Disclaimer : Toujours rien à moi, à part peut-être la traduction. J'espère qu'elle vous conviendra d'ailleurs !


3. Mars.

Jeudi 3 Mars

12:30. Au Bureau.

Lucinda continue de me sourire chaque fois que je passe devant elle à la réception - et ce malgré le fait que je reconnais à peine son existence.

Je ne peux pas m'en empêcher - je n'arrive pas à me résoudre à à lui sourire à mon tour. Et ce n'est pas uniquement parce que je crains qu'elle ne bondisse et me lance un Endoloris au moment où je m'y attends le moins... Je ne sais tout simplement pas comment me montrer charmant.

Parce qu'honnêtement je suis tout prêt à éliminer la possibilité qu'elle fomente une terrible vengeance à mon endroit. J'aime à penser qu'au fil des années j'ai acquis une certaine sagesse pour deviner les intentions des gens et, dans mon esprit, elle ne semble pas être une psychopathe calculatrice. Je n'en ai aucune preuve, en tout cas.

Je me demande quel est son nom de famille ? Si je le connaissais, je serais peut-être capable de deviner si elle a ou non des raisons de vouloir m'attaquer.

Il ne sert à rien d'en faire une obsession. Nonobstant ma tâche en tant que Mangemort, je me suis aliéné des générations entières grâce à mon style unique de professeur.

Un fait dont je suis, à dire vrai, assez fier.

Lundi 7 March

18:00. A la Maison.

Une chose terrible s'est produite.

Je suis arrivé à la maison pour trouver les tiges flasques de mes orchidées pendant pitoyablement de leurs plates-bandes. Me suis alors souvenu que je ne les avais pas arrosées depuis plusieurs jours !

Je suis choqué de constater à quel point mon esprit a été distrait ces derniers temps, et tout cela parce qu'un assassin potentiel pourrait être tapi dans mon bureau.

Il me faut trouver une solution, et vite ; je ne peux pas continuer ainsi. La semaine prochaine, je devrais aller au fond de cette histoire.

Jeudi 10 Mars

21:00. Withernsea, Yorkshire.

Soirée passablement surréaliste.

Plus tôt dans l'après-midi, je Transplanai dans le nord pour rendre visite à mon père. Snape Senior n'était pas dans les meilleures dispositions. Il n'avait aucune idée de qui j'étais lorsque j'ai pénétré dans sa chambre. Avant que j'aie eu l'occasion de lui expliquer que j'étais son fils, il s'est mis dans la tête que j'étais son frère, Philip. Son frère depuis longtemps décédé Philip, pour être exact.

Il a commencé à me crier dessus, de façon pratiquement incompréhensible, au sujet d'un incident dont je n'avais absolument pas connaissance. L'essentiel du problème semblait être que je lui avais causé quelque tort. Aucun changement de ce côté-là, donc.

Il me plaît de noter que je ne suis pas totalement dépourvu d'un certain sens moral, puisque je m'abstiens toujours de lui lancer un Silencio dans de telles circonstances.

Tout en sachant qu'il était futile de ma part d'essayer, je tentai de le calmer. Il ne voulut rien savoir, évidemment.

Pour finir, réalisant que je me battais pour une cause perdue, je me suis levé et suis sorti. Je ne voulais pas partir complètement - du moins tant qu'il se trouvait dans un tel état - aussi ramassai-je la casquette en tweed de mon père, pour protéger ma tête de la bruine glacée, et sortis-je dehors à la place.

Je fis quelques pas en direction du bord de la falaise, autant que j'osai en faire, c'est-à-dire peu considérant à quel point la maison en est déjà dangereusement près. Le bruit de la mer sur la plage en bas de la falaise était presque assourdissant, et la vue devant mes yeux était un tel tableau de gris déprimant et sans fin que je me demandai si j'en aurais seulement quelque chose à faire si le sol s'effondrait sous mes pieds.

J'ai allumé une des cigarettes de mon père, dont je m'étais emparée en quittant sa chambre. Je ne suis pas ce que l'on pourrait appeler un fumeur dans le sens traditionnel du terme. La seule raison pour laquelle j'ai jamais essayé était par simple curiosité scientifique.

Durant l'été qui précéda ma septième année, je me suis mis en tête de réaliser une expérience. J'ai commencé à fumer un paquet de cigarettes par jour jusqu'à ce que je sente que j'étais finalement accro - j'ai oublié combien de temps il m'a fallu exactement pour en arriver là. Une fois ce stade atteint, l'expérience pouvait vraiment commencer - trouver une façon de combattre les effets de l'addiction. Alors qu'ai-je fait ? J'ai développé une potion qui diminuait le besoin de nicotine après seulement quelques doses.

Malheureusement le développement de cette potion prit plus longtemps que je ne l'avais anticipé, aussi passai-je plusieurs mois de ma septième année à prier pour pouvoir sortir de Métamorphose afin d'aller tirer une bouffée.

J'ai perdu tout intérêt pour les cigarettes après m'être guéri de leurs effets, bien sûr. Malgré tout, dans des moments comme celui-ci, je les trouve utiles pour aider mon esprit à se concentrer.

J'ai brièvement jonglé avec l'idée de répéter l'expérience avec l'alcool, mais j'ai fini par décider que ce serait peut-être aller trop loin.

C'est drôle ; l'esprit de mon père se détériore progressivement, mais je parie qu'il se rendra quand même compte qu'il lui manque une saleté de cigarette. Je lui ai offert un jour de lui donner un peu de ma potion, afin de réduire les dommages du tabac sur ses poumons.

Il a répondu : 'N'dis donc pas de bêtises ! C'est l'seul plaisir qu'y m'reste !'

J'imagine que je ne peux pas contester cela.

C'est alors que je soufflais des nuages de fumée en fixant le littoral qu'une silhouette solitaire approcha le long du sentier menant à la maison. Je ne lui prêtai aucune attention, mais visiblement il n'en fut pas de même de son côté, puisque tout à coup je l'entendis m'appeler.

'Oh, bonsoir. Qu'est-ce que vous faites là ?"

Merlin. C'était Granger. Même dans cette demi-obscurité, je pouvais reconnaître son expression figée. Comment est-ce possible de ne pas voir une personne pendant des siècles pour soudain la croiser à tous les coins de rues ?

'Mrs Weasley -'

'Hermione suffira' m'interrompit-elle.

'Hermione" répétai-je d'un ton égal, écrasant le mégot de cigarette sous ma semelle. J'étais très conscient de la présence du chapeau sur ma tête, mais réalisai que l'enlever ne ferait que l'informer de mon malaise. Aussi dis-je adieu à ma dignité et le laissai là où il se trouvait. 'Quel plaisir.'

Je fus ravi de constater que le ton de ma voix était assez sec pour être considéré comme positivement déshydraté. Bien. Elle pouvait supporter ma dérision si je devais supporter la sienne.

'Mon père vit ici' dis-je en désignant la maison.

Elle sembla surprise durant un instant, déplaçant son parapluie afin de pouvoir jeter un oeil au logement.

'Oh, vraiment ?'

'Oui, vraiment.' Pourquoi mentirais-je ?

Elle sourit légèrement. 'Je ne vis pas par ici, mais j'aime marcher le long de la côte, surtout après une longue journée.'

Je ne pus que me demander en quoi pouvait constituer une longue journée pour un pilier de la justice et de l'égalité super-performant.

Je remarquai qu'elle regardait toujours du côté de la maison de mon père.

'Est-ci ici que vous avez grandi ?' demanda-t-elle.

Je ne fis aucun commentaire quant à son soudain intérêt pour ma personne. 'Non, du tout. J'ai grandi de l'autre côté des Pennines. Mais mon père est un homme du Yorkshire pure souche. Il est allé chercher fortune ailleurs, et quand cela s'est avéré être une erreur, il est retourné à son East Riding tant aimé...'

Et plus spécialement en oubliant sa femme et son fils.

N'importe qui saurait excuser le dédain avec lequel je prononçai ces mots, mais j'ai la suspicion que ce ne fut pas son cas.

'Est-ce que ce n'est pas un peu dangereux pour lui, de vivre ici ?' Ses yeux se tournèrent vers le bord de la falaise.

Je haussai négligemment les épaules. 'Je crois que c'est ce qu'il espère - que la mer finira par l'engloutir.'

Ses yeux s'agrandirent de surprise.

'Il est souffrant,' expliquai-je. 'Et ne guérira jamais.'

'C'est affreux,' dit-elle, l'air pensif. 'Je suis désolée.'

Je haussai à nouveau les épaules. 'C'est la vie.'

Le recul me dirait clairement qu'elle commençait à être offensée par mon attitude cavalière, ce que je ne compris pas complètement à ce moment-là, en témoigne la suite de notre échange.

'Vous vivez ici avec lui ?'

'Seigneur, non,' m'étouffai-je presque. 'Je déteste cet endroit désolé. La mer peut bien l'emporter, pour ce que j'en ai à faire.'

Elle me fixait. 'Je vois' répliqua-t-elle strictement. 'Eh bien, je... Si vous voulez bien m'excuser, je dois partir. Bonne soirée... Severus.'

Sur ces mots, elle disparut de nouveau le long de la route. Je la regardai partir, légèrement troublé. Une part de moi voulait lui crier d'être prudente en longeant des terres aussi déloyales, tandis qu'une autre voulait courir après elle et la balancer par-dessus la falaise par moi-même.

Je réussis à contrôler ces deux impulsions en me précipitant à l'intérieur.

Je n'avais pas aimé sa façon de me regarder. Elle pense probablement que je n'ai pas une once de compassion en moi pour laisser mon père invalide vivre seul dans une maison vide qui se balance de façon précaire au-dessus d'une falaise et qu'un moindre coup de vent pourrait précipiter dans une chute fatale.

Qu'en sait-elle, bon sang ? Elle ne sait rien de ma relation avec mon père. Ses idéaux moralisateurs ne sont pas les bienvenus.

Il en ressort néanmoins que je l'ai quittée avec l'impression distincte d'avoir été totalement, absolument et irrévocablement jugé par Hermione Granger.

Qu'elle aille se faire foutre.

Lundi 14 Mars

11:30. Mon Bureau.

N'arrive pas à me décider à confronter Lucinda (ma tête apprécie d'être enfoncée dans le sable), même si les choses semblent s'accélérer. Elle m'a apporté une tasse de thé ce matin, visiblement après m'avoir entendu dire à Miss Moran de me laisser tranquille à moins d'avoir un thé et un plateau de biscuits à me donner (J'ai légèrement abusé hier soir et me sentais un peu vaseux ce matin).

J'étais tellement surpris que, je suis navré de l'avouer, après avoir pris une gorgée, j'ai commenté qu'une cuillérée de sucre suffirait plutôt qu'une pelletée, la prochaine fois.

La prochaine fois, m'a-t-on informé, je pouvais toujours préparer mon thé moi-même.

Ce qui est raisonnable, je suppose.

C'est seulement après son départ que je me suis souvenu que j'étais censé examiner tout ce que je recevais de sa part. Le thé avait une couleur normale, et je ne sentais aucune odeur suspecte, mais tant de poisons sont indétectables qu'il ne vaut pas le coup de tenter le Diable. Alors, pour être sûr, j'ai versé le contenu de la tasse dans le premier pot de fleur venu.

Autrement dit, si ma fougère se ratatine et meurt, elle a intérêt à faire attention à elle...

Mercredi 16 Mars

11:00. Ministère.

L'effrontée !

Miss Moran vient juste de me demander avec désinvolture si j'ai conscience que la réceptionniste me trouve à son goût !

Je lui ai lancé un regard furieux et lui ai expliqué que si elle ne retournait pas à ses équations d'Arithmancie dans les trois secondes, elle se verrait dans l'obligation de postuler pour un travail consistant à nettoyer toutes les toilettes du Ministère.

Inutile de dire qu'elle s'est immédiatement exécutée.

Cela m'a soulagé de m'en prendre à quelqu'un - la seule chose qui me manque dans le fait de ne plus enseigner. Particulièrement agréable de m'en prendre à elle, d'ailleurs, car il me semble que Miss Moran fait un peu trop de cas de sa personne. Elle devrait savoir que je ne contrôle mes humeurs pour personne - et ce quelle que soit la longueur de leurs jambes.

Je ne peux néanmoins pas ignorer l'hypothèse valide qu'elle a soulevée. Lucinda est venue me trouver dans mon bureau pour une de ses petites courses pas moins de cinq fois ce matin. Si cela continue, à ce rythme je devrais bientôt investir dans une porte automatique.

J'ai l'horrible pressentiment qu'aujourd'hui est le jour où je vais devoir la confronter.

Eh bien, cela devrait être intéressant.

12.30.

! ! ! !

17:30. A la Maison.

Seulement maintenant suis-je capable de coucher les événements de cet après-midi sur papier. Jusqu'ici, j'étais encore trop estomaqué pour m'y atteler.

Je me suis finalement décidé à aborder Lucinda, dans le but de lui mentionner discrètement le caractère suspect de son comportement. Lorsque j'ai atteint son bureau, j'ai subrepticement sorti ma baguette et l'ai tenue hors de sa vue. Juste au cas où, vous comprenez.

'Mr. Snape,' m'a-t-elle salué joyeusement en m'apercevant. 'Que puis-je faire pour vous ?'

'Lucinda,' ai-je dit calmement, bien qu'une sonnerie d'alarme me résonnait dans la tête si bruyamment que je pouvais sentir mon crâne palpiter. J'avais la désagréable impression que je m'apprêtais à me rendre volontairement ridicule. 'Je, ah... J'ai récemment remarqué que... que vous... Je veux dire, je me demandais si vous seriez d'accord pour m'exp -'

'J'adorerais' s'est-elle alors soudainement écriée.

Je ne pus que la fixer stupidement. Je n'avais même pas fini ma phrase. 'Je vous demande pardon ?'

Elle rougit. 'J'adorerais prendre un verre avec vous un de ces jours.'

Il me fallut avoir recours à toute ma volonté pour ne pas laisser ma bouche s'ouvrir en grand.

Pour une personne sans prétention, elle est remarquablement présomptueuse ! Il s'est trouvé, cependant, que je n'ai pas réussi à trouver les mots pour lui révéler le véritable but de ma visite. Qui, je n'ai pas besoin de le préciser, n'était pas de l'inviter !

Suis à présent plus suspect sur ses véritables intentions que jamais.

'C'est bien ce que vous alliez me demander, n'est-ce pas ?' demanda-t-elle hâtivement, l'air passablement mal à l'aise.

J'aurais dû lui crier que 'Non ! Ce n'était certainement pas ce que j'allais vous demander !' Mais, bien malgré moi, j'étais touché par sa sincérité et considérais l'idée de ne pas la détromper. Il me semble que j'étais flatté, et oui, je réalise à quel point cela me rend inexcusablement pathétique.

J'ai essayé de lui adresser un sourire de confirmation mais, hum, je mentirais si je disais que ce fut une réussite. A la place, j'ai laissé échappé un 'Certainement.'

Aussitôt, je me hurlai dessus intérieurement. Je ne sais toujours pas ce qui m'a pris d'accepter.

'Que dites-vous de vendredi soir; le Chaudron Baveur ?'

J'étais si éberlué que, m'eut-elle proposé de nous rendre chez Florian Fortarôme pour déguster une glace, j'aurais accepté, abruti sans cervelle que je suis !

Merlin.

'Parfait' a-t-elle dit.

Je me suis excusé et suis retourné à mon bureau. Une fois à l'intérieur, je me suis effondré dans mon fauteuil et ai déployé toute mon énergie à ne pas succomber à une crise de panique.

Jeudi 17 Mars

3:00 du matin. Maison. Lit.

Aargh !

Viens de me réveiller en sursaut, transpirant et incapable de respirer correctement. Ce n'était pas la conséquence d'un cauchement. Je n'ai pas revécu l'attaque du serpent géant. Je n'ai pas imaginé que Voldemort se relevait d'entre les morts.

Non.

Je me suis seulement souvenu que je devais me rendre au Chaudron Baveur demain avec Lucinda.

Lucinda ; assassin potentielle d'hommes au passé trouble.

Vendredi 18 Mars

17:15. A la Maison.

Ai plus ou moins réussi à me concentrer aujourd'hui. N'ai absolument pas travaillé, bien sûr, mais personne ne devrait s'en rendre compte.

Je devrais être ravi d'avoir fait un pas important dans ma quête d'une compagne, et spécialement considérant que je n'ai pas eu grand-chose à faire. Mais je crois qu'une part de moi espère qu'elle veuille effectivement me tuer. Les menaces de mort, je peux gérer.

Bref, j'essaye de ne pas trop y réfléchir.

Ceci dit, je préférerais que nous allions ailleurs qu'au Chaudron. D'un autre côté, je suis difficilement en position de me plaindre sur les détails.

Ceci pourrait bien être mon tout dernier compte-rendu. Je n'écrirais plus avant la fin de cette soirée, et, eh bien, cette 'fin' pourrait très bien signifier un handicap définitif ou la mort. Je l'ignore encore.

23:00. A la Maison.

Hmmm.

Cette soirée ne s'est pas déroulée comme je l'avais précédemment anticipé, ce qui est une bonne chose, évidemment.

Le Chaudron Baveur n'était pas si mal non plus. Nous avons trouvé un coin relativement tranquille où nous asseoir. Je suis allé nous chercher nos verres, mais je n'avais aucune idée de ce que j'étais supposé faire après cela. N'ai pas partagé mon désarroi avec elle, bien sûr.

Au moins n'était-elle pas aussi hésitante que moi puisqu'elle s'est mise à parler. Un simple échange de banalités sur comment s'étaient déroulées nos journées de travail respectives qui a même réussi à ne pas m'irriter. Elle a parlé un peu d'elle - d'où elle venait, sa famille ; les trucs habituels, visiblement.

Mais après cela elle s'est tue et m'a regardé et j'ai réalisé avec horreur que j'étais à présent supposé parler de moi.

Mon esprit s'est soudain vidé. Je n'étais pas sûr de ce qu'elle savait déjà, mais elle devait connaître le minimum. Sauf si elle avait vécu dans une cave ces cinq dernières années.

Evidemment, elle s'est rendu compte que j'étais en difficulté, car elle a ajouté : 'Je, hum, je ne m'attends pas à ce que vous me parliez de votre, euh, expérience durant la guerre, ou quoi que ce soit...'

J'ai souri sinistrement, ou peut-être ai-je grimacé. Sourire; grimace; plus ou moins la même chose d'après mon expérience.

Je ne me souviens pas ce que j'ai fini par répondre, mais je sais que mon grand effort pour entretenir la conversation a été de lui demander si elle avait été à Poudlard. Je voulais savoir si elle avait été mon élève et que je l'avais tout simplement oubliée. Pour être honnête, elle avait au moins dix ans de moins que moi, ce qui semblait pencher en faveur de cette théorie.

A ma grande surprise, une ombre a assombri son visage. 'Je savais qu'on aborderait le sujet dès le début. Je suppose que je suis assez jeune pour avoir été votre élève, hmm ?'

J'ai hoché la tête en pensant, nous y voilà. Elle va commencer à vouloir me lancer des sorts pour tout le mal que je lui ai fait, et je n'ai fait que l'inciter d'avantage en l'oubliant.

Toutefois, ce qui vint ensuite me choqua encore plus.

'Je ne suis jamais allée à Poudlard' expliqua-t-elle en se redressant de façon défensive, 'parce que mes facultés magiques sont trop faibles. Je ne suis pas complètement cracmolle, mais pas non plus assez magique pour recevoir une éducation.'

Eh bien, c'était un intéressant retournement de situation, je dois l'admettre. Me sens un peu ridicule à présent de l'avoir soupçonnée de vouloir me jeter des Impardonnables... A moins qu'elle ne se contente de me pousser à baisser ma garde ?

Non. Pour une fois je vais tenter de voir le meilleur chez quelqu'un. Vieille chauve-souris paranoïaque.

'Est-ce que c'est un problème pour vous ?' m'a-t-elle demandé sans détour.

'Absolument pas' ai-je répondu.

Ce n'était pas un problème, mais cela risquait d'être intéressant.

Elle me semble être une gentille fille, il me faut l'avouer. Mais même si j'ai trouvé la soirée plaisante, je crains de n'être pas exactement pétri d'enthousiasme. Ce n'est évidemment pas de sa faute, car elle s'est montré chaleureuse, et je ne peux pas m'empêcher d'être flatté par le fait qu'elle semble véritablement m'apprécier et vouloir que je l'apprécie aussi.

Je pense que je dois avoir un sérieux problème. J'ai trouvé toute la situation difficile à concilier. Être assis là, à bavarder avec quelqu'un que je connais à peine... J'ai eu toute la soirée la sensation que j'essayais d'être quelqu'un d'autre. Cela ne me ressemble tout simplement pas de sortir et de boire un verre avec une connaissance et de me montrer charmant et engageant. L'expérience entière m'a parue faussée.

Je réalise qu'il est plus sage cependant de donner à des situations comme celle-là une autre chance. Elle a exprimé le désir de recommencer, aussi devrais-je sans doute essayer à nouveau, et peut-être me sentirais-je suffisamment à l'aise avec elle la seconde fois, et la troisième, etc.

Même lorsqu'elle m'a embrassé sur la joue, et que les bras m'en sont tombés, en y repensant à présent, je me trouve appréciatif, mais non, je le crains, extatique.

Nous verrons donc.

Lundi 20 Mars

14:00. Cantine. Ministère.

Au diable Potter ! Qu'il aille en enfer !

Je mangeais tranquillement ma purée-saucisses lorsqu'il s'est assis en face de moi et que, sans préambule, il m'a annoncé :

'Un petit oiseau m'a dit que vous êtes sorti avec une femme vendredi soir.'

Au diable son ton moqueur - à me parler comme à une vierge rougissante ! Je lui ai lancé un regard furieux. 'Qui vous l'a dit ?'

'Aucune importance.' Il eut un autre de ses sourires rageants. 'Comment ça s'est passé ?'

'Cela ne vous regarde en aucun cas, vous m'entendez ?'

J'ai fouillé mon cerveau à la recherche d'un visage familier que j'aurais pu entrapercevoir ce soir-là, sans résultat.

'Ne vous excitez pas ; je me demandais juste.' Il leva les mains dans un geste défensif. 'Je ne voulais aucun des détails sanglants, rassurez-vous.'

Je le regardai grimacer en fixant son plateau. Je fronçai les sourcils. La dernière chose que je voulais c'était Potter mettant ses énormes pieds dans mon plat. Cela lui allait bien, n'est-ce pas ? Il a épousé la première fille qu'il a vue. Tel père, tel foutu fils. Je regardai ma purée, toujours furieux contre l'idiot assis en face de moi. Je songeai même à utiliser la legilimancie sur lui pour découvrir qui s'amusait à partager mes affaires personnelles et privées avec le premier crétin venu.

'Je crois que j'ai quelque chose dans l'oeil, Potter' dis-je le plus sérieusement du monde, clignant rapidement de l'oeil. 'Pourriez-vous jeter un oeil ?'

'Allez vous faire foutre ; je ne tomberais pas dans le panneau une deuxième fois.' répondit-il.


Oui, notre Severus a un peu de mal avec les femmes... Quel gâchis !

Merci à ceux qui prennent le temps de me lire =)