Auteur : Fire Serendipity

Bêta-lecture : Lyly u

Genre : Romance, threesome, humour

Disclaimer : Rien à moi, tout à Square Enix. Mon seul profit là-dessus réside dans vos reviews, plus que bienvenues.

Pairing : RAR (Moi aussi, je me serai laissé avoir ! )

Note de l'auteur : Y a un poll sur l'histoire dans mon profil ! Si vous l'avez pas encore fait ça me ravirait que vous y répondiez !

What can I say?

I don't want to play anymore

What can I say?

I'm heading for the door

I can't stand this emotional violence!

Leave in silence

Leave in silence…

(Depeche Mode 'Leave in silence')

Chapitre 8 :Tomber sept fois, se relever huit

En me réveillant ce matin, j'avais pas envie de me lever. Déjà, j'étais pas frais – pas assez dormi, et pas franchement d'un sommeil qu'on pourrait qualifier de réparateur, 'voyez ? J'avais encore un reliquat de migraine qui m'a toujours pas lâché, aussi. Et puis j'étais bien là. Au chaud, dans les bras de Reno, à savoir le froid qu'il faisait dehors. A penser à la journée que j'allais devoir affronter. J'étais exténué d'avance.

Mais faut avancer, aussi. Pas se morfondre. Et pour ce qui est de mettre des coups de pied au cul, vous trouveriez jamais mieux que lui. Il m'a forcé à me lever, forcé à m'habiller, forcé à avaler deux tasses de café et forcé à sortir. Le moins qu'on puisse dire c'est que le froid a fini de me réveiller complètement. Heureusement d'ailleurs parce que connaissant Reno comme je le connais, il m'aurait botté le cul jusqu'ici pour que je vienne travailler, quitte à ce que mes yeux sortent de mes orbites. C'est un truc qu'il aime bien dire… « Si tu continues » (par exemple) « j'vais te botter le cul tellement fort que tes yeux vont jaillir de tes orbites et que tu seras bien obligé de te bouger pour aller courir derrière ». Il est poète, c'est dingue…

Sur le pas de la porte, il m'a serré dans ses bras avant que je ne parte, et il m'a dit qu'il serait toujours là quand j'aurais besoin de lui. Je le sais, je l'ai toujours su, mais ça m'a quand même fait du bien de l'entendre. Je mérite pas un ami pareil.

En attendant, la journée passe comme dans un brouillard – heureusement que Tidus est là. J'ai cassé deux verres, déréglé la machine à café en la nettoyant et j'ai été obligé de m'enfermer pendant cinq bonnes minutes dans les chiottes pour éviter de fondre en larmes devant toute la clientèle parce que Tidus m'a demandé de presser un jus d'orange pour la sept. Une journée infernale. J'ai passé la moitié du temps à penser à comment je réagirais si Roxas entrait, et l'autre à m'efforcer de ne pas y penser. J'ai la tête comme un seau.

Quand je rentre, l'appart' est vide. C'était ma journée courte de la semaine, alors j'essaye de m'occuper. Je prends un bouquin, et je le referme cinq minutes plus tard après m'être rendu compte que j'avais relu six ou sept fois le même passage et que je n'avais rien saisi. De toute façon, j'aime pas lire. Ça c'est le truc de Reno, pas le mien. Je me lève pour prendre la manette de la console mais le temps que je me rasseye dans le divan, l'envie de jouer s'est envolée et je l'abandonne sur la table. Finalement, je vais dans la boîte à pharmacie, je gobe deux aspirines avec un reste de café froid de ce matin et je vais me taper dans le lit de Reno. Je m'enroule dans l'édredon, j'enfonce mon visage dans son oreiller. J'inspire à fond. Ça sent lui, et ça me rassure. Parce que ça me prouve d'une certaine façon que je ne rêve pas qu'en fait je n'suis pas seul, ça prouve qu'il y a bien quelqu'un qui va rentrer. Je reste blotti en boule dans les couvertures. Le cocon moelleux se réchauffe lentement, et je finis par m'endormir.

Reno me réveille quelques heures plus tard. J'me sens reposé, j'ai plus mal à la tête. Je m'excuse d'avoir squatté son lit et puis je lui demande depuis quand il est rentré.

- Une demi-heure, il me répond. J'ai déjà mis dix minutes à m'apercevoir que t'étais là. T'as faim ?

- Ouais.

On mange un morceau, puis la soirée est un peu une répétition de ce qui s'est passé hier, les larmes en moins – et c'est très bien parce que j'en ai marre d'avoir les yeux qui brûlent et la tête lourde. Je me vautre dans ses bras, on regarde la télé jusqu'à l'heure d'aller se coucher. J'ose pas lui demander si je peux encore dormir avec lui, par contre, mais il me suit dans ma chambre, se couche avec moi et me reprend dans ses bras. Je m'endors presque tout de suite, malgré ma sieste de cet après-midi. J'essaye d'ignorer les battements de mon cœur quand je me blottis contre lui. J'suis sûr que ça va finir par passer.

Les jours passent et se ressemblent. Je vais travailler, je travaille, je rentre à la maison, je passe mes soirées avec Reno et je dors avec lui. Ces derniers temps, j'avoue que j'ai un peu envoyé les Règles voir ailleurs si j'y suis. J'en ai trop besoin. Ça fait cinq jours, maintenant, et j'me sens presque bien. En fait, quand j'y repense, je me demande pourquoi j'ai réagi aussi violemment. Parce que sans déconner, j'ai vécu l'Enfer pendant vingt-quatre heures. J'avais l'impression que ma vie était finie, quoi ! Ma réaction a probablement été un peu excessive…

Bon d'accord. Plus que probablement. Et pas juste un peu.

L'autre soir, chez nous, j'ai demandé son avis sur la question à Reno et il m'a répondu en me posant une autre question. Il m'a demandé à quand remontait la dernière fois que j'étais tombé amoureux. Il a fallu que je réfléchisse une minute, parce que j'ai pas été amoureux d'Isa, alors j'ai dû remonter plus loin.

En fait, plus loin, c'était il y a cinq ans, quand j'étais en apprentissage à l'école hôtelière, j'étais raide dingue de mon prof de cuisine… Hé, vous moquez pas ! Il s'est jamais rien passé, déjà, il était marié – en tout cas, il portait une alliance – et en plus, je passais tellement de temps à soupirer après lui et à le regarder au lieu d'écouter ses cours que j'avais des notes épouvantables et du coup, il m'aimait pas beaucoup et il faisait que m'engueuler… Résultat des courses, aujourd'hui, si je suis capable de faire cuire un steak, faut pas essayer de me préciser saignant, bleu ou bien cuit, parce que je serais incapable de vraiment cuisiner même si ma vie en dépendait. D'où les pizzas, vous voyez ? Quant à Reno, c'est pas pendant ses stages de commercial qu'on allait lui apprendre à préparer à bouffer… Enfin, soit, c'est pas le sujet.

J'ai donc répondu à Reno que ça remontait à mes dix-huit ans et il m'a dit que c'était normal, que ça faisait tellement longtemps que ça m'était plus arrivé que je le vivais comme si c'était ma première déception amoureuse. Enfin, il a pas formulé ça comme ça, dans sa bouche, ça donnait plutôt un truc dans ce genre : « T'es tellement attardé sentimentalement parlant que t'as eu un coup de cœur et que tu réagis comme un gamin de dix ans qui vient de se faire envoyer sur les roses par son premier amour. »

Après, il m'a demandé si je me souvenais de mon premier amour. Bien sûr, il connaissait la réponse, mais on a discuté toute la soirée en évoquant des souvenirs qu'on connaît par cœur, ce qui n'enlève rien au plaisir de le faire.

J'ai pas pensé des masses à Roxas ces deux derniers jours. Encore heureux, vous allez me dire, et vous aurez raison. Ça me va très bien comme ça. Le seul truc qui m'embête, en fait, c'est qu'il habite pas vraiment loin de chez nous. Je pourrais très bien le recroiser par hasard et c'est rien de dire que l'idée n'm'enchante pas. Mes sentiments sont mitigés. La vérité, c'est que je lui en veux à mort d'avoir menti. Je crois que ce qui m'énerve le plus c'est de ne pas comprendre. Tout était si crédible, de son embarras quand je l'ai appelé à son appartement de célibataire – trop propre et net que pour être croyable. Il ressemblait trop à un de ces endroits où personne ne vit et qui ne sont qu'entretenus, et je crois que c'était ça. Il n'habite pas là. Mais quelle préparation ! Quel mensonge élaboré, quel soin apporté aux détails ! Et tout ça juste pour me mettre dans son lit ? Non… J'étais sûrement pas le premier et je serai certainement pas le dernier.

Et je repense au couple que j'ai vu. Ils avaient l'air tellement serein et heureux, leur façon de se tenir les épaules et de s'enlacer si naturelle qu'elle trahissait une longue histoire… J'ai de la pitié pour ce pauvre type qui doit avoir des cornes telles qu'il peut plus passer les portes et qui le sait sans doute pas… Et tout ce calcul qui se cache derrière son visage d'ange ! Un manipulateur faux et sans cœur. Oh, on lui donnerait le Bon Dieu sans confession, à Roxas ! Mais j'ai bien compris que c'est un vrai monstre à l'intérieur.

Oui, je suis mauvais. Mais quoi, ça me défoule ! Au fond il peut pas savoir ce que je pense, et si en penser pis que pendre me soulage, j'vais pas me priver ! Moi, ça me fait du bien et lui, ça lui fait pas de mal.

Je gratte une tache sur mon pantalon en buvant mon café. C'est la pause et je souffle un peu dans l'arrière boutique. L'Ennemi a sournoisement retenté une percée dans le courant de la semaine, mais j'ai étouffé ses velléités belliqueuses dans l'œuf. Je sais pas pourquoi, ça m'a soûlé d'avance de penser à la bataille acharnée qui nous attendait et pour la première fois de ma vie, j'ai mis en pratique ce truc que ma mère m'a répété depuis que je suis en âge de le comprendre : « Il ne faut jamais remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même. ». Quand Reno m'a vu avec la corbeille dans les bras il m'a dit une connerie du genre « Qui être vous et qu'avez-vous fait à Axel Lee ? ». Mais bon, le panier à linge est vide et le restera jusqu'à ce que je rentre à la maison et que j'y jette mon pantalon du jour sur lequel cette foutue tache de sauce tomate s'accroche. Et même s'il est venu faire mine de prendre ma température et de s'assurer que ma santé mentale n'était pas en danger, j'ai bien vu que ça lui faisait vachement plaisir. Tu m'étonnes…

- AXEL ! Y'a quelqu'un pour toi !

Je fais un bond sur ma chaise. Heureusement que ma tasse était vide… C'est Tidus, ça. Tout en finesse. J'espère qu'il y avait personne de cardiaque dans la clientèle parce que là, on risque de se retrouver avec un infar' sur les bras. Sur le beau plancher de la Taverne, ça ferait désordre… Enfin bon, ma pause est terminée, alors allons-y. Et puis au passage, j'emporte la vaisselle qui traîne dans le coin pour la mettre à la plonge, ça sera pas perdu…

C'était pas un bon plan, en fait. Le plateau chargé de trois verres, deux tasses et une assiette manque de m'échapper des mains quand je vois qui est ce « quelqu'un ».

Non mais sans déconner, quoi ! Qu'est-ce que c'est que ce mec ?

Je suppose que vous l'aurez reconnu, avec ses airs d'enfant de chœur et son fichu verre de jus d'orange pressée. Roxas dans toute sa splendeur, assis au comptoir et qui me regarde avec un grand sourire.

Je vais l'étrangler.

Non. On se calme. Je vais pas le tuer, juste… Je sais pas. En tout cas, pas question de me donner en spectacle sur mon lieu de travail. Ouais, c'est ça, c'est le bon état d'esprit. Zen. Je le casserai en morceaux plus tard.

- Salut, il me dit quand je dépose le plateau à côté de l'évier. Ça va ?

- Ça va.

Putain, j'ai l'impression d'avoir jamais entendu ma voix si froide. Je ferais geler un iceberg en soufflant dessus. Ah, ah. Et je lui rends pas la politesse, mais il a pas l'air de s'en offenser. Tidus est en salle, moi je suis préposé au bar aujourd'hui – c'est bien ma veine… Je commence donc à faire la plonge, avec ange-dehors-monstre-dedans accoudé sur le comptoir au-dessus de mon évier.

- Tu fais quelque chose après le travail ? Tu finis à dix-huit heures, c'est ça ?

Je lève les yeux de ma vaisselle pour le regarder, incrédule.

- Comment tu sais ça ?

Je cherche pas à masquer pas ma surprise, ni le fait que je trouve plutôt désagréable qu'il connaisse mes horaires. Qu'est-ce qu'il me veut, au bout d'un moment ?

- Je suis passé hier et ton collègue m'a dit que tu travaillais jusqu'à six heures du soir aujourd'hui.

Merci, Demyx ! Il a perdu une superbe occasion de la fermer, sur ce coup-là !

- Oui, je réponds sans aménité.

- Je vais t'attendre alors.

Et re-sourire éblouissant. Oh putain qu'il m'énerve ! Je vais me le faire. Après mon service. Je vais juste lui dire que je sais pas ce qu'il cherche mais qu'il compte pas sur moi pour le lui donner. Ça lui a pas suffit ce qui s'est passé entre nous ? Qu'est-ce qu'il veut de plus ? Il croit qu'il peut faire ce qu'il a fait comme ça et se pointer comme une fleur, la gueule enfarinée, et faire comme si de rien n'était ? Il a pas remarqué que je l'avais vu, ce soir-là, mais même sans ça ! Dix jours ! Dix jours sans un coup de fil et le voila qui se ramène la bouche en cœur comme si on s'était vus la veille ? Non, même si je savais pas ce que je sais, même si j'étais pas au courant qu'il a quelqu'un, je serais vert.

Il sait pas dans quoi il met les pieds. Il a eu tort de me mettre en colère, parce qu'il va me le payer. Très cher.

Reste juste à trouver comment.

- Ben Axel, tu fais des heures sup' ?

De quoi ?

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Il est quart, là.

Je regarde Tidus, incrédule, puis ma montre, et je tombe littéralement des nues. L'heure de travail qu'il me restait a filé à la vitesse de la lumière.

- J'attends que Dem' arrive. Je vais pas te jeter tout seul dans la fosse aux lions ! Je dis pour donner le change.

- Dem' travaille pas ce soir, je suis tout seul. Et puis tu sais, j'apprécie ta sollicitude mais niveau fosse aux lions, on a connu pire…

Mer-de. C'est vrai que c'est calme. Le monde entier est contre moi, aujourd'hui…

Une seconde plus tard – en tout cas on dirait, le temps vous donne aussi cette impression de piquer un sprint là ? – je me retrouve dehors avec Roxas. J'essaye de pas penser à quel point je peux le trouver beau malgré ma hargne.

- Je suis content de te voir, il me dit.

Sourire pêchu et regard limpide. Je le déteste.

- Je voulais venir plus tôt, mais j'ai dû partir à l'étranger pour mon travail et je ne suis revenu qu'hier. Et mon téléphone a un gros problème avec les appels internationaux, émis ou reçus, alors je n'ai pas pu te joindre.

C'est ça, j'te crois. Il ébauche un geste pour me toucher mais je recule et je continue de le regarder durement. Pour la première fois aujourd'hui, je vois une ombre passer dans son regard et il prend un air triste. Si je savais pas ce que je sais j'y croirais presque… Manque de bol pour lui, s'il y a bien un truc que je supporte pas, c'est qu'on me prenne pour un con. Et même son regard blessé, aussi convaincant soit-il, n'arrivera pas à calmer la brûlure dans mon ventre.

- Ecoute, je lui dis d'une voix neutre.

Pourtant Dieu sait que je suis pas neutre là. Je bous. Littéralement.

- Je sais pas ce que tu cherches ou ce que tu veux, mais compte pas sur moi. Jouer les briseurs de ménage c'est pas mon truc.

Il joue la surprise et l'incompréhension avec un art consommé : ses grands yeux s'écarquillent, ses lèvres s'entrouvrent, ses sourcils se haussent. Tout à coup, je trouve qu'il ressemble à une poupée, sans doute parce que son visage a l'air parfait – sa peau a l'aspect de la porcelaine, ses dents sont blanches comme des perles et le rose pâle de sa bouche et le bleu de ses iris semblent avoir été peints. C'est bon, tu peux arrêter ton cinéma muet puisque je sais.

- De quoi est-ce que tu parles ?

Sa voix tremble un peu. Il a l'air complètement à l'ouest. Merde, il est beau… et il fait trop bien semblant. Je me force à conserver mon ton tranchant en répondant.

- Je t'ai vu, dimanche dernier. Avec ton copain.

Il se passe une main dans les cheveux, l'air perdu, puis un truc change dans son regard.

- Oh, c'est pas vrai.

- Si. Je suis désolé mais je…

- Non, écoute. S'il te plaît… Je n'ai personne. Et dimanche dernier, j'étais à Londres. Je te promets que c'est la vérité.

Il mérite un oscar, parce que si je l'avais pas vu de mes yeux vu marcher au bras de ce type, je le croirais. Une partie de moi aimerait le croire mais je peux pas effacer le souvenir. Il s'est imprimé trop nettement dans ma mémoire.

- Roxas, je sais ce que j'ai vu. Même si ça me fait mal de le dire, je l'admets, personne ne peut te ressembler à ce point, et j'ai pas envie d'une histoire aussi compliquée ni de foutre la merde dans un couple. Pourquoi tu fais ça ? Vous aviez l'air bien ensemble, pourtant.

Je devrais sans doute pas me donner la peine d'essayer de comprendre, c'est lui le salaud dans cette histoire et c'est moi qui ai morflé, mais c'est plus fort que moi… Il a l'air super mal. Enfin il avait encore l'air super mal y a deux secondes, là, il a l'air résigné.

- Tu veux bien m'accorder une heure, s'il te plaît ? Une heure, et si après tu ne veux plus me revoir, alors je te jure que tu ne me reverras jamais.

Il me regarde droit dans les yeux. Comment c'est possible d'avoir cette expression d'une honnêteté limpide en soutenant un mensonge pareil ? Comment c'est possible qu'alors que j'ai vu la preuve qu'il ment, j'aie encore envie de le croire ? J'ai pas envie de me prendre la tête…

- Bon, d'accord.

S'il faut ça pour que me laisse tranquille… Rien qu'une heure et ce sera définitivement terminé. Il sort son téléphone de sa poche, il compose un numéro et il a l'air d'hésiter une seconde avant d'appuyer sur la touche verte.

Je compte mentalement deux sonneries avant qu'il se mette à parler d'une voix un peu bizarre.

- Oui, c'est moi… Oui… Je sais... Je sais, excuse-moi… Merci. Dis…

Il marque une courte pause et ferme les yeux, comme s'il rassemblait son courage.

- Ecoute, je sais que c'est un peu soudain mais tu es où, là ? Je voudrais te voir… C'est important… Je t'expliquerai. Tu es seul ? … Ah, dans combien de temps ? … D'accord. On peut peut-être tous se rejoindre dans le parc à côté ? … D'accord, je me mets en route maintenant. …Oui …Oui, toi aussi. A tout de suite.

Il raccroche et me regarde.

- Il y a quelqu'un que je voudrais te présenter.