Titre : Collision
Rating : M
Bêta du chapitre : Angedescieux
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- Et toi Potter, qu'est-ce que tu attends de moi ?- finit-il par répliquer.
Je le fixe, surpris. Bonne question.
Qu'est-ce que je peux bien attendre de toi Malfoy ? Pourquoi est-ce que je suis encore ici ? Qu'est-ce que j'espère ?
C'est sans réponse. L'esprit refroidi, je m'éclaircis une fois de plus la gorge, me lève et dit :
- Rien.
Et je transplane.
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Chapitre 3.
C'est absurde.
C'est idiot.
Je regrette.
Je n'aurais pas dû partir. Je n'aurais pas dû répondre. J'avais demandé le premier. Il aurait dû parler. Il aurait dû.
Je ne suis qu'un abruti.
J'étais surpris, confus. Et heureux. Trop con pour m'en rendre compte.
J'attendais de lui qu'il me parle, qu'il me raconte sa vie, qu'il me déteste comme avant si c'est la seule chose qui puisse lui faire supporter ma présence. J'attendais de lui qu'il reste là. Ca aurait suffit à me rappeler les choses qui me rendaient heureux avant. Les choses importantes.
Et c'est moi qui suis parti.
Une bouteille de whisky moldu trône sur la table basse de mon salon. La télévision me tient compagnie et l'alcool me réchauffe un peu.
Ca fait une semaine. Une semaine et je ne pense qu'à ça. Une semaine que le pantalon et le pull noirs sont posés là, lavés, repassés et soigneusement pliés.
Des vêtements de marque et de qualité, bien au dessus de ceux qu'il portait, sûrement au dessus de ses moyens.
Il devait les garder pour les grandes occasions. Il me les a donnés. Je devrais les lui rapporter.
Si j'osais...
Une semaine que je les ai portés, retirés, lavés, repassés, pliés et lorgnés pour la première fois. Et depuis je ne cesse de les regarder. De rassembler tout mon courage pour le voir s'enfuir lâchement à l'instant où je m'apprête à les toucher du bout des doigts. A les prendre et à les emmener chez lui. A le revoir enfin.
Puisque je n'arrête pas d'y penser.
Et puisque ce soir j'ai vraiment trop bu. Je me lève.
Comme je l'ai fait chaque soir depuis une semaine déjà, je pose mon verre de whisky et je contourne la table pour me pencher au dessus du fauteuil et de la petite pile qui s'y trouve.
Mon seul ami. Un tas de vêtement. Je ricane à ces pensées et je tangue. Mais comme les autres soirs je tenais droit sur mes deux jambes, ce soir je les touches du bout des doigts.
Et je ricane encore. J'étais bête de m'en faire tant pour si peu. Les toucher n'a rien de plus extraordinaire que de les avoir portés.
Je les saisis d'une main d'ivrogne, défaisant quelque peu la pile parfaite que j'avais pris grand soin à faire.
Et je transplane.
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Je tambourine à sa porte comme l'alcoolique que je suis.
Il fait noir. Le bâtiment est froid et encore plus minable que dans mes souvenirs. J'ai transplané directement devant chez lui et je m'appuie lourdement contre le mur en entendant la serrure s'actionner.
La porte s'entrebâille et un Malfoy livide apparaît prudemment.
J'esquisse un geste et il sursaute, m'apercevant enfin.
- Potter ?
- Heu… Salut. Heu… Chui v'nu pour t'aider à brûler les habits.
Ca m'avait l'air d'une bonne excuse, mais au vu du regard perplexe qu'il me lance, je commence à en douter.
- Quoi ? De quoi tu parles ?
Il fronce les sourcils et je m'arrache de mon mur pour adopter une position à peu près droite.
Je lui tends la pile de vêtements et je me remets à ricaner sans trop de raison cette fois. J'suis heureux, c'est tout.
- Mais t'es saoul !
- Noonn.
Et je m'approche de lui, l'air confident, m'accroche tant bien que mal à une de ses épaules et lui chuchote à l'oreille :
- En fait, si !
Et j'éclate d'un rire bruyant.
- Potter bordel, tu m'as éclaté un tympan ! jure le blond en me repoussant, alors même que la moitié de mon poids repose sur lui.
Je bascule dangereusement et il me rattrape de justesse.
- Comment t'es arrivé jusqu'ici ? me demande-t-il en me tirant dans son appartement et en me supportant vers son canapé.
- Trranspana-panage... tranplasnage... je reprends mon souffle. Trrrrr-
- C'est bon j'ai compris! s'exclame-t-il avant de me balancer sur le sofa.
- Je me demande comment t'as fait sans te démantibuler dans un état pareil !
- Chui trop fort !
- Ouais. D'ailleurs la dernière fois t'as failli faire sauter le sort anti-transplanage de mon appart' en les traversant.
- Chui l'survivant...
- C'est ça.
Malfoy pose les vêtements que je lui ai rapportés sur la table basse et va fermer la porte d'entrée avant de revenir me faire face.
Je suis affalé sur le sofa, bras grands ouvert et sourire omniprésent, comme un bienheureux. Déjà à moitié somnolent.
- Tu vas dormir ici, je suppose. T'as vraiment l'art de me faire chier Potter.
Et le blond va dans sa chambre pour en revenir avec une couverture et un oreiller qu'il me balance sur la tête, avant d'y retourner en claquant la porte.
Bien. Je vais dormir maintenant. Demain ce sont les regrets qui m'attendent.
Je me ferais sûrement pitié à moi même. Je n'oserais plus regarder Malfoy dans les yeux. Peut-être même que je partirais à l'aube, silencieusement, comme le lâche que je suis devenu.
Je le sais déjà mais ça ne gâche pas mon bonheur et je mets un point d'honneur à m'endormir le sourire aux lèvres.
L'oreiller sent comme les habits de Malfoy...
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Oh Non De Dieu. C'est pas vrai. Pitié, non.
Je n'ose pas ouvrir les yeux. J'ai la bouche pâteuse et une migraine qui se fait sentir. La lumière rougissante traversant mes paupières me laisse savoir qu'il fait déjà jour.
- Tiens.
J'entends la voix de Malfoy et j'ai envie de crever, là, tout de suite. Je sers les paupières un peu plus encore.
- Potter, je sais que t'es réveillé et j'ai pas la journée.
J'ouvre un œil, puis l'autre.
La lumière m'éblouit et je vois Malfoy penché au dessus de moi, encore une fois.
Je cligne des yeux et me redresse sur un coude avant de saisir la fiole qu'il me tend.
Je regarde le liquide, perplexe, me le rappelle comme de la potion anti-gueule-de-bois que j'ai pris l'habitude de consommer ces dernière années, ouvre la fiole et avale son contenu sans sommation.
L'effet est instantané, et je me sens encore plus mal qu'avant, puisque il semble que c'est toujours possible.
- Euh... Il est quelle heure ?
- Onze heures vingt, dit le blond dans un soupir.
- On est vendredi, tu ne travailles pas ?
- Je travaille chez moi.
Malefoy s'en retourne vers son semblant de cuisine, et en revient avec un plateau sur lequel reposent toasts et thé. Mon petit déjeuner.
Si on m'avait dit qu'un jour Draco Malfoy me ramènerait le petit déjeuner au lit, je... Je ne sais pas ce que j'aurais fait, personne ne m'aurait jamais annoncé un truc pareil, pas même cette vieille folle de Trelawney. J'ai l'impression d'être dans une autre dimension.
- Merci, je souffle.
Je me redresse mais garde la tête baissée, évitant son regard avec soin.
Le thé est bouillant, mais je me force à le boire. Trop peur des silences, trop peur de vomir si j'avale quoi que ce soit de solide.
Je me brûle la langue et j'abandonne. Mais je ne relève pas la tête de la tasse.
- Je suis désolé pour hier. J'étais pas dans mon état normal, je murmure presque, trop honteux pour parler haut et fort.
Je ricane sombrement :
- Ca m'étonne que tu m'aies pas laissé dehors.
- Ca m'étonne aussi Potter.
Je sursaute. Malfoy s'est installé juste en face de moi, comme la dernière fois. Une tasse de thé repose entre ses doigts cette fois.
Je l'observe, mais ne m'y attarde pas. Je n'ose toujours pas croiser son regard. Je me sens pitoyable.
Il sent mon malaise, je crois, et brise le silence :
- Merci d'avoir ramené les vêtements.
- Tu vas les brûler ?
- Non, je ne pense pas.
Je relève les yeux. Enfin. Et lui, il sourit. Pas d'un grand sourire, juste cette espèce de rictus qu'il avait déjà il y a des années de ça. Mais ça m'avait manqué.
Et je ris. Parce que c'est absurde et que je suis ridicule.
Parce que je suis heureux d'être là malgré tout. Il faut que ça continue, et j'ai une idée :
- Laisse-moi t'inviter à déjeuner. Pour me faire pardonner...
Malfoy hausse un sourcil.
Le fantôme de son sourire flotte toujours sur ses lèvres et à cet instant je sais qu'il va dire oui.
- Non.
... mais je me trompe souvent. Je m'affaisse.
- Pas à déjeuner. J'ai une traduction que je dois finir pour deux heures et j'ai pris du retard. Pour tout t'avouer, avec tes conneries, j'ai eu du mal à me concentrer ce matin.
Il a vraiment changé. C'est surprenant.
- Et à dîner ?
Là, je le regarde droit dans les yeux, j'attends et lui semble avoir ressorti son regard à rayon X. Il a l'air de m'analyser un moment avant de répondre :
- C'est d'accord.
Et c'est un sourire franc que je lui offre alors, comme aucun de ceux que j'ai pu faire depuis plusieurs années.
C'est terrible, mais je crois que je fais une bêtise.
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Review ?
