Rating: M. Je ne sais pas encore jusqu'où ça va aller, mais je préfère, à cause des thèmes cités ci-dessous.
Warnings: maladie, hôpital, angst, thème du suicide, jurons, YAOI (homme/homme).
Paring: Zack x Cloud
Disclaimer: Zack et Cloud sont à Square Enix, les docteurs et l'infirmière à moi. Comme ça, tout le monde est content ^^ (pas vraiment en fait mais bon... XD)
Notes de l'auteur: Pas de grosses modifications pour ce chapitre, les notes d'auteur sont également les mêmes. Petit chapitre pour exposer la vie de Cloud à l'hôpital et son état d'esprit. On ne verra pas Zack avant le chapitre 3, mais il est mentionné dans celui-ci. Cloud pense à lui, d'une manière ou d'une autre...
Bonne lecture à tous !
Hold On - Chapitre 2
Quelques jours passèrent monotonement pour Cloud, entre les scéances chez la psychiatre, avec qui il s'entendait nettement mieux, les entrevues encourageantes avec la nutritioniste, et les repas dont il choisissait soigneusement ce qu'il allait manger, de préférence le dessert. Les médecins étaient confiants, il était sur la bonne voie même si ce n'était pas grand-chose. Des toutes les façons, Cloud se moquait bien de prendre du poids ou non – même si le but était qu'il en prenne, et qu'il était cet avis. Il ne s'était pas arrêté de manger pour maigrir, mais parce qu'il n'en avait plus envie, tout simplement. Après la mort de sa mère, il n'avait plus goût à rien, et la simple pensée de manger lui donnait la nausée. Mais il ne s'était jamais, jamais, fait vomir. Mais curieusement, en ce moment ça allait. Il regarda donc le plateau en face de lui, et examina ce qu'on lui proposait. Il laissa de côté la salade, prit quelques bouchées de purée et de steack, avant de porter son attention sur le dessert. Trois boules de glace à la vanille avec des Smarties. Cloud en salivait presque. Alors, très lentement, il porta la cuillère à sa bouche, et répeta l'opération plusieurs fois, jusqu'à ce que le bol soit fini.
C'est ici que les choses se compliquèrent. Cloud, dont l'estomac était déjà trop rempli et un peu barbouillé par la glace, se rappela tout d'un coup de l'existance du berlingot maudit, qui attendait bien sagement d'être mangé, en haut à gauche du plateau. Omnibulé par la glace, Cloud avait oublié qu'il était obligé de garder de la place pour le berlingot qui contenait un mélange multivitaminé et hypercalorique nécessaire à son rétablissement.
Plus Cloud fixait le berlingot, et plus il se sentait mal, sentant son déjeuner remonter. Il lutta pour se calmer et tout garder dans son estomac, respira très fort, et finit par envoyer valser le plateau par terre pour ne plus du tout avoir de nourriture sous les yeux.
"Siloé !" Appela-t-il.
Alertée, l'infirmière se précipita dans sa chambre et le trouva aussi blanc qu'un cachet d'aspirine, une main crispée sur son ventre et l'autre sur sa bouche. Elle entreprit alors de faire reposer son dos contre les nombreux coussins du lit et lui mit un linge humide sur le front.
"Respire fort, Cloud. Ca va passer."
"Je… Je vais mourir… La pièce tourne," gémit-il.
"Ferme les yeux et détends-toi. Je vais nettoyer ça."
Cloud suivi son conseil tout en l'écoutant ramasser la vaisselle qu'il avait cassée. Se sentant mieux, il décida de parler.
"Je suis désolé, pour… le plateau. Je supportais plus la vue de la nourr– urgh !"
Nouveau spasme de la part de son estomac.
"Raconte-moi ce qu'il s'est passé," lui proposa Siloé.
"J'ai mangé un peu du plat, et toute la glace. Je me sentais un peu barbouillé mais j'étais content d'avoir réussi à finir. Et là, j'ai vu le berlingot, et… j'ai eu envie de vomir." Il se passa le linge désormais tiède sur tout le visage, mais elle le lui retira des mains.
"Je vais le remouiller," lui dit-elle en souriant.
"D'accord."
Un bruit d'eau s'en suivit.
"Cloud ?"
Elle l'appelait de la salle de bain, à quelques mètres du lit.
"Oui ?"
"Je suis désolée… C'est moi qui t'ai mis trois boules de glace. Comme je sais que tu aimes ça, j'ai pensé que… enfin… désolée."
Elle avait l'air peinée, alors Cloud se leva et la rejoignit dans la petite salle de bain, en titubant un peu.
"C'est pas grave… c'était… euh… sympa de ta part ?" Fit-il en se grattant la tête, peu habitué à faire des compliments. Il attrapa le linge humide et le verre d'eau qu'elle lui tendait, et se rallongea sur son lit.
"Tu sais, Cloud, je crois que tu as fait beaucoup de progrès ces derniers temps," lui dit-elle en souriant.
"Ah ?"
"Oui. Tu manges, tu vas chez la psy sans râler, et tu veux bien me parler. C'est super non ?"
Cloud soupira.
"C'est normal. Les gens de l'hôpital, je veux dire, le personnel… Je peux me conduire normalement avec eux. Parce que… Même si on s'entend bien, quand on se quittera ça nous fera rien. C'est comme ça que ça marche un hôpital. On rencontre des infirmières, des médecins, et vous vous rencontrez des patients. Parfois, ils partent, genre 'au revoir, merci pour tout', parfois ils meurent. Mais c'est juste des patients, le lendemain y'en aura d'autre."
"Cloud…"
"Ce que je veux dire, c'est que… je ne veux pas rencontrer de gens, parce que je ne veux pas avoir à endurer la séparation qui sen suit obligaroirement. J'ai perdu mon père, puis ma mère, et je n'avais jamais pris la peine de faire la connaissance d'autres personnes. Je pensais que tant que ma mère serait là, tout irait bien, mais… elle est... partie plus tôt que prévu. 'Toute rencontre est le début d'une séparation'… c'est ma devise, et pourtant… je ne pensais pas qu'avec elle ça arriverait… pas si vite…"
Sa voix s'étrangla et il ramena ses genoux contre sa poitrine, cachant sa tête dedans.
"Cloud…" Elle s'assit sur le lit et posa la main sur l'épaule du garçon. Il était tellement frêle, elle avait l'impression qu'un rien pourrait le briser. Cloud tressaillit au contact de sa main – il supportait mal les contacts physiques – mais ne chercha pas à l'enlever.
"Est-ce que le Docteur Sundberg sait ça ?"
Cloud fit non de la tête, ses épis blonds bougeant faiblement en rythme.
"C'est agaçant de parler avec un psy, tu sais. La vie a l'air tellement facile pour eux, on dirait qu'ils ne voient pas à quel point c'est dur pour leurs patients," marmonna-t-il.
"Dans ce cas, accepteras-tu un conseil de la part d'une humble infirmière ?" Demanda-t-elle en souriant.
"Bah, pourquoi pas…"
Il releva la tête et tourna ses grands yeux bleus vers elle, tout à lécoute.
"C'est normal ce que tu ressents. Je sais que ça fait mal de voir partir les gens qu'on aime, moi aussi ça m'est arrivé, plusieurs fois même. Mais il faut passer au-dessus, même si c'est dur, même si ça prend beaucoup de temps parfois, et même si ça semble impossible. Et puis, on n'est pas nécessairement obligé de se quitter. Un jour, tu rencontreras certainement la bonne personne, celle qui ne te quittera jamais. Ca fait un peu conte de fée, c'est vrai, mais regarde autour de toi, il y a des gens pour qui ça marche, alors pourquoi pas toi ?"
Cloud fronça les sourcils en réflechissant à ses paroles. C'est bien la première fois qu'il entendait quelque chose d'aussi sensé et humain, rien à voir avec les 'enfin, bougez-vous un peu !' que lui sortait Hans, avant, et les silences du Docteur Sundberg. Siloé était devenue sa confidente depuis qu'il était arrivé ici, et il devait reconnaître que pour cette fois encore, elle était de bons conseils. Oui, plus il y pensait et plus il en était convaincu. Il y avait forcément quelqu'un sur terre qui voudrait bien de lui. Ce serait trop triste sinon… Non ?
"Mais pour ça, il faut faire des efforts et rencontrer des gens. Tu sais, ces trucs qui bougent et qui parlent, on en voit partout et il y en a de toutes les formes…" Elle dessina grosso modo une forme humaine dans le vide, hilare.
"Ca va, je sais quand même ce que c'est…" Fit Cloud d'un air boudeur.
"Non sans blague ? Bref, j'arrête. En tout cas, si tu veux la rencontrer, cette personne, il va falloir sortir un peu de chez toi et acquérir un peu d'expérience en matière de sociabilité. Pourquoi ne pas commencer par faire le tour de l'hôpital, dire bonjour aux patients que tu connais de vue ? Peut-être que l'un voudra bien engager la conversation et– Ah, je sais !"
Elle joignit les mains et lui demanda:
"Cloud, tu aimes les enfants ?"
"Euh, tu ne vas pas un peu vite là ?" Demanda l'adolescent, décontenancé.
"Pardon ?"
"Bah, tu es censée me demander en mariage avant de demander ça."
"Mais qu'est-ce que tu racontes idiot ! Prends-ça pour la peine." Et elle lui tapa le front d'un air faussement sévère.
"Aïeuh. Bon, c'est quoi ton plan ?"
"En fait," commença-t-elle, "On manque de bénévoles pour s'occuper des enfants en pédiatrie, et je me demandais si tu ne voulais pas essayer."
Cloud prit son temps pour réfléchir.
"Euh… avant que… que ma mère…" Il chercha ses mots mais ne parvint pas à le dire. "Enfin, je faisais du baby-sitting. Après j'ai arrêté parce que… bah, les joues creuses et les cernes jusqu'au milieu de la figure, c'est pas très bon pour l'image… Mais… j'aime bien les enfants. Je m'entends bien avec eux."
"C'est super !" Elle tapa dans ses mains. "Tu es d'accord alors ?"
"Oui," dit-il avec ce qui semblait être un sourire. "Il faut faire quoi ?"
"Oh, juste les occuper, leur lire des histoires, jouer avec eux, les faire manger… des trucs comme ça, pour qu'ils se sentent moins seuls. On accueille beaucoup d'enfants dont les parents habitent loin, alors le plus souvent ils ne voient jamais personne…"
Cloud hocha la tête, et repensa soudain au garçon de l'autre jour. Bien que plus âgé, il était dans le même cas que ces enfants. Il pourrait peut-être lui parler aussi, finalement ?
"Je commence quand ?"
"Wha, quel enthousiasme ! Ca fait plaisir. Eh bien, je pense avoir le temps de régler les formalités avant ce soir, donc tu pourras sans doute essayer demain. Je t'apporterai ton uniforme avec ton petit dej'."
"Mon uniforme ?"
"Oh, c'est juste une blouse bleue avec un petit ours dessus, ça permet aux enfants de te repérer et aux membres du personnel de voir que tu fais partie du staff bénévole."
Cloud hocha de nouveau la tête, et regarda ses mains, et les cicatrices blanches qui s'étalaient sur ses poignets fins et diaphanes. Il allait enfin pouvoir faire quelque chose de ces mains inutiles qui ne servaient pour l'instant qu'à détruire. Il fallait pourtant savoir que Cloud était très créatif et aimait tout ce qui touchait aux travaux manuels. Il était notemment assez doué en dessin, mais n'avait pas touché un crayon depuis la mort de sa mère.
Siloé se leva, l'air ravi.
"Super ! Je vais chercher les papiers administratifs et je reviens !" Dit-elle en se dirigeant vers la porte. Après l'avoir passée, elle se ravisa et passa sa tête par l'embrasure.
"Au fait Cloud, désolée de remettre ça sur le tapis, mais… il va quand même falloir que tu manges ce berlingot tout à l'heure."
Et elle partit en riant.
Voilà un peu comment est Cloud. Il est assez angoissé et manque de confiance en lui-même, il faut donc trouver les bons mots pour le faire avancer. C'est le genre de personne qui se braque complètement si on le brusque trop... Bref, dans le prochain épisode, Cloud s'occupe d'enfants. Il va faire battre le coeur de nombreuses petites filles XD
J'espère que ce chapitre vous a plu !
