Bonjour à toutes et à tous ! Voici (enfin) la suite de cette aventure palpitante... j'espère que vous ne vous êtes pas fait trop de cheveux blancs pendants mon absence (pour laquelle je m'excuse, d'ailleurs).

Je n'ai pas encore trouvé le temps de répondre à vos reviews, et j'en suis navré ; mais promis, dès que j'ai un moment, je vous écris. Je n'aime pas laisser les lecteurs sans nouvelles...

Quoiqu'il en soit, merci à toutes celles et tous ceux qui m'ont lue et/ou reviewée : vous savoir à mes côtés est toujours très gratifiants. ^^

Ah oui, et j'oubliais... je vous avais annoncé un chapitre et un épilogue... en fait, il y aura DEUX chapitres et un épilogue : cette partie est donc l'avant-avant dernière. Je me suis rendue compte qu'il y avait trop de choses à dire pour si peu de place ; j'ai donc décidé de rallonger cette histoire. Alors, heureux? ;)

En attendant... très bonne lecture ! =)


Le Lóng et l'Inspecteur.

- Appartement de Sarah, 7h48 -

Il ouvrit un œil. Se retourna sur le dos. Dans la pénombre, la mise au point s'avérait délicate : il ne parvenait qu'à discerner le contour flou de meubles inhabituels. À travers les persiennes, il percevait un bruit de fond discret. Voitures. Klaxons. Visiblement, il faisait encore sombre, dehors. Où était-il… ? Tâtonnements. La place, à ses côtés, était vide, mais encore chaude. Un parfum discret sur l'oreiller… agrumes. Il sourit.

Ça lui revenait. Chez Sarah. Il était chez Sarah. Dans son lit. Mon Dieu… ! La nuit passé effleura sa mémoire ; il se mordit la lèvre… il avait… oh mon Dieu ! Il ne se sentait pas coupable, non, loin de là – ce n'était pas du remord, pas de la culpabilité, il ne fallait pas plaisanter, allons donc… pas après ce que Sherlock avait fait... avait dit… il avait eu parfaitement le droit de… soupir. Stop. Arrête de te justifier. Sois juste heureux du moment. Ils avaient fait l'amour, et ça avait été merveilleux. Puis il lui avait dit… froncement de sourcils… il lui avait dit…

La porte de la chambre s'ouvrit doucement. Silhouette fine en nuisette blanche. Sarah posa quelque chose à terre, à côté du lit. Tintement de porcelaine. Plateau. Odeur… thé ?

- John… ?

- Je suis réveillé.

Il devina son sourire, tandis ce qu'elle écartait les rideaux, ouvrait les persiennes. La timide lumière du jour entra dans la chambre.

- Tant mieux. Je t'ai apporté un petit déjeuner…

- Tu es trop gentille…

Elle attrapa une tasse sur le plateau, la tendit à John, s'assit à ses côtés :

- Fais attention, c'est chaud. Earl Grey.

John saisit le mug avec précaution. Sherlock boit du Earl Grey. C'est le thé qu'il préfè… Une tête douce se blottit contre son épaule ; il chassa ses pensées, sirota le thé chaud. Le soleil commençait à poindre lentement sur Londres.

- On ne va pas être en retard à la clinique ?

- J'ai téléphoné pour les prévenir.

Elle glissa une main sur la jambe nue de John :

- Je suis heureuse que tu sois là…

Il posa la tasse sur la table de nuit, attrapa les doigts chauds. Embrassa la paume :

- Moi aussi, je suis heureux.

Il l'embrassa, la renversant sur le lit. Au-dessus d'elle, il se sentait amoureux, tendre, comblé. Baisers, caresses. Il se blottit contre elle, souhaitant juste être bercé par sa douceur. Elle se laissa aller, respirant son odeur, jouant avec les cheveux blonds qui lui chatouillaient le cou.

- John…

- Mmmh ?

- Est-ce… est-ce que…

- Oui ?

Il mordilla sa gorge, doucement. Elle sentait son cœur s'emballer. Il fallait qu'elle lui demande. C'est important.

- Est-ce que c'était vrai ?

- Quoi donc ?

- Ce que… tu as dis, hier soir… pendant qu'on…

Il se redressa sur un coude, la fixa intensément. Gênée, elle rougissait, s'embrouillait. Elle est encore plus jolie comme ça.

- Tu as dit… tu as dit que tu…

Il posa un doigt sur ses lèvres.

- Je sais ce que j'ai dit.

Le souffle lui manquait ; elle attendait. Elle espérait…

- Et… et alors ?

Baiser.

- Alors, chuchota-t-il, je crois que…

'Somebody knocked on the door.'

John s'arrêta, fronçant les sourcils. Se redressa légèrement pour interroger Sarah du regard :

- Tu attends quelqu'un ?

- N… non. C'est peut-être un de mes voisins qui…

Coups de sonnette. Exclamations. Cris. Quelqu'un s'impatientait sur le pallier.

- John ? JOHN WATSON ! Je sais que vous êtes là ; ouvrez ! C'est Lestrade. Vous ne lisez jamais vos messages ? Bon sang !

John se leva en hâte, abandonnant Sarah.

O°O°O°O°O°O°O

- 3e étage, 17 Floral Street, 8h04 -

Il ouvrit un œil. Se retourna sur le dos. Grogna. Mal de crâne. Langue pâteuse. Nausées. Rythme cardiaque élevé. Légères crampes musculaires.

Lentement, il commença à analyser. Gastroentérite ? Pas vraiment la saison. Mal des transports ? Pas dans une chambre – enroulé dans des draps, il supposait être dans une chambre ; mais les questionnements quant au lieu exact viendraient après. Enceinte ? Biologiquement impossible. Indigestion ? Personnellement impossible – il ne mangeait pas pour ça. Reste donc l'alcool. L'hypothèse collait parfaitement aux symptômes : migraine, langue pâteuse, nausées. Il se souvenait d'avoir bu, la veille, en rentrant de l'Imperial College London. Il avait bu et fumé. Bon. Mais ça n'expliquait pas l'augmentation du rythme cardiaque et les crampes. Ni l'impression d'avoir un cerveau digne de Lestrade…

L'esprit embrumé, s'efforçant de se concentrer, il observa les alentours. Un lit. Gigantesque. Aux draps blancs. Les seuls lits qu'il connaissait étaient le sien et celui de John ; il raya Baker Street de sa liste mentale. Où, alors ? Ecouta les bruits de la rue, qui filtrait par la fenêtre entrouverte. Voitures. Klaxons. Conversations. La bande-son habituelle de Londres. Aucun train ne passait, cependant. Exit Charing Cross et le réseau de rails. Il se concentra sur l'intérieur de la pièce. Il était seul, mais le lit comportait deux places. Déduction. Le propriétaire aime les grands lits – ne vit pas seul – ramène des conquêtes. Ce dernier point l'intrigua plus qu'il ne l'inquiéta. Avec qui avait-il passé la soirée ? Avait-il seulement passé la soirée avec quelqu'un ? John. Secoua la tête. Non… John est parti. La douleur revenait, s'ajoutant à la nausée. Et ces foutues crampes qui ne le lâchaient pas… Agacé, il passa une main dans ses cheveux. Qui, alors ? Sur la table de nuit, une petite coupole en métal des bagues d'argent, un cordon de cuir usé. Des paravents, un brûle-encens, un Bouddha… Son regard s'arrêta sur un vase débordant de pivoines pourpre. Elles l'étonnèrent, éveillant quelque chose, un souvenir… pivoines… pivoines… fleurs… pollen... grain de pollen…

Mais avant qu'il ait pu pousser ses interrogations plus loin, la porte s'ouvrit. Torse nu, Yuan s'avança vers lui. Il finissait d'attacher sa ceinture :

- Ah. Je ne savais pas que tu étais réveillé. Je prenais une douche…

Des gouttes d'eau sillonnaient sa peau… sa peau… coulaient sur le dragon tatoué… Sherlock sentit son cœur rater un battement. Les images le frappèrent de plein fouet. Salon du 221b, bouteilles qui s'alignaient… taxi, Villiers Street… sous-sols tamisés du Paraiso, toilettes… 17 Floral Street, femme étrange… chambre, draps défaits… peau contre la sienne, lèvres dans son cou… et ensuite… il ferma les yeux, une main sur le front. Yuan s'approcha, effleura d'un doigt la joue du détective :

- J'en connais un qui redescend…

Sherlock ouvrit un œil. C'est ça. Augmentation du rythme cardiaque. Légères crampes. Et l'état d'excitation qu'il se rappelait…

- Exctasy ? risqua-t-il.

Yuan acquiesça en s'asseyant à ses côtés. L'embrassa. Sherlock se laissa faire. Bon…

- Combien ? demanda-t-il.

Rires :

- Deux pilules. Peu dosées.

- Deux ?

Les effets duraient six heures...

- Je voulais juste te remonter le moral. Tu as insisté pour la deuxième.

Clin d'œil :

- Tu ne t'es pas vraiment bien conduit, Sherlock.

Le chimiste s'allongea à ses côtés. Glissa sa main sous le drap. Alla taquiner le sexe à moitié endormi. Sherlock grogna, se mordant la lèvre. Non. Je ne me suis pas bien conduit. Pas bien du tout, même. Son regard s'arrêta sur le terrarium vide, effleura le tatouage de Yuan. Pourquoi était-il si difficile de réfléchir, le matin ? La main le caressait plus franchement ; Yuan enfouit sa tête contre son cou. Souffla :

- Tu regrettes ? Pour hier soir…

- Non.

- Tant mieux.

Yuan se redressa :

- Tu vas rester ?

Rester ? ça veut dire… quitter Baker Street. Déménager ses affaires, une nouvelle fois ? Le chimiste s'alluma tranquillement une cigarette :

- Je ne parlais pas forcément d'emménagement, Sherlock. Quoique… Je voulais juste savoir si tu comptais rester… avec moi.

Mordillement, baiser. Rester ? ça veut dire… oublier John. Commencer une autre vie, une nouvelle fois ? Sans John ? Yuan lui tendit la cigarette :

- Tiens, ça va te relaxer.

Le détective avala une bouffée. Yuan se leva, jetant un coup d'œil à sa montre :

- Oh. Je vais être en retard.

Il se dirigea vers la penderie, dissimulée derrière un miroir ancien.

- Où vas-tu ? demanda Sherlock en se retournant sur le ventre.

Ne pars pas… il ne voulait pas se retrouver seul. La présence de Yuan était réconfortante, apaisante… moins que John, soufflait une voix. Une présence excitante, également. Il était nu, sur le lit, et avait envie de faire l'amour. Encore et encore. La voix de Yuan le ramena à la réalité :

- Je vais travailler. Royal Chemical Industry, tu te souviens ? Ils me laissent bosser à domicile, mais il faut parfois que je leur rende des comptes. Je dois présenter mon projet de recherches, aujourd'hui.

Il acheva de boutonner sa chemise, revint à Sherlock. S'accroupit et l'embrassa longuement. Il obtint un gémissement d'impatience, qui se transforma en frustration alors qu'il s'éloignait.

- Ne m'en veux pas, sourit Yuan, enjôleur. Je serai de retour avant midi, s'il n'y a pas trop de trafic. Tu peux rester ici, en attendant. Je te promets de me rattraper… de te faire tout ce dont tu as envie…

Il se redressa vivement, lissa son pantalon.

- Parfois, continua-t-il, j'aimerais bien tout envoyer en l'air. Quitter ce travail et être libre à nouveau…

Haussements d'épaules. Sherlock acquiesça ; il comprenait.

- Mais que veux-tu, fit Yuan en ouvrant la porte de la chambre, on m'a nommé responsable de recherches. Ça fait une belle augmentation…

Son ton devenait plus sûr.

- … une belle promotion, oui. Dommage que ce soit la mort de Meredith qui ait tout précipité.

Meredith. Sherlock se redressa vivement, repoussant presque les draps.

- Tu… tu connaissais Meredith Trumann ?

Tout se tient. Il avait juste été trop stupide pour comprendre plus tôt.

O°O°O°O°O°O°O

- Planque de Floral Street, 8h07 -

'The phone rang.' Elle décrocha immédiatement c'était forcément lui.

- Monsieur ?

- Quelque chose de nouveau ?

- Pas vraiment. Les stores sont baissés la visibilité est mauvaise.

- Des micros ?

- Seulement dans le couloir. Impossible d'entrer dans l'appartement.

Pause.

- Evidemment.

- Je suis restée toute la nuit.

- Vous avez été parfaite.

- La fenêtre est entrouverte. J'ai pu capter des sons. Faibles.

- Bien.

- Ils ont fait l'amour.

Silence. Anthea pianota sur le laptop, prête à envoyer…

- Je vous envoie la bande-son, Monsieur ?

Déglutition.

- Hm. Non. Ce ne sera pas nécessaire. Des paroles, quelque chose d'inquiétant ?

- Est-ce que « continue… je t'en prie… refais-le encore… » peut être considéré comme quelque chose d'inquiétant ?

Elle avait dit cela d'une voix égale, professionnelle. Toussotement.

- Heum. Non. Non, je ne crois pas.

- Alors, rien d'inquiétant. Ah. Juste un détail.

- Lequel ?

- Je n'en suis pas certaine. Sur une caméra à capteurs thermiques, j'ai remarqué une… activité. Rapide, fugitive. Peut-être un chat. Ou un disfonctionnement de l'appareil.

- À moins que quelqu'un ait neutralisé notre surveillance.

- Possible. Mais hautement improbable.

- Je sais.

Soupir.

- Tenez-moi informé.

- Vous viendrez ?

- Oui. J'ai repoussé mon rendez-vous de neuf heures. L'inspecteur Lestrade ne devrait pas tarder. Ah, et il sera probablement accompagné de John Watson, et de plusieurs voitures du Yard. Mettez-les en relation avec nos tireurs. Facilitez leur travail. Il se peut que je sois là avant eux, toutefois.

- Bien, Monsieur.

'Dial tone.' Elle reprit sa surveillance.

O°O°O°O°O°O°O

- Devant la porte de l'appartement de Sarah, 8h08 -

Lestrade fulminait, impatient. Il attendait. Devant la porte. Une discussion étouffée lui parvenait ; il devinait sans mal la teneure des propos. John devait-il ou pas ouvrir la porte ? Il redonna un coup rageur sur le battant de bois.

- JOHN ! Ouvrez, nom de Dieu !

La porte s'ouvrit. John Watson, torse nu, avait visiblement tout juste eu le temps d'enfiler son pantalon. Derrière lui, une femme – la dénommée Sarah, présumait l'inspecteur qui ne l'avait jamais vue – ; elle avait l'air contrariée, mais faisait bonne figure.

John jeta au visiteur un regard noir :

- Lestrade. Bonjour.

Raideur. Lestrade risqua un sourire, pour dérider l'atmosphère :

- Vous ne lisez jamais vos textos ? Vous ne répondez jamais au téléphone ?

- Pas quand je suis avec une jolie femme.

Toussotements. Watson n'avait pas envie de discuter. Bien. Il faut y aller en force. L'inspecteur fit un geste :

- Je vois. Je peux entrer ?

Il avait déjà un pied dans l'appartement. John jeta un bref regard à Sarah, qui acquiesça d'un hochement de tête raide. Il s'effaça, laissant entrer Lestrade. Sarah disparut dans la cuisine :

- Je vais faire du café.

- Merci, répondit l'inspecteur en s'asseyant sur le canapé.

John sentit son épiderme se hérisser de colère : il n'avait rien contre Lestrade, non… simplement, il n'aimait pas être interrompu, dérangé. Surtout durant les… tête-à-tête intimes. D'autant plus qui croyait deviner les motivations de l'inspecteur. Dents serrées, il lança :

- Si vous venez de la part de Sherlock… pour… me ramener à la raison, ou je ne sais quelle histoire du même acabit… bien que je doute que Sherlock, dans son mirifique narcissisme, ait recourt à de tels procédés… je vous le dis tout net, vous perdez votre temps. Je ne remettrai pas un pied à Baker Street, sauf pour aller y chercher mes affaires, et je…

- Je ne suis pas venu pour ça.

Instantanément, John se détendit. Tenta de mettre de côté la culpabilité, sous-jacente en lui.

- Oh… ah… parfait, dans ce cas. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?

Sarah sortit de la cuisine. Un plateau, trois tasses et une cafetière fumante. Elle posa le tout sur la table basse, se planta derrière John, enroula un bras autour de sa taille. Lestrade haussa un sourcil. Possessive.

- Je viens pour l'enquête, reprit-il lentement.

- John ne s'occupe plus d'aucune enquête, jeta Sarah, acide. Si vous avez besoin d'aide, pourquoi n'allez-vous pas trouver votre détective-consultant ?

Lestrade étouffa un soupir méprisant ça ne servirait à rien. Il préféra répondre du tac-au-tac :

- Il est impossible de joindre Sherlock.

- Oh, voyez-vous ça ? continua-t-elle, ironisant. Pourtant, j'aurais pensé qu'on pouvait compter sur lui. Ce n'est pas vraiment le genre à…

- Comment ça, impossible ?

John dévisageait l'inspecteur :

- Sherlock est toujours joignable. Il ne sort jamais sans son Blackberry.

Il espérait que l'inquiétude ne perçait pas dans sa voix. Il se maudit pour sa faiblesse. Lestrade sourit ; malgré le temps qui pressait, mieux valait expliquer les choses calmement au médecin : il agirait plus vite ensuite. Du moins l'espérait-il.

- Je crois que vous devriez vous asseoir, John.

Il repoussa d'un geste la protestation de Sarah, qui, manifestement, n'avait qu'une envie : le mettre dehors. John s'assit, impénétrable. Elle prit place à ses côtés, sa main dans la sienne.

- Expliquez-vous.

Inspiration :

- Eh bien… voilà. Je sais pourquoi Meredith Trumann a été tuée. Ce que j'ignore, c'est pas qui. Et j'espère que vous pourrez m'aider…

O°O°O°O°O°O°O

- 3e étage, 17 Floral Street, 8h11 -

Yuan haussa les épaules :

- Bien sûr que je connaissais Meredith. Nous travaillions dans la même entreprise. Au même étage.

- Tu étais proche d'elle ?

Rire incrédule.

- C'est un interrogatoire ?

- Prends ça comme une discussion sur l'oreiller. Entre deux amants.

Le chimiste pencha la tête, souriant. Revint vers le lit, s'assit. Sa main s'égara sur le torse de Sherlock.

- Ton pouls est rapide.

- C'est les effets secondaires de l'esctasy. Réponds. S'il te plait.

Je sais qui tu es. Sherlock sentait l'excitation dans ses veines. Elucider. Découvrir. Comprendre. Il n'avait pas peur ; il était juste impatient. Yuan se passa la langue sur les lèvres :

- Meredith et moi… nous étions collègues. J'ai travaillé sous ses ordres pendant environ un an et demi. Elle appréciait mon travail, m'a recommandé au directeur général, Kleber. J'ai eu une première promotion.

Soupir.

- Pour elle… je crois que j'étais ce qui se rapprochait le plus d'un ami. Elle a très mal vécu la mort d'Anne, sa fille. Elle avait besoin de parler ; elle avait besoin de soutien, mais ne voulait pas s'adresser à la hiérarchie. Elle se méfiait de Kleber. Il la harcelait. Je lui ai conseillé de porter plainte ; par crainte, elle a refusé. Je l'ai… aidée comme j'ai pu. Sa mort m'a profondément attristé.

- Elle te faisait confiance.

- On peut dire ça comme ça.

- Tu t'es déjà rendu chez elle ?

Exclamation Yuan se mordit la lèvre :

- Toi et tes questions… bien sûr que je me suis rendu chez elle ; pour boire un verre ou pour dîner, quelques fois.

Il caressa la joue de Sherlock :

- Tu as ce genre de conversation avec tous tes amants ?

Non. Seulement avec ceux qui ont tué.

O°O°O°O°O°O°O

- Appartement de Sarah, 8h13 -

- Attendez… vous pouvez répéter ça ?

John se mordait la lèvre, de plus en plus inquiet. Entre les doigts de Sarah, sa main tremblait.

- Meredith Trumann, expliqua Lestrade, a été tuée parce qu'elle avait découvert l'existence d'un trafic de drogue.

- Fort bien, mais je ne vois pas…

L'inspecteur leva la main, interrompant Sarah :

- La fille de Meredth, Anne, est morte il y a un peu plus de neuf mois. Crise d'asthme.

- Je sais tout ça, gronda le médecin. Allez au but.

John sentait la frustration monter.

- Très bien. Anne était élève en première année à l'Imperial Collège London. Une étudiante brillante. Avant sa mort, elle a acheté un paquet d'aspirine sur la pharmacie du campus. Un paquet vendu par un certain Juan López. Nous avons retrouvé son cadavre dans la Tamise.

- Comment est-il mort ?

- Morsure d'araignée. Une mygale… Atrax robustus.

John fronça les sourcils… les araignées… il n'arrivait pas à se souvenir. Lestrade interrompit ses pensées :

- Donc. Anne a acheté son aspirine, est rentrée chez elle et a pris les cachets. Elle est morte peu de temps après.

- Simple coïncidence, risqua Sarah avec espoir.

Elle savait déjà que la réponse serait négative.

- Justement, non, la contredit l'inspecteur. J'ai de bonne raison de croire qu'elle a consommé de la cocaïne.

- Comment ça ? Il y a eu des analyses ?

- Sur elle, non. Mais Meredith Trumann, quoique morte électrocutée, présentait un faible taux de drogue dans le sang.

Il soupira devant les regards incrédules. Comme il comprenait Sherlock, à présent ! Si agaçant d'expliquer l'évidence à autrui… ! Mais, pour faire réagir John, il était nécessaire de lui faire comprendre les tenants et aboutissants de l'affaire : Lestrade espérait qu'il saurait désamorcer la situation.

- Voici ce qui s'est passé, exposa-t-il.

O°O°O°O°O°O°O

- Jet privé, Heathrow, 8h13 -

'The phone rang.'

- Je viens d'atterrir. Où en êtes-vous ?

- Tout est calme. Le visuel est très mauvais : les stores sont baissés. Mauvais angle de tire pour les snipers.

- Je vois.

- J'ai pu pirater les micros.

- Ceux installés par la police ?

- Vu le matériel, je dirais les services secrets.

Il étouffa un gloussement :

- Oh… le grand-frère veille dans l'ombre.

- Comment ?

- Rien. Surveillez les communications. En cas de problème, n'hésitez pas.

- Compris.

- Soyez discrète. Rappelez-moi.

'Dial tone.'

O°O°O°O°O°O°O°O

- 3e étage, 17 Floral Street, 8h14 -

Sherlock se laissait embrasser, se laissait toucher. Il gagnait du temps ; il réfléchissait. L'important étant de retarder le plus possible le départ de Yuan. Il avisa un détail, qu'il corrobora aux autres.

- Tu ne portes plus de collier. Pourquoi ?

- Mmmh… ?

- Tu as une marque plus claire, autour du cou. Comme une chaîne, ou un cordon. La peau en dessous n'a pas bronzé.

- Tu es beaucoup trop observateur. Je portais un pendentif. Je l'ai perdu.

- Un… dragon ? demanda Sherlock entre deux baisers.

- On ne peut rien te cacher.

Un dernier mordillement ; Yuan se releva :

- Je dois vraiment y aller.

- Dommage…

Le chimiste fit quelques pas en direction de la porte. Une voix froide l'arrêta :

- Dommage, vraiment. Je te croyais intelligent, Yuan. Beaucoup plus intelligent. Tu t'es montré décevant.

Il se figea, main sur la poignée. C'est là. Maintenant. Je m'y attendais. Il joua l'innocence ; il aimait jouer, même quand c'était inutile.

- Je ne comprends pas. Sherlock…

- Tu comprends très bien, murmura Sherlock en posant ses coudes sur ses jambes repliées. C'est moi qui ne comprends. Comment as-tu pu être si négligeant ? Les meurtres avaient tout pour être parfaits, je te l'accorde ; aucune trace, du travail impeccable. Ou presque.

Inspiration. Le ton glacé poursuivait, avec jubilation. Sherlock adorait ces moments :

- Ton pendentif. Je sais où il est.

- Ah oui ?

Yuan avait fait demi-tour, les lèvres sèches. Il fixait yeux bleus. Affrontement. Ces corps à corps intellectuels lui avaient manqué ; l'intelligence du détective l'avait toujours fasciné.

- Je l'ai retrouvé, reprit Sherlock. Dans la baignoire de Meredith. L'attache en argent s'est rompue… mais, dans la tension du moment, tu n'as pas du t'en rendre compte, j'en suis sûr.

- Des pendentifs comme celui-là, il s'en vend des dizaines par jour, Sherlock, fit Yuan en s'avançant nonchalamment. Ce n'est pas une preuve suffisante.

- C'est vrai.

Pause. Sherlock désigna le vase rond d'un doigt :

- Les pivoines. Tes fleurs préférées.

- Tu me connais.

- Si bien. Variété Irwin Altman, je présume ?

- Tout juste.

- Je n'avais pas fait le rapprochement. Je n'avais pas voulu le faire. J'ai retrouvé du pollen, coincé entre deux écailles de ton dragon. Faible quantité, mais assez pour faire des analyses. Je suppose que tu te penchais souvent sur le vase pour en sentir les effluves…

Le chimiste siffla, admiratif :

- Je suis impressionné, Sherlock. Ça ressemble à une accusation.

- C'est une accusation. Tu l'as tuée.

Yuan leva les bras, dans un geste d'impuissance ; il sourit plus largement. Très fort, vraiment. Je m'en doutais.

- Très bien. Je l'ai tuée.

- C'est un aveu.

- Tout à fait.

Le chimiste s'adossa contre le buffet bas, à côté du terrarium vide. Il alluma une autre cigarette, envoyant la fumée vers le plafond :

- Et après, Sherlock ? Tu vas sortir d'ici, me dénoncer ?

- C'est possible.

- Etonnant, pour un type qui n'a aucune conscience de la morale.

- J'ai changé. Sept ans, c'est long.

Yuan souffla un nouveau nuage, étouffant un rire aigre :

- Le mensonge ne te va pas bien. Tu n'as pas changé. Il m'a suffi d'une nuit pour te faire replonger ; une unique nuit. Ni ta nouvelle vie, ni les remords ne t'ont arrêté : tu t'es donné à moi, sans ressentir une once de culpabilité envers… qui, déjà ?... ah ! John. Franchement, Sherlock, tu crois qu'un type qui a changé aurait agi de la sorte ? Non, certainement pas. Tu aurais pu le retenir, t'excuser… mais la vérité, c'est que cette situation t'arrangeait bien : en le laissant partir, en buvant et en me suivant, tu savais exactement ce qui se passerait. Et tu n'as rien fait.

Rires.

- En fait… tu es resté le même : ce qui compte, pour toi, c'est de résoudre des mystères. Le relationnel n'entre pas dans l'équation, ou si peu… C'est l'excitation de la traque qui t'intéresse le frisson du danger, la fierté démente de l'élucidation… pas les sentiments froissés d'un ridicule petit médecin. Ce qui compte, c'est toi, avant tout… ta liberté et ton égoïsme.

Sherlock baissa la tête, pensif. Nausée. Il ne pouvait nier ses erreurs ; les voir lui sauter à la gorge le répugnait profondément. J'ai laissé John partir… je me suis saoulé comme un pitoyable abruti… j'ai repoussé l'aide de Mycroft… mais je l'ai suivi, lui. Cette constatation faisait remonter une bile amère dans sa bouche. Yuan continuait à fumer, jubilant :

- Tu as peut-être eu un coup de génie ce matin, mais… combien de temps aurais-tu gagné, si tu ne t'étais pas laissé aller aux vices ? Tu m'aurais déjà livré à cet inspecteur… Lestrade, non ? Je n'en doute pas ; ça t'aurait probablement plu de me voir arrêté : tu aurais été conforté dans ton intelligence. Tu peux bien ne pas avoir de morale, le travail reste le travail… et réussir là où d'autres échouent ne le rend que plus satisfaisant. Seulement voilà…

Bouffée.

- … tu n'as pas réfléchi. Pas assez vite. Tu t'es fait avoir comme un bleu. La vérité…

Pause. Comme il aimait voir le dégoût de soi dans les yeux bleu-gris… il n'ose même pas m'affronter du regard… Le détruire, le démolir à petit feu était encore meilleur que le baiser… Et une fois docile, vaincu par son propre échec… il ne pourra plus m'échapper. Au fond de Yuan, le lóng ronronnait de plaisir, bête assoiffée de sang qui attendait la curée.

- …la vérité, reprit-il en se délectant de la passivité du détective, c'est que je t'ai piégé à ton propre jeu. Tu es observateur, malin, et si intelligent… mais pour une fois, ce sont tes sentiments qui t'ont aveuglé. Sans parler des souvenirs. Paradoxal, pour un sociopathe, non?

C'est vrai. Les souvenirs m'ont montré ce que j'ai voulu voir. Je n'ai pas été attentif. J'ai été pathétique. Pire qu'Anderson. Je me suis fait manipuler par des données ridicules et inutiles. Moi. Le constat de son échec était amer, étouffant. Il repoussa les draps, inspira. Se laisser abattre était encore plus ridicule. Autant sortir… téléphoner… prévenir Lestrade. Réparer les dégâts.

Un cliquetis lui fit lever la tête. Yuan armait un révolver. Sourire venimeux.

- Tu croyais partir, peut-être ?

O°O°O°O°O°O°O

- Appartement de Sarah, 8h15 -

Lestrade se pencha en avant, fixant John dans les yeux. L'urgence lui faisait battre le cœur. Il se lança :

- Comme je vous l'ai dit, Anne Trumann est morte après avoir ingéré de la cocaïne. La drogue lui a été vendue par Juan López, l'aide-pharmacien de l'Imperial College London. J'ai de bonnes raisons de croire que López était revendeur pour des trafiquants : ils écoulaient la drogue auprès des étudiants, en la dissimulant dans des paquets d'aspirine estampillés Royal Chemical Industry…

- … et comme cette entreprise est le plus gros fabriquant de médicaments en Grande-Bretagne... reprit John, suivant le raisonnement.

- … personne ne suspectait que ces paquets étaient des faux, acheva l'inspecteur avec un sourire. Je pense que López revendait la cocaïne à des étudiants bien informés, des consommateurs réguliers qui n'avaient pas intérêt à divulguer la magouille.

- Probable, murmura le médecin. Comment les trafiquants pouvaient-ils écouler leurs stocks tranquillement ? Il y a des contrôles pour ça ; c'est un milieu très surveillé.

- Je pense que les paquets contenant la cocaïne étaient fabriqués dans un laboratoire illégal ; ce genre de procédé est courant. Copier le packaging de Royal Chemical Industry est à la portée du premier venu : il suffit d'un ordinateur, et de quelques connaissances en traitement d'images. Ne reste plus qu'à se fournir le matériel pour fabriquer les boîtes… c'est trouvable en quelques clics.

John acquiesça Sarah se mordit la lèvre. Elle sentait l'intérêt du médecin devant la tournure que prenait l'enquête, et n'aimait pas ça. Elle ne pouvait prendre le risque de le voir s'éloigner.

- Inspecteur, tenta-t-elle d'une voix claire. Ce que vous racontez est tout bonnement passionnant, mais… quel rapport avec John ? Je vous l'ai dit, il ne travaille plus avec Sherlock Holmes.

- D'après mes sources, il est le seul à détenir certaines informations.

- Sherlock ne m'a rien dit de nouveau, soupira le médecin.

L'amertume de la dispute le reprenait.

- Peut-être quelque chose que Sherlock vous aurait révélé avant votre dispu…

Lestrade se mordit la langue, sous le regard noir de John. Oups. Révéler qu'il connaissait toute l'affaire n'était peut-être pas des plus malins.

- Je ne sais pas exactement ce que Mycroft Holmes vous a dit, articula lentement le médecin, agacé. Mais je me ferais un plaisir de lui expliquer ma façon de penser, la prochaine fois que je le verrai.

L'inspecteur soupira ; ça va pas être simple.

- Quoiqu'il en soit, continua John, puisque vous semblez avoir besoin de mon aide – bien que je ne comprenne pas vraiment en quoi –, poursuivez.

- Ok… heu… Anne Trumann et Juan López, donc. Un trafic à l'Université. Vous n'êtes pas sans savoir que Meredith, qu'on a retrouvée morte dans sa baignoire, était la mère de Anne. Elle travaillait justement pour Royal Chemical Industry…

Dieu qu'il est laborieux d'expliquer des faits alambiqués… alors qu'ils sont clairs dans mon esprit. Comment faisait Sherlock ? Lestrade enchaîna :

- Je pense que Meredith, neuf mois et demi après la mort de sa fille, a mis la main sur le paquet d'aspirine trafiquée. Elle l'a peut-être trouvé dans sa chambre… après le décès d'Anne, elle n'a pas fait le rapprochement : comment penser que la crise d'asthme aurait été déclenchée et aggravée par de fausses aspirines ? À mon avis, Meredith a pris la boîte. Lorsqu'elle a eu mal à la tête, elle a fait ce qui semble le plus logique : elle a pris un cachet…

- … sauf que… n'étant pas asthmatique… dit lentement John. La pilule de cocaïne a moins agi sur elle que sur Anne.

- Exact. Elle s'est rendue compte que quelque chose n'allait pas. Peut-être a-t-elle fait des analyses à son labo – elle était chimiste – pour constater que l'aspirine n'en était pas…

- … et, quand elle s'est rendue compte que c'était de la drogue, elle a voulu tout dévoiler. Ce qui aurait mis le réseau en danger.

- Oui, répondit Lestrade en s'enfonçant dans le canapé. Je pense que c'est pour ça qu'on l'a tuée, en maquillant le meurtre en suicide. Ce que je n'ai pas compris, c'est pourquoi elle n'avait pas informé directement sa hiérarchie.

John ferma les yeux, mains jointes sous le menton. Il avait été à Royal Chemical Industry, avec Sherlock… il avait rencontré le grand patron, Kingsley Kleber… et ce cloporte de… Inspiration. Non. Concentre-toi. Qu'a dit Sherlock, déjà ?

- Harcèlement sexuel, murmura-t-il.

L'inspecteur sursauta :

- Pardon ?

Brusquement, John se leva, excité. Les pièces du puzzle se mettent en place. Regard inquiet de Sarah.

- Meredith… son patron, Kleber, la harcelait sexuellement. Aucun risque qu'elle aille lui parler. Elle savait qu'en s'adressant à un supérieur moins élevé, Kleber ne manquerait pas de fourrer son nez dans l'affaire… elle ne voulait pas avoir affaire à lui. Elle a dû se confier à quelqu'un en qui elle avait confiance, qui connaissait son problème avec le patron…

- Probable. Un autre chef de projet ? Un collège ?

- Je pense. Quelqu'un de proche. Sherlock a dit que… qu'elle connaissait son meurtrier. Qu'elle lui avait ouvert. Et qu'il était reparti avec les clefs. Que vous n'avez pas retrouvées.

Acquiescement. Lestrade se tendit. Ils arrivaient à l'endroit où les choses devenaient délicates. John posa la question, celle que l'inspecteur redoutait :

- Vous avez un suspect ?

- C'est le problème. Royal Chemical Industry compte 2'467 employés, rien qu'à Londres. D'après ce que je sais, Meredith Trumann travaillait avec une équipe de 29 personnes ; on les a déjà interrogées, mais ça n'a rien donné. Toutes ont un alibi valable, la plupart corroboré par des témoins.

- Pas de chance.

- Non. Nous savons en outre que Meredith était en relation, dans le cadre de son travail, avec pas moins de 278 personnes. Après, quant à savoir avec qui elle nouait des liens… personne n'a pu nous renseigner : tout le monde l'appréciait, mais on ne lui connaissait pas d'amis intimes. Sans doute était-elle discrète à cause de Kleber. On a aussi pensé aux voisins, sans résultats.

Soupir.

- Donc… vous ne savez pas qui est le meurtrier.

- Non, avoua Lestrade en baissant la tête. Et je sais d'expérience qu'interroger 278 personnes est une perte de temps et d'énergie.

- Je ne vois pas en quoi je peux vous aider… Sherlock ne…

John s'interrompit. Non. Sherlock est injoignable. L'excitation céda le pas à l'inquiétude :

- Vous ne savez pas où il est ?

- Malheureusement non.

- Et Mycroft ?

Ce foutu fouineur est le seul qui pourrait…

- Il ne m'a rien dit.

Le médecin eut l'impression qu'une pierre glacée dévalait son estomac.

- Cependant, reprit Lestrade avec lenteur. J'ai de bonnes raisons de penser que… si vous êtes… heu…

Comment amenez ça sur le tapis ? Je ne sais même de quoi il s'agit ; je ne sais même pas ce que ça implique… ni à quoi ça peut servir !

- … ahem… si vous êtes trop inquiet… vous devriez aller faire un tour sur Floral Street.

John le dévisagea, interloqué.

- Floral Street ? Qu'est-ce que ça a à voir avec l'enquête… ?

- Je n'en sais foutrement rien. C'est vous qui devez savoir.

Et merde. Lestrade avait mis tous ses espoirs sur ces mots… « Floral Street ». Il avait espéré que, comme un sésame, ces deux mots ouvriraient une porte secrète dans l'esprit de John. Visiblement, ce n'était pas le cas.

- Floral Street ? répéta le médecin.

- C'est près de Covent Garden.

John fouilla dans ses souvenirs… près de Covent Garden ? Que s'était-il passé là bas… ? La dernière fois qu'il y avait mis les pieds… c'était avec Sherlock… pour une enquête. Au Royal Opera House. Mais cela faisait plusieurs mois ! (ndla : voir L'Affaire du Tower Bridge) L'écho indistinct d'une conversation lui revint soudain… « Il habite à Londres, près de Convent Garden. Il travaille comme chimiste pour une grande firme pharmaceutique. » Qui avait dit ça, déjà ? Le visage fripé d'une femme asiatique. Une odeur de thé. Inspiration ; il faillit s'étrangler.

- La Veuve Noire !

- Quoi ?

- Je sais… je crois que j'ai compris… Lestrade… vous avez fait une recherche ?

- Sur quoi ?

- Les habitants de Floral Street. J'ai besoin d'une adresse, vite.

L'inspecteur sortit son smartphone.

- Ça va prendre un peu de temps.

- Dépêchez-vous, ordonna le médecin. J'ai besoin d'un nom précis.

- Lequel ?

John ferma les yeux, sûr d'avoir raison.

- Yuan. Yuan Zhao.


Voili, voilou ! Ce sera tout pour ce soir... j'aimerais beaucoup connaître vos avis, quelqu'ils soient. (que vous ayez envie de me flanquer des gifles ou de me menacer avec un couteau de cuisine... XD). La suite devrait arriver très très bientôt (j'espère).

Merci encore pour tout, et plein de bizzzz !

À bientôt ! =)