Auteur : Ariani Lee

Bêta-lecture : Lyly u

Genre : Romance, threesome, drama

Disclaimer : Rien à moi, tout à Square Enix. Mon seul profit là-dessus réside dans vos reviews, plus que bienvenues.

Pairing : RAR (Regardez bien l'ordre des lettres…)

Chapitre 18 : Secret médical

Strangelove

Strange highs and strange lows

Strangelove

That's how my love goes

Strangelove

Will you give it to me ?

Will you take the pain I will give to you

Again and again

And will you return it ?

('Strangelove' Depeche Mode)

Non mais franchement, à quoi je pensais ?

Qu'est-ce que j'avais attendu de lui, putain, qu'il reste là à m'attendre comme un chien, qu'il soit à ma disposition en permanence sans jamais se plaindre ni protester ? J'suis trop con, merde, mais quel égoïste, évidemment qu'il a raison et que je fais qu'empirer les choses pour lui en étant aussi indécis ! Je voudrais qu'il soit toujours près de moi, qu'il arrête pas de m'aimer parce que c'est facile, il donne sans compter et moi je prends sans donner et derrière je voudrais encore qu'il m'ouvre grand les bras avec un immense sourire et qu'il me réconforte sans me soucier du mal que ça lui fait. Quel con ! Quel con, quel con, quel…

- Axel, tu comptes frotter cette assiette encore longtemps ? Parce que là tu vas finir par passer au travers !

Et Tidus qui me regarde comme si j'étais complètement taré… C'est vrai que j'étrille cette assiette depuis quelques minutes là… Et tout le reste de la plonge qui attend… Bordel…

Je range l'assiette sur le dressoir et j'attaque les verres.

Ça fait trois jours que Roxas s'est barré en claquant la porte derrière lui. En me levant le lendemain matin, j'ai trouvé Reno parfaitement normal, comme si la discussion qu'on avait eue n'avait été que le produit de mon imagination. Il se comporte complètement naturellement, il a strictement rien changé mais moi, si. J'ose plus le toucher, et paradoxalement j'en ai jamais eu autant envie. J'analyse mes moindres gestes, nos doigts qui se touchent quand on se passe une tasse de café, quand on se croise dans le couloir et que nos épaules s'effleurent, quand je l'ai croisé torse nu au sortir de la salle de bain et que j'étais tellement gêné que je me suis engouffré dans la chambre alors que j'avais rien à y foutre. Le plus anodin des contacts prend une signification différente, toute une dimension de sous-entendus dont il ne veut pas. J'aime pas ça, j'aime pas la tournure que prend notre relation mais le moins que je puisse faire c'est de le laisser tranquille. Je lui dois bien ça, et peut-être, peut-être qu'à force de me plier à cette discipline on arrivera à passer au-dessus de tout ça et à redevenir comme avant, avant que tout devienne aussi compliqué. Une part de moi ne veut pas de ça et se rebelle contre l'idée de ne jamais plus le considérer autrement que comme un ami mais j'ai pas le choix. C'est la chose à faire, la chose juste, même si ça m'écorche la bouche de le dire. C'est ce qu'il faut que je fasse si je veux pouvoir un jour pouvoir me regarder à nouveau dans un miroir sans envie de m'arracher la tête et de la bouffer. Et de la vomir après. Je me déteste, en ce moment.

Le téléphone de Roxas est toujours éteint. Je lui ai envoyé un SMS avant-hier pour lui demander pardon et lui demander de me rappeler quand il se sentira prêt à me parler, mais je n'ai toujours pas eu l'accusé de réception. Je suis aussi allé jusque chez lui et j'ai sonné deux fois sans avoir de réponse. J'arrive toujours pas à admettre le fait qu'il me trompe, même si c'est d'une logique imparable et que je sais que ça doit être le cas. Je peux pas faire une croix sur lui comme ça, je crois pas que je pourrai un jour.

- Axel, tu peux me préparer deux cafés s'te plaît ?

- Ouais, tout de suite.

C'est moi qui suis au bar aujourd'hui, c'est pas plus mal. Je suis trop distrait par toute cette histoire pour assurer le service. Je fais couler les deux tasses et je prépare les petits plateaux avec lait, biscuit, sucre, cuillère et napperon en papier. C'est des automatismes, comme la plonge, j'ai même pas besoin d'y penser et je continue de réfléchir en même temps. C'est pas forcément une bonne chose, mais je peux pas faire autrement.

Qu'est-ce que je ferai si je découvre qu'il m'a réellement trompé ? J'arrive pas à l'imaginer alors même que ça tombe sous le sens, et ça me fait tellement mal d'y penser que c'est comme si mon cerveau refusait carrément de traiter l'information. Ça bloque dès que j'essaye de l'envisager concrètement.

Tidus vient prendre ses plateaux et je soupire. Demyx est assis au bar et joue les baladins, grattant les cordes de sa guitare et chantant. Il est pas de service aujourd'hui mais il est quand même là. On a coupé la sono, il fait ça souvent. Il était venu pour voir Ienzo mais comme notre comptable est un bourreau de travail, il l'a proprement jeté hors de son bureau. Pas rancunier, le Dem reste là à attendre qu'il ait fini sa journée, c'est bientôt l'heure. Moi je suis encore là pour un bout de temps.

J'ai suivi le conseil de Reno et j'ai cherché le médecin de Roxas dans l'annuaire, par acquis de conscience. J'ai trouvé cinq docteur Master en ville, dont deux seulement sont des femmes. Le docteur Marcy Master qui est une spécialiste en dermatologie – et je pense que je connais suffisamment Roxas – physiquement en tout cas, parce que pour le reste j'ai des doutes - pour estimer que je l'aurais remarqué s'il avait des problèmes de peau. Et puis il mannequin, quand même… Il a une peau magnifique, donc je vois pas ce qu'il irait faire chez une dermato. L'autre docteur, Aqua Master, est psychiatre. Ce que j'ai pu voir de Roxas, de ses sautes d'humeur à sa crise d'hystérie en passant par les cicatrices sur ses poignets, me pousse à croire que cette hypothèse est beaucoup plus plausible. Je les ai jamais revues, les marques, il porte toujours des bracelets par-dessus, et depuis le premier soir il m'a plus jamais laissé d'occasion de les voir. Pas que j'en aie eu envie de toute façon. Mais ça me conforte encore dans mon idée de base, que sa colère était pas liée au fait que j'ai su qu'il allait voir un médecin. La secrétaire appelait sans doute pour reporter une séance, quelque chose comme ça, et s'il a envie de voir un psy, ben grand bien lui fasse, je crois que ça ferait le plus grand bien à pas mal de gens. Pas de quoi se mettre dans un état pareil, donc.

- Ça va pas, Axel ? Me demande Demyx, me sortant un peu brutalement de mes réflexions. T'as pas l'air dans ton assiette, depuis quelques jours… Tu t'es engueulé avec ton mec ?

Passée la seconde déchirante pendant laquelle je me demande s'il me parle de Roxas ou de Reno, je me force à faire un sourire qui doit être plutôt contrit.

- T'es chiant à être aussi perspicace.

- Je sais.

- Tu veux pas continuer à jouer les ravissants idiots ? J'ai pas envie d'en parler.

Il hausse les épaules et se détourne en pivotant sur le tabouret.

- Comme tu voudras, mon pote.

Et de se remettre à jouer d'une main distraite et à fredonner.

- Things could be so different now… it used to be so civilized… you will always wonder how… it could have been if you'd only lied… it's too late to change events…

En fait, je crève d'envie d'en parler, les mots remontent dans ma gorge comme de la bile et je dois vraiment serrer les dents pour les empêcher de sortir. C'est juste que pour moi, la vie privée a ça de caractéristique que justement elle est privée. Je suis serveur et barman et les gens qui viennent s'assoir au comptoir aiment bien croire qu'un barman c'est comme un psy. Ils étalent leur vie sur le bois et nous demandent notre avis, comme si on pouvait les aider et les conseiller. Demyx se prête toujours à ce petit jeu avec un plaisir discret, l'air sincèrement intéressé et compréhensif. Tidus s'en tape. Moi, j'aime pas ça et nos clients habitués savent que quand je suis au comptoir c'est pas la peine d'essayer, ça me gave. Donc je vais pas aller déverser ma rage sur un collègue de boulot, aussi bon pote et bonne oreille soit-il, parce que c'est pas son problème, déjà, et qu'il arrive assez souvent à Roxas de passer par ici donc j'aimerais autant éviter que Demyx le juge. Pas tant que je connaîtrai pas le fin mot de l'histoire, en tout cas.

Ienzo sort de son bureau, un énorme classeur sous le bras.

- On peut y aller, il annonce à Demyx qui se lève et range sa guitare dans son étui.

- Appelle-moi quand même, si jamais t'as besoin, il m'offre.

Je réponds que d'un signe de tête, et il prend le comptable par les épaules avant de l'entraîner vers la sortie. Ienzo moufte pas, comme toujours, comme si c'était naturel. Comme ça l'était entre Reno et moi à une époque. Avant que tout prenne un nouveau sens et qu'il faille se casser la tête sur les moindres détails de notre attitude. Je sais pas s'ils sont ensemble, franchement, parfois j'ai l'impression, parfois complètement pas.

Mais eux, ils s'emmerdent pas avec ce genre de conneries, en tout cas. Ça c'est clair…

Ce soir-là, en rentrant, je trouve Reno assis dans le divan. Il lit un bouquin, tellement concentré qu'il m'a même pas entendu rentrer. Je prends une minute pour le regarder. Il a l'air paisible et ça fait trop longtemps que j'ai pas eu le bonheur de le voir comme ça. Il a même mis ses lunettes. Elles lui vont bien. Il les met parfois, pour lire ou pour bosser, parce que ses yeux ont tendance à se fatiguer trop vite et il chope la migraine, sinon. Reno, il est capable de lire des trucs qui m'assomment en deux pages tellement je trouve ça soit ultra compliqué soit totalement sans intérêt. J'ai toujours trouvé ça amusant de le voir comme ça, parce que c'est tellement en contradiction avec son attitude désinvolte habituelle, cet air sérieux et absorbé…

Enfin, ça l'était. Je l'ai pas vu rigoler ou déconner très souvent, ces derniers temps. Et je sais bien que c'est ma faute.

Il est assis, les jambes repliées sous lui, le livre posé sur les genoux, accoudé au bras du divan et la joue appuyée dans sa main. Ses cheveux sont pas attachés et de l'autre main il joue avec une des longues mèches qui pendent sur ses épaules et dans son dos. Puis, il lâche la mèche, tourne une page. Il est beau à m'en faire battre le cœur plus vite. Ça loupe pas.

Finalement, je bouge avant qu'il se rende compte que je suis là à l'observer – bonjour le malaise s'il me capte maintenant. Je me débarrasse de mes pompes à grand bruit dans le vestibule et je rentre dans le salon.

- Salut, il me dit en refermant son livre.

Il le pose sur la table basse avant d'enlever ses lunettes et de les mettre dessus.

- T'as passé une bonne journée ?

Des mots polis, une conversation bateau. J'aime pas ça. De bêtes questions, de bêtes réponses, il s'étire et ramène ses cheveux par-dessus son épaule pour les démêler avec ses doigts.

- J'ai essayé d'appeler Roxas aujourd'hui, son téléphone est toujours éteint, il finit par dire.

Je me fais la remarque que ces derniers temps nos vraies conversations tournent toujours autour de Roxas et ça me fait un pincement désagréable dans la poitrine.

- Je sais.

- T'as pensé à essayer de contacter son frère ? Peut-être qu'il pourrait lui parler.

Je secoue la tête.

- Non. Lui et Terra sont partis, tu savais pas ?

- Partis ? Où ça ?

- A Prague, pour six mois. Pour leurs études.

- J'étais pas au courant.

Je soupire.

- Je l'étais pas non plus jusqu'à y a quelques jours. Roxas a mentionné ça comme ça, dans la conversation. Il avait l'air étonné que je le sache pas. Y a trois semaines, il est allé les déposer à l'aéroport. Et puis même, de toute façon, il est furax parce que je me suis mêlé de ses affaires, je crois qu'impliquer son frère là-dedans, c'est vraiment la dernière chose qu'il faudrait que je fasse.

Il se tait une seconde, l'air pensif, avant de répondre.

- T'as pas tort, mais tu devrais vraiment appeler son médecin. Ça fait trois jours, je commence à trouver ça vraiment inquiétant. Et si c'est toi qui a raison et qu'il y a un souci sans aucun rapport avec son état de santé, alors mieux vaut crever l'abcès. Ça te servira à rien d'attendre. Par contre, si y a un problème, ça pourrait être dangereux pour lui de rester injoignable aussi longtemps, tu crois pas ?

Je baisse les yeux.

- Ouais, je finis par lâcher. Okay, t'as raison. Si demain j'ai toujours pas de nouvelles, j'appellerai.

- Vaut mieux. C'est pas bon pour toi non plus, de te prendre autant la tête. Si tu continues de creuser comme ça, tu vas finir par nous trouver du pétrole…

Il se lève et passe à côté de moi sans rien dire de plus. La porte de la salle de bain se referme sur lui. La discussion est terminée.

Je hais ma vie.

Évidemment la journée s'écoule sans que Roxas se manifeste si peu que ce soit. Pas d'accusé de réception, pas d'appel. Ça me rappelle l'époque avant qu'on sorte ensemble, ces longs jours passés à attendre qu'il donne signe de vie, en vain. Ça me fait pas vraiment plaisir de passer des journées pareilles une fois de plus. Alors en rentrant à la maison, vers quatre heures de l'après-midi, je décide de suivre le conseil de Reno. À part en matière de sécurité routière, il est toujours de bon conseil, Reno…

Je récupère le post-it sur lequel j'ai noté les coordonnées d'Aqua Master et après une demi-minute d'hésitation, je vais m'assoir sur le divan et je compose le numéro. Trois sonneries avant que ça décroche.

- Cabinet du docteur Master, bonjour.

Je prends une grande inspiration, soulagé. Je reconnais la voix de la fille ou bout du fil, c'est bien la même que la dernière fois, quand j'ai décroché. Je suis au bon endroit, c'est déjà ça.

- Bonjour, excusez-moi de vous déranger, je dis. Je voudrais parler au docteur Master, s'il vous plaît.

- Elle est en rendez-vous, je peux prendre un message ?

Elle aussi sympathique que la première fois que je l'ai entendue, elle…

- Non, c'est très urgent, il faut vraiment que je lui parle. C'est à propos d'un de ses patients

- Et vous êtes ?

Hmpf. Zen.

- Je m'appelle Axel Lee, vous m'avez eu en ligne il y a quelques jours, vous m'aviez demandé de dire à Roxas Seren que le docteur Master voulait qu'il la rappelle au plus tôt.

Ce qu'il aura pas fait, je parie...

- C'est vraiment une urgence, j'ajoute pour faire bon poids. Il a…

- Patientez un instant s'il vous plaît, monsieur.

Et musique d'attente. Non mais je rêve, elle m'a coupé la parole en plus ! Putain, c'est pas permis d'être aussi désagréable, c'est un coup à ce que les gens rappellent jamais !

Je me fourre un doigt dans le bec avant de l'en retirer presqu'aussitôt. J'aurais juré avoir entendu la voix de Reno me dire « sors tes doigts de ta bouche ! ».

- Merci pour votre patience, monsieur, me dit soudain l'horrible pétasse au bout du fil (elle me rappelle l'ex de Reno, c'est pour vous dire. Même quand elle me dit « merci » j'ai l'impression d'entendre « va te faire foutre, connard ».). Je vous transfère.

- Mer…

Et re-musique. Pffffff. Paysanne.

- Allô, monsieur Lee ?

J'aime pas qu'on m'appelle monsieur Lee. Je tiens pas un restaurant chinois…

- Oui. Docteur Master ?

- C'est moi-même.

La voix est déjà nettement plus aimable, ça fait plaisir.

- Je vous écoute.

De nouveau, inspirer profondément, expirer, expliquer.

- Je suis le compagnon d'un de vos patients, Roxas Seren. Je suis sans nouvelles de lui depuis quatre jours et je m'inquiète.

- Il s'est passé quelque chose ? Elle me demande.

Elle l'air détendu, à entendre sa voix, mais j'ai l'impression de percevoir un rien d'inquiétude derrière, quand même.

- Ce jour-là, votre secrétaire l'a appelé pour lui demander de prendre contact avec vous le plus tôt possible, et c'est moi qui ai décroché. Quand je lui ai transmis le message, il s'est mis dans une fureur noire et il est parti en claquant la porte. Depuis, son portable est éteint et soit il n'est pas chez lui, soit il ne répond pas quand on sonne. Je ne sais pas ce qu'il a mais je commence à sérieusement m'inquiéter, et j'avais espéré que vous auriez eu de ses nouvelles.

J'entends un soupir navré au bout du fil.

- Malheureusement pas. Il n'a pas rappelé et ne s'est pas présenté à sa dernière visite de contrôle, c'est pour ça que je lui avais demandé de le faire.

- Qu'est-ce qu'il a ?

C'est sorti plus brusquement que je l'aurais voulu, mais les mots « visite de contrôle » ça fait vraiment suivi médical. Comme avec des médicaments. C'est maintenant que je percute que c'est un psychiatre que j'ai en ligne. Pas un psychologue. Un psychiatre.

- Je ne peux pas vous le dire, monsieur Lee.

Contrairement à son employée, sa voix est pas dédaigneuse quand elle me le dit, mais ça n'empêche pas ça d'être foutrement énervant !

- Comment je peux l'aider si personne ne veut me dire ce qui va pas ?

Tout à coup, je crois plus du tout qu'il me trompe. Maintenant j'ai juste peur, je veux juste qu'il aille bien…

- Vous pouvez faire quelque chose.

- Quoi ?

Qu'est-ce que je peux faire ? N'importe quoi mais qu'on me laisse l'aider.

- Il est sans aucun doute chez lui depuis là dernière fois que vous l'avez vu, et n'en a probablement pas bougé. Il faut que vous alliez jusque là et que vous l'emmeniez aux urgences psychiatriques.

J'ai un pavé qui me dégringole au fond de l'estomac.

- Les urgences psychiatriques ?

- Oui, et de force s'il le faut mais il est impératif qu'il ne reste pas seul chez lui. Il doit absolument être remis sous traitement. Évitez d'y aller seul, par contre, parce qu'il est fort possible que vous le retrouviez dans le même état que la dernière fois que vous l'avez vu.

De force. L'emmener de force ?

- Est-ce que faire ça ne risquerait pas d'envenimer encore les choses ? Il s'est énervé parce que je m'étais mêlé de ses affaires, ça va être encore pire.

- Ne vous inquiétez pas. L'essentiel est que vous l'ameniez aux urgences, ça s'arrangera tout seul après.

C'est pas pour autant que la perspective d'avoir à le maîtriser et à l'embarquer contre sa volonté pour le faire interner m'emballe. Il va me haïr…

- D'accord, je finis par dire. D'accord, je le ferai. Je serai chez lui d'ici une heure, deux maximum.

- Merci. Je m'occuperai de lui une fois qu'il sera là-bas, je suis de service ce soir. Mais je n'ai pas le droit d'aller le chercher.

- Je comprends.

Foutue éthique, et putain de secret médical ! Sans tout ça j'aurais su bien plus tôt et j'aurais pu intervenir plus rapidement aussi…

Reno rentre une demi-heure plus tard. Il bronche pas quand je lui fais le résumé de la discussion que je viens d'avoir avec le docteur Master, pas non plus quand je lui demande de m'accompagner, et ce malgré le fait que je lui ai pas du tout caché qu'il y a de fortes chances pour qu'on doive enfoncer la porte de Roxas et le forcer à nous suivre. On part tous les deux sur sa moto, et malgré l'angoisse qui me broie le cœur, le contact, inévitable dans cette situation, de son corps contre le mien me procure une sensation de sécurité très réconfortante.

Ça va de mal en pis… mais ça ira mieux. Un jour. Peut-être. *Esquive une poignée de châtaignes* Bien essayé. Allez, soyez pas fâchés, quand on touche le fond on peut que remonter, hein ? Et puis j'ai inclus Aqua, c'est pas chouette ? Quoi ? Vous vous en tapez ?

Bwah, bande d'ingrats !

Things could be so different now… it used to be so civilized… you will always wonder how… it could have been if you'd only lied… it's too late to change events… (Depeche Mode, 'Policy of Truth')