Chapitre 2 :

PoV – Zylphia

« Alors vous n'étiez pas une intrus ! Vous m'avez vraiment inquiété durant un moment. Alors, quel sera votre poste ici ? » me demanda Bard alors que je l'aidais à nettoyer ses autres bévues.

« Tout était déjà pris... alors j'ai juste un simple rôle de n'importe quelle femme. J'ai beaucoup de temps, et beaucoup de compétences différentes... Mais j'ai bien peur que Sebastian ne devienne jaloux si je deviens meilleure que lui dans son travail. » Je me souris à moi-même, balayant des morceaux brûlés dans une pelle.

« Impossible ! Vous n'avez pas encore vu Sebastian à l'œuvre... Il fait tout, répare tout, et il est doué dans n'importe quel domaine ! C'est comme s'il forçait le temps à suivre son rythme... Il apparaît de nul part... C'en est presque... »

« Monstrueux ? » gloussais-je.

« N-non ! Ce n'était pas ce que je voulais dire ! »

« Calme-toi, je rigole. Il est juste un majordome très talentueux... ou comme il devrait dire... un diable de majordome ? Il a l'air de le dire souvent... Est-ce son slogan ? » Je tirai un briquet de ma manche pour allumer sa cigarette. Il fut surpris avant d'acquiescer en me remerciant.

« On peut dire ça comme ça... » Bard lissa sa chevelure et je tirai un peigne de ma manche pour l'aider, soufflant pour en enlever quelques cendres.

« Wow, combien de choses peut-tu garder la dedans? » Il toussa pour cacher son embarras.

« Qui sait... Au bout d'un moment, on réalise que chaque chose peut avoir son utilité dans n'importe quelle situation... Après tout, des enfants peuvent être si sales par moments... »

« Quoi ? »

« Ah, rien. Je me parlais à moi-même. Tu peux garder le peigne, j'en ai d'autres. » Je le saluais de la main, tournant les talons sur une pièce désormais impeccable.

PoV – Global

Mey-Rin tourna pour voir Phia se promener à loisir en bas des escaliers, courant près de la rampe. Elle fredonnait doucement, attirant l'attention de la bonne.

« Ah, bonjour ! J'étais juste entrain de nettoyer l'escalier... et m'habituais à la grandeur de ce manoir ! C'est très vide... » Phia tournoya sur les marches, finissant en bas. Mey-Rin savait que si elle tentait quelque chose de ce genre, cela finira inévitablement en pleurs.

« C'est parce que le jeune maître et Sebastian sont souvent absents pour affaires, on prend soin de la maison en attendant ! » Mey-Rin devint rouge, pensant au majordome vêtu de noir.

« Est-ce le cas... J'ai entendu toute sorte de rumeur à propos de cette famille. Le Chien de Garde de la Reine... un jeune garçon comme lui faisant le sale boulot...ont-ils quelque chose avoir avec les récents meurtres ? » enquêta Phia, levant un sourcil.

« Je ne sais pas... Sebastian ne nous dis rien à propos de leur travail... » Mey-Rin réajusta ses lunettes, pensive.

« Je vois... Je pense que je vais aller aider dehors aux jardins, merci Mey-Rin. » lui adressant un sourire sincère, Phia enjamba l'embrasure de la porte pour sortir dehors. Wow... Phia est si gentille...

PoV – Zylphia

« Finny ? Puis-je faire quelque chose pour t'aider ? » appelai-je à travers le jardin, notant les quelques signes de destructions prudemment cachés.

« Ah ! Ici ! » Finny déracina un arbre de son signe de main pour me saluer, et je soupirai, arrivant près de lui.

« Tu devrais être plus prudent dans le jardin ! Certaines choses ont besoin de force, d'autres une douce nutrition. Regarde, les arbres sont des choses vivantes aussi, et ils ne tiendront pas le coup si on les déracine sans cesse. » Je baissai son bras, remettant les racines dans le sol le mieux que je pouvais.

« Oh non ! Vos vêtements vont se salir ! » Finny semblait paniqué, et j'époussetai la saleté de ma robe.

« C'est juste un peu de terre, rien que le nettoyage ne pourra arranger ! Ah ! Voilà ! Chaque femme est un peu bouchée, alors je pense que j'appellerai mon rôle de gouvernante ! Après tout, il semble que le rôle de majordome est déjà très bien réalisé. » Finny sembla très confus, et je retirai un gant pour enlever une feuille de ses cheveux, souriant de son embarras.

« Le jardin a l'air en bon état pour l'instant, n'oublie pas, les fleurs sont résistantes, mais face à de la force physique, j'ai bien peur qu'elles ne soient impuissantes. » Je touchai une rose, grimaçant lorsque l'épine me perça le doigt.

« Je sors ! Je reviendrais bientôt... » dis-je, marmonnant avec mon doigt dans la bouche. Le goût métallique du sang, ce goût que je connaissais mieux que quiconque.

« Mais il fera bientôt nuit ! » protesta Finny, mais déjà je lui faisais un signe de la main, lui renvoyant un petit sourire carnassier.

M'en allant furtivement dans la nuit, je sautai sur une basse branche d'un arbre, m'appuyant contre pour m'y accrocher. J'étirais mon dos, miaulant accidentellement. Ah la la, on dirait bien que je suis trop attachée à ma vie antérieure. Même en pensant qu'elle était simple et que j'y comprenais à peine quelque chose, être un chat fut une superbe vie. J'espère que la prochaine fois- oh c'est vrai ! Maintenant que j'ai Sebastian, il n'y aura pas de prochaine fois... quelle pensée réjouissante !

Je me redressais, étirant mes bras.

« Maintenant, voyons voir à quoi le petit comte est occupé ce soir. »

*oOo*

Sa vie n'est donc jamais ennuyante ? J'aimerai que toutes mes vies soient aussi intéressantes.

Je fixais la scène sanglante en-dessous de moi, rouge et noir, les couleurs prédominantes dans la nuit noire. Les sons de vrombissement attirèrent mon attention, et je fixais un homme aux longs cheveux rouges manier une tronçonneuse, dansant à même le sol. Sebastian apparu pour le combattre, et je chutai du toit duquel j'observais tout vers le sol carreleur où l'homme fou à la tronçonneuse, non, il n'était clairement pas humain, sauta également. Me tordant en plein air, j'atterrissais tant bien que mal sur mes quatre membres, dans une flaque de sang encore chaud.

« Hah ! » Je senti le sol dur heurter mes mains, tordant mes épaules et genoux. Le petit comte me regarda surpris, et je souris d'un air penaud.

« Bonsoir, jeune maître. » Je me relevai encore secouée, sentant le sang s'infiltrer à travers mes vêtements jusqu'à ma peau.

« Que fais-tu ici ? » Il s'agenouilla d'un corps peu vêtu de rouge, une femme aux courts cheveux rouges flamboyants. Du sang s'écoulait de la plaie béante sur sa poitrine, clairement entaillée par une tronçonneuse.

« Je faisais une petite course. Je suis désolée de déranger. » Ma vision commença à se brouiller alors que la puanteur du sang me montait au nez. Images vives, souvenirs refaisaient surface rapidement.

« Devons-nous l'amener au docteur ? » Je délirai un peu, sachant qu'elle était déjà morte. Je m'agenouillai derrière son corps, enlevant ma veste pour en tamponner le sang, alors que le comte frappait ma main loin du corps.

« Ne la touche pas ! » Ses yeux ne contenaient aucune larme, mais ils trahissaient une immense tristesse et une forte envie de vengeance. J'imaginais que mes yeux reflétaient les mêmes émotions, mais sans la vengeance, uniquement de la lassitude. La vengeance ne se termine jamais comme on le veut. On attend encore et encore la douce sensation de vengeance et de satisfaction, mais au final on n'obtient que mensonges, et le sang tachant nos mains à jamais.

« Je suis désolée. Je ne pensais pas qu'il serait convenable qu'un enfant soit entouré de sang. »

PoV – Global

« J'ai arrêté d'être un enfant depuis déjà deux ans. Même avant, j'ai toujours été entouré de sang… C'est le prix de la vengeance, et du titre des Phantomhive. » Ciel tenait le corps de Madam Red, scellant ses dents pour arrêter d'en dire plus à une servante familière et récemment engagée. Son nom était… Z.. quelque chose… quelque chose de difficile à prononcer.

Il se souvint se demander pourquoi était-elle venue demander un emploi, alors qu'elle venait d'une famille riche. Il ordonna ainsi à Sebastian d'enquêter sur elle. L'unique fille de la famille Knight, ils espéraient la marier à quelqu'un de haut gradé, ayant beaucoup de prétendants charmés de ses nombreux talents. Malheureusement, alors qu'elle grandissait, sa famille commença à avoir des doutes sur son psychisme, étant donné son grand penchant pour l'attitude féline et ses affirmations de vies passés. Ils l'envoyèrent dans un hôpital psychiatrique, 'le meilleurs qu'ils aient pu trouver, ainsi leur fille pourra guérir rapidement', mais elle s'échappa peu de temps après son entrée, ne laissant plus aucune nouvelle… jusqu'à ce qu'elle se montre au manoir Phantomhive.

Sebastian s'inquiétait du fait que sa santé mentale n'entrave la santé de Ciel, mais il était neutre face au fait qu'elle devienne employée de la famille Phantomhive. Ciel remarqua la moquerie dans sa voix et l'exaspération dans celle de Sebastian. Il n'avait jamais vu quelqu'un énerver son majordome stoïque aussi rapidement, et il l'engagea immédiatement… mais maintenant, il se révéla qu'elle soit plus utile que ça. Le fait qu'elle sache que Sebastian était un démon intrigua beaucoup le petit comte. Il va falloir qu'on ait une petite explication. Il enleva sa veste pour couvrir le corps de Madam Red, la couleur étincelant toujours au clair de lune.

« Ne me pose pas de questions. » ordonna-t-il, et elle inclina sa tête positivement, le bout de ses cheveux baignant dans la flaque sanglante. Elle avait l'air d'être à moitié au courant de ce qu'il se passait, et, retenant d'hystériques émotions, elle contourna le corps, plaçant un bras autour du petit comte. Il était sur le point de la repousser quand il senti sa prise se resserrer.

« En tant que votre gouvernante, je ne peux vous laisser attraper froid. » Il protesta encore un peu pour la forme, avant d'abandonner.

« Tu es consciente que je peux te renvoyer… » Ce fut plus une affirmation qu'une question.

« Oui, mais avant que vous le fassiez, j'ai un travail à réaliser. »

PoV – Zylphia

Il est si frêle… Mes enfants étaient-ils si petits à cet âge ? Mais je suppose que cela ne prouve rien… ils sont tous morts désormais.

Un fort cliquetis retentit au-dessus de moi et je levai les yeux pour voir un individu blessé piquer vers le bas, droit sur nous. Je me jetais en avant, couvrant le corps du petit comte avec le mien, me préparant à bouger ou riposter. Avant que je puisse décider, une ombre noire s'élança vers le bas, envoyant le corps au loin d'un coup de pied bien ajusté.

« Veuillez m'excuser, j'ai mal évalué la distance » Sebastian ne portait plus sa veste chic, et était couvert de sang et de blessures presque fatales.

« Eh bien, on dirait que même les démons font des erreurs et peuvent être blessés. Cela semble douloureux, Sebastian. Puis-je faire quelque chose pour t'aider ? » Je souri avec coquetterie, relâchant ma prise sur le petit comte en voyant son regard furieux.

PoV – Sebastian

Tu peux me donner ton âme.

« Non, je vais parfaitement bien. »

« C'est vrai, Sebastian. Tu es dans un sale état. »

« J'ai un peu de résistance… alors… » Le corps au sol remua, encore un peu étourdi par les coups.

« Voilà le Faucheur. Je suppose que vous ne pouvez mourir de simples coups. » Sebastian reprit la tronçonneuse, déplorant un peu l'état de sa veste. Si son maître lui ordonna de tuer Grell, cela aurait pu être une invitation pour se débarrasser de la frustration accumulée depuis que Miss. Knight était arrivée. Deux de ses âmes les plus convoitées, dans le même endroit, toutes les deux lui étant destinées, était-ce une torture ou simplement de la chance ?

PoV – Zylphia

Fau…cheur… ? Le petit comte connait les Faucheurs aussi ? Je lâchais un petit rire, n'y croyant pas.

« Tu es un Faucheur… n'est-ce pas ? » Je me levai, enlevant ma veste et, couvrant la tête du petit comte avec, je me mis à marcher, chancelant dangereusement. Il était allongé sur le sol, et Sebastian me regarda curieusement.

« Oh ? Alors, Miss. Knight connait les Faucheurs également ? Vous n'êtes pas quelqu'un de sous estimable, n'est-ce pas ? » Il marcha vers moi, portant la tronçonneuse difficilement maniable.

« Appelles-moi Phia, Sebastian. Non, Sebby était-ce ? » Je continuai avant qu'il puisse en placer une.

« Si je connais les Faucheurs ? Tu devrais les remercier, Sebastian… ils sont la raison pour laquelle je te cède mon âme. » Je m'agenouillai derrière le Faucheur murmurant, faisant courir ma main gentiment dans ses cheveux rouges.

« Mr. le Faucheur… sans vos lunettes, vous ne pouvez pas voir grand-chose, n'est-ce pas ? Si vous brisez vos lunettes, ou les perdez, il devient facile de faire des erreurs, n'est-ce pas ? C'est facile de tuer des personnes accidentellement, et de dégrader leur lanterne cinématique ? Je… hais les Faucheurs. » Je saisissais le bout de ses cheveux, tirant d'un coup sec sa tête du sol.

« Est-ce amusant ? Regarder le sang d'innocents se répandre dans les rues ? » Je le menaçai, les pointes ensanglantées de mes cheveux traçant des trainées rouges sur le sol.

« Là, là… Je pense pouvoir m'en occuper. » Une main se posa sur mon épaule.

« Sebastian… est-tu entrain de m'accorder une faveur en te comportant en prince charmant ? » Je laissai tomber la tête du Faucheur soudainement, l'entendant heurter le sol, un petit sarcasme s'infiltrant dans ma voix. Sebastian se déplaça après moi, écrasant le visage du Faucheur. Je sautai en arrière, contente de laisser Sebastian s'occuper de cette situation inconfortable.

« C'est presque désagréable de se faire marcher dessus, mais écraser quelqu'un, c'est autre chose. » Il écrasa son pied sur le visage du Faucheur en jubilant.

« Jeune maître, même si cette chose hideuse est un Faucheur, un Dieu de la Mort, êtes- prêt à assumer les conséquences de sa mort ? » Sebastian lança un regard par-dessus son épaule vers le garçon agenouillé, et je les observai curieusement.

« Es-tu entrain d'essayer de me faire répéter mon ordre ? »

« Bien. » Le Faucheur rampa pitoyablement, et je plaçai une main au centre de ma poitrine, sentant la cicatrice coupante qui me suivait partout.

« Ah, vous avez une voix assez attirante lorsque vous criez. » Sebastian dégaina la tronçonneuse gracieusement, le bruit filtrant à travers les rues.

« Laissez-moi vous satisfaire… Je vais vous faire partir grâce à votre jouet bien-aimé ! » Je le vis élever la tronçonneuse. Ils deviennent de plus en plus créatifs avec leur faux…

« Pitie, arrêtez ! » Je posai un doigt sur mon menton, soupirant en entendant les mots du Faucheur.

« Pas envie. » dit Sebastian à la manière d'un enfant, souriant angéliquement. L'étincelle et le rugissement de la tronçonneuse me parurent poétiques, mais malheureusement le mouvement de Sebastian n'atteignit jamais le Faucheur tordu. Je lançai un regard en haut curieusement pour voir qui interrompit, de longs ciseaux se rétractant en haut, vers un homme bien habillé.

« Mon nom est William T. Spears » Bla bla bla. Les Faucheurs savent bien comment perdre leur temps. Je fermai les yeux, n'étant plus intéressée par la querelle entre les deux. À la place, je regardai le petit comte, pensant à son sombre passé. Alors qu'il était arraché de force à sa paisible vie, on m'introduisait aux nouvelles méthodes de psychothérapie. Si j'avais su qu'ils avaient tout inventé, je n'aurais pas été si insouciante avec mes mots. Peut-être n'aurai-je jamais dû ouvrir la bouche.

« Phia. Vas-tu rester plantée là pour toujours ? » Une sombre voix moqueuse fit irruption dans mes pensées.

« Et ne plus jamais voir ton visage ? Tu pourrais tout aussi bien m'arracher le cœur. Mais bien sûr, tu ne le feras pas, où serai la romance la dedans ? » Je lui souris, claquant des dents avec moquerie.

PoV – Global

« Sebastian. Cette fille t'a vraiment offert son âme ? » Ciel s'assit sur le bord du lit, fixant Sebastian.

« Oui. »

« Pourquoi… pourquoi ne pas l'avoir déjà dévorée ? »

« J'en suis incapable sans sa permission. Je suis également préoccupé… » Sebastian le regarda méprisable, puis se leva pour l'allonger dans le lit.

« Je ne savais pas que c'était… non rien. »

Sebastian acquiesça de la tête, puis se tourna pour partir.

« Sebastian. Si elle se décide à te donner son âme, tu devras me le dire avant. C'est un ordre. »

« Yes, my Lord. » La lumière s'échappa de la pièce tandis que Sebastian soufflait les bougies, et Ciel s'allongeait sur le côté, espérant que cette nuit les cauchemars ne viendront pas le hanter.