Titre : Collision

Rating : M

Bêta du chapitre : Angedescieux

/!\ Ce chapitre contient un lemon.

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Peut-être que c'est ça ma fin. Peut-être que je devrais arrêter le massacre.

Ou alors... Ou alors, je me douche et je nettoie les draps. Je me relève, je me coiffe et je range un peu.

Peut-être que ma vie n'est pas finie. Peut-être que ce n'était juste pas la bonne ?

Peut-être que dans celle-ci, il voudra bien de moi...

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Chapitre 6.

C'est amer. Comme une mauvaise noix.

Un pamplemousse ?

C'est une de ces choses que j'avale de travers. Mauvais souvenir, sale impression.

Ce fruit-là a un goût inévitable de régime bafoué et de famine... Les Dursley m'ont laissé un paquet d'associations rances et d'amertumes.

Le café ?

Sa peau sentait le café.

Je n'arrive plus à boire un café sans avoir l'impression qu'un quartier de pamplemousse est coincé dans ma gorge.

C'est surprenant comme l'esprit sait jouer des souvenirs et des sentiments, du dégoût, des regrets... Et créer des associations.

C'est décidé : dès maintenant, je boirai mon café accompagné d'un quart de pamplemousse. Puisque je ne peux pas éviter l'amertume, j'apprendrai à l'aimer.

Puisque je ne peux pas me passer de l'odeur du café.

Je ne m'en suis pas vraiment aperçu sur le moment. Je ne m'en étais pas aperçu dans ses vêtements. Non, c'est quand je me suis réveillé ce matin-là que ça s'est révélé à moi. Lorsqu'il ne me restait de lui que son odeur...

Draco Malfoy sent le café. Et même l'odeur du sexe avec lui sent le café.

Surprenant, n'est-ce pas ?

Ma vie n'a plus d'intérêt si ce n'est dans mon expresso du matin, les hommes blonds dans les rues et l'attente de lui... C'est toujours trois choses de plus qu'avant.

Comme si un but se rattachait enfin à mes journées.

Peut-être que quelque chose de bien va m'arriver... Après tout, je ne bois plus de thé.

Maintenant j'aime le café.

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Ca fait un mois.

Un mois que ma vie a commencé. Un mois qu'elle évolue et que je respire enfin sans avoir la constante sensation d'être un asthmatique en pleine crise.

Non. Maintenant, je suis un type qui attend. Dit vulgairement : je perds mon temps. Mais, j'ai la trouille, alors attendre, manger, dormir, c'est le mieux que je puisse faire. Pour l'instant.

Parce qu'il est parti. Il est parti, vous savez ? Il m'a surpris. Il avait plus de courage que je ne lui en supposais. Pas assez pour rester. Certainement pas pour venir me chercher.

Alors en vrai, ce que j'attends, c'est moi. Mais j'espère un peu que c'est chez lui plutôt qu'un élan se manifestera. S'il veut de moi...

Pense-t-il seulement à moi, parfois ?

"Ca fait un mois que ma vie à commencé" : je mens là.

Il y a un mois, quelque chose a changé, mais ce n'est certainement pas un renouveau. Non, ça fait un mois que je survis d'une façon différente, plus malsaine encore. Parce que vivre dans l'attente que quelque chose n'arrive jamais, ça n'a aucun intérêt, non ?

En vrai, je ne veux jamais le revoir. Puisqu'il est fort probable qu'il ne veuille pas de moi.

Vous savez ça, non ?

En vrai, j'ai trop la trouille de le revoir. Alors je ferme les yeux, je sers les dents, et j'attends la douleur. Parce qu'il reste une chance pour qu'il veuille de moi.

J'attends, parce qu'il me donne des raisons de rester là plus longtemps et qu'il y a en moi cette chose étrange qu'on peut très bien assimiler à un instinct de survie. Et cet instinct me dit que rien de bon n'arrivera si je le revois.

J'ai l'instinct très pessimiste, je l'ai toujours su, ça... Alors quelle importance.

Un mois.

C'est le temps que j'ai mis pour renaître.

Si on compare aux neuf mois initiaux, j'ai plutôt fait vite, finalement. Enfin, c'est sans compter les vingt-deux ans perdus en cours de route...

Oh, tant pis.

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- Salut.

Il est dix heures du matin. L'air est froid. J'ai chaud.

Draco est en face de moi.

- Bonjour, me répond-il.

Sa fossette me fait un clin d'oeil. Il est venu. Merci Merlin, il est venu.

Je lui ai envoyé un hibou, hier matin. Je ne sais déjà plus ce que j'ai écrit sur ce parchemin. Pourtant je l'ai tellement lu qu'en le nouant à la patte de mon messager, je le récitais par coeur.

C'est drôle comme les choses s'oublient, quand ça nous arrange... Avant j'oubliais de manger, maintenant j'oublie cette lettre. Si on relativise, on pourrait dire que ça s'arrange pour moi. Sinon, on pourrait penser que je perds la tête.

Oublier deux lignes, il faut le faire.

Etait-ce trop formel ? Trop personnel ? Trop court ? Trop long ? Trop impérieux ? Est-ce que ça se voit que j'ai envie de lui ? Ca ne ressemblait pas à une vulgaire invitation à forniquer, non ?

Tant de questions pour autant d'interprétations... C'est tellement plus facile de les oublier quand on ne peut plus rien changer.

C'est sans importance maintenant : il est venu.

- Tu voulais qu'on discute. Je suis là. Ta lettre était assez concise.

Qu'on discute. Ah oui, c'est ça.

Draco, je veux te parler de ma vie. Il se trouve, étrangement, qu'elle prend une part conséquente de ma personne et que depuis peu et indirectement, elle dépend exclusivement de toi.

- Je voulais mettre les choses au clair entre nous, dis-je. Je t'avoue que j'ai été assez secoué par ce qui s'est passé.

Quel euphémisme.

Il reste silencieux, un instant. Sage décision. C'est un sujet délicat : "nous".

- Je... Je suis parti parce que tu ne m'a pas demandé de rester, me dis-tu.

- ...

Je suis soufflé.

Foudroyé. Glacé.

Bon sang, ça fait cinq ans, Malfoy. Comment change-t-on autant, en cinq ans ? Parce que là, c'est une espèce de lancée héroïque qu'il vient de faire. Il se jette dans l'arène aux lions sans même savoir si je veux le voir les tuer ou se faire dévorer...

C'est insensé.

Il voulait rester ?

C'est délirant.

- Je-

Très éloquent.

Bon, je vais arrêter de me laminer deux secondes. Il faut que je réfléchisse.

- Tu voulais rester ? j'interroge, complètement ahuris.

Comme si la simple notion de "réfléchir" était au dessus de tous mes moyens.

- Potter, je suis pas stupide, il répond, l'air agacé. Je crois bien que je ne me trompe pas en disant que... cette nuit là... à chaque instant, tu t'attendais à ce que je m'en aille. Et je ne suis pas parti.

Un serveur nous accoste et attend notre commande. Un café pour moi. Lui aussi, prend un café. Il dit "la même chose", et je crois que tout ce qu'il veut, c'est qu'il s'en aille vite. Il n'y a pas grand monde sur la terrasse d'un bistrot, à Londres, au mois de janvier. Seulement les gens qui ne s'arrêtent ici que pour être certains de partir très vite.

Il s'éclaircit la gorge :

- Et... Et au final, je ne savais plus vraiment où j'en étais, si je voulais rester. Ou partir... Si tu me l'avais demandé, je serais resté. Mais c'est mieux que tu ne l'ais pas fait. Je pense.

Je me sens un peu déchiré là. Pourquoi ? Je... Est-ce qu'il me largue en bonne et due forme là ?

Je ne dis rien. Que dire ?

Le serveur revient. Avec les deux cafés. Le service est rapide...

Je sirote ma tasse, et je comprends maintenant qu'il ne dira plus rien. C'est à mon tour de parler.

Merde. C'est pas vraiment mon truc, tout ça.

- Pourquoi tu sens le café ?

Vraiment, vraiment pas mon truc.

Il quitte sa tasse des yeux et me regarde avec un air interloqué.

Tu m'étonnes.

- Pardon ?

- Euh, quand... Ce soir là, quand tu es parti, je me suis rendu compte que... tu sens le café.

Draco fronce les sourcils. Puis son front se déplie et il affiche un air de compréhension :

- Je prends une potion pour la concentration à base de graine de café. Pour rester focalisé sur mes traductions... Pendant un temps après la prise, ma transpiration doit sûrement sentir le café.

- Oh.

Je plonge dans ma tasse de café. Merde, je fais quoi maintenant ? Je croyais que ce serait plus facile. C'est idiot.

Draco, ça fait un mois que je n'arrête pas de penser à toi. Je te vois nu dans mes rêves et dans les tasses de café. Si je n'étais pas si nerveux là, je suis sûr que tu me ferais l'amour dans ma tête.

Est-ce que tu m'as fait l'amour ce soir là ? Tu penses à moi parfois ?

- J'ai beaucoup pensé à toi, dis-je à ma tasse de café.

J'entends la sienne se poser doucement sur la table.

- J'ai pensé à toi aussi, répond-t-il.

Je redresse la tête brusquement.

Ah bon ?

Il me regarde, droit dans les yeux. Un air infiniment sérieux fige ses traits.

On est des adultes, n'est-ce pas ?

Je mordille ma lèvre, nerveux, je reprends mon souffle et je me jette à l'eau :

- Est-ce qu'on ne pourrait pas se revoir ? Je veux dire...

- On va chez moi boire un verre ? me coupe-t-il. J'ai froid.

C'est inattendu. Merde, ça sent le bordel sentimental, tout ça...

- D'accord.

Ca va. On va aller chez lui. On va boire un coup, et peut être même qu'on baisera. Mais on va parler.

Quoi qu'il arrive, il faut qu'on parle.

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Son appartement.

Ce petit salon étriqué m'a manqué. Comme tout ce qui se rapporte à lui...

Il nous sert deux verres de Scotch. Et, cette fois, il s'assoit à côté de moi sur son petit canapé.

Jambe contre jambe. Bras contre bras.

J'ai les mains qui tremblent.

Il prend un verre et me le tend, prend l'autre, et me regarde.

Je pose mon verre sur la table basse, je prends le sien et je l'y mets aussi.

Et je l'embrasse.

Je le tiens par la nuque, les doigts dans ses cheveux, et je l'embrasse. Et après quelques instants, il agrippe mon pull, et il me répond désespérément.

Désespérément. Comme s'il en crevait de faire ça, comme s'il en avait autant envie que moi.

Et on s'embrasse. Notre position n'a rien de pratique, et je commence à me tourner pour lui faire face sur le fauteuil. Il s'étend et m'entraîne avec lui.

Je suis couché sur Draco Malfoy. Corps contre corps. Je sens chaque angle, chaque creux. Je le sens comme si chaque partie de lui s'emboîtait dans une partie de moi.

C'est divin.

On s'embrasse et on se caresse. On gémit et il se cambre. Merlin.

- Ah. Putain, enlève ça Potter, grogne Draco en tirant sur la ceinture de mon pantalon.

Je me contorsionne et j'obéis. J'ouvre ma ceinture, je retire mes chaussures et j'enlève mon jeans.

Je bande, et maintenant c'est bien évident. Je me replace sur lui, et il a les pupilles complètement dilatées. Je me relève sur un bras, et d'une main, je lui retire son pantalon et ses chaussures.

Il ne bouge pas. Les mains relevées, contre le canapé, il soulève juste son bassin pour m'aider à le déshabiller. Il est dur. Je suis à genoux au-dessus de lui et mes yeux sont à sa taille. Je me baisse un peu, et du bout des lèvres, je l'embrasse à travers son boxer. Surpris, il retient un cri.

Il gémit continuellement et il soulève ses hanches avec désespoir.

Je retire mon pull, parce que j'ai chaud, et puis je retire son sous-vêtement, parce que j'en meure d'envie. Et je le regarde. Je pose ma joue contre la peau douce de son sexe tendu, le nez dans son aine, et je sens son odeur de café.

- Harry, je...

Il halète, et passe une main dans mes cheveux, s'y agrippe et se cambre indécemment contre moi. Je me recule à peine et je laisse traîner mes lèvres humides et ma langue contre sa virilité. J'entends son souffle erratique et c'est terriblement excitant. Je passe ma langue sur la perle de désir qui pointe au bout de son sexe, et il hurle et se tend au-delà du possible.

- Attends, gémit-il.

Il me saisit par la nuque et me tire au dessus de lui. Il accroche son regard au mien et sans me quitter des yeux, envoie ses mains descendre mon caleçon autour de mes genoux et me caresse. Mes yeux roulent et ma tête part naturellement en arrière alors qu'il y va de trois vifs allers-retours de sa main sur moi.

Et il me lâche. J'ouvre les yeux et le voit se redresser sur ses coudes pour m'embrasser profondément, avant de se retourner doucement pour se trouver sur le ventre, puis à genoux, le visage plongé dans le creux du canapé, ses fesses plaquées contre mon sexe qui se voit pris de soubresauts incontrôlés.

Bordel.

Il ne m'en faut pas plus. Je le prends sans réfléchir.

Merde, il est tellement serré. Je ne l'ai préparé et j'ai dû lui faire mal, il a crié. Quand il me l'a fait, j'ai eu mal pendant des jours. Et s'il ne me laissait plus jamais le toucher ? J'en crèverais.

Je recule les hanches, un peu paniqué, mais il me retient d'une main derrière mon genou.

- Ah... Attends. Arrête de bouger, dit-il, la tête difficilement relevée, les dents serrées.

Et j'obéis. Tant bien que mal. Je serre les dents et je compte dans ma tête pour ne pas penser à l'étroitesse, à la moiteur, à l'étau qui me donne envie de bouger. De m'enfoncer.

Je suis suspendu à mon entrejambe, accroché à son cul, les mains ancrées dans ses hanches.

J'en crèverais.

Et il se passe une éternité, je crois. Les plus longues minutes de ma vie, peut-être. Je respire aussi profondément et lentement que mon souffle erratique me le permet.

Et il bouge enfin. Il tente un mouvement en arrière qui me surprend et je relâche un peu la pression sur ses hanches. Je sers les dents plus fort, mais je ne sais pas si je tiendrai encore longtemps sans bouger.

- Mm... Bouges.

Il n'a pas à le répéter deux fois. Je recule doucement, attentif à ses réactions. Et comme aucune ne vient, je m'enfonce à nouveau. Plus lentement cette fois.

Après plusieurs mouvements, j'accélère un peu. Je l'entends grogner une première fois et il rejoint mon mouvement d'un coup de hanche en arrière. J'essaie tant bien que mal de contrôler un peu mes gestes désordonnés et je décide de partir à la recherche de sa prostate. Puisque c'est ça qui m'avait fait tant de bien la dernière fois.

Je gémis et j'ai le ventre en feu. Je me penche sur lui, et j'embrasse son dos. Et dans le mouvement qui suit, il grogne de plus belle, se cambre et bascule sa tête en avant en remuant son bassin plus vite encore.

Ah, la voilà.

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On l'a fait encore une fois. Dans sa chambre. Avec moi en dessous de lui. Face à face.

C'était bien. C'était plutôt génial en fait. On a pris notre temps cette fois.

Aujourd'hui, j'ai couché deux fois avec Malfoy.

C'est... Surprenant. Malfoy et moi. Moi et Malfoy.

A Noël, j'en ai vaguement parlé à Hermione. J'ai dis "un type". Elle était surprise. Elle n'a pas jugé. Elle m'a sourit et elle a dit qu'elle était heureuse de voir que j'allais mieux.

Je vais mieux ?

Ron doit sûrement être au courant à l'heure qu'il est. Ils ne se cachent rien. Que dirait-il, s'il savait qu'aujourd'hui, j'ai dormi dans le lit de Malfoy, nu comme lui.

J'ai du mal à imaginer. J'ai du mal à penser à quoi que ce soit d'autre que Draco de toute façon...

Tout à l'heure, quand on s'est étendu l'un à côté de l'autre, épuisés, et que mes jambes tremblaient encore du sexe qu'on a eu ensemble, je lui ai demandé si je pouvais rester.

Il a répondu oui. Puis il s'est tourné vers moi, et avec la maladresse d'un homme qui n'a jamais dormi nu avec un autre homme, il m'a pris par la taille et s'est assoupi contre moi.

J'ai dormi aussi. Ca fait longtemps que je ne me suis pas senti aussi bien en ouvrant les yeux au réveil. Très longtemps. J'avais des cheveux blonds dans le visage, l'odeur du café dans le nez, et un foutu élan dans les poumons. Comme si chaque baiser de lui avait été un bouche à bouche particulièrement bien exécuté.

Il dort encore et je le regarde comme un amoureux transi.

Quand il se réveillera, il faudra qu'on parle.

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Review ?