«-He, Ice, regarde, Ludwig vient d'arriver ! », s'exclama un brun en s'adressant à son voisin de table.
Évitant d'un mouvement presque automatique la horde de flageolets qui avait volé hors de la fourchette de Feliciano -le brun-, le-dit Ice se tourna pour observer Ludwig, le petit-copain de Feliciano s'avançait vers eux accompagné de... Ice baissa instantanément la tête vers son magnifique plat de flageolets baignant dans un étrange liquide verdâtre et visqueux. Vraiment passionnant... et cette petite tâche noire -du poivre ?- rendait le tout encore plus attrayant... Absorbé dans la contemplation de son assiette, il n'entendit pas le raclement de la chaise à côté de lui et il ne fut tiré de ses pensées ô combien intéressantes que par un claquement de doigts devant ses yeux. Il reprit brutalement pied avec la réalité, regarda le propriétaire des fameux doigts et s'étrangla.
«-Quoi, tu es tellement content de me voir que tu en perds tes mots ?
-Arrête de dire des conneries, répliqua Ice en grognant, essayant d'ignorer les papillons qui dansaient la lambada dans son ventre.
-Ice, pas maintenant, soupira Feliciano, la tête sur l'épaule de Ludwig, tu te souviens comment ça s'est fini avec Kaoru la dernière fois ? »
En effet, un mois plus tôt, Ice s'était tellement énervé qu'il avait lancé son yaourt au visage de Kaoru -le brun présentement assis à côté de lui- qui avait bien sûr répliqué et ce qui aurait pu être un petit accrochage avait dégénéré en bataille de nourriture collective. Vu que personne ne savait vraiment qui avait commencé, Ice n'avait pas eu de problèmes et l'incident avait donc été clos. Cependant, Feliciano en avait voulu à Ice pendant un bon bout de temps car l'islandais avait pris ses sacro-saintes pâtes à la carbonara pour les renverser sur un terminal qu'il n'aimait pas. Or, si l'italien était coulant sur beaucoup de chose, jeter ses pâtes était un bon moyen de vous en faire un ennemi redoutable. Il paraissait gentil au premier abord, d'ailleurs il l'était, mais son côté sombre, lui, l'était beaucoup moins... Ice leva les mains en signe de paix, se dépêcha d'engloutir son déjeuner et s'enfuit du self au pas de course.
Une fois dehors, il se mit à courir comme un dératé vers sa salle de cours -bien qu'il lui restait plus d'une heure avant la prochaine sonnerie- et se laissa glisser le long du mur en expirant bruyamment.
«-Rah, il a dû me prendre pour un crétin fini !... Ouais nan en fait, c'est déjà le cas. Mais c'est encore pire !, s'exclama Ice en frappant sa tête sur ses genoux.
Il finit par s'arrêter en constatant que cela ne changeait absolument rien à sa situation. Il laissa sa tête retomber contre le mur puis soupira en farfouillant dans son sac pour en sortir une feuille blanche et un critérium en métal. Il posa la mine sur sa feuille, traça un trait et se stoppa net. Rien. Le néant dans sa tête, pas d'inspiration, pas d'étincelle qui lui permettraient de se plonger dans son dessin et de tout oublier, de la couleur de ses chaussettes de la semaine dernière jusqu'à son prénom, en passant par Kaoru. Il oubliait surtout Kaoru en fait, mais depuis quelque temps -le début de l'année de terminale en langage Icenien-, même quand il dessinait, le visage de l'asiatique revenait tout le temps. Encore qu'il pouvait s'estimer heureux, il avait arrêté de rêver de lui, pas comme l'année dernière.
Le premier matin où il s'était réveillé après avoir rêvé de Kaoru, il n'avait pas compris pourquoi. Lui et le brun étaient juste des amis depuis la classe de seconde...Il lui avait fallu plus d'une dizaine de rêves, assez... gênants pour la plupart, pour qu'il se rende compte qu'il était tombé amoureux de Kaoru. Depuis le jour où il s'en était rendu compte, en première alors qu'il parlait de l'amour à sens-unique avec Feliciano, jusqu'à aujourd'hui, en Terminale et proche du bac, il avait retourné le problème dans tous les sens pour en arriver à une seule conclusion : il était profondément et définitivement fou amoureux du hong-kongais -dont la réciprocité des sentiments ne semblait pas être à l'ordre du jour.
«-Que ma vie est merveilleuse. Calme, tranquille, une vraie brise de printemps »,grommela Ice en fourrant rageusement sa feuille dans son sac. Il prit à la place un livre qu'il devait lire et se plongea dans l'œuvre.
Il fut tiré de sa lecture trois quarts d'heure plus tard par un bruit de pas. Il fronça les sourcils, ne reconnaissant pas la légèreté de la marche de Feliciano, ni la lourdeur des pas de Ludwig et de ses doc Martens. Pas de bruit de talon, pas une fille donc... Il se résolut à lever la tête, maudissant celui qui le dérangeait.* Tiens c'est Kaoru... KAORU ?* cria mentalement Ice. Le brun s'avança vers l'islandais, ignorant complètement que le cœur de ce dernier dansait la rumba dans sa cage thoracique.
«- Je te trouve enfin ! Pourquoi t'es parti aussi vite ? Feliciano a cru que tu n'allais pas bien. Je ne te dis pas le cirque qu'il nous a fait quand il a vu que tu n'étais plus là.
-Maintenant que tu m'as retrouvé, on va les rejoindre ? », fit Ice en se levant l'air nonchalant.
*J'admire mon talent de comédien. J'ai dû être acteur dans une autre vie* pensa Ice avec cynisme.
Pour un peu, il en aurait presque préféré que tout se devine, histoire que cette affaire soit réglée. Sauf que l'issue ne serait certainement pas en sa faveur et rien que cette idée suffisait à lui coudre à la bouche. Il secoua la tête, officiellement pour remettre sa mèche en place, officieusement pour s'empêcher de penser à cela puis il commença à avancer, suivi par Kaoru. Ils n'échangèrent aucune parole pendant leur marche et ils ne brisèrent le silence que lorsqu'ils retrouvèrent Ludwig et Feliciano, entrain de s'embrasser contre un mur -comme ils faisaient à peu près tout le temps- sous le regard soit attendri des filles, soit blasé des garçons qui ne faisaient plus grand cas de leur démonstration d'amour publique.
Fut un temps, l'année de leur seconde, où cela n'était pas le cas, où la plupart des garçons leur tombait dessus pour les insulter et cela dégénérait souvent en un remix de « Wall of Death » sans le son, avec d'un côté le groupe des pros, de l'autre les antis. Cependant, tout s'était calmé le jour où, lors d'un de ces combats, Ludwig avait été frappé un peu trop fort et avait carrément traversé une des portes vitrées avant de frapper de plein fouet l'arrête du mur en plein sur la nuque. Le choc l'avait quasiment assommé, le laissant à genoux au sol, la tête entre les mains. Un grand silence avait alors figé tout le monde, jusqu'au moment où Feliciano, qui n'intervenait jamais d'habitude, avait tourné la tête vers celui qui avait blessé Ludwig. Ses yeux bruns grands ouverts, sans aucun sourire niais aux lèvres. Et bizarrement, Romano -le grand-frère de Feliciano- leur avait gueulé dessus pour qu'ils se calment ou cette affaire allait mal se finir. Sur le coup, son air un peu effrayé n'avait étonné personne... tout simplement parce que voir Feliciano laisser quelqu'un KO d'un seul coup de poing était beaucoup plus choquant qu'un Romano pacifiste. Et lorsque le petit italien avait posé sur les autres un regard plus tranchant qu'une lame de rasoir, plus personne n'avait eu envie de se battre. Depuis cet épisode, aucun élève n'avait été assez fou pour chercher des noises au blond et au brun, et même aux autres gays du lycée, de peur de représailles.
Ice sortit de son flash-back en entendant la sonnerie et il se dirigea vers son prochain cours -soit philosophie- avec lenteur, Feliciano sur ses talons. *Youhou, c'est parti pour deux heures de philo ! Comment se passer de cette matière, franchement celui qui l'a inventé doit être un dieu !* ironisa Ice dans son esprit. Déjà qu'il n'aimait pas la philosophie avant, depuis qu'ils avaient abordé un sujet sur l'amour, le peu d'intérêt qu'il avait pour cette matière s'était envolé. Heureusement qu'il avait Feliciano pour papoter discrètement, sinon il aurait tout fait pour passer ses heures à l'infirmerie ou ailleurs que dans la salle. Sauf qu'il y avait un côté négatif au fait qu'il soit avec Feliciano : ce dernier lui parlait tout le temps de Kaoru. Alors ok, il était amoureux, ok c'était Kaoru mais, bon sang, qu'on arrête de lui dire qu'il y avait toujours de l'espoir et que si cela se trouvait, Kaoru l'aimait et qu'il devrait lui avouer ses sentiments, etc... Sa situation était déjà suffisamment éprouvante, alors si en plus il rajoutait un dégoût de l'asiatique pour lui, il pouvait directement se déclarer dépressif à vie.
Les deux heures passèrent extrêmement vite pour une fois et ce n'était pas Ice qui allait s'en plaindre. Balançant une nouvelle fois son sac sur son épaule, il sortit de la salle le plus rapidement possible, se dépêchant de rejoindre Ludwig et Kaoru dehors. Arrivés aux portes, Feliciano et lui commencèrent une traversée en apnée du « mur des fumeurs » qui se dressait devant l'entrée. C'était l'épreuve de la journée : passer, sans respirer et sans bousculer ou écraser le pied de quelqu'un, un groupe compact de fumeurs entrain de tirer sur leurs clopes ou recrachant avec grâce une fumée nauséabonde. Ô petit bonheur quotidien, Ô joie de ne pas pouvoir supporter le rejet de ce magnifique bâton de nicotine !
«-Vee, fit Feliciano un fois sortis, il faut vraiment leur dire de rester dans la cour, j'en peux plus de passer ici !
-Tu leur diras, je serais trop occupé à purifier mes poumons. Pourquoi est-ce qu'ils sortent tout le temps ?
-Je crois que c'est pour « prendre l'air » ou quelque chose comme ça...
-Prendre l'air ? C'est une blague ? Je te charge de convaincre Ludwig !
-Et toi, tu t'occuperas de Kaoru~, rit le brun.
-Qu-Que... ne le dis pas si fort !, chuchota Ice tout en vérifiant que personne n'avait entendu.
-Tiens, tu ne nies plus rien maintenant ?, se moqua l'italien.
-Mais-mais tais-toi !, bégaya Ice en rosissant.
-Qu'est-ce qui se passe Ice, tu as vu Lukas en mode « grand-frère poule » ?, intervint Kaoru.
-Non, m'en parle pas, il a fait une crise il n'y a pas longtemps quand il m'a vu avec le paquet de clopes de Christensen, son petit-copain, alors que j'allais le ranger. Il l'a engueulé quand il a su que le paquet était à lui, parce que, je cite, « tu le dévergondes, stupide danois, avec tes saletés de cigarettes ! » et il a fallu lui ré-expliquer le tout 4 fois avant qu'il ne comprenne... et ce n'est pas drôle !, aboya Ice en voyant les 3 autres rire, Franchement, je l'adore Lukas mais il est un peu lourd quand il me couve comme ça. J'aimerais bien le lui dire mais en même temps, je n'ai pas envie de le blesser vous comprenez ?... Eh, où sont Lud' et Feli' ?, fit remarquer Ice,un peu vexé de ne pas avoir été écouté jusqu'au bout.
-Ils ont vu Gilbert passer, ils sont partis lui dire bonjour. Tu sais, Gil', le frangin de Lud'.
-Lequel ? Le brun du conservatoire, l'albinos étudiant, le blond hargneux ou un autre qu'il ne nous aurait pas encore présenté ?
-L'albinos. Tu sais celui qui est tout le temps avec Francis et Antonio ?
-Antonio, le brun qui sort avec Romano ?
-Lui-même. D'ailleurs, tu sais si Francis est encore avec... mince, comment il s'appelle déjà, le copain de Francis ?
-Tu me poses une colle. Attends j'ai une idée, dit l'islandais en sortant son portable.
-Tu as Facebook sur ton portable ?, s'étonna Kaoru, avec ton frère qui t'enfermerait presque pour ne pas que tu te fasses agresser ?
-Non je l'ai par la Wi-Fi, merci à ton frère Im Yong pour m'avoir cracké le code du lycée au passage, et Lukas n'en est pas encore à ce stade, je te rassure, rit Ice, tu as quoi là ?, continua-t-il en entendant la sonnerie.
-Rien et toi ?
-Rien non plus. »
Ils se turent. Leur petite bulle fragile venait d'éclater, les laissant comme deux idiots du villages, plantés devant l'entrée du lycée. D'un commun accord, ils décidèrent d'aller au parc qui jouxtait leur lycée pour pouvoir y dessiner. C'était leur passion commune, c'est d'ailleurs pour cela qu'il faisait arts plastiques tous les deux. Ils s'assirent donc sur un banc et commencèrent à gribouiller, traçant lentement les premiers traits. Et puis, au fur et à mesure que les deux dessins avançaient, la vitesse du critérium et du fusain prit un rythme erratique, à tel point que l'on ne distinguait quasiment plus les mains des deux artistes. Après les crayonnés, ils passèrent aux couleurs, étape très vite expédiée puisqu'ils faisaient un paysage en noir et blanc, et ils terminèrent pas les ombres. Ils reposèrent leurs crayons et contemplèrent leurs œuvres, avant de jeter un œil à celle de l'autre et de se regarder en chien de faïence. Comme d'habitude, ils n'arrivaient pas à départager leur création. Ils aimaient beaucoup leur dessin mais celui de l'autre leur plaisait aussi, ainsi qu'à tous ceux à qui ils les montraient... Trouver le meilleur dessin devenait alors mission impossible. En fait, il n'y avait que Feliciano -officieusement baptisé « grand manitou du pinceau »- qui arrivait à déterminer un gagnant et encore, quand il n'était pas entrain de léchouiller les amygdales de Ludwig...
«-Match nul encore une fois, je suppose, soupira Ice.
-J'en ai bien peur, répondit Kaoru avec lassitude.
-Bon c'est pas tout ça, mais je dois y aller. J'ai... quelque chose à faire », déclara l'islandais en commençant à ranger.
Kaoru le regarda faire puis, au moment où Ice allait plier son dessin pour le mettre dans sa poche, il attrape le bras du lycéen -Hop, un cœur qui danse la rumba!- et prit la création d'Ice. Celui-ci protesta mais Kaoru lui fourra son propre paysage dans les mains avant de se lever et de s'enfuir en courant, l'œuvre d'Ice plaqué contre son cœur. Resté seul, Ice rosit en voyant le bras que Kaoru avait tenu et vira au magenta en sentant dans sa main le papier recouvert de fusain que lui avait donné le hong-kongais. Il se laissa quelques minutes, le temps de reprendre ses esprits, et il partit à ensuite chez lui.
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Kaoru s'étira sur sa chaise, légèrement fatigué après avoir terminé son devoir d'économie. *Bon celui-là, c'est fait. Plus que deux autres à terminer*pensa-t-il en surlignant son devoir dans son agenda.
« - Bientôt c'est fini !, fit-il à voix haute, plus que 2 semaines et je suis en vacances !... Avant d'avoir le bac... et de passer les exams pour rentrer en école de commerce... »
Il soupira, se rendant compte que la fin du boulot n'était pas pour tout de suite. Enfin, il s'en doutait un peu, à vrai dire : viser le commerce international comme avenir n'était pas une des voies pour se tourner les pouces. Il se demanda un instant s'il aurait eu moins de travail en STG mais il repoussa vite l'idée : rentrer en école de commerce avec un bac STG était plus compliqué qu'avec un bac ES -d'après son grand-frère-, et il n'avait pas envie de se rétamer à l'inscription et retaper sa terminale ou ne rien faire pendant une année. Il secoua donc la tête et se replongea dans ses devoirs, essayant de s'avançer un peu. En théorie, c'est ce qu'il faisait. Car pour une raison qu'il ignorait -ô ironie- une certaine bouille d'ange décorée de billes violettes et surmontée de mèches immaculées « flottait » devant lui depuis le moment où il avait quitté Ice. Or, se concentrer sur des hypothétiques travaux quand vous avez le visage de votre bien-aimé en tête était légèrement compliqué. Légèrement bien sûr.
Il continua pendant quelques temps son manège puis il dû se résoudre à abandonner l'idée, pour ce soir, de travailler. Il posa son menton dans le creux de sa main et de l'autre, il alluma son pc. Il se connecta ensuite sur Facebook et regarda le profil d'Ice Melberg. Toujours célibataire. Kaoru, dont la tension avait quelque peu grimpé, souffla de soulagement et, quelque part, de pitié. Il savait son attitude stupide, voire proche du stalker, mais il ne pouvait s'empêcher de vérifier chaque soir qu'Ice était célibataire. Il voulait savoir s'il avait encore un espoir ou s'il devait renoncer à son « petit ange islandais » comme il aimait le désigner dans son esprit. Quoique, un jour, il faudrait qu'il l'appelle comme cela devant tout le monde, histoire de rire. Avant de se prendre un bon coup de genou dans le ventre ou une claque à l'arrière de la tête.
Il ouvrit un nouvel onglet, enlevant celui de Facebook et cliqua sur son premier favori. La page qui s'ouvrit était celle d'un forum, qui proposait aux inscrits d'incarner un pays, une ville, un département... il se connecta. Pseudo : Hong-Kong. Âge : 17 ans. Mec ou nana ?...FILLE. Kaoru grogna, maudissant son frère Im Yong Soo de l'avoir inscrit sans son accord et d'avoir ensuite bloqué son compte de manière à ce qu'il ne puisse pas changer son sexe -il avait d'ailleurs fini par écrire comme une fille. Au début, il n'allait sur ce forum que très rarement, pour ne pas dire jamais. Mais quelque chose avait changé. Ouvrant son MSN, il sourit en constatant qu'Islande, un ami du forum qu'il ne connaissait pas, était en ligne. Merveilleux, il avait plein de choses à lui raconter.
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Effondré sur son lit avec son casque -relié à son pc portable- sur les oreilles, Ice somnolait à moitié quand un son assez fort lui fit faire un bon de deux mètres. Il mit quelque secondes à reconnaître le son qui annonçait qu'une fenêtre de conversation venait de s'ouvrir. Vu que Feliciano avait cours de japonais en compagnie de Ludwig -bien qu'il semblait que ces deux-là avaient décidé de sécher allègrement pour aller se faire des papouilles- cela ne pouvait être lui. Pareil pour les autres, du moins celles et ceux qu'ils appréciaient et qui n'avaient pas peur de son frère bien entendu. Il releva à contre-cœur sa tête de son ô combien confortable oreiller et regarda avec une mauvaise humeur manifeste l'écran de son Asus®. Toute trace de colère disparue quand il vit le nom affiché. Il se tourna de manière à pouvoir écrire correctement et répondit :
« Hong-Kong dit : Salut Islande, t'es libre pour parler ?
Islande dit : salut Hong-Kong, comment tu vas ? Bien sûr, je suis toujours libre pour toi ma belle ^^.
Hong-Kong dit : xD tu serais pas un peu dragueur sur les bords toi ? En tout cas j'ai plein de choses à te dire !
Islande dit : Tu sais bien qu'il n'y a qu'un seule personne dans mon cœur. Quoi, il s'est passé quelque chose avec le gars que tu aimes ?
Hong-Kong dit: Ouiiiii ! En fait, on a passé une partie de l'aprem ensemble... j'ai cru faire une crise cardiaque ou mourir de bonheur ! Mdr.
Islande dit : Mais non ne meurs pas :o ! Sinon comment tu feras pour continuer à le voir ? Et c'est pas en revenant en fantôme que tu pourras sortir avec lui xD.
Hong-Kong : Je sais... Rah, j'aimerais tellement qu'il comprenne que je l'aime ! Je crève d'amour pour lui depuis la seconde et je ne lui ai toujours pas dit, alors que l'on est en terminal... En plus, c'est pas qu'il n'est pas causant, mais quand on est tous les deux, on ne peut pas dire qu'il parle beaucoup... Tu me conseillerais quoi, toi, vu que l'on est dans la même situation ?
Islande dit :... laisses-moi réfléchir... je n'en sais trop rien, tu sais, comme tu l'as dit, on est dans la même cas. Si j'avais trouvé une solution, je te l'aurais dit.
Hong-Kong : Pas faux. Vive les amoureux sans-retour, youhou !
Islande : Si toi aussi, tu aimes un type mais ce type non, lèves les bras comme ça : \o/.
Hong-Kong : \o/
Islande : \o/... xD.
Hong-Kong : Bon je te laisse, faut que j'aille aider ma petite sœur à faire ses devoirs.
Islande : Okay à plus tard ! Et au fait, c'est bientôt les vacances, tu comptes faire quoi ?
Hong-Kong : Rien normalement. Et toi ?
Islande : Je pars la première semaine avec mon meilleur ami et son petit-copain. Et peut-être LUI si il est invité.
Hong-Kong : T'as deux semaines pour demander à ton ami de l'inviter xD. Bon ++ !
Islande : ++ ! »
La fenêtre de conversation se ferma et Ice put enfin réfléchir à comment il allait subtilement demander à Feliciano d'inviter Kaoru en plus de Ludwig et lui, pour une petite virée en Italie -quoi de mieux pour les vacances d'Avril ?- dans l'appartement du grand-père de Feliciano. Officiellement, c'était pour qu'Ice ne tienne pas la chandelle à un couple qui allait se bécoter. Officieusement... c'était simple, se rapprocher de Kaoru, voire pouvoir sortir avec lui avant la fin des vacances bien qu'il ne se fasse pas trop d'illusions la-dessus. Ice soupira puis sortit le dessin que lui avait donné le brun avant de sourire et de murmurer :
«-Ég elska þig, Kaoru... un jour je te le dirais en face... »
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«-Ice ! Dépêches-toi d'amener ta valise !, cria une voix.
-Ouais, j'arrive !
-Trop tard, on est déjà partit, Ice-chou !, répondit une autre voix.
-Tsss. »
Ice ouvrit la fenêtre de sa chambre, prit sa valise à deux mains et la jeta, criant un « Attrape » au blond aux cheveux hérissés, alias Mathias, qui broncha à peine quand il reçut la valise dans les bras. Ice descendit les escaliers le plus vite possible, préférant éviter que Mathias ne le prenne comme un sac à patates pour l'enfermer dans la voiture. Non pas que Mathias soit une brute, mais son... enthousiasme débordant faisait légèrement mal dés fois -souvent-. Seul Lukas et quelques autres, comme Berwald -un cousin du danois- ou Ludwig, avaient une constitution leur permettant de résister à la force du blond. Les autres, comme Ice, essayaient de s'habituer et espérer de ne pas finir avec les os broyés. Ice sortit de ses pensées et s'engouffra dans la voiture.
«-Où doit-on aller chercher Kaoru ?, lui demanda Lukas au volant.
-Devant le lycée.
-Pourquoi pas chez lui ?, s'étonna Mathias.
-Il m'a dit très exactement qu'à moins que je ne veuille me faire agresser par ses frères et sœurs, il valait mieux le prendre devant le lycée. Et vu que je n'ai pas de tendances suicidaires, je préfère lui obéir vois-tu.
-C'est gentil de la part de Feliciano de vous inviter chez lui. Mais comment il a fait pour convaincre Lovino de le laisser avec Ludwig ?
-En fait, c'est Lovino lui-même qui lui a laissé l'appart' à condition qu'il ne fasse rien d'autre que de s'embrasser avec Ludwig. »
Ice rit en repensant à une conversation par sms qu'il avait eue il y avait quelques jours avec son meilleur ami. D'après ce qu'il en avait conclu après une petite relecture, le brun et son petit ami semblaient sur le point de coucher et ils attendaient juste que Romano parte chez Antonio pour le faire -ne pouvant jamais se voir ailleurs qu'au lycée et ayant chacun des frères un peu protecteur sur les bords, c'était toujours très difficile pour eux d'être intime... Enfin d'après ce qu'Ice en avait déduit et il espérait que les deux amoureux ne feraient pas des folies de leur corps pendant leur petit séjour, à Kaoru et lui, sinon il mourrait de honte... *Ou de gêne aussi, n'oublions pas la gêne... A moins que je n'essaye de sauter sur Kaoru et que je ne me prenne un magnifique coup de pied sauté dans le ventre* soupira Ice. Il s'était promis de parler avec Kaoru pendant les vacances, peut-être lui avouer ce qu'il ressentait pour lui -bien que ce dernier point lui paraisse irréalisable. Il soupira discrètement la tête, merci à sa mèche qui lui rendait l'immense service de pouvoir faire semblant de se recoiffer alors que son esprit était à 35 000 miles au-dessus du monde, et reprit pied avec la réalité. Il entendit la portière opposée à la sienne s'ouvrir et un parfum de fleur de cerisier se répandre dans la voiture... Un parfum de fleur de cerisier ? Ice fit volte-face vers un Kaoru fraîchement assis, les yeux ronds comme des boules de billard :
«- Tu t'es parfumé avec le parfum d'une de tes sœurs ou je rêve ?
-N'y crois pas trop. Elles se sont fait une bataille de parfums et Mei-Ling m'a renversé le sien dessus. D'où l'odeur.
-Ah, tu me rassures. J'ai eu légèrement peur pendant quelques secondes.
-Non ne t'en fais pas, Feliks n'a pas déteint sur moi, rit Kaoru.
-D'ailleurs, tu sais qu'il a voulu forcer Toris à porter une robe ?
-Non, quand ?
-Pas plus tard que la semaine dernière. Et d'après Elizaveta, il l'aurait attaché à une chaise pour pouvoir repeindre sa chambre rose en paix.
-Mais c'est un malade mental ou... ?
-Un « amoureux du rose », cita Ice en faisant des guillemets avec ses doigts.
-C'est plus de l'amour à ce niveau, c'est de la rage !
-Ou de l'obsession.
-Je n'imagine pas la tête des parents de Toris quand ils ont vu la chambre rose !, s'esclaffa le hong-kongais.
-Ils n'ont pas été choqué apparemment. Enfin d'après Feliks.
-Ouais donc en réalité, ils ont hurlés à la mort, la mère de Toris s'est évanoui le père a jeté le pot de peinture et les deux ont forcé Toris et Feliks à tout nettoyer, pouffa Kaoru.
-Tu as compris », fit Ice en lui tapotant l'épaule.
Tout à leurs ragots, ils ne virent pas les lèvres de Mathias s'étirer en un sourire entendu, ni le regard de serial killer que Lukas lui envoya à la suite de ce sourire.
Il leur fallut un dizaine de minutes pour arriver à la gare. Ice fit ses au-revoir à Lukas -qui semblait vouloir assommer son petit frère pour le ramener chez eux- et à Mathias, qui riait sous cape pour une raison que lui seul savait. Kaoru, voyant que l'heure du départ approchait à grands pas, prit son courage à deux mains et saisit la main d'Ice pour le tirer à sa suite, saluant les deux nordiques et sachant que Lukas venait de l'inscrire sur sa liste noire. Et accessoirement qu'il était entrain de le fusiller du regard parce qu'il l'avait empêcher de convaincre son frère de rester au lieu d'aller en Italie -on ne savait jamais, si un mafieux décidait de l'enlever... il pouvait comprendre que Lukas ait envie de protéger Ice mais pourquoi était-il aussi frère-poule ? Cela le dépassait complètement.
«-Eh tu vas où ?, demanda Ice, notre quai c'est celui-là, continua-t-il en désignant le quai D, À quelle heure est notre train déjà ? »
Kaoru ouvrit la bouche mais un grand bruit de ferraille retentit soudainement et la porte du compartiment s'arrêta pile devant eux. Ils entrèrent, traînant leur valises derrière eux, essayant de ne pas bousculer les enfants qui couraient dans tout le wagon et qui, eux, ne se souciaient absolument pas de ne pas déranger les gens. *Sales gosses* pensèrent Kaoru et Ice de concert. Soudain, une gamine blonde comme les blés se planta devant eux et se mit à les dévorer du regard. Au départ surpris, ils décidèrent de ne pas y prêter attention et s'assirent, tenant leur valise d'une main. Ice farfouilla dans ses poches, se stoppa, puis recommença à fouiller avec plus d'ardeur. Il soupira et baissa la tête.
«-Qu'est-ce que tu as ?, interrogea le brun quelque peur déconcerté par l'attitude de l'islandais.
-J'ai oublié mes écouteurs, grommela le-dit islandais.
-Et tu comptes passer tout le voyage sans musique ? Tu n'as même pas pris de casque ? Bon courage mon vieux », se moqua gentiment Kaoru.
Ice émit un petit « Tch » et, vexé, se détourna de Kaoru. Il se passa plus d'une demie-heure dans un silence quasi-religieux -satanés enfants-rois qui faisaient leur crise- puis Ice entendit un soupir provenant du hong-kongais. Il sentit sa main lui écarter doucement les cheveux -il rosit comme une collégienne à ce geste- et une oreillette se glisser dans son oreille. Une musique retentit alors et il ne put s'empêcher de grimacer sous la puissance du son avant que Kaoru, rose lui aussi, ne le baisse. Ils ne remarquèrent pas le petite blonde de tout à l'heure tirer la manche de sa sœur et les désigner, ni que la-dite sœur se mettait à glousser comme un animal de basse-cour en les voyant, pour la bonne et simple raison qu'ils essayaient de calmer les battements de leur cœur respectif -qui sait, l'autre pourrait entendre?- surtout Ice, qui avait dû se rapprocher de Kaoru pour ne pas que l'écouteur tombe.
«- Ce-c'est quoi comme mu-musique ?, bredouilla Ice pour tenter de cacher sa gêne.
-Oh, c'est de la C-pop... de la Canto-pop, précisa-t-il en voyant l'air perdu de l'autre.
-Ah de la musique cantonaise en fait. Excuse-moi, je n'écoute pas ce genre de musique d'habitude...
-Tu écoutes quoi ?
-Hjaltalin.
-À tes souhaits, déclara très sérieusement Kaoru.
-Idiot, répliqua Ice en frappant son « ami » à l'arrière du crâne.
-Rien d'autre ?
-Si.
-Ah, et quoi ?
-System of a down, Arcturus, Skillet, Rammstein, Linkin Park... c'est quoi cette tête choquée ?
-Je te voyais plus écouter du Mika ou quelque chose dans le genre..., dit Kaoru en fixant Ice avec un drôle d'air.
-Eh bien, non. Ce n'est pas parce que j'écoute du hard-rock ou du black metal que je dois obligatoirement ressembler à une loque désabusé caché par ses cheveux et plein de ferraille. Pourquoi tu ris ?
-C'est de t'imaginer dans cette tenue, gloussa Kaoru.
-Tu tiens vraiment à te faire frapper toi, non ?
-Si c'est par toi, ça me va~, rétorqua le hong-kongais en s'étonnant de sa propre audace.
-Que-que arrête de dire des conneries !, s'exclama Ice, attirant l'attention de tout le compartiment.
Quand il se rendit compte des nombreux regards qui s'étaient tourné vers lui, Ice, qui continuait à enguirlander Kaoru, se mit à bégayer, se tut en se rendant compte qu'il était entrain de se ridiculiser et rougit avant de cacher son visage dans l'épaule du brun. Celui-ci se tendit à ce contact, s'attirant un regard inquiet de la part d'Ice. Il se contenta de lui sourire pour le rassurer et lui indiquer que déjà, plus personne ne lui prêtait la moindre attention. Si Ice comprit ce que Kaoru lui avait dit, il n'en montra rien et se cala un peu plus contre l'asiatique, qui rosit. Mais aucun des deux n'auraient échangé sa place pour rien au monde, sauf peut-être l'espoir que leur amour soit réciproque...
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Le trajet en train leur parut bien long et c'est plein de courbatures, avec en prime des os « rouillés » qu'ils descendirent à Rome. Il faisait nuit dans la ville éternelle mais il ne faisait pas très froid, si bien que Kaoru et Ice ouvrirent un peu leur veste, tout en cherchant Ludwig et Feliciano du regard. Rien. Pas de tête brune suivie d'un grand blond dans la gare, juste des étrangers parlant une langue inconnue et la même gamine et sa sœur qui les fixaient. D'un accord tacite, ils s'éloignèrent d'elles à vitesse grand V et sortirent de la gare. Une fois dehors, Ice appela Feliciano -merci le forfait monde- pour lui demander où il était. Il tomba sur son répondeur et fronça les sourcils :
«-Pas normal, ça...
-Hm ?
-Il ne répond pas.
-Et on est sensé jouer aux devinettes pour savoir où il habite ?
-Non, il m'a donné son adresse... on va demander à quelqu'un... Excusez-moi !, apostropha Ice en interpellant une passante, Do you speak french, or english ?
-English.
-Okay, so could you tell me the way to this address please ?
-Yes, sure, répondit-elle en souriant, Ah it's not far from here ! Turn letf after this street and walk during... hum ten minutes and you'll find it.
-Okay, Thank you so much Miss !, remercia Ice.
-Your welcome boys, dit-elle en s'éloignant avec un petit signe de la main.
-Bon on peut y aller maintenant, déclara l'islandais en se tournant vers le brun.
-Merci, Ô grand Google traduction !, acclama Kaoru en inclinant la tête.
-N'exagère pas, je n'ai fait que demander le chemin.
-Peut-être mais elle aurait pu ne pas savoir. Au quel cas, tu aurais couru de personne en personne et tu aurais eu l'air d'un vrai blaireau », asséna Kaoru, en ayant l'air le plus sérieux possible bien qu'il soit intérieurement mort de rire.
Il ne reçut en réponse qu'un coup de coude dans l'estomac ainsi qu'un « avances au lieu de prendre racine ». Ils partirent donc dans la direction que la jeune femme leur avait indiqué un peu plus tôt. Pendant qu'ils arpentaient la rue, ils entendirent une série de gloussements hystériques qui les firent se figer, glacés par la peur de se retourner et de découvrir le « quatuor des yaoistes » alias Elizaveta, Mei-Ling, Lili et Kiku. Connus dans tout le lycée et même ailleurs pour leur passion du Boy's Love, et de la photographie de couple sans l'accord du-dit couple -Feliciano et Ludwig prenaient d'ailleurs une grosse part de leurs albums-, ils harcelaient constamment Kaoru et Ice pour savoir s'ils étaient ensemble et si oui, s'ils pouvaient prendre la pose... À savoir s'embrasser devant le Nikon® de Kiku. Donc entendre ces rires leur rappelant leurs « chers camarades », en plein Rome, avait de quoi les terrifier. Ils regardèrent discrètement en arrière et soupirèrent de soulagement en constatant qu'il s'agissait d'une bande de copines 100% italiennes. Néanmoins, ils se demandèrent quand même ce qu'avaient toutes les filles qu'ils croisaient, à glousser comme des dindes. Voyant qu'elles commençaient à attirer l'attention et à les désigner aux autre passants, ils s'enfuirent le plus vite possible, ignorant le « You are so cute ! » que l'une d'elles leur cria.
Ils ne ralentirent leur cadence qu'arrivés devant l'appartement de Feliciano. Kaoru frappa à la porte, attendit un peu puis, voyant que personne ne venait, il entra. Feliciano ne fermait jamais sa porte de toute façon, ils auraient pu entrer sans problèmes mais ils préféraient prévenir, on ne savait jamais... Ils tombèrent directement sur un salon avec une cuisine à l'américaine et ils y déposèrent leurs valises avant de partir à la recherche de l'italien et de l'allemand. Ils se dirigèrent vers les chambres, ouvrirent la première chambre... et se figèrent.
Là, sur un lit qui ressemblait plus à un champ de bataille qu'à autre chose, se trouvaient Feliciano -étendu de tout son long contre le blond- et Ludwig -un bras tenant possessivement la hanche de son amant- nus comme au jour de leur naissance et encore couverts de sueur. Et encore un peu rouge si l'on observait bien. Ice et Kaoru buggèrent pendant environ 5 minutes puis l'islandais eut une réaction pour le moins... inattendue. Il partit dans un grand éclat de rire hystérique, s'effondra littéralement sur Kaoru et ne se calma plus. Son hilarité atteignit un tel volume qu'elle réveilla les deux amants étalés sur les draps. Ludwig rougit immédiatement en voyant la gêne de Kaoru et la crise d'Ice, qui semblait vouloir illustrer l'expression « mort de rire » devant eux et dans l'instant. Quant à Feliciano, il n'essaya de se lever, chuta sur ses draps en émettant un petit cri de douleur, regarda ses deux amis et les salua avec un grand sourire :
«-Vee, salut les gars !
-Euh, oui, bonjour..., répondit le brun tout en remettant Ice debout et en lui faisant de l'air -en effet, le visage du nordique commençait à prendre une somptueuse teinte violette qui se confondait avec ses yeux.
-Excusez-moi de ne pas être venu vous chercher à la gare mais Ludwig ne m'a pas vraiment laissé le temps. Et puis je n'avais pas vraiment envie de de l'arrêter, vous voyez... même si je vais avoir des crampes vee, déclara-t-il avec une moue boudeuse, Franchement, t'es vraiment grand d'en bas, amore, je ne serais pas prêt à le faire tous les soirs, vee~ ! »
Un grand silence suivit sa tirade. Puis ce fut l'explosion, au sens figuré du terme : Kaoru rejoignit un Ice encore haletant dans sa crise de fou-rire et ils s'agrippèrent tous deux pour ne pas tomber, leurs jambes tremblantes ne les portant plus. Ils convulsaient, en rythme avec leurs éclats de rire, rouge carmin, les larmes de rires mouillant leurs yeux. Tout cela sous le regard interloqué de l'italien et de l'allemand -quoique ce dernier était plutôt estomaqué parce que Feliciano venait de dire, le tout sans rougir et de manière assez...crue...
«-Peux...plu-ahahaha-us re-respirer !, réussit à articuler Ice.
-Parles... pas, hihihaha, alors !, lui rétorqua Koaru en se tenant les côtes : il avait l'impression que s'il ne le faisait pas, elles allaient se briser comme des mines de critérium. Déjà qu'il ne tenait quasiment pas debout, si en plus il se cassait les os...
Soudain, les prunelles chocolats de Feliciano furent attirées par un point entre ses deux amis. Il écarquilla les yeux, donna un coup de coude à Ludwig pour lui montrer -ce dernier eut d'ailleurs la même réaction que son amant- et ses lèvres s'étirèrent en un sourire mi-moqueur, mi-content.
«-Vee, je suis content pour vous !, s'exclama-t-il, depuis le temps que vous vous tourniez autour il était grand temps que vous vous déclariez ! »
Ce fut l'effet douche froide : les rires se calmèrent dans la seconde qui suivit pour être remplacés par des regard de profondes perplexité.
«-Qu'est-ce que tu veux dire ?, demanda Ice un peu inquiet que Feliciano vende la mèche sur son amour pour Kaoru. *Non, Feli', je te promets l'impossible s'il le faut mais, par pitié, tais-toi !* supplia mentalement le jeune homme.
-Ben vous vous tenez bien la main non ? », fit innocemment le petit brun.
Kaoru et Ice tournèrent la tête et baissèrent leurs yeux à la vitesse de la lumière vers leurs mains. Première pensée des propriétaires des-dites mains : Ah tiens, elles sont jointes... Deuxième pensée :... JOINTES ? Et les doigts entrelacés en plus ? Ils se lâchèrent et détournèrent la tête l'un de l'autre, rouges -et aussi bien de gêne et de joie d'avoir tenu la main de l'autre qu'à cause de leur récente crise de rire.
«-Vee, vous n'aviez pas remarqué ?, s'étonna Feliciano.
-Si tu ne nous l'avait pas dit, on aurait pas su, souffla Ice qui semblait avoir repris contenance. En apparence seulement. Car dans se tête, c'était une litanie de « Ohmondieuditesmoipasquec'estpasvraiahahaha? »
-Et vous ne savez pas depuis combien de temps vous vous tenez la main ?, questionna Ludwig.
-Absolument aucune idée.
-Attends, je crois savoir savoir moi..., commença Kaoru.
-Vas-y dis !, ordonna Ice.
-Tu te souviens ? Avant que l'on ne monte dans le train, je t'ai pris la main pour que l'on se dépêche.
_Oui, parce que Lukas n'avait pas l'air de vouloir que je parte... Ce serait depuis ça ? Tu m'étonnes que les gens nous regardaient bizarrement !
-Qui ça ?, gloussa Feliciano.
-Deux sœurs et les gens dans la rue quand on est arrivé ici, énuméra Ice.
-Dans le train, la grande sœur a pris une photo je crois, donc avant demain matin, toutes ses copines, les copines de ses copines et j'en passe, seront au courant. Il n'y a plus qu'à espérer...
-Qu'Elizaveta ne fasse pas partie de ses amies, compléta Ice.
-Ou Kiku.
-Ou Lili.
-Ou Mei-Ling.
-Ou toutes les amies yaoistes d'Elizaveta.
-Et surtout, il faut que personne du lycée ou que l'on connaît ne trouve cette photo.
-Surtout pas mon frère.
-Sinon je suis mort.
-Sinon tu es mort effectivement.
-Je ne voudrais pas vous interrompre, coupa Ludwig, mais vous avez mangé ?
-Oui dans le train, indiqua Kaoru.
-Vee, vous devez être fatigués alors. Votre chambre est au fond, à droite !, dit Feliciano.
-« Notre chambre » ?, s'exclamèrent en même temps Kaoru et Ice.
-Je n'ai que deux draps, Lovino a pris les autres pour ne faire je-ne-sais quoi avec donc vous dormez ensemble et puis c'est tout, vee », asséna l'italien.
Ice et Kaoru se regardèrent dans le blanc des yeux. D'un côté, ils n'avaient pas très envie de dormir tous les deux, déjà parce que petit un, c'était le meilleur moyen pour qu'ils ne dorment pas de tout le séjour, petit deux, cela leur semblait très étrange que Feliciano n'ait que deux draps alors qu'il avait beaucoup de chambres... et enfin petit trois,... était-il vraiment nécessaire d'expliquer ? Cette situation allait être trop éprouvante pour leurs nerfs, c'était sûr. Mais d'un autre côté, Feliciano ne leur avait pas laissé le choix et il leur avait même donner un gigantesque coup de main. Un vrai ange sous ses airs de démon. Ou l'inverse.
Voyant que les deux amants étaient repartis dans leurs embrassades, ils se dépêchèrent de sortir et d'aller chercher leurs valises. Dés qu'ils eurent passé la porte, Ludwig et Feliciano se séparèrent, se sourirent et regardèrent le linteau de bois derrière lequel les deux autres venaient de disparaître.
«-T'es sûr de ce que tu fais ? Parce qu'ils ne donnent pas l'impression d'être réceptifs à ton plan. À moins que ton projet, ce soit les priver de sommeil, signala Ludwig en tenant son petit ami contre lui.
-Ne t'en fais pas, il mio amore, je suis sûr qu'ils ont compris. Il est grand temps qu'ils s'avouent enfin qu'ils s'aiment, tu ne crois pas ? Vee, ils ne vont pas pouvoir se voir beaucoup après, vu que Kaoru vise le commerce international, et Ice veut faire prof de langues à l'étranger. Si ce n'est pas maintenant, ce ne sera jamais ! Donc il faut tout faire pour qu'ils sortent ensemble avant la fin de l'année ! Vee !, clama Feliciano, déterminé.
-Un vrai petit ange, murmura Ludwig à deux centimètres des lèvres de l'italien, Mein klein Engel... »
Les pupilles de Feliciano s'écarquillèrent tandis qu'un grand sourire se peignait sur son visage et qu'il enlaçait plus fortement le grand blond.
«-Vee, c'est la première fois que tu me donnes un surnom comme ça !, s'exclama Feliciano.
-Ouais, bon, hein tu vois ce que je veux dire »,cafouilla l'autre gêné. Il était beaucoup plus difficile pour lui d'exprimer ses sentiments, surtout amoureux, que Feliciano et les réaction qu'avaient le brun le mettaient mal à l'aise.
Il sentit soudainement une paire de lèvres se coller aux siennes et un corps s'enrouler autour du sien, mettant en pause ses pensées. Puis il n'eut ensuite plus l'occasion de pouvoir penser.
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Kaoru soupira en enfonçant sa tête dans son coussin :
«- Ah je suis lessivé ! Je n'ai qu'une envie, c'est de dormir jusqu'à la semaine prochaine !
-Jusqu'à demain matin, pour commencer, rit Ice.
-Faudra me payer cher pour que je me lève avant onze heures !, défia le hong-kongais.
-Feliciano lui-même ne se lève pas avant 11h30. Et vue que Ludwig va être assez... fatigué, il ne se lèvera pas avant 10h », compléta Ice en se grattant l'arrière de la nuque au souvenir de comment ils avaient trouvé leurs amis.
Un bruit étrange les figèrent tous les deux. Ils se regardèrent, choqués, puis ils tendirent l'oreille. Des soupirs atténués par l'épaisseur des murs et deux chambres d'écart leur étaient audibles, ainsi qu'un léger coup contre le mur. Ils écarquillèrent les yeux, hallucinés :
«-Non mais je rêve, ils sont entrain de... ?, bredouilla l'islandais.
-Je-je crois... Tiens , tu n'as pas envie d'écouter de la musique, là tout de suite ?
-Tiens, oui... très, très fort et avec une boule quies dans l'autre oreille ?
-Évidemment. »
Kaoru sortit ses écouteurs tandis qu'Ice fouillait pour trouver ses boules quies et en tendit une à Kaoru, qui lui mit un des ses écouteurs. La musique retentit alors, couvrant tous les bruits et même leur respiration. C'est bien simple, à chaque fois qu'ils ne captaient ne serait-ce qu'un seul minuscule bruit, Kaoru -dans les deux secondes qui suivaient-, augmentait le volume si bien qu'ils se seraient cru à côté d'une enceinte dans un concert. Ils fixaient tous deux la console d'Ice, où un petit personnage en salopette bleue courait en sautant sur des champignons, pour oublier tout ce qui pouvait leur rappeler Ludwig et Feliciano ainsi que l'activité à laquelle ils se livraient.
Au bout d'une quinzaine de chansons, soit une cinquantaine de minutes, Kaoru baissa le son pour vérifier si ils avaient terminés : Plus aucune bruit. Il soupira de soulagement puis fit signe à Ice que tout était bon. Un silence s'établit entre eux, aussi bien à cause du manque de sommeil que parce qui venait de se passer. Ils ne l'avoueraient jamais, mais des images assez... équivoques d'eux leur avaient traversés l'esprit pendant ces 50 minutes. Comment à soutenir le regard de l'autre dans ces cas-là ? En tout cas, ils n'allaient certainement pas essayer de trouver le « comment ». Ils prirent la salle de bain à tour de rôle pour se changer, se couchèrent, se souhaitèrent une bonne nuit et s'endormir. Essayèrent de s'endormir.
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Le réveil le lendemain après-midi fut dur : N'ayant dormi que deux heures à tout casser, ni Ice, ni Kaoru ne voulurent sortir des couvertures et il fallut toute la patience réunie de Ludwig et de Feliciano pour les convaincre que, non ils n'allaient rien faire de trop osé durant leur séjour et que oui, ils iraient se coucher tôt ce soir pour récupérer. Après cela, et seulement après, les deux consentirent à sortir du lit. Mais étant dans un état trop larvaire pour se balader, ils restèrent chez Feliciano et passèrent la journée à jouer à Mario Kart. Ils ne bougèrent du canapé que pour aller manger et s'effondrèrent sur leurs draps immédiatement après. Restés seuls, l'allemand et l'italien se concertèrent sur la suite du plan.
«- Alors que fait-on ?, demanda le blond.
-Je pense que ça va se passer naturellement vee, déclara Feliciano, après tout, quand deux personnes passent leurs nuits dans la même chambre, il y a bien un moment où ils finissent par se parler vee.
-On ne fait rien, donc ? C'est risquer qu'il ne se passe rien.
-C'est vrai... Oh j'ai peut-être une idée !, indiqua le petit brun en sortant son portable et en composant un numéro.
-Vu ton air, je me demande si je dois me réjouir ou m'inquiéter pour Kaoru et Ice..., souffla Ludwig.
-Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, vee~ !, rétorqua Feliciano avec un sourire d'ange, Ah ça sonne ! Allo ? C'est moi Italie vee ! Oui je les ai chez moi en ce moment, mais qu'est-ce que l'on peut faire de plus ? Hm ? C'est un peu facile cette solution... Oui c'est vrai, ça donne de bon résultat en général, vee. À la fin du séjour, tu dis ?... Ok c'est d'accord, on va faire comme ça ! Merci, vee, à plus !, conclut-il en raccrochant.
-C'était Elizaveta, alias Hongrie ?
-Non c'était quelqu'un d'autre. En tout cas, on a notre plan de bataille pour la semaine à venir, vee ! Approche, je vais tout te dire...
Dans leur lit, Ice et Kaoru éternuèrent dans leur sommeil.
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«- Bien, voici le programme de la journée ! », annonça Feliciano au petit-déjeuner.
Ice leva les yeux de son bol de céréales, Kaoru de sa tasse de chocolat et Ludwig de ses tartines. L'italien déplia une carte de Rome, prit un marqueur et entoura d'un cercle les endroits qu'ils allaient visiter :
«- Pour aujourd'hui, on va aller voir le Vatican et la Chapelle Sixtine, puis le Panthéon et enfin la Basilique st-Pierre. Pas d'objection ? »
Les trois hochèrent négativement la tête puis se replongèrent dans leur céréales/chocolat/tartines.
«-Hep, on reste concentré, je n'ai pas fini ! Demain, on visite le Colisée, l'arc de Constantin, on monte le Palatin et on finit par la Fontaine de Trévi, vee. Après-demain , on va voir le forum Boarium puis la piazza San Pietro in Montorio, la vue est superbe vee ! Et bien sûr, on pourra peut-être rentrer dans quelques églises, sauf si vous ne voulez pas. Et pour finir, dans 3 jours on visitera la ville d'Adriana, vee. Ça vous va ?
-Pas de problème, fit Ice.
-Pareil, dit Kaoru.
-Hm.
-Par contre, j'espère que vous avez de bonnes chaussures parce que l'on va beaucoup marcher, vee ! D'ailleurs dépêchez-vous, il vaut mieux prendre ses billets à 8h15 pour entrer au Vatican, sinon c'est la cohue !
-Ah c'est pour ça que tu t'es levé tôt ?
-Vee, oui. Vous avez bientôt fini ?
-On est prêt.
-Alors c'est parti, vee ! »
Ainsi commença leur ballade dans Rome. Guidés par Feliciano, qui semblait connaître la ville et le Vatican comme sa poche, ils découvrirent avec stupéfaction les plafonds peints de la chapelle Sixtine, qui étaient encore plus impressionnants en vrai que sur toutes les plus belles photos qu'ils avaient pu voir dans leur courte vie. Ils restèrent un long moment à contempler les peintures avant que Feliciano ne les traîne à la Basilique St-Pierre, où ils eurent une belle frayeur quand Kaoru se prit les pieds dans ses lacets et faillit tomber tête la première l'une des tombes présentes dans la basilique, puis au Panthéon.
Finalement, après une journée à déambuler dans la capitale italienne, ils revinrent chez Feliciano, complètement lessivés de leur marche de 14 kilomètres, au moins... Oh bien sûr, ils avaient demandé à Feliciano de prendre un taxi mais l'italien n'en avait pas démordu, ils feraient le trajet à pied, point final. Résultat, quand Ice et Kaoru virent l'immeuble qu'ils avaient quittés au matin, ils crièrent un superbe « hallelujah ! » tandis que Ludwig soupira discrètement de soulagement. Dire qu'ils allaient encore devoir arpenter les rues de la ville aux sept collines demain...
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Les 3 jours qui suivirent furent rythmés par leur visite de Rome et par les bavardages incessants du méditerranéen, qui leur donnait l'étrange impression d'être tricentenaire -voire plus !- pour en savoir autant. Ce fut le même refrain lorsqu'ils visitèrent la ville d'Adriana : Feliciano restait incollable, il avait même était jusqu'à arrêter un guide qui accompagnait un groupe pour le corriger et apporter des précisions -d'ailleurs Kaoru n'avait pas pu s'empêcher de prendre cette scène en photo, tellement la tête du guide avait été... épique.
Après un petit trajet en voiture pour rallier Adriana et Rome, les 3 étrangers savourèrent le fait que le lendemain, ils pourraient rester à l'appartement et ne rien faire de la journée, à part peut-être jouer à un ou deux jeux sur la Wii. Et encore, ils n'étaient même pas sûr d'avoir assez de motivation pour bouger le moindre orteil de leur lit respectif.
«-On ne fait rien demain, normalement ? Rassure-moi, on ne va pas encore marcher dans je-ne-sais quelle via et admirer je-ne-sais quelle piazza ?, questionna le hong-kongais alors qu'Ice et lui allaient se coucher.
-Non en principe on reste ici. Pourquoi t'en as déjà marre de marcher ?, se moqua Ice.
-Tu dis ça, mais je t'ai bien vu grimacer aujourd'hui, et un bon paquet de fois, souligna Kaoru.
-C'est parce que j'ai mal à la cheville ! Et ne rigole pas, ce ne sont pas des blagues !, aboya l'islandais.
-Tu veux un massage ?
-Hein ? »
Sans lui répondre, le brun lui attrapa sa cheville blessé -il avait eu le temps de savoir laquelle c'était à force de le contempler- et commença doucement à la masser, appuyant sur un nœud particulièrement coriace. Ice tiqua un peu, ça faisait mal mine de rien, mais il se détendit vite. Il se laisse complètement aller, se calant plus confortablement contre le montant du lit et il rejeta la tête blanche en arrière en poussant un petit soupir de bien-être. Ses yeux commencèrent à papillonner et sans qu'il ne s'en rende compte, il commençait à s'endormir.
«- Hep, princesse, ne t'endors pas !
-Gné ?, fut la réponse la plus constructive d'Ice.
-... C'est fou comme c'est classe, ce « Gné »... en plus tu n'as même pas relevé le fait que je t'ai appelé princesse.
-M'en fous du surnom, tu fais de trop bons massages pour que je ne te pardonne pas.
-Merci de votre grande mansuétude, ma princesse, elle me touche beaucoup, rit Kaoru.
-C'est ça. Tu viens te coucher ?
-À vos ordres, princesse !
-Mais arrête de m'appeler comme ça !
-Tu n'avais pas dit que tu me pardonnais ?
-Si mais ce n'est pas une raison pour en profiter !
-Et tu sais rien que je ne t'écoute jamais~.
-Espèce de... Oh et puis j'abandonne tiens. Donc tu continues de t'enraciner sur du parquet flottant où tu viens ? »
Kaoru prit place à côté d'Ice. Il sembla hésiter et se battre contre lui-même pendant plusieurs minutes puis finalement il se baissa et... déposa un baiser sur le front d'Ice, tout en lui souhaitant une bonne nuit. Ensuite, il se tourna dos à Ice, rouge comme une tomate trop mûre. S'il n'était pas grillé sur ce coup-là, il ne le serait jamais. À moins qu'Ice ne soit pas du tout réceptif à ce genre de choses, il venait de tout avouer par ce petit geste. * Je suis cuit, je suis mort, lalalala, il sait tout~... Eh pourquoi il ne réagit pas ?*, pensa Kaoru. Il sentit soudainement une paire de lèvres se poser sur sa joue, ainsi qu'un « bonne nuit » embarrassé. Il écarquilla ses yeux, se demandant quelle mouche avait piqué son-plus-qu'ami. * * C'est pour ne pas jeter un froid entre nous qu'il fait ça ? Juste par affection ? Ou parce... non, laisse tomber cette idée-là, mon petit Kaoru... Mais alors pourquoi ? Je ne comprends pas là...* il continua de s'interroger jusqu'à ce qu'il s'endorme.
Du côté d'Ice, c'était l'espoir qui dominait toutes ses pensées : *Il m'a embrassé le front, il m'a embrassé le front, j'y crois pas ! Ça voudrait dire qu'il m'aime lui aussi ? Ou juste parce que l'on est ami ? Oui mais dans ces cas-là, il aurait pu tout simplement donner une petite tape sur l'épaule ou quelque chose de moins évocateur... Mais si jamais je me suis trompé et qu'il faisait ça juste pour le fun, je vais me prendre une de ces claques dans la gueule... c'est bien beau d'espérer, sauf que si je me prends un râteau, je vais me retrouver au 36ème dessous avec en prime un Kaoru qui va se barrer... Tandis que si je ne dis rien, ok je vais continuer à souffrir en silence, mais Kaoru sera avec moi... À tout prendre, la deuxième solution est la meilleure, même si c'est lâche... Rah, qu'est-ce que cette situation m'énerve ! Et tel que c'est parti, si je continue de réfléchir, je ne vais pas dormir de la nuit. Faut que je me calme, que je respire profondément et ainsi je pourrais dormir.* c'est ce qu'il fit et, au bout de 10 minutes, il put rejoindre les bras de Morphée.
