Disclaimer : Rien n'est à moi. Est-ce que c'est vraiment nécessaire de me le rappeler ?
2. Février.
Mardi 1er Février
18:00 — A la maison.
Ai considéré l'éventualité de retourner au pub, dans l'espoir de rencontrer une partenaire potentielle. Cependant, l'idée de rester là sans la moindre idée de ce que je devrais dire ou faire ne m'attire pas le moins du monde. Je préférerais encore passer la soirée avec mon père, c'est tout dire.
Réalise que je n'ai pas donné une vraie chance à ce projet, mais ne suis pas convaincu que celui-ci mérite les complications qu'il est sûr d'entraîner.
Je suppose que je pourrais concentrer mon attention sur les femmes de ma connaissance. Au moins n'aurais-je pas à réfléchir au meilleur moyen de briser la glace. Ce qui réduirait les chances de me retrouver dans une situation embarrassante.
18:05
Le point faible de cette théorie étant que je ne connais que très peu de femmes.
18:06
Et très peu d'hommes, d'ailleurs.
Cette existence mystérieuse faite de solitude et d'abnégation a visiblement eu plus d'effet sur moi que ce que je croyais. Il me faut penser positif. Peut-être la chance tournera-t-elle si je suis suffisamment patient. J'ai attendu dix-sept ans pour me venger de Voldemort - je pense savoir me montrer patient.
Je suppose qu'il y aura dans un futur proche une nouvelle soirée-de-malheur à laquelle Minerva souhaitera m'inviter. Devrais embrasser mon statut de martyr et me forcer à y assister.
Jeudi 3 Février
12:30 — Département des Mystères.
Wilson m'a fait appeler dans son bureau ce matin pour discuter de notre incapacité, bien que je le soupçonne de penser qu'il s'agit de mon incapacité, à procurer un candidat adéquat pour le département depuis presque trois mois.
'Vous connaissez déjà mon opinion sur le sujet, Wilson. A moins que vous ne souhaitiez que je me répète ?'
Wilson secoua la tête avec véhémence. 'Ecoutez, Snape, je me rends compte que nous ne choisissons pas toujours les meilleures recrues potentielles, mais ce n'est pas grave, pas très en tout cas, parce que c'est votre boulot d'extraire l'aiguille de la botte de foin. Le problème c'est que nous n'avions pas eu de si mauvais résultats depuis très longtemps.'
'Seriez-vous en train de suggérer que je ne suis pas compétent dans mon domaine ?'
Wilson pâlit. 'Oh, Merlin, non, pas du tout. Je suis sûr que vous vous emploierez à sélectionner le prochain candidat avec beaucoup de, ahem, rigueur. Il y a autre chose, cependant, que je voulais vous demander... Mr. Armstrong, juste avant de recevoir son Oubliettes, évidemment, a mentionné quelque chose à propos d'un, euh, puzzle de logique ? Il trouvait qu'on l'avait traité de manière injuste et -'
Je roulai les yeux. 'C'est le premier test auquel je les soumets.'
'Ah, vraiment ?' demanda-t-il, sceptique.
Je souris intérieurement. 'Accio puzzle.' Quelques instants plus tard, un parchemin vola dans la pièce et je le posai sur le bureau. 'Vraiment, Wilson ; j'utilise ceci pour mesurer l'intelligence des candidats. Certes, ce n'est pas un test définitif, évidemment, et encore moins parmi certaines couches de notre société. C'est une création Moldue, voyez-vous.'
Wilson ne semblait pas convaincu.
'Cela dit beaucoup de la façon dont fonctionne le cerveau d'une personne si celle-ci est capable de le résoudre. La plupart y parviendront, si on leur en laisse le temps, mais je n'ai pas l'intention d'attendre des jours pour une réponse. Je souhaite les voir développer logique et méthode dans la façon dont ils réfléchissent. Ce n'est pas ma faute si Armstrong s'est révélé incapable de se plier à la tâche. Et, si je puis me permettre, le puzzle n'était pas son unique échec.'
Wilson eut un vague hochement de tête. 'Je préférerais que vous ne mettiez pas trop l'accent sur -'
'Voyons, Wilson, il ne fait aucun doute qu'un homme doté de vos facultés n'aurait aucune difficulté à résoudre un tel puzzle.'
'Oh, vous croyez vraiment ?'
Je poussai légèrement le parchemin dans sa direction. 'Sans aucun doute.'
Il eut un haussement d'épaules qui se voulait nonchalant, bien qu'il soit visiblement flatté. Il avait pris une mine faussement effarouchée. 'Eh bien, je ne suis pas sûr -'
'Oh, je vous en prie' dis-je doucement. 'Je n'ai que faire de votre modestie.'
Il hocha la tête. 'Certainement. Je devrais essayer de m'y mettre.' Il se pencha avidement, attrapant sa plume.
C'est pour des moments comme celui qui suivit que je m'avoue heureux d'avoir pris la plume pour coucher les événements survenus dans ma vie. Je sais que j'apprécierais de relire ce compte-rendu encore et encore.
Je regardai les yeux de Wilson survoler le parchemin tandis qu'il lisait le passage en question avec avidité. Cependant, un étrange phénomène se produisit : il perdit progressivement des couleurs à mesure qu'il lisait, et son visage prit bientôt un teint grisâtre. Et lorsqu'il arriva à la grille dans laquelle il lui fallait donner les réponses, il avala difficilement sa salive et gigota sur sa chaise.
'Je vois, je vois...' murmura-t-il pour lui-même.
Il porta la pointe de sa plume à sa bouche, affectant un air de concentration absolue. Durant près de cinq minutes, il se tint ainsi, fixant le parchemin sans faire une seule tentative pour donner une réponse. Il pourrait bien y avoir eu de la sueur se formant sur son front, mais je lui concèderait la possibilité qu'il ne s'agissait que d'un jeu de lumière.
Je ne pus m'en empêcher. Après quelques minutes de plus, je pris ma montre dans ma poche et vérifiai l'heure consciencieusement, ce qui fit lever la tête à Wilson, incapable de masquer la panique dans ses yeux.
'Désolé, Snape, je viens de me souvenir que j'ai, euh, ahem, une réunion à laquelle je dois assister... Si vous voulez bien m'excuser...?
Je me levai vivement. 'Ce n'est pas un problème ; je vous laisse le puzzle pour plus tard. Je pourrais aussi vous en apporter que j'ai écrit moi-même, si cela vous tente ?'
'Vous avez écrit...?' Le reste de sa phrase resta suspendue dans l'air et il eut un sourire nerveux. 'Fantastique; tout simplement fantastique.'
Je dus me retenir de sourire tout seul durant tout le reste de la journée.
Samedi 5 Février
Ah. Exactement ce à quoi je m'attendais. Ai reçu un message de Minerva concernant un petit rassemblement au Chaudron Baveur samedi prochain. Peut-être devrais considérer la possibilité de m'établir comme voyant ?
Ma première réaction serait, naturellement, de décliner l'invitation. Cependant, il me faut faire un effort afin de montrer que je prends cette recherche d'une partenaire au sérieux. On n'a rien sans rien.
Vendredi 11 Février
17:30
Viens de rentrer du travail. Habituellement, je me préparerais un encas, mais je n'ai pas très faim ce soir. J'ai beaucoup réfléchi à la soirée de demain et considère sérieusement la possibilité de ne pas me rendre au Chaudron Baveur après tout.
Non, il faut que je m'en convainque, et peu importe à quel point je redoute d'y aller.
Je suppose qu'il y aura un certain nombre de gens présents... Et j'ai autant le droit de m'y trouver que n'importe lequel d'entre eux.
Peut-être ai-je besoin d'être un peu mieux préparé cette fois que les précédentes. L'expérience a prouvé, après tout, qu'il m'est impossible d'apparaître et d'improviser, auquel cas je serais de retour à la maison en moins d'une heure.
Peut-être devrais-je m'examiner avec un regard critique et procéder à des changements afin de me rendre plus attirant pour la gente féminine ?
Hum... Oui, je pourrais faire cela.
19:00
Aargh !
19:10
N'apprécie pas le moins du monde de me tenir devant un miroir pour évaluer mon reflet.
Me suis forcé à m'examiner durant dix minutes entières, mais ne peux toujours pas me résoudre à commenter ce que je vois. Quel genre d'homme n'arrive même pas à regarder son propre reflet dans les yeux, hmm ?
Je pense que je devrais commencer par étapes, plutôt que d'embrasser l'image pathétique que je renvoie dans son entier. Cela semble raisonnable.
Bon... Cheveux...
...
Pas de cheveux gris pour l'instant - un fait à reporter dans ma misérable liste de triomphes, je suppose. Devrais-je reconsidérer leur longueur ? Je n'ai absolument aucune idée quelle longueur conviendrait le mieux - ne peux pas exclure l'éventualité que couper mes cheveux me donnerait l'air encore plus étrange que maintenant.
Passons sur les cheveux.
Le visage, maintenant... Oh, bordel de merde.
Oublie ça, Snape ; abandonne.
J'ignore pourquoi je m'embête à y aller. Ce n'est pas comme si j'avais des affinités de quelque sorte avec les personnes qui seront présentes. Au mieux j'ai pour eux un certain mépris - pas exactement le meilleur moyen de me sociabiliser, n'est-ce pas ?
Ceci dit, me terrer chez moi n'est pas non plus la plus palpitante des perspectives.
19:30
Viens de réaliser, en relisant ce dernier compte-rendu, que cela ne serait pas une mauvaise idée de l'arracher de mon carnet. Si, Merlin m'en garde, quelqu'un devait un jour se retrouver en possession de ce journal, à l'occasion de ma mort par exemple, je préférerais que cela ne soit pas ainsi que l'on se souvienne de moi !
Samedi 12 Février
20:00
Viens de passer presque une heure entière à décider si je devrais lancer un sort sur ma cravate pour la changer de couleur afin de Faire Un Effort.
Bleu marine est la seule concession dont je me crois capable. Cela devra convenir. M'en vais au Chaudron Baveur.
1:00
Noyer ceette soirée de merdrde...!
Dimanche 13 Février
11:00
Par l'enfer ! Me suis réveillé avec un mal de tête atroce et ma bouche me fait l'effet du sol d'une cage à oiseaux.
Ai été forcé de boire mon propre poids en alcool hier soir afin d'oublier tous les gens que je ne peux pas supporter.
Le Chaudron Baveur grouillait joyeusement d'activité lorsque je m'y présentai. Je me suis dirigé vers le bar sans préambule, mais une fois ravitaillé en boisson nécessaire pour endurer le début de cette charmante soirée, me suis retourné pour me trouver face à face avec Hermione Granger, ou Weasley, quel que soit son nom ces temps-ci.
'Bonjour' a-t-elle dit de cette voix pleine d'ennui que je ne lui avais jamais associée jusqu'à présent.
Je me contentai de hocher la tête. Je n'avais pas vraiment considéré la possibilité qu'elle soit présente. Elle me semblait le genre de personne à dédaigner une telle soirée. Il faut l'admettre, le Chaudron Baveur peut difficilement passer pour un haut-lieu de sophistication, et je devinais dans la façon dont elle avait relevé ses cheveux, dans la manière dont elle se tenait, et d'après son expression perpétuellement maîtrisée qu'elle se considérait comme un modèle de rafinement s'il en est.
Cela ne l'aurait pas tuée de sourire, non ? Snobinarde insupportable.
Elle m'étudia durant un moment, et je m'efforçai de ne pas me sentir embarrassé par la cravate bleu marine nouée autour de mon cou.
'Sir*... Severus, je -'
'Oh, pas d'anoblissement pour moi pour l'instant, Mrs Weasley' l'interrompis-je sèchement. 'Sa Majesté ne s'est pas encore montré si généreuse.'
Son expression chancela légèrement, même si je ne pus deviner si cela indiquait une note d'humour ou d'irritation car à ce moment-là, Ronald Weasley vint à notre rencontre en ocillant comme une sorte d'arbre ivre, agitant les bras de façon spectaculaire.
'Hermione... !' gémit-il lourdement, son discours interrompu par des hoquets bruyants. 'Hermione... ch'te plaît... parle-moi...'
Les joues d'Hermione Granger prirent une couleur cramoisie alors que je contournais la gigantesque loque humaine trébuchante qui s'était interposée entre elle et moi. Avec un ricanement de dégoût, je m'éloignai avec soulagement le plus loin possible de la scène.
Merlin. Je venais d'assister à un parfait exemple de pourquoi je ferais mieux d'oublier ma recherche d'une partenaire potentielle et me contenter d'une tranquille vie de solitaire.
Je m'assis aux côtés de Minerva et, à distance raisonnable cette fois, étudiai les tentatives de Granger d'éloigner l'imbécile accroché à elle. 'Quelle est la raison du divorce imminent des Weasley déjà ?' demandai-je d'un ton pesant.
Minerva suivit mon regard et laissa échapper un sifflement de désapprobation entre ses dents. 'Je ne connais pas les détails précis' répondit-elle. 'Mais je suis à peu près certaine que Ronald a été surpris en train de s'offrir un léger à-côté.'
D'après ce que j'avais vu de Granger, je n'étais pas sûr de le blâmer. Ceci dit, en y réfléchissant, je choisirais son camp à elle plutôt que celui du rouquin. C'est Weasley qui m'est le plus antipathique à présent, je crois. Cela peut toujours changer, cependant.
'Eh, Severus, vous vous êtes trouvé une femme finalement ?'
Et ainsi commença la spirale infernale qui devait marquer cette soirée.
Je fronçai les sourcils à l'adresse de la personne qui avait osé formuler cette question. C'était Poppy. Il s'avère que, enveloppé dans mon brouillard alcoolisé, j'avais accidentellement parlé à Poppy de mon désir de trouver une femme à la fête de Minerva. Ne suis pas fier de moi de m'être laissé allé à une telle indiscrétion. Il fut un temps où je ne me serais jamais autorisé à m'enivrer devant témoins.
'Oui, il serait temps de vous trouver quelqu'un, Severus', renchérit Minerva. 'Vous ne rajeunissez pas, après tout.'
'Je ne suis pas exactement à l'article de la mort' contrai-je. Contrairement à certaines...
'J'y ai réfléchi ; nous avons une adorable nouvelle professeur d'Etudes des Runes à Poudlard. Elle vous plairait, vous ne croyez pas Poppy ? Peut-être pourrions-nous arranger une rencontre ?
Je tressaillis violement. 'Non ! Par Merlin, ne vous mêlez pas d'arranger quoi que ce soit !' crachai-je.
'En voilà une mauvaise attitude ! Vous ne trouverez jamais personne de cette façon !
'Laissez-moi en paix' ordonnai-je, prenant congé pour rejoindre le bar. Mon Dieu la seule idée d'une sorte de (je peux à peine me résoudre à l'écrire)... blind date... me soulève le coeur.
Une fois au bar, et savourant une pinte rafraîchissante, je me forçai néanmoins à considérer la position de Minerva. Non au sujet du professeur d'Etudes des Runes, mais à propos de mon attitude. Il était possible que je doive me forcer à en changer si je désirais rencontrer quelqu'un. Mais je n'ai aucune idée de comment changer pour le meilleur.
Penser positif.
Je jetai subrepticement un regard autour du pub, essayant de découvrir s'il s'y trouverait une sorcière prête à accepter mes avances. Je ne voyais personne d'intéressant. Jetant un oeil aux tabourets le long du bar, j'y trouvai une sorcière inconnue avec de longs cheveux noirs assise à l'autre bout du bar. De façon significative, elle était seule.
Je me surpris à l'observer, plus par intérêt scientifique qu'autre chose, j'en ai peur. Mais, pour dire ce qui est, elle n'était certainement pas désagréable à regarder. Il ne semblait pas y avoir une très grande différente d'âge entre nous non plus.
Je n'avais pas l'impression de l'observer de manière trop évidente, mais elle finit par se tourner dans ma direction.
Qu'allait-il se passer lorsque nos regards se croiseraient, me demandai-je. Un nombre de choses pouvaient...
Je sentis un bref frisson d'anticipation. Elle pourrait -
A vrai dire, il est aisé de deviner que rien ne s'est passé ; si ce n'est son froncement de sourcils et l'arrogance avec laquelle elle m'a rapidement tourné le dos, évidemment.
J'ai fixé le fond de mon verre. Jusqu'ici tout allait foutrement bien.
Ai passé le reste de la nuit à boire pinte après pinte et à me lamenter sur mon existence dépourvue de sens.
Lundi 14 Février
15:00 — Au Bureau.
Un événement inadmissible s'est produit aujourd'hui.
Suis entré dans mon bureau ce matin pour découvrir sur mon bureau une chose qui n'aurait certainement pas dû s'y trouver.
C'était un coeur. En chocolat, notez ; pas un vrai coeur. Il était relativement petit et enveloppé de papier cadeau rouge.
Naturellement, je ne comprenais pas. Qu'est-ce que cette chose fichait sur mon bureau ? Et, évidemment, il m'apparut qu'il devait être empoisonné.
Aussi, après avoir pu déterminer qu'aucun sort n'avait été lancé sur le chocolat, je fis ce que n'importe quel ancien Mangemort et espion qui se respecte aurait fait ; je le poussai sur le sol du bout de ma plume et l'écrasai sous ma chaussure. Après avoir lancé un Repulso pour enlever les débris du sol de mon bureau et nettoyé le caramel de me semelle, je m'efforçai de bannir l'incident de mes penser.
S'il ne s'agissait pas d'une tentative de meurtre, il n'y avait aucun doute qu'il s'agissait d'une blague puérile. Peut-être Wilson avait-il un sens de l'humour sous-développé auquel il m'introduisait seulement.
C'est seulement lorsque mon estomac se mit à gronder, et ce bien avant le déjeuner, que je regrettai de ne pas l'avoir mangé.
Mercredi 16 Février
10:00 — Au Bureau.
Ce début de semaine est visiblement rempli d'événements étranges. Je n'aime pas ça.
En sortant de l'ascenseur ce matin, j'ai remarqué la réceptionniste du département qui me souriait. Personne ne me sourit habituellement, et spécialement pas les réceptionnistes, car je ne leur prête en général absolument aucune attention. Ce n'est pas de leur faute, ou que je les pense en dessous de moi ; il s'agit uniquement d'une manifestation de mon irrépréssible brusquerie naturelle.
Hmm... Je suppose qu'elle pourrait être relativement nouvelle au sein de l'équipe d'administration, alors... elle apprendra bien à ne pas sourire.
11:00
Wilson m'a présenté notre nouvelle recrue ce matin, et je me contrefiche de ce qu'il raconte, je me servirais de mon test de logique.
Elle travaille dessus en ce moment même. Oui, c'est une elle.
Je suis un professionnel, évidemment, et ne considèrerais jamais une stagiaire sous ma responsabilité comme une partenaire potentielle. Cela étant dit, il est indéniable qu'elle a du, eh bien, du potentiel, cette Miss Helena Moran. De longs cheveux bruns et brillants, pour commencer. Un visage charmant, par ailleurs. Et des jambes -
Mieux ne vaut pas aller plus loin.
Mais pourquoi doivent-ils être toujours aussi jeunes ? Vingt-deux ans, d'après son dossier. N'y a-t-il personne aux alentours de la quarantaines ces temps-ci ?
Quoiqu'il en soit, il ne me faudra pas chercher à attirer l'attention de Miss Moran, puisque de toute façon elle voudra m'étrangler avant la fin de son apprentissage. Cela ne sert donc à rien de s'embêter.
12:00
Miss Moran a fini mon puzzle en moins d'une demi-heure. Pas exactement un record, et de loin, mais elle l'a terminé convenablement.
Hmm... Pas sûr d'aimer l'expression suffisante qu'arborait son visage tandis qu'elle expliquait son procédé de déduction. Je n'avais même pas demandé d'explication.
Redoublerais d'efforts pour le deuxième acte.
Vendredi 18 Février
18:00 — A la Maison.
Un nouveau - et choquant - développement concernant le mystérieux chocolatier de la Saint-Valentin aujourd'hui !
En finissant le travail ce soir, au lieu de me ruer sur les ascenseurs, comme à mon habitude, je me suis dirigé vers la sortie d'un pas plus lent et ai ainsi jeté un coup d'oeil à la jeune femme assise à la réception.
Et elle me regardait également. La même réceptionniste qui m'avait souri deux jours plus tôt.
Son regard n'avait rien à voir avec l'habituel oeillade renfrognée ou l'air de pure terreur auxquels je n'étais pas étranger, non, il s'agissait d'un regard plus mesuré qui se transforma en petit sourire lorsque ses yeux croisèrent les miens. Elle est ensuite retournée à ses parchemins en, et je ne crois pas l'avoir imaginé, rejetant ses cheveux derrière son épaule. Quant à moi, tout ce que j'ai fait a été de me jeter bêtement sur le premier ascenseur venu.
A-t-elle déposé le chocolat sur mon bureau ? Elle a accès à mon bureau, donc c'est une hypothèse qui paraît plausible.
Il me faudra attendre lundi pour rassembler de nouvelles informations sur le sujet. Peut-être en arrivant pourrais-je tenter de la saluer et voir comment elle réagit.
Ne suis pas certain de ce que je devrais dire. Wilson arrive toujours gaiement et salue chaque matin son personnel avec effusion. Ce n'est définitivement pas mon style.
'Bonjour' devra suffire.
Lundi 21 Février
13:00 — Cantine.
Matinée intéressante.
Malgré ma résolution précédente, je n'ai pas jeté un seul regard à la réceptionniste lors de mon arrivée ce matin. Me comporter autrement m'aurait vraisemblablement mis dans une situation où je me serais senti considérablement ridicule.
Mais, au milieu de la matinée, on a frappé à la porte de mon bureau. C'était elle. Elle entra - petite chose blonde me rappelant, pour une raison que j'ignore, une Poufsouffle. Je me suis demandé si je ne l'avais pas eu comme élève, mais elle ne m'était en tout cas pas familière. Quoiqu'il en soit, elle est entrée et m'a tendu un dossuer.
'Mr. Wilson m'a demandé de vous remettre ceci, Mr. Snape.'
Elle eut un sourire plutôt charmant, il me faut le reconnaître.
Tout ce que j'ai dit fut : 'Très bien.'
Elle fit mine de partir, mais hésita. 'Je m'appelle Lucinda, au fait, si vous avez besoin de quoi que ce soit.'
Je ne suis pas sûr de savoir pourquoi, mais lorsque j'ai répondu 'Très bien... Lucinda' elle a rougi et s'est précipitée dehors.
Je devrais me souvenir de garder un oeil sur elle. Le fait qu'elle puisse être intéressée par ma personne se trouve tout en bas de ma liste de possibilités. Il est plus vraisemblable qu'elle ait entendu parler de ma réputation de Maître de Potions et qu'elle ait besoin d'une potion rare qu'elle n'a pas les moyens de s'offrir, ou peut-être espère-t-elle que je glisse un mot en sa faveur à Wilson...
Ou alors... Je me demande si elle pourrait vouloir me tuer ? Quand on a vécu la vie qui a été la mienne, cette option, malheureusement, se doit d'être envisagée.
Et je ne suis - visiblement - pas né d'hier.
Regrette de ne pas avoir gardé un peu de ce coeur en chocolat pour le soumettre à des tests de détection d'alcaloïdes. Oh après tout, il est trop tard pour y penser.
Dans le futur, je devrais simplement veiller à toujours avoir ma baguette à portée de main en sa présence.
*Le "Sir" de Hermione nous vient évidemment de la version anglaise... J'ai laissé tel quel parce que la blague de Severus était intraduisible, ou du moins je ne savais pas comment la traduire ! Si vous avez une idée je suis preneuse...
J'espère que le chapitre 2 vous aura plus =)
