Bonsoir à toutes et à tous !

Tout d'abord, une petite annonce : grâce à une lectrice avisée (que je remercie vivement), j'ai appris que les réponses aux reviews dans les chapitres étaient interdites sur . Désormais, je répondrais donc par mp et, si vous êtes membre et que vous n'avez pas de réponse, je vous autorise à me harceler pour en obtenir une... ^^ (mais pas trop, hein ? lol) Pour les lecteurs qui ne sont pas membres et qui reviewent quand même, je répondrais quand même dans les chapitres (seule solution... ^^ D'ailleurs, merci à Yumi-chan et senga pour leurs commentaires : j'espère que vous aimerez la suite ^^).

Aloooors... un grand merci à tout le monde : ceux qui me lisent, ceux qui me reviewent, ceux qui font les deux, ceux qui ne font que passer... qui que vous soyez, je vous suis très reconnaissante de lire mes lignes. =)

Mais... je n'en dis pas plus. Ce chapitre est long, riche en rebondissement et en passion... je vous laisser découvrir.

Bonne lecture ! =)


Le Lóng et le Lit.

- Londres, quelque part sur l'A400, 00h38 -

Adler enclencha une vitesse, mit les gaz à fond. La moto – une Triumph Bonneville maquillée au possible – vrombit avec force, dévorant l'asphalte. Blouson de cuir et pantalon de motard, la jeune femme était méconnaissable. Elle enclencha la commande vocale de son smartphone. L'appareil, relié par Bluetooth à une oreillette portée sous son casque, lui permettait de téléphoner sans lâcher le guidon.

- Appel. Moriarty.

Elle attendit un instant que la communication s'établisse, tourna dans Great Newport Street.

- J'avais demandé un rapport toutes les demi-heures.

Inspiration ; elle n'aimait pas le contrarier.

- Je sais. La situation a évolué trop vite.

- Pire que ce que je pensais ?

- Oui. Ils se rendent à Floral Street.

Elle entendit une exclamation étouffée. Colère. Elle crut bon de préciser :

- Je les suis, Monsieur.

- Bien.

Souffle.

- Ne les lâchez pas. Je ne l'aurais pas cru si audacieux ; pas après mes avertissements. C'est un parasite.

- Interception ?

- Nécessaire. Evitez la force ; utilisez le dialogue. Même si je préférerais…

Soupir.

- Je ne souhaite pas que Holmes apprenne le rôle que j'ai joué dans cette affaire. Après tout, nous sommes censés être ennemis ; l'aider ne fait pas vraiment partie de mes… attributions. Veillez à ce qu'il ne vous reconnaisse pas.

Adler s'arrêta. Floral Street.

- J'y suis.

- Rappelez-moi. Après.

- Bien.

'Dial tone'. Ne restait qu'à attendre le taxi.

O°O°O°O°O°O°O

- Taxi, derrière Charing Cross, 00h41 -

- Tiens-toi tranquille… tu auras ce que tu veux après…

Sherlock n'écoutait pas, ne le lâchait pas. Il l'embrassait avec un empressement anarchique. Yuan riait des attaques avides, sans se soucier du chauffeur qui fronçait les sourcils derrière son volant.

- Floral Street, vous avez dit ? demanda l'homme rougeaud dans un grognement.

- Oui, répondit Yuan, les mains égarées contre le ventre de Sherlock. Juste derrière Long Acre, dans Covent Garden.

- Je connais.

Il n'avait pas besoin de ce petit allumeur pour trouver la route ; vingt-cinq ans qu'il était taxi, quand même !

- Salopez pas mes sièges… maugréa-t-il.

Pas trop fort : les clients laissaient parfois un pourboire. Yuan hocha les épaules. Mimique méprisante. Il mordilla la gorge de Sherlock, chuchotant :

- Reste calme. Si tu continues comme ça, je vais devoir t'attacher…

- C'est une promesse, ou un défi… ?

Le détective continua : autant pousser l'affront jusqu'au bout… Le taxi tourna enfin dans Garrick Street. Continua le long de Floral Street. S'arrêta devant le numéro 17. Yuan paya, sortit en soutenant Sherlock. Une main ferme claqua la portière. Le chimiste leva la tête en fronçant les sourcils. Une femme brune. Grande. Fine. Chignon presque défait. Le taxi démarra. Elle portait une tenue de motard, un casque sous le bras. Ses yeux brillaient, mais son visage restait dans l'ombre. Sourire à l'égard de Sherlock :

- Prends les clefs. C'est au troisième étage. Tu arriveras à ouvrir la porte ?

- Aucun problème. Qui est-ce… ?

La question était rhétorique : trop embrumé par l'alcool et la drogue, Sherlock ne jeta qu'un bref regard à la femme. Contrairement à la cocaïne, l'ecstasy avait ce fâcheux défaut d'endormir ses capacités intellectuelles.

- Une amie, répondit Yuan. Nous avons une affaire à régler. Monte, je te rejoins tout de suite.

Baiser lubrique :

- Caresse-toi en m'attendant…

Sherlock acquiesça, rendit le baiser :

- Ne tarde pas. J'ai trop envie…

Il gravit les marches du perron, disparut dans le bâtiment. Yuan se tourna vers la femme :

- Je vois que votre patron n'a pas tardé à me localiser.

Elle eut un rire sec :

- Un vrai jeu d'enfant. Notre organisation vous surveille depuis un moment déjà.

- C'est ce que j'ai cru comprendre.

Il croisa les bras, releva le menton avec défi. Elle ne lui faisait absolument pas peur : il se savait invulnérable, car il possédait une chose, une chose que son adversaire désirait.

- Votre patron… le fameux « M », reprit-il avec assurance. Se cacher derrière un pseudonyme et envoyer une femme à sa place… très classe vraiment. Que me veut-il ? Ses menaces ne m'arrêteront pas ; il n'a pas encore compris ?

- Arrêtez avec Holmes.

Eclat de rire.

- C'est donc ça ! Le grand méchant loup ne supporte pas qu'un autre pose la main sur son jouet. Je me doutais qu'un tel… lien existait entre eux.

Geste d'impuissance feinte :

- Mais que voulez-vous… Sherlock me fait confiance. Il me suivra, où que je le mène.

- Vous pourriez mourir pour ça.

Elle eut un geste en direction du torse de l'homme. Trois points rouges. « Evitez la force » avait-il ordonné ; mais Moriarty n'avait pas proscrit l'intimidation. Yuan n'eut même pas un mouvement de recul :

- Je pourrais mourir, en effet. Mais vous et moi savez bien que votre patron ne me tuera pas : il préférerait se pendre plutôt que dévoiler à Sherlock qu'il l'a aidé… en s'immisçant dans mes affaires. Non ?

Rire aigrelet :

- Et de toute manière… si je venais à mourir, tragiquement abattu par un de vos snipers… dans quoi plongera Sherlock, à votre avis ? Avec le médecin qui a quitté Baker Street... le désespoir que suscitera le décès... une loque imbibée de drogue n'a jamais résolu des énigmes ; votre patron serait obligé de jouer tout seul. Quelle tristesse.

Adler resta muette : tout sonnait vrai, et elle n'aimait pas cette situation. Elle n'aimait pas cette sorte… d'attachement que son patron ressentait pour Holmes ; ça compliquait les choses. Sentant son indécision, Yuan monta pas à pas les marches du perron.

- Dites ceci à au grand méchant « M ». Je veux qu'il cesse de m'importuner. En cas de refus ou de nouvelles menaces sur ma personne, ce sera Sherlock qui trinquera.

- Il ne vous laissera pas vous en tirer.

- Ah oui ?

Le chimiste ouvrit la porte :

- Eh bien, je l'emmerde.

Adler resta seule dans la rue.

O°O°O°O°O°O°O

- Appartement dans le quartier de Knightsbridge, 00h43 -

- Tu rentres tard…

Mycroft accrocha son parapluie au porte-manteau. Suspendit son imper. Liz attendait, appuyée contre l'embrasure de leur chambre à coucher. Robe de chambre blanche. Remords. Il était trop souvent absent, ces derniers temps.

- Retourne te coucher. Ta séance au Palais de Justice, demain…

Soupir ; il se sentait si las :

- Je viens tout de suite.

- C'est Sherlock ? fit-elle. Le docteur Watson n'est pas revenu…

Perspicace. Il sourit faiblement : depuis le temps, Liz connaissait ces rides. Déchiffrait l'inquiétude. Elle s'approcha, le serra contre elle.

- Grave ?

Hochement de tête.

- Yuan.

- Oh.

Ce « oh » renfermait bien des non-dits. Les craintes de Mycroft étaient les siennes : malgré l'attitude déroutante et imbuvable de Sherlock, Liz avait toujours apprécié son beau-frère, de huit ans son cadet. Dans ses premières années de mariage, elle avait été même assez proche de lui : ils nourrissaient la même passion pour l'indépendance, la même aversion pour les réunions mondaines dans lesquelles Mycroft évoluait habilement. La Chine avait tout détruit : après son retour à Londres et son sevrage, Sherlock n'était plus passé la voir. Il avait considéré le soutien que Liz accordait aux efforts de Mycroft comme une trahison.

Elle ferma les yeux. Enfouit ses doigts dans la chemise de son mari :

- Qu'est-ce que tu vas faire ?

- Surveiller.

- Comme toujours. Anthéa ?

- Oui.

Il la détacha doucement, fit quelques pas dans le couloir :

- J'ai aussi demandé à Lestrade…

- Sherlock est fort. Il s'en sortira.

Mycroft acquiesça sans conviction. Referma la porte de la chambre sur Liz et lui.

O°O°O°O°O°O°O

- Appartement de Sarah, 00h44-

Il la déposa sur le lit, en douceur. Décidément, c'était beaucoup confortable que le sofa. Pincement au cœur. C'est la première fois que je rentre dans sa chambre… Sur le dos, Sarah se cambrait, impatiente. Le porte-jarretelles offrait un contraste sombre avec sa peau. John se pencha, se coucha sur elle. Elle écarta les cuisses :

- Viens…

Sourire tendre :

- Attends… je veux prendre soin de toi.

Baisers légers, survolant la bouche, la gorge. Il s'arrêta sur les mamelons dressés, les faisant rouler entre ses lèvres. Pointus. Sensibles. Une exclamation échappa à Sarah. Les mains de John caressaient l'intérieur de ses cuisses, éveillaient la peau. Puis…

- John… !

Humidité. Chaleur. Son dernier contact avec le corps d'une femme était lointain… Sa langue dévala le ventre plat, alla rejoindre les doigts. Le goût, entre l'acide et l'âcre, le sauvage et le raffiné, glissa dans sa bouche.

Il lécha, s'appliquant à la faire gémir.

O°O°O°O°O°O°O

- Dublin, quelque part derrière la Bank of Ireland, 00h45 -

- Il a osé. Bien.

- Qu'allez-vous faire ?

- Rien.

Il imaginait presque Adler s'arrêter, interloquée. Elle devait faire les cent pas dans Floral Street.

- Rien ?

- Rien.

- Et Holmes ?

Rire.

- Ne vous inquiétez pas. J'ai dans l'idée que demain sera salvateur. Pour lui et moi. Restez en planque dans la rue. Gardez les snipers. Je ne voudrais pas qu'il arrive quelque chose de fâcheux.

- Je ne suis pas seule. Visiblement, quelqu'un poursuit le même but que nous.

- Une surveillance ?

- Hm. Dans l'immeuble d'en face. Une femme.

- Lien avec la police ?

- Probable. Je la supprime ?

- Non. À moins qu'elle n'interfère.

- Bien.

- Tenez-moi au courant.

'Dial tone'. Moriarty se renversa dans son fauteuil. Sur le bureau, un verre de whisky – irlandais, bien sûr. Bon. Bon… L'impertinent, le parasite avait donc proposé un marché. Ridicule, de surcroît. Toutefois, Jim devait reconnaître que le cloporte l'avait bien cerné : il n'agirait pas, pour ne pas se dévoiler devant Holmes. L'inaction lui coûtait, cependant. Pouvait-il vraiment laisser Sherlock se débrouiller ? Sifflement méprisant. Allons donc. Voilà que je raisonne comme le chien-chien. Il avala une gorgée de whiskey. Ce n'était pas de l'inquiétude, ou de la jalousie ; mais de la colère. Il s'en persuadait. Il ne voulait pas perdre un adversaire exceptionnel, c'était tout. Il faudrait toutefois faire quelque chose, tirer sur une corde pour débloquer le mécanisme inextricable. Sherlock devait résoudre l'enquête ; Johnny-boy rejoindre Baker Street ; le Dragon perdre ses écailles. Ce qu'il allait lancer, c'était une bombe. Métaphorique, bien sûr. Mais le détonateur se trouvait dans sa main : à lui d'appuyer sur le bouton pour faire rentrer les choses dans l'ordre. Comment suis-je arrivé à cette situation ?

Tout avait commencé par un paquet d'aspirine.

O°O°O°O°O°O°O

- Devant la porte du 3e étage, 17 Floral Street, 00h45 -

Yuan s'arrêta, main sur la poignée. Parfait. Tout se déroule comme prévu. Adler n'avait été qu'un obstacle minime sur sa route, écarté comme un grain de poussière inopportun. Le grand méchant loup ne peut rien contre moi, et il le sait. Ce sentiment de pouvoir, de puissance… voilà ce qui arrive lorsqu'on s'immisce dans les affaires des autres… provoquer la mort de Anne Trumann avait été la plus grande erreur de Monsieur « M » : certes, le réseau avait failli être découvert ; on aurait pu remonter la filière, comprendre d'où venait la cocaïne, comment elle était écoulée… Meredith avait bien failli réussir. Quel dommage qu'elle ait rencontré la mort si tragiquement !

Et puis, il y avait eu Sherlock. Sherlock ! Comme il aimait faire tourner ce nom sur sa langue… Lorsqu'ils s'étaient retrouvés face à face, au siège de Royal Chemical Industry, il avait dû se faire violence pour rester impassible, pour éviter la panique. Mais le détective n'avait vu que ce qu'il voulait voir : une aventure de jeunesse, un amant oublié… parfait. Et à présent… il ouvrit la porte.

À présent, c'est moi qui dicte les règles. Il n'allait certes pas s'en priver.

O°O°O°O°O°O°O

- 3e étage, 17 Floral Street, 0045 -

L'appartement était plongé dans la pénombre. Sherlock laissait son regard errer dans la chambre, tout en ôtant sa chemise. Paravents japonais où s'esquissaient des branches de pins. Bouddha imposant, dans un coin. Coffre de cuir, d'où dépassait une étoffe écarlate. Dans un vase rond, des pivoines pourpre ; l'odeur était entêtante. Et sur le buffet sculpté, un terrarium vide. Il reconnaissait çà et là des objets… minuscules boîtes d'ivoire, pipe à opium, bagues d'argent sur la table de nuit, à côté d'un cordon de cuir ayant probablement accueilli un pendentif… L'exotisme, les voyages… la Chine.

Le lit, immense et accueillant, attira son regard. Ebène. Lin blanc ; les draps défaits coulaient sous ses doigts. Devant l'étendue immaculée, le désir lui reprit les reins. Il glissa une main dans son boxer, se caressa, se sentit durcir à nouveau… Il n'entendit même pas tourner la poignée de la porte. Un corps brûlant se plaqua contre son dos ; Sherlock enfouit sa main dans les cheveux noirs :

- Yuan…

- Excuse-moi. J'ai fait aussi vite que…

La phrase disparut dans un baiser avide. Humide. Leurs salives se mêlaient. Violent. Sherlock fit glisser la chemise de Yuan, qui tomba au sol. Il lui fit face, l'observa. La peau était pâle, les contours des muscles finement dessinés. Et sur sa hanche, à la limite du pantalon sombre… Le détective caressa le dessin d'un doigt :

- Qu'est-ce que c'est… ?

- Un souvenir.

La caresse s'intensifia ; Sherlock faisait courir sa main sur la peau tatouée. Ecailles stylisées… traits déliés… Yuan se prêta au jeu, exposant son dos. Une gueule noire, gigantesque, s'ouvrait sur les épaules nues. De profil, crocs affûtés, un dragon chinois ondulait, au rythme des respirations. Sherlock pencha la tête, interloqué. Le dragon…

Mais déjà, l'envie et la drogue l'attrapaient. Sans lui laisser le temps de réagir, le chimiste l'allongea sur le lit, s'étendit entre ses cuisses écartées. Ouvrit le pantalon, impatient. Le détective s'abandonna ; plus rien ne comptait. Le monde pouvait bien s'évanouir, disparaître dans l'alcool, la drogue et le sexe, il s'en foutait complètement. Yuan noua ses doigts autour du sexe gonflé ; grognement d'impatience. Il se cambra, tandis ce que qu'un visage s'enfouissait contre sa gorge. Murmures chauds :

- Je vais te faire l'amour, Sherlock Holmes… te baiser… et tu me supplieras de t'en donner encore, n'est-ce pas ? C'est ce que tu voulais, non… ?

- O… oui…

Tortillements sous le corps puissant. L'excitation glissait en lui, coulait le long de sa hampe dure, si dure… Les lèvres de Yuan, vibrantes, lui envoyaient des décharges dans tout le corps… En surplomb, il apercevait le dos, ce dos tatoué où le dragon noir rampait… Le mouvement sur son sexe s'accentua. La bouche descendit le long de son torse, son ventre. Souffle contre son aine.

- J… je…

- Chuuut, susurra Yuan, sûr de lui. Tu auras tout ce que tu veux… et même plus.

La langue cueillit une goutte transparente sur le gland rougi. Yuan prenait son temps, se délectant des gémissements :

- Je vais te sucer, Sherlock… te pomper jusqu'à ce que tu ne puisses plus tenir. Tu vas regretter d'avoir quitter Qingdao… Ensuite, je te prendrais. Profondément. Et à ce moment-là…

Regards :

- … j'aimerais que tu penses à ton médecin. John, c'est ça… ?

Gémissement, acquiescement. Supplication.

- Je veux que tu penses à lui. À sa façon de te faire l'amour…

La langue lécha le sexe, de la base au sommet. Sherlock crispa ses doigts sur les épaules de Yuan.

- Tu penseras à lui. Et tu comprendras que tu n'aurais jamais dû quitter la Chine.

O°O°O°O°O°O°O

- Appartement de Lestrade, 00h47 -

Gideon l'accueillit avec un miaulement. Lestrade jeta ses clefs sur la petite commode de l'entrée, en évitant le regard accusateur du chat. Deux jours sans manger, semblait dire le félin. Faim. Cuisine, une boîte dans l'écuelle ; le gros matou gris ne demanda pas son reste, et dévora. L'inspecteur s'affala dans son canapé, une bière à la main. Il n'avait même pas sommeil.

Gorgée. Il repensait à sa conversation avec Mycroft Holmes. Un type étonnant. Normal, quand on connaissait son frère. Pourtant… une telle dévotion, ça frise l'impossible : pourquoi aider un type qui s'en fiche éperdument ? Il attrapa le paquet de cacahuètes qui traînait sur un coussin, en goba une poignée. « Suivez les affaires en cours avec attention. Meredith Trumann. » avait conseillé Mycroft. Meredith Trumann… Lestrade se gratta la tête ; que savait-il d'elle ? Autant essayer d'appliquer les méthodes de Sherlock : il n'avait rien de mieux à faire que réfléchir, de toute façon.

Retrouvée morte dans sa baignoire. Meurtre par électrocution. Un pendentif en forme de dragon dans ses cheveux ; perdu probablement par le meurtrier. Qui connaissait la victime et a pris ses clefs. Situation familiale… mère divorcée ; sa fille Anne décédée d'une crise d'asthme.

Gorgée de bière.

Anne Trumann. Elève brillante, en première année à l'Imperial College London. Décédée à la suite d'une crise d'asthme fulgurante. Achat d'aspirine quelques jours plus tôt, auprès de l'aide-pharmacien du campus. Juan López.

Gorgée de bière.

Juan López. Retrouvé mort dans la Tamise. Piqûre d'Atrax robustus à la base du cou. Traces de brûlures à la cheville ; le corps a été lesté. Dragon tatoué sur l'épaule. Lien avec le pendentif retrouvé chez Meredith ? La poudre retrouvée sous ses ongles n'a rien donné ; trop endommagée.

Qu'est-ce que Sherlock avait dit, déjà ?

Probablement de la cocaïne. Bon. Partons de cette hypothèse. Juan López trafiquait et s'est fait tuer. Pourquoi ? Par qui ?

Lestrade reposa la bière vide, frustré. Sherlock ne lui avait pas tout dit, comme à son habitude : il l'avait laissé en plan sur plusieurs points. L'inspecteur sortit son téléphone de sa poche, composa un numéro. Les sonneries se succédèrent. 'Nobody answered – Combox.' Il raccrocha avec rage. Sherlock décrochait toujours. Toujours ! L'inquiétude le gagna : s'il ne répondait pas… c'est qu'il n'a pas son téléphone… ou qu'il est… Mycroft n'avait rien dit à ce sujet. Absent, ou...? Tremblant, il écrivit :

Sherlock est injoignable. Lestrade 'Send'.

La réponse le fit sursauter :

'Bip'. Il n'est pas en danger. Pas en danger immédiat. MH

Où est-il ? J'ai réfléchi à ce que vous m'avez dit. J'ai besoin de lui pour l'enquête. Lestrade 'Send'.

'Bip'. L'enquête n'est pas actuellement dans ses priorités. Je le regrette. MH

Pas dans ses priorités ? Comment ça ? Les enquêtes sont TOUJOURS sa priorité. Lestrade 'Send'.

'Bip'. Il ne vous sera d'aucune aide, inspecteur. Vous devez vous débrouiller seul. Je n'ai aucun élément nouveau à vous apporter. Navré. MH

Cri de colère. Bon sang ! Résoudre une affaire avec la moitié des données en moins ; c'était impossible ! Lestrade balança son téléphone sur le tapis, faisant sursauter Gideon. Inspiration. Bon. On va se débrouiller. On va boucler l'enquête, ramener Sherlock à la raison, et montrer à ces deux crétins qu'ils ont agi comme des idiots ! Calepin, stylo, schémas. La rage de vaincre collée à la peau, Lestrade commença à décortiquer l'affaire.

O°O°O°O°O°O°O

- Appartement de Sarah, 00h56 -

Des doigts rejoignirent la langue ; elle se cambra. Il tournait, tournait sans cesse autour de ce point trop sensible… il jouait, la rendait folle. Désespérée, elle agita les hanches compulsivement.

- John… s'il te… s'il te plait…

Aguicheuse, Sarah se mordit la lèvre. Il ne put résister à sa demande ; vraiment très jolie. Non. Magnifique. Caresses ; il léchait le petit bouton de chair. Elle se cambra C'est trop…

- Ah... !

Il sourit, poursuivit. Si différent de… ne pas y penser, ne même pas évoquer son nom. Et plus que tout, noyer cette culpabilité naissante dans la tendresse du moment. Les gémissements plaintifs le détournèrent de ses pensées : joues rouges, Sarah crispait les mains sur les draps. C'est presque là… il était assez fier de lui. Soudain, elle se redressa :

- A… attends…

Il s'arrêta, étonné :

- Tu ne veux pas… ?

Elle tâtonna sur la table de nuit, attrapa quelque chose.

- Tiens…

Morceau de plastique carré. Préservatif. John le prit, tandis ce qu'elle se renversait sur le matelas, plus excitée que jamais. Elle murmura :

- Prends-moi, John… je veux que tu viennes… je veux jouir en même temps que toi…

Impatient, il déchira le sachet. C'était ce qu'il voulait, lui aussi.

O°O°O°O°O°O°O

- Dublin, quelque part derrière la Bank of Ireland, 00h57 -

Il posa brutalement les mains sur le bureau froid. Bon. L'attente l'insupportait. Il avait tourné toutes les solutions dans son esprit ; il n'en voyait qu'une. Qui ne lui plaisait pas. Mais qui était nécessaire. Tristement nécessaire.

Une dernière fois, il passa mentalement en revue les cartes dont il disposait : Sherlock – hors circuit, ne serait efficace que le lendemain, et encore… de toute façon, il est hors de question que je le contacte directement. Je ne veux pas m'abaisser à… l'aider. Même si, de manière détournée, c'est ce qu'il allait faire. Ensuite, Johnny-boy – là, ça devenait intéressant. Le médecin fricotait sans vergogne avec sa patronne, certes… mais c'était passager ; Moriarty en était persuadé. Le prévenir de certaines choses était nécessaire : avec des mots bien choisis, chien-chien courrait rejoindre le détective… pourtant, ce ne serait pas lui, James Moriarty, qui allait lui fournir la solution ; oh non ! Enfin, l'inspecteur Lestrade – hm. Là, Jim nourrissait un doute quant aux capacités intellectuelles du policier… mais enfin, si je lui livre les pièces manquantes sur un plateau… quand même ! Et ce serait lui qui informerait Johnny-boy, le poussant à agir…

Il se frotta les mains. Le plan était tordu, ardu, mais c'était tout ce qu'il avait trouvé. Tout ce qui était possible pour préserver à la fois son honneur, ses affaires, et son meilleur adversaire. Il attrapa son smartphone.

O°O°O°O°O°O°O

- 3e étage, 17 Floral Street, 0058 -

Il le suçait… non… il le pompait, avec une dextérité merveilleuse. La bouche enserrait étroitement son sexe avide, montait et descendait en cadence. Sherlock ne pouvait que gémir, impuissant. Des doigts humides de salive effleurèrent ses bourses et plus bas… encore plus bas. Crispation.

- Détends-toi, susurra Yuan en le caressant.

Mouvement vif cri. La main allait et venait, alors que les baisers pleuvaient sur son membre.

- Là… tu vois que c'est bon…

Sherlock redressa la tête, perdu. Chaque toucher envoyait dans ses veines un shoot de désir, qui lui coupait le souffle. Les cheveux noirs de Yuan balayaient son ventre, ses cuisses nues. Il ne se souvenait même pas avoir été déshabillé entièrement. Pourtant, c'était le cas. Yuan jouait avec ses points sensibles, à genoux entre ses jambes. Et le dragon… le dragon tatoué qui le fixait… à la lumière vacillante des bougies, le dragon bougea. Il serpentait le long du dos, s'enroulait autour des muscles, griffait une épaule… les écailles d'encre semblaient courir sur la peau de Yuan, l'envelopper, le posséder… Les doigts accélérèrent, laissant Sherlock sans souffle. Soudain, plus rien. Le chimiste se redressa, dominateur :

- Tu es prêt.

Il sortit un préservatif de sa poche. L'ouvrit. Le déroula. Embrassa le détective. Et mordit. Violemment.

- Retourne-toi.

Sherlock obéit, tremblant, les reins brûlants. Etre dominé par cet homme lui donnait l'impression de disparaître, de s'anéantir. Avec lui, il atteignait un monde tranchant et brûlant, où il n'avait plus à se soucier de sa différence. Il sentait le drap contre son sexe délaissé, trop douloureusement. Impuissant, impatient, il cambra le dos, offert. Ferma les yeux.

O°O°O°O°O°O°O

- Appartement de Lestrade, 01h03 -

Les croquis s'étalaient sur la table, émaillés de ratures, de flèches. Plusieurs feuilles, froissées avec colère, lancées au pied du canapé. Lestrade désespérait. Comme reconstituer un puzzle avec la moitié des pièces

Comment relier Meredith Trumann, sa fille Anne et Juan López ? Il y avait la possible présence de cocaïne sur l'homme mais, à ce qu'il en savait, aucune trace de drogue sur Meredith ou Anne. À moins que Sherlock ait passé ça sous silence. Quoiqu'il en soit, multiplier les hyppothèses et les incertitudes ne plaisait que moyennement à l'inspecteur : il préférait les faits aux devinettes. Il y avait le dragon : pendentif et tatouage, ce qui reliait Meredith à Juan. Insigne de gang ? Symbole du réseau ? Probable ; comment expliquer cependant que Meredith Trumann ait été liée d'une quelconque façon à un trafic de cocaïne ? À moins qu'elle n'en face partie… un règlement de compte ? Peu probable : la femme était blanche comme neige ; ses moindres habitudes, connues par les voisins. Sherlock n'avait pas non plus donné d'indications sur sa discussion avec Kingsley Kleber, le directeur de Royal Chemical Industry… sans doute n'y avait-il là-dedans aucune information indispensable – c'était du moins ce qu'espérait Lestrade. Et cette histoire d'aspirine, vendue à Anne par Juan… un lien ? Qu'avait dit Sherlock, déjà ? Il fouilla dans sa mémoire… « Si c'était juste de l'aspirine, pourquoi tuer López après la mort de Meredith ? À moins qu'il n'ait vendu à la fille autre chose… quelque chose de plus dangereux… en particulier pour une jeune fille atteinte d'asthme. » Quelque chose de dangereux… pour une personne atteinte d'asthme… il commençait à entrevoir…

'Bip'. Sursaut. Le fil de ses pensées se brisa, net. Il ouvrit le message, espérant vainement que ce soit Sherlock.

Appelez ce numéro. Immédiatement.

Un numéro de téléphone était joint au texto. Lestrade fronça les sourcils. Aucune indication sur le correspondant, pas de signature. Dans le doute, il répondit :

Sherlock ? C'est vous ? Lestrade 'Send'.

'Bip'. Non. Ne posez pas de question. Faites exactement ce que je vous dis, inspecteur. Appelez ce numéro. Vous tomberez chez une légiste, Molly. Elle travaille à Bart's.

Lestrade sentit son cœur s'emballer. Molly… Sherlock travaillait souvent avec elle ; il avait entendu son nom à plusieurs reprises. Il écrivit, persuadé, malgré les dénégations de son interlocuteur, de parler à Sherlock :

Pourquoi elle ? Il est une heure du matin. Qu'est-ce que je dois lui dire ? Lestrade 'Send'.

'Bip'. À cette heure, elle est devant sa retransmission préférée ; ne vous inquiétez pas. Demandez-lui les analyses toxicologiques de Meredith Trumann. Parlez-lui du lien entre drogue et problèmes respiratoires.

Je ne comprends pas bien. Lestrade. 'Send'.

'Bip'. Je m'y attendais. Ne comprenez pas. Agissez. Tout deviendra clair ensuite.

Lestrade soupira aucun doute, c'était Holmes. Il n'y avait que lui pour être aussi puant. Un dernier message lui fit lever la tête :

'Bip'. Tenez John informé de vos découvertes, inspecteur, vous serez gentil. Dites-lui également d'aller faire un tour sur Floral Street, s'il est trop inquiet.

Pardon ? Lestrade.

Floral Street n'évoquait strictement rien, pour l'inspecteur, Mycroft ayant malheureusement omis de révéler où Sherlock passait la nuit... mais Lestrade attendit vainement une explication.

O°O°O°O°O°O°O

- Appartement de Sarah, 1h04 -

À califourchon sur ses hanches, elle ondulait sensuellement. Les mains de John se perdaient dans son dos, sur ses seins… Les cheveux bruns caressaient le visage du médecin elle gémissait. Il était large, chaud… dur. Elle avait attendu, tellement attendu pour lui faire l'amour. Son cœur battait à tout rompre, tant l'émotion était forte. Jon était là, contre elle, en elle.

Baiser tendre. Elle l'aimait. Il était tout ce qu'elle avait toujours cherché, chez un homme. Intelligent, drôle, patient, doux… le compagnon idéal, celui avec lequel elle passerait sa vie, fonderait une famille, élèverait ses enfants… nos enfants. Elle accéléra, alors qu'il lui pinçait gentiment les tétons. Gémissement, auquel il répondit :

- Sarah…

Il la fixait, soudain sérieux au milieu de leurs ébats. Elle ralentit, inquiète :

- Qu'est-ce qu'il y a… ?

Coup de hanches, une main sur ses fesses. Ne t'arrête pas. Il l'embrassa à nouveau, murmurant :

- Je… je dois te dire…

Accélération. Presque là… encore… elle le suivit, curieuse et impatiente. Peu à peu, le plaisir montait, enflait. Elle se mordit la lèvre. Continue… Des baisers, encore. John reprit son souffle :

- Je crois que… que je suis…

- Oui, John… ?

Elle y était presque, c'était là, tout proche… Les mouvements du médecin devinrent erratiques.

- … que je suis… amoureux de toi…

Elle jouit. Fort. Intense. En même temps que lui.

O°O°O°O°O°O°O

- 3e étage, 17 Floral Street, 1h07 -

- Cambre-toi. Encore.

Sherlock obéissait ; Sherlock subissait. Avec abandon. Plaqué contre le matelas, il gémissait lascivement sous les étreintes de Yuan. Le sexe qui le transperçait était chaud, incroyablement chaud… la douleur se mêlait au plaisir, au désir… et à la frustration.

- Ca… caresse-moi… s'il te plait…

Yuan sourit dans sa nuque, embrassa la peau moite et tremblante. Soudain plus doux, il glissa une main sous le ventre de Sherlock. Attrapa la hampe dure. Grognements.

- Comme ça ?

- O… oui… oooh…

La main allait, venait, serrait, relâchait… il ferma les yeux, au bord du gouffre. Tendre, Yuan chuchotait à son oreille :

- Te faire l'amour… ça m'a tellement manqué, Sherlock. Quand tu es parti… j'ai cru qu'on m'arrachait le cœur.

Le détective sentit son cœur accélérer ; trop emporté pour se sentir gêné par la déclaration, il répondit, entre deux coups de reins :

- Je… je suis désolé… je ne voulais p… mmmh…

Yuan caressait, encore et encore, l'embrassait. Reprenait :

- Je me rappelle… la première fois qu'on l'a fait. Tu étais innocent… pur… beau… Tu es si beau…

Baiser.

- Tu m'as tellement manqué…

Les doigts enveloppèrent le gland tendu ; Yuan accéléra la cadence, arrachant un cri à Sherlock :

- C… continue… je t'en prie… refais-le encore…

À nouveau, le même endroit.

- Ah… !

- Attends un peu…

Yuan s'arrêta brusquement, sortit de son corps, laissant le détective désespérément avide. L'instant d'après, Sherlock avait basculé sur le dos, prisonnier de l'étreinte. Baisers trop avides.

- Ecarte les cuisses… je veux te voir… je veux voir ton visage.

À nouveau, il le fit sien. Cuisses relevées, le détective gémissait. Le chimiste se pencha sur lui :

- Maintenant… pense à… lui… pense à John, Sherlock…

Accélération brutale exclamation. Remords. Vite balayés.

- Est-ce que… est-ce qu'il te fait l'amour comme ça… ?

Les ongles de Yuan griffèrent son flanc offert ; la main s'enroula à nouveau autour de son sexe. Sherlock ferma les yeux. Proche. Trop proche… je vais… Yuan sentait le point de rupture arriver :

- Réponds, Sherlock… est-ce qu'il te baise comme ça… ?

Hochement de tête. Non. La main fit un dernier va-et-vient ; Sherlock se cambra, secoué par l'orgasme. Il sentit Yuan se répandre en lui, et jouit plus fort, excité par cette idée. L'instant d'après, le chimiste roulait sur le matelas, à ses côtés. Ôtait le préservatif. Corbeille à papier. L'embrassa, possessif :

- Tu es à moi, Sherlock. Cette fois, je ne te laisserai pas t'en aller.

Le détective ferma les yeux, se laissa aller contre le corps doux. Je ne vais pas m'en aller. Sur la hanche de Yuan s'enroulait toujours la queue pointue du dragon.

O°O°O°O°O°O°O

- Appartement de Lestrade, 01h07 -

'The phone rang.'

- Allô ?

- Molly Hooper ?

- C'est moi, mais qui…

- Je suis l'inspecteur Lestrade.

Exclamation. Il leva les yeux au ciel : répondre à une heure du matin, c'était un coup de chance ! Il n'aurait jamais cru qu'elle…

- Il y a un problème avec Sherlock ?

Le détective avait dû lui parler de ses activités avec la police. Lestrade camoufla son inquiétude, s'efforçant de prendre un ton pressant :

- Pas vraiment, non. Je suis sur une affaire. Sherlock a fait des analyses chez vous récemment, non ?

- O… oui. Il ne m'avait pas dit que ça concernait une enquête.

- Vous n'êtes pas la seule à être tenue dans le flou. Ecoutez, Molly, j'ai vraiment besoin de certains informations pour avancer. Vous voulez bien m'aider ?

- Sherlock ne peut pas vous…

- Sherlock est aux abonnés absents, ce soir.

Silence. Il l'imaginait triturer sa robe de chambre avec inquiétude.

- Qu'est-ce que vous voulez savoir ?

- Est-ce que vous avez fait des analyses toxicologies sur une femme nommée Meredith Trumann ?

- La morte de la baignoire ?

- C'est ça.

Pause.

- Oui. Il y avait des traces de cocaïne dans son organisme. Faible dose. Prise probablement quelques jours avant sa mort.

- Signes de consommation régulière ?

- Aucun. D'ailleurs, c'est ce qui m'a étonnée. Il n'y avait pas non plus de traces de poudres sur ses parois nasales. Je pense qu'elle a plutôt du l'ingérer.

Lestrade se figea. L'ingérer ? Le puzzle se mettait en place. Il demanda, pressé par l'urgence :

- Et… est-ce que… qu'est-ce que vous pouvez me dire sur le… le lien entre la drogue et les problèmes respiratoires ?

Exclamation interloquée ; elle hésita :

- Eh bien… heu… la plupart des drogues qui s'inhalent sont contre-indiquées en cas de problèmes respiratoires, ce qui est logique.

Un éclair traversa l'esprit de Lestrade :

- Et… avec de l'asthme… imaginons que… qu'un asthmatique prenne de la drogue… ça pose un problème ? Quelque chose de particulier ?

Silence.

- Molly ? Molly, vous êtes là ?

- Oui oui. Attendez… avec de l'asthme. Tout dépend de quelle drogue on parle. La cocaïne, toujours ?

- Mettons la cocaïne, oui.

- C'est clairement dangereux. Même avec une faible dose…

- On peut en mourir ?

Il le tenait, il en était sûr. La solution dépendait à ce que Molly dirait.

- Oui, ça peut être mortel. La cocaïne peut provoquer des crises impressionnantes qui, si elles ne sont pas traitées immédiatement, entraînent la mort.

Lestrade poussa un cri de victoire, faisant sursauter son interlocutrice :

- Inspecteur ? Est-ce que tout va bien ?

- Si tout va bien ? Tout va merveilleusement bien, bon Dieu ! Je viens de… merci, Molly, merci mille fois ! Vous avez été épatante ! Demain, je vous ferai porter des fleurs… !

Dans son impatience et sa joie, il raccrocha. Il avait trouvé, compris ! Le lien, c'était si clair ! Voilà pourquoi Meredith Trumann était morte, pourquoi Juan López avait été supprimé ! Si clair… puis la réalité le frappa de plein fouet. Il avait compris le stratagème, d'accord, mais il n'était pas plus avancé : qui avait tué ? Qui contrôlait le trafic ? Je ne sais pas. Je n'en sais rien. Il s'affala sur le sofa, soudain déprimé. Puis, se rappelant le texto, attrapa son téléphone. Prévenir John. Peut-être qu'il sait… Il écrivit longuement.

Et comme convenu, acheva son message sur un : Si vous êtes trop inquiet, allez faire un tour sur Floral Street. 'Send'.


Voilààààà... c'est drôle, je sens qu'avec ce chapitre, je ne vais pas me faire des amis... ahem. Ne m'en voulez pas, siouplait ; ne m'envoyez pas de snipers... j'apprécierais aussi de ne trouver aucun paquet piégé dans mon salon ou ma chambre...

Quoiqu'il en soit... j'aimerais beaucoup connaître votre avis : qu'avez-vous pensé de ce chapitre... intense ? Je dois également vous prévenir : le dénouement est proche ; le chapitre suivant sera le dernier, avant épilogue.

Quelques indices ? En cinq mots : médecin, pistolet, snipers, réveil, révélations. Plutôt évident, non ? ^^ Sur ce, encore merci à toutes et à tous pour votre soutien : j'adore écrire pour vous.

Bonne nuit et à très bientôt ! =)