Titre: Hold On

Paring: Zack x Cloud.

Rating: M. Mention de suicide, maladie, anorexie, vie à l'hôpital ET romance masculine.

Warnings: Rien de choquant ni rien dans ce chapitre, si ce n'est qu'on passe du fluff au angst, comme d'hab'…

Disclamer: Pas à moi, bla, bla, bla.

Notes de l'auteur: Je m'excuse de cette si looooongue attente ! Six mois ! Mais en publiant cette fic, je m'étais pas rendu compte de toutes les difficulés qui allaient m'attendre. Eh oui, je ne suis qu'une auteure inexpérimentée avec un peu trop d'ambition… J'ai donc réécrit le chapitre 1 en grande partie pour y intégrer de nouveaux éléments et une plus grande cohérence. Je vous incite fortement à le relire, sinon vous risqueriez de passer à côté d'éléments importants de l'histoire... Le chapitre 2 a été retouché de-ci de-là mais il n'y pas de grands changements pour celui-ci.

Quoi qu'il en soit, merci pour vos merveilleuses reviews qui me rappelaient à l'ordre de temps en temps ! Mais surtout un grand merci à Redfoxline pour sa gigantesque review ^^ Tu attendais la suite (j'espère que c'est toujours le cas), la voilà ! Pour répondre à ta question, j'ai passé deux jours à l'hôpital pour me faire arracher les dents de sagesse et j'ai eu l'occasion d'apercevoir un peu comment c'était fait. C'est très loin de l'idée reçue"tout y est blanc et ça pue le désinfectant"... Et puis comme c'était le lieu principal de l'action, je tenais à ce que ça soit un minimum réaliste tout en restant un peu chaleureux. Même si je ne pourrai sûrement pas éviter certaines bourdes dûes à mon manque de connaissances dans ce domaine... ^^;

Bonne lecture !


Hold On - Chapitre 3

Assis sur son lit, Cloud buvait un verre de jus de pomme tout en regardant la blouse que Siloé lui montrait. Elle était bleue avec un petit ours blanc et duveteux dans le dos. Sur le devant, l'infirmière avait cousu un nuage blanc dans lequel elle avait brodé "Cloud" au point de croix.

"Astucieux non ? Avec le nuage, les plus petits n'auront aucun mal à retenir ton nom," Lui dit-elle en souriant.

"Tu… tu as fait ça toi-même ?" Demanda Cloud, ébahi.

"Ne t'inquiète pas, ça ne m'a pris que quelques minutes," Le rassura-t-elle. Elle savait que Cloud détestait gêner les gens.

"C'est super gentil, merci," Souffla Cloud.

Siloé restait dubitative.

"A voir ta tête on dirait plutôt que je viens de bousiller ton tee-shirt préféré… Hauts les cœurs, Cloud, les petits t'attendent ! Je les ai déjà prévenus que tu allais venir et ils trépignent d'impatience. Va prendre ta douche et essaie-la !" Elle lui ébouriffa les cheveux, et sortit avec son plateau du petit-déjeuner, remarquant avec satisfaction qu'il était presque vide.

"Je repasse te prendre dans une demi-heure !" Le prévint-elle, avec dans la voix la menace d'un coup de pied aux fesses s'il était en retard.

Cloud effleura la blouse du bout des doigts en souriant doucement, et se demanda ce qu'il ferait sans Siloé, avant de froncer les sourcils. Tu ne dois pas t'attachacher aux gens, lui rappela une petite voix sournoise dans sa tête. Tu sais très bien comment ça va finir si tu ne fais pas attention.

Cloud secoua la tête. Dorénavant, il fallait qu'il empêche cette maudite voix dicter sa vie.

"La ferme," Marmonna-t-il, l'air sombre. "Je ne veux plus jamais t'entendre, pigé ?"

Il se leva et se dirigea vers la salle de bain d'un pas résolu. Une bonne douche l'aiderait à se remettre les idées en place.

Dix minutes plus tard, Cloud sortit de la salle de bain dans un nuage de vapeur, vêtu d'une serviette nouée autour de sa taille et nettement plus détendu qu'avant. Il augmenta un peu plus la climatisation et laissa la porte de la petite salle de bain grande ouverte afin qu'elle puisse s'aérer le temps qu'il s'habille. Il enfila un tee-shirt à manches longues de couleur noire et un jean bleu foncé, avant de mettre la blouse. Les manches étaient courtes et le bas retombait comfortablement sur ses hanches étroites, cachant sa ceinture. Il enfila ensuite une paire de Converses bleues – ses préférées – et entra dans la salle de bain pour faire un brin de toilette. S'examinant avec attention dans le miroir, il remarqua que ses joues étaient plus rebondies que lors de son admission à l'hôpital et que les cernes qui lui mangeaient auparavant le figure avaient disparu. Il se brossa les dents et les cheveux, et passa la main dans ses épis blonds, constatant qu'eux aussi semblaient en meilleure forme. Ils avaient retrouvé leur éclat et s'étaient remis à pointer dans toutes le directions, tout en restant très doux au toucher.

Cloud recula de quelques pas pour avoir une meilleure vue d'ensemble de lui-même, et se trouva plutôt satisfait du résultat.

"Ah, Cloud, tu es pr–" Siloé s'arrêta net. "Tu es trop chou !" Cria-t-elle en lui sautant dessus. "Non mais regarde-toi !" Elle lui pinça les deux joues avec un sourire radieux, pendant que le pauvre adolescent sentait son visage prendre une belle teinte rosée.

"Mais ça va pas de dire des trucs pareils !" Cria Cloud, effarouché. Il se tenait les joues, tant pour cacher sa rougeur que pour faire disparaître la sensation de pincement, et Siloé le trouva absolument craquant. "Je suis pas mignon d'abord !"

Siloé leva les yeux au ciel.

"Mais quelle chochotte ! Tout ça pour un petit compliment…" Elle tapa dans ses mains. "Bon, allez le laideron – quoi, pas la peine de faire cette tête, j'ai pas le droit de dire que tu es mignon, j'ai pas beaucoup d'autres choix – les enfants t'attendent !"

Cette fois, ce fut Cloud qui leva les yeux au ciel. S'abstenant de tout commentaire, il suivit son amie. Elle le guida à travers un ou deux couloirs puis ouvrit une porte à doubles battants, qui donnait aussi sur un couloir.

"Voilà, ici c'est l'aile des soins de pédiatrie. Je te fais visiter rapidement d'abord, ok ?"

Cloud hocha la tête.

"Les dix portes sur ta gauche sont des chambres d'enfants. Ils sont deux par chambres. Sur la porte il y a une fiche avec leur nom, la raison pour laquelle ils sont ici, et divers renseignements complémentaires." Elle pointa ladite fiche, collée juste en-dessous d'un dessin.

"Marlène," Murmura Cloud pour lui-même, mais Siloé l'entendit.

"Oui, les enfants écrivent leur nom sur la porte, ça les fait se sentir un peu chez eux. Tu verras, Marlène est adorable. La pauvre petite fait des crises d'asthme affreusement violentes, c'est terrible à voir. Appelle immédiatement une infirmière si elle en commence une."

"Bien sûr," Répondit Cloud en fronçant les sourcils. Lui aussi avait de l'asthme étant petit, et il savait à quel point faire une crise était angoissant et pénible.

Siloé hocha la tête d'un air entendu, puis vérifia la fiche de Marlène.

"Aucun problème aujourd'hui," Déclara-t-elle, soulagée. Puis, elle se tourna vers Cloud. "On continue ?"

"Je te suis."

Ils avancèrent jusqu'au bout du couloir, dont le mur de gauche était peint d'un paysage de savane aux couleurs pastelles. Arrivés au coin, Siloé le fit tourner à droite. Un peu plus loin, à gauche, une porte à double battants, close, indiquait "reservé au personnel".

"Ici c'est la cuisine," l'informa Siloé. "Les repas des enfants ont besoin d'être adaptés à leur cas, alors il sont préparés séparément de ceux du reste des patients. C'est aussi pour ça qu'ils sont meilleurs," avoua-t-elle. "D'ailleurs, tes repas aussi sont préparés ici. Ta nutritionniste te compose un menu chaque semaine."

"C'est vrai que c'est plutôt bon. Mais de toutes les façons, ça faisait des mois que je n'avais rien mangé de fait maison avant mon arrivée à l'hôpital, alors je crois que je n'aurais pas vraiment fait la différence," Admit Cloud en souriant.

"Heureusement qu'on s'occupe de toi ici, gros bébé !" Le taquina Siloé "D'ailleurs, en parlant de bébé, il y en a qui t'attendent toujours, donc on ferait mieux de s'activer un peu. Ici, c'est le réflectoire." Elle poussa la porte située en face de la cuisine, et fit entrer Cloud, qui sourit en observant les tables et les chaises miniatures de couleurs vives.

"Les repas sont servis à midi et dix-huit heures trente. le petit déjeuné est apporté dans leur chambre. Naturellement, tu prendras tes repas avec eux les jours où tu travailles, mais rien ne t'empêche de le faire aussi les jours où tu ne t'occupes pas d'eux si tu as envie. Ah, et la porte sur la gauche mène à la salle commune, ils y sont tous en ce moment. Tu peux aller jeter un coup d'œil discrètement si tu veux," Lui proposa-t-elle.

Intrigué, Cloud se dirigea vers la-dite porte, et regarda par le carreau. Il aperçut une petite quinzaine d'enfants d'environs 3 à 14 ans qui s'occupaient tous de diverses manières, encadrés pas quatre assistantes et infirmières.

"Ils ne sont pas beaucoup, non ?" Demanda Cloud.

"Oui, et pourtant ils sont tous là. Enfin presque," Corrigea-t-elle, "Il y en a deux ou trois qui sont restés dans leur chambre. On ne prend pas beaucoup d'enfants pour mieux s'occuper d'eux et leur prodiguer des soins individuels. C'est l'avantage d'être une clinique privée."

Cloud se raidit à ces mots, et Siloé sut que, sans le vouloir, elle avait fait une gaffe. Elle se traita mentalement d'idiote pour avoir amené sur le tapis un sujet que Cloud considérait comme tabou. Elle tira sur la manche du blond, qui contemplait ses chaussures d'un air profondément peiné.

"Cloud," Appela-t-elle doucement pour ne pas l'effrayer. "Je suis désolée, je ne voulais pas…"

"C'est bon, tu n'y es pour rien," Marmonna Cloud. "C'est juste moi qui… bref, laissons ça."

Et il avança dans le couloir, laissant derrière lui une Siloé embarrassée.

Les dernières pièces étaient donc l'immense salle commune, dont elle lui montra l'entrée au bout du couloir, et la grande salle de bain adjacente à la cuisine. Ils firent ensuite une petite escale au bureau des infirmières pour présenter Cloud à l'équipe.

"Bon eh bien voilà, maintenant tu connais tout," Conclut Siloé en souriant, soulagée de voir que Cloud avait réussi à se calmer et qu'il agissait à nouveau normalement. "Enfin, il te reste le plus difficile: rencontrer les monstres," Ajouta-t-elle malicieusement.

"Quoi, ils sont si terribles que ça ?" Questionna Cloud, qui commençait sérieusement à se demander dans quoi il s'était embarqué.

"Disons qu'ils ne sont pas tellement différents des autres enfants de leur âge, mais la maladie peut avoir divers effets sur leur comportement. Enfin, dans l'ensemble ils sont tous gentils et mignons. Allez, c'est parti !" Lança-t-elle joyeusement en ouvrant à la volée les deux battants de la porte de la salle commune. "Devinez qui est là les enfants ?" Demanda-t-elle à la cantonade.

A ce moment précis, Cloud eut envie de s'enfuir, car une horde d'enfants s'approchait dangereusement de lui en piaillant, pour venir l'encercler et l'assaillir de questions.

Dépassé par la situation, il lança un regard implorant à Siloé, qui se décida à intervenir.

"Allez allez les enfants, un peu de calme ! Regardez, vous faites peur à Cloud et vous l'étouffez," Dit-elle en riant.

Immédiatement, les enfants reculèrent de quelques pas, laissant à Cloud un peu d'espace personnel. Il les regarda tous, les détailla, gravant dans son esprit leurs petites bouilles d'anges en se demandant comment il allait bien pouvoir retenir leur prénom à tous. Il n'avait jamais été doué pour ça.

"Monsieur, comment tu t'appelles ?" Demanda une toute petite voix sur sa gauche.

Cloud baissa les yeux et vit un garçon minuscule qui le fixait droit dans les yeux, un sourire timide aux lèvres.

"Je m'appelle Cloud," Répondit l'adolescent en souriant. "Et toi ?"

"Moi c'est Denis. Si tu te rappelles pas, c'est écrit là. Moi je peux pas lire le tien parce que suis trop p'tit, mais toi tu peux lire le mien, hein ?"

"Bien sûr," Répondit Cloud. "Vous en avez tous un ?" Demanda-t-il à son auditoire miniature.

Tous les enfants exhibèrent fièrement leur petit badge, et Cloud regarda Siloé avec un sourire en coin.

"Laisse-moi deviner, tu les as faits toi-même ?"

"Exactement ! D'ailleurs je peux t'en faire un si tu veux ?"

"Non merci, je ne suis pas tellement fan de Batman, tu sais…"

"Oh mais je peux t'en faire un Dora l'Exploratrice si tu préfères ?"

"Encore moins," Grimaça Cloud.

Siloé éclata de rire, puis redevint sérieuse.

"Les enfants, Cloud est là pour s'occuper un peu de vous quelques jours par semaine, et peut-être plus si vous êtes gentils et qu'il en a envie, alors vous ne devez pas l'embêter, ni essayer de le garder pour vous tout seul. Vous êtes beaucoup, donc il ne pourra pas s'occuper de vous un par un. C'est compris ?"

Les enfants hochèrent la tête silencieusement.

"Vous pouvez faire des jeux à plusieurs, lire des histoires… tout ce que vous voulez. Mais restez calmes."

"D'accord !" Répondirent les enfants en cœur.

"Bien, je vous laisse ! Cloud, je repasserai dans quelques temps, ça te va ? Si tu as un problème, les assistantes seront là pour t'aider. J'imagine que tu vas être un peu débordé au début, mais ils partiront chacun de leur côté au bout d'un moment ne t'inquiète pas. A toute' !"

Et elle s'en alla, laissant Cloud et sa portée de petit poussins collée à lui.

D'ailleurs, il sentit une petite main attraper la sienne. Il baissa les yeux, et vit qu'elle appartenait à Denis.

"On va jouer ?" Demanda le garçonnet.

"D'accord," Répondit Cloud. "On va faire un jeu pour que j'apprenne vos prénoms."

Il passèrent donc la demi-heure suivante à faire un grand jeu, et bientôt Cloud fut capable de connaître leur prénom à tous sans s'aider de leur badge.

Il y avait donc Denis, le petit blond de trois ans et demi qui restait désespérément accroché à lui, Carla, cinq ans, qui lui faisait les yeux doux en jouant avec ses boucles brunes, Johnatan, le petit farceur du groupe, Morgane la pestouille, Louise, qui l'avait boudé pendant tout le jeu – "T'es pas beau et je t'aime pas d'abord !" – Antoine le frimeur, Alice qui ne parlait qu'à sa sœur imaginaire… Bref, une joyeuse petite troupe.

Carla proposa ensuite qu'ils jouent au papa et à la maman. Elle s'autoproclama immédiatement "Princesse Carla" et Cloud devint son "Prince charmant". Et lorsque toutes les filles du groupe se mirent à protester en cœur – elles aussi voulaient épouser Cloud – la petite brune rétorqua tout naturellement qu'elles seraient toutes les femmes du Prince charmant, et qu'elles habiteraient dans un harem mais qu'elle serait quand même la favorite.

Partagé entre l'hilarité et le choc le plus total – comment diable une petite fille de cinq ans connaissait-elle ce genre de choses ? – Cloud tenta de trouver une sortie de secours.

Tout d'un coup, il repensa à quelque chose:

"Il n'y a pas une petite fille qui s'appelle Marlène aussi ?"

La petite voix de Denis s'éleva.

"Marlène ne peut pas souvent sortir de sa chambre, elle est trop malade."

"Oui," Acquièça Carla. "Elle doit toujours respirer avec une machine. Elle est pas drôle cette fille, elle joue jamais avec nous. Faut pas t'occuper d'elle."

Cloud leva les yeux au ciel. Cette Carla l'agaçait profondément.

"Oui, eh bien je vais quand même aller la voir. Je dois faire connaissance avec tous les enfants qui sont ici."

Carla fit la moue, mais Denis s'interposa.

"T'es trop bête Carla. Viens Cloud, je t'emmène voir Marlène."

Sur ce, il lui prit fermement la main.

"Je reviens," Promit Cloud. Juste le temps de faire le tour des chambres."

Les enfants hochèrent la tête et vaquèrent à leurs occupations en compagnie des autres animateurs.

Arrivés à la porte de la salle de jeux, une infirmière les arrêta.

"Où allez vous ? Il faut nous avertir quand vous emmenez un enfant de moins de cinq ans hors de la salle."

Cloud déglutit. A peine trois quarts d'heure passés ici et il faisait déjà sa première gaffe. Heureusement, Denis vola à son secours.

"C'est parce qu'on va voir Marlène," Gazouilla-t-il. "J'étais pressé d'emmener Cloud et j'ai pas pensé à te prévenir…"

L'infirmière le regarda avec affection.

"Dans ce cas…" Elle leur ouvrit la porte. "Marlène se sent mieux aujourd'hui, mais ne la fatiguez pas, compris ? Surtout toi Denis, je sais que tu es un grand bavard."

"Mais Marlène aime quand je lui parle," Protesta le garçonnet.

L'infirmière sourit simplement, et ferma la porte derrière eux.

"La chambre de Marlène est par là," Dit Denis en tirant sur la main de Cloud. "C'est la première du couloir."

Arrivés devant la chambre, Denis toqua et entrouvrit la porte, avant de passer sa tête par l'encadrement.

"Coucou Marlène, je peux entrer ? Il y a quelqu'un qui veut te voir…" Fit-il d'un air malicieux.

Instantanément, les joues pâles de Marlène reprirent un peu de couleur.

"C'est qui ? Papa ? Denzel ?" Demanda-t-elle avec une lueur d'espoir dans les yeux.

"Euh… Non. En fait c'est…"

Il se décala et désigna Cloud.

"Ta-daaaaaa !"

Marlène sembla un peu confuse.

"Euh… Bonjour ?" Elle chercha de l'aide auprès de Denis, mais celui-ci continuait de sourire en regardant Cloud.

"Bonjour Marlène," Se décida enfin le blond. "Je suis Cloud et je m'occupe des enfants de cet hôpital. Enfin… Je suis un animateur quoi."

Marlène sourit.

"Siloé m'a parlé de toi ! Je suis contente de te rencontrer, c'est tellement rare que les autres enfants viennent me voir. Et à part Denis et Zack, il n'y a pas grand monde…"

A cet instant, le visage de Denis s'éclaira.

"Cloud, il faut que tu voies Zack aussi ! Il a presque le même âge que toi !"

"Alors il n'y a pas que des petits enfants ici ?" Demanda Cloud, surpris.

"En fait," Expliqua Marlène, "Zack a une maladie qui touche le plus souvent les enfants. Mais il arrive parfois que de jeunes adultes l'attrappent. L'hôpital a donc décidé de le soigner chez les enfants. En plus, Zack est un gros bébé," Avoua-t-elle en riant.

"Hé là," Protesta une voix derrière la porte, "Qui dit du mal de moi ici ?"

"Tiens tiens," Fit Marlène. "Quand on parle du loup."

La porte s'ouvrit, laissant passer un grand jeune homme brun. Cloud le reconnu comme étant celui qu'il avait observé à l'accueil quelques semaines plus tôt. Il avait l'air fatigué et avançait en trainant les pieds tout en prenant appui sur sa perfusion.

"Salut Marlène ! Comment tu te sens aujourd'hui ?" Demanda-t-il avec enthousiasme.

"Bien, merci. Aujourd'hui je n'ai presque pas eu besoin d'aide pour respirer."

"C'est bien, continue comme ça. Et toi Denis, ça va ?" Demanda Zack au petit garçon confortablement assis sur le lit aux côtés de Marlène.

"Ca va ! Hé Zack, regarde qui est là !" cria Denis en pointa Cloud du doigt. Celui-ci restait bêtement debout à côté du lit, ne sachant quoi faire au milieu de cette petite discussion.

Zack le fixa un moment, puis déclara:

"Je ne savais pas que tu avais un frère, Denis."

Denis claqua sa langue, agacé.

"T'es bête. C'est Cloud, le garçon dont Siloé nous a parlé, tu sais pas lire ou quoi ?"

Zack observa Cloud des pieds à la tête, et son regard se posa sur la poitrine du blond, et le nuage où était brodé Cloud.

"Ah oui, effectivement. Donc, tu es le nouvel animateur, c'est ça ?"

"Oui," Répondit Cloud, un peu gêné. Il n'était pas très à l'aise avec les gens de son âge, aussi sa main vint-elle frotter sa nuque nerveusement. C'est à ce moment-là que Zack remarque le bracelet qu'il portait au poignet droit.

"Ce bracelet… ? Tu es un patient de l'hôpital aussi ?"

"Hem… Oui." Répondit Cloud en baissant les yeux.

"Qu'est-ce que tu as comme maladie, Cloud ?" Demanda Denis, inquiet et interessé à la fois.

Le blond vit que tous les regards étaient dirigés vers lui. Il se tourna vers Zack.

"Je… Je préfererais ne pas en parler avec les enfants…" Avoua-t-il honteusement.

Zack fit un vague geste de la main, comme pour chasser sa demande.

"Oh, tu sais, on en a vu d'autres ici." Se décidant à encourager le blond, il commença.

"Moi j'ai une leucémie aiguë lymphoblastique, ou LAL. Marlène souffre d'asthme chronique et Denis attend une greffe des reins."

Cloud soupira. Ils étaient tous là pour des raisons graves et importantes, et lui… Il était là avec ses petits problèmes de rien du tout, à prendre la place de quelqu'un qui en avait peut-être vraiment besoin.

"Moi, je… Je suis…" Il hésita. Il avait toujours eu honte de mettre un nom sur ses problèmes, mais ses médecins lui avaient appris à le faire. Accepter la réalité et nommer ses maux à haute voix avait été la première étape de sa thérapie.

"Suicidaire et anorexique. C'est tout." Il l'avait dit. Mais il le regretta aussitôt.

Marlène mit ses mains devant sa bouche, effarée, et Zack le regarda avec un drôle d'air que Cloud ne parvint pas à déchiffrer. Denis les regarda tous les uns après les autres dans l'attente d'une explication de tout ces mots qu'il ne comprenait pas. Sa voix fluette brisa le silence pesant qui s'était installé.

"Ca veut dire quoi ? Zack, qu'est-ce qu'il a Cloud ? C'est grave ?"

Zack posa sa main sur la tête de l'enfant, cherchant ses mots.

"Ca ne dépend que de lui, Denis. Pour t'expliquer ça simplement, en gros Cloud a envie de mourir. Et il refuse de manger."

L'enfant écarquilla les yeux, surpris.

"Pourquoi tu fais ça Cloud ? C'est pas bien de vouloir mourir !" Le gronda-t-il, sourcils froncés.

La vérité sort de la bouche des enfants, pensa Cloud. Mais la voix de Zack le tira hors de ses pensées.

"Pourtant, tu n'as pas l'air d'aller si mal," Fit-il remarquer.

Cloud se frotta la nuque, embarassé.

"J'ai fait des progrès depuis que je suis à l'hôpital à plein temps. Je mange presque normalement et…" Il montra ses poignets désormais libres de tout bandages, mais où s'étalaient toujours de fines cicatrices blanches. "De ce côté-là aussi ça va mieux."

"C'est bien alors ?" Demanda Denis.

"Oui, c'est bien. C'est ce que veulent les docteurs." Mais pas forcément ce que moi je veux.

"Quand tu seras complètement guéri, tu sortiras de l'hôpital alors ? Je ne te verrai plus."

Cloud se figea. Sortir de l'hôpital ? Il avait oublié. Cela faisait un mois et demi qu'il était ici, et il s'était habitué au lieu, aux gens. A la présence chaleureuse de Siloé à ses côtés, aux repas qui arrivaient comme par magie, et à sa nutritionniste et sa psychologue qui le félicitaient à chaque visite. Tout cela faisait désormais partie de sa vie, une petite vie tranquille et bien réglée. Alors partir… Impossible ! Pour aller où ? Dans son appartement désespérément vide, pour y être de nouveau seul ? Il n'avait pas de famille, pas d'amis… Comment survivrait-il ? Tout ce qui l'attendait, c'était un billet de retour direct pour l'hôpital… Un sanglot incontrôlable échappa sa gorge, ses yeux se remplirent de larmes et sa respiration se fit saccadée. Il n'entendit pas Denis l'appeler tout en tirant frénétiquement sur sa manche.

Zack fut le premier à réagir.

"Vite Denis," Cria-t-il, "Va chercher une infirmière !"

A ces mots, Cloud tenta de parler, la voix hachée :

"Si-Silo..é…" Articula-t-il péniblement. Denis ne bougea pas, et Marlène avait commencé à pleurer silencieusement.

"Marlène je t'en supplie," Lui demanda Zack, "Ne panique pas, d'accord ? Il faut que tu respires calmement, je ne pourrai pas m'occuper de vous deux si tu te mets à faire une crise."

Il vit alors que Denis n'avait pas bougé.

"Denis !" Vociféra-t-il pour sortir l'enfant de son état de choc, "Va chercher Siloé, je m'occupe de Cloud !"

Les larmes aux yeux, Denis détala avec un dernier regard pour les deux adolescents, alors que Zack commençait à s'activer. Il saisit Cloud par les épaules et le secoua légèrement.

"Cloud ? Cloud tu m'entends ? Ecoute-moi, il faut que tu respires à fond, ok ?"

Mais le blond ne l'entendait pas, et pire, tentait de repousser ses mains, perdu.

"Non…" Supplia-t-il, "S'il vous plait... je veux rester en... encore un peu, je ne veux pas… partir…"

"Cloud," Commença Zack d'une fois ferme mais douce, "Personne ne va t'obliger à partir, d'accord ? On va s'occuper de toi jusqu'à ce que tu ailles mieux. Est-ce que tu peux faire un effort pour respirer ? Je vais t'aider."

Cloud hocha faiblement la tête, et se laissa faire lorsque Zack le guida pour le faire s'asseoir au bout du lit. Le brun passa derrière lui et en profita pour serrer brièvement la main de Marlène pour la rassurer. Puis il monta sur le lit, pestant contre sa perfusion qui le gênait, et se positionna de manière à ce que Cloud se trouve entre ses jambes. Puis il enserra doucement le ventre du plus jeune, avant de lui dire :

"Très bien Cloud, maintenant tu vas faire comme je te dis et suivre mes mouvements, d'accord ? Allez, inspire," Il relachâ la pression sur son abdomen, "Expire," Il exercça une légère pression, "Inspire…" Et recommença jusqu'à ce que Cloud ait de nouveau sa respiration à peu près sous contrôle.

A ce moment-là, Siloé fit irruption dans la chambre, suivie de Denis, affolée.

"Cloud ! Zack, qu'est-ce qu'il s'est passé ?"

"Je ne sais pas, on parlait de nos problèmes et tout d'un coup il était tout raide et il ne respirait plus !"

"Je vois. Tiens-le bien."

Elle examina ses pupilles et contrôla son rythme cardiaque.

"Pupille dilatée, rythme cardiaque élevé, obstruction des voies respiratoires… Je crois que tu nous a fait une bonne crise d'angoisse, Cloud," Conclut-elle ens secouant la tête.

Mais Cloud ne l'entendait pas, continuant à sanglotter tout en secouant faiblement la tête. Zack lui frotta le bras dans un geste qui se voulait réconfortant, et le blond sembla apprécier le contact.

"Je vais lui administrer un sédatif pour l'aider à se calmer," Décida Siloé. "Attention, il va devenir lourd," Prévint-elle avant de sortir une petite seringue de sa poche et de piquer Cloud au bras avec un geste expert.

Immédiatement, le corps de l'adolescent se relâcha, et sa tête vint rouler sur l'épaule de Zack. Celui-ci le tint avec précaution, comme s'il était un objet fragile. Il était tellement maigre, tout ses os étaient palpables…

"Pauvre gamin," Murmura-t-il.

"Zack."

Siloé avait parlé d'une voix sévère, un ton qui lui était inconnu d'elle jusque-là.

"Cloud ayant ton âge, j'imagine que tu vas tenter de t'en faire un ami. Cependant il y a certaines choses que tu dois savoir à propos de lui. Retourne dans ta chambre pendant que je vais le coucher. Et si tu pouvais appeler Maria au passage pour venir s'occuper de Marlène et Denis, les pauvres enfants sont complètement traumatisés."

En effet, les deux plus jeunes étaient serrés l'un contre l'autre dans le lit, tremblants. Siloé leur fit un sourire réconfortant, puis se pencha pour prendre Cloud dans ses bras.

"Ca va aller ?" Demanda Zack.

"Oui, il ne pèse rien. Le seul truc gênant c'est ses jambes, en fait. Des vrais échasses. Bon, à toute'."

Sur ce, elle quitta la chambre, et Zack eut le temps d'apercevoir le visage de Cloud balottant sur son épaule. Il dormait paisiblement. Le brun descendit du lit et frotta la tête des enfants.

"Je vais vous envoyer Maria, d'accord ?"

Denis hocha la tête.

"Tu crois que Cloud va bien ?"

"Je pense que oui. Et… Je suis désolé d'avoir crié tout à l'heure."

"C'est pas grave," Murmura Denis. "Tu déjeuneras avec nous ?"

"Bien sûr."

Il sortit à son tour, se demandant de quoi Siloé voulait lui parler.


Fwaaaaaah, enfin fini ! Ce chapitre traîne sur mon ordi depuis des mois, je ne parvenais pas à le finir ! Trop de trucs mal définis, trop d'incohérences, trop de questions, trop de difficultés… Bref, il fallait que je revoie tout ça. Les chapitres un et deux ont été remaniés, vous y trouverez notamment des changements au niveau du cas de Cloud. Pour tout vous avouer, je comptais rendre ses tendances suicidaires et anorexiques aussi "light" que possible pour éviter de tomber dans le cliché vu et revu du Cloud qui se scarifie à tout bout de champs, MAIS j'ai décidé de faire une fic là-dessus et au début je n'assumais pas vraiment, mais maintenant c'est chose faite et je compte la mener du mieux possible. Et si vous trouvez que je tombe dans le cliché, pitié arrêtez-moi !

A part ça, cette rencontre-ci entre Zack et Cloud est presque normale, non ? A la base je comptais faire un truc explosif de plus, mais j'ai finalement abandonné. Enfin, le passage est toujours en ma possession, je pourrai toujours en faire un recuil de scènes ratées et de cut-scenes… XD

A la prochaine !