Disclaimer : Toujours pareil.


11. Novembre.

Mardi 1er Novembre

17:00 — Withernsea.

Mon père est mort ce matin.

Ou peut-être hier soir — je l'ignore.

Quoiqu'il en soit, je me suis rendu dans sa chambre ce matin, comme toujours, et... il ne respirait plus. Dès que je l'ai vu, j'ai su qu'il était parti.

Ce n'est pas comme si je n'y étais pas préparé. Très souvent, et particulièrement durant ses mauvais jours, je me demandais comment je le trouverais en entrant dans sa chambre. Mais... j'imagine que je ne m'attendais pas vraiment à ce que cela arrive si vite. C'est un choc, je suppose - pour autant que je puisse être encore choqué par quoi que ce soit.

La stupéfaction initiale est en train de s'évaporer, à présent, mais je ne suis pas certain de ce qu'il me reste. Serait-ce rien ? Dans tous les sens possibles ?

Je me suis senti envahi d'un calme étrange tandis que les événements se déroulaient. Le médecin et les pompes funèbres sont venus. Je me suis contenté de hocher la tête lorsqu'ils m'ont présenté leurs condoléances. Qu'y avait-il à ajouter ?

Ils ont dû me trouver froid, c'est certain, mais eh bien, cela ne les regarde pas.

Il est parti, donc ; comme ça. Une minute il est là, et la suivante il n'est plus, et il ne reste que ce calme et cette immobilité sinistres. C'est étrangement déconcertant.

Je suppose qu'une part de moi est soulagée. Partir tranquillement dans son sommeil... Sa maladie n'aurait pu que s'empirer avec le temps. Et pourtant... je ne sais pas...

Je ne sais pas quoi penser.

Samedi 5 Novembre

18:15 — A la maison. Ma vraie maison.

J'ai finalement laissé le Yorkshire derrière moi.

Je n'ai plus aucun besoin de jamais remettre les pieds dans cette région. Plus aucun besoin de parcourir péniblement ces falaises arides. Plus aucun besoin de tourner en rond dans cette vieille maison vide. Plus aucun besoin de mettre ma propre vie entre parenthèses...

Comme s'il y avait quoi que ce soit entre les parenthèses...

J'ai vu Granger aujourd'hui, avant de partir. Elle sait choisir son moment, il faut bien le reconnaître.

J'étais occupé à débarrasser la maison des affaires de mon père. Il possédait peu de choses méritant d'être citées, et j'ai laissé la plupart des meubles où ils se trouvaient. Ce n'est pas comme si j'allais en avoir besoin. J'ai rempli plusieurs sacs de ses vêtements et les ai mis sur le trottoir, pour qui les voudrait. Ce n'est pas comme si j'allais en avoir besoin non plus.

J'ai parcouru son bureau rempli de courrier ; rien d'important - principalement des factures et de la camelote qu'il aurait dû jeter il y a des années. J'ai allumé un feu dans le jardin et y ai jeté en vrac tous ces papiers.

J'ai fouillé sa chambre, ouvrant tiroir après tiroir pour ne trouver que très peu de choses à l'exception d'une boîte de photos. Je les ai parcourues avec un certain intérêt ; il y avait des photographies de lui enfant ; de lui jeune homme ; de son frère ; de gens que je ne connaissais pas, et... rien d'autre. C'était tout.

Rien de plus.

Je suis descendu au rez-de-chaussée pour me servir un verre.

Evidemment, j'avais été assez stupide pour espérer trouver quelque chose qui montrerait... qu'il...

Ridicule. Enfin, ce n'est pas la première fois que je me trompe. Probablement pas la dernière.

Je suis sorti et ai jeté l'ensemble des photos dans les flammes avant de m'asseoir sur le mur pour tout regarder brûler.

Cela ne me provoqua aucune satisfaction, ou très peu, et cela ne servit qu'à nourrir ma colère.

Je quittai le mur, tournai le dos au feu et me dirigeai vers le bout du jardin. Je sortis son dernier paquet de cigarettes et allumai la dernière. Je pris quelques bouffées, avant de l'écraser du bout du pied avec un bruit de frustration.

Je n'aime même pas ces saletés.

Je me suis dit qu'il n'y avait aucune raison de me sentir si blessé. Il n'y avait là rien de nouveau. J'avais toujours su que c'était un enfoiré égocentrique. Et il n'est plus là maintenant ; c'est fini — le tout dernier arrêt.

Je jetai un charme d'Aguamenti sur le feu et me perdis dans la contemplation des restes noircis.

Et c'est à ce moment-là que Granger apparut, contournant la maison, complètement inconsciente de ce dans quoi elle mettait les pieds. 'Bonjour,' dit-elle, jetant un regard étonné aux sacs, aux cendres fumantes et à moi même. 'Que se passe-t-il ?'

Je levai les yeux au ciel, maudissant en silence la personne qui avait décidé de me tourmenter de cette manière. Je ne voulais pas de compagnie, et encore moins de la sienne.

J'allai ouvrir les portes du garage.

'Où est votre—'

'Mon père est mort.'

Elle garda le silence durant un bon moment, que je passai à fouiller la camelote que mon père avait accumulée et subséquemment entassée dans le garage.

'Je suis désolée,' dit-elle enfin.

'Il n'y a pas de quoi,' répondis-je platement. 'Je ne le suis pas.'

J'interrompis la fouille d'une vieille caisse à outils, souhaitant m'être coupé la langue plutôt que d'avoir autorisé ces mots à sortir de ma bouche. Je soupirai bruyamment, m'attendant à ce qu'elle s'éloigne dans un mouvement de dégoût.

'C'était une mort naturelle,' ajoutai-je, m'enfonçant un peu plus dans le trou que je m'étais moi-même creusé. 'Une crise cardiaque — au cas où vous vous seriez demandé si je n'en avais pas eu assez et décidé d'accélérer les choses.'

Je me sentis ridicule dès l'instant où les mots se perdirent dans le silence. Qu'est-ce qui m'avait pris de dire une chose pareille ? Ma frustration commença à s'évaporer, remplacée par la déception.

'Pourquoi diable penserais-je une chose pareille ?' demanda-t-elle, visiblement choquée.

'Ce n'est pas comme si mes antécédents ne parlaient pas d'eux-mêmes...' marmonnai-je, souhaitant âprement qu'elle s'en aille et me laisse à mes malheurs.

Elle parut ignorer ma remarque et, à la place, se contenta de dire : 'Vous auriez dû en parler, vous savez... Le dire à quelqu'un...'

Je haussai les épaules et la dépassai pour retourner dans le jardin. Dire quoi, exactement ? Et à qui donc ? A elle ?

Bien sûr... Je peux tout à fait m'imaginer faisant cela...

Elle me suivit et je lui lançai un regard. Elle fixait les vestiges de mon feu, et plus spécialement, les photographies que j'avais brûlées. Je ressentais le besoin urgent de défendre ce qui, j'en étais sûr, passerait pour un acte sans coeur. Mais après je me suis dit : qu'ai-je à faire de ce qu'elle pense ?

Evidemment, il devient douloureusement évident que je m'en soucie plus que je ne le devrais, mais je n'ai pas suffisamment d'énergie pour m'attarder sur ce fait actuellement. Aussi vais-je simplement l'ignorer.

Il semblerait que je l'aie sous-estimé, pourtant... à nouveau. Il n'y avait aucun reproche sur son visage, mais plutôt de la curiosité, ce qui me fit soupirer intérieurement.

'C'est clair que vous et votre père n'étiez pas toujours d'accord...' commença-t-elle.

Je reniflai.

'Mais vous ne devriez pas sous-estimer le fait que vous avez été capable de mettre tout cela de côté pour rester avec lui, et pour atteindre une sorte de—'

'Rien n'a jamais été résolu entre mon père et moi, Miss Granger,' l'interrompis-je. 'L'homme que vous avez connu n'était pas celui qui nous méprisait, ma mère et moi.'

Je me réprimandai intérieurement pour en avoir déjà trop dit.

'Pourquoi vous méprisait-il ?' demanda-t-elle calmement.

La première pensée qui me vint à l'esprit fut qu'il n'y avait aucune chance que je lui en dise plus sur ce sujet. Cela ne la regardait pas — cela n'avait rien à voir avec elle.

Mais... je me demandai ensuite si cela serait une si mauvaise chose d'en parler. Peut-être avais-je besoin de quelqu'un qui m'écouterait et me dirait que j'avais raison, ou que je disais des bêtises, ou que je ne suis pas raisonnable, ou égoïste, ou... peu importe. Au moins saurais-je à quoi m'en tenir.

Ce n'est pas quelque chose qui doit absolument rester caché, d'ailleurs. Il n'y a rien de choquant ou de dramatique. Pas de noir secret.

'Il avait... peur de moi,' murmurai-je enfin. 'Il avait également peur de ma mère. Je ne l'ai compris que plus tard dans ma vie, mais oui, tout est venu du fait qu'il avait peur de la magie.'

C'est de là que venait son amertume initiale. Née de sa conviction inhérente que la magie était contre-nature - que la magie était contraire à tout ce qu'il connaissait. Mais ce n'était pas seulement cela.

'Ne sous-estimez jamais la fragilité de la fierté masculine, Miss Granger.' Je la regardai et vis que son visage avait pris une expression pensive. 'Il se sentait émasculé parce que sa femme pouvait faire des choses qui étaient contraires à l'ordre naturel des choses ; des choses dont lui-même ne pouvait rêver. Et puis vint son fils, dont la magie était le seul intérêt dans la vie.'

Je n'avais jamais montré aucun intérêt dans les habitudes des Moldus. Et lui, étant l'homme froid et amer qu'il était, n'avais jamais essayé d'éveiller en moi le moindre intérêt. Bien au contraire, à dire vrai.

'C'était de moi dont il avait réellement peur, surtout lorsque j'ai eu ma baguette. Il savait qu'il aurait toujours le dessus sur ma mère. Qu'elle n'userait jamais de sa magie contre lui. Il n'en était pas si certain me concernant - il a été le destinataire de la plupart de mes manifestations de magie incontrôlées lorsque j'étais enfant.

J'ai fait disparaître toutes ses cigarettes une fois ; il avait positivement adoré. Il avait encore plus apprécié que je l'enferme dehors lorsque j'avais cinq ans. Et ce n'est que la partie visible du foutu iceberg.

Je soupirai. 'Quoi qu'il en soit, il a fini par y avoir un point de rupture. Je suis rentré chez moi à la fin de ma sixième année pour apprendre qu'il était parti. Je n'ai plus jamais entendu parler de lui jusqu'à ce qu'une assistante sociale Moldue vienne frapper à ma porte il y a quatre aussi. Aussi, voyez-vous, rien n'a jamais été résolu entre nous, car nous n'en avons jamais parlé.'

Et peut-être, bien malgré moi, avais-je toujours espéré que nous le fassions. Peut-être avais-je espéré qu'il exprime des regrets... ou qu'il ressente quoi que ce soit à mon endroit. Mais je crois honnêtement que mon père n'a jamais imaginé qu'il pouvait avoir eu tort. Parce qu'il ne pouvait tout de même pas être complètement ignorant de la présence constante du foutu éléphant dans la pièce ? Voire de la horde d'éléphants, en ce qui me concerne.

Ses paroles suivantes semblaient indiquer qu'elle lisait mes pensées.

'Il devait quand même réaliser ce que ça signifiait que vous soyez venu jusqu'ici, après tout ce temps. Même s'il n'a jamais rien dit ; cela devait compter pour lui...'

Eh bien, c'est une optimiste, pas vrai ? Elle ne réalise pas que se perdre en conjectures, et surtout, il faut l'admettre, celles qui ne se basent sur rien de concret, n'est pas suffisant et ne le sera jamais.

'Cela n'a plus d'importante à présent, n'est-ce pas ?' Il était grand temps d'abandonner le sujet.

Les choses n'ont peut-être jamais été résolues entre mon père et moi, mais je suppose que j'ai eu l'opportunité de mettre les choses en perspective, ce qui, à dire vrai, est déjà plus que ce que j'aurais jamais anticipé. Peut-être cela suffira-t-il. Et si ce n'est pas le cas, eh bien, un bagage émotionnel de plus ne me tuera pas.

Elle regarda autour d'elle. 'Qu'est-ce que vous comptez, hum, faire ? De cet endroit je veux dire ?'

Je posai les yeux sur la maison sans ressentir quoi que ce soit de plus qu'auparavant. 'Je rentre chez moi et ne compte rien faire de cet endroit en particulier. Je peux difficilement vendre ce taudis, n'est-ce pas ? Qui voudrait payer pour vivre là-dedans ?'

'Je suppose que vous avez raison.' Son regard se porta vers le bord de la falaise. Elle se lamentait probablement du destin qui l'attendait. Sa sentimentalité ne me surprend plus.

Je retroussai mes manches et retournai dans le garage. Je me préparais à répertorier le contenu de quelques autres cartons lorsque sa voix s'éleva depuis l'embrasure de la porte.

'Vous allez garder la voiture ?'

Je marquai une pause et souris presque ; presque, notez. 'Je ne vois pas ce qui m'en empêche.'

Elle eut un vrai sourire ; un petit.

Je réduisis la voiture pour lui donner la taille d'un jouet et la fourrai dans ma poche.

'Si vous, euh, si vous décidez d'apprendre à conduire un jour, pour de vrai, je veux dire, avec un permis et tout, je serais ravie de vous aider...'

Tu parles ! Elle serait probablement la dernière personne à laquelle je m'adresserais ! Je peux déjà l'imaginer souriant dans sa barbe tandis que je tâtonnerais et me démènerais comme le novice que je suis. 'Je m'en souviendrais,' dis-je, hochant la tête.

Elle prit un air satisfait et entreprit d'examiner le garage. Je savais d'avance ce qui suivrait ; elle allait me proposer son aide.

'Miss Granger, si vous voulez bien m'excuser, je souhaiterais avoir fini avant la nuit...'

'Oh,' dit-elle lentement. 'Bien sûr, je vous laisse alors, si vous voulez. Je vous verrais dans le coin, enfin peut-être...'

Elle ne me verrait pas "dans le coin" ; en tout cas pas dans ce coin-ci.

Elle sortit et je fis de mon mieux pour ne pas m'attarder sur le fait qu'elle m'avait peut-être trouvé grossier. J'ai trop de choses à penser sans l'inclure dans l'équation. Je me sens assez mal comme cela.

J'eus vite fait de vider le garage de ce qu'il contenait. J'ignore pourquoi je m'en suis donné la peine, mais j'ai tout de même placé des sorts de Verouillage sur les portes de la maison et du garage. Ce n'est pas comme si cela ferait une grande différence si quelqu'un décidait de cambrioler l'endroit... Malgré tout, il m'a semblé que c'était la chose à faire.

Il y avait une dernière chose dont je devais m'occuper avant de partir. J'ai pris les cendres de mon père et je les ai éparpillées au-dessus de la falaise. Il n'avait laissé aucune instruction spécifique, mais je savais que c'était là qu'il préférerait finir.

Et ainsi, cette action souligna la fin de la relation qui existait entre mon père et moi. Une relation insatisfaisante et insuffisante, mais peut-être Granger avait-elle raison. Peut-être peut-on tirer quelque chose de ces dernières années. Elles n'ont peut-être pas redressé tous les torts qui ont été causés, mais au moins auront-elles créé une intéressante juxtaposition.

Et avant de Transplaner, j'ai lancé un dernier coup d'oeil à la mer grise, sûr que je n'allais pas manquer cet endroit.

Mais quelque chose m'a frappé.

Je suis à présent l'essence même d'un homme libre — libre de tout devoir ; responsabilités... famille...

Etrangement, ce n'est pas si libérateur ; ce serait plutôt distinctement exaspérant.

18:50

Content d'être rentré, cela étant dit.

Mes plantes sont dans un état abominable.

Lundi 7 Novembre

9:00 — A la Maison.

Il y a quelque chose d'étrange dans le fait de me retrouver dans mon propre environnement à nouveau. Je m'attends toujours à voir des kilomètres de terres stériles et désolées par la fenêtre, plutôt qu'une rue grouillant de monde. Je m'attends toujours à entendre mon père crier. Ou simplement à entendre le bruit des vagues contre la falaise.

J'ai de quoi m'occuper aujourd'hui, cependant.

J'ai reçu un mot de la part de Minerva me demandant de venir la voir aussi vite que possible. J'ai bien peur que la raison pour laquelle elle veut me voir est parce qu'elle a eu vent de la mort de mon père.

Sauf que... Je crois que Minerva me connaît suffisamment pour réaliser que je ne voudrais, Merlin nous en garde, certainement pas en parler en long et en large.

Aussi ai-je dans l'idée qu'il s'agit d'une situation sans rapport aucun. Ce qui pique ma curiosité.

Il faudra également que je me souvienne d'acheter des provisions au retour. Il n'y a rien à manger dans cette maison.

16:00 — La Tête de Sanglier.

Hmm…

Je ne suis pas certain de savoir ce que je viens de faire — ce que je viens d'accepter.

Enfin, visiblement je le sais, mais je ne suis pas certain des conséquences, et je m'attends à ce qu'il y en ait ; il y en a toujours. Si je ne connaissais pas mieux Minerva, je serais tenté de dire qu'elle a délibérément tiré avantage de ma situation.

Quoiqu'il en soit, je me suis présenté à Poudlard dans l'après-midi ; Minerva m'attendait dans son bureau.

'Severus !' s'exclama le portrait de Dumbledore lorsque j'apparus dans le bureau.

'Dumbledore,' dis-je platement, ne lui adressant que le plus bref des regards.

'J'étais navrée d'apprendre la mort de votre père,' dit immédiatement Minerva, et je grognai intérieurement, craignant de l'avoir mal jugée après tout.

'Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit ? J'ai dû l'apprendre par Hermione Granger, entre tous.'

Elle dut remarquer que mon expression s'assombrissait, car elle ajouta : 'Ne vous inquiétez pas ; elle n'en parle pas à tort et à travers.'

'J'en conclus que ce n'est pas l'unique raison pour laquelle vous désiriez me voir ?'

'Non...' Sa voix s'estompa et elle me parut soudain indécise. 'C'est un peu... Je suis face à un problème, voyez-vous... um—'

'Visiblement,' marmonnai-je pour moi-même à son hésitation.

'C'est à propos d'Horace. Il est tombé malade —'

J'en avais assez entendu. Je me levai, prêt à partir.

'Oh, Severus—'

'Non, Minerva,' l'interrompis-je fermement. 'Je ne suis pas intéressé.'

Elle était sur ses pieds et contourna son bureau avant que je n'atteigne la porte. 'Ce serait seulement pour un mois environ — jusqu'au nouvel an, probablement.'

Je secouai la tête.

'S'il vous plaît, je suis désespérée. Il est impossible de trouver quelqu'un d'approprié en si peu de temps, et la plupart des autres professeurs ne savent pas reconnaître un chaudron quand ils en voient un, autrement je répartirais les tâches entre eux !'

'Je ne suis pas professeur, Minerva. Ce travail ne m'a jamais correspondu. Vous ne pensiez certainement pas que je le faisais parce que j'en avais envie ? Vous devez bien savoir que cela faisait partie de ses machinations incompréhensibles et ridicules.' Je regardai Dumbledore qui nous observait en silence.

'Cela vous a plu, parfois,' suggéra-t-elle ; d'une toute petite voix, d'accord, mais parfaitement sérieuse.

'Pomona fait-elle à nouveau pousser des plantes spéciales ?'

'Vos résultats étaient toujours parmi les meilleurs, Severus ! Et ai-je besoin de vous rappeler combien de fois Serpentard a gagné la Coupe des Maisons lorsque vous étiez son directeur ?'

'La flatterie ne vous mènera nulle part, Minerva. Par ailleurs, vous confondez mon besoin irrépressible de rencontrer le succès dans tout ce que je fais avec un amour inné pour ce travail et un désir de faire ce qu'il y a de mieux pour les enfants.'

'Alors qu'avez-vous prévu de faire exactement ? Hum ? Avez-vous trouvé un nouveau travail ?'

Bon sang ; elle me tenait sur ce point. Je n'ai toujours pas avancé concernant ma situation de travail. Il semblerait que je n'ai pas eu le temps, ce qui est évidemment ridicule, si l'on considère les heures d'ennui profond que j'ai collectées ces derniers mois.

'Vous savez, le Ministère paie bien pour un professeur remplaçant. Vous pouvez enseigner les Potions les yeux fermés ; ce serait de l'argent facile pour vous, et vous pourriez utiliser cette opportunité pour réfléchir plus avant à votre carrière à long terme.'

Je commençais à plier ; je pouvais le sentir et tentai de lutter contre. 'Minerva — et si je n'avais simplement pas envie de revenir ici ?' Je lui adressai un regard lourd de sens et, soudain, elle fut incapable de me regarder en face.

Ce n'était pas juste une excuse, vraiment. C'est une chose de mettre les pieds au château de temps à autre, mais devoir passer mes journées dans ces murs... Je n'étais pas sûr de vouloir me trouver au milieu de tous ces souvenirs.

'Oui... vous avez raison ; je comprends. Je suis désolée d'avoir voulu vous forcer la main, Severus.'

C'était certainement le bon moment pour moi de partir. Mais j'hésitai, réfléchissant déjà au fait que je serais capable de tolérer quelques semaines au château. Pensant déjà que je n'avais pas anticipé la perspective de rester à la maison à m'ennuyer à mourir, avec mes pensées destructrices pour seule compagnie.

J'hésitai trop longtemps. Minerva remarqua évidemment la nouvelle opportunité qui s'offrait à elle et elle s'en saisit, me parlant avec seulement un infime air de désespoir.

'Ecoutez, je suis prête à écouter toutes les requêtes que vous pourriez avoir. Si vous voulez quitter le château le soir, vous pouvez. Si vous voulez que quelqu'un d'autre supervise vos retenues, ce sera fait. Si vous voulez être excusé de dîner dans la Grande Salle, ce n'est pas un —'

'Et si nous disions une bouteille de Ogden's pour chaque semaine que je passe ici ?'

Son expression se durcit. 'Je vous demande pardon ?'

En y repensant, je risquais de ne jamais repartir si elle acceptait !

'Et si je vous écrivais une liste afin que vous puissiez m'offrir chaque semaine un cadeau pour me montrer votre gratitude. Il y a ce chaudron en argent qui —'

'Je préférerais enseigner les Potions moi-même plutôt que d'aller acheter des chaudrons en argent !'

'Le budget de l'école peut se le permettre et vous le savez, Minerva.'

Elle rit. 'Alors, vous acceptez ou non ? Et je vous paierais une bouteille de whisky si cela vous facilite les choses.'

Mille et une pensées me traversèrent l'esprit à cette seconde alors que je délibérais sur la question. Mais vraiment, la décision paraissait simple. Ce n'est pas comme si j'avais de meilleures offres, n'est-ce pas ? On ne se bousculait pas vraiment à ma porte pour m'embaucher.

'Jusqu'à la fin de l'année,' la prévins-je.

Elle tapa dans ses mains. 'Merveilleux ! Vous m'enlevez un vrai poids des épaules !'

Je crus, avec une horreur non dissimulée, qu'elle pourrait bien s'oublier complètement et essayer de me serrer dans ses bras, tellement elle paraissait soulagée. Ceci dit, je suis ravi de dire que l'on peut toujours compter sur Minerva pour ne pas trop s'emporter, et elle se retira très vite derrière son bureau.

L'effroi m'envahit quand je pense à ce qui pourrait être arrivé s'il en avait été autrement. Notre amitié aussi vague soit-elle aurait été effectivement ruinée, en ce qui me concerne.

'Et ce sera deux bouteilles de whisky,' déclarai-je en partant. 'Une pour chaque mois de mon séjour.'

Mercredi 9 Novembre

12:30 — Poudlard !

Et voilà, j'y suis. Je n'étais pas chez moi depuis deux minutes que mes bagages étaient de nouveau fait et, cette fois, je suis parti bien plus loin que le Yorkshire, en Ecosse pour être précis.

Et oui, une part de moi doute que cela ait été la chose à faire, mais à vrai dire cela pourrait être bénéfique d'avoir quelque chose pour m'occuper l'esprit. Je ne suis pas sûr de pouvoir tourner en rond beaucoup plus longtemps et, ce qui est probablement la raison la plus importante, j'ai besoin de cet argent.

Qui sait, cela pourrait s'avérer être la meilleure décision que j'aie prise depuis...

Attendez... Comment vais-je pouvoir tomber sur Granger maintenant que je suis coincé dans le château ?

Il y a peu de chances qu'elle apparaisse comme cela au milieu des bois !

Humph.

Je n'ai visiblement pas pensé à tout avant de venir ici.

19:00

Je dois l'admettre, il y a beaucoup de choses appréciables dans mon retour ici.

Je suis rentré dans la Grande Salle pour la première fois ce soir et j'ai pris place à table au son d'un silence stupéfait. Le silence fut ensuite suivi d'une cacophonie de chuchotements hâtifs. Minerva fit une déclaration concernant la raison pour laquelle je me trouvais là, et les réactions varièrent selon les étudiants.

La plupart, je dois le dire, avaient l'air purement horrifiés.

Ceux qui souriaient à leurs camarades dévastés sont clairement ceux qui ont abandonné les Potions en vue des ASPIC.

Ce n'est pas grave. Je trouverais un autre moyen de les terroriser.

Les Serpentards semblaient très satisfaits. Ce qui est très bien, sauf si l'on considère qu'il y réfléchiront peut-être à deux fois lorsque j'en aurais fini avec eux. J'ai vu l'état des points de leur Maison, après tout. Horace a laissé la situation se dégrager salement.

Je ne peux pas dire que je sois surpris.

Demain, donc, je donnerais mon premier cours depuis cinq ou six ans. Un autre homme que moi serait intimidé. Je ne le suis pas. Je pourrais même être pressé d'y être.

Entre parenthèses, je ne me sens pas très bien. Je crois avoir un peu abusé des bonnes choses au dîner. Mais pour être juste, j'ai calculé que cela va faire trois mois que je n'avais pas goûté à la nourriture des elfes de maison.

Jeudi 10 Novembre

9:57 — Donjons !

Mon premier cours est terminé.

Il semblerait que j'aie oublié à quel point certaines personnes peuvent être ignorantes. Merlin.

Est-ce trop demandé qu'au moins un élève arrive dans la classe avec un cerveau qui n'ait pas la taille d'un petit pois à sa disposition ?

Les première année sont les suivants. Ce sera sûrement le point culminant de ma journée.

Et je dis cela en toute sincérité.

11:00 — Salle des professeurs. Récréation matinale.

Les première année semblent incapables de me regarder dans les yeux.

Je me demande quelles histoires les élèves plus âgés ont bien pu leur raconter ? Ou ma réputation me précède-t-elle à ce point-là ?

Je suis visiblement une légende de Poudlard.

17:00

Le premier jour est fini, et il s'est bien passé. Plus que bien, à dire vrai. C'était un soulagement de passer la journée à quelque chose de pratique — d'utile. Cela me change. Je ne doute pas que je voudrais m'arracher les cheveux avant la fin du mois, mais je me débrouillerais.

Je suppose que c'est également un changement d'être entouré de gens à nouveau. Suis actuellement assis dans la salle des professeurs avec quelques autres membres du corps enseignant.

Cette Charlotte, d'ailleurs, est hilarante. Elle ne semble pas vouloir s'approcher à moins de dix mètres de moi. Elle se tenait près du buffet lorsque je suis venu me verser une tasse de thé et elle a pratiquement sauté à l'autre bout de la pièce ! J'ai l'horrible impression qu'elle craint que je lui saute dessus, ou la demande en mariage ou, Merlin nous en garde, que je lui parle.

Dieu seul sait ce que Minerva et les autres mégères lui ont raconté à mon sujet.

L'envie me démange de l'approcher et de lui dire 'Calmez-vous un peu ; vous n'êtes pas mon genre.'

Mais admettons-le, l'idée que je puisse avoir un 'genre' est risible.

Vendredi 11 Novembre

S'il y a une chose qui m'a manqué dans l'enseignement, c'est bien de siffler 'Dix points en moins pour Gryffondor !'

La satisfaction provoquée par une telle distraction ne devrait jamais être sous-estimée. Et spécialement lorsque l'on surprend l'expression pincée de Minerva McGonagall chaque fois qu'elle passe devant les sabliers.

Elle a eu la témérité de me faire revenir, il lui faut en assumer les conséquences.

Je meurs d'envie de donner ma première retenue ; mais personne n'a encore osé faire un faux pas devant moi. Il me faudra attendre mon heure. Lorsque ma présence ici ne sera plus une nouveauté, ils transgresseront les règles à tout-va à nouveau.

Samedi 12 Novembre

23:40 — Lit.

J'ai passé une si bonne soirée que je suis dangereusement prêt à partir dans des envolées lyriques.

Je m'abstiendrais, naturellement.

Comme c'était un samedi soir, quelques-uns d'entre nous se sont rendus à Pré-au-Lard, et plus précisément aux Trois Balais, pour boire un verre ou deux (cinq). Une heure après notre arrivée, cependant, devinez un peu qui est entré dans le pub ?

Potter, Mrs Potter et Granger. Heureusement, aucune trace de Weasley.

Je ne peux pas dire que j'étais ravi de voir les Potter. J'ai tenté d'éviter tout contact avec eux depuis que Granger a fait ce commentaire ridicule concernant les figures parentales. Ugh. Malgré tout, cela ne m'a pas dérangé d'avoir eu tort en pensant qu'elle ne viendrait jamais se perdre par ici.

Dès qu'ils les aperçurent, mes collègues leur firent de grands signes en leur criant de venir nous joindre. Naturellement, je n'ai pas bougé. J'espérais à moitié qu'ils nous salueraient et se retireraient à leur propre table mais, malheureusement, ils étaient plus qu'heureux de se joindre à nous. Je dis malheureusement, parce que l'endroit où il était le plus pratique d'ajouter des chaises se trouvait à côté de moi. Et Potter s'y précipita le premier.

Et oh Merlin, la première chose qu'il me dit fut : 'Tout va bien mon vieux ?'

Mon vieux ?

Dieu miséricordieux.

'Tout ira bien si vous ne m'appelez plus jamais comme ça,' marmonnai-je.

Il se contenta de rire — il me rit au nez.

Granger, d'après ce que je pouvais voir, était occupée à parler avec Minerva, aussi étais-je coincé avec le grand héros des temps modernes.

Il prit une gorgée de sa... Bièreaubeurre (grandira-t-il jamais ?)... avant de répondre que 'les enfants sont avec Molly et on en a profité pour sortir.'

Je devins très silencieux à ce moment-là, ma liste de sujets de conversation avec Potter épuisée. Evidemment, il fut plus qu'heureux de reprendre là où je m'étais arrêté.

'J'ai été surpris d'apprendre que vous enseignez de nouveau.'

'Je n'enseigne pas de nouveau,' réfutai-je immédiatement. 'Je me contente d'accorder une faveur au Professeur McGonagall.'

'Une faveur, hein ?' Et je jure qu'il leva un sourcil sceptique.

'Vous ne pensiez tout de même pas que j'apprécie d'être cerné par des hordes de cornichons égocentriques, ignorants, irrespectueux et ingrats, n'est-ce pas ?'

Je crains que le ton de ma voix ne soit monté, car Granger, qui m'avait visiblement entendu, écoutait à présent sans vergogne la conversation. Je me sentis soudain légèrement embarrassé...

Potter se contenta de hausser les épaules.

'Dans ce cas pourquoi avoir accepté de revenir — même pour une période aussi courte ?' demanda Granger suspicieusement.

Pourquoi tout le monde veut-il me faire admettre un amour secret pour la position de maître des Potions ? Les preuves ne parlent-elles pas d'elles-mêmes ? Pour l'amour du ciel ; ils ont été mes élèves ! Si j'avais eu le sentiment que modeler de jeunes esprits était ma destinée je n'aurais pas traité la majorité d'entre eux comme de la merde, si ?

Je les ai traités ainsi précisément parce que j'étais pathologiquement frustré et amer de m'être retrouvé dans le rôle d'un stupide maître de Potions !

C'est aussi simple que cela !

Visiblement, ils ne me croient pas capables d'accorder à qui que ce soit la moindre faveur.

Je me dis que peut-être ils croiraient à cela : 'Je n'allais pas manquer l'opportunité d'être servi par des elfes de maison,' répondis-je simplement, prenant une gorgée de whisky. 'Toddy, l'une des elfes, est une vraie merveille.'

A ma surprise, Granger se figea - une expression incrédule sur son visage. Je regardai Potter, qui paraissait avoir du mal à se retenir de rire.

'Hermione est très passionnée par la libération des elfes de maison,' m'expliqua-t-il d'une voix de conspirateur.

Je hochai la tête. La libération des elfes de maison : typique de Granger. Je veux dire, vraiment ; pourrait-elle être encore plus cliché ?

Son expression était à présent aussi dure que lorsque nous nous étions revus pour la première fois.

'Eh bien, calmez-vous, Granger,' dis-je calmement. 'Ce n'est pas comme si je demandais à Toddy de me laver les pieds tous les soirs...'

Potter bredouilla dans son verre, avant de rire ouvertement en voyant l'expression pincée de Granger. Il est rare que je rie à mon propre esprit - cela le dévalue, d'après moi - mais je l'ai presque fait cette fois.

'Je sais que vous me faites marcher,' remarqua-t-elle dédaigneusement, haussant les épaules avec désinvolture.

'Vraiment ? Eh bien, pourquoi ne pas demander à Toddy ? Une fois qu'elle aura fini de nettoyer ma collection de chaudrons, bien sûr...'

'Ce n'est pas drôle,' dit-elle d'un air désapprobateur, mais je vis qu'elle se retenait de sourire. Ha !

'Je ne ris pas ; Potter si.'

'Harry devrait savoir que ça n'a rien de drôle.'

A ce moment-là, Hagrid pénétra dans le pub, et Potter s'excusa pour aller, avec sa femme, rejoindre le demi-géant. Granger, en revanche, à ma grande horreur et, oui, à ma secrète satisfaction, se glissa sur la chaise vide de Potter. J'aurais aimé que Weasley voit cela.

'Alors, comment allez-vous ?'

Je savais qu'il y avait un sous-entendu à cette innocente requête, et cela avait à voir avec mon père, bien sûr.

'Bien,' dis-je sèchement, espérant qu'elle ne chercherait pas à creuser la question. J'ignore si elle veut croire que je suis douloureusement affecté par la mort de mon père — si elle veut la preuve d'un chagrin qui, et je regrette d'avoir à le dire, n'existe pas.

La disparition de mon père m'envahit évidemment d'un sentiment légèrement sinistre, mais sa mort ne m'a pas affecté outre-mesure. La vérité c'est que tous les dommages causés par cet homme m'ont endurci il y a bien des années. Sans parler de tout ce que j'ai dû endurer d'autre au fil du temps.

Peut-être aurais-je dû lui laisser croire que c'était douloureux à un certain niveau. Je me demande ce qu'elle aurait fait si je lui avais solennellement déclaré que 'Je prends chaque jour comme il vient,' ou que 'Je tiens le coup' ?

Cela aurait été impardonnable, je le sais, mais tout de même... J'aurais probablement gagné quelques points.

Je n'ai cependant jamais essayé d'attirer la sympathie en incitant la pitié, n'est-ce pas ? Il faut l'admettre, je pourrais me laisser aller à tisser un conte de souffrances et de malheurs, et cela ne serait pas très éloigné de la vérité.

Mais cette idée est trop pathétique pour que je me permette de la contempler sérieusement.

Je ne suis manifestement pas si désespéré !

Pour en revenir à mon compte-rendu, la réaction de Granger ne fut, à vrai dire, pas moins intrigante que si je lui avais peint un portrait désespéré de ma situation. En fait, elle eut un sourire tel qu'il me laissa penser qu'elle savait quelque chose que j'ignorais.

Quelque chose me concernant.

'Quoi ?' demandais-je, suspicieux.

'Rien,' répondit-elle d'un ton léger, souriant alors qu'elle portait son verre à sa bouche pour en prendre une gorgée.

'Quoi ?'

'Les hommes,' énonça-t-elle simplement, en secouant doucement la tête, comme si le sexe en question la désespérait.

Son dédain pour le genre masculin me fatigue un peu à présent, pour être honnête. Weasley doit vraiment être un imbécile de première catégorie pour avoir influencé sa perception des hommes à ce point.

'Granger —'

'Vous pouvez m'appeler Hermione.'

'Qu'est-ce qui ne va pas avec Granger ?'

'Je me disais juste qu'on a dépassé le stade des noms de famille.'

'Il y a un seuil à atteindre pour ce genre de choses ?'

'D'après mon expérience, oui.'

Je combattis l'envie de grogner tout haut. Je déteste être pris de court. En particulier en public.

Et, ah, il me sembla soudain qu'elle était assise horriblement près. Je souhaitais à moitié que Potter soit resté où il était. Au moins n'aurais-je pas été en grand danger de perdre mes esprits. En l'occurence, sa proximité risquait de me compromettre. Il n'était pas question de me déporter dans la direction opposée non plus ; je ne tiens pas à être plus proche d'Argus Rusard que nécessaire.

'Alors que comptez-vous faire quand vos deux mois ici seront terminés ? En supposant qu'ils se terminent, bien sûr.'

'Que voulez-vous dire par "en supposant" ?'

'Eh bien, on ne sait jamais, n'est-ce pas...' Elle sourit.

'Horace sera de retour en janvier, Granger, je peux vous l'assurer. Et si ce n'est pas le cas, je n'ai nullement l'intention de m'éterniser.'

'Et que comptez-vous faire à ce moment-là ?'

Je resserrai mon emprise sur mon verre, fatigué de m'entendre poser cette question. Si je savais ce que je voulais faire, je n'aurais pas besoin de louer mes services à Poudlard si ?

'Oh, eh bien, mon objectif premier est de me présenter aux prochaines élections du Ministre de la Magie,' dis-je allègrement.

Ha ! Cela eut au moins le mérite de la faire taire !

Mais pas pour très longtemps. 'Très drôle. Donc vous ne savez pas en fait.'

'Non ; je ne sais pas.'

Tout allait bien, pas vrai ? Je me comportais comme un goujat sans raison particulière. Je cherchai frénétiquement à arrondir les angles.

'Comment se porte le Yorkshire ? La maison de mon père est-elle déjà à l'eau ?

'Euh, je ne sais pas. Je ne suis pas allée par là ces temps-ci. Je cherche un autre endroit pour aller marcher à vrai dire — le changement a du bon, de temps en temps.'

Oh. C'était intéressant.

'Mon père aurait honte de vous entendre dire une chose pareille,' répliquai-je avec une grimace sardonique. 'Il n'y a rien de mieux que la patrie du bon Dieu(1), vous savez.'

Elle sourit. 'Je suppose qu'il avait raison. Dites-moi, si vous avez grandi dans le nord, où est votre accent ?'

'Vous voulez dire pourquoi ne suis-je jamais entré dans la salle de classe en disant "J'peux v's apprendre à ensorc'ler l'esprit d'un gars et à lui empris'ner les sens" ?'

Elle gloussa bruyamment, et lorsque certains de nos compagnons se retournèrent pour voir ce qu'il y avait de si drôle, je tâchai de ne pas paraître responsable de sa crise de rire.

'Je n'en ai jamais eu,' expliquai-je lorsqu'elle se fut reprise. 'Peut-être que si j'avais été dans une école Moldue, ç'aurait été le cas.'

Merci mon Dieu que ce n'ait pas été le cas ; c'est tout ce que je peux dire.

'Je vois.'

Elle se tut durant un moment, avant d'ajouter : 'Des suggestions quant à l'endroit où je pourrais aller marcher ?'

J'avais une envie affligeante de lui suggérer l'Ecosse ! Et donc, pour compenser mon malaise, je lui ai dit qu'elle devrait essayer la côte sud-ouest.

Parfait.

Je lui ai pratiquement dit d'aller marcher aussi loin que possible d'ici. Avec un peu de chance, elle ne l'aura pas vu comme ça, bien sûr, mais... je pense qu'il est inutile de préciser que la chance n'est que très rarement de mon côté.

Je me demande si elle reviendra aux Trois Balais bientôt ?

Prions simplement que ce soit sans ce fichu Potter la prochaine fois.

Mardi 15 Novembre

13:00 — Déjeuner.

Me suis pratiquement lancé dans une dispute avec Rolanda au beau milieu de la salle des professeurs aujourd'hui. Ce n'était pas ma faute. Cette bonne femme stupide a décidé d'inviter Weasley pour qu'il vienne coacher les entraînements de Quidditch. C'est seulement pour une journée, mais Merlin, est-il vraiment nécessaire de voir ce traîne-savates envahir le château ?

'Weasley est un joueur de Quidditch minable,' lui ai-je dit. 'Vous auriez de meilleurs résultats en demandant à Mimi Geignarde de coacher les élèves.'

'Il n'est pas minable, Severus,' répondit-elle, offensée par ma critique de ce qu'elle croyait visiblement être une idée merveilleuse.

'La longue descente des Canons dans la ligue n'aurait donc rien à voir avec la médiocrité de Weasley ? Battus à plates coutures par les Harpies la semaine dernière, si ma mémoire est bonne ?'

Un résultat que j'avais longuement savouré.

'Je vous l'accorde, il n'a pas très bien joué récemment, mais il a eu des problèmes personnels très fâcheux —'

'Fâcheux ?' me moquai-je. 'Je suis sûr qu'il a trouvé très fâcheux de se retrouver au lit avec une autre femme. Il était si fâché qu'il a commodément négligé d'informer sa femme de son comportement abject.'

Le regard qu'elle m'a lancé me suggéra que je m'étais peut-être montré un peu trop véhément dans mon dégoût.

'Depuis quand êtes-vous devenu si noble et moral, hein ? Est-ce que vous avez toujours été prude, ou est-ce que c'est nouveau ? Est-ce vraiment notre rôle de le juger—'

'Il cherche à se faire passer pour la victime—'

'Non, ce n'est pas—'

'Ouvrez les yeux, Rolanda ; ce n'est qu'un égocentrique petit—'

'Cela ne vous regarde vraiment pas, Severus, alors pourquoi ne gardez-vous pas vos commentaires pour vous ?'

Elle se dépêcha de s'éloigner, probablement parce qu'elle savait que j'avais raison.

En théorie, je pourrais éviter tout contact avec le pleurnichard roux si besoin. Cependant, j'ai le sentiment que je pourrais bien vouloir grandement le contrarier.

Nous verrons.

Vendredi 18 Novembre

17:30 — (Devrais écrire "travaille" mais qui s'en soucie).

Autant pour le plaisir de me retrouver au milieu des gens à nouveau !

Je me trouvais dans la salle des professeurs tout à l'heure, m'occupant de mes affaires, écrivant un peu, lorsque Pomona, enhardie, s'exclama :

'C'est quoi ce livre dans lequel vous êtes toujours occupé à gribouiller, Severus ?'

Il y avait un certain nombre de choses susceptibles de m'offenser contenues dans cette observation. Jamais de toute ma vie ai-je gribouillé. Je n'appréciais pas non plus qu'elle mette son nez dans mes affaires ; surtout quand, au vu du nombre de têtes tournées vers moi, elle n'était pas la seule à attendre ma réponse. Dans quel monde vivons-nous si un homme ne peut même plus écrire dans un carnet sans subir une inquisition !

Je m'apprêtais à répondre, benoîtement, que ce carnet me servait à répertorier des idées concernant mes recherches, lorsque Minerva déclara tout bêtement :

'C'est son journal.'

Après un moment d'un silence stupéfait, Pomona laissa échapper un petit rire. 'Son journal ?' Elle me regarda avec surprise. 'Vous avez un journal intime, Severus ?'

Minerva ferait bien de faire attention à ses arrières — c'est tout ce que j'ai à dire.

'Oui,' répondis-je avec raideur.

'Qu'avez-vous écrit à mon sujet ?' demanda Pomona avec impatience. 'Je tremble rien que d'y penser !'

'Avez-vous donné un nom à votre journal, Severus ?' intervint ensuite Rolanda. 'Ou commencez-vous avec un bon vieux "Cher journal" ?'

Ils se mirent tous à glousser. Ils se croient drôles, pas vrai ? Minerva me fit la grâce de paraître honteuse, mais même lorsqu'elle dit 'Arrêtez de le taquiner,' je pouvais voir qu'elle mourrait d'envie de rire.

La situation ne m'amusait pas du tout ; évidemment. Et j'aurais légitimement été en droit de quitter la pièce, ou de faire honte à Minerva, en particulier, pour avoir rabaissé ce qui était devenu un exercice lorsque j'avais grand besoin d'autoréflexion.

Cependant, je me moque suffisamment d'eux pour être préparé à l'accepter en retour.

Pour l'instant.

Mardi 22 Novembre

12:30 — Potions.

Nous y voilà. Ma première retenue a été dispensée.

Ce n'est pas trop tôt. J'ai un nombre croissant de chaudrons sales à nettoyer.

Je savais que ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne tentent leur chance. J'ai surpris un Gryffondor qui se goinfrait de Fizwizbiz lorsqu'il croyait que je regardait ailleurs. Je me faufilai derrière lui et il me sembla qu'il avait la moitié du stock de Honeydukes sur les genoux.

'Retenue pour vous, Stevens !' lui sifflai-je à l'oreille.

Il sursauta et envoya des Fizwizbiz voler dans toute la classe.

'Ramassez-les ; jusqu'au dernier.'

Il se retrouva à quatre pattes durant au moins un quart d'heure, car les Serpentards n'arrêtaient pas d'envoyer valser les bonbons à l'autre bout de la salle.

Accidentellement, vous comprenez.

Samedi 26 Novembre

9:30 — Bureau.

Weasley le Branleur est arrivé. C'est drôle — je ne crois pas qu'il avait réalisé que j'étais de retour à Poudlard, bien que simplement en remplacement. Je crois qu'il commence à penser à moi comme à son tourmenteur personnel, qui apparaît régulièrement aux moments les moins opportuns. Bien.

Quoiqu'il en soit, il a eu des hordes de gamins émerveillés dans les jambes toute la journée, et l'idiot adore ça, j'en suis sûr.

Je déteste les gens qui veulent se faire mousser.

Et Minerva continue de chuter dans mon estime, je suis navré de l'admettre. Elle m'a beaucoup déçu, je dois l'avouer.

Elle s'est levée ce matin durant le petit déjeuner et s'est lancée dans un discours certes court, mais flagorneur, à l'adresse des enfants concernant l'honneur que c'était d'avoir un ancien élève aussi illustre dans nos murs. Lorsque l'expression 'un modèle' a passé ses lèvres, j'ai été tenté de me lever et de les planter là tous autant qu'ils sont.

Je réalise bien sûr que nous ne vivons plus des temps aussi sombres qu'il y a quelques années, mais n'y a-t-il personne d'autre que Weasley qui mériterait d'être applaudi ? Adultère mis à part, tout ce qu'il fait est poser ses fesses sur un balai et essayer d'attraper quelques Souafles. Est-ce vraiment un motif d'admiration ?

C'est tout ce dont le monde magique a besoin, n'est-ce pas ? Toute une génération d'enfants rêvant de ressembler à Ronald Weasley.

Ce n'est pas bon ; je vais devoir me traîner jusqu'à Pré-au-Lard après le dîner, et ce jusqu'à ce qu'il soit parti, autrement je ne sais pas ce que je suis capable de faire.

Pour l'instant, je préfère rester caché dans les donjons. Pour le bien de Weasley.

18:30 — Donjons.

Aller à Pré-au-Lard était une énorme erreur.

Oh Merlin. Une erreur de première catégorie.

J'étais assis à la Tête de Sanglier, buvant une pinte, regardant par la fenêtre sans but particulier, lorsque je vis Hermione Granger marcher le long de la grande rue et disparaître chez Derviche et Bang.

J'ai honte d'admettre que j'étais debout avant même d'avoir eu le temps d'y réfléchir. Et il est rare que je laisse une pinte aux trois-quarts pleine derrière moi, c'est moi qui vous le dis. Je me suis retrouvé dans la rue, incertain de ce que je voulais faire précisément.

Je contemplais, comme toujours, la possibilité de me cacher et de prétendre que je ne l'avais pas vue, lorsque j'aperçus Weasley, venant du château, qui se précipitait à travers le village. Avait-il également repéré Granger ?

Je me retrouvai sans trop savoir pourquoi au milieu de la route et sur son chemin. L'expression de Weasley s'assombrit et il ralentit. Je pense qu'il avait l'intention de m'ignorer, ce qui était sans doute une bonne idée, en y repensant, mais je n'allais pas le laisser me dépasser sans rien dire.

'Weasley,' dis-je, avec peut-être un brin de menace.

Il s'arrêta en face de moi et croisa les bras dans un geste à la fois défensif et légèrement menaçant.

'Qu'est-ce que vous voulez, Snape ?'

Je ne dis rien.

'C'est quoi votre problème ? Qu'est-ce que vous voulez en fait, hein ? Son regard glissa sur Derviche et Bang et une lueur de compréhension passa sur son visage. 'Mon ex-femme, peut-être ?'

Ah. J'étais un peu pris de court, pas vrai ? Avant que je puisse formuler une réponse, il ricanait d'un air sombre.

'Vous pensiez que je n'avais rien remarqué, hein ? Oh Merlin ; vous vous êtes mis dans un sacré merdier cette fois ! Est-ce que vous pensez sincèrement qu'Hermione pourrait s'intéresser à vous ?'

'Pourquoi ne vous contentez-vous pas de—'

'De quoi ?' m'interrompit-il bruyamment. 'Pour dire la vérité, je suis désolé pour vous, Snape. Je veux dire, c'est vraiment stupide d'être tombé dans le même piège deux fois de suite, vous ne croyez pas ?'

Il fit mine de me dépasser et eut même l'effronterie de cogner mon bras au passage ; je fus incapable de résister. J'étais si furieux que je l'attrapai par le col de sa robe de Quidditch ridicule et que je le traînai en arrière jusqu'à ce qu'il soit de nouveau face à moi.

'Comment osez-vous me parler comme ça, espèce de fumier.'

Il se libéra de mon étreinte et, en voyant sa baguette, je réagis instantanément. Une seconde plus tard, Weasley était allongé sur le sol, hum, absolument et sans doute aucun stupéfixé.

Whoops.

Qu'allais-je bien pouvoir faire de lui ? Je considérais l'idée de le faire léviter jusqu'à une des ruelles désertes, afin de le laisser hors des regards jusqu'à ce que le sort perde ses effets, lorsque la sonnette de Derviche et Bang retentit, signalant l'arrivée ou le départ d'un client.

Je sus sans même me retourner de qui il s'agissait, aussi sûrement que je connais mon propre nom.

'Severus !' s'exclama-t-elle avec surprise, me contournant pour me regarder. 'Que — Ron ?' s'exclama-t-elle soudain, fixant la forme figée de son ex-mari. 'Qu'est-ce qui s'est passé ici ?'

Je la regardai s'agenouiller pour tourner Weasley sur le dos, réussissant, par ce geste, à me faire bouillir les sangs.

'C'est vous qui avez fait ça ?' demanda-t-elle, me regardant avec un froncement de sourcils incrédule.

Si l'on considère que je me tenais là avec ma baguette à la main, il me semblait qu'elle aurait pu sembler plus sûre d'elle dans son affirmation que cela.

'Cela se pourrait,' marmonnai-je.

Je ne pouvais pas supporter cela plus longtemps. Je les contournai tous les deux et me dirigeai vers le château. Elle pouvait rester avec son précieux Weasley ; ça m'allait très bien.

Cependant, je n'eus le temps de faire que quelques pas avant de l'entendre m'appeler :

'Euh, excusez-moi, mais vous ne pouvez pas juste figer les gens quand ça vous chante !'

Je fis une halte et me retournai, prêt à lui dire que je peux bien figer qui bon me semble ! Sauf que je découvris qu'elle avait abandonné Weasley pour me courir après. Elle ne s'était même pas donné la peine de lui lancer un Enervatum.

Plus important encore, elle se retenait visiblement de sourire en se mordant la lèvre.

'Alors qu'est-ce qu'il a fait pour mériter d'être stupéfixé ?' demanda-t-elle ensuite.

J'étais plaisamment surpris par ce retournement de situation. Je m'attendais à ce qu'elle se donne de grands airs en m'expliquant à quel point ce que j'avais fait était mal. Malgré tout, je pouvais difficilement lui expliquer le raisonnement qui avait provoqué mon courroux sans trop en révéler. 'Il existe ; n'est-ce pas une raison suffisante ?' dis-je à la place, ce qui, à dire vrai, n'est pas si loin de la vérité.

Elle ne dit rien, se contentant de me regarder pendant un long moment. Je n'étais pas sûr de savoir quoi penser de cette évaluation, mais, malheureusement, le fait que je venais d'attaquer Ronald Weasley au beau milieu de Pré-au-Lard me laissait un peu sur la défensive, aussi ai-je peur que mon expression ne soit devenue légèrement butée.

'Eh bien... Je devrais y aller et annuler le sort...' Ses mots se trouvaient en contradiction avec ses actions, car elle resta plantée là. Je commençais à me sentir un peu mal à l'aise, aussi tentais-je de détourner son attention de ma personne.

'Ah, Granger — Weasley commence à attirer l'attention.'

Je désignai d'un coup de menton la scène derrière elle, et elle se retourna pour voir plusieurs personnes qui entouraient Weasley avec inquiétude.

'Oh !' s'exclama-t-elle, courant de nouveau vers le haut de la rue.

Comme à regret, je me dirigeai de nouveau vers le château, en me demandant si Weasley lui raconterait précisément comment il s'était retrouvé au sol. Je ne pense pas qu'il lui donne les détails de la scène. Ce ne serait pas dans son intérêt, après tout.

Ce qui est dans son intérêt, cependant, serait de faire croire qu'il ne m'avait en aucun cas provoqué. Eh bien, je lui souhaite bien de la chance, car visiblement Granger ne le croira pas. Ha !

Je l'espère, en tout cas.

23:00 — Bureau. Légèrement saoul.

Je pense... Non, je suis à peu près sûr que j'aimerais revoir Granger.

Bah. Suis-je pathétique à ce point ?

Il n'y a vraiment qu'une option qui s'offre à moi, vraiment, parce qu'il n'y a aucune chance que je trouve un jour l'impulsion de l'inviter à sortir ! J'ai envie de mourir rien que d'y penser.

Je crois... Oui, je suis à peu près sûr qu'il va falloir que je lui demande de m'apprendre à conduire.

! ! ! !

Je cherche les ennuis, je sais.

Je lui enverrais une lettre lui demandant son aide pour apprendre la façon légitime de conduire une voiture.

Hmm... où est mon parchemin ?

Je suis pratiquement sûr qu'elle suggérera en retour que nous fixions une sorte de rendez-vous, et ainsi mon but aura été atteint sans avoir à révéler une seule carte, et encore moins tout mon jeu !

Je suis trop rusé pour mon propre bien, par moments.

23:45 — Volière !

Oh bon sang ! Comment puis-je être un tel abruti ?

Dès l'instant où le hibou s'est envolé avec ma lettre pour Granger, j'ai senti la froide et dure sobriété m'envahir et, avec elle, le regret d'avoir agi aussi hâtivement et sans réfléchir. Non ! Je ne veux pas la voir ! Je ne veux pas de ses leçons ! Je ne veux pas me compromettre encore plus !

Je me suis même penché par-dessus le parapet dans une tentative de rattraper le hibou. Pas de chance. J'ai sorti ma baguette, prêt à lancer un Accio sur le hibou, mais...

Il me restait juste assez de bon sens pour réaliser que dire 'Accio hibou' aux alentours d'une volière constituerait une énorme erreur de jugement.

Pourquoi n'ai-je pas attendu qu'il fasse jour ? Quel genre d'imbécile décide d'accomplir une pénible marche jusqu'à la volière, au milieu de la nuit, pour envoyer un lettre demandant des leçons de conduite ?

Un imbécile qui a sifflé un peu trop de whisky, voilà quel genre.

J'espère seulement que le hibou n'arrivera pas chez Granger avant une heure civilisée.

Je n'arrive même pas à me souvenir précisément de ce que j'ai écrit dans la lettre... Oh Merlin.

Je ne vais pas bien dormir cette nuit ; de cela au moins je peux être certain !


(1) Apparemment le Yorkshire est parfois surnommé 'God's Own County.' Ne me demandez pas pourquoi, je n'en ai absolument aucune idée.

Et puisque c'est mon premier post de 2012, bonne année à ceux qui passent par là :)

Les commentaires ne sont pas obligatoires, mais sont grandement appréciés... Novembre a mis un peu de temps à arriver mais pour ma défense j'ai été malade comme un chien pendant trois longues semaines.

Quoiqu'il en soit, j'espère que ce chapitre vous a plu. Plus qu'un, que j'espère ne pas mettre trop de temps à traduire !