Auteur : Fire Serendipity
Bêta-lecture : Lyly u
Genre : Romance, threesome, drama (je change le genre…)
Disclaimer : Rien à moi, tout à Square Enix. Mon seul profit là-dessus réside dans vos reviews, plus que bienvenues.
Pairing : RAR (Regardez bien l'ordre des lettres…)
Note : Voici les résultats du poll à présent clôturé. Un nouveau poll attends ceux qui lisent « And Burn We Will Until The Day We Die ».
Quel est le couple que vous préférez dans cette histoire ?
- Axel et Roxas. AkuRoku forever 3 *nosebleed* 10 » 62%
- Axel et Reno, bien sûr. Ils sont faits l'un pour l'autre! *kicke Roxas* 6 » 37%
- Reno et Roxas, je n'attends que ça. D'ailleurs, tu te grouilles d'écrire au lieu de faire des quizz à la con? *rictus de fou homicide* 0 » 0%
- Terra et Ven 8D Comment ça, c'est pas le sujet ? 0 » 0%
Remarques : L'AkuRoku triomphe malgré ce qui avait au début semblé être une unanimité en faveur de l'AkuNo. Notons le remarquable vautrage du RokuNo, mais quoi, ils vous plaisent pas ensemble ces deux là ? Oh, mais vous allez aimer, vous verrez… Vous aurez pas le choix, vous allez v…
* SBAF !*
Reno : Arrête, t'en dis trop.
Dédicace : Je dédie ce chapitre à Lady Von Ebstein qui m'a laissé les plus longues reviews de toute ma vie XD
Chapitre 15
Catwalk
You told me you're lonely
Can't hear you, can't feel you
I'm frozen in pose and
There's no way you move me
Watch me, dress me, can't impress me
I'm not changing, adjust
You can cry your eyes out of your head
Baby, baby, I don't care
You can cry, cry, cry again, again
My face like a mannequin
(Britney Spears 'Mannequin')
…Vous me haïssez, hein? Tout ce temps sans vous donner de nouvelles… Je suis une blatte, je sais, je…
- Axel, tu branles quoi?
Je me tourne vers Reno. Toujours aussi châtié, son vocabulaire…
- Je réfléchissais.
- Tu peux réfléchir en bougeant ? Parce qu'on va être en retard, là.
- Oui, j'arrive, public adoré…
- Ta cravate est nouée n'importe comment.
- Ben t'as qu'à le faire, alors.
- Mais volontiers.
Il est sept heures vingt, et le défilé commence à huit – en tout cas c'est ce qui est écrit sur les cartons d'invitation que Roxas m'a donné. Tenue un-peu-plus-que-correcte exigée – d'où la cravate. Il la dénoue et recommence le nœud, l'air concentré.
Ouais, je sais, vous attendez. Qu'est-ce qui s'est passé depuis la dernière fois, hein ?
Ma vie est de plus en plus bizarre sans pour autant avoir concrètement changé. Je vis toujours avec Reno, il est toujours amoureux de moi et on en parle pas. Ça a quand même l'air de lui avoir fait du bien de cracher le morceau. Après la soirée, la dernière fois – c'était il y a une semaine, je sais que pour vous ça a semblé plus long – il a dormi quinze heures d'affilée et il a l'air d'aller mieux. De temps en temps je capte un truc dans son regard mais ça dure jamais plus d'une seconde. Nos relations sont les mêmes, je m'efforce de rien changer.
Roxas a passé deux soirées à la maison, deux soirées extrêmement étranges. Quand on est tous les trois, l'entente est toujours aussi bonne et spontanée, mais y a un truc en plus, une espèce de tension difficile à définir. C'est entre eux deux et entre nous trois et je me remets toujours pas d'avoir vu Roxas l'embrasser sur la bouche spontanément, devant moi, comme s'il savait très bien que ça n'allait pas du tout m'embêter – mais comment il l'aurait su ?
J'ai l'impression permanente que quelque chose va se produire, un truc dans le même genre, et que cette tension c'est simplement l'attente. On est tous les trois en train d'attendre qu'il se passe ce truc. Mais quoi ? Et puis, où ça nous mènerait ? À part à rendre les choses encore plus compliquées ?
- Prends une veste, 'fait froid.
- Oui, maman…
- Dit celui qui meurt d'angoisse à l'idée de me savoir sans casque à moto.
- J'ai peur que t'aies un accident et qui tu finisses entre quatre planches ou hémiplégique. Je m'en tape si tu sors sans veste et que t'attrapes la crève.
- Cherche des excuses !
Roxas a laissé sa voiture, c'est moi qui conduis. C'est bien, parce que monter à moto derrière Reno, je sais pas trop, je me fais pas confiance vous voyez ? Me coller à lui comme ça, l'idée m'angoisse un peu.
Un des petits sapins pend au rétroviseur, comme toujours. Il en a sorti un au pomelo parce qu'il faut bien les utiliser.
On arrive sur place. L'endroit est très classe, avec un tapis vert foncé sur le trottoir devant. J'attends que Reno ait garé sa moto et il me rejoint. Je donne nos invitations au pingouin à l'entrée qui déchire un coin et nous les rend puis on entre.
Dedans, c'est encore plus rupin… c'est brillamment éclairé, y a partout des gens en tenue de soirée qui discutent et rient et boivent du champagne. Reno attrape deux flûtes sur le plateau d'un serveur qui passe par là et m'en tend une. Je me fais éblouir par le flash d'un appareil photo et je manque de la laisser tomber.
- Ben dis donc, il me dit. C'est quelque chose. Ça fait un peu festival de Cannes, un truc du genre, tu trouves pas ?
- Si, complètement.
Puis une fille vient nous accueillir et nous prendre les cartons d'invitation avant de nous guider jusqu'à nos places. Il y a un long podium qui s'avance comme un bateau dans son port entre une foule de rangées de chaises en bois-qui-coûte garnies de coussins en velours-qui-coûte-encore-plus. Le champagne est délicieux.
Je me sens comme un éléphant dans un jeu de quilles. Les seuls gens auxquels je me sente vaguement apparenté en tant qu'être humain, là, maintenant tout de suite, c'est les serveurs. Et Reno, mais lui il a déjà l'air un peu plus dans son élément. Je vais pas dire qu'il est habitué aux soirées mondaines, mais avec son boulot il lui arrive d'y participer, genre une ou deux fois par an.
Lentement, les rangées se remplissent. C'est plein de gens comme on en voit à la télé : des vieilles dames avec deux fois leur poids en diamants autour du cou, des femmes en robe de cocktail, des hommes en costume ou alors en tenues colorées avec petit foulard noué autour du cou et cheveux gominés… Bienvenue dans la Quatrième Dimension ! Y a même des photographes et des journalistes.
Reno regarde autour de lui en sirotant son champagne. Moi aussi, je bois le mien à mon aise, parce qu'après la murge que je me suis pris la semaine dernière je suis pas près de remettre ça… Rien que d'y repenser j'ai le cuir chevelu qui se crispe !
Au bout d'un instant, un gars fringué en clown s'avance sur l'es-
Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ? Comment ça, j'ai aucune sensibilité artistique ? Non mais j'vous emmerde ! Je suis peut-être homo, vous pouvez dire ce que vous voulez, pour moi, à partir du moment ou un ensemble combine trois couleurs criardes différentes, du vinyle et des paillettes, c'est un costume de clown, et lui il est pas triste. Sans mauvais jeu de mot.
Donc nous avons un artiste sur l'estrade maintenant, qui débite un speech auquel je pige pas un mot. Y a comme un truc qui me gêne depuis tout à l'heure mais j'arrive pas à mettre le doigt dessus. Je m'efforce de pas regarder Reno pace que je me doute qu'il doit fixer le type avec une tronche qui me fera péter de rire si je la vois. Rester zen et sérieux. Ils ont tous l'air vachement sérieux, les gens…
Puis l'artiste s'en va et les lumières s'éteignent. Une musique électronique punchy que je trouve bizarrement déplacée pour un truc du genre – mais bon, c'est pas comme si j'y connaissais quelque chose non plus… – envahit la salle, des projecteurs s'allument et se braquent sur l'estrade.
Une fille rousse s'avance, juchée sur des talons tellement vertigineux qu'à chaque pas tu paries mentalement qu'elle se pète une cheville. Mais en fait non, Rouquine et ses aiguilles à tricoter font une petite pause au bout du podium et se remballent dans les coulisses sans encombre. Dommage, ça aurait été marrant. Et puis là mon franc tombe, je sais c'est quoi le truc qui me gêne. Un défilé de mode. Un défilé de mode ! Qu'est-ce qu'on va se faire chier !
Une autre fille arrive, blonde et pâle, tellement maigre que ses genoux saillent au milieu de ses jambes. On dirait une campagne de sensibilisation sur les dangers de l'anorexie. Ça par contre, ça me fait pas rire. J'en ai l'estomac retourné.
Un autre squelette ambulant s'avance, et en plus ce qu'elle porte, une espèce de collant bleu électrique en dessous d'une minirobe à motifs psychédéliques migraineux, renforce encore cette impression. Ajoutez à ça sa tête de déterrée – pâle comme un cachet d'alka-seltzer, les joues creuses et je parierais sur de grands cernes noirs sous le maquillage – et il lui manque plus que la pancarte avec marqué « La drogue c'est mal ». Et Roxas bosse dans un milieu pareil ? Putain, il fait attention à ce qu'il mange mais ça…
Je me tourne vers Reno. Lui aussi, il a l'air mal à l'aise. Les gens autour de nous chuchotent leur approbation ou leur dédain, mais ils regardent pas ces pauvres filles, seulement ce qu'elles portent. Je trouve ça dégueulasse. Les flashes des appareils crépitent mais elles ont l'air de pas les voir. Leurs visages restent froids, leurs regards vides. Je veux pas voir Roxas sur ce podium.
Un douzième fantôme de femme vient faire son allée et venue sur l'estrade. Ses poignets sont tellement fins qu'on dirait que ses mains vont se détacher et tomber. Et puis c'est un homme qui s'avance.
Je suis soulagé en voyant qu'il est pas aussi maigre que les mannequins féminins. Il a des cheveux argentés et des yeux bleu-vert, et il tire une gueule de six pieds de longs. À chaque fois que je suis tombé sur un défilé de mode à la télé et que c'étaient des mecs qui faisaient leur show, j'ai été frappé par ça. On les paye à faire la tronche ? On dirait que ce visage a jamais souri de sa vie. Et ceux qui le suivent sont pareils. Il y en a qu'un qui a une étincelle dans les yeux, un brun aux yeux bleus.
Reno bouge sur sa chaise et son genou entre en contact avec le mien. Puis il reste là. Tout mon corps se tend et je sens mon cœur battre plus vite. J'ose ni bouger ni le regarder, alors j'essaye de me concentrer sur le défilé. C'est rien de dire que ça marche pas. On se ferait presque chier, et moi j'ai juste envie de le toucher. Je me mords les lèvres. Penser à autre chose, penser à autre chose, penser à – héééééé mais il met sa main où lui ?
… Ouais, bon, ok, sur son genou. Mais du coup elle touche aussi le mien. Putain, vivement que ça se termine…
La musique change. Là, je reconnais. C'est du violon, l'instru de « Everything's Gonna Be Alright ». Et puis Roxas arrive enfin.
Dans un bel élan synchrone, Reno et moi en se redresse et on se penche en avant. Le contact entre nous est rompu mais c'est à peine si je m'en aperçois.
Roxas porte des vêtements faits d'un tissu qui doit être du lin – mais encore une fois, j'y connais rien – couleur crème. Un manteau cintré à col mao, fermé devant mais fendu des deux côtés jusqu'à la taille, et dont le bas flotte autour de ses chevilles, au dessus d'un pantalon droit fait de la même matière. Il marche sur le podium jusqu'au bout avant de s'arrêter une seconde.
Il n'a rien à voir avec tous ceux qui sont passés avant lui. Son regard vit, même si son visage est neutre, et sa démarche à quelque chose d'impérial. Puis il pivote sur lui-même, et les pans du manteau tourbillonnent autour de ses jambes, et il repart dans les coulisses.
Les lumières se rallument. Il était le dernier, apparemment. Tout le monde se lève en discutant, on les imite, pas fâchés que ce soit fini. Franchement, c'était nul. Sauf la fin.
- Tu m'étonnes que Monsieur était fier ! S'exclame Reno en s'étirant, pendant qu'autour de nous la foule se disperse en bourdonnant.
- T'as vu ? Le clou du spectacle, rien que ça !
- Je m'attendais à ce que ça dure plus longtemps que ça…
- Tu vas pas te plaindre quand même ?
- Ah, non… ça c'est clair que non. Bon, on fait quoi maintenant ?
- Ben je suppose qu'il va venir ici. Il va pas rester en coulisses maintenant, je suppose… Peut-être juste le temps de se ch –
- OH MON DIEU !
Aaaaah !
Heureusement que j'ai pas de coupe de champagne en main pace que je l'aurais lâchée, là ! C'est quoi ce cri là ?
- C'est pas Roxas, là-bas ? Reno me demande.
Et effectivement, il est là. Il vient vers nous, l'air embarrassé, sur les talons d'une fille qui nous regarde d'un air… inquiétant. Elle est jolie – mince, brune, les yeux verts, elle porte une robe taille empire gris perle mais vu sa façon de presque courir à notre rencontre, c'est pas le genre de fringues qu'elle doit porter d'habitude parce qu'elle trébuche tous les deux pas. Pendant qu'ils s'approchent j'entends Roxas lui dire : « Mais je t'avais prévenue, quand même ! », et les voila devant nous. La demoiselle ouvre la bouche, prête à dire quelque chose, mais son regard passe de Reno à moi puis de moi à lui et elle finit par rester coite. J'entends le rire de Roxas, léger.
- Désolé pour cette agression… Je vous présente ma meilleure amie, qui est aussi mon agent –
La fille semble reprendre ses esprits et lui coupe la parole :
- Violette Hewitt, mais vous pouvez m'appeler Olette, elle nous dit, en nous tendant la main.
Je la serre, Reno aussi, puis elle reste là, l'air d'attendre. Finalement, c'est Roxas qui reprend la parole. Tout ça est vachement bizarre…
- Olette, voici Axel et Reno.
- Je sais bien, elle ronchonne, l'air gênée, et je commence à comprendre. Je suppose qu'il lui a parlé de moi, et qu'il lui a dit que j'étais grand, mince, avec les cheveux rouges et en pétard, et qu'il lui a aussi parlé des tatouages sur mes joues sans lui donner plus de précisions… Je décide de voler à son secours, elle me fait de la peine.
- Je suis Axel Lee, je lui dis en me retenant un peu de rire. Et voici mon meilleur ami, Reno Lace.
Reno fait un petit signe de la main avec un sourire en coin. Ça me gêne toujours autant de dire « mon meilleur ami », j'ai en même temps l'impression de le dénigrer et de mentir.
- Vous êtes jumeaux ?
Je manque de peu de lui faire remarquer que si c'est mon meilleur ami ça peut difficilement être mon frère mais je dis rien. C'est la meilleure amie de Roxas, donc respect. Je laisse Reno répondre.
- Non. Mais on nous le demande souvent, et nous avons grandi ensemble comme si nous étions des frères. Pas vrai ?
Voilà qu'il se met en mode mondain, j'aime pas quand il parle comme ça… En plus, c'est quoi ce discours ? Comme des frères ! C'est vachement naturel, à son avis, pour des frangins de coucher ensemble ? C'est n'importe quoi ! En plus, il dit ça devant Roxas… Enfin bon, lui, il a pas l'air gêné. Pourquoi c'est toujours moi qui me prends la tête ?
… Parce que c'est moi qui suis au centre de tout ? Merci pour l'info, ça me fait une belle jambe !
Roxas a pas changé de vêtements, il porte toujours la tenue dans laquelle il a défilé. Les deux tiers de la salle le regardent en douce – enfin, ils essayent d'être discrets. Mais c'est sans compter le super-sixième-sens du mec amoureux.
Reno a engagé la conversation avec Violette, je capte qu'elle lui demande s'il a déjà travaillé comme modèle. Je me penche vers Roxas pour lui chuchoter à l'oreille.
- Dis ?
- Oui ?
- Elle est un peu allumée, ta copine.
- Je sais. Je l'avais pourtant prévenue.
- Prévenue de quoi ?
- Que vous étiez tous les deux sublimes, gays et non, pas mannequins.
Je souris, le nez dans son oreille.
- Roxas ?
- Oui ?
- Je peux te prendre tes mes bras ?
- Bien sûr, pourquoi me demandes-tu la permission ?
- Ben… y a des gens… Tu préfèrerais peut-être…
- Embrasse-moi, idiot.
Bon ben vu comme ça, je vais pas me faire prier… Je le prends dans mes bras et je l'embrasse sur la bouche. Y a comme un raté dans les discussions autour de nous, puis elles reprennent. Il s'écarte de moi avec un petit sourire malin.
- Jaloux, qu'il me dit.
- C'est ça… c'est ta faute aussi. T'as qu'à pas être aussi… enfin... ça te va très bien, tout ça…
D'un geste vague je désigne ses vêtements, embarrassé. Je suis en train de rougir, bordel. Je l'ai déjà vu nu, et comme personne ici ne l'a jamais vu – en tout cas y a bien intérêt ! – et voila que j'me mets à rougir juste parce que je lui dis qu'il est beau. Merde c'est juste la vérité en plus…
On se retourne finalement vers les deux autres. Trente personnes détournent le regard en même temps et font semblant de rien. Par contre, le regard blessé que j'aperçois dans les yeux de Reno au moment où il se détourne me crève le cœur. Je sais pas ce qui me fait le plus mal, son expression où le fait qu'il me regarde pas en face. C'est la première fois depuis que je le connais qu'il me regarde pas droit dans les yeux. Putain, j'suis trop con. Comment je peux être bête à ce point ? Embrasser Roxas comme ça devant lui… À sa place, je chialerais comme une fille.
Putain, j'suis dégueulasse.
Encore une fois, c'est Roxas lui-même qui sauve la situation. C'est un ange. Habillé en ange. Et si j'arrive à voir lequel d'entre vous se fout de ma gueule – oui, j'entends ! – je lui ferai bouffer des cailloux. Il va vers Reno et engage la conversation avec lui, et dans le brouhaha ambiant j'entends pas ce qu'il lui dit, mais je compte deux secondes avant qu'il ne lui sourie. Un véritable sourire, sincère et franc. En le regardant bien en face. Je me sens misérable.
Puis la copine de Roxas me tombe dessus.
- Axel ?
- Oui ?
J'ai droit à un grand sourire qui n'est pas sans me rappeler celui de Roxas quand il est dans ses meilleurs jours.
- Ça ne vous intéresserait pas de travailler comme modèle pour notre société ? Elle me propose à brûle-pourpoint.
Elle perd pas le Nord elle, je suppose que Reno vient juste de lui dire niet.
- C'est gentil, mais non merci, je réponds. Quand je vois ce que fait Roxas, je suis plein d'admiration mais je m'en sens pas capable.
Et c'est vrai. Rester des heures sans bouger sur des spots brûlants, fréquenter à longueur de journée ces espèces de cadavres ambulants que je viens de voir, ne pas pouvoir manger ce que je veux – j'ai jamais eu de mal à rester maigre mais le mot « régime » m'inspire à peu près autant d'enthousiasme que l'idée de faire du sport. Et j'ai horreur du sport. Sans parler du gel douche gommant avec du sable dedans et du gant de crin… Brrrr !
Elle soupire.
- C'est bien dommage. Vous auriez fait de magnifiques sujets, tous les deux, surtout ensemble. Votre ressemblance est très étonnante.
Je suis son regard. Elle est en train de dévorer Reno des yeux et tout à coup, une douleur brûlante éclate dans ma poitrine, tellement violente que j'en ai le souffle coupé. C'est ce que j'aurais dû ressentir quand je les ai vus ensemble, quand Roxas l'a embrassé devant moi. La jalousie, puissante, qui me mord le cœur à pleines dents et mâche. Je veux pas qu'elle le regarde comme ça, je veux que personne au monde le regarde comme ça à part moi ou Roxas. Je suis un monstre d'égoïsme. Et pourtant…
La charmante Olette continue de me parler, et quelque chose dans ma tête – un truc vachement intelligent et pratique, probablement ce qui commande les réflexes qui peuvent vous sauver la vie – à enclenché le pilote automatique. Ma tête remue toute seule, se hoche ou se secoue et par moments, même, des mots sortent de ma bouche mais consciemment, j'imprime pas un mot de ce qu'elle dit. Je regarde Reno et Roxas. Il sont à deux pas de nous mais c'est comme si une dimension nous séparait.
Il reste aucune trace d'amertume ou de tristesse dans l'expression de Reno. Il a simplement l'air naturel. Souriant, versatile, beau, il sourit et il fait rire Roxas. Leurs rires et leurs sourires sont comme l'expression de leur complicité. Mon cœur se tord. Je les aime.
Je les aime mais je peux pas. Je suis obligé de choisir parce que si je le fais pas ils seront malheureux tous les deux. Mais quand je les vois comme ça, j'me dis que c'est peut-être ensemble qu'ils seraient le plus heureux. Comme est-ce que je réagirais si ça arrivait ?
Franchement, j'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est à quel point je me sens mal vis-à-vis d'eux. Je me sens coupable de tout le mal que je fais à Reno. C'est mon meilleur ami, il a toujours été là pour moi, et maintenant mes choix lui brisent le cœur. Et je me sens coupable vis-à-vis de Roxas parce que malgré tous les sentiments que j'éprouve pour lui, je suis incapable de ne pas ressentir ce que j'éprouve aussi pour Reno.
Pourtant je regrette pas, parce que les voir comme ça, rire ensemble comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit, ça me rend paradoxalement vachement heureux.
Avec l'amie de Roxas, on va les rejoindre. En arrivant près d'eux, j'entends Reno lui dire qu'il est magnifique dans cette tenue. Roxas éclate de rire et mon cœur se gonfle de mille émotions positives.
… Quelle merde. On est pas sortis de l'auberge.
Finalement, le temps s'écoule tranquillement. Violette – Olette, pardon - est sympa comme tout, et même si elle met un point d'honneur à draguer Reno pendant toute la soirée, j'arrive à maîtriser mes pulsions meurtrières et à pas lui hurler d'arrêter de lui faire ces yeux là. Je me réconforte en me répétant que c'est pas demain la veille que Reno rejoindra les rangs du fan-club des Spice Girls, qu'il a toujours été du côté des Backstreet Boys et que même s'il se montre charmant, je devine sans mal qu'elle mange râteau sur râteau, même si c'est fait avec la plus exquise courtoisie – mode mondain, j'vous ai dit. Ça a pas l'air de la déranger, visiblement elle s'amuse. Roxas est ravi qu'ils s'entendent bien. Moi, je passe quand même un bon moment, parce que c'est nettement moins guindé que ce que je craignais – surtout grâce à Olette, j'avoue. Plusieurs personnes viennent parler à Roxas, pour le féliciter ou lui dire des trucs que je comprends qu'à moitié. À chaque fois, si elle y est pas déjà, sa main se retrouve dans la mienne.
Comme quoi, en fin de compte, je suis quand même jaloux.
Bon, je sais bien que ce chapitre n'est pas très long, et qu'il ne s'y passe pas grand-chose, mais c'était une transition nécessaire. C'est d'ailleurs pour ça que j'étais pas très motivée à l'écrire, mais comme je l'ai dit, j'étais un peu traumatisée par l'écriture de « Criminal », que j'ai commencé et terminé en un mois, j'avais un peu l'impression d'avoir pressé tout ce que j'avais dans la tête pour l'écrire. Mais je vais mieux, maintenant ! Donc la suite ne se fera plus attendre si longtemps. Merci à vous de suivre cette histoire ! J'espère quand même que ça vous aura plu ^^
