°O°O°O°O°O

- St Bartholomew's Hospital, dans West Smithfield, morgue. 16h39 -

- En dehors des lésions causées par son électrocution, elle n'a rien.

- Je m'y attendais.

Nez au ras de la peau blafarde, Sherlock était accroupi aux côtés du cadavre. Sourcils froncés : il se concentrait sur l'enquête, mais n'en oubliait pas l'affront de John. Ledit John gardait d'ailleurs aux lèvres un petit sourire d'ironie satisfaite qui le hérissait.

- Ce que je voudrais, fit le détective en se relevant, c'est que vous fassiez une analyse toxicologique complète.

- Une analyse toxicologique ? Elle est morte électrocutée…

- Je sais. On n'est jamais trop prudent. Mieux vaut contrôler complètement la situation.

Volte-face :

- N'est-ce pas, John ?

- Tout à fait.

Molly se précipita :

- B… bien, très bien. Je vais faire tous les tests.

- Parfait. Tenez-nous au courant.

Echarpe nouée.

- On s'en va, John.

O°O°O°O°O°O°O

- 5 King Street, à proximité du Royal Opera House. 16h40. -

Il poussa la porte vitrée. Le Fleur de Lotus était ouvert toute la semaine. Lorsqu'il pénétra dans la boutique, l'odeur raffinée des fleurs le ravit. Orchidées rares, roses de Chine, camélias, pivoines, lys, jasmins… tant de fragrances délicates. Dans son costume noir, il était semblable au corbeau, perché dans le jardin. Il effleura d'un doigt une pivoine rouge sombre ; la nuit dernière, elle portait la même odeur. Juste avant de mourir. Un sourire. Mouvement dans l'arrière-boutique : Sakura émergea entre deux vases de glycines. Elle le salua d'une courbette, interloquée, mais toujours fidèle à ses origines japonaises.

- Maître Lóng. Ravie de vous revoir. Je… je pensais que ce serait Steven qui…

- On m'a informé que ma livraison était arrivée. J'ai préféré venir m'en assurer moi-même, cette fois-ci.

Ce changement d'habitude était étonnant : les livraisons étaient un rituel bien réglé. La curiosité la brûlait ; la question lui échappa, s'envolant de ses lèvres :

- Il y a un problème ?

Grognement. Toujours ce sourire imperturbable. Froid. Soudain, elle eut peur.

- Rien qui ne puisse être réglé, répondit-il d'un ton cassant. La livraison, je te prie.

Toute discussion était inutile. Nouvelle courbette, crispée. Elle disparut dans l'arrière-boutique. Il la suivit, une main dans sa poche. Le scalpel était glacé entre ses doigts. Glacé et aiguisé.

Dans l'arrière-boutique, au milieu des fleurs et des pots multicolores, un paquet carré, enveloppé de papier kraft. Sourire froid. Cette livraison s'est faite attendre. Il sortit un scalpel de sa poche. Affûté. S'accroupit, glissa la lame sous le scotch. Tira un coup sec. À l'intérieur, aucun sachet ne manquait.

O°O°O°O°O°O°O

- Taxi, quelque part sur Brixton Road. 16h57. -

' The phone rings'.

- Allô ?

- Bonjour. Je m'appelle Sherlock Holmes. Je souhaiterais prendre rendez-vous avec Mr Kleber.

- À quel sujet ?

- Je suis consultant auprès de Scotland Yard. J'enquête sur la mort de Meredith Trumann.

- Mr Kleber n'est pas libre avant 19h30.

- Je serai à votre siège d'ici cinq minutes.

' Dial tone'. Sherlock se renversa sur le siège du taxi, satisfait. Il fit craquer ses doigts.

- Tu lui as forcé la main, fit John d'un ton amusé.

- Si peu. Les secrétaires d'entreprise sont rarement arrangeantes. Comme si une vulgaire réunion avait plus d'importance qu'un meurtre. Pitoyable.

Regard appuyé au médecin. Sherlock tendit son bras, jusqu'à effleurer le genou de son colocataire.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien.

Le sourire en coin envoya un frisson dans l'échine de John. La main pesa davantage sur sa jambe ; remontant la cuisse, elle laissait derrière elle une traînée chaude, sensuelle. Le médecin gigota, mal à l'aise : il suffisait au chauffeur d'un regard, dans le rétroviseur…

- Sherlock…

- Quoi ?

- Ce n'est pas très…

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

Les doigts poursuivirent leur course caressante. Effleurèrent la braguette, provoquant chez John un sursaut involontaire. Au fur et à mesure qu'ils insistaient sur cet endroit précis, le médecin sentait son désir se réveiller, l'envahir, le posséder. Le chauffeur, John. Pense au chauffeur. Ne fais pas un bruit. Un gémissement serait…

- A… arrête, murmura-t-il.

- Mais je ne fais rien.

Sherlock se passa la langue sur les lèvres. Tu as joué avec moi. Tu n'aurais pas du. Il aimait ces frissons, ces éclats de désir dans les yeux de son amant. Rien que pour moi.

- Tu vois, John, murmura-t-il à son oreille – aucune chance que le chauffeur l'entende –. Tu n'aurais pas du me provoquer…

- C'est… c'est toi qui a commencé.

Sourire.

- C'est vrai, admit Sherlock en baissant la tête.

Il ôta sa main. Malgré lui, John soupira de frustration. Le taxi ralentit, s'arrêta.

- Et je vais continuer à jouer. Nous sommes arrivés.

Il sortit. John resta immobile un instant, bluffé. Non mais… il va vraiment me laisser en plan ! Puis le suivit.

O°O°O°O°O°O°O

- Siège de Royal Chemical Industry, quartier de Brixton. 17h01 -

- Monsieur le président directeur général va vous recevoir dans un instant, Mr Holmes.

La secrétaire – une blonde platine aux ongles impressionnants – désigna d'un geste désinvolte une salle d'attente meublée de façon épurée. Malgré son sourire engageant, la femme vibrait de désapprobation :

- Il termine une réunion très importante avec les actionnaires du groupe. Votre visite impromptue a légèrement modifié son programme et…

- C'est parfait. Nous attendrons, la coupa Sherlock d'un ton froid.

Sans un regard, il entra en conquérant dans la salle d'attente, s'affala dans un fauteuil plein cuir. Soupir. John s'installa dans un autre fauteuil, résigné : passé les premiers agacements, l'impolitesse de Sherlock l'amusait. C'était étrange de côtoyer un être pour qui les codes sociaux les plus basiques relevaient davantage de l'abstrait que du bon sens. C'était… reposant. Enfin, si on veut. Le médecin attrapa un magazine qu'il feuilleta sans grand intérêt avant de le reposer. Sherlock pianotait sur son Blackberry.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Dimmock m'a demandé de jeter un œil à une affaire d'adultère qui s'est mal terminée.

- Tu fais des infidélités à Lestrade ?

- Je ne lui ai jamais promis l'exclusivité.

- Je croyais que tu ne courrais jamais deux lièvres à la fois.

- Je ne cours qu'un lièvre, fit le détective en glissant le smatphone dans sa poche. J'ai résolu le problème de Dimmock.

- En trois minutes ?

- C'était évident. Elémentaire, John.

Le médecin leva les yeux au ciel :

- Je crois que je ne m'habituerai jamais.

- Je n'ai aucune envie que tu t'habitues à moi.

L'intonation particulière de Sherlock poussa John à relever la tête ; dans les iris gris brillaient à nouveau une lueur malicieuse.

- Ce qui veut dire… ? murmura le médecin.

Sherlock s'enfonça davantage dans son siège, ravi d'avoir capté l'attention de son interlocuteur :

- Mmmh… rien de vraiment particulier. Disons que… je n'aimerais pas que tu t'habitues. Qu'une certaine… routine s'installe entre nous. C'est mauvais pour la libido, à ce qu'il paraît.

Merci à Molly et ses discours sur le couple et les relations humaines. Tout seul, il ne serait jamais parvenu à une telle conclusion. Jon éclata d'un rire silencieux. Froncement de sourcils.

- Quoi ?

Un sourire lui répondit :

- Il ne peut pas y avoir de routine avec toi. Tu es trop…

Pause.

- Trop quoi ? Exceptionnel, brillant, fantastique, merveill….

- Non. Simplement… toi.

Perplexité. Sherlock reprit avec lenteur :

- Donc… il ne peut pas exister de routine entre nous parce que… je suis trop… moi ? Ça n'a aucun sens.

Nouvel éclat de rire. Parfois, je me demande à quoi peut bien lui servir une si remarquable intelligence : il ne comprend pas le plus évident. C'était à la fois charmant et désarmant.

- Pour moi, ça a du sens. Ne t'inquiète pas. Le plus important, c'est que je ne m'ennuierai jamais avec toi. C'est drôle que tu te fasses du souci pour ça ; ce n'est pas comme si on était… ensemble depuis dix ans.

Quoique… j'ai l'impression de te connaître depuis toujours.

- Je ne me fais pas de souci, répondit Sherlock d'un ton hautain et ennuyé.

Presque pas, en tout cas. Mais il n'aimait pas apparaître en situation de faiblesse ; il n'aimait pas non plus nager dans des eaux qu'il ne maîtrisait pas. Et sa relation avec John était… pour le moins hors de son contrôle. Comme tout ce que les gens appellent « relations humaines », en fait. Il aimait John, profondément ; néanmoins, ce n'est pas vraiment quelque chose que je peux contrôler. Il ne pouvait pas contrôler leur relation, comme il le faisait avec ses enquêtes, par exemple. Et ça le travaillait.

Le médecin sentit la tension de son colocataire ; il changea de sujet à dessein, évitant ainsi de nourrir les inquiétudes du détective :

- Que vas-tu dire à Kleber ?

- Hm. Je dois en savoir plus sur la victime. Sa personnalité. Sa famille. Le décès de sa fille. Il me faut plus d'éléments.

- Tu dois la cerner.

- Oui. Ce n'est pas un suicide. C'est un meurtre, j'en suis certain. Mais le problème reste entier et sans indices supplémentaires, aucune chance de coincer le coupable.

La porte de la salle d'attente s'ouvrit sans un bruit ; la secrétaire blonde platine passa la tête dans l'entrebâillement :

- Monsieur le président directeur général va vous recevoir, Monsieur Holmes.

Aucun sourire : elle est agacée. Parfait. Ça lui apprendra. Sherlock acquiesça d'un reniflement et se leva. Il sortit John l'imita.

O°O°O°O°O°O°O

- Siège de Royal Chemical Industry, quartier de Brixton. 17h23 -

Septième étage. La secrétaire frappa discrètement au battant d'une porte de verre teinté. Ouvrit. Entra. Sherlock et John attendaient dehors, silencieux. Visiblement, quelqu'un s'était attardé après la réunion. La conversation leur parvint, étouffée :

- Monsieur Sherlock Holmes est ici, monsieur le président. Je l'ai fait monter.

- Très bien, Sally, je vais le recevoir. Monsieur Zhao, nous reprendrons cette conversation plus tard.

- Comme vous le souhaitez, monsieur le président.

Cette voix… ce n'est… des bruits de pas se rapprochaient de la porte. Sherlock se figea. Le temps ralentit sa marche. Monsieur Zhao. Zhao. Zh-a-o. Ce n'était pas le nom principal qu'il utilisait à l'époque, c'est vrai. Juste un de ses nombreux pseudonymes ; on n'est jamais trop prudent, lorsqu'on trafic des poisons rares. Pensées parasites. Je me fais sûrement des idées. Mais si…

La porte s'ouvrit en grand sur une silhouette élancée. Oh. Blouse blanche de chimiste. Mains fines et élégantes, à l'étreinte redoutable. Il avait les cheveux plus longs que dans son souvenir ; des cheveux d'un noir de jais, brillants. Un sourire dansa sur ses lèvres douces. Il me souriait ainsi, avant. Pensées parasites.

- Sherlock Holmes. Je ne m'attendais pas à te trouver ici.

La voix était chaude, pareille à celle qu'il gardait en mémoire. Un peu plus grave, pourtant. Sherlock baissa lentement la tête.

- Je suis content de te revoir, Yuan.

John se figea à son tour.


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! J'espère être plus rapide pour le prochain chapitre qui, si mes souhaits sont exhaussés, devrait être aussi long et dense que le présent chapitre. Au passage, j'espère aussi que vous ne m'en voulez PAS trop pour la fin du présent chapitre (je sais, je sais... ça va gueuler, c'est sûr... *ne me tapez pas, lol*

Sinon... quelles ont été vos impressions sur ce chapitre pour le moins... moralement douteux ?

Merci encore et à très bientôt ! =)