Disclaimer : Same old, same old.

J'espère que ce chapitre vous plaira ! La dernière fois, nous avons quitté Severus assez déprimé, voyons si ça s'arrange pour lui...


5. Mai.

Dimanche 1er Mai

14:15 — Yorkshire.

Mon père est calme aujourd'hui. Ou plus calme qu'à son habitude, en tout cas. Il dit rarement quoi que ce soit à moins d'être dans l'une de ces périodes où son esprit est confus. Il dort maintenant, et je me surprends à le regarder - ce qui est plus facile lorsqu'il somnole.

Récemment, j'ai réalisé qu'une autre raison se cache derrière mon désir de trouver une partenaire. Ce n'est pas seulement que je souhaite être 'comme tout le monde' ; simplement, je n'ai aucune envie de finir comme l'homme en face de moi.

Peu importe à quel point je préférerais éviter le problème, mon père et moi nous ressemblons par d'autres aspects que notre apparence. Nous sommes tous deux des hommes impatients, maussades, réticents... en colère, et déçus.

Mon père est un homme déçu et amer ; déçu par la vie qui a été la sienne. La différence entre nous repose dans le fait qu'il refuse de reconnaître sa propre culpabilité. C'est la faute de tous les autres s'il a vécu une vie misérable ; tous les autres, sauf lui.

Et c'est en partie la raison pour laquelle je ne peux le regarder sans ressentir du mépris. Il ne comprend pas que, trop pris à se lamenter sur lui-même, il a également gâché la vie de ceux qui l'entouraient.

Ils disent que la pomme ne tombe jamais bien loin de l'arbre. Dans le cas présent, je crains que cela ne se révèle exact. Je peux d'ors et déjà me voir dans le futur, tout aussi misérable et aigri qu'il l'est maintenant ; méprisant tout et tout le monde ; vivant dans le passé ; mais surtout, douloureusement insatisfait.

Je suppose que le seul avantage pour moi de le reconnaître est que je peux tenter d'empêcher que cela arrive. Mais, je m'en aperçois, je ne suis pas sûr que ce ne soit pas inévitable. Je ne peux pas changer maintenant.

Peut-être un jour rencontrerais-je quelqu'un avec qui je serais capable d'être moi-même, et qui m'acceptera pour ce que je suis. Mais je suis incapable de la chercher plus longtemps. Si je le fais, je serais constamment déçu. Alors, advienne que pourra.

Personne n'a décrété qu'il me faudra finir aussi malheureux et amer que mon père. Il me reste à voir ce que je peux faire de ma vie.

14:50

Peut-être devrais-je prendre un nouveau départ ?

'Nouveau départ' - la fameuse page blanche. Retour au début du parchemin. Essayer à nouveau. J'ai lu un jour un article dans un journal qui parlait d'oublier le passé et de l'importance de lâcher prise.

Quel ramassis de conneries paternalistes.

Je n'arrive pas à m'imaginer m'exiler chez les Moldus et recommencer avec une toute nouvelle identité - me 'réinventer'.

Il me faudrait changer mon nom, bien sûr. Hmm... Le premier que je vois dans le Yorkshire Evening Post posé sur la table de chevet de mon père...

Stanley Pumphrey*…

Il a un certain cachet, mais, euh... Eh bien, je l'ai choisi ; je m'y tiendrais.

Il me semble que Stanley Pumphrey pourrait venir de... voyons voir... Wigglesworth, au nord du Yorkshire devrait convenir.

Nous y voilà. Si je me décidais un jour à oublier Severus Snape, je me transformerais en Stanley Pumphrey, anciennement de Wigglesworth, au nord du Yorkshire.

Il m'a tout l'air d'un vrai vainqueur.

Lundi 2 Mai

11:00 — Au Bureau.

Lucinda ne semble pas me garder rancune pour ce qui est arrivé à Poudlard. Je ne crois pas que je vais devoir recommencer à m'inquiéter au sujet d'attaques de chocolats empoisonnés. Elle continue de sourire en me saluant lorsque j'arrive le matin. Je m'avoue soulagé. C'est un réel changement d'avoir quelqu'un qui me regarde sans peur ou dégoût.

Je ne voudrais pas que cela devienne une mode cependant.

C'est pour cela que Potter me trouble tellement à présent. Ce n'est simplement pas la même chose sans la haine dévorante dans ses yeux.

Mercredi 4 Mai

16:15 — Ministère.

Ai accompagné Miss Moran dans le Londres Moldu ce matin. Suis censé veiller à ce qu'elle ait assez de bon sens pour se fondre dans une foule de Moldus, au cas où elle en ait un jour besoin.

Ce qui signifie ne pas gober les mouches devant des ordinateurs ou autres télévisions ; ne pas hurler dans le téléphone ; ne pas se rendre ridicule dans les transports publics ; ne pas parler aux distributeurs... Cette liste est sans fin.

'Avez-vous déjà vu de l'argent Moldu ?' lui ai-je demandé l'autre jour, en préparation de notre petit cours sur les Moldus.

'Oui,' s'est-elle empressée de répondre, comme si la question était ridicule. 'Il y a des livres et des pences.'

'Qui est la personne qui apparaît sur ces pièces ?'

'La Reine,' a-t-elle répondu vivement, bien que son visage se fut légèrement étiré, ce qui m'a permis de deviner comment obtenir ma victoire.

'Son nom ?'

Ses yeux se sont écarquillés et sa réponse a mis un moment à venir. 'Elizabeth...'

'Laquelle...?'

Elle eut un froncement de sourcils. 'Laquelle quoi ?'

'Quel est son rang ?'

'Son quoi ?'

'Nombre.'

'Merlin,' a-t-elle marmonné pour elle même. 'Quatre ?'

'Faux ; il s'agit d'Elizabeth II. Quel est le nom de l'actuel Premier ministre du Royaume-Uni ?'

Elle a secoué la tête et se l'est prise entre les mains. 'Je n'en ai honnêtement aucune idée.' Elle est restée silencieuse quelques instants. 'Pas, hum, Churchill, si ?'

'Oh, vous vous intégrerez parfaitement chez les Moldus, n'est-ce pas ? Je peux déjà vous imaginer vous lancer dans une tirade sur les qualités d'Elizabeth IV, et, mon Dieu, Churchill ne fait-il pas un excellent boulot pour diriger le pays depuis sa tombe ?'

'Et pourquoi devrais-je savoir ces choses sans importance pour commencer ?' cracha-t-elle.

'On appelle cela de la culture générale ; de la conscience ; on appelle ça s'intéresser et voir plus loin que le bout de son fichu nez !'

'D'accord,' dit-elle d'un air grincheux. 'Je lirais un journal Moldu...'

'Il va falloir plus qu'un journal,' lui murmurai-je.

Elle s'envola dans un accès de mauvaise humeur. J'étais plutôt satisfait. Durant un moment, j'avais crains qu'elle ne me demande de lui dire qui était exactement le Premier ministre, ce qui aurait été désastreux, considérant le fait que je n'ai absolument aucune idée de qui occupe actuellement cette fonction.

Et cela ne ferait pas du tout mon affaire qu'elle réalise que je suis un hypocrite.

Plus tard, nous sommes sortis dans le Londres Moldu, principalement pour la familiariser avec les transports en commun. 'Il peut être nécessaire pour certains 'travaux' de se rendre dans la société Moldue,' m'avait dit un jour Wilson, parlant si gravement que n'importe qui, nous observant, aurait pu croire qu'il me révélait les secrets de la création de l'Univers et non une information parfaitement inutile que n'importe quel abruti aurait pu deviner.

'Vous avez déjà pris le train,' lui déclarai-je. 'Les trains Moldus sont parfaitement similaires.'

Bien sûr, voyager à bord du Poudlard Express n'est pas tout à fait la même chose que le trou noir de l'Enfer étroit, claustrophobique et bondé qu'est le métro de Londres.

Nous nous arrêtâmes à l'entrée des marches menant à la station proche de la cathédrale St. Paul. 'Donnez-moi votre baguette,' ordonnai-je.

'Allez vous faire pendre,' siffla-t-elle impoliment. 'Vous me prenez pour une imbécile si vous croyez que je vais vous donner ma baguette !'

'Donnez-moi votre baguette,' répétai-je. 'Vous allez vous transformer en Moldue durant les trente prochaines minutes. Comprenez-vous ? Ou préférez-vous que j'appelle Wilson pour lui dire que nous avons atteint un mur infranchissable ?'

Son visage se froissa en une grimace, mais elle finit par me tendre sa baguette à contrecoeur.

'Voilà de l'argent,' Je déposai un billet de cinq livres dans la paume de sa main. 'Je veux que vous preniez le métro jusqu'à Victoria Station, où je vous attendrais au milieu de la foule. Nous regarderons votre trajet dans une Pensine, aussi saurais-je si vous vous êtres ridiculisée ou non.'

Elle me regardait avec appréhension. 'Et si je me perds ?'

'Qu'êtes-vous ? Une enfant ?'

Elle pivota sur ses talons et disparut dans les escaliers.

'Ne vous faites pas arrêter non plus !' lui lançai-je. Je souris intérieurement en cherchant un endroit discret pour Transplaner à Victoria Station. C'était toujours un exercice très intéressant.

Et il ne s'appliquait pas qu'aux Sang-Purs. J'avais emmené une fois une née-Moldue, qui avait grandi dans une île Ecossaise désolée et n'avait pratiquement jamais posé les pieds à Londres auparavant. Elle a eu une attaque de panique et s'est trouvée incapable de descendre du métro durant près de deux heures. Le point positif est qu'elle a appris à très bien connaître Bakerloo Line.

Mais principalement ce sont ceux profondément enracinés dans le Monde Magique qui rencontrent des problèmes d'adaptation. Les plonger la tête la première dans les profondeurs insondables du mode de vie Moldu est le meilleur moyen d'évaluer leur habileté à faire face à des situations inconnues.

J'arrivai à Victoria Station et me frayai un chemin dans la foule afin de me poster à un endroit stratégique d'où je puisse voir l'entrée du métro afin de repérer Miss Moran quand elle arriverait - si elle arrivait. Il m'avait fallu aller rechercher un jeune homme jusque dans l'Essex, une fois. Inutile de dire qu'il a fallu le congédier.

Je sortis ce qui me restait d'argent Moldu de ma poche afin de faire l'acquisition d'un beignet. Il s'agissait de l'argent du Ministère, aussi pouvais-je bien l'accompagner d'un café. J'ignorais combien de temps il me faudrait attendre, après tout. Il me fallait bien trouver un moyen de passer le temps, non ?

Cela valait le coup, d'ailleurs. Je me suis couvert de sucre, mais ce n'était rien qu'un sortilège furtif ne puisse arranger.

Je réfléchissais à la possibilité d'en acheter un autre, lorsque j'ai repéré quelqu'un que je connaissais dans la queue. Miséricorde, ai-je pensé. Revoilà Granger.

Je pense qu'il est possible qu'elle me suive. Cela devient ridicule ; si cela continue, je vais devoir demander une ordonnance restrictive afin d'être tranquille.

J'étais sur le point de me cacher à sa vue lorsqu'elle s'est retournée et m'a aperçue. Evidemment, elle a dû être surprise, puisqu'elle m'a appelé 'Professeur Snape.'

'Bonjour, Mrs... Quel-que-soit-votre-nom...' l'ai-je saluée avec irritation.

Elle a froncé les sourcils. 'Techniquement, c'est toujours Weasley...'

Elle a resserré les doigts autour de sa tasse de café et réajusté son sac sur son épaule, l'air mal à l'aise. De mon côté, je n'étais absolument pas embarrassé par mon accoutrement Moldu. Soit, ma cravate était un peu plus criarde qu'à l'habitude. Le gris n'est pas exactement la couleur que je préfère.

Elle a relevé la tête d'un seul coup et a ouvert la bouche. 'Il y a quelque chose que j'aimerais vous dire -'

Il m'a fallu l'interrompre. Je venais de repérer Miss Moran en haut des marches, s'agrippant de toutes ses forces à la rampe, l'air plus ronde qu'une queue de pelle. J'ai levé la main pour lui signaler ma présence.

'Un moment, Mrs Weasley,' ai-je dit. 'Voilà la personne que j'attendais.'

Elle a hoché la tête et a jeté un coup d'oeil dans la direction vers laquelle je me dirigeais. Je me suis approché des escaliers et Miss Moran a fini par me voir. Elle s'est précipitée vers moi, l'air pâle, mais un grand sourire aux lèvres.

'Merlin !' a-t-elle hoqueté. 'C'était fantastique ?'

Mon rythme cardiaque a chuté. Typique. Elle ne se laisse tout simplement pas prendre en défaut.

'Très bien,' ai-je marmonné, me retournant pour finir ma discussion avec Granger.

Laquelle Granger, cependant, avait disparu. Mon Dieu, sa grossièreté n'a-t-elle aucune limite ? La prochaine fois que je la vois, et, voyons les choses en face, au vu des événements récents cela devrait être bientôt, je compte bien lui démontrer exactement ce qu'être grossier veut dire.

17:15 — A la Maison.

Ris encore en repensant au voyage en train de Miss Moran. J'ai refait le voyage avec elle à travers la Pensine, et la vision de son escalade de l'escalator, fermement aggripée à la rampe, est proprement hilarante.

Je ne vais même pas parler de sa façon très personnelle de passer la barrière de contrôle des billets. Nous dirons juste qu'elle s'est attirée de nombreux regards.

Malgré tout, elle a prouvé qu'elle n'était pas entièrement incompétente ; je devrais lui reconnaître cela.

Nah.

Jeudi 12 Mai

15:00 — Au Bureau.

Ai vu Potter à la cantine aujourd'hui.

Ce qui s'est passé à Poudlard est toujours frais dans mon esprit, et j'étais donc tout préparé à emporter ma tarte et mes frites à l'autre bout de la salle. Si ce n'est que, en passant devant Potter, j'ai remarqué qu'il fixait tristement son assiette de salade.

Je me suis immédiatement assis en face de lui.

'Cela ne vous dérange pas que je me joigne à vous, n'est-ce pas, Potter ? Mon plateau est bien trop lourd pour que je continue à le porter.'

Il a lancé un regard plein de rancune à mon plateau fumant de gras et de cholestérol.

"On s'est mis aux végétaux ?' demandai-je lorsqu'il se décida à porter sa salade à sa bouche, la mâchant avec une grimace de dégoût.

'Ginny m'a demandé de ne pas manger autant au déjeuner. Elle dit que j'ai pris du poids.'

Je fis claquer ma langue de désapprobation. Encore une autre raison qui prouvait que je ferais mieux de m'en tenir à ma propre compagnie. Je n'apprécierais certainement pas qu'on caquète à tout bout de champ au sujet de ma consommation de calories.

'On va dîner chez Hermione ce soir, alors ça compensera. C'est une super cuisinière.'

'Oh, vraiment ?' répondis-je d'un ton affable. Grand bien lui fasse. Se trouve-t-il quelque chose qu'elle ne sache pas faire ? Peut-être pourrait-elle mettre fin au délicat problème de la faim dans le monde tout en épluchant ses pommes de terre.

'Je ne suis pas exactement pressé d'y être, ceci dit.' continua Potter, piquant dans sa laitue avec précaution. 'Ron sera là. On parle d'une réconciliation imminente -'

Je suis navré de le dire, mais j'ai bien failli m'étouffer avec la croûte de ma tarte. 'Il me semblait que tout cela avait été tué dans l'oeuf ?' demandai-je négligemment.

Potter opina. 'C'est ce que je croyais aussi. Je suis heureux pour eux, je suppose ; j'espère juste qu'ils ne ficheront pas encore tout en l'air.'

J'en ignore la raison, mais cette nouvelle eut un étrange effet sur moi. Mon appétit me quitta. Pour finir, je me surpris à inventer une excuse, et, dans un accès de pitié, laissai mon assiette à moitié pleine à Potter.

Granger et Weasley se donnaient une autre chance alors ? D'autant plus de chances pour elle d'être prise pour une imbécile, décidai-je.

Tout le monde sait bien que Weasley est un branleur.

Que diable peut-elle bien voir chez lui ?

Comment est-ce possible que Weasley le Branleur puisse se trouve une femme, et que j'en sois incapable ? Comment se fait-il que Weasley le Branleur puisse aller voir ailleurs et se voir offrir une autre chance ? Comment ? Cela n'a tout simplement aucun sens.

16:45 — Mon Bureau.

Je n'arrive toujours pas à trouver la réponse.

17:30. A la Maison.

Bon sang !

Que se passe-t-il donc aujourd'hui ?

Lucinda vient de m'informer qu'elle s'est trouvé un petit ami. Déjà ! Je suis passé devant son bureau et elle m'a tout bêtement annoncé : 'Tout va bien, Severus ? Je sors avec un mec ce soir.'

Possible que je l'aie un petit peu irritée, après tout.

Bien fait pour moi, j'imagine.

Oh, qu'est-ce que cela peut bien me faire au fond ? J'ai accepté la possibilité d'une vie entière de solitude. Ne gâcherais plus mon temps à songer à ces idioties. Je devrais me concentrer sur ma carrière, à la place. Après tout, il s'agissait aussi de l'un de mes buts pour cette année. Oui, je travaillerais dur pour être le meilleur dans ma catégorie, meilleur encore que Granger la juriste du millénaire.

Il me faut juste découvrir quelle est exactement ma catégorie.

Lundi 16 Mai

Midi — Mon Bureau.

Ai passé toute la matinée à méditer sur les différentes évolutions de carrière possibles. Pourquoi devrais-je rester plus longtemps dans ce mouchoir de poche d'impasse au Ministère ? Mon temps et mon talent pourraient certainement être utilisés à des fins meilleures et plus productives.

Je peux d'ors et déjà éliminer certaines professions. Ne suis définitivement pas taillé pour une vie de Guérisseur ou de Médicomage. Je n'ai pour ainsi dire aucune expérience auprès des malades ; sans parler de mes talents inexistants quant aux contacts avec les gens...

N'ai aucune envie de devenir Auror afin de lutter contre le crime. Je laisse cette illustre carrière aux Potter de ce monde.

Voyons... Dans quel domaine suis-je doué ? Que sais-je faire ?

J'ai une grande expérience de l'enseignement, mais... non, je n'y retournerais pas (Je réalise que mon travail actuel consiste pratiquement à enseigner, mais ce n'est pas ainsi que l'on nomme mon poste, ce qui change tout).

Grande expérience également en ce qui concerne l'espionnage et la tromperie. L'ironie étant que le travail qui me conviendrait probablement le mieux est celui que j'occupe, si ce n'est un peu plus haut placé sur la chaîne alimentaire. On m'a cependant bien fait comprendre que je ne pourrais jamais être une Langue-de-plomb, et je ne prévois pas de m'abaisser à redemander.

Suis un Maître de Potions exceptionnel, mais il apparaît qu'un tel talent ne me rapporterait que très peu d'argent. Dois tenir compte de mon palliatif à l'addiction à la nicotine. Je n'ai pu en tirer aucun profit. Fumer n'est pas réputé dans le monde magique, le problème se situe chez les Moldus. Mais je peux difficilement vendre des potions aux Moldus ; excepté peut-être au marché noir, mais j'aimerais une carrière honnête.

Stupide Code du secret magique.

En théorie, je pourrais gagner des millions.

Merlin, je pourrais préparer un nombre infini de concoctions et gagner une fortune en claquant des doigts. Malgré tout, l'argent n'est pas ma principale motivation, je préférerais connaître la sensation d'un 'travail satisfaisant.'

Peut-être pourrais-je être écrivain ? Il s'y trouve sans doute trop de satisfaction et pas assez d'argent, et il me faut rester concret.

Je pourrais peut-être créer une entreprise ? Non... Bien trop d'efforts à fournir.

Oh, je n'en sais fichtrement rien. Il semble que je sois encore coincé ici dans l'avenir.

Il me faut à présent retourner à mon classement.

Samedi 21 Mai

22:00 — A la Maison.

Bon sang !

Viens de me souvenir que l'anniversaire de Minerva est demain et que je ne lui ai rien acheté.

Si cela ne tenait qu'à moi, je laisserais passer l'occasion, mais il y a deux ans elle a refusé de m'adresser la parole durant trois semaines pour avoir oublié son anniversaire.

Je ne comprendrais jamais l'attitude de certaines personnes.

Je lui achèterais un collier antipuces sur le chemin des Trois Balais.

Dimanche 22 Mai

21:00 - Les Trois Balais. Pré-au-Lard.

Le simple fait que j'écrive ce compte-rendu depuis le pub suffit à souligner à quel point cette soirée est lamentable. Devinez un peu à côté de qui ai-je été assis toute la soirée ?

Cette sacrée Charlotte.

Maudite soit Minerva. C'est ma faute, évidemment ; jamais je n'aurais dû lui dire que Lucinda et moi n'allions nulle part.

Au moins cette Charlotte a-t-elle l'air aussi énervée que moi. Ceci dit, je ne lui ai pas décoché un mot de toute la soirée, aussi j'ignore ce qu'elle pense réellement.

...

M'ennuie terriblement. Tout ce qu'ils font c'est parler de Poudlard ceci et Poudlard cela. Filius semble s'ennuyer aussi, ceci dit. Peut-être le défierais-je à un jeu à boire. Tant qu'Hagrid ne s'en mêle pas, cela devrait aller.

Lundi 23 Mai

Midi — Mon lit.

Je n'arrive pas à croire que j'ai dû me faire porter pâle.

Apparemment, je n'étais pas en état de Transplaner jusqu'à la maison hier soir. Minerva s'est montrée relativement peu impressionnée, et Filius et moi avons été jetés dans la salle des professeurs lors du retour au château afin d'y cuver en paix.

Tout est la faute d'Hagrid. Il a une mauvaise influence sur nous autres humains normaux. Il peut s'enfiler des quantités astronomiques sans jamais se noyer dedans.

Ce qui ne veut pas dire qu'il s'en est sorti indemne. Après tout, ce n'est pas moi qui me suis endormi dans mon champ de citrouilles pour me réveiller avec des déjections d'oiseaux plein le visage.

Jeudi 26 Mai

13:00 — Déjeuner. Ministère.

N'arrive toujours pas à trouver une nouvelle carrière potentielle.

18:00 — Maison.

Par l'enfer.

Cet après-midi, Minerva m'a demandé par la cheminée si j'avais suffisamment récupéré après la soirée de dimanche. Personnellement, j'ai trouvé qu'après trois jours cette enquête était superflue et même quelque peu négligeante, mais je n'en ai rien dit.

Cependant, ce n'est pas cette partie de la discussion qui m'a donnée l'envie de retourner ma baguette contre moi. Elle m'a demandé si elle m'avait vraiment vu avec le journal qu'elle m'avait offert en cadeau.

Je lui ai dit que c'était bien le cas, et j'ai sèchement mentionné que j'écrivais dedans dans l'espoir de voir ma vie ennuyeuse et terre-à-terre publiée.

'Eh bien,' a-t-elle dit, 'Je suis sûre que beaucoup de gens adoreraient lire au sujet de vos bouffonneries alcoolisées et de votre insatisfaction complète du monde et de tous ceux qui s'y trouvent.'

(N'était-ce pas cruel de sa part ?)

'Vous auriez dû tenir un journal durant la Guerre. Il vaudrait des millions à présent.'

! ! !

Elle a raison ! Un journal de guerre. Pourquoi n'y ai-je jamais pensé ?

Les gens me mangeraient dans la main pour un 'Journal d'un Mangemort.' Ou peut-être 'Les Mémoires d'un agent double.'

Peut-être pourrais-je l'écrire rétrospectivement ?

'La vie et l'oeuvre de Severus Snape : maître-espion.'

Ou :

'Severus Snape : Les années de guerre.'

Suivi par le tome deux : 'Severus Snape : Les années de merde ennuyeuses et sans intérêt coincé dans un boulot sans avenir.'

Un rêve sympathique, mais non, je ne voudrais jamais réellement voir ma vie publiée, et ce quel que soit le montant de Gallions à la clé. L'idée de ma vie éclaboussant les pages d'un livre me donne envie de me recroqueviller et de me laisser mourir.

Peut-être ne devrais-je pas abandonner l'idée de devenir écrivain, cependant. Je pourrais m'appuyer sur mon expérience personnelle de la vie...

Pourquoi pas...

'Stanley Pumphrey : Les Années de Guerre'?

Non... ce serait tout bonnement ridicule, n'est-ce pas.

Ridicule.

Hmm…

Retour à la case départ, dans ce cas.

Humph.


*Je pense que le nom de Stanley Pumphrey vient d'un livre de Henry Stanley Newman, Mémoires de Stanley Pumphrey.

Que pensez-vous de ce chapitre ?

Pour ceux qui s'impatienteraient, Hermione et Severus vont se rapprocher, oui, mais il faut leur laisser le temps de faire évoluer leur relation... En tout cas la réaction de Severus quand il apprend qu'Hermione et Ron c'est reparti est, je trouve, assez révélatrice =)