Titre: Hold On

Paring: Zack x Cloud.

Rating: M pour être sûre de ne pas avoir de problèmes (mentions de suicide/maladie,/anorexie, vie à l'hôpital et romance masculine)

Warnings: Rien de vraiment particulier pour ce chapitre.

Disclaimer: Au cas-où vous auriez encore des doutes, Zack, Cloud et les autres personnages tirés de Final Fantasy mentionnés dans cette fic ne sont pas à moi.

Notes de l'auteur: Voilà finalement le quatrième chapitre, qui s'est bien fait attendre. J'espère que vous ne serez pas déçus, j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire ^^;

Même si ça fait longtemps, je tiens à remercier Ophelle, Chouquette et Wawen, mes revieweuses anonymes du chapitre 3, ainsi que Cloudy-L et Nyny pour leur récents encouragements (Nyny, ce chapitre est pour toi et je retiens ta proposition ^^)


Hold On - Chapitre 4

Zack attendait sur son lit tout en se tripotant anxieusement les mains. Siloé mettait plus de temps que prévu, et plus les minutes s'écoulaient, interminables, plus il se sentait mal à l'aise. Il avait l'impression que c'était entièrement de sa faute si Cloud s'était retrouvé dans cet état, et il allait sans dire qu'il s'en voulait terriblement.

La porte s'ouvrit en le faisant sursauter, et Siloé entra sans plus de cérémonie, comme à son habitude.

"Est-ce qu'il va bien?" S'enquit Zack, la gorge nouée.

Siloé sourit et vint s'asseoir à ses côtés.

"Oui, ne t'en fait pas. Il sera vite remis sur pieds."

Son visage se crispa soudainement en une vilaine grimace alors qu'elle pensait à quelque chose.

"Enfin, il ne se réveillera pas avant cet après-midi et je vais encore me faire taper sur les doigts par la nutritionniste parce qu'il a raté un repas…"

Zack resta silencieux. Il aurait voulu dire quelque chose, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Siloé traitait la situation de manière calme et posée, elle avait l'habitude de ce genre de choses. Mais lui non, et tout cela l'avait fortement secoué. Sans compter que tout était en partie de sa faute. Serrant les poings, il se lança enfin.

"Siloé, je voulais te dire…"

Il marqua une pause, cherchant ses mots.

"Je suis vraiment désolé pour ce qui s'est passé avec Cloud, je ne pensais pas qu'il-"

"Tu ne pouvais pas savoir," Le rassura Siloé en lui tapotant la main. "On ne se connaît pas depuis très longtemps mais je sais que tu n'es pas du genre à blesser les gens intentionnellement. Cloud est juste… très instable. Mais ça s'arrange, petit à petit."

Elle le dévisagea un instant, puis son regard s'adoucit encore.

"C'est à moi de m'excuser. J'ai envoyé quelqu'un pour s'occuper de Marlène et Denis après l'incident, mais je n'ai rien fait pour toi. Est-ce que ça va ?"

Zack lui fit un sourire reconnaissant.

"Je crois que j'avais juste besoin d'entendre qu'il va bien, en fait. Mais c'est vrai que quand je l'ai vu comme ça tout à l'heure, c'était… Vraiment effrayant." Il baissa les yeux et se rendit compte qu'il se tordait nerveusement les mains depuis un moment déjà.

"Les infirmières sont là pour t'aider si tu te sens inquiet ou nerveux, quelle que soit la raison. N'hésite pas à nous appeler si tu as besoin de quoi que ce soit."

Elle lui fit un sourire chaleureux, et Zack se cala contre ses oreillers, à demi-rassuré.

"A propos," Commença-t-il, "Tu ne pourrais pas me parler un peu de Cloud ? J'aimerais bien pouvoir lui parler plus de trois minutes sans gaffer…"

Siloé sembla réfléchir, puis son visage s'éclaira.

"C'est une très bonne idée ! Je suis ravie que tu te décides à devenir son ami !"

"Je n'ai pas exactement dit ça…" Ronchonna Zack.

"Mais c'est la même chose voyons," Répondit Siloé avec un petit battement de main désinvolte. "Je suis sûre que vous allez vous entendre comme deux larrons en foire !"

"Enfin," Poursuivit-elle en ignorant volontairement le regard en travers que Zack lui lançait, "Je ne peux pas tout te raconter parce que Cloud se sentirait trahi, mais je peux néanmoins te donner une idée générale de sa situation. Pour le reste, ce sera à lui de choisir s'il est prêt à t'en dire plus."

Zack acquiesça. C'était logique, après tout. D'autant plus qu'il lui semblait vaguement qu'une certaine chose appelée "secret médical" était normalement censée empêcher Siloé de parler… Enfin, ça faisait déjà un moment qu'il avait arrêté de se poser des questions sur l'éthique de la clinique.

Siloé réfléchit avec précautions. Quoi qu'elle dise, Cloud lui en voudrait d'avoir dévoilé des informations le concernant à Zack, elle en était certaine. Cloud avait mis du temps à lui accorder sa confiance, et la perdre représenterait un grand pas en arrière dans sa rémission. Cependant, elle était plus que convaincue qu'avoir un compagnon de son âge à l'hôpital ne pourrait que lui être bénéfique. Même si elle devait lui forcer un peu la main pour ça.

"Le père de Cloud est décédé quand il avait huit ans. Sa mère quand il en avait quinze. C'était il y a quelques mois."

Zack détourna les yeux. Et lui qui se plaignait de voir ses parents trop peu souvent… Quel idiot.

"Sa mère était l'assistante du directeur de la clinique, c'était une femme charmante. Le directeur l'aimait beaucoup, et après la mort de son mari il s'est assez impliqué dans sa vie pour s'assurer qu'elle et Cloud ne manquaient de rien. Quant à Cloud… Il est devenu distant et renfermé sur lui-même. Il vivait accroché à sa mère par peur qu'elle ne disparaisse à son tour. Sans compter qu'il ne voyait pas d'un très bon œil le fait que le directeur s'immisce dans leurs vies."

"Est-ce qu'il s'est… Passé quelque chose entre le directeur et la mère de Cloud ?" Demanda Zack avant de se rendre compte que ça ne le regardait pas du tout.

Siloé hésita un instant.

"Non, rien. Mais dans sa tête d'enfant, Cloud croyait qu'il essayait de remplacer son père, et ça l'insupportait."

"L'annonce de la maladie de sa mère a été un véritable choc pour lui. Elle avait un cancer. Elle était prête à se battre, mais certaines… circonstances… sont venues s'ajouter au problème. Elle est partie très vite."

Siloé s'emmura ensuite dans un court silence, les évènements passés lui revenant en tête de manière douloureuse. La mère de Cloud lui avait toujours été d'un grand soutien lorsqu'elle n'était qu'une jeune infirmière inexpérimentée. Toujours prête à distribuer des sourires, des encouragements, et à écouter les problèmes des autres autour d'une tasse de café. Sa disparition avait été une grande perte pour chaque membre du personnel de l'hôpital. Sans parler du directeur qui–

"Qu'est devenu Cloud ensuite ?" Demanda Zack, interrompant le cheminement de ses pensées.

"Il a été placé en famille d'accueil, mais il est vite devenu invivable. Il a été autorisé à vivre seul à ses seize ans à condition qu'une assistante sociale garde un œil sur lui, mais ça n'a pas été très efficace. Cloud a très vite commencé à s'autodétruire, sans vraiment comprendre ce qu'il faisait. Le directeur l'a fait suivre par l'hôpital, mais il a craqué. On l'a sauvé de justesse…"

Zack frissonna.

"Et comment il va, aujourd'hui ?"

"Le fait de vivre ici est un peu comme une lame à double tranchant. D'un côté, ça lui est bénéfique car il dispose de tous les soins qui lui sont nécessaires, mais de l'autre, il ne s'y sent pas très à l'aise parce qu'il reste ici aux frais de la clinique et qu'il a l'impression d'être un poids, et d'utiliser une place qui pourrait être utile à quelqu'un d'autre. Mais parallèlement, la simple idée de sortir de façon permanente le terrifie. C'est très dur pour lui, ce sentiment d'être une gêne ici mais de n'avoir nulle part ailleurs où aller."

"C'est vraiment tordu… Mais il y a bien quelqu'un qui peut s'occuper de lui, non ? Un parent éloigné, des amis…?"

"Je ne lui connais pas de famille et il n'a jamais vraiment eu d'amis d'après ce que j'ai compris... Autant dire que l'extérieur ne lui semble pas très accueillant. Il lui reste bien l'appartement de sa mère mais il est incapable de vivre seul. La clinique est ce qui se rapproche le plus d'un vrai foyer, à ses yeux."

"Même s'il refuse de l'admettre."

Siloé lui fit un minuscule sourire. L'adolescent semblait avoir mieux compris Cloud qu'elle ne le pensait, et cela lui redonna espoir.

"Tu as remarqué qu'il ne s'ouvre pas facilement aux autres, pas vrai ? Il est persuadé que ça n'amène toujours que des déceptions."

"Tu sais," Reprit-elle, "Ça serait super que tu essaies de te rapprocher de Cloud. Ça lui ferait sûrement du bien de parler avec quelqu'un de son âge, et puis, tu pourrais aussi essayer de lui faire comprendre qu'il peut s'ouvrir aux autres et qu'il a sa place ici comme à l'extérieur. Ça ne sera pas simple, je ne te le cache pas, mais je suis sûre que tu peux y arriver. Tu pourrais faire ça ?"

Zack eut un petit rire gêné.

"On dirait que je suis sur le point d'épouser ta fille ou un truc du genre…" Marmonna-t-il en se grattant la tête.

"Prends ça comme tu veux, mais je pense sincèrement qu'il vous serait bénéfique à tous les deux de vous apporter mutuellement du soutien pendant votre séjour ici."

Zack resta silencieux pendant quelques instants, et réfléchit aux paroles de Siloé. Il allait peut-être avoir du mal à apprivoiser Cloud, surtout après leur mauvais départ du matin même. Mais vue de loin, l'idée était tentante. Surtout que le brun était plutôt du genre à aimer la compagnie. Les enfants étaient gentils, mais ce n'était vraiment pas pareil.

"J'ai besoin de réfléchir un peu," Déclara Zack. "Tu crois que je pourrais passer le voir maintenant ?"

"Il est encore endormi..." Commença Siloé alors qu'il se levait déjà.

"Ne t'inquiète pas. Je n'en aurai pas pour longtemps."

Zack sortit de sa chambre en marchant avec précaution. Il avait perdu de sa vigueur depuis le début des traitements et se déplacer devenait de plus en plus fatigant pour lui. Siloé ressentit une profonde tristesse en le regardant partir, mais elle fit semblant de remettre de l'ordre dans son lit pour le lui cacher.

oOo

Lorsque Zack entra dans la chambre de Cloud, il fut tout d'abord dérangé par l'intense silence qui y régnait, à peine troublé par la respiration légère de l'adolescent et le goutte à goutte de la perfusion remplie d'un liquide clair.

Il avança avec hésitation et s'assit péniblement sur le bord du lit tout en essayant de ne pas faire de mouvement brusque.

Zack l'observa un long moment. Alors que quelques dizaines de minutes plus tôt le blond lui avait semblé presque en bonne santé, il avait maintenant devant lui un fantôme aux traits tirés et à l'air exténué. Le regard de Zack se porta alors vers le bracelet en mousse que le plus jeune portait au poignet gauche. Il avait un peu glissé, laissant apparaître un mince bandage qui venait sans doute d'être refait.

Zack détourna le regard en soupirant. Dans quoi s'était-il embarqué ? Avait-il vraiment envie de se charger de ça ? De subir ça ? Supposons qu'il finisse par s'attacher à Cloud, et que pour une raison quelconque celui-ci fasse une rechute. Aurait-il la force de supporter la colère, les larmes, le sentiment d'impuissance face aux troubles de l'adolescent ? De vivre chaque jour avec la peur qu'il ne fasse quelque chose d'irréparable ? Et pourrait-il supporter tout cela alors qu'il était lui-même gravement malade et qu'il risquait de laisser Cloud derrière lui, seul avec ses pseudo-promesses d'amitié et de stabilité ? Non, c'était impossible. Ce serait… cruel, même.

Plus Zack réfléchissait à la demande de Siloé et à ce qu'elle impliquait, et plus il était tenté de faire demi-tour et de prétendre que sa discussion avec elle n'avait jamais eu lieu. Ce serait si facile… Il n'aurait qu'à aller s'excuser auprès de Cloud pour sa maladresse, et sa vie suivrait son cours.

Cependant, d'un autre côté… Ces penchants égoïstes ne lui ressemblaient pas du tout. Et puis, quand il regardait Cloud… Quand il repensait à sa frêle silhouette, ses manières si effacée et ses yeux si tristes… Quelque chose d'inexplicable en lui faisait qu'il ne pouvait pas l'abandonner. S'il avait été dans son cas, il aurait certainement voulu qu'on lui tende la main. Que quelqu'un le fasse se sentir aimé, juste un peu. Que quelqu'un lui dise que non, il n'était pas inutile, qu'il y avait de la place pour lui en ce monde. Parce qu'en vérité… il était seul lui aussi. Et il en avait tout autant besoin que Cloud.

Alors il se leva, et attrapa la main droite de l'adolescent pour la serrer dans la sienne.

"Siloé a raison, il va falloir qu'on se serre les coudes tous les deux. Je vais essayer de faire ce que je peux pour toi, mais je ne vais pas non plus te courir après. Donc si tu ne coopères pas… Je laisserai tomber. Parce que j'ai mon lot de problèmes à gérer, moi aussi."

Son regard parcouru Cloud. Il n'avait pas bougé.

"Je repasserai quand tu seras réveillé," Promit-il.

oOo

A peine arrivé dans la salle commune, Zack fut assailli par un Denis en panique qui se pendit à son bras tout en le secouant frénétiquement.

"Zack ! Comment il va, Cloud ? Hein, il va bien, dis ?"

Le plus âgé se laissa ballotter par le mouvement quelques instants avant de se dégager gentiment et de faire signe au garçon de le suivre, un doigt sur les lèvres.

"Pas si fort, Denis. Je ne veux pas que les autres sachent ce qui s'est passé."

Il balaya rapidement la pièce du regard pour chercher un coin tranquille, et tomba sur Marlène qui leur faisait signe, assise dans un fauteuil un peu à l'écart.

"Hey, comment ça va, toi ?" Demanda Zack en se dirigeant vers elle avant de s'agenouiller à ses côtés.

"Un peu secouée mais ça va. C'est bête mais j'ai eu très peur et ça m'a beaucoup fatiguée."

"Tu devrais peut-être aller dans ta chambre, non ?"

Malgré sa fatigue apparente, Marlène fit de son mieux pour lui sourire bravement.

"Ça ira. Et puis, j'en ai assez d'être enfermée tout le temps. Papa dit que je dois faire un peu d'exercice pour rester en forme !" Ajouta-t-elle avec un hochement de tête convaincu.

"Et si on allait tous ensemble dans le jardin un jour ?" Intervint Denis avec des étoiles dans les yeux.

"Oh oui !" Approuva Marlène. "Et on pourrait inviter Cloud, aussi. Je l'ai vu s'y promener l'autre jour."

A ce moment-là, Denis sembla se rappeler quelque chose d'important.

"CLOUD !" S'écria-t-il en regardant Zack avec de grands yeux.

"Il va bien, il dort ! Juré !" Répondit Zack en secouant frénétiquement les mains devant lui quand Denis le scruta d'un air sévère pour s'assurer qu'il ne mentait pas.

"Bon, d'accord," Répondit le garçonnet avec une pointe de soupçon dans la voix. "Tant mieux."

"Que s'est-il passé, au juste ?" Demanda timidement Marlène.

"Eh bien… Disons que Cloud ne supporte pas tellement que l'on parle de ses problèmes parce que ça lui rappelle des choses désagréables ou tristes. Il n'a pas eu une vie facile, tu sais."

"On va faire attention à ce qu'on lui dit alors," Proposa Marlène sans demander plus de détails.

"N'en faites pas trop quand même. Siloé a dit qu'il allait de mieux en mieux, et puis je ne pense pas que ça lui plairait d'être traité différemment. Il ne veut pas se faire remarquer. D'ailleurs, je vais aller le voir à son réveil, vous voulez venir ?"

"On ferait peut-être mieux de le laisser tranquille pour aujourd'hui. Mais tu lui diras qu'on pense à lui ?" Proposa Marlène.

"Comme vous voulez. Bon, il reste un quart d'heure avant le déjeuner, vous voulez une histoire les nains ?"

"Ouais !" Cria Denis en détalant vers la bibliothèque pour aller chercher un livre.


Siloé déambulait dans les couloirs de l'aile de pédiatrie pour rassembler les retardataires pour le déjeuner. Alors qu'elle passait devant la chambre de Cloud, elle décida de vérifier qu'il allait bien et entra sans y réfléchir à deux fois, ne se doutant pas que quelqu'un était déjà dans la pièce.

"Monsieur le directeur–" Bafouilla-t-elle, confuse.

"Oh, bonjour Siloé," Répondit l'homme d'un air étrangement absent avant de reporter son attention sur l'adolescent allongé devant lui.

"Que lui est-il arrivé cette fois ?" Demanda-t-il d'un air las.

"Crise d'angoisse," Répondit-elle. "J'ai été obligé de lui administrer un sédatif, comme vous pouvez le voir."

"A l'avenir, j'aimerais être prévenu de ce genre d'incident," Il paraissait toujours très calme et composé, mais Siloé savait que son masque ne tarderait pas à se briser, comme à chaque fois qu'il était question de Cloud. "Est-ce clair ?"

"Oui, monsieur. Je vous prie d'excuser mon erreur."

Rufus Shinra, directeur de la très renommée clinique Shinra, secoua la tête d'un air désabusé.

"N'en faites donc pas tant. Nous savons tous les deux que je ne vous demande cela que par pur caprice."

Il étendit la main en direction du front du garçon.

"Vous savez, j'aimerais tellement–"

Il ne pouvait pas le faire. A regret, il éloigna sa main et agrippa les draps pour tenter de contenir sa frustration.

Siloé posa une main réconfortante sur son bras.

"Rufus… Pourquoi vous ne le faites pas ? Pourquoi vous ne lui dites pas, tout simplement ?" Murmura-t-elle.

Le directeur se crispa.

"Je ne peux pas," Répondit-il. "Cela ne le rendrait qu'encore plus distant, et je ne pourrais pas le supporter. Je ne veux pas commettre d'autres erreurs."

"Alors c'est comme ça ? Vous allez le regarder de loin en souffrant et c'est tout ? Comment savez-vous qu'il le prendra mal ?"

Le directeur se retourna violemment, et elle recula, apeurée.

"Parce qu'il aura l'impression qu'on lui a menti toute sa vie ! Il sera confus, il ne saura plus quoi penser ! Il n'a pas besoin de ça !" Tonna-t-il. "Tout ce dont Cloud a besoin en ce moment, c'est d'une réalité solide à laquelle s'accrocher, vous devriez le savoir mieux que quiconque !"

Un silence s'en suivit, tout deux ne sachant que dire. Le directeur prit quelques inspirations afin de se calmer et passa un doigt dans le col de sa chemise. Il avait l'impression d'étouffer.

"Veuillez m'excuser," Reprit-il une fois son tempérament sous contrôle. "Vous ne faisiez qu'essayer de m'aider."

"Non, je n'aurais pas dû me mêler de vos affaires. Mais c'est si dur de vous voir souffrir tous les deux chacun de votre côté alors que… il y a une chance que ça marche, j'en suis certaine…"

"Je le lui dirai…" Promit Rufus – plus à lui-même qu'à la jeune femme d'ailleurs. "Quand il sera prêt."

"Vous savez," Commença Siloé en prenant le verre se trouvant sur la table de chevet pour se diriger vers la salle de bain, "Cloud a fait des progrès énormes ces derniers temps. Je pense que tout s'arrangera plus vite que vous ne le pensez."

"Je l'espère."

Siloé revint, reposa le verre à présent rempli sur la table, puis prit rapidement la température de Cloud en lui posant la main sur le front.

Rufus lui enviait cette proximité qu'elle partageait avec Cloud. L'adolescent la laissait lui parler et le toucher presque sans problème, maintenant. Déterminé, il avança de nouveau la main et trouva cette fois assez de courage pour toucher les cheveux du garçon. Maladroitement, il caressa les mèches rebelles tellement semblables à celles du petit garçon qui venait parfois lui rendre visite quelques années auparavant, caché dans les jupes de sa mère.

Cloud n'avait pas changé au cours des années. Rufus l'avait vu grandir, pas autant qu'il l'aurait voulu, certes, mais plus qu'il ne l'aurait jamais espéré.

"Un jour, je te raconterai tout. Mais en attendant, je veillerai simplement sur toi, comme je l'ai toujours fait."

Cette promesse faite, il regarda Cloud une dernière fois et détourna les talons.


La chambre était plongée dans une demi-pénombre lorsqu'il se réveilla. Des rayons de soleil filtraient à travers les rainures des volets, lui faisant ainsi savoir que la nuit n'était pas encore tombée.

Cloud leva péniblement un bras pour regarder sa montre, et vit qu'il était cinq heures moins le quart. Il grogna en réalisant que la moitié de sa journée était perdue, et tenta de rassembler ses pensées. Son cerveau était embrumé et ses gestes lents et difficiles, sensations bien connues qu'il attribua sans peine au somnifère. Il avait été drogué, c'était certain, mais ne se rappelait plus pourquoi.

Il prit une minute pour réfléchir. Il avait rencontré les enfants en tant que bénévole, fait plus ample connaissance avec Zack… Le reste des évènements lui revint naturellement en tête et lui fit l'effet d'une douche froide.

"Tu parles d'un fiasco," Marmonna-t-il en enfouissant son visage dans ses mains. L'impression qu'il avait laissée sur Zack et les enfants devait être du plus bel effet… Il ne serait pas étonné s'ils cherchaient à l'éviter dorénavant. Ou même pire, ils allaient peut-être se moquer de lui à chaque fois qu'ils le verraient !

Cloud se mit à trembler. Comment ferait-il si la clinique, le seul endroit où il se sentait en sécurité, le seul endroit où il pouvait aller, devenait un enfer où il se sentait traqué à chaque instant ?

Sentant la panique monter, il tendit une main tremblante vers sa table de chevet et prit le verre d'eau qui s'y trouvait. Il avala tout son contenu, une pensée reconnaissante pour Siloé qui pensait toujours à ce genre de choses. L'eau lui fit du bien, et il se força à calmer sa respiration.

Ça ne fait rien. Tu as sûrement juste déçu une personne de plus, c'est tout. De toutes les façons, tu ne voulais même pas être leur ami à la base, pas vrai ?

Je ne sais plus, décida Cloud. Certes, il s'était senti mal à l'aise dans cette petite chambre en compagnie de Zack, Marlène et Denis, mais ils avaient tous été très gentils avec lui. Ils ne s'étaient pas moqués de ses problèmes, ils s'étaient même… inquiétés pour lui ?

Il devait bien l'avouer, l'espace d'un instant, il avait espéré pouvoir bien s'entendre avec eux. Mais ce n'était plus la peine d'y penser maintenant. A part s'excuser auprès des enfants pour leur avoir fichu la peur de leur vie et éviter Zack pour le restant de son séjour, il n'y avait plus grand-chose à faire.

On toqua à la porte. Cloud releva la tête en sursaut et hésita avant de répondre.

"C'est ouvert," Annonça-t-il d'une voix faible.

Contrairement à ce à quoi il s'attendait, ce ne fut pas Siloé qui fit son entrée mais Zack. Ce dernier ouvrit doucement la porte et passa la tête par l'encadrement.

"Je peux entrer ?" Demanda-t-il.

Cloud fuit son regard et tourna la tête vers la fenêtre, honteux.

"Je peux te parler cinq minutes… ?"

Cloud hocha finalement la tête. Zack ferma la porte derrière lui et avança jusqu'au bout du lit.

Un silence pesant s'en suivit, chacun cherchant ses mots.

"Si tu veux te moquer de moi, fais-le vite et va-t'en." Sa voix n'était qu'un murmure, et Zack crut avoir mal entendu l'espace d'un instant. Quand il fut finalement certain de ne pas s'être trompé il recula, confus.

"Quoi ? Mais enfin–Pourquoi je ferais un truc pareil ?"

Cloud serra les points. Il fallait qu'il en finisse. Et vite.

"Pour tout à l'heure… Je suis désolé," Lâcha-t-il.

Zack le regarda, abasourdi.

"Euh, non. Ça, c'était ma réplique."

"Mais–"

"Non non non," Le coupa Zack. "Pas d'autoflagellation, d'accord ? La situation est maîtrisée, tout le monde va bien. Bon, j'avoue qu'on aurait pu espérer mieux pour une première rencontre mais c'est la vie, hein. Et puis ça m'apprendra à parler sans réfléchir. Donc, euh…"

Zack marqua une pause, gêné. Voilà qu'il recommençait à raconter tout ce qui lui passait par la tête. S'il ne faisait pas un peu plus attention, il allait encore faire une bourde…

"Ce que j'essaie de te dire c'est que… Tout va bien. Et aussi, si jamais tu as envie de parler un peu ou que tu as besoin de compagnie, Marlène, Denis et moi on est là pour toi."

A ces mots, Cloud le regarda en face pour la première fois depuis le début de leur échange.

"Vraiment ?"

"Non, je mentais. Hé, c'était une blague !" Se rattrapa-t-il en voyant l'expression du blond passer de l'espoir timide à l'incompréhension totale. "Désolé je suis vraiment trop bête, je voulais pas…"

Il contourna rapidement le lit, ignorant la protestation douloureuse de ses muscles, et tendit la main vers le blond. Celui-ci la repoussa sèchement et sa voix s'éleva, glaciale.

"Zack. Sors, s'il te plaît."

Zack grimaça. Il était allé trop loin, encore une fois.

"Désolé," Marmonna-t-il. "Mais je pensais vraiment ce que j'ai dit, alors… Réfléchis-y, d'accord ?"

Il attendit une réponse, n'importe quoi. Cloud ne cilla pas.

oOo

Zack referma la porte de la chambre de Cloud derrière lui, abattu. Il avait beau ne pas s'être attendu à ce que Cloud lui tombe dans les bras, il n'avait pas non plus imaginé que ça se passerait aussi mal. A nouveau.

A peine eut-il fait quelques pas dans le couloir qu'il sentit la fatigue l'envahir. Il rejoignit la chaise la plus proche d'un pas mal assuré et s'y laissa tomber lourdement. Il n'avait même plus la force de regagner sa chambre.

"Zack ?"

La voix de Siloé lui parvint, inquiète et distante. Il l'entendit traverser le couloir en courant.

"Zack, ça ne va pas ? Tu as mal quelque part ?" Elle s'agenouilla devant lui, prit son visage entre ses mains et l'observa attentivement. "Parle-moi," Demanda-t-elle.

"Je suis allé voir Cloud mais… j'ai foiré."

Ses yeux étaient tellement lourds, et il ne voyait plus rien. Est-ce qu'il pleurait ?

"Je crois qu'il me déteste," Murmura-t-il avant de sombrer dans le sommeil.


Voilà-voilà ^^ Bon, je ne suis pas du tout satisfaite de ce chapitre, mais il y a un moment où il faut se lancer hein...

La raison pour laquelle j'ai tant tardé à poster ce chapitre tient en trois mots: la scène finale. D'après le scénario Zack devait se faire jeter, mais je n'arrivais pas à le faire. C'est trop difficile pour moi de les faire se détester ^^; Pour finir je crois bien que j'ai réécrit cette scène une quinzaine de fois… De même, Zack était censé être ultra-combatif et optimiste, mais je me suis rendu compte que c'était un peu irréaliste comme idée. Deux personnes dans mon entourage ont eu le cancer l'année dernière, dont une une leucémie (mais tout le monde va bien maintenant) ce qui m'a beaucoup appris. Je m'efforce de rendre mes fics toujours plus réalistes et crédibles, et cela ne peut se faire que par l'étude du sujet sur lequel on écrit. Cependant il n'est pas toujours facile de trouver des infos en tant voulu... (par exemple, ça fait des mois que l'écriture d'un de mes projets de fics était bloqué parce que je n'avais pas les connaissances requises en droit de la famille xD) Bref, attendez-vous donc à ce que je le comportement de Zack (et de Cloud) dérive un peu de ce que j'avais annoncé dans les premiers chapitres ou le résumé ;)

Concernant le chapitre 5, j'ai déjà plusieurs pages d'écrites (que j'ai enlevées de ce chapitre parce qu'il devenait trop lourd, d'ailleurs) donc je ne veux pas vous faire de promesse pour la date de publication, mais au moins je sais plus ou moins où je vais :)

Merci d'avoir lu et à la prochaine !