Auteur : Fire Serendipity
Bêta-lecture : Lyly u
Genre : Romance, threesome, humour
Disclaimer : Rien à moi, tout à Square Enix. Mon seul profit là-dessus réside dans vos reviews, plus que bienvenues.
Pairing : RAR (Moi aussi, je me serai laissé avoir !)
Chapitre 2 : Mon ami, mon amant
Tout le monde est là? J'aime autant vous prévenir, c'est le moment où l'histoire devient "enfants non admis". Si vous êtes là avec vos bouts de chou je vous conseille de les ramener à la maison. Ou de leur couvrir les oreilles, mais ils vont s'ennuyer sec alors…
Pas d'enfants dans l'assistance? Okay, très bien, alors je reprends. Je vous parlais de Reno. Mon coloc' beau à se damner. J'suis pas concerné mais il en a brisé des cœurs, le salaud…
Mais j'ai plein de trucs à vous expliquer.
Je suis dans la cuisine, je prépare le café. Notre élixir sacré du matin. On est tous les deux accros au café, c'est pour ça qu'on est minces comme des clous. On en boit des litres donc on n'a pas faim. Relation de cause à effet : pas manger égale pas grossir. CQFD.
Ça sent bon, le café. La machine glougloute tranquillement. Reno et moi sommes amis depuis le collège. On s'est connus dans la cour de récré, et notre amitié est née d'une curiosité mutuelle qui n'était pas due au hasard.
Disons qu'à force de s'entendre demander l'un et l'autre « Comment il s'appelle ton frère ? », sachant qu'on n'en a pas, ni lui ni moi – on a des sœurs – on a fini par avoir envie de savoir. C'est vrai que la ressemblance peut porter à confusion, et pourtant. Nous n'avons aucun lien de parenté.
Heureusement d'ailleurs… Ah, ça suffit, c'est dégueulasse !
Nous sommes devenus copains comme cul et chemise en moins d'une semaine. C'était comme d'avoir trouvé l'âme sœur, mais pas dans le sens romantique. Notre adolescence à été rythmée par toutes nos découvertes et toutes nos premières fois. On a tout fait ensemble. Et quand je dis tout, c'est vraiment tout. Même ce à quoi vous pensez, bande de vicelards.
On a couché ensemble pour la première fois quand j'avais seize ans et lui dix-sept. Jouez pas les offusqués, nous savons très bien vous et moi que c'est pour ça que vous êtes là.
Bien sûr, on a fait les quatre cent coups, ensemble, et non, pas que ces coups-là. Vous êtes vraiment graves. Enfin bon, il y a de quoi, aussi. Soit. On a fait plein de conneries, en tout cas. On s'est bien éclatés. On a même passé quelques nuits au cachot, quand a eu l'âge de se faire arrêter. Une fois, on nous a même pris pour des terroristes… Les flics nous avaient braqués avec leurs flingues et tout… On s'était introduits dans un terrain vague pendant la nuit. On avait une petite radio à piles – c'était y a dix ans, vous vous rendez compte ? Comme le temps passe vite ! – et on s'était posés sur un tas de sacs de ciment pour regarder les étoiles et la lune – à l'époque, la pollution avait pas encore caché le ciel. On était donc en train de se rouler des patins, tranquille, quand on a soudain été éclairés par des phares braqués sur nous et on a entendu qu'on nous gueulait dessus.
Ah ! J'vous arrête tout de suite. Reno et moi, on a jamais été ensemble. C'est juste qu'on a jamais vu l'intérêt de se priver. Si on était célibataires, on faisait de mal à personne alors on en profitait. C'est tout.
Donc on a fait un bond sur nos sacs de ciments. Y avait une voiture à la grille du terrain vague, et des fics qui se glissaient par là où en étaient entrés. Ils gueulaient « posez-votre arme ! ». On était sur le cul, je me demandais à qui ils parlaient, puis quand il est devenu évident que c'était à nous, j'ai cherché de quoi ils parlaient. Puis j'ai pigé. Reno tenait la petite radio à la main, l'air aussi sonné que moi.
Le méga malentendu. Une fois qu'ils ont eu compris que c'était ni un flingue ni une bombe, ils nous ont confisqué la radio et embarqués au poste, menottes aux poignets et tout !
Je pense qu'ils s'étaient rendu compte de leur méprise et qu'ils en ont rajouté des tonnes pour éviter le ridicule. On avait rien à faire là, c'est vrai, mais de là à nous menotter et à nous foutre au trou… J'crois aussi qu'ils nous avaient vus nous embrasser et qu'ils ont eu envie de nous punir un peu. Reno dit même qu'il en a entendu un nous traiter de tapettes. J'm'en rappelle pas mais je le crois.
Cette nuit au trou, c'est un putain de souvenir. Ça craignait un max mais quand même… On s'est dit que c'était cool d'avoir vécu ça ensemble. Faut faire des conneries quand on est jeune, ça forge le caractère.
Reno et moi, on a beaucoup de caractère.
Les autres fois où on s'est fait serrer par les flics, c'était pour ivresse sur la voie publique. On s'était fait tout un jeu de les scandaliser au dernier degré en se roulant la pelle de l'année à chaque fois qu'ils venaient nous contrôler. Une fois, il y en a même un qui nous a souri et nous a simplement sermonnés… Je crois bien qu'il était gay.
On a pas fait que se torcher la gueule et se faire coffrer, évidemment. On s'est fendu la gueule comme des bêtes, mais on a vécu des histoires d'amour chacun de notre côté pendant notre adolescence. Relation de cause à effet, de nouveau, on a été malheureux chacun de notre côté. On s'est consolés ensemble des tas de fois. On ne s'est jamais blessé l'un l'autre parce qu'on est jamais tombés amoureux l'un de l'autre. On se l'était juré, et on n'a jamais trahi cette promesse. On s'est engueulés qu'une seule fois dans toute notre vie, le jour où je me suis rendu compte que j'avais la syphilis.
On n'a jamais réussi à savoir lequel de nous deux l'avait refilée à l'autre. On se rejetait la faute – ou plutôt on rejetait la faute sur nos ex respectifs, et comme on était encore bien mordus tous les deux, on s'est battus. Il s'en est sorti avec un œil au beurre noir et moi avec quelques égratignures une lèvre méchamment fendue. J'ai encore une cicatrice – quand j'étire les lèvres, il y a une fine ligne blanche qui apparaît au-dessus de ma canine inférieure droite. J'ai toujours eu les dents très pointues.
On s'est vite rendu compte qu'on se conduisait en parfaits crétins, à s'embrouiller comme ça pour des gens qui n'en avaient rien à foutre de nous, qui nous avaient laissé tomber alors qui lui et moi on avait toujours été là l'un pour l'autre. On s'est écroulés en larmes dans les bras l'un de l'autre et on s'est retrouvés au pieu – on était contaminés tous les deux de toute façon. Entre deux baisers au goût de sang on s'est murmuré que notre amitié était plus précieuse que tout et juré encore une fois de ne jamais tomber amoureux l'un de l'autre.
On s'est fait tatouer en sous-marin, le même jour. Quand je suis rentré chez moi avec les pansements, j'ai bien cru que mes parents allaient me dévisser la tête. Ils m'ont privé de sortie pendant deux mois. Reno a eu droit au même traitement, plus une solide gifle de son père. Il m'a dit ce soir là, par SMS, que la pommette qui avait réceptionné la paternelle mandale avait méchamment enflé, deux fois plus que l'autre, et qu'il craignait que le coup n'ait éclaté l'encre sous sa peau. Je me rappelle qu'il a angoissé pendant des jours, jusqu'à ce qu'on puisse enlever les pansements et enfin voir le résultat. Il croyait qu'il allait être défiguré. Finalement, ses marques sont aussi nettes que les miennes.
On a fait tellement de conneries que je pourrais vous raconter des anecdotes pendant des heures. Ma sœur Cissnei, était folle de lui et elle le lui avait dit, il y a six ou sept ans. Et Kairi, la sienne, m'avait aussi fait une déclaration super mignonne. On avait eu du mal à garder notre sérieux, surtout que ça s'est produit à une semaine d'intervalle à peine. Mais bon, c'est moins difficile de repousser une fille parce qu'on est gay que parce qu'on ne l'aime tout simplement pas. Surtout qu'on se sent comme des grands frères pour la sœur de l'autre, on se connait depuis tellement longtemps. Nos deux familles semblent parfois ne plus en former qu'une grande. Nos parents et nos frangines sont amis. C'est cool.
On s'est installés ensemble quand j'ai commencé à travailler, il y a trois ans. Je sortais de l'école hôtelière et Reno bossait depuis quelques mois dans sa boîte d'aujourd'hui. On a choisi l'appart parce qu'il était grand, et on s'est éclatés à le customiser. Vous auriez dû nous voir, quand on a peint le salon… Des pures andouilles. Le plancher en porte encore les marques sous la moquette gris souris.
- Yo, Ax.
Je me tourne vers la porte de la cuisine. Voilà l'intéressé, qui vient faire son pèlerinage matinal à la Fontaine Magique. Il porte déjà son costume, son col pas boutonné et sa cravate noire passée autour de son cou mais pas nouée. Il est en train d'attacher ses cheveux, ses inévitables lunettes de moto * relevées sur la tête. Elles ont aussi leur histoire, ces lunettes. C'est celles de son père quand il était jeune – enfin, une paire qu'il avait achetée mais presque jamais portée. Je préfèrerais quand même qu'il porte un casque…. Mais bon, j'suis pas sa mère, hein ?
- Salut, mec. Café ?
Question purement rhétorique.
- Merci.
J'ouvre le placard et en sors deux tasses dépareillées. Je verse le liquide brûlant, ajoute le sucre et ouvre le frigo. Je me penche pour prendre la bouteille de lait dans la porte.
- Ce pantalon te faire un cul d'enfer.
Je sens sa main qui glisse autour de ma taille et que vient me caresser l'aine. Je repose la bouteille et me redresse.
- Tu fais quoi là, exactement ?
Ses mains remontent sur mon ventre et viennent caresser mon torse tandis qu'il me plaque contre lui.
- Tu préfères pas savoir, il me glisse à l'oreille, mutin, avant de se mettre à mordiller ma nuque.
Je tressaille. Tout mon corps s'émeut. Il me connaît trop bien pour mon propre bien... Je regarde l'heure, pense à mon uniforme – le dernier propre et repassé, l'ultime rempart qui me sépare de l'Ennemi (la lessive) puis je prends ma décision. Je me retourne vers lui et je m'attaque à la ceinture de son pantalon.
- T'as dix minutes, après j'y vais. Et froisse pas mes fringues.
Il me sourit avec son air de sale gosse content de lui.
- Sur la table ?
- Sur la table.
Il me soulève et m'assied sur la table de la cuisine. Vous vous rappelez les voisins traumatisés ? Voilà l'explication.
J'écarte les jambes pour qu'il se rapproche et le laisse me débrailler.
Je vais encore être en retard, putain…
R°A°R
* lunettes de moto : Je suppose qu'à l'origine ce sont plutôt des lunettes pour piloter un hélicoptère mais c'était pas simple à placer dans l'histoire.
