Bonsoir à toutes et à tous ! Au milieu de cette semaine d'étude, me voilà de retour avec un nouveau chapitre. Sombre, dur et émotionnellement chargé... vous êtes prévenus! L'enquête est mise en suspend : je développe ici les événements de la soirée, après le retour à l'interrogatoire de Kleber et le retour à Baker Street. J'espère que vous aimerez... ^^

Merci à toutes celles et tous ceux qui m'ont lu et/ou reviewé... je suis toujours aussi heureuse de vous faire partager mes petites histoires ! J'espère que ce chapitre ne vous perturbera pas trop... *smile*

Bonne lecture... =)


Réponses aux reviews :

Jessica630 : merci pour ton ptit mot ! Alors comme ça, tu n'aimes pas Yuan... comme c'est bizarre! (ironique, moi? si peu... ^^) On retrouve Moriarty dans ce chapitre, où maître Lóng se dévoile légèrement. (disons que je sème des informations...) Pour tes pronostics quant aux mots que j'ai donné: "claquement de porte", tu es dans le vrai ; "pilules" et "trafic" également. "Minauder"... je te laisse découvrir! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant que le précédent. Merci pour tout! =)

Chou : merci pour ton sympathique "pas à pas"... auquel je réponds sans tarder! ^^ Merci d'avoir été si magnanime avec moi quant à mon dernier post ; j'espère que celui-ci te paraîtra tout aussi rapide. ;) Merci également pour tes remarques (toujours judicieuses) et tes compliments (qui me font toujours rougir!). Yuan : comme je l'imagine, c'est vrai qu'il est plutôt canon. Peut-être une description dans un prochain chapitre...? John/Sherlock/Yuan : désolée, mais je ne vais pas caser le médecin avec le chimiste ; ça ne rentre pas dans mes plans. Mais je comprends ta colère envers Sherlock et ta compassion pour John. ^^ À mon avis, la suite, tu vas pas aimer. Vraiment : heu... je ne sais pas vraiment si le 2e était voulu... malgré mes relectures, il se trouve toujours des répétitions de termes que je n'arrive pas à supprimer. Prénom : et oui! j'ai pris ta remarque en compte. D'ailleurs, elle m'a permis de bien me moquer des deux Sally (je sais, c'est pas gentil...) ^^. Point-virgule : toujours un problème, ceux-là. Lóng : le dragon serait le maître de Yuan... mmmmh... piste intéressante... mais je ne vais certainement pas te révéler si elle est exacte ou pas? Pour ta proposition de fin de fic : bien que séduisante, elle n'entre pas dans mes projets. Mais c'est trop chou de l'avoir écrite en entier! ^^ J'espère que tu seras pas tristeuh que je l'utilise pas... ^^ Ah! Je viens de voir que tu avais changé d'hypothèse : Yuan n'est plus à la botte de Lóng. Ne compte pas sur moi pour t'en dire plus ! *non mais!* lol Moriarty : ouiiiii ! Je suis triste quand il est pas là. Il revient aussi dans ce chapitre. XD C'est vrai qu'il a toujours des répliques superbement dédaigneuses... *je l'aiiiiiime, mdr* Sinon, merci de ta magnanimité : une semaine pour finir ce chapitre, c'était trop! D'ailleurs, j'ai fini avant ; ça mérite une ptite félicitation, non? Allez, je te laisse lire. À bientôt et plein de bizZz =)

HaruKuro : merci pour ton message ! C'est sympa de toujours me suivre. ^^ J'espère que le présent chapitre te plaira : je sens qu'il va t'énerver... et le suivant aussi... et celui d'après encore... peut-être que tu vas me détester, mais j'espère pas, quand même... Bonne lecture et bigs bizZz =) (et je ne peux pas encore révéler QUI est la fameux dragon... tuer le suspense, à ce point du récit ? lol)

Gloasgow : merci pour ton commentaire ! Je suis contente que tu continues à te poser des questions : ça prouve que je reste assez mystérieuse et que les fils de l'intrigue ne sont pas dévoilés. ^^ Ah. Encore une qui n'aime pas Yuan ; encore une qui va (probablement) me détester... dans un prochain chapitre. Tu continueras à me lire, hein? *yeux de cocker malheureux* Pour John : oui, il est tout perdu, tout jaloux, tout frustré... quant à savoir si la situation va empirer : je te laisse lire ce chapitre. Et pour Moriarty : il est à nouveau là ; j'étais trop triste, sans lui. Allez, à bientôt et merci ! =)

Eiffel-FL : merci pour ta review ! Ce chapitre va sûrement te faire hurler, alors je préfère te prévenir... L'enquête n'avancera que très peu, mais je me rattraperai par la suite (dur, de tout mettre en scène en même temps ^^). J'espère que ça te plaira ! Plein de bizZz =)


Le Lóng et l'Araignée.

- 221b Baker Street, 18h47 -

Affalé dans son canapé, Sherlock faisait tourner entre ses doigts le minuscule dragon d'argent. Dans le fauteuil, John essayait de se concentrer sur un roman : la pluie qui battait les vitres le déconcentrait sans cesse, et les soupirs exaspérés du détective, à intervalle régulier, n'aidaient pas davantage. Il savait qu'interroger son compagnon, replié dans un mutisme boudeur, ne servirait à rien. À son tour, le médecin souffla, se concentrant sur son livre sans parvenir à oublier les événements de l'après-midi.

Sherlock s'impatientait. Tournait le pendentif. Le retournait. Caressait les fines écailles. Son esprit jonglait avec les différentes pièces du puzzle ; un peu plus tôt, il avait orné son avant-bras de quatre patchs de nicotine. John avait grogné de désapprobation. Mais c'est un problème à quatre patchs. Peut-être cinq. Nouveau soupir. Une femme assassinée dans sa baignoire. Ungrille-pain et des portes fermées à clé. Pas d'effraction. Lien probable avec l'assassin. Rapports conflictuels et sexuellement tendus avec son patron. Divorcée ; fille morte d'une crise d'asthme fulgurante. Pendentif avec grains de pollenpollen Ce dernier point le tracassait particulièrement : Molly avait promis de le prévenir dès que les résultats seraient arrivés. Cependant, le Blackberry restait silencieux. Grain de pollenpeut-être un début de piste. Tout comme les analyses toxicologiques pratiquées sur la victime. Là encore, il attendait. Et c'était in-su-por-ta-ble.

Sur la table trônait le grille-pain calciné, envoyé par Lestrade. Sherlock s'était précipité dessus, à leur retour. L'avait examiné sous toutes les coutures. Avait renoncé. Rien. Aucun signe. Pas une empreinte, même partielle. Pas une cellule épithéliale. Ni un cheveu. Depuis, le détective se morfondait dans le canapé, attendant un hypothétique mess… 'Bip'. Il bondit, laissant de côté le pendentif.

Rien trouvé dans la maison : notre homme a fait le ménage derrière lui. Comme vous l'aviez annoncé, le trousseau de la victime est manquant. Peut-être qu'elle l'a juste perdu ? Lestrade.

Sherlock leva les yeux au ciel en soupirant. Juste perdu ! Cet ours têtu ne comprendrait donc jamais ? Agacement. Il tapota le Blackberry :

Vous êtes plus borné qu'un âne bâté. Elle ne l'a pas perdu ; le meurtrier le lui a pris. J'attends le rapport de la légiste. Analyses toxicologiques complètes et grain de pollen. SH 'Send'.

'Bip'. Une analyse toxicologique? Pourquoi ? Et c'est quoi, ce grain de pollen ?Lestrade.

Nouveau soupir. John s'agitait derrière son roman ; Sherlock sentait son agacement. Ne s'attarda pas sur ces causes possibles. Le travail avant tout.

Intuition. J'ai trouvé du pollen dans les interstices du pendentif. SH 'Send'.

Pause. Son agacement à l'encontre de l'inspecteur refluait.

Je vous tiens au courant. Reposez-vous. SH 'Send'.

Il glissa le Blackberry dans sa poche, se redressa en position assise. Grimaça. Depuis que sa relation avec John avait… radicalement changé, il devenait de plus en plus humain. Aimable. Presque. Néanmoins, il préférait se convaincre que sa phrase avait une utilité purement pratique : un Lestrade reposé serait un Lestrade efficace. « Efficace » étant dans ce cas une épithète toute relative. Un 'bip' étouffé le fit – presque – sursauter.

L'analyse du grain de pollen vient de se terminer. Ça a été un peu plus long que prévu parce que nous avons eu une panne d'électricité à Bart's, peu après votre départ. Molly =)

Sherlock grogna. Une panne… allons bon ! Une stupide panne ralentissait son enquête !

Résultat ? SH 'Send'.

Instant qui paru durer une éternité.

'Bip'. Oh ! Pardon, j'avais oublié. Paeonia lactiflora. Aussi appelée « pivoine de Chine ». Variété « Irwin Altman », pour être exacte. Molly =)

Parfait. Et pour la toxicologie ? SH 'Send'.

'Bip'. En cours : la panne a tout détraqué. Vous passerez à la morgue demain ? L'analyse sera finie et je me demandais si nous pourrions aller prendre un

Sherlock ferma le message sans le lire. Ouvrit une page Internet. John lisait toujours, sourcils froncés, gesticulant de tant à autre dans son fauteuil. Il écrivit. «Paeonia lactiflora, Irwin Altman ». 13'300 résultats. Il cliqua – grosse pivoine. Couleur : rouge framboise. Herbacée. Hauteur de la plante : de 80 à 90cm. Bonne fleur à couper. Puis lança une recherche plus générale sur les pivoines de Chine. Dénomination, historique, écologie, utilisation… Quitta la page. Rien de bien intéressant : aucun symbolisme particulier, aucune utilisation secrète… La pivoine était ornementale et possédait des qualités pharmaceutiques exploitées en Chine et au Japon ; c'était tout. Il fronça les sourcils : ce grain avait visiblement atterri par inadvertance dans le pendentif. Pendentif que le meurtrier avait probablement perdu à son insu. Hm. D'un côté, un meurtrer orchestré avec un grand sang-froid et aucune trace ; de l'autre, des indices égarés qui ne servaient à rien. Maladresses de la part du tueur, ou stratagème pour narguer la police ? Nouvelle recherche : « fleuristes Londres pivoines ». Environ quinze mille résultats. Il abandonna : la fleur était trop commune pour se laisser tracer ainsi.

Sherlock s'affala à nouveau dans le canapé. La nuit risquait d'être longue. Coup d'œil à John : toujours occupé à lire – du moins, à faire semblant. Le médecin lui jetait de rapides coups d'œil ; intriguant. Mordillement des lèvres : le détective n'oubliait pas la scène de l'après-midi. Dans le taxi. Et avant… à Bart's. La nuit ne serait peut-être pas si longue. Avant qu'il ait eu le temps de se lever pour concrétiser ses envies, John ferma son roman avec un claquement sec. Bon. Maintenant ça suffit. Exaspération.

Sherlock haussa un sourcil :

- Un problème ?

Puis, sur un ton enthousiaste :

- Molly vient de m'écrire. Le pollen. C'est un grain de…

- À quoi tu jouais, tout à l'heure?

Un instant, le détective resta interloqué. Puis se reprit. Ignora la remarque. Il tremblait.

- Pollen de pivoine, donc. Malheureusement, cette piste ne nous est pas d'une…

- Sherlock ! Pour une fois, j'aimerais que tu répondes.

Aïe. Le ton maîtrisé, le ton d'adulte responsable et bien dans ses chaussettes, le ton calme que John comptait adopter s'était fait la malle. Vitesse grand V. Le détective s'étira, fuyant son regard. Sur la table basse, une tasse de thé. Vide. Ah. Il l'attrapa, se leva, pénétra dans la cuisine. Il faut jouer avec finesse. Après avoir versé de l'eau dans la bouilloire, il alluma le gaz, s'appuya contre la cuisinière. Le médecin le suivit.

- Je t'ai posé une question.

- Hm ?

Feindre l'ignorance suffira. Il ne va pas s'obstiner. Inspiration crispée du côté de John.

- À. Quoi. Tu. Jouais. Tout à l'heure. Exactement. ?.

- À rien. Je faisais mon travail. Interrogatoire, questions de routine. Enquêter. Déduire. Coincer des criminels. Tu te souviens ?

Ne commence pas à me prendre pour un crétin ! L'ironie, très peu pour moi. Grondement de John :

- Je ne parlais pas de ça. Avant. Avant d'entrer dans ce foutu bureau !

- Et bien ?

Continuer, faire comme si de rien n'était. L'orage va s'éloigner. Sherlock était sur une enquête, et, dès lors, Sherlock détestait les disputes. Ralentissent inutilement le travail. Insupportables. Il s'approcha de John, aguicheur, lui vola un baiser :

- Je dois attendre les résultats du labo ; ils n'arriveront pas avant demain. J'ai toute la soirée. Tu dois te faire pardonner pour cet après-midi…

Mordilla le lobe de son oreille. John le repoussa sèchement. C'en était trop: il envoya sur les roses le pseudo-contrôle de soi, l'adulte bien dans ses chaussettes, l'esprit d'ouverture et de discussion nécessaire à la survie de n'importe quel couple – enfin, n'importe quel couple où le partenaire n'est pas Sherlock Holmes. Il envoya même balader sa patience légendaire. Il explosa. Littéralement.

- Ne. Te. Moque. Pas. De. MOI !

- Je ne me moque pas.

- Arrête. C'est insupportable !

- Je ne fais que constater les faits : je ne me moque pas. En fait, je ne comprends pas de quoi tu parles.

Tant de mauvaise foi est-elle vraiment possible ? Pendant un instant, John hésita, sur le point de le frapper ; la colère et la jalousie lui faisaient perdre le contrôle. Mais il préféra les mots. Vestige du contrôle de soi.

- Alors toi, tu revois un de tes ex, comme ça, sur le palier d'un bureau. Comme si de rien n'était ! Tu lui souris, tu lui parles, alors que ça fait sept ans – sept ans, Sherlock – que vous ne vous êtes pas vus ; non, toi, tu discutes allègrement, tu fais les yeux doux – alors que je suis juste à côté, Sherlock ! –, tu minaudes avec un homme qui – dois-je te le rappeler ? – il y a deux mois encore te contactait pour – c'était quoi les mots, déjà ? – ah oui ! « avoir de tes nouvelles » – franchement, c'est quoi comme proposition, ça ? « Avoir de tes nouvelles » ? Plutôt renouer avec les « bons moments » que vous avez eus en Chine, non ? – bref, un homme qui, j'en suis sûr, n'est pas quelqu'un de très recommandable – petit-neveu d'une célèbre trafiquante de poisons, poisons qu'il manie, d'ailleurs, et je te cite, avec une « dextérité sans pareille » ; pourquoi pas trafiquant lui-même, tant qu'on y est ? – enfin bon, un homme sur lequel, visiblement – et malgré le texto que tu m'as demandé d'écrire, il y a deux mois – tu as du mal à tourner la page…

Respiration. Sherlock attendait le couperet final. Mauvaise analyse : l'ignorance était un plan exécrable.

- Tu minaudes avec lui devant moi. Devant moi, Sherlock. Et tu ne comprends pas ? Mais c'est quoi ton problème ?

Le détective fixa John un moment. Estomaqué par la diatribe éclatée qui venait de le frapper. Impressionnant. Il n'a aucun génie pour noter les détails, les indices les plus infimes, ou pour reconstituer des pisteset citer de tête des bribes de conversations vieilles de deux moisdans quel but ? Un éclair traversa l'esprit de Sherlock. Oh. C'est ça.

- Tu es jaloux, fit-il avec calme.

Grincement agacé.

- Bravo ! Brillant ! Belle déduction, vraiment ! Tu m'impressionnes. Et maintenant, s'il te plait, pourrais-tu m'expliquer pourquoi, pourquoi, nom de Dieu, tu minaudais comme ça avec ce type ?

La jalousie agissait sur le médecin comme un puissant booster. Debout au milieu de la cuisine, John fulminait, tremblait, transpirait. Il attendait une réponse. Malheureusement, Sherlock en ignorait la teneur : qu'est-ce que ses semblables répondaient à ça ?

- Je ne minaudais pas.

Pathétique. Langage d'adolescent. Tu es un idiot. Mais John était trop en colère pour ironiser sur la phrase : la tension contenue durant l'interrogatoire de Kleber se déversait hors de lui, à présent.

- Tu ne minaudais pas ? Ah, excuse-moi : tu me qualifies de collègue devant lui – autant te proclamer tout de suite célibataire ! Avant, au moins, j'étais un ami.

- Ce que tu démentais fortement. C'est toi qui préférait le terme « collègue ».

- Tu… je… ne commence pas avec ça ! C'était différent ! La situation était différente ! Aujourd'hui nous sommes… nous sommes…

Ensemble. Du moins je croyais.

- On a été clair là-dessus, continua Sherlock. Ne pas afficher officiellement notre relation. Mauvais pour la crédibilité professionnelle. C'est ce qu'on avait dit. Tu étais d'accord.

Il essayait de paraître imperturbable, malgré le sol qui s'effritait sous ses pieds. John, lui, se sentait de plus en plus frustré.

- Je sais ! Mais… quand même ! Quel besoin tu avais de faire cette précision devant lui !

Sherlock sentit la colère monter, trop vite pour la contrôler :

- Oh. Et que voulais-tu que je dise, alors ? Je te rappelle que j'ai envoyé un texto, pour toi, pour couper les ponts avec lui définitivement. Pour te faire plaisir. En le voyant, qu'est-ce que j'aurais du lui dire ? « Bonjour. Comment vas-tu, après tout ce temps ? Voici le docteur Watson ; je m'envoie en l'air avec lui toutes les nuits. » ?

Sa voix sonnait, rauque et froide. Comme si quelqu'un d'autre prononçait les mots. Il avait envie d'être vulgaire, de faire mal à John, de lui enfoncer sa jalousie dans la gorge. D'hurler que ce n'était pas vrai, qu'il n'avait pas minaudé, qu'il n'avait pas eu l'intention de tenter quoique ce soit, qu'il n'était pas un bel animal appartenant uniquement à John… En cet instant, il exécrait cette relation : elle lui coupait les ailes, l'empêchait d'être libre, lui demandait l'exclusivité, l'obéissance, la soumission, le respect, la… Tu détestes vraiment ça ? Il ne savait plus, et tremblait lui aussi de rage. La bouilloire sifflait ; l'eau fumante giclait sur la cuisinière, sans qu'il s'en préoccupe. En trois pas, il fut face à John :

- C'est ce que tu voulais que je dise ? « Il me baise sauvagement, comme jamais tu n'as su le faire. Avec lui, je t'ai oublié, parce que sa queue est bien plus grosse que la tienne. Parce qu'il me donne du plaisir comme jamais. » Hein ? C'est ce que tu voulais, John ? Que je lui dise à quel point je suis à toi, à quel point j'aime que tu jouisses en moi, que tu m'embrasses, que tu me mordes ? Une telle déclaration aurait renforcé ta virilité, ta confiance en toi, hein ? C'est ce que tu attendais ?

Que je lui dise à quel point je t'aime. À quel point j'ai mal que tu sois jaloux. À quel point je n'arrive pas à t'avouer ces choses, toutes ces choses que j'ai sur le cœurc'est ce que j'aurais du dire ?

Un grand silence suivit. John avait la tête qui tournait, abruti par la colère et les aveux de Sherlock. J'aurais vouluque tu montres que tu m'aimes. Que tu tiens à moi. Que tu essaies. Juste une fois. Les mots du détective raisonnaient toutefois en lui ; une poussée de sang le prit :

- Donc, tu as couché avec lui ?

Imbécile ! Tu n'as vraiment pas compris ? Ne continue pas ; arrête ! Sherlock enchaîna, marchant de long en large.

- Bien sûr que j'ai couché avec lui ! Mais tu le sais, non ? Au fond de ton petit esprit étriqué, ton petit esprit de médecin prude qui a si bien servi la Couronne, tu as bien du t'imaginer ce que les « bons moments » passés avec lui signifiaient ?

- J'espérais que…

- Ah, tu espérais ! Et bien détrompe-toi, John. Les humains répondent à des impératifs biologiques, et donc, malheureusement, j'y suis moi aussi soumis. J'ai baisé avec lui, tu entends ? Baisé. Et c'était bon. Ensuite, je suis parti. C'est comme ça, et c'était il y a sept ans. Je ne te connaissais pas tu ne me connaissais pas. Je ne te dois rien. C'était avant. D'ailleurs, tu as sûrement plein d'ex cachées dans les placards, non ?

- Moi, je ne les drague pas sur le palier d'un bureau. Et encore moins devant toi !

- Je. N'ai. Pas. Dragué !

- Je ne les ai jamais revues. Mais toi, tu as délibérém…

- Oh, pardon ! Il est évident que j'étais au courant qu'il travaillait pour l'homme que j'allais questionner ! Bien sûr ! Je n'avais rien de mieux à faire que vérifier ce détail. Peut-être aurais-je du l'ignorer, ne pas le saluer, faire comme s'il était invisible ! Jolie réaction avant d'interroger un suspect ; un comportement immature, pour ménager ta sensibilité, John. Ta stupide sensibilité !

- Ce n'est pas…

- En plus, tu es ridicule. Tu ne revois plus tes ex ? La belle affaire ! Et Sarah, alors ? Tu la vois bien tous les jours, sans que j'en fasse une malad…

- On n'a jamais été ensemble !

- C'était tout comme ! Tu crois que je ne vois pas son regard, lorsque je passe à la clinique ? Seulement, je ne dis rien, je ravale mon ego, moi.

- Pour une fois !

- Ne t'aventure pas sur ce terrain. Tu n'es pas de taille, mon amour.

Le mot avait été craché. Presque vomi. Sherlock y avait mis toute sa rancœur. Sa haine. Haine contre John, contre lui-même, contre l'amour. Haine contre la peur qui lui tordait le ventre à l'idée que le médecin puisse le quitter. L'abandonner. Seulement, les phrases allaient plus vite que ses pensées : elles sortaient toutes seules, sans qu'il puisse les retenir. Ressentir des émotions aussi intenses était rare, chez lui ; lorsque c'était le cas, le résultat se révélait dévastateur et dangereux. Je ne veux pas te faire de mal. Alors ne parle plus. S'il te plait. Arrêtons-nous maintenant. Mais ces mots-là ne sortaient pas. John croisa les bras, méprisant.

- C'est toi qui es ridicule. Et pathétique. Il faut que nous nous engueulions pour que tu me fasses une déclaration.

- Je suis un sociopathe de haut niveau. Tu t'attendais à autre chose ?

Haussement d'épaules. L'amertume grinçait sous les dents du médecin ; il se sentait froid, dévasté. Même la jalousie avait reflué. Il ne voulait plus de cette dispute. Il fit un pas vers Sherlock, partagé entre l'idée de s'excuser et de l'embrasser. Ce qui suivit l'arrêta net.

- Tu n'aurais jamais du emménager ici. Je croyais que tu me faisais confiance. Visiblement, ce n'est pas le cas.

La brûlure de la rage reprit John.

- C'est ce que tu penses ?

- Oui.

Non.

Le médecin marcha jusqu'à la patère, décrocha son blouson. L'enfila. Non. Ne...

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je pars.

Non. Ne me…

- Tu pars ?

- Oui. Je m'en vais. Puisque je n'aurais jamais du emménager, je pense qu'il vaut mieux pour nous deux que je ne dorme pas là ce soir. Tu auras tout loisir de…

te caresser en pensant à lui. Jouir en pensant à lui. La fin de la phrase se noya dans les méandres de son esprit. Cependant, il ne put s'empêcher de rajouter :

- Je serai chez Sarah.

- Tu vas coucher avec elle ?

John ne répondit pas. Pauvre type. Lorsqu'il saisit la poignée de la porte, ses mains tremblaient. Sherlock posait sur lui un regard intense, dur. Répéta, plus fort :

- Tu vas coucher avec elle ?

Non. Ne me laisse…

Silencieux, John ouvrit le battant de bois. Tomba nez à nez avec Mme Hudson. Ou plutôt, nez à oreille : la logeuse écoutait aux portes.

- Madame Hudson, grogna John en la contournant.

Elle sursauta :

- Je… j'ai entendu du bruit. J'étais juste venue pour…

John l'ignora, dévala les escaliers menant au perron. Sherlock sortit de l'appartement, s'agrippa au chambranle de la porte :

- John. Reviens.

Aucune réponse. Le médecin ouvrit la porte de l'entrée. Sortit dans la rue.

- John ! JOHN !

La porte se referma. Claquement sec. Ne me laisse pas.

O°O°O°O°O°O°O

- 221b Baker Street, 20h03 -

Les pensées désertaient son esprit. Lentement.

Il agrippait toujours le chambranle de la porte, si fort, que les jointures de ses doigts blanchissaient ; si fort, qu'il avait mal. Il n'y prêtait pas attention. Il fixait la porte de l'entrée. Le claquement résonnait toujours, refusant de retomber dans ce petit hall d'entrée trop étouffant. Il est parti. John est parti. Une main, sur son bras. Il tourna des yeux hagards. Mme Hudson. Elle avait un air doux, calme.

- Mon petit, dit-elle.

Tendrement, s'adressant à un oiseau blessé, une créature qu'il ne faut pas effrayer.

- Vous voulez une tasse de thé ?

Elle ne prononça pas de paroles superflues. Pas de « ça va s'arranger » rose guimauve. Pas de dégoulinant « mais bien sûr qu'il vous aime encore ». Rien. La logeuse ne dit rien de cela, parce qu'elle savait bien qu'en matière de cœur, les banalités n'ont pas la place. On ne va pas mieux grâce aux clichés. Elle proposait juste un thé, un peu de chaleur humaine.

Silencieux, Sherlock secoua la tête, déclinant l'offre. Rentra dans l'appartement déserté. Ferma la porte derrière lui.

- Merci.

Mme Hudson baissa la tête avec tristesse. L'amour, elle connaissait. C'était moche. Ça faisait mal.

O°O°O°O°O°O°O

- Outer Circle, 20h07 -

Joues rouges, souffle court, John atteignit Outer Circle, qui longeait Regent Park. Ses mains tremblaient et la colère, l'odieuse colère qui l'avait chassé de chez lui, mordait ses veines. Méchamment, elle secouait son cœur entre ses crocs, hyène féroce et gloussante. Ah ! C'est comme ça ! Ah ! Je n'aurais jamais du emménager, hein ? Il fit volte-face dans la rue, se tournant vers Baker Street qu'il venait de quitter :

- Mais cours le rejoindre, puisqu'il est si merveilleux ! Vas-y ! Moi, je m'en FOUS !

Les passants le regardaient, désapprobateurs. Les coups d'œil noirs qu'il leur jetait les dissuadaient : approcher un tel homme serait la dernière chose à faire. Il pouvait sentir le blâme muet des inconnus ; il s'en moquait. Seule l'image de Sherlock s'imposait devant ses yeux, sans qu'il sache s'il voulait la frapper, la détruire, ou au contraire l'enlacer.

Marchant à grands pas, il hésitait. Retourner, revenir… non ! Ce n'est pas à moi de revenir, pas à moi de m'excuser. Pas encore ! Sherlock obtenait toujours ce qu'il voulait, il le pliait à ses moindres caprices. Pas aujourd'hui ! Aujourd'hui, il s'est cru plus malin, il a fallu qu'il minaude devant moieh bien, il a eu ce qu'il méritait ! John n'était pas un caniche, un toutou docile attendant le bon vouloir de môsieur le détective consultant, ah ça non ! John était un être humain, il avait des sentiments, lui, il ressentait des choses, luipas comme certains ! Il n'avait pas peur de s'engager, de montrer ce qu'il ressentait… pas seulement au lit, mais tous les jours ! Est-ce que Sherlock lui avait une seule fois montré de la tendresse ? De l'affection ? Jamais ! En dehors du plumard, franchement, est-ce que notre relation a vraiment changé ? Non. Oui. Il ne savait plus. Il avait l'impression que Sherlock se servait de lui, l'utilisait. Sherlock ne ressentait rien, ne pouvait rien ressentir ; il se contentait de jouer avec les gens, quoiqu'il en dise. La conversation qu'ils avaient eue dans le taxi en allant rejoindre Lestrade, lui sauta à la gorge.

« Mais toi, tu n'es pas un jeu. Tu es… je ne sais pas vraiment comment te qualifier, en fait. Je sais juste que tu n'es pas un jeu. »

Il n'était pas un jeu, hein ? Drôle de façon de le montrer, en tout cas ! Rageur, il flanqua un coup de pied dans une canette vide, qui fit un vol plané sur le trottoir. Sortit son téléphone. La colère se refroidissait, sans le quitter. Il fallait qu'il trouve un point de chute ou il allait finir dans un bar.

J'ai un problème. Je peux passer la nuit chez toi ? John. 'Send'.

Une vingtaine de seconde s'égraina.

'Bip'. Oui, viens quand tu veux. J'ai fait des pâtes. Tu pourras manger. Quel problème ? Sarah

Mon Dieu ! Cette femme était une sainte ! Malgré la situation, son cœur fit un bon de joie.

C'est compliqué. On s'est engueulé. John. 'Send'.

Pas besoin de préciser avec qui il s'était engueulé.

'Bip'. Je t'attends. Sarah

John remonta le col de son blouson, et disparut dans la nuit d'octobre.

OO°O°O°O°O°O

- 7 Long Acre, 20h11 -

'Somebody knocked on the door.'

Le battant s'ouvrit sur un homme tremblant. La quarantaine, vêtu d'un jean sale et d'une chemise blanche douteuse. Il s'effaça avec déférence devant son visiteur.

- Maître Lóng, murmura-t-il. Je suis ra…

- Epargne ta salive.

La voix glacée coula le long de son dos ; il se crispa.

- La livraison est prête ?

Obséquiosité précipitée :

- Oui, maître Lóng. Trois-mille-deux-cent pilules. Comme convenu. Ed m'a bien aidé, pas vrai, Ed ?

Un grognement, dans les profondeurs sombres du bureau, lui répondit.

- Elles sont toutes là, sur la table.

Le dragon s'approcha, un fin sourire plaqué sur son visage. Il détestait cet homme, sa servilité répugnante. C'était un arriviste, un profiteur dont il fallait se débarrasser au plus vite. Les plaquettes étaient rangées dans une caisse cartonnée, bien protégées dans leurs boîtes. Il en attrapa une, l'ouvrit, présenta les pilules à la lumière de l'ampoule unique qui éclairait la pièce. Parfaite. On aurait dit une vulgaire plaquette d'aspirine. Même l'emballage semblait authentique, affichant fièrement les logos pharmaceutiques prestigieux. Maître Lóng se tourna vers l'homme :

- Bien. Je suis satisfait de ton travail.

L'homme s'inclina nerveusement.

- Oh… ! Me… merci, maître Lóng.

Geste lent ; le dragon posa sa mallette sur la table. L'ouvrit. En sortit deux enveloppes épaisses, un bocal opaque, une paire de gants de chantier. Très épais.

- Votre paiement, fit-il d'une voix nonchalante. Comme convenu : un chèque en blanc chacun. Encaissable partout.

Son trafic était florissant ; il pouvait se permettre des largesses avec les intermédiaires : ne dit-on pas que le silence est d'or ? L'homme attrapa une des enveloppes ; maître Lóng donna la deuxième au dénommé Ed. Puis dévissa avec lenteur le couvercle du bocal.

- Comme je te l'ai dit tout à l'heure au téléphone, un incident s'est produit hier.

L'homme faillit lâcher son enveloppe ; il tenta de faire bonne figure :

- Ah. Oh. D'accord. Quelque chose de grave ?

- Quelque chose de regrettable. De très regrettable.

Le dragon enfilait les gants, à présent.

- J'ai l'impression, reprit-il sur le ton de la conversation, que quelqu'un cherche à me doubler.

- Vous doubler ? Mais…

- Des plaquettes se sont retrouvées chez la mauvaise personne, il y a quelques mois. Nous avons failli être découverts. J'ai du employer la méthode forte.

Il renversa le bocal opaque dans sa main, avec douceur. L'homme transpirait.

- La… la méthode… forte ? Je ne vois pas ce que…

Lóng s'avança ; il y avait quelque chose, dans sa main droite, quelque chose qui remuait faiblement. Il continua :

- L'obstacle a été éliminé. Mais je n'aimerais pas savoir qu'un de mes intermédiaires joue en free-lance dans un autre préau que le mien. Ce n'est pas vraiment ton genre ?

- Moi ? Ja… jamais. J'ai pas…

- Si c'était le cas… s'il s'avérait que quelqu'un a été trop gourmand… que quelqu'un s'est fait recruter par la concurrence dans le but de me nuire… Je pourrai devenir… irritable. Tu comprends, bien sûr ?

- B… bien sûr.

- Parfait.

Le dragon était à quelques centimètres de lui, à présent. Il posa sa main droite sur l'épaule de l'homme, près de l'encolure de la chemise.

- Certaines mygales ont la capacité de sentir la chaleur dégagée par un corps ; tu le savais ? L'odeur de la transpiration les attire comme un aimant.

Une chose bougeait sur l'épaule de l'homme. Il la sentait. Qu'est-ce que c'était ? Maître Lóng étira ses lèvres dans un sourire sans joie :

- Ne bouge pas trop. Tu pourrais l'énerver.

Une brûlure, une morsure, juste dans sous cou! Il poussa un cri, se rejeta en arrière, main pressée contre sa peau. La chose qui se tenait là venait de tomber au sol. Le dragon se pencha, la ramassa, puis l'enferma à nouveau dans le bocal opaque.

- L'Atrax robustus est sans doute la plus mortelle des mygales : son venin est un puissant neurotoxique. Très virulent chez les primates. Tu ne devrais pas tarder à ressentir les premiers effets.

Chaudtête qui tourneje vais tomb l'homme trébucha, s'agrippa avec peine au bureau, s'écrasa au sol.

- Bien sûr, il existe un antidote. Efficace, si on l'administre dans l'heure suivant la morsure. J'en ai toujours avec moi.

Lóng sortit une minuscule fiole de sa poche. L'homme voulut se traîner vers lui ; ses muscles ne répondaient presque plus. Il supplia :

- S'il vous plait… maître Lón

- Tu vas d'abord répondre à mes questions.

Le dragon prit place sur la chaise du bureau, croisa les jambes. Ses cheveux noirs se découpaient, en contre-jour de l'ampoule solitaire. Dans un coin de la pièce, Ed retenait son souffle.

- Parle. Vu ta réaction au téléphone, tu dois avoir des choses à dire.

- Je ne… sais… rien…

Lóng jouait avec le couvercle du bocal opaque :

- Une deuxième morsure serait très douloureuse et précipiterait ta mort. Je ne suis pas sûr que l'antidote soit assez puissant cette fo…

- D'acc… d'accord…

Voix faible, haletante. Le dragon ne se laissa pas émouvoir. Il posa la question ; celle pour laquelle il était venu jusqu'ici.

- Comment Meredith Trumann est-elle entrée en possession d'une plaquette trafiquée ?

- J'en ai… vendu une à sa fille… il y a... environ neuf mois.

- Anne ?

- Ou… oui. Elle était étudiante… Imperial College London… première année de médecine…

- Tu lui as vendu de la cocaïne ?

- Non. Elle savait pas… c'était quand je bossais encore à l'infirmerie du campus. Elle est arrivée… maux de tête… je lui ai filé une plaquette…

- Pourquoi une de celle-là ?

Silence. Le dragon dévissa le couvercle du bocal ; l'homme eut un râle :

- On… on m'a payé ! Pour que je lui donne une plaquette de cam'… elle a cru que c'était de l'aspirine… et deux jours après, j'ai appris qu'elle était morte… crise d'asthme…

- Qui t'a payé ?

- Je sais pas.

- Pourquoi elle ? Pourquoi Anne ?

- Je sais pas !

- Tu mens.

- Je vous jure !

L'Atras robustus sortait paresseusement du bocal, avançait sur la table. Au milieu de ses douleurs, l'homme eut un sursaut de terreur :

- Pour vous atteindre… ! Il voulait… Votre trafic l'agace... Vous empiétez sur son territoire… alors il… vous a mis des bâtons dans les roues…

- Qui ça ?

- Je ne sais pas ! Il m'a jamais dit son nom ! Mais il savait que… Meredith travaillait à Royal Chemical Industry… il savait que Kleber ferait appel à Sherlock Holmes…

Le dragon se rejeta en arrière. Par terre, l'homme agonisait.

- L'antidote… s'il vous plait…

Mygale à nouveau dans le bocal. Lóng lui lança la fiole minuscule :

- Ceci ? C'est simplement de l'eau.

Un cri de désespoir lui répondit. Le dragon attrapa l'enveloppe qui contenait le chèque, l'arrachant des mains crispées du mourant. Il la tendit à Ed :

- Félicitations. Vous venez d'être augmenté. Balancez le corps dans la Tamise. Soyez discret, ou vous le regretterez.

Ed pencha la tête : pas besoin de le lui dire deux fois.

O°O°O°O°O°O°O

- Quelque part, dans Covent Garden, 20h53 -

Le puzzle apparaissait peu à peu dans sa tête, tandis ce qu'il marchait d'un pas énergique dans ce quartier si familier.

Anne… achetant ce qu'elle croyait être un paquet d'aspirine. Morte d'une overdose accidentelle. Son asthme sans doute amplifié les effets de la cocaïne. Meredith… découvrant par hasard, neuf mois après, les pilules trafiquées. Il se souvenait de leur discussion, la nuit où elle s'était rendue compte du pot-aux-roses. La baignoire il avait fallu éliminer Meredith ; dommage, elle était brillante. Le grille-pain avait parfaitement joué son rôle. Un instant, il avait cru que le meurtre passerait inaperçu. C'était sans compter Sherlock Holmes. Il s'était douté de la présence du détective, sur l'enquête : Kleber n'avait-il pas été sauvé par Holmes ? N'était-ce pas logique qu'il fasse appel au consultant, dédaignant le Yard ? Lóng hocha la tête.

Sherlock Holmes. La prudence était de mise : il connaissait la réputation du détective ; une efficacité effroyable, des déductions à toute épreuve. Le jeu était serré.

Il crispa son poing dans la poche de son manteau noir. Il restait un détail, un point qu'il ne parvenait pas à éclaircir. Le commanditaire. Qui était-il ? Pourquoi s'immiscer dans mon trafic ? Visiblement, c'était un gros poisson ; un très gros poisson, avec des moyens supérieurs aux siens. Quelqu'un qui n'aimait pas qu'on lui fasse concurrence. Le dragon n'avait pas peur ; ce sentiment lui était étranger. Non. En fait, il était impatient. Il attendait la suite.

'Bip'. Sursaut. Il sortit de sa poche un smartphone élégant. Expéditeur inconnu. Ouvrit le texto.

Joli, le coup de la mygale ; je n'en attendais pas moins de votre part. Cependant, vous devriez lâcher l'affaire : vous n'êtes pas de taille contre moi, et Sherlock Holmes finira par vous avoir. Abandonnez. M

Rictus hautain. Il écrivit.

Se cacher derrière une initiale est une lâcheté bien pathétique. Qui êtes-vous ? Lóng 'Send'.

'Bip'. J'apprécie votre humour : pour un homme qui se dissimule derrière le sobriquet de « dragon », vous êtes particulièrement donneur de leçons. M

Vous parlez donc mandarin ? Lóng 'Send'.

'Bip'. Entre autre. Méfiez-vous. Je vous ai à l'œil. M

Je tremble de peur. Lóng 'Send'.

Silence. Dernier message.

'Bip'. Ne touchez pas à Sherlock Holmes. Je n'aime pas prêter mes affaires. M

Le dragon referma son téléphone avec un ricanement sec. Continua sa marche à travers Londres encombrée. Sans apercevoir les viseurs rouges des snipers, dans son dos.


Voilà... ouf, ce looooong chapitre est fini! J'espère que vous avez apprécié: ce n'est pas souvent que j'écris quelque chose d'aussi long. Que pensez-vous de la disputes explosive entre nos deux héros ? S'arrangera... s'arrangera pas...?

Voici quelques mots qui annoncent le chapitre suivant: bouteilles, discussion sms, pâtes, surveillance, confidence... J'espère que vous avez l'eau à la bouche! J'attends vos impressions (bonne ou mauvaise) avec impatience...

Merci encore à toutes et à tous!

À bientôt ! =)