Bonsoir à toutes et à tous ! J'espère que vous allez bien, après cette petite semaine de silence. J'ai été très heureuse de lire vos commentaires (pour ceux qui en ont laissé) et de sentir votre présence, via mes statistiques (pour ceux qui m'ont simplement lue) ; alors, un grand merci à tous !
Je dois faire une annonce : un des mots indices du dernier chapitre était "draps". Malheureusement, en raison de la longueur que prenait le présent chapitre, j'ai décidé de le couper en deux. Considérez que le mot "draps" est remplacé par "adversaire" ; les fameux draps apparaîtront dans le prochain chapitre... (je sais pas si j'ai été très claire... ^^)
Sur ce, assez de blabla : je vous souhaite une très bonne lecture ! J'espère que vous apprécierez... =)
Réponses aux reviews :
Yumi-chan : merci pour ton ptit mot ! J'espère que la suite te captivera autant que le chapitre précédent... et qu'il sera aussi intense en émotions. Je te laisse découvrir... À bientôt ! =)
Jessica630 : merci pour ton commentaire : ça me fait plaisir de te voir, toujours fidèle au poste ! C'est gentil de ne pas avoir envie de me descendre froidement... mais je ne sais pas si tu vas garder tes bonnes dispositions, avec le chapitre qui vient... *sourire tout chou* Evidemment, vu le comportement de Sherlock, l'enquête ne va pas forcément s'arranger. Mais je peux juste dire que la solution est proche. J'espère, en tout cas, que tu aimeras la suite ; j'attends tes impressions avec impatience. Bonne lecture ! =)
Clina9 : merci pour ton message ! Deux chapitres d'un coup : tu as du être servie en émotion... et ça va pas s'arranger (conseil : si tu es debout, assieds-toi avant de commencer à lire. Evite de boire ou de manger pour ne pas t'étouffer, et enlève tout objet contendant de ton entourage... ^^) J'aime bien mettre Moriarty en scène, par petites touches : il sera d'ailleurs présent dans ce chapitre. Mycroft est également un personnage que j'affectionne beaucoup ; malheureusement, je dois te détromper : je n'ai pas l'intention de lui faire vivre une romance avec Lestrade. Pour moi, Mycroft est marié, père de famille... je ne l'imagine pas vraiment attiré par les hommes, même s'il doit avoir eu quelques expériences dans sa jeunesse... déçue ? (mais j'aime bien lire des fics qui le mettent en couple avec Lestrade ; y'en a des vraiment biens. C'est juste que ça ne rentre pas vraiment dans la logique de mes histoires...) Tu réserves ton jugement pour Yuan... ahem... on verra ce que tu en dis après ce chapitre. J'espère que tu prendras plaisir à me lire. Merci encore pour tout. Plein de bizzzzoux =)
Dup'et'Dup : merci pour ta review ; ça m'a fait vraiment plaisir ! (et aussi pour m'avoir permis d'utiliser un surnom à la place de ton pseudo... ^^) Et surtout... MERCI de ne pas détester Yuan en bloc : franchement, ça fait chaud au coeur (mais je peux comprendre qu'on ne l'aime pas...). C'est vrai que l'ancien amant qui réapparaît, c'est vu et revu dans les romans ; mais je tenais à ce motif. J'espère bien te prouver que je fais de ce personnage quelque chose d'assez surprenant (mais je n'en dis pas plus... ^^). Pour ce qui est des relations : tout ce que je peux dire, c'est que tout ne va pas se passer dans le meilleur des mondes... Et pour l'enquête : mmmmmh... je ne sais pas si Sherlock se rapproche de lui pour l'enquête ; n'oublie pas qu'il est brillant, mais qu'il a bu... (mystère et boule de gomme, je me tais sur la question!). Décrire la relation Sherlock-Mycroft était vraiment agréable, d'autant plus que j'avais ce schéma en tête depuis longtemps. Peut-être qu'après cette fic, j'en écrirais une autre sur les années de Sherlock en Chine...? Je ne sais pas encore. Dans les romans originaux, Mycroft est un personnage assez effacé, qui apparaît peu ; il est membre du Club Diogène, si je ne me trompe pas. On le décrit comme bien plus brillant que Sherlock. J'espère que tu apprécieras ce chapitre, et que tu me donneras ton avis. Bonne lecture, et bonne nuit (chez moi, il est déjà tard...) ! =)
HaruKuro : merci pour ton ptit mot ! Je suis désolée que tu aies souffert à cause de ces deux imbéciles... mais je ne pouvais pas écrire une histoire où tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, non...? *tu me pardonnes, dis...?^^* J'espère que cette suite récompensera suffisamment ton attente. Bigs bises ! =)
Eiffel-FL : merci pour ton message ! Tu as bien compris ma logique : torturer ses lecteurs = susciter l'intérêt de ses lecteurs = les pousser à lire la suite... j'avoue que c'est un plan machiavélique *mwahahaaaa!* (oulààà... je vais me calmer, je crois. ^^). Ce chapitre présente la suite de la collaboration Mycroft-Lestrade. Les mises en garde de Adler sont bien le fait de Moriarty ; d'ailleurs, on le retrouve dans ce chapitre. Désolé pour l'indice "draps" : comme je l'ai dit, ce sera pour le chapitre qui suivra. ^^ Sur ce, bonne lecture et encore merci ! =)
phoenix8351 : merci pour ton mot ! C'est chouette que tu aies lu Tea Time in London, avant celle-ci : ça permet de mieux comprendre l'histoire. Pour la fin heureuse... hmm... je garde le suspens pour la fin ! (je sais, c'est méchant, mais il faut bien ménager l'intérêt, non?) J'espère que tu aimeras cette suite. À bientôt ! =)
Klipotitatum : merci pour ta review ! Tout d'abord, je voulais te dire que je trouve ton pseudo super sympa : ça sonne bien à l'oreille, et c'est mignon tout plein. ;) Malheureusement, malgré tes prières, Sherlock est MONTÉ dans le TAXI et John est BIEN PARTI avec SARAH... ahem... tu me détestes...? *sourire* Merci également pour tes compliments : je ne sais pas si je suis une auteure aussi fantastique que tu le dis (on n'arrête pas d'apprendre) ; mais ça m'a bien fait rougir, en tout cas. *toute gênée* C'est drôle que tu te jettes sur ton ordi quand je publie un nouveau chapitre : j'espère que mes périodes de silence ne te désespèrent pas trop. Pour ce qui est de la fin : je ne peux pas encore te dire si Sherlock et John se sépareront... je préfère garder le suspens! Encore merci, et bonne lecture du prochain chapitre ! =)
love FMA : merci pour ton commentaire : c'est toujours sympa de voir que les lecteurs n'ont pas tous envie de me lyncher...! ^^ Pour l'indice drap : comme je l'ai annoncé précédemment, ce sera pour le chapitre d'après. Désolée... Tu nourris beaucoup d'espoir, toi : une réconciliation, si proche de la deuxième engueulade...? Franchement, entre Sherlock et John, je ne sais pas qui va vraiment s'en sortir le mieux. Pour Mycroft et Lestrade : je dois dire que je n'ai pas prévu de slash entre eux ; dans la logique de mes histoires, Mycroft est marié et n'est pas vraiment attiré par les hommes. Mais, qui sait? Dans une autre histoire, peut-être...? J'espère que tu aimeras ce chapitre, en tout cas. Encore merci! Bizzzz =)
Sissi83 : merci pour ton long mot, qui m'a fait vraiment plaisir ! Ah, encore une qui n'a pas envie de me tuer : comme quoi, être sadique n'est forcément mal vu par les lecteurs (piste intéressante qu'il faudra suivre...). Pour ce qui est du plaisir charnel et de la perte de contrôle dans le sexe... tu verras bien avec ce chapitre comment ça va tourner entre Sherlock et Yuan. Petit indice : ce ne sera pas uniquement en lien avec la drogue... ;) Et, rassure-toi, je ne pense pas que tu sois la fille la plus tordue qu'il existe ; en fait... je crois que je suis pire (et ça fait peur... lol). Quoiqu'il en soit, j'aime beaucoup travailler l'idée d'un Sherlock/Yuan : les côtés sombres et auto-destructeurs m'ont toujours intéressée. C'est flatteur d'être dans tes favoris ; tu n'as pas de la peine à me lire sur ton téléphone ? Je plains ton coussin qui subit ton stress de lectrice, en tout cas. ^^ Et bosse pour ton BAC : faut jamais négliger ses études ! (je vire Mycroft-moralisateur... mdr) Bonne lecture, et mille mercis! =)
Glasgow : merci pour ta review ! C'est toujours chouette de lire tes impressions. ^^ Même si tu as très envie de me descendre froidement... hééé! j'y peux rien : je peux pas écrire une histoire où tout va bien, ça serait pas intéressant, non? *allez... m'en veux pas...* Pour Sherlock et Yuan : drogue et sexe? drogue ou sexe? Tu le découvriras dans ce chapitre! Pour John et Sarah : heuuuu... je crois que tu vas vraiment me haïr. Enfin... tu veras bien *soupir*. Disons que... je peux comprendre la réaction de nos deux compères : après une dispute, il est toujours plus facile de s'enfoncer dans son bon droit (aussi faux soit-il), d'être persuadé d'avoir raison et de faire des conneries pour punir l'autre qu'on croit coupable... c'est donc la logique que suivent visiblement Sherlock et John. Pour le Ye Old Mitre : troooop cool que tu connaisses ce pub ! C'est le plus vieux de Londres. Tu n'y as pas croisé Mycroft et Lestrade ? Je leur enverrai un texto pour leur sonner les cloches. ;) La suite, la voici, en tout cas ! J'espère que tu aimeras. À bientôt ! =)
Peluche : merci pour ton ptit mot! C'est chouette de te retrouver sur cette histoire. ^^ Pour la fin que je prévois... je ne peux vraiment RIEN dire : comment maintenir l'intérêt des lecteurs, si je révèle tout? C'est contre-productif. *pas taper* Je n'ai pas vraiment pensé à Queen en écrivant cette fic, mais j'adore ce groupe ; faut que j'écoute Save Me pour voir si ça colle. Je te dirai ça dans mon prochain chapitre. J'espère que tu aimeras ce chapitre. Bizzzoux =)
Chou : waaaaah, le méga long pas-à-pas (un pour deux chapitres, c'est sûr que c'est long) ! J'ai adoré. Merci beaucoup ! =) Pour les coucheries : je ne sais pas si on peut conclure que ça ne va pas finir en coucherie... ça n'apas encore fini en coucherie... mais tu n'as pas vraiment besoin de savoir ça (je pique les répliques de Mycroft XD). - La lenteur de Lestrade : c'est ce qui le rend attachant, je crois, le côté "je suis pas toujours réveillé". Mais bon, des fois, il pourrait faire un effort... lol. - La mère à Andersen : j'imagine tout à fait Sherlock consulter en ligne les rubriques nécrologiques, juste pour énerver Andersen... - Cracher ses poumons : j'imagine que, lorsqu'on se remet à fumer beaucoup, après une loooongue pause, ça fait tousser, non ? Je ne suis pas fumeuse, mais j'imaginais... - La mère empoisonneuse : non, la mère qui empoissonne sa fille avec de la cocaïne, ce n'était pas dans une de mes histoires... mais y'a de l'idée! ^^ - Yuan et le Dragon : non, Yuan n'est pas le doseur. Es-tu sûre seulement qu'il a un lien avec le réseau...? (je sème le doute... ^^) - "Pas cette fois" : j'ai pas réussi à trouver le passage en question, dans le chapitre 8, mais je pense que la phrase faisait référence à ce qui s'était passé la veille. - "Remettre les pieds" : eh oui ! Sherlock a été étudiant à l'Imperial Collège ; il y est bien entré à la demande de Mycroft, pour des études en chimie organique, je pense... - "Pas tout à fait sûr" : Sherlock a quelques idées, mais n'a pas encore démantelé le réseau. Qui sont les complices, les chefs...? Sa lenteur peut être imputée à la consommation excessive d'alcool/de cigarettes, ainsi qu'à son état émotionnel (même s'il tente de rester rationnel et froid, ça ne marche pas...). - En tout cas, j'espère que tu apprécieras ce chapitre, et que tu ne m'en veux pas trop pour l'attente... (je fais ce que je peux : j'essaie d'aller vite, parce qu'il paraît que tu t'ennuies sans moi... ^^) Ne t'inquiète pas si tu reviews en retard : c'est de toute façon gratifiant d'avoir de tes nouvelles, à quelque moment que ce soit. Sur ce, bonne lecture, plein de bizz et à bientôt ! =)
Le Lóng et le Bar.
- Ye Old Mitre, 20h44 -
Mycroft vida d'un trait son verre de whisky. Single malt, 25 ans d'âge – le plus cher de la carte, au passage. Mais le meilleur. Il sembla reprendre des couleurs, puiser du courage dans l'alcool. Lestrade attendait en terminant sa bière. Jamais il n'aurait imaginé la tête pensante du gouvernement britannique adepte des alcools forts – encore moins écossais. Un sourire l'attrapa : les frères Holmes étaient étonnants. Ses pensées dérivèrent sur Sherlock, son comportement incompréhensible, ses silences, ses cigarettes…
- J'ai peur pour lui.
L'inspecteur releva la tête. Mycroft leva la main en direction du barman. Même chose. Il avait le front plissé par l'inquiétude.
- Il n'est pas dans son état normal, acquiesça Lestrade en buvant une gorgée.
- Vous avez aussi remarqué.
Aucune ironie dans la phrase. Soupir. L'inspecteur cherchait le regard de son vis-à-vis, guettant une réponse ; un indice, au moins. Une serveuse s'avança, posa un nouveau verre de whisky sur la table. Il connut le même sort que le premier. Mycroft jeta un coup d'œil à Lestrade :
- Il faut que vous m'aidiez.
- Dites-moi comment.
- Je ne sais pas.
Inspiration.
- Ce que je sais, en revanche, c'est qu'il faut que je vous expliquer certaines choses. Des choses concernant le docteur Watson et… mon frère.
O°O°O°O°O°O°O
- Parvati's Dreams, 20h55 -
Coussins de soie. Rouge foncé, brun, bronze, vieil or. Une table basse, aux délicates sculptures. Vaisselle en verre multicolore, transparent dans la lumière vacillante des bougies. Le sol de parquet murmurait doucement sous le pas délicat des serveurs empressés. Contre les murs, étoffes, panneaux de bois ; des plantes grimpantes aux fleurs épanouies imitaient à la perfection l'intérieur d'un temple perdu, aux plus profonds des Indes.
John leva son verre, but une gorgée. Nimbu pani – une boisson traditionnelle à base d'agrumes et d'épices, que le restaurant avait savamment revisitée en y ajoutant une pointe d'alcool d'orange. Délicieux. Tout était parfait. Sarah lui souriait les plats se succédaient, raffinés, étourdissants. En tailleur sur les coussins moelleux, il se prit un instant à oublier complètement Sherlock. Enfin.
O°O°O°O°O°O°O
- Taxi, près de Charing Cross, 21h15 -
Sherlock souriait. Enfin, il essayait. Yuan, renversé sur le siège du taxi, n'avait pas dit un mot depuis qu'il avait ouvert la portière. Pas d'explication. Rien. C'était agréable de se sentir emmené, sans avoir besoin de réfléchir, de calculer, de penser sans cesse. Bien sûr, une partie de son esprit – la partie la plus rationnelle, la moins humaine – le faisait. Mais, pour une fois, il se payait le luxe de ne pas trop l'écouter.
Il dévisagea l'homme, à ses côtés. Cheveux de jais, petit sourire désinvolte. Une boucle d'oreille au lobe droit. Un minuscule tigre. La reconnut.
- Tu l'as gardée.
Les yeux noirs, si doux, impénétrables, rencontrèrent les siens.
- Bien sûr. C'était un cadeau.
Un cadeau. Oui. Sherlock avait lui-même percé le trou pour cette boucle, avec un poinçon mordant.
- Pourquoi es-tu venu ? Tu devais appeler.
- Je n'avais pas envie que tu fasses une bêtise…
Sherlock ouvrit la bouche pour répliquer ; Yuan l'arrêta en plein élan :
- … sans moi.
Sourire. Sherlock s'enfonça dans le siège. Bien sûr. Tu n'es pas un gentil garçon, Yuan. Tu es comme moi. Mais jamais tu ne me feras de mal. Les années passées à Qingdao l'avait prouvé : malgré la drogue, la débauche, et la perdition où ils s'étaient enfoncés ensemble, Yuan avait toujours pris soin de lui. Tu as toujours été le plus fort, solide comme un roc lorsque je m'effondrais. Alors, Sherlock n'était pas inquiet. Le taxi tourna à l'angle de la rue. Le chimiste pianotait sur le tissu élimé du siège. Blouson de cuir. Chemise noire, cintrée, aux boutons d'argent sombre. Jean anthracite, délavé avec classe. Paré pour la soirée. Sherlock n'avait pas envie de se lancer dans des déductions :
- On va où ?
- Tu vas voir.
La voiture s'arrêta.
- Villiers Street, dit sobrement le chauffeur. Ça vous fera…
Sherlock sortit de l'habitable, pendant que Yuan payait. Devant lui, spots rouges et or ; enseigne tapageuse qui clignotait dans la nuit. Une main, sur son épaule. Une main chaude et puissante.
- Plutôt sympa, non ? Ils ont changé de gérance, il y a quelques temps... et de déco, par la même occasion. Une sombre histoire de meurtre. Un jeune militaire qui venait d'être reçu aux Horse Guards, à ce que j'ai lu dans la presse. On l'a retrouvé mort dans les toilettes.
Sherlock hocha la tête. Dans son esprit déjà légèrement embrumé, l'image du cadavre de Nathan Norwell apparut (ndla : voir L'affaire du Tower Bridge).Yuan l'attrapa par le bras. Ensemble, ils descendirent dans les profondeurs du Paraíso, la boîte gay la plus en vue de Londres.
O°O°O°O°O°O°O
- Dublin, quelque part derrière la Bank of Ireland, 21h27 -
- … et donc, Monsieur, nous vous assurons que le partenariat proposé ne peut que vous être entièrement favorable. Comparé à votre organisation, nous ne sommes qu'un modeste groupuscule ; cependant, comme je vous l'ai exposé, nous contrôlons la majorité des trafics, entre les régions de Montréal et Halifax. Si vous nous accordez…
'The phone rang. – Adler is calling you.'
Il interrompit son interlocuteur d'un sourire aussi diplomate que glacé :
- Veuillez m'excuser.
Décrocha sèchement :
- Parlez.
- Pardonnez ce dérangement.
- Holmes ?
- Oui.
- Et ?
- Comme vous l'aviez prévu.
- Je vois. Ne le lâchez pas.
- Bien, Monsieur.
'Dial tone.'
Moriarty ferma les yeux un instant. Un bref instant. Les rouvrit.
- Où est étions-nous… ?
O°O°O°O°O°O°O
- Parvati's Dreams, 21h49 -
- John…
Il reposa son verre, grisé par l'alcool. Sur le visage doux de Sarah dansaient les flammes colorées des bougies. Elle se penchait vers lui, le regard tendre :
- … je me demandais…
Son pied, sensuel dans le bas noir, caressa avec insistance le mollet du médecin. Il frémit. Sur la table, leurs doigts se mêlaient. Elle osa :
- … je me demandais si tu… dormirais chez moi, ce soir.
John lui sera doucement la main, tendre :
- Je ne te quitterai plus jamais, Sarah.
O°O°O°O°O°O°O
- El Paraíso, Villiers Street, 22h10 -
Le sous-sol étincelait, nimbé de l'or fugitif des spots qui balayaient la piste. De rares danseurs ondulaient sur des rythmes électriques, sensuels. Le long bar de bois sombre, au comptoir de zinc, accueillait quelques buveurs, pour le moment solitaires. La soirée venait à peine de débuter – elle ne battrait son plein que bien plus tard. Pour l'instant, les chasseurs évaluaient du regard le terrain, jugeaient les potentielles proies, jaugeaient les probables prédateurs : la nuit, le Paraíso se transformait en vraie jungle, où la séduction faisait loi.
- Deux Mojito.
Yuan s'accouda avec assurance sur le comptoir, adressa un bref regard à Sherlock qui acquiesça silencieusement. Mojito. Pourquoi pas. Le barman jongla avec son shaker ; adresse, virtuosité.
- Laisse, je paie. Je te devais un verre.
Depuis Qingdao.
- C'est vrai. La dernière fois, tu es parti sans payer.
Ils s'éloignèrent, cherchant un endroit plus intime. Alcôve discrète, lumières rouges tamisées. Petite table ronde, haute. Deux tabourets de bar. Ils s'assirent. Sherlock trempa ses lèvres dans le cocktail. Fort.
- Désolé. On m'a mis dans le premier avion pour Londres. Mycroft n'a jamais été très patient.
Yuan but à son tour.
- Tu es parti si vite… sur le coup, je t'avoue que je n'ai pas compris.
- Je voulais rester.
- Je sais.
Ils se fixèrent en silence. Pas besoin de mots. Yuan reprit une gorgée Sherlock l'imita.
- Raconte-moi. Ça fait presque huit ans. Qu'est devenue la vie du grand Sherlock Holmes…?
O°O°O°O°O°O°O
- Ye Old Mitre, 22h26 -
- Donc… votre frère… Sherlock… est en couple avec John – John Waston ! – depuis presque un an ?
- Était en couple. Je crois qu'on peut considérer ce qui vient de ce passer comme une… rupture.
Lestrade vida sa bière – la troisième. Leva la main pour en reprendre une. Il était sur le cul. Sherlock et John. Sherlock et John ! Bon sang. La serveuse arriva. Nouvelle bière ; nouveau whiskey. Mycroft Holmes tenait étonnamment bien l'alcool.
- Je crois que je vais changer de métier, soupira l'inspecteur.
S'il n'avait même pas été capable de voir ça, alors que c'était sous son nez…
- Ne vous en voulez pas trop, répondit Mycroft. Ils ont été vraiment très discrets. Moi, j'avais une longueur d'avance ; je ne dois rien à mon mérite personnel.
Les caméras. Les fameuses caméras.
Lestrade s'appuya contre la table, la bière à la main.
- Et… il y a eu une dispute.
- Oui.
- À cause d'un dénommé… Yuan, c'est ça ?
- Exact.
- Vous avez été assez évasif, sur le sujet. J'ai bien compris qu'il s'agissait d'une sorte… d'ex de Sherlock, même si, je dois bien l'avouer, je n'aurais jamais cru que Sherlock – Sherlock, mon Dieu ! – puisse un jour être… en couple avec quelqu'un… enfin bref… puisque lui et John…
L'inspecteur se gratta la tête, perplexe :
- Ce que je veux dire… reprit-il plus longtemps sans cesser de fixer les yeux de Mycroft, ce que je ne comprends pas… c'est pourquoi vous avez autant peur pour lui. Des couples, il s'en fait et défait tous les jours. Sherlock n'est que… ça me fait bizarre de le dire, mais… la victime malheureuse d'un coup du sort normal. Il n'est pas le premier a…
- Ce n'est pas pareil.
- Ah oui ? Pourquoi ?
- Le docteur Watson a une influence très favorable sur mon frère.
- J'ai bien remarqué. Mais enfin, s'il ne veut plus…
Mycroft croisa les mains sur la table, l'air extrêmement sérieux :
- Inspecteur. Il se trouve que j'ai sorti Sherlock de la mort, il y a sept ans.
Lestrade ne bougeait pas d'un poil. Du concret, enfin. Je travaille avec Sherlock depuis plus de cinq ans, et je ne sais presque rien de lui. Bien sûr, l'inspecteur connaissait son passé de drogué, mais ça s'arrêtait là : le détective avait tourné la page, dès que les enquêtes s'étaient faites prenantes. Mycroft soupira :
- Il y a sept ans… Sherlock venait de claquer la porte de l'université. Avec fracas, je ne vous le cache pas. Et puis…
Sa main s'égara sur son front ; de tels souvenirs raisonnaient sombrement dans sa mémoire.
- Il est parti.
- Parti ? Il a quitté Londres ?
- Non. Il a quitté l'Europe.
- Ah.
- Au début, j'ai pris ça pour un caprice de gamin, un coup de tête sans conséquences sérieuses. Il avait déjà fait des fugues, mais était toujours revenu. Par sûreté, j'ai joué de mes relations – étonnant les miracles que peut faire une bouteille de champagne, envoyée chaque année à Interpol ! Il a traversé l'Europe, a séjourné quelques temps à Saint-Pétersbourg, puis à Moscou. Toujours plus à l'est. J'ai perdu sa trace au Pakistan ; il s'est montré plus malin que moi. Pendant deux mois, je l'ai cru à Islamabad.
Pause. Lestrade termina sa bière sans songer à en commander une autre, absorbé par le récit.
- Et ensuite… ?
Mycroft repoussa son verre.
- Ensuite… il est arrivé en Chine.
O°O°O°O°O°O°O
- El Paraíso, Villiers Street, 22h44 -
- Et ta vie se résume à ça ?
- Oui. Enquêter, observer, déduire.
- Ça doit être excitant.
- Hm.
Sherlock vida son deuxième verre – un autre Mojito. Il avait chaud, il se sentait bien. Ressasser les souvenirs était agréable, en un sens : Yuan et lui avaient pris des chemins différents, mais certaines similitudes restaient frappantes. Ils avaient gardé le goût du risque, l'amour du danger – Sherlock dans les enquêtes ; Yuan avec les araignées – leur métier les passionnaient, sans toutefois les combler : pour l'un comme l'autre, c'était un palliatif, un moyen de s'occuper l'esprit. Il sourit.
- À quoi tu penses ?
Regards.
- Rien. Je me disais juste que… nous n'avons pas beaucoup changé.
Yuan eut un rire chaud. Reposa son verre, effleurant à dessein la main du détective.
- Non. Nous sommes restés les mêmes. Toi, le génie insatisfait et misanthrope…
- …toi le chimiste fou, le mauvais garçon.
Haussement de sourcils :
- Qui est le mauvais garçon, ici ? Ce n'est pas moi qui cravache des cadavres…
Et, pour la première fois depuis quelques jours, Sherlock éclata de rire.
O°O°O°O°O°O°O
- Taxi, 22h56 -
- C'était un repas fantastique, merci.
- Tu en avais besoin.
- J'avais besoin de toi.
Sarah rougit au compliment, comblée. Elle renversa la tête sur le dossier de son siège, l'esprit pétillant d'alcool, de joie. Enfin. John était là, près d'elle. Rassurant, tendre, et adorablement prévenant. La partie est mat. À cet instant, elle n'éprouvait pas une once de remords à l'égard de Sherlock. Il m'a pourri la vie ; il l'a tourné contre moi. On récolte ce qu'on sème… Une main se posa sur son genou, la faisant frémir. John la regardait. La main remonta le long du bas noir. Cuisse. Robe.
- John…
Il se pencha vers elle, caressant la joue douce :
- Sarah… je…
Tremblement. Ses lèvres, si proches… il l'embrassa. Encore et encore. Elle gémit faiblement en sentant les doigts s'aventurer sous le tissu. Petit rire :
- Tu me chatouilles !
- Désolé.
Il voulut retirer sa main ; elle l'arrêta.
- Non, chuchota-t-elle. Continue. C'est agréable…
Nouveau baiser.
- Sarah…
- Mmmh… ?
- J'ai envie de toi.
Le taxi les déposa sur le trottoir, devant l'appartement de la jeune femme. Tremblants, excités, ils gravirent quatre à quatre les marches du perron.
O°O°O°O°O°O°O
- El Paradisio, Villiers Street, 23h17 -
- Et il est parti. Comme ça.
Sherlock attrapa le verre d'un geste vif, renversa la tête en arrière et but. Cul sec. La tequila lui brûla la gorge. Tranche de citron ; morsure. Ça fait du bien. Sur la table haute, plusieurs shots vides. Yuan mordit lentement dans le citron.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Rien du tout.
Exclamation incrédule.
- Ah ? Je pensais qu'entre vous…
- Je n'ai pas besoin de lui.
- C'est vrai. Tu n'as besoin de personne.
- Exact.
Regard appuyé.
- Sérieusement. Que vas-tu faire ?
Sherlock eut un rire sec, méprisant :
- Sans rire ? Je crois que je vais commencer par brûler son fauteuil…
Il vida son verre. Le reposa brusquement ; tintement sur le bois de la table.
- …et puis… je vais continuer à boire – c'est salvateur. Et après… qui sait ?
- Mycroft ne va pas aimer, fit Yuan avec un sourire entendu.
- C'est le but. Des années qu'il essaie… je ne changerai jamais.
- Je sais. Je n'ai pas l'intention de te faire changer.
- Tu es bien le seul.
Sherlock se pencha vers le chimiste, attrapant son regard. Dans la lumière tamisée, éclats de rubis discrets qui dansaient dans leurs pupilles, il approcha son visage du sien. Leurs souffles se mêlaient presque ; le détective sentait l'odeur musquée, légèrement sucrée de Yuan. Légère odeur florale. Mais déjà, son esprit n'analysait plus. Il murmura :
- Je t'en suis infiniment reconnaissant.
- Sherlock…
Doigts aériens sur sa main, doigts doux qui effleuraient, hésitaient, repartaient. Venus des profondeurs du club, des échos d'une musique rythmée et sensuelle leur parvenaient rythme jazzy sur fond sonore électro. Sherlock déglutit : il n'était pas gêné ou hésitant ; non. Contrairement à son habitude – au diable les relations humaines ! –, il avait l'impression d'être en confiance : tout était simple ; il n'avait qu'à se plonger dans les yeux de Yuan pour s'en convaincre. L'image de John, dans son esprit, ne s'imposait pas.
- Sherlock…
Cette intonation fit exploser tous les Johns présents dans sa tête.
- Hmmm ?
- Vraiment… ne change pas. Ce serait une erreur. Tu es trop exceptionnel.
Je suis exceptionnel. Bien sûr.
O°O°O°O°O°O°O
- Ye Old Mitre, 23h23 -
- Attendez… attendez.
Lestrade essayait de démêler les informations qui fusaient.
- Sherlock a passé plus d'un an en Chine sans que vous le localisiez ?
- Malheureusement.
- Et il vivait dans les sillages de la mafia locale.
- Oui. Ce qui l'intéressait, comme je vous l'ai dit, c'était la chimie. Les poisons. Quoi de plus normal pour un être tel que lui que de prendre contact avec la spécialiste du genre, la Veuve Noire ? (ndla : voir Tea Time in London)
- La trafiquante ?
- Hm. Vous en avez entendu parler ?
- Une ou deux fois, en laissant traîner mes oreilles aux détours des couloirs...
- Elle est à Londres.
- Oh. Ça ne vous inquiète pas ?
- Nous la surveillons. Elle semble avoir quitté le commerce.
- Ah. Et… c'est là que Sherlock a rencontré Yuan.
- C'est le neveu de la Veuve. Ils ont vécu ensemble plusieurs mois. Je n'ai pas pu avoir toutes les informations, mais…
- Vous pensez que c'est à cause de lui que Sherlock s'est enfoncé si profondément dans la drogue ?
Mycroft baissa la tête :
- J'en suis persuadé.
O°O°O°O°O°O°O
- El Paradisio, Villiers Street, 23h29 -
- Sherlock ?
- Hm ?
- Arrête de penser.
- Je ne pensais pas.
- Tu mens. Quand tu as cette ride sur le front, c'est que tu penses. Tu déduis. Tu essaies de me décrypter ?
- Non. Je n'ai jamais réussi.
- Alors quoi ?
Le détective baissa la tête. Yuan sourit. Douceur.
- Tu pensais à ton médecin.
- Possible.
- Arrête ça. Tu te feras du mal.
Le sourire se fit plus carnassier ; le chimiste se leva, rajustant sa chemise cintrée :
- Je crois qu'on a assez bu. J'ai envie de danser.
Sherlock haussa un sourcil perplexe ; Yuan soupira en riant :
- Allons donc ! Aurais-tu oublié les nuits débridées de notre jeunesse ? Tu me déçois.
Il lui tendit la main :
- Aurais-tu oublié nos corps à corps… ?
Toujours hésitant, amusé tout de même, Sherlock attrapa la main chaude. Avant qu'il ait eu le temps de réagir, Yuan l'avait plaqué contre le mur de l'alcôve. Excitation, frisson. Un corps chaud contre le sien ; une bouche humide contre son cou, une bouche qui susurrait, qui murmurait. Des mains, de part et d'autre de sa tête, l'empêchaient de s'enfuir. Je ne veux pas m'enfuir.
- Attends. J'ai quelque chose qui va te dérider.
Esprit vague. L'odeur masculine, sensuelle. Un gémissement qui ressemblait à une supplique, prisonnier de sa gorge. Presque nonchalamment, Yuan avança les hanches. Dureté. Désir. Démence. Il le rendait fou peu à peu, aussi sûrement que l'alcool qui coulait dans ses veines. Je… je veux… Le chimiste fouilla dans sa poche, en tira quelque chose. Quelque chose de petit que Sherlock ne prit pas la peine d'observer, car des doigts caressaient sa joue, sa gorge, son épaule. Et ensuite… torse, ventre… et plus bas… encore plus bas, sans jamais arriver au but. Sherlock grogna ; Yuan éclata de rire :
- Tu es trop impatient... il faut savoir attendre.
Il se fit tendre :
- Tu es beau… si beau, Sherlock. J'avais presque oublié.
Des doigts caressèrent ses lèvres, jouèrent avec, forçant l'entrée avec adresse. Le détective, perdu, ne se fit pas prier : il ouvrit la bouche. Pilule. Ecstasy.
- Ça va te faire du bien, tu vas voir.
Baiser. Violent. Intense. Sherlock se sentit partir, avala la pilule, électrisé par le contact. J'avais oublié à quel point c'était bon.
O°O°O°O°O°O°O
- Appartement de Sarah, 23h43 -
Elle était là, entre ses bras… Ils n'avaient même pas essayé de parvenir à la chambre, préférant le sofa accueillant à un trajet incertain jusqu'au lit. Elle embrassait bien… À cheval sur lui, elle ondulait, mince et souple dans sa robe bleu foncé. Les mains de John s'égaraient sous le tissu léger. Cuisses, fesses… Il essayait de chasser Sherlock de ses pensées, mais ne pouvait empêcher la comparaison. Ses mains remontèrent le long du dos de Sarah. Epaules, seins… Fermes et ronds, doux et sensibles… si différents d'un torse masculin… dire que j'ai failli me priver de ça… Sarah interrompit ses baisers en fronçant les sourcils :
- John.
- Oui ?
Il se sentait pris en faute ; elle l'embrassa plus tendrement :
- Ne pense plus à lui. Je sais que c'est dur, mais… tu es là, maintenant… et… c'est avec moi que tu es.
Appuyant ses dires, elle commença à déboutonner la chemise du médecin, caressant le torse bronzé, effleurant la cicatrice à l'épaule. Sa main descendit le long du ventre, pour venir se poser sur l'entrejambe impatiente. À travers le tissu, Sarah sentait la chaleur du sexe tendu. En écho, son propre corps vibra. Elle glissa au sol, entre les jambes de John. Défit la ceinture. Déboutonna le pantalon. Descendit la braguette. Il ferma les yeux. Se crispa lorsqu'elle le prit dans sa main, pour le caresser avec lenteur. Une langue humide effleura le bout de sa hampe, lui arrachant une exclamation :
- Sarah… !
- Ne t'inquiète pas… je vais te faire oublier Sherlock. Définitivement.
O°O°O°O°O°O°O
- El Paradisio, Villiers Street, 00h06 -
Lumières sinueuses qui s'insinuent entre les corps, dessinant des silhouettes fugitives et mouvantes. Son corps ne faisait plus qu'un avec la musique ; elle le pénétrait, l'envahissait. Le possédait. Abandon. Il bougeait avec elle, respirait avec elle. Il était elle. Yeux mi-clos, il se laissait entraîner. Les mains sur son corps le grisaient. Elles étaient partout, coulant sur son torse, dans son dos… et le regard noir qui ne le quittait pas… il se sentait exister. Pleinement. Sur ses lèvres s'attardait encore la saveur épicée, interdite de leur baiser. Encore. J'en veux encore. Il fit volte-face, enlaça Yuan avec fièvre. Haussement de sourcil amusé. Chuchotement.
- Tu es en train de partir ?
- Pas encore.
Ondulations. Chaleur. Tes mains… pose-les là où je veux les sentir. Là, juste là. Enlace-moi. J'ai…
- J'ai envie de…
Rire de gorge.
- Je sais.
Sherlock s'accrochait à son cou, cherchant le contact, l'excitation. Embrasse-moi. Les lèvres, à nouveau, les lèvres voraces et exigeantes qui le faisaient trembler. Sur ses fesses, des mains. Et contre son sexe…
- C'est ça, que tu veux… ? demanda Yuan à voix basse.
Gémissement. Oui. De la dévastation. De l'abandon. Du sexe. Sans soucis…
- … sans soucis du lendemain, chuchota le chimiste contre sa peau. Sans interdit ou restriction. Sans limite. Comme autrefois.
Lent hochement de tête. Oui. Personne d'autre ne m'a offert cela. Depuis toi. Yuan passa à nouveau derrière lui. Torse plaqué contre le dos de Sherlock, il dansait, l'emportait. Des mains descendirent sur le ventre du détective. Malaxèrent fermement son sexe gorgé :
- C'est ça, que tu veux ?
Gémissement impuissant. Contre ses fesses, le désir du chimiste, évident.
- J'aimerais une réponse, Sherlock. Dis-moi ce que tu veux que je fasse… que je te fasse.
Sherlock ferma les yeux, perdu. Ce que je veux ? Si simple et si compliqué à la fois. Les doigts, enjôleurs et cajoleurs, lui faisaient tourner la tête. Il pensa à John. Remords.
- À moins, murmura vicieusement Yuan, que tu ne préfères retourner attendre ton médecin à la maison… comme un gentil garçon ?
Colère, défi. Demi-tour. Il plongea ses yeux bleus dans le regard de jais. Gronda presque, en se mordant la lèvre :
- Non. Baise-moi.
Je ne suis pas un gentil garçon.
O°O°O°O°O°O°O
- Dublin, quelque part derrière la Bank of Ireland, 00h11 -
Il se renversa sur la chaise de son bureau. Ses interlocuteurs venaient de partir. Enfin. Une association fructueuse avait été conclue, néanmoins, l'heure était trop grave pour qu'il s'en réjouisse vraiment. Le laptop ronronnait ; il pianota un instant, l'esprit sombre. Holmes. C'était son ennemi, son adversaire ; qu'un autre le touche était intolérable ! Il supportait la présence de chien-chien, bien sûr : Johnny-boy était trop amusant pour se priver de sa présence. Mais qu'un autre – un vulgaire dragon ! – se permette de poser la main sur lui… voilà qui était inadmissible.
Il écrivit :
Quelque chose de nouveau ? M 'Send'.
La réponse fusa.
'New message'. Dans un club. Villiers Street. IA
Paraíso ? M 'Send'.
'New message'. Exact. Ordre de mission ? IA
N'intervenez pas. Observez. Je veux un rapport précis toutes les demi-heures. M 'Send'.
'New message'. En cas de problème ? IA
N'agissez pas. Sauf force majeure. M 'Send'.
'New message'. Danger de mort ? IA
Oui. 'Send'.
Pause. Il s'étira, soudain las et inquiet. 'New message'. Vous tenez vraiment à lui. IA
Ce n'était pas une question, et la nuance n'échappa pas à James Moriarty.
C'est mon meilleur adversaire. S'il doit mourir, ce sera de ma main. Je ne le laisserai pas entre les griffes d'un criminel de seconde zone. M 'Send'.
'New message'. Je vous tiens informé. IA
La boîte de dialogue se ferma. Un sentiment étrange lui prenait la gorge : comme de l'urgence… de la jalousie. Moi, jaloux ? C'est ridicule. Un adversaire, rien de plus. Voilà tout ce que représentait Holmes pour lui. Un adversaire. Pourtant, il ne niait pas être attiré pas lui… voir sa peau se déchirer sous les griffures, les morsures… le ravager, le faire crier… oui, voilà qui serait plaisant. Il se remémora leur conversation nocturne, lors de son dernier voyage d'affaires en Suisse. Sherlock n'avait pas mordu au jeu, mais c'était tout de même révélé excitant. Très excitant. Soupir. Le moment n'était pas venu de se dissiper.
En quelques clics, il pirata les caméras de surveillance du Paraíso – un vrai jeu d'enfant ! Et ce qu'il vit lui fit froncer les sourcils.
O§O°O°O°O°O°O
- El Paradisio, Villiers Street, 00h16 -
Accoudés au comptoir, ils reprenaient leur souffle, les joues encore rougies par la danse. Martini sur lit de glace. Deux verres. Gorgée, baiser. Le barman essuyait ses calices en souriant : la soirée battait son plein les couples se formaient, évoluaient sur la piste. Le Paraíso avait construit sa réputation sulfureuse tant sur les DJs à la mode qui s'y succédaient que sur les débauches nocturnes qui y avaient lieu. Sherlock vida son verre, enlaça Yuan. Main sous la fine chemise noire, il caressait, retrouvait la peau qu'il connaissait par cœur. Sept ans. Trop long. Le chimiste lui rendait ses étreintes, grisé, sous le regard lourd et chaud d'autres habitués, accoudés au bar. Sherlock eut un petit rire :
- On se donne en spectacle…
- Et alors ? Je n'ai aucune réputation à soutenir, ici.
Mordillement. Le détective avait l'impression de flotter, totalement désinhibé. Plus rien n'a d'importance. Juste son corps… sa bouche… Les verres étaient vides. Pris d'une impulsion soudaine, Sherlock attrapa Yuan par la main, l'entraînant.
- Viens !
L'ecstasy s'insinuait en lui, à présent. Il s'en foutait. Ils titubèrent dans le dédale des couloirs encombrés, se heurtant à d'autres hommes. Des doigts s'égaraient sur leurs corps, tandis ce qu'ils passaient des regards se posaient sur eux, emplis de désir, de volonté de possession. Anéantissement. Enfin, ils atteignirent les toilettes. Etrangement vides. Là, quelques mois plus tôt, Sherlock s'était accroupi sur un cadavre, abandonné dans une cabine (ndla : voir L'Affaire du Tower Bridge). C'est dans une de ces mêmes cabines qu'il poussa Yuan, impatient. Ferma la porte derrière eux. Rire de gorge.
- Qu'est-ce que tu veux… ?
Baiser. Corps plaqué. Dureté.
- Toi… juste toi…
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- Appartement de Sarah, 00h19-
Elle jouait avec lui, le faisait attendre, le torturait. Tellement doux. Tellement féminin. La langue courait sur son sexe dur ; elle taquinait, enjôlait. Puis les lèvres l'attrapaient, pour glisser le long de son membre. John gardait les yeux fermés. Ses mains s'égaraient parfois dans les cheveux de Sarah, avec une tendresse non feinte. Accélération ; il retint un cri. Encore... Elle l'enserra davantage, caressant la peau délicate du scrotum. Là… juste… là ! Soudain, arrêt.
Elle se redressa avec un sourire ; il ouvrit les yeux, frustré. Ce qu'il vit lui fit oublier son impatience. Sarah, lèvres rougies, regard provoquant, se déshabillait lentement. La robe glissa au sol. Sous-vêtements élégants, dentelles noires. Balconnets qui épousaient ses seins. Porte-jarretelles. Magnifique. Elle lui tourna le dos. Fit descendre la petite culotte le long de ses hanches, la laissa tomber par terre. John déglutit. Soutien-gorge dégrafé. Sarah se retourna, tenant le vêtement sur sa poitrine. Elle s'assit sur lui, à califourchon, caressant le torse nu du médecin. Sans rien dire, il attrapa une bretelle, tira doucement. Le soutien-gorge atterrit sur le sofa.
- John… fais-moi l'amour.
Il l'embrassa avec passion, le corps embrasé. Elle se coula contre lui, la pointe de ses mamelons frottant contre la peau bronzée. Sourire. Sherlock. J'ai gagné.
O°O°O°O°O°O°O
- Ye Old Mitre, 00h22 -
- Vous avez peur qu'il replonge.
- C'est ce que je crains le plus.
- Ce serait si grave ?
- Catastrophique. Il a déjà fait trois tentatives de suicide ; il vous l'a dit ?
- Non.
- Pas étonnant. Il a toujours été secret. Trop secret. Je pensais que… avec le docteur Watson à ses côtés, il parviendrait à un semblant de stabilité.
L'heure était avancée : le pub accueillait une foule de jeunes gens en quête d'ivresse. Sur leur table, dans un coin de la salle bruyante, Mycroft et Lestrade essuyaient les regards intrigués des clients avinés. Pourtant – était-ce dû à l'étrange sourire froid de Mycroft ? – personne ne les approchait. Finalement, Mycroft sortit son portefeuille, laissa un gros billet sur la table. Pour le pourboire. Il se leva, blasé :
- Inspecteur. Je crois que je vous ai retenu plus que de raison. Surtout pour un jour de semaine.
Letrade se leva à son tour ; geste de dénégation :
- C'est rien. Vous aviez besoin de parler.
Mycroft lui tendit la main il la serra en hésitant :
- Mais… vouliez mon aide… vous n'avez toujours pas dit ce que je devais…
Mouvement d'impuissance.
- Je ne sais pas, lâcha Mycroft en soupirant. Je n'ai absolument aucun pouvoir sur Sherlock ; il ne m'écoute plus – si un jour il l'a déjà fait ! Ce matin, je me suis rendu à Baker Street et…
Il désigna son arcade sourcilière suturée :
- C'est à lui que je dois ça.
L'inspecteur fronça les sourcils, grave. Le laissa continuer.
- Je me disais, reprit Mycroft, qu'il vous écouterait. Après tout, vous le côtoyez tous les jours ; vous travaillez ensemble. Il vous fait confiance à ce que j'ai vu.
- C'est mon impression.
Lestrade raffermit sa prise sur la main de son vis-à-vis, s'efforçant d'avoir l'air assuré.
- Je lui parlerai. J'essaierai de le raisonner… même si je ne sais pas trop comment.
Ils traversèrent le pub bondé. Poussèrent la porte vitrée. Le vent d'octobre les cueillit dans la rue. Une voiture noire attendait. La portière s'ouvrit sur Anthéa, impeccable dans son tailleur gris. Mycroft s'y engouffra. Avant de fermer :
- Suivez les affaires en cours avec attention. Meredith Trumann. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression qu'elle pourrait être la clé de nos problèmes.
Lestrade acquiesça, claqua la portière. La voiture démarra silencieusement, disparut au coin de la rue, le laissant perplexe. Meredith Trumann…
O°O°O°O°O°O°O
- El Paradisio, Villiers Street, 00h23 -
- Tu es parti, là… ?
- Complètement.
L'ecstasy le tenait dans ses griffes et ne le lâchait pas. Il embrassait Yuan avec sauvagerie, mordant, griffant. Je veux te sentir… plus proche… encore plus… Les boutons des chemises, arrachés, roulaient au sol les torses se frottaient, s'épousaient. Le chimiste attrapa la ceinture du détective, tirant doucement dessus avec un sourire lubrique.
- Tu as envie de ça… ici… ?
- Oui.
God ! Oui… Cliquetis la boucle s'ouvrit. Bouton, braguette. Yuan inversa les rôles, plaquant Sherlock contre le mur des toilettes. Murmures entre deux morsures :
- Tu vas voir… je vais te chauffer comme jamais ton médecin n'a su le faire…
Sherlock renversa la tête contre les catelles froides. Les mains… les doigts chauds et habiles se glissaient sur lui, plongeaient dans son boxer trop serré, l'attrapaient…
- Ah… !
Ils s'enroulèrent autour de son sexe. Commencèrent à caresser, de haut en bas, de bas en haut.
- Tu aimes… ? murmura Yuan contre ses lèvres.
Il ne put que hocher la tête, trop emporté pour parler.
O°O°O°O°O°O°O
- Dublin, quelque part derrière la Bank of Ireland, 00h27 -
Moriarty s'enfonça dans son fauteuil, le souffle raide. Etait-ce de la colère ou de l'envie ? Il n'arrivait pas à décider. Là, sous ses yeux, filmé par les caméras indécentes du Paraíso, Holmes – son adversaire ! – se tordait de plaisir. Jim laissait glisser son regard sur la bouche entrouverte, les yeux mi-clos… et cette expression… d'abandon, de relâchement total… lui d'ordinaire si maître de lui-même… C'était étrange de le voir ainsi. Il sentit son propre désir s'éveiller… rien qu'une fois… caresser ses lèvres… avant de les mordre ! Glacé, brûlant, Jim inspira profondément. Son sexe pulsant douloureusement entre ses cuisses, il sera les dents.
C'était de la colère.
O°O°O°O°O°O°O
- Voiture, quelque part dans Londres, 00h28 -
- Monsieur. Dois-je relancer une surveillance sur votre frère ? Je vous rappelle qu'il a quitté Baker Street un peu plus tôt dans la soirée, en compagnie de…
- Je sais, Anthéa.
- Voulez-vous que je fasse appel à Aliénor ? Elle est efficace et discrète ; ce ne peut être que…
- Non. Ça ira.
- Mais…
La jeune femme hésita : jamais son patron n'avait refusé une surveillance ; pas lorsque la sécurité de son frère était en jeu. Il était étrange, depuis ce matin. Depuis que Sherlock l'a frappé. Un imperceptible soupir échappa à Mycroft :
- Nous allons abandonner la surveillance. Mon frère n'a, visiblement, pas besoin de moi.
- Vous… vous êtes sûr ?
- Oui. L'inspecteur Lestrade lui parlera demain.
- Ce sera suffisant ?
Affaissement. Mycroft ferma les yeux.
- J'en doute.
La voiture s'arrêta. Sourire imperceptible :
- Maintenez la surveillance sur Baker Street, mais ne le filez pas. Je peux bien garder un demi-œil sur lui, après tout…
O°O°O°O°O°O°O
- El Paradisio, Villiers Street, 00h30 -
- Encore… continue…
La main accéléra sur le sexe tendu. Sherlock gémissait, suppliait. Tête qui tourne feu aux joues. Son corps tout entier réclama un assouvissement salvateur. Lèvres contre sa gorge, Yuan souriait. Le tenir à nouveau, si fermement… sentir sa longueur, sa moiteur… Un liquide transparent, légèrement collant, mouillait ses doigts. Une odeur animale se dégageait du détective ; c'était enivrant. Cette fois, Sherlock, je ne te laisserai pas partir. Baiser possessif. Mouvements plus saccadés.
- Yu… Yuan… je vais…
La main s'arrêta brutalement ; le chimiste recula. Sherlock le fixait d'un œil noir :
- Que… qu'est-ce que tu fais… ?
Sourire lubrique :
- Je te rends accro.
Exclamation.
- Tu es un monstre.
- Je sais.
Le chimiste referma lentement le pantalon sur la hampe gonflée. Nouveau baiser :
- Sans rire. Je pense que nous serions mieux… dans un lit… non ? Je te promets d'être très gentil…
Eclat dans les yeux de Sherlock. Il se mordit la lèvre ; Yuan avait déjà ouvert la porte des toilettes.
- D'accord, concéda Sherlock. Chez toi. Floral Street, non ?
- Toujours aussi observateur.
- Toujours.
Alors que le chimiste sortait, Sherlock l'attrapa par le bras :
- Mais avant… redonne-en-moi une.
Yuan se rapprocha :
- Encore une… ? Les effets durent six heures. Tu ne crois pas que…
- Je connais mes limites ; elle était peu dosée, non ?
- Oui, mais…
Baiser vorace.
- Ne t'inquiète pas. C'est toi qui voulait que je m'amuse, non ? Eh bien, je m'amuse ; ça fait même longtemps que j'ai pas pris mon pied comme ça…
Etreinte.
- S'il te plait… tu sais comment je suis quand j'en ai pris… tu te rappelles… pas vrai, Yuan ?
Le chimiste capitula.
- Très bien.
Sortit une pilule de sa poche. La glissa entre les lèvres de Sherlock. Ils s'embrassèrent à perdre haleine.
Voili, voilou... c'est tout pour ce soir. J'espère que ce chapitre vous a plu. Moi, je vais aller dormir *groooos bâillement*. Une petite review avant de vous coucher? J'aimerais beaucoup avoir votre avis sur la tournure que prend cette histoire... envie de cogner l'auteure...? *sourire tout gentil*
Quelques indices pour le prochain chapitre : draps (cette fois, c'est la bonne... ^^), pivoine, sms, inquiétude, enquête. Je sais, c'est maigre et un peu convenu, mais je n'ai rien de mieux... Merci encore à toutes et tous pour votre soutien, vos commentaires et votre présence!
À bientôt ! =)
