Auteur : Ariani Lee
Bêta-lecture : Lyly u
Genre : Romance, threesome, drama
Disclaimer : Rien à moi, tout à Square Enix. Mon seul profit là-dessus réside dans vos reviews, plus que bienvenues.
Pairing : RAR (Regardez bien l'ordre des lettres…)
Note: Joyeuse Saint-Valentin (en retard mais honte sur moi, hier j'ai oublié). Je reprends une période de hiatus pour travailler sur un event qui se clôture le 15 mars, c'est donc pour le White Day que vous aurez le chapitre suivant. Je travaille toujours d'arrache-pied à l'avancement de mes travaux en cours, si ça vous intéresse, vous pouvez consulter ma page tumblr, le "Fil d'Ariani". J'y consigne toutes mes avancées au jour le jour, donc n'hésitez pas à jeter un œil. Cliquez sur le lien dans mon profil pour plus d'infos ^^
Chapitre 21 : Un, Deux, Trois
Mothers weep, children sleep
So much violence ends in silence
It's a shame there's no one to blame
For all the pain that life brings
If you will just take me, it might just complete me
And together we can make a stand
('Stand' Jewel)
Bordel de merde.
Trois fois de suite. Trois fois!
- Comment tu te sens?
Je me tourne vers Reno. Les couvertures traînent en tas par terre, même le protège-matelas est entortillé au pied du lit. Vautré sur l'oreiller à côté de moi, il fume une de ses clopes mentholée. Je ricane.
- Très bien, merci.
- Tiens donc ? Je vais devoir remettre ça, alors.
Je croise son regard. Il me sourit d'un air légèrement moqueur.
- T'es pas encore calmé?
- Oh, non, j'ai la ferme intention de continuer jusqu'à ce que tu puisses plus marcher.
- C'est d'une classe!
- Est-ce que tu te plains?
- Pas du tout...
Je me redresse sur un coude et je prends une mèche de ses cheveux avant de commencer à jouer avec.
- Ça faisait longtemps, pas vrai?
- Trop longtemps. Six mois et treize jours.
- T'as compté? Je m'étonne.
Il tire une taffe sur sa clope et hausse les épaules, le regard tourné vers le plafond.
- Je me rappelle la date, c'est tout.
- Tu m'as manqué...
Il me regarde, l'air ému, et puis il me sourit. Un vrai sourire, comme je lui en avais pas vu depuis très, très longtemps. Ça me rend heureux rien que de le regarder. Je me penche pour l'embrasser et il écrase sa cigarette dans le cendrier posé sur la table de chevet avant de me renverser sur le lit.
- Encore, sérieusement? Je ris.
Il s'allonge lentement sur moi et m'embrasse à son tour, avec plus de tendresse que de désir cette fois.
- Tu veux pas?
- Ça n'a rien à voir. Moi aussi, je... Enfin, j'ai jamais vraiment arrêté d'avoir envie de toi, tu sais. Je luttais, c'est tout.
- Tu m'as tellement manqué, ça m'a tellement manqué, je voudrais...
Il enfouit sa tête au creux de mon épaule et je le serre dans mes bras.
- J'ai été horrible avec toi, je suis tellement désolé de t'en avoir tant fait baver...
Je laisse un moment de silence s'étirer, avant d'ajouter ce qui me trotte dans la tête depuis un bon moment.
- Tu sais, parfois je me demande si on était pas mieux avant.
- Quand on était juste des potes qui s'envoyaient en l'air ensemble, tu veux dire ?
- Ouais. Tu regrettes pas?
Il se redresse sur les coudes.
- Non. Je peux pas regretter une époque où je savais pas que je t'aimais. Et toi?
- Pareil.
- Je sais même pas comment j'ai fait pour survivre à ça, en fait, il reprend, souriant toujours. Une demi-année sans pouvoir te toucher...Merde, je suis toujours en vie!
Il rit. Il rit, comme c'est bon.
- C'est merveilleux de te voir comme ça, je lui dis en glissant une main dans ses cheveux.
Il reste là un instant, puis finalement il roule sur le côté avec un soupir.
- Finalement, je crois que ce sera tout pour ce soir. Je suis exténué.
- Sans blague...
Il se penche par-dessus le bord du lit pour attraper les couvertures et les ramener sur nous.
- Tu dors avec moi?
- T'en as beaucoup d'autres, des questions à la con dans ce genre?
Il tend les bras et éteint la lumière. Dans l'obscurité, sa bouche trouve la mienne et il m'embrasse encore une fois avant de m'attirer dans ses bras. Je me colle à lui avec gratitude.
- Non, il marmonne finalement. C'est la seule que j'ai de stock...
Le réveil est dur, le lendemain matin, mais j'arrive quand même à l'heure au boulot. Ce soir là, en rentrant chez nous, je trouve Reno détendu et naturel, comme avant, et ça me fait un bien fou.
Les jours passent tranquillement, je me sens étonnamment bien. On dirait que la vie a repris un cours normal. Par normal, évidemment, j'entends en ayant pas constamment envie de me taper la tête dans le mur de frustration ou d'angoisse. Je pense pas que ma situation puisse être qualifiée de quoi que ce soit approchant de la normalité. Mais les choses s'arrangent.
D'abord, concernant Roxas. On a pu faire ce qu'il fallait pour l'aider et quand il sortira, il ira bien et on pourra reprendre là où on s'est arrêté avant tout ce bordel. Il a pas le droit de recevoir de visites mais j'ai appelé le docteur Master le lendemain et elle m'a dit que je pouvais téléphoner de temps en temps, qu'elle me donnerait des nouvelles. Alors Reno ou moi on prend contact avec elle un jour sur deux pour savoir comment ça se passe. Apparemment son traitement lui fait l'effet escompté, il va déjà mieux. Elle dit qu'il a besoin de se recentrer, de se restabiliser, qu'il est encore trop fragile pour ressortir ou me parler mais que tout ira bien. On aurait pu arriver trop tard, ça aurait pu beaucoup plus mal se passer mais en définitive on a réussi à le mettre hors de danger, même si le danger venait de lui-même, et c'est rassurant de penser que là où il est, des gens formés pour ça prennent soin de lui et l'aident à se rétablir. J'aimerais pouvoir le faire moi-même mais comme il est clair que je peux rien faire de plus, je me réconforte en me disant qu'il y a pas de meilleur endroit pour lui que là où il est et que le docteur Master s'occupe de son dossier. Elle a vraiment l'air bien, et puis investie, aussi. J'ai su qu'elle s'était même occupée d'appeler Olette pour tout mettre au point pour son boulot. C'est bon de savoir que tout ça va s'arranger, j'en étais arrivé à un point où j'avais peur du moment où on allait se revoir. Maintenant, j'ai hâte.
Avec Reno, évidemment, ça va beaucoup mieux. On est redevenus comme avant, en fait. Comme s'il y avait jamais eu ces interminables semaines de malaise, ces mois d'éloignement, toute cette frustration. Depuis le soir où on a déposé Roxas aux urgences, on a plus parlé des sentiments qu'on a l'un pour l'autre. Lui,je sais pas, mais moi je sais que j'ai besoin d'avoir une discussion avec Roxas à propos de tout ça. Ce jour-là ça me semblait parfaitement clair, et j'ai pas changé d'avis d'ailleurs. J'ai assez fui mes sentiments et mes responsabilités, j'ai assez pourri la vie de Reno avec mes hésitations interminables. Je l'aime et il mérite que je prenne soin de lui autant qu'il l'a toujours fait pour moi. La première fois que Roxas m'a dit qu'il savait ce qu'il y avait entre nous et qu'il avait pas l'intention de s'interposer, j'ai pensé qu'il disait ça parce qu'il était encore secoué de nous avoir vus nous embrasser, et j'aurais pas pu le prendre au sérieux, même si j'avais voulu considérer une éventualité pareille comme vraisemblable. Ça paraissait dingue. Ça l'est toujours autant d'ailleurs, mais qu'il ait dit la même chose à Reno, son insistance à ce sujet, ça m'a fait comprendre qu'il le pensait réellement, aussi délirant que ce soit. Alors je l'ai fait, j'ai fait ce qu'il dit vouloir que je fasse. J'ai suivi mon cœur parce que j'aime Reno autant que je l'aime lui, et j'ai juste besoin qu'il sorte de l'hôpital et de passer du temps avec lui à régler nos propres problèmes avant de mettre ça définitivement au clair. Le moment venu, on déterminera avec précision ce qu'il en est, tous les trois, et on arrêtera avec les non-dits, les sous-entendus et les je-t'aime-moi-non-plus. Ça a trop duré.
Cette conversation devra attendre le retour de Roxas. Par contre, Reno et moi, on passe absolument tout notre temps l'un sur l'autre, c'est atterrant. On dirait que je m'étais pas rendu compte moi-même combien ça allait loin, pour moi comme pour lui. La profondeur de ce gouffre de manque dont on touche à peine le fond me stupéfie. On essaye de le combler à chaque minute, à chaque instant qu'on passe ensemble, on peut pas s'empêcher de se toucher. Quand on est pas en train de faire l'amour quelque part, et est collés sur le divan comme des sangsues. Je me sens libéré, léger, tout semble facile, tout ce qui manque à mon bonheur maintenant c'est que Roxas sorte de l'hôpital et qu'on puisse mettre un terme à ces épisodes pénibles et repartir à zéro.
En attendant, j'ai la plus belle des occupations: redécouvrir mon meilleur ami, retisser les liens qui se sont rompus par ma faute et restaurer tout ce que j'ai abîmé entre nous.
Trois semaines plus tard. Je hais travailler le samedi.
Y a plusieurs raisons à ça. La première, c'est que personne n'aime travailler le samedi, mais c'est pas tout. Là raison numéro deux date de l'époque où après qu'on ait emménagé ensemble, Reno et moi on avait trouvé un boulot chacun de son côté. Lui il a des horaires de bureau, donc fixes, et il travaille jamais le samedi. Le savoir à la maison en train de glander rend déjà le fait d'être là à bosser extrêmement pénible. La raison numéro trois, c'est que si toi t'es pas en week-end, tous les autres le sont, et on dirait qu'ils ont décidé de mettre leur jour de congé à profit pour te faire chier. Je m'explique.
Etre de service le samedi, c'est lourd de base, mais y a des métiers dans lesquels c'est pire que d'autres. Comme le mien. Parce que le samedi, c'est aussi la journée la plus chargée de la semaine. Aujourd'hui, c'est assez représentatif d'ailleurs: la Taverne est blindée. On dirait que la moitié de la ville a décidé de venir boire un verre, c'est plein comme un œuf et on arrive à respirer que grâce à la tournante des fumeurs qui entrent en sortent pour se griller leur clopes. Si c'était encore fumeur et que tout le monde restait à l'intérieur, on serait obligés de mettre au moins une dizaine de clients à la porte par manque de place. Il y a un boucan d'enfer et on a pas le temps de souffler une seconde.
- Hope, tu veux bien débarrasser la douze, s'il te plaît?
Dans le bordel ambiant, le môme se tourne vers moi. Il vient juste d'avoir dix-huit ans mais il a l'air d'en avoir seize, surtout quand il fait ce regard de lapin pris dans les phares d'une voiture - l'air prêt à détaler mais trop flippé pour bouger ni pied ni patte.
- La quoi? Il me dit.
- La table douze.
- C'est laquelle?
Il a l'air au bord des larmes, maintenant, tellement il panique.
- Celle-là, à côté de la fenêtre, je réponds gentiment. T'inquiète, cette numérotation n'a aucune logique, t'es pas censé savoir ça par cœur.
Bon, évidemment qu'il y a une logique, mais on peut quand même pas exiger de lui qu'il la comprenne, il est juste là aujourd'hui, comme extra. Rassurer les troupes, rassurer.
Le blond lapin s'en va vers la douze, l'air absolument terrifié.
- Tidus? J'appelle en déposant mon plateau chargé de vaisselle sur le comptoir.
- Oui?
La voix sort de nulle part puis sa tête émerge d'en dessous du bar. Il a les mains chargées de bouteilles de bière vides.
- Quand t'auras fini les vidanges...
- La plonge d'urgence ouais, je sais. Si les clients se tiraient pas avec les petites cuillères, aussi...
Je passe derrière le bar pour décharger mon plateau et vider ce qui reste au fond des verres dans l'évier.
- Ton frère est une truffe, je lui dis en regardant le pauvre gamin qui remonte vers nous avec les verres de la douze. Il a l'air aussi crispé que s'il s'attendait à ce qu'on lui tire dessus et je pense que si un client l'appelle, y a une chance sur deux pour qu'il en lâche son plateau.
- Une adorable truffe mais une truffe quand même. Regarde-le, il va nous faire un infarctus si ça continue.
- Fuck you, Axel.
- Ah, si seulement!
- Arrête tes conneries. C'est peut-être pas un pro, mais on est trop débordés pour se passer d'un extra, même s'il est pas doué.
- C'est clair, mais c'est pour lui que je dis ça. Son cœur va finir par lâcher…
- Tu veux qu'on parle de la fois où c'est toi qui nous avais ramené Reno pour donner un coup de main?
- Ooooooooooh, qu'est-ce que c'est que toute cette vaisselle? Je vais débarrasser!
Je commence à débarrasser les verres et les tasses qui encombrent le comptoir.
- Ouais, c'est bien ce que je pensais...
- Tid, where do I put these?
Ça c'est Hope qui est finalement arrivé au comptoir sans rien casser.
- Drop it here, thank you. I need you to do the washing up, if you don't mind.
- I'll do anything you want me to as long as you don't send me back there!
Et de désigner d'un geste de la main la salle qui, vue d'ici, est à peu près aussi engageante que la fosse d'un concert de U2. Quand on a pas l'habitude, j'admets que ça peut faire peur.
- How in hell do you manage to get through this every day? I can barely breathe!
- You're overreacting.
- No, I'm not!
- Yeah, yeah, whatever… Just wash the glasses, would you? It'll help a lot.
- Okay.
- Vous savez que c'est très agaçant quand vous faites ça?
- You just mind you own business.
- Gnagnagna...
J'ai horreur de ça. Je sais pas si ça vous est déjà arrivé de vous retrouver avec deux personnes qui parlent votre langue mais qui tout à coup se mettent à en parler une autre, devant vous. L'Anglais ça passe encore, mais quand c'est du Grec, de l'Espagnol ou de l'Arménien, c'est parfaitement horripilant. Ça vous fait vous sentir à la fois exclus et visé.
Je tire mon téléphone de ma poche pour regarder l'heure et... oh merde, trois appels en absence? Foutu boucan... Avant que j'aie pu regarder qui a essayé de me joindre, mon portable se remet à sonner. C'est Reno.
- Allô?
- Axel! Ah ben quand même!
- Désolé, c'est samedi, tu sais bien. Qu'est-ce qui se passe?
- Le docteur Master a essayé de te joindre et comme tu décrochais pas elle m'a appelé. Roxas sort de l'hôpital aujourd'hui.
- Oh, cool! C'est trop con que je travaille...
- T'inquiète. Je vais le chercher et on viendra te rejoindre à ton boulot. T'auras qu'à prendre une pause pour discuter un peu avec lui et puis on t'attendra. Tu termines à quelle heure?
- La patronne arrive à six heures. Elle va sûrement me demander de faire des heures sup', par contre, c'est de la folie aujourd'hui.
- Ben tu diras non, pour une fois. On sera là d'ici une petite heure, je me mets en route maintenant.
- Okay, à tout de suite. Oh, et, Reno?
- Oui?
- Tu vas le chercher en moto?
- Mhmh.
- Okay, alors écoute bien ce que je vais te dire. Tu vois ces deux gros machins noirs, brillants et très encombrants qui traînent dans le placard depuis des lustres et dont tu te sers jamais?
- Ça me dit vaguement quelque chose, ouais. Et?
- Je veux voir vos deux têtes enfoncées dans ces trucs quand vous arriverez ici, sinon je t'assomme à coups de chope. C'est bon, c'est retenu?
- Oui, chef! A tout de suite.
- A tout de suite.
Il était temps!
- Axel, tu pourrais arrêter de glander et te remettre au boulot, s'te plaît? Y a des gens qui attendent!
- J'arrive, j'arrive, public adoré!
L'heure passe étonnamment vite, en fait. Le fait est qu'avec tout le boulot que j'ai sur les bras j'ai pas le loisir de voir le temps qui passe. Je suis vraiment content qu'il sorte enfin, j'ai hâte de le voir. Je suis occupé à préparer des bières quand Tidus m'interpelle.
- Axel, ils sont là. Prends ta pause, c'est pour quelle table?
- La trois, merci!
Ils sont à la porte. Roxas est un peu amaigri, il a l'air oppressé et il regarde la pièce comme s'il osait pas avancer. Après le calme de l'hôpital, ça peut se comprendre. Reno a un bras en travers de ses épaules. Je croise son regard et il me fait signe de les rejoindre dehors. Je laisse mes clients à Tidus et je me rue vers la porte.
Dès que j'ai mis le pied dehors, Reno passe à côté de moi.
- Je vais voir Tidus, ça fait un bail. Prenez votre temps, au pire je donnerai un coup de main.
- Ren, je crois qu'il...
Mais il est déjà parti.
- ...apprécie beaucoup l'idée.
Je me tourne vers Roxas. Y a un instant de silence gêné pendant lequel on se regarde sans oser se parler. Ses joues sont un peu rouges, j'ai envie de poser une main sur son visage. Finalement, je vois pas pourquoi je le ferais pas, alors je glisse mes doigts dans ses cheveux. Il ferme les yeux et suit ma caresse. Sa peau est brûlante contre ma paume.
- Tu m'as manqué, je lui dis, la gorge serrée.
- Axel, je...
Il s'interrompt, l'air misérable.
- Viens, je lui dis.
Je le prends par la main et je l'emmène vers le banc public le plus proche. On s'assied et en gardant ma main dans la sienne, il se met à fixer le sol à ses pieds. J'attends patiemment, et après un moment de silence, il se met à parler. Sa voix est altérée par l'émotion.
- Je suis tellement désolé, il me dit. Je suis... mortifié, quand je pense à la manière dont je t'ai traité, à toutes les horreurs que je t'ai dites, je...
Sa main tremble dans la mienne. Je la lâche et en le prenant par l'épaule, je l'attire contre moi, dans mes bras.
- Shhhhhhh... Calme-toi, calme-toi. Je t'aime et je t'en veux pas, rien de tout ça n'était ta faute. Tu es malade Roxas, t'étais pas dans ton état normal.
- Pour ça aussi, tu sais, je... J'aurais dû t'en parler mais... j'allais bien, je croyais que j'étais guéri. Je regrette d'avoir arrêté mon traitement, j'ai eu tort. Je vous ai fait vivre un enfer à tous les deux. Si tu savais comme j'ai honte...
Je le serre dans mes bras.
- Si tu savais comme tu m'as manqué.
Il s'écarte et me regarde, et je vois la douleur qui assombrit ses traits.
- Si tu savais comme je suis soulagé de te revoir...
Il tente un sourire mais ça sort plutôt comme une grimace. Du pouce, j'écrase la larme qui naît au coin de son oeil.
- S'il te plaît, mon amour, tu m'as fait tellement peur, je veux plus jamais te voir souffrir comme ça. Par pitié, arrête de t'en vouloir, tout ce que je veux c'est que tu ailles bien. Alors je t'en supplie, Roxas, souris-moi, dis-moi que ça va mieux et que tu m'aimes et embrasse-moi.
- Je t'aime. Et je vais beaucoup mieux. Et maintenant que vous êtes là... j'irai bien.
Je me demande si c'est le bon moment pour aborder le "cas" Reno, puisqu'il parle de lui, et puis ses mains glissent dans ma nuque, il m'attire vers lui et ses lèvres touchent les miennes et je décide que ce sera pour plus tard. De toute façon, il est encore très secoué. Une chose à la fois, ça vaudra mieux.
J'attendrai le bon moment.
Chers lecteurs, je vous informe avec une certaine émotion que ce chapitre est l'avant-dernier. "A Coeur Fendre" s'achèvera bientôt. Consolez-vous, cependant: la fin est toujours un nouveau commencement : )
