Titre : Collision

Rating : M

Bêta du chapitre : Still-hopee

/!\ Ce chapitre contient un lemon.

RAR :

Mimix-Xera : Tu as bloqué la fonction "message privés", alors je te réponds ici. Et oui, j'essaie de maintenir une certaine ambiguïté tout en préservant le caractère original des personnages. Mais je ne maîtrise pas parfaitement cet exercice.

Simen : Effectivement, j'essaie vraiment de coller aux personnages d'origine. Pour le déménagement de Harry, c'était une décision coup de tête. Il fallait qu'il parte pour que la situation se débloque.

Shiniyaoi27 : J'essaie de ne pas tomber dans les stéréotypes, oui.

Liz : Ce sont de très bons encouragements, je t'assure.

Lucile Dio : Tu as bloqué la fonction "message privés", alors je te réponds ici. Pas trop à attendre... Oui, navrée pour ça.

Manon : Pas une décennie d'attente, mais rien de bien mieux malheureusement.

Kath : Oh, il faut vraiment que je mette à jour mes fics sur les autres sites de publication. Je suis contente de voir que tu as retrouvé la suite ici.

Luna : Quelle fantastique review ! Malheureusement, ici je ne peux que te donner une réponse brève. Ca m'enchante de savoir que tu apprécies tant cette histoire, et j'adore savoir que tu la trouve si "vrai". Le réalisme est l'aspect que j'étudie le plus lorsque j'écris et je ne suis jamais sûr du résultat.

Kause : L'attente, l'attente... Navrée.

Crazykaori : Tu as bloqué la fonction "message privés", alors je te réponds ici. C'est vrai que le changement chez Draco est assez radical. Mais j'aimais assez l'idée que lui et Harry se retrouvent dans une mauvaise passe, et qu'ils se remettent d'aplomb chacun leur tour, pour l'autre.

Plume : Merci de tous ces compliments, ça me touche beaucoup.

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Le brun écarquille les yeux et je le regarde comme je l'aurais fait il y a dix ans, avec tout le dédain et la passion nerveuse que j'ai dans les tripes.

- On va rentrer chez toi Potter, et tu vas me faire l'amour.

- Qu- ?

- Tu veux pas comprendre, alors je vais te l'enfoncer dans le crâne : nous deux, c'est pas fini.

Je paye le serveur et je pars sans attendre.

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Chapitre 12.

J'ai tout juste le temps de m'appuyer contre la devanture de sa boutique que Potter tourne au coin de la rue.

Il a l'air prêt à frapper, comme quand on était gosse.

C'est ce que je voulais. Nous, c'est pas paisible et tendre comme ce qu'on avait. C'est là qu'on s'est trompés, vraiment. Le balafré et moi, un couple affectueux sans histoire ? C'est une sacré anomalie ; une absurdité.

Le brun me fonce dessus et m'attrape par la chemise. Et il me plaque violemment contre le mur.

Je ricane.

- Non mais à quoi tu joues ?

- Je joue pas Potter. La porte est fermée. Ouvres-la.

Il reste collé à moi et me dévisage. Du coin de l'oeil, je vois les nocturnes du bistrot d'en face regarder dans notre direction. La serveuse blonde n'est pas là... Dommage.

Je sens le souffle du Gryffondor sur ma joue et je frissonne. Est-ce que si je l'embrasse, il expirera contre moi comme il le faisait à chaque fois ? Et si je le fait fort, est-ce qu'il m'écrasera contre le mur ?

Sans réfléchir, je l'attrape par les côtés et presse mes lèvres contre les siennes.

Mais il n'expire pas. Il me repousse brusquement mais ne me lâche pas. Il éloigne son visage et presse ses hanches contre les miennes.

- A quoi tu joues, Potter ? Ouvres la porte, j'ordonne.

Il me toise, l'air de soudain comprendre ce que je fais. Je lui donne une chance de nous retrouver. Comme on s'aime : avec rage. Allez Potter, je sais que tu en meurs d'envie...

Il acquiesce silencieusement et se détache de moi pour entrer dans sa boutique. Je le suis de près, l'attrapant par le bras avant de fermer la porte d'un coup de pied. Je m'appuie contre elle et j'observe mon amour. Il fuit mon regard et je le vois déglutir.

C'est peut-être un peu trop pour lui.

Je lui attrape le menton d'une main tendre et je me penche pour le regarder dans les yeux :

- Nous, on se cogne, Potter. On a ça dans le sang. On adore se détester et on fait ça très bien.

Mais ça ne va pas. Son regard me fuit, et j'entends à peine quand il me dit :

- Je t'aime.

Sa voix se brise et il serre une mâchoire tremblante.

Ne fais pas ça Harry, pas maintenant.

Le silence qui suit est pesant. Je soupir longuement. Il est vraiment malheureux.

Je le prends doucement dans mes bras.

Mon idiot de Gryffondor s'accroche à moi avec désespoir et je le laisse faire avec bonheur.

Ok, ce n'était peut-être pas l'idée du siècle.

- D'accord, je chuchote. D'accord.

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On l'a vraiment bousillé.

Harry Potter. Le Survivant. Le gosse qui a grandi dans un placard. Le petit binoclard qu'on essayait de crever tous les quarts d'heures.

Et un beau matin, plus rien. Fini le danger, fini le drame, plus que le quotidien, mais comme il ne l'avait jamais connu.

Harry Potter avec un avenir : c'était quelque chose d'aberrant.

Et moi, Draco Malfoy, le Serpentard qui porte des costards trois pièces, je dois ramasser les morceaux.

- Faut croire que j'ai vraiment besoin de toi, Potter...

Merlin, j'en ai vraiment besoin. Sinon, qu'est-ce que je foutrais là ?

Je l'ai embrassé, doucement. J'ai l'ai emmené dans sa chambre, je l'ai déshabillé. Il est resté aphasique, à me regarder, comme fiévreux. J'ai enlevé ma chemise et mon pantalon et je me suis foutu sous les draps, dans son lit.

Allongés face à face, on s'est lorgné dans le noir jusqu'à ce qu'on s'endorme.

Dans quel genre de merdier je suis en train de me mettre ?

Il est neuf heures, c'est le matin. Harry dort encore. Je l'observe depuis le coin opposé de sa petite chambre. J'ai fouillé dans ses affaires, pour passer le temps. J'ai trouvé un balai de Quidditch dans son armoire. Je suis rassuré de savoir qu'il y rejoue : c'est bon signe. Il a un tas de bouquins de Défense contre les Forces du Mal ; des préservatifs et du lubrifiant trouvés dans sa table de chevet m'ont vaguement agacé ; il garde aussi un paquet de lettres des différents membres de la tribu Weasley.

Je commence à explorer son tiroir à chaussettes quand il se réveille :

- Draco ?

- Hm...

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je t'attendais, je lui réponds avant de lui faire face en m'accoudant nonchalamment à sa commode. Bien dormi ?

Le brun se redresse en clignant des yeux.

- Il est quelle heure ?

- T'occupes pas de ça. Tu peux bien fermer boutique pour une journée ?

Il hausse une épaule et se laisse retomber sur le lit. Il se passe les mains sur le visage.

- Je suis désolé, marmonne-t-il.

- C'est pas grave.

Il est beau, ce con. Il a les cheveux dans un tel bazar, ça le rajeuni d'une année : quand je l'avais nu, dans mon lit. Il ne porte qu'un caleçon, et moi je n'arrive pas à arracher mon regard de cette foutue ligne de poil qui lui passe en dessous du nombril. Mais je sais me contrôler. Je suis un Malfoy après tout.

- Je t'aime, Potter. Ne te méprends pas là-dessus.

Le Gryffondor retire ses mains pour m'observer, l'air surpris.

Je me suis réveillé il y a deux bonnes heures et j'ai eu le temps de réfléchir. Dans un geste las, je tire une chaise de bureau - celle-ci vient du salon, je l'ai ramené pour l'effet dramatique - et je m'y installe, jambes étendues devant moi.

- Je suis toujours le même : j'estime être bien plus important que le commun des mortels, plus beau et plus intelligent.

Harry me lance un coup d'oeil sceptique, mais il a un sourire et je lui rends un rictus que je sais ravageur.

- Je suis l'élite, Potter : un homme d'exception. Et j'ai besoin de quelqu'un hors du commun. Ca, c'est toi, j'ajoute en le désignant d'un mouvement de tête.

- Je ne suis pas...

- Ferme-là et écoute, je le coupe. J'ai grandi en écoutant l'histoire du célèbre Harry Potter. Un gamin exceptionnel ! Et qui n'était même pas moi ? Mon père m'a expliqué qu'il était très puissant, cet enfant, et qu'il aurait du pouvoir. Et j'ai été élevé à chercher le pouvoir, Potter. Quand je suis arrivé à Poudlard, j'en connaissais déjà pas mal sur toi...

- J'en suis désolé.

- J'étais sérieux quand je disais qu'on a ça dans le sang, je reprends en ignorant sa remarque. On se cogne, parce qu'on aime ça. Quand tu as refusé de me serrer la main, enfant, j'ai décidé que puisque je ne pouvais pas avoir ton amitié, je t'insupporterais. Tout, pourvu que ce ne soit pas de l'indifférence. Et j'ai réussi, j'ajoute avec un demi sourire.

- C'était il y a longtemps, me dit Harry.

Il se redresse contre la tête du lit et me regarde tristement.

- Oui. Mais c'est notre histoire. Te haïr, c'était ma façon de t'adorer. Et je suis doué Potter, si bon que j'ai réussi à t'obséder comme je le voulais. Mais on est plus des enfants. Adolescents déjà, se tourner autour comme on le faisait, ça n'avait rien d'innocent. On était juste trop jeune pour s'en rendre compte. Mais tu te rappelles de cette tension ? Je sais que ce n'était pas que moi, Potter : l'exaltation à chaque fois qu'on parvenait à en venir aux mains...

Je me tais en voyant sur le visage du Gryffondor un sourire nostalgique.

- Je croyais que c'était l'adrénaline, ricane-t-il. Qu'est-ce qu'on était cons.

- Maintenant on est adultes, alors on s'envoie en l'air. Mais il faut que tu l'acceptes, Potter. Il faut que tu grandisses.

- C'est à moi que tu dis ça ?

- Tu passes ton temps à fuir. Moi j'ai mis du temps, mais j'ai repris ma vie en main. Je n'ai besoin de rien ni de personne, Potter, pour vivre comme je l'entends. Mais c'est plus excitant quand tu es là. Tout est plus excitant avec toi.

- Tu me fais une déclaration ?

- Je te dis la vérité. Et ne va pas me faire croire que ta petite crise de tétanie d'hier n'avait rien à voir avec moi, je susurre. Ca te terrifie, l'idée que je te déteste.

Le Gryffondor a l'air en difficulté. Il grogne et détourne les yeux. C'est le moment d'abattre mes dernières cartes :

- Demandes-moi de rester, Potter, et plus jamais je ne m'en irais. Mais j'ai mieux à t'offrir ; meilleur que le soleil et nous deux sur la plage. Je vais te redonner l'envie, Potter : tout ce que tu avais à la fin de la guerre, quand tu voulais des gosses et une petite maison avec un grand jardin pour jouer au Quidditch. Et on pourrait aller s'exhiber devant tes vieux potes de Poudlard et admirer la gueule qu'ils feront en nous voyant nous rouler un patin.

Le brun me regarde avec les yeux écarquillés.

- Est-ce que c'est possible ?

Oh, Harry. Mon beau, mon si naïf Harry.

- Qu'est-ce que tu crois que j'ai foutu pendant un an ? Je t'ai préparé le terrain. J'ai redoré mon image. Si bien, en fait, que tout le monde t'enviera de m'avoir dans ton pieu. Et j'ai des contacts partout, sans parler de la maîtrise totale de mon image médiatique. Je peux gérer les journaux sans aucune difficulté. Tu reviendras au monde, Potter, et je vais te monter l'histoire idéale. Ils seront contents de te revoir et ils te foutront la paix.

Dehors, le bruit du tonnerre retentit.

L'atmosphère est chaude et moite et la population gronde d'un bruit nouveau. Le Gryffondor se lève d'un coup et va se pencher à la fenêtre de sa chambre.

- Il va pleuvoir ! s'exclame-t-il avec un grand sourire.

Je me lève et le rejoins devant la fenêtre. Je place une main dans le creux de ses reins et m'appuie nonchalamment à ses côtés. Il se mordit la lèvre et me jette un coup d'oeil du coin des yeux. Je hausse un sourcil. J'attends sa réponse.

- Il est où le piège ? me demande-t-il doucement.

Oui. Il est où le piège ? En voilà une question intelligente.

Je place mes mains sur le rebord de la fenêtre et tends les bras gracieusement.

- Tu devras rester avec moi, Potter. Et il va falloir que tu me fasses confiance.

Je lève la tête et le ciel est gris sale.

C'est une journée magnifique qui s'annonce.

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Il m'a dit oui comme on dit non...

Je l'ai laissé noyé ses doutes sous une douche, le temps que je décide de la marche à suivre.

Il va falloir déménager. Potter devra trier ses affaires et faire un choix quant à ce qui adviendra de sa boutique et de l'appartement. Il va falloir transférer ses biens et ses comptes à Gringotts. Il devra dire au revoir aux amis qu'il s'est fait ici et prévenir ses proches de Londres qu'il va rentrer - autant dire toute la tribu Weasley.

Quelques jours suffiront.

J'entends l'eau dans la salle de bain s'arrêter.

Il est dix heures passé et on attend encore le déluge.

Avec les restants de mon passé d'homme modeste, je prépare le petit déjeuné. L'appartement embaume l'odeur du bacon lorsque Potter me rejoint. Il a un grand sourire - de ceux qu'on affiche lorsqu'on retient un éclat de rire inexpliqué. Il est heureux.

L'idiot.

Je me contrôle pour ne pas prendre des airs affectueux et m'installe derrière le bar. Potter, tout sourire, s'assoit en face de moi avec un air affamé. On mange en silence. Je lui jette un ou deux coup d'oeil blasé et lui ne cesse de me zyeuter avec l'air enchanté.

On dirait que la douche lui a bien réussi, je songe avec un rictus suffisant.

Le brun mange encore comme un gosse habitué aux privations : goulûment, sans jamais s'arrêter. Et lorsqu'il avale le contenu de son verre de jus, l'inévitable filet orange lui coule du menton et lui dégouline sur la gorge.

Quel spectacle...

Pour le coup je m'arrête : des pensées folles me traversent. Le liquide a perlé en une grosse goûte dans le creux de sa clavicule et des images intenses et précises de chaire nue et de corps entrelacés me brouillent la vue. J'ai le vertige, un instant. Un courant électrique me vrille les reins et j'expire brusquement.

Je focalise mon regard, réglé à la perfection sur un Potter hésitant. Il a vu ce moment de faiblesse. On a été intime, après tout. Et par là, je veux dire que je l'ai laissé baisser ma garde. Je me suis envoyé un tas de nanas, mais aucune d'entre elles n'a vu ce que je ne voulais pas qu'elles voient.

Potter, par contre... On a presque vécu ensemble. On a littéralement grandi ensemble. Et, alors même que toute mon éducation se révolte contre cette idée... je lui fais confiance.

Je me fie à lui.

Et ce n'est pas grave, si je suis vulnérable, tant que c'est devant Harry Potter. Ou dessus, ou dessous, derrière même, qu'importe la position, mais je peux lui donner ça : un aperçu de ce qui me passe sous le crâne, quand ça me prend et comme ça me prend.

Il a appris à me traduire depuis le temps.

Il me comprend comme personne, mon Potter. Et pourtant, il hésite.

- Hier soir...

Le Gryffondor s'éclaircit la gorge. Il a la voix éraillée et je l'observe patiemment. Il ne faudrait pas le brusquer.

- Hier soir tu m'as dit que tu me laisserais te faire l'amour.

Il ne me regarde pas tout à fait, comme s'il venait de dire la pire des idioties.

- J'ai dit que tu allais me faire l'amour, oui.

Et je prends soin de corriger la faute de sémantique. Je ne laisse personne faire les choses. Je les fais ou je décide qu'ils les font. Mais je ne laisse pas faire.

Potter me regarde, de ses deux foutus yeux verts. Il n'a plus l'air timide ni hésitant.

- Finalement non.

- Pas encore, non, je susurre calmement.

Il cherche la petite bête. Ce n'est pas chez moi qu'il va la trouver.

- Qui a dit que j'avais encore envie de toi ? Encore envie de ça ? Ca fait un an, Draco, et tu me demande de tout quitter pour toi ?

L'air blasé, je pose mes couverts. Dans un geste maîtrisé, je me lève et place mon assiette sale dans l'évier avant de contourner le comptoir - et Potter - et de me placer entre la porte d'entrée et celle de sa chambre.

- Tu avais encore envie de moi après cinq ans... Et tu n'avais même pas eu la chance de m'avoir déjà eu, à l'époque. Et - regardes les choses en face Potter - tu as déjà tout quitté pour moi : quand tu es venu ici.

Il me fixe depuis son siège de bar, à moitié tourné, l'expression fermée. J'en ai marre de jouer.

D'un pas, j'entre dans la chambre. Lentement, je contourne le lit tout en déboutonnant ma chemise. De la pièce à vivre, je n'entends pas un bruit. Dehors le ciel tonne et la foule s'agite.

Mais je m'en fou.

- Qu'est-ce que tu attends Potter ? j'entonne. Une invitation sur papier doré ?

Je ricane en entendant le fracas d'un siège renversé, suivit d'un juron étouffé. Je retire soigneusement les vêtements que j'ai enfilés ce matin et les pose pliés sur la chaise de bureau.

Harry entre et s'arrête dans l'encadrement, l'air nerveux. Il ne sait pas ce qu'il veut. Je roule des yeux.

- Tu m'embrasses.

J'aurais dû le dire comme une question, mais il ne faut pas trop m'en demander. Il le prendra comme ça le chante, du moment qu'il s'exécute.

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C'est maladroit et brouillon.

J'avais oublié ce que c'est que d'avoir sous les mains le corps d'un homme.

Harry se mord les lèvres, comme quand il est nerveux. Debout face à face, nus comme deux Adams, on entreprend une danse mal coordonnée où nos jambes s'entrelacent et nos mains s'accrochent.

On est en perte d'équilibre.

Et parce que je me sens con de le fixer comme ça alors que je bande comme un fou, je plonge mon visage dans le creux de son cou et je mords avec appétit sa chaire nue.

Et tout s'accélère... Les tendres retrouvailles se transforment en fouillis précipité. Harry me saisit et me serre entre ses mains fortes. Il me pousse ; on se cogne contre la commode et on tombe sur le lit. Je m'accroche aux draps pour ne pas qu'on bascule au sol et je nous remonte plus haut sur le matelas. Je grogne de bonheur sous la pression que le Gryffondor exerce sur moi et des lèvres chaudes viennent engloutir mon souffle.

Le brun s'installe au-dessus de moi. Il ajuste ses membres pour que mes jambes encadrent ses jambes et que son bassin s'aligne au mien. Et avec soin et calcul, Harry laisse son corps se presser contre mon corps.

Je gronde, comme brulé par toute sa peau qui touche ma peau.

Le tonnerre retentit au loin et la pluie tombe brusquement dans un grand fracas.

Et je reconnais le poids qui m'écrase et l'abandon. Le touché ferme et les formes dures. La force brutale qui me soumet avec langueur. La confiance et l'adrénaline qui accompagne le consentement. Et le sentiment obsédant qu'on a juste avant l'acte, d'être vide. Le besoin qu'il entre. Dedans.

Je gémis pathétiquement, mais je sais qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

Harry grogne et je vois, derrière mes cheveux qui me tombent sur le visage, ses yeux écarquillés.

Et oui Potter, tu ne croyais tout de même pas que tu allais trouver ça dans les bras d'un autre ? Jamais tu ne prendras un tel plaisir à voir un homme se soumettre à toi, s'il n'est pas Draco Malfoy.

Je lui arrache un baiser avec un rictus. Désires-moi Potter, parce que jamais tu n'auras rien de plus beau que moi.

Et sans le lâcher du regard, je remonte mes jambes jusqu'à nouer mes chevilles au creux de ses fesses. Et je serre. Il se presse plus fort contre moi et saisit maladroitement mes épaules, les pupilles dilatées.

Et tout ça avec tant de désespoir... Si je ne me consumais pas, j'en pleurerais surement. Mais je brûle. Mon ventre se tord et mes cuisses se contractent spasmodiquement. Et il n'est même pas encore en moi.

Mais j'ai fait une promesse. Et je ne m'y tiendrais pas si on continu comme ça.

Alors brusquement, je me détache de lui. Je le repousse rapidement, avant de trop regretter son contact. Il me regarde, l'air terrifié, et ça me fait chaud au coeur qu'il ait si peur que je m'en aille. Mais je me contente d'entrouvrir les yeux. Je le lorgne, une main au creux de sa nuque. Puis je me tourne.

Face à la tête de lit, je m'agenouille et je me tends en arrière. Je sais que c'est obscène et je sens le matelas bouger au rythme de ses mouvements incontrôlés, cinquante centimètres derrière moi.

Je le veux fou. Il ne doit plus jamais pouvoir se passer de moi et je veux que mon cul le hante pour le restant de ses jours. Je veux qu'il bande dès lors qu'il fermera les yeux, et qu'il entende le son de la pluie à chaque fois qu'il se masturbera.

Je pose mon front contre mon bras et je presse deux doigts entre mes lèvres. Je sais que sa table de nuit renferme tout ce qu'il faut, mais je ne tiens pas à encombrer ce moment de gestes inutiles.

Mon corps se courbe et s'expose sans gêne. Il n'y a pas de tabou et personne à impressionner. Pas de peur de me montrer tel que je suis : suppliant.

Et c'est à genoux que je me prépare. Pour Harry.

Après d'interminables minutes, je sens une expiration tremblante sur mon dos, une main m'effleurant du bout des doigts... Et un membre lourd se pressant contremoi.

Enfin.

Dehors, la pluie tambourine contre les toits des bâtisses et je la sens battre dans mes oreilles comme s'il s'agissait de mon sang.

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Review ?