Voici le chapitre premier. Comme vous avez été gentils avec moi je le mets en avance. Je continue à travailler sur mes autres fics évidemment mais j'ai eu récemment un bouleversement de taille sismique, dans le bon sens du terme, dans ma vie, et j'ai autre chose à faire pour le moment que de trop bosser dessus. Ne comptez pas sur une nouvelle publication quelle qu'elle soit avant la semaine prochaine. On se retrouve en bas pour les notes d'auteure. Bonne lecture!
.
-Je ne sais pas naviguer.
-Je t'apprendrai.
-Je n'ai jamais tué quiconque.
-Tu auras du plaisir à tuer des pirates sans foi ni loi.
-On doit être totalement fous.
-Oui, mais on adore cela...
.
Hermione Granger et Harry Potter.
…
Spanish Town, 20 Septembre 1655.
…
Le soleil se couchait sur la Jamaïque, striant le ciel bleu pur de mèches de violine, de rose, d'orange et de jaune. C'était un paysage splendide, comme seuls peuvent en contempler les habitants des Caraïbes, et d'ordinaire Hermione Granger se serait attardée devant le spectacle somptueux. Néanmoins, elle resserra son châle de soie bordeaux autour de ses épaules, bien qu'elle n'ait pas froid, et soulevant légèrement ses jupons, monta prestement dans la diligence à quatre chevaux qui l'attendait devant l'église, où elle venait de se rendre pour déposer une offrande à Jésus, et citer une prière.
Son esclave favorite, une mulâtresse du nom de Sarah, la suivit et s'installa face à sa jeune maîtresse, dos à la cloison, où elle tapa trois coups pour ordonner au cocher qu'on avance. La diligence s'ébranla, et l'esclave dévisagea Hermione.
Sarah devait avouer que Hermione, qui était assez jeune pour être sa fille, était ravissante, et l'esclave doutait que la jeune fille et atteint la fleur de son potentiel. Elle en était encore aux prémices, comme une plante qui n'a pas encore grandi.
Un visage en forme de cœur orné de grands yeux d'un ambre étonnant et si rare que Sarah n'en avait jamais vu de pareils, frangés de longs cils sombres lui conférant un regard à la fois faussement pudique et osé. Le tout formait un regard de braise élégant d'un charme inouïe. Un petit nez retroussé de manière mignonne, comme une fillette, mais assez droit pour donner à ses traits une certaine noblesse, comme le faisaient ses pommettes hautes et aristocratiques ou ses joues légèrement creuses, formant une ombre séductrice. Ses lèvres en forme de ruban de soie étaient naturellement d'un rouge clair, virant souvent soutenu sans artifices, car elle se mordillait souvent la lèvre en réfléchissant, et Hermione réfléchissait en permanence.
Alors que ses traits avaient quelque chose de précieux, comme si elle avait été faite de porcelaine, sa chevelure était une toute autre histoire. Lorsqu'elle était petite, Hermione avait honte de la touffe broussailleuse qui lui faisait guise de coiffure. Sa mère y cassait ses peignes et hurlait d'énervement, alors elle laissa rapidement à Sarah le soin de la coiffer. Sarah le faisait en douceur et soignait régulièrement la chevelure de sa petite maîtresse à l'aide d'huiles secrètes, dont seuls les mulâtres et les nègres avaient le secret. Les années et le travail attentionné de Sarah avaient porté leurs fruits, et Hermione parvenait à coiffer ses boucles soyeuses sans aucun ennui comme toute bonne demoiselle de la bourgeoisie, dans des coiffures sages et remontées en anglaises sur sa tête. Cependant, si Hermione ne les coiffait pas, ses cheveux, sans retourner à leur état d'antan, bouclaient naturellement, lui conférant un côté sauvage en opposition total avec la finesse de son visage. Sarah trouvait à la vérité que cela lui allait mieux que les coiffures européennes.
Au corps, Hermione était plutôt petite, assez mince, mais le corps parfaitement équilibré, et dotée d'atouts assez féminins pour que les hommes portent sur elle un œil appréciateur. Hermione ne semblait pas consciente de son pouvoir de séduction. Elle était, somme toute, innocente. Sa mère, fervente religieuse, ne lui avait jamais expliqué les rapports complexes de homme à femme et vice versa. Hormis quelques baisers pudiques et quelque peu maladroits avec Ron, et les promenades main dans la main, Sarah doutait que sa maîtresse en sache plus. De plus, Hermione se fichait de son apparence physique, et ne passait pas des heures devant un miroir à se pomponner comme tant d'autres jeunes femmes de bonne société. Non, la passion de Hermione était la connaissance.
Le savoir. Voilà ce qui la motivait. Enfant précoce, vive, et d'une intelligence redoutable, Hermione était supérieure dans le domaine de la connaissance et de l'apprentissage à toutes les autres femmes que Sarah côtoyait, ainsi que de bien des hommes. Si Mr. Granger appréciait cette qualité chez sa fille, sa mère en était horrifiée : à son sens, ainsi que du point de vue de la société en général, les seules lectures qu'une femme doit avoir sont celles distribuées par l'église, et c'était tout. L'intellect de Hermione faisait peur, voilà la vérité crue.
Cependant, ce soir, la mulâtresse ne songeait guère à tout ceci : elle contemplait sa maîtresse, d'une pâleur étonnante, recroquevillée dans son châle. Sarah se pencha en avant et saisit doucement les mains de son amie.
-Je sais, murmura-t-elle.
A dire le vrai, Sarah elle-même était choquée. Depuis l'arrivée dans les Caraïbes des pirates de ce mystérieux Voldemort, les eaux translucides semblaient se teinter de sang. Chaque jour, des dizaines de gens, hommes, femmes et enfants, peu importe le rang, l'emploi, la race, arrivaient blessés et déboussolés à Spanish Town, à Port Royal, ou dans tous les autres ports de la mer, la bouche pleine de prières et de contes sur ces assassins terrifiants des mers. Même les pirates notoires de la région n'étaient pas à l'abri et prenaient peur. C'était comme une vague apocalyptique qui brisait la monotonie rassurante et idyllique de la région.
À cause des arrivées massives des victimes des pirates méconnus, les hôpitaux étaient bondés, de même que les églises, les demeures privées, les bâtiments publics. À présent, morts et mourants s'entassaient même sur des paillasses de fibre de coco dans les rues de Spanish Town, à même le sol de pierres, expiant leurs râles dans la nuit. Pour le moment, la maison des Granger n'était pas concernée, mais en donnant ce soir aux pauvres, Hermione avait pu constater l'étendue des horreurs commises par les hommes des mers de Voldemort.
Hormis son intellect aiguisé et son physique plutôt avantageux, Hermione était, Sarah pouvait en témoigner, d'une grande bonté, n'hésitant pas à soigner de ses propres mains ses esclaves malades, distribuant son petit pécule aux pauvres et aux hospices. D'un tempérament emporté et volcanique, elle ne supportait pas les injustices et, si elle profitait de chaque instant du privilège de sa vie, elle n'hésitait guère à plonger dans la charité ou les œuvres bienfaisantes.
Ce soir, elle était bouleversée.
-Seigneur Dieu, chuchota l'héritière de la fortune des Granger, c'est impossible. Comment se fait-il que ces malheureux, dont certains pourraient être sauvés, meurent sur les dalles de la rue principale de la ville, alors qu'ils pourraient être accueillis ? A la Villa Granger, par exemple...
Sarah plissa les lèvres jusqu'à ce que celles-ci ne forment qu'une ligne blanche. Par souci de préserver sa jeune maîtresse, elle n'avait jamais dit à Hermione à quel point Mary-Ann Granger pouvait s'avérer mesquine, méchante et injuste. Elle, et tous les esclaves du domaine, n'en pensaient pas moins.
-Je ne crois pas que cela plairait à votre mère, maîtresse.
-Sottises, répliqua Hermione en serrant les doigts de son esclave favorite. L'on doit aider son prochain. Tu les a vus ! Ces malheureux ont besoin d'aide...
Sarah soupira tout bas et hocha la tête, mais finit par déclarer :
-Nous arrivons, maîtresse.
Hermione acquiesça, l'esprit ailleurs, et elles quittèrent la diligence pour monter les marches de la demeure. Mary-Ann l'attendait dans l'entrée, ceinte dans une robe blanche accentuant sa pâleur, tapant du pied sur le sol.
-Bonsoir, mère, la salua Hermione en posant son chapeau.
-Laisse-nous, esclave, ordonna Mary-Ann en congédiant Sarah sans un regard. Hermione, où étais-tu ? Avec tout ce qui se passe en ce moment, j'ai eu si peur...
-Veuillez me pardonner, s'excusa piteusement sa fille. Mais j'étais à l'église, pour mon don de...
-Peu importe, la coupa Mary-Ann. Il faut que je te parle.
Elle fit demi-tour sur un talon et s'engagea dans la bibliothèque, où le thé les attendait. Mary-Ann s'installa derrière le bureau, indiquant le fauteuil face à elle à sa fille. Puis, la mère s'adressa à la fille en la fixant :
-Hermione, cette affaire de mariage n'a que trop traîné. La clause de ton mariage à vingt-cinq ans n'est plus applicable en ces temps troubles.
La mâchoire de Hermione tomba.
-Vous...voulez que j'épouse Ronald ? Maintenant ?
-Cela ne devrait pas poser problème, me semble-t-il. Tu es plutôt amoureuse de ce jeune homme.
-Mais...
-Hermione, la coupa sèchement sa mère. Tu sais que ton fiancé s'est engagé à bord du HMS Slayer comme marin. Peut-être mourra-t-il en service...
-Mère, se scandalisa Hermione vivement blessée.
-Nous devons envisager le pire, rétorqua Mary-Ann.
Hermione savait qu'elle avait raison, mais la voir exposer aussi froidement l'hypothèse du décès de Ron, son grand amour, dans un futur proche, était suffisant pour lui mettre les larmes aux yeux.
-Et en suivant cette possibilité, continua Mary-Ann, il vaut mieux que tu l'épouses et portes un héritier le plus rapidement possible. Ronald a un titre de noblesse, ce n'est pas négligeable.
-Je ne souhaite pas épouser Ron pour ses titres, répliqua froidement Hermione.
-Et pourtant ! Tu as une chance insolente de t'entendre aussi bien avec ton fiancé, Hermione. Lorsque j'ai épousé ton père, la vie était loin d'être rose. Au contraire, je dirai que cette flamme amoureuse entre vous est une assez grande motivation pour précipiter la date. Tout est arrangé, tu épouseras Ron lors de sa prochaine journée à terre, dans trois semaines.
Hermione pâlit. Bien entendu, elle était amoureuse de Ron, et elle désirait l'épouser. Néanmoins, elle trouvait ceci trop rapide. Et en temps de guerre, elle voulait tout sauf se marier. Elle voulait aider.
-Mais...et la clause ? Qu'en pense père ?
-Ton père est d'accord avec moi, Hermione. Et c'est arrangé avec les Weasley.
Il y eut un silence, puis la jeune femme soupira.
-Bien. Je le ferai.
-Parfait, s'extasia sa mère. Du thé, chérie ?
-Non, merci. Mère, j'ai une requête à vous soumettre.
-Parle, je t'écoute ?
Hermione se renfonça dans son fauteuil et déclara, fixant la théière fumante :
-Tout à l'heure, en allant et en revenant de l'église, j'ai vu toutes ces personnes...les victimes des pirates...les bâtiments de la ville sont si remplies que...les pauvres gens mourraient, à même le sol. Hurlant de douleur, blessés...des enfants, dont certains encore au sein de leur mère...c'était horrible.
-Je n'en doute pas, répondit Mary-Ann en sirotant son thé, d'une voix peu intéressée. Il est mieux pour l'heure que tu apportes tes dons à la chapelle du domaine pour ne plus confronter...
-Non, mère. Vous ne comprenez pas.
Mary-Ann haussa un sourcil intrigué.
-Je te demande pardon ?
-Mère, ce que je veux, c'est pouvoir aider ces gens...
-C'est entendu, dit sa mère d'un ton clôturant cette discussion qui l'ennuyait clairement. J'augmenterai ton pécule. Mais, tu déposeras tes dons à la chapelle.
-Mais mère ! L'or, l'argent n'y feront rien. Ce ne sont pas les pièces qui manquent ! Les infirmiers, les lieux d'hospitalisation, voilà ce qui fait défaut à cette ville. Mère, je sais que plusieurs grandes dames de la ville ont ouvert leur domicile à ces malheureux, afin au moins de leur accorder un toit durant leur mort ou leur convalescence...
La tasse de Mary-Ann claqua brutalement contre la soucoupe alors qu'elle la lâchait, ignorant les gouttes de thé qui en débordaient, fixant sa fille bouche légèrement ouverte et yeux sombres écarquillés.
-Tu me proposes, si j'entends bien, d'accueillir au sein de ma demeure des coupe-gorge, des futurs pendus, des marins malhonnêtes et des fléaux, pour en outre les soigner ?
-Ces personnes ne sont pas des pirates mais des victimes ! Ils...
-Assez !
Mary-Ann avait hurlé ce mot en se levant, foudroyant sa fille du regard, frissonnant de dégoût.
-As-tu perdu la tête, pauvre enfant, siffla-t-elle ensuite. Il en est hors de question...
-Dans ce cas, tempéra Hermione, permettez-moi du moins d'aller contribuer à...
-Tu veux, tremblait Mary-Ann, aller poser tes mains pures et blanches dans les plaies infectées de nègres, de boucaniers, de mulâtres, de bons à rien ? Tu veux risquer d'attraper un mal exotique et de porter les miasmes du mal sur cette maison ?
Hermione cligna des yeux. Elle ne comprenait pas la réaction de sa mère, cette femme douce et composée qui se révélait soudainement être une violente opposante au bien.
-Mère, je ne comprends...
-Il est hors de question que le mal touche cette demeure, hurla Mary-Ann. Tu n'iras pas, tu m'entends ? Ton seul rôle dans la vie, ma chère enfant, est de faire de beaux gros bébés à ton mari ! Prier Dieu souvent, et te taire ! Je savais que la proximité des esclaves d'ici te tournerait ta tête folle. Malheureuse ! Tu es une Granger, future baronne Weasley, comment oses-tu imaginer un seul instant que je te laisserai faire...
Hermione était moins confuse à présent. Levant une main, elle finit par s'extraire de son siège, et la colère déborda, contrant celle de sa mère, l'affrontant pour la première fois.
-Vous me percevez donc ainsi ? Comme une poulinière, un ventre à concevoir ? Je pourrais aider, apporter du soulagement à ces gens, mais non ! Je ne dois être que la femme obéissante et soumise d'un homme, à vos yeux !
-La femme est ainsi faite, rétorqua Mary-Ann d'une voix glaciale.
-Ne reportez pas vos frustrations propres et l'échec de votre vie sur moi, cracha Hermione.
La gifle résonna à travers la petite pièce, tandis que la joue de Hermione se teintait de rouge. Elle était abasourdie. Jamais encore sa mère ne l'avait frappée. Cette dernière, narines palpitant au gré de sa fureur, lança d'un ton méprisant que Hermione ne lui connaissait pas :
-Tu es bien la fille de ton père. Oui, du fabuleux Richard Granger, si adulé, si malin. Lorsque tu es née, passée la déception de ton sexe, j'ai choisi de te voir comme une bénédiction, malgré le fait que tu m'aie rendue infirme au seul rêve de ma vie, une famille nombreuse. J'ai songé qu'une petite fille serait proche de moi, partageant mes qualités et mes goûts. Mais hormis une vague ressemblance physique, tu étais toute à ton père. Aussi arrogante. Aussi intelligente. Aussi cultivée. Aussi belle, cracha Mary-Ann. Petite, tu ne voulais que les bras de ton père. Tu ne voulais pas venir te promener avec moi, tu préférais aller dans le bureau de ton père et t'essayer à la lecture. Quelle déception tu t'es révélée être pour moi, Hermione. Et le pire ? C'est que ton père a beau t'aimer, il ne te voit que comme monnaie d'échange contre une élévation sociale. La baronnie de ton fiancé. À force de te voir pendue à mon mari comme tous les autres, alors qu'on me reléguait au rang de meuble, j'en suis venue à te détester, Hermione. Je te déteste. Je n'ai jamais souhaité ni mérité une enfant aussi ingrate. Je refuse que tu ailles tremper tes mains dans la gangrène des pauvres, car si tu tombes malade, le mariage sera annulé, et je ne pourrai pas être, enfin, débarrassée de toi.
Sur cet aimable monologue, Mary-Ann glissa gracieusement en coup de vent vers la porte, qu'elle claqua, sortant brutalement Hermione du cauchemar éveillé qu'elle vivait.
Sa mère la détestait.
Sa mère, Mary-Ann Granger, ne l'aimait pas. Elle la détestait. Elle voulait s'en débarrasser.
Hermione se laissa tomber à l'aveuglette sur son fauteuil, bouche bée, abasourdie, tandis que les paroles de sa bien-aimée mère tournaient encore et encore dans sa tête. Sa vue se brouilla et les larmes dévalèrent ses joues sans qu'elle s'en aperçoive.
Sa mère la détestait.
…
Harry se tenait debout, au niveau de la proue, ses doigts agrippant fermement le bois clair verni de la coque, pianotant avec impatience, alors que le port de Spanish Town se dessinait sous ses yeux. Le vent ébouriffant ses cheveux, les yeux piqués par le sel de mer et les vagues, de plus en plus douces, faisant légèrement rouler le pont sous ses pieds.
Lorsqu'il avait acheté le Red Phoenix, Harry le considérait comme un moyen de transport pour rattraper les meurtriers de ses parents. Et pourchasser des pirates, l'avait-il fait durant les trois ans écoulés depuis que la guerre maritime avait commencée ! Cependant, il ne s'était pas attendu à adorer chaque instant passé à bord de son bien-aimé navire.
C'était une barque, rapide et puissante, idéale selon lui pour naviguer dans la mer des Caraïbes et se glisser entre les îles parfois dangereusement rapprochées. Le phénix rouge peint sur la coque dénonçait son nom, son propriétaire et Capitaine. Le corsaire Harry James Potter. Il sourit à cette notion.
La première fois qu'il s'était lancé à la suite des pirates, appliquant les quelques leçons de navigation dispensées par son défunt père et se débrouillant sur le tas pour le reste, il était tombé immédiatement et irrémédiablement amoureux de la sensation sensuelle et enivrante de liberté des flots sous lui. Harry aimait tout dans ce domaine : tenir la barre, calculer une route, prendre des décisions rapides et efficaces pour éviter le naufrage, huiler les outils, peindre les bois de poix pour garder le navire à flot, larguer les amarres, ferler les voiles et hisser les drapeaux, charger les vivres. Harry n'était au-dessus d'aucune tâche à bord, malgré la présence de l'équipage, et il n'imaginait plus sa vie sans son adoré Red Phoenix.
Cependant, il fallait bien vérifier l'état de la barque, et se fournir en eau douce et en vivres, aussi revenait-il une semaine à Spanish Town pour ce faire. En outre, il devait remplacer une dizaine de marins, morts en bataille ou malades, et bien évidemment, passer voir ses proches.
Comme beaucoup de membres de la jeunesse dorée des Caraïbes anglaises, Harry était né en Angleterre, dans un village nommé Godric's Hollow où se trouvait la maison ancestrale des Potter. Lorsqu'il eut un an, son père, nommé Gouverneur, amena sa famille s'installer à la Jamaïque. Harry ne le regrettait absolument pas, et n'avait jamais éprouvé le besoin de se rendre en Angleterre. Il y avait été toutefois à deux occasions, lors du décès d'un lointain cousin qui laissait ses biens à son père et lors des noces de l'héritier du trône, le prince Cornelius, cousin du roi Albus. Il avait alors trouvé un pays certes beau et en avance sur leur temps, mais les Caraïbes lui manquaient.
Harry sourit grandement alors que le Red Phoenix venait mouiller dans le port. Peut-être une fois la guerre terminée, il pourrait se lancer sur les mers ?
On toussota derrière lui et Harry se détourna de la vue du port vers son quartier-maître. Dean Thomas était un jeune quarteron, âgé de seulement quinze ans, mais qui avait vogué sous les pavillons de pirates et de corsaires bien plus célèbres que le jeune Potter. Il était fils d'un pirate anglais et d'une mulâtresse. Non seulement était-il excellent dans le métier, mais en plus, il comprenait le désir de vengeance de Harry, sa propre mère ayant été égorgée par un maître cruel. Ils s'entendaient assez bien.
-Retour à la maison, Capitaine ? sourit Dean.
-Aye, affirma Harry en s'appuyant contre le montant de la coque. Mais toi, Dean ?
Le sourire du quarteron vacilla quelque peu, mais il haussa les épaules, bon vivant :
-Moi ? Je vais courir lâcher mon butin sur le dos de gueuses à marins dans les lupanars de la ville, m'enivrer de rhum jusqu'à ce que ma vessie éclate et ronfler dans les entrepôts en attendant qu'un marin furieux m'en jette avec son poing au visage.
Harry secoua la tête et surveilla attentivement son jeune quartier-maître.
-Tu as quinze ans, Dean. Les prostituées à ton âge...
-En redemandent encore, ricana Dean.
-Pourquoi ne pas venir t'installer chez moi cette semaine ? Ce serait toujours mieux que de courir les comptoirs à rhum.
Dean semblait gêné et Harry le comprenait. Il ne devait pas avoir l'habitude de ce genre de propositions, étant un bâtard et un marin.
-Vous savez, Capitaine, je peux très bien...
-Il en est hors de question, répliqua Harry, catégorique. Écoute, tu vois cette diligence, là, avec les chevaux alezans ? C'est la mienne. Va m'y attendre, je finis ici.
Yeux écarquillés, Dean hocha vivement la tête, balbutiant des remerciements maladroits, et sitôt le navire arrimé à quai, sauta à bas du navire et approcha du cocher, qui, méfiant, jeta un regard à Harry qui lui accorda le droit de faire monter le métissé d'un coup de main.
…
Ronald Weasley essuya son visage, balayé par une vague, alors que le HMS Slayer tanguait dangereusement, s'alignant avec le navire pirate à tribord de ce dernier. De l'autre côté du brick arborant le Jolly Roger, un second navire de la marine, le HMS Tiger, prenait le bateau de bâbord.
-Préparez-vous à faire feu, s'égosilla le minuscule loup de mer qui tenait lieu de Capitaine, Filius Flitwick.
-Aye, Capitaine, s'éleva le rugissement des hommes.
Alors que le Capitaine s'approchait afin de tenter de parlementer avec les pirates de Voldemort capturés entre les deux navires de la Compagnie des Indes, Ron ne put s'empêcher de sourire. C'était totalement fou, mais cette vie lui plaisait. Rétablir l'ordre sur les océans et éradiquer la menace pirate des flots, Ron se jurait d'y consacrer sa vie. Rien n'était plus important que cette mission, hormis peut-être les personnes qu'il aimait. Sa famille. Harry. Et son adorée Hermione. Elle serait si fière de lui, si elle le voyait maintenant, mousquet visant sans trembler la tête d'un pirate nègre sur le pont ennemi.
Le Capitaine recula, pépia,
-Dieu ait votre âme !
Puis il remplit ses minuscules poumons à leur capacité maximale et beugla d'une voix de crécelle,
-Feu !
Les canons tonnèrent et Ron, fasciné, observa les morceaux de coque du brick qui s'arrachaient à la paroi lisse du navire, en une gerbe de copeaux et d'échardes qui retombèrent en pluie fine dans l'eau entre les morceaux de planche.
-Feu !
Un canon ennemi recula sous l'impact d'un boulet du HMS Slayer alors que quelqu'un, dans les cales pirates, lâchait un hurlement atroce de douleur.
-Feu ! Attention, mousquets, feu !
Ron ne se fit pas prier. Il alluma instantanément la mèche de son arme en faisant rouler entre des doigts puissants la pierre de la poudrière. Malgré l'exactitude relative des mousquets, il fit mouche. La grosse bille de plomb traversa les airs entre les deux ponts, invisible à l'œil nu, et atterrit dans le front d'un petit pirate caucasien qui lâcha un gargouillis étrange, un trou impressionnant et sanglant entre les deux yeux, avant de s'écrouler.
-Bien joué, Weasley, couina Flitwick en galopant derrière lui pour aller à la poupe du navire.
Ron se gonfla de fierté en rechargeant son arme à peine refroidie, ignorant le métal qui lui brûlait les doigts. Oui, un jour, il serait un grand chasseur de pirates.
…
Sarah introduisit Harry dans la Villa Granger, un air triste au fond de ses grands yeux noirs. Harry haussa un sourcil incompréhensif et l'esclave posa un doigt boudiné devant ses propres lèvres, avant de faire mine de tendre l'oreille.
Harry suivit son conseil, et bientôt, reconnut la voix mélodieuse et cristalline de Mary-Ann Granger qui s'élevait depuis les profondeurs de la maison,
-…te voir pendue à mon mari comme tous les autres, alors qu'on me reléguait au rang de meuble, j'en suis venue à te détester, Hermione. Je te déteste. Je n'ai jamais souhaité ni mérité une enfant aussi ingrate. Je refuse que tu ailles tremper tes mains dans la gangrène des pauvres, car si tu tombes malade, le mariage sera annulé, et je ne pourrai pas être, enfin, débarrassée de toi.
Harry écarquilla démesurément les yeux et une porte claqua. Voilà du nouveau, songea-t-il. À la ville, un chacun savait que Mary-Ann Granger n'était pas la dame la plus charitable, ni la plus sympathique au demeurant. Égoïste, avare, obsédée par le désir de jeunesse éternelle, et jalouse malgré elle de sa propre fille. Austère par défaut, car préférant infliger aux autres ce qu'elle se faisait subir : une vie monotone, sans plaisirs ni rêves.
Et visiblement, si Harry en croyait ses oreilles, Mary-Ann venait d'exploser et de dire enfin à Hermione tout ce qu'elle pensait de sa fille.
Le cœur de Harry saignait pour sa sœur de cœur.
Mary-Ann émergea du couloir de la bibliothèque dans un tourbillon de jupons neigeux, en marmonnant dans sa barbe inexistante. Sarah entraîna Harry derrière un pot à arbuste avant qu'elle ne les voie. Harry regarda l'esclave, curieux, mais elle fronça les sourcils et il écouta ce que murmurait Mary-Ann à son passage :
-Ce Potter a une mauvaise influence sur elle...un corsaire !...ce n'est pas loin des pirates eux-mêmes...il faudra que je les sépare...et sa mulâtresse qu'elle aime tant, Sarah, à lui mettre des idées pas...
Il perdit le sens de la suite alors que Mary-Ann s'éloignait vers ses appartements, mais échangea un regard lourd de sens avec Sarah qui se tordait les mains, angoissée.
-Ne t'en fais pas, l'assura Harry. Nous trouverons un moyen. Je vais voir Hermione. Assure-toi que la diablesse ne nous surprenne pas.
Un sourire bref étira les lèvres de l'esclave à cette description, mais elle acquiesça en silence, et Harry se précipita vers la bibliothèque.
…
Hermione ne sut depuis combien de temps elle fixait le vide, larmes silencieuses roulant le long de ses joues exsangues, et n'entendit pas quiconque pénétrer dans la bibliothèque. Cependant, quand deux bras puissants et rassurants s'enroulèrent autour de ses épaules, elle sut instinctivement qui c'était, et laissa sa tête partir en arrière reposer contre un torse ferme, tandis que, enfin, des sanglots s'échappèrent de sa gorge. Harry ne lui commanda pas de se taire, n'essuya pas ses larmes : il se contentait d'être là. Leur relation fusionnelle, comme celle de jumeaux, les avait toujours étonnés. Chacun savait quoi faire dans n'importe quelle situation. C'était étrange et rassurant à la fois.
Finalement, les larmes se tarirent, et si les paupières de Hermione se firent lourdes de fatigue, la douleur était toujours là.
-Elle m'a dit qu'elle me détestait, Harry.
Les bras se resserrèrent légèrement. Elle inspira et reprit d'une voix brisée,
-Ma mère me déteste...et mon père me voit comme monnaie d'échange contre les titres des Weasley. Je vais épouser Ron dans trois semaines, Harry.
Harry baisa le haut de son crâne et vint s'installer face à elle, derrière le bureau que Mary-Ann avait quitté plus tôt. Hermione sourit brièvement. Les cheveux indomptables de Harry, d'un noir de jais contrastant joliment avec sa peau légèrement hâlée par le soleil de la région, avaient poussé durant son absence de un mois, lors de sa dernière mission. C'étaient les yeux émeraude du jeune homme qui étaient fascinants chez lui, étincelant avec intelligence et humour derrière ses lunettes rondes. Il soupira, croisant élégamment une jambe par-dessus l'autre, puis la fixa avec tristesse :
-Ce n'est pas que je veuille en rajouter à ton malheur, Hermione, mais ici, tout le monde a toujours su qu'elle était jalouse de toi. Je me souviens une fois, avec mes parents. Nous retournions à la maison dans notre diligence, lorsque ma mère s'est mise à critiquer la tienne. Elle a dit que la jalousie de Mrs Granger la perdra, un jour. Elle est aigrie, Hermione, et l'a toujours été. Mère souffrait de savoir que la tienne ne t'aimait pas beaucoup. Elle croyait que je dormais mais j'ai tout entendu.
Il eut un bref sourire au souvenir.
-Père en revanche était moins dupe.
Hermione ne put s'empêcher de glousser nerveusement à cette remarque malicieuse, accompagnée d'un clin d'œil de son ami.
-Qu'est-ce que je vais faire ?
Harry sembla réfléchir à la question, puis en posa une à son tour.
-Tu aimes Ron, n'est-ce pas ?
-Plus que la vie, Harry, mais...
-Mais tu ne veux pas l'épouser de cette manière, conclut Harry. Forcée à te marier pour satisfaire les envies prétentieuses et égoïstes d'autres que vous deux. Tu veux te marier par amour.
Hermione était souvent émerveillée par la capacité de compréhension de Harry. Émue, elle sécha ses dernières larmes, et lui offrit un sourire fade,
-Sans oublier que je dois concevoir un enfant dès que possible, évidemment.
-Tu n'es pas une plante à bébés vivante, Hermione. Personne ne peut forcer ce genre de choses. La nature est seule maîtresse de ces événements, dit gravement Harry en saisissant sa main par-dessus la table. Je t'aiderai toujours et tu le sais. Par ailleurs, je sais que Ron veut également un mariage d'amour avec toi, une belle cérémonie, sans guerre en arrière-plan, autre chose qu'une union hâtive dans une église obscure.
Hermione serra ses doigts, puis ajouta :
-Et un dernier point. Tu as du voir tous les morts, les mourants, les blessés ? Dans les rues, les maisons ?
-Oui, confirma Harry en plissant le front soucieusement. J'ai accepté que ma villa serve de hospice aux accueils, donc j'en ai jusque dans le jardin. Je ne te raconte pas l'état de mes parterres de fleurs. L'État a intérêt à me rembourser les bulbes.
-Harry, se scandalisa Hermione.
Néanmoins, lorsqu'elle le regarda dans les yeux, elle y vit la lueur moqueuse et éclata aussitôt de rire. Il l'imita.
-On ne doit pas plaisanter avec ce genre de choses, sourit-elle finalement. J'ai voulu aider...aller soigner...mais...mère ne veut pas. Quant à moi je ne peux tout simplement pas rester là les bras croisés, à regarder des personnes mourir, sans rien faire ! Et en attendant qu'on me traîne à l'autel de force.
-Je vois, dit lentement Harry. Il faudrait, en somme, que nous puissions trouver une solution qui t'éloigne de ta mère, t'éloigne du mariage forcé dans trois semaines, et de préférence jusqu'à la fin de la guerre, et qui puisse contribuer à aider autrui contre les attaques pirates. Ai-je bien résumé la situation ?
-Parfaitement bien, oui.
-Alors il existe deux solutions, Hermione.
-Je t'écoute.
-La première, tu déménages. Ce n'est pas l'idéal puisque, étant l'héritière de la fortune Granger, on saura te reconnaître en Europe et dans les Caraïbes. Et tu ne vas pas t'exiler au fond d'une grotte inconnue de tous en attendant une dizaine d'années à l'écart de toute civilisation.
-Je vois. Et la seconde solution ?
Harry lui lâcha la main, se gratta la gorge, et la regarda droit dans les yeux.
-C'est l'idéal pour toi, à vrai dire. Tu échappes à l'autorité de ta mère et à tous ses plans pour te faire épouser Ron sans votre consentement. Tu aides les gens et tu aides à combattre la menace pirate. C'est dangereux, très dangereux, mais je sais que cela te plaît, le danger. C'est aussi la solution qui me plaît personnellement le moins, et quand Ron l'apprendra, si tu acceptes, il arrachera ma tête pour l'exposer dans le détroit de Gibraltar.
Sa curiosité piquée, Hermione pencha la tête sur un côté, se mordant l'intérieur de la joue. Harry lui sourit et elle demanda :
-Ce n'est pas illégal, au moins ?
-Au contraire, murmura Harry, yeux étincelants alors que son idée l'emballait de plus en plus. C'est même vivement encouragé par les institutions supérieures...pas tellement chez les femmes, évidemment, mais en temps de guerre, ils acceptent de tout...nous avons les moyens de le faire...
-Harry, chuchota Hermione. Quelle est ton idée ?
Il y eut un bref silence, puis le visage de Harry se fendit d'un grand sourire.
-Il faudrait que tu deviennes corsaire, Hermione.
-Il s'attendait à ce qu'elle lui éclate de rire au nez. À ce qu'elle s'affole ou se mette en colère. Au lieu de cela, Hermione fixa le vide un moment, puis revint doucement à lui, un sourire prenant également place sur son visage.
-Je ne sais pas naviguer, dit-elle avec un sourire éclatant.
-Je t'apprendrai, promit Harry en ricanant.
-Je n'ai jamais tué quiconque, ajouta-t-elle en riant.
-Tu auras du plaisir à tuer des pirates sans foi ni loi, assura-t-il en riant plus fort qu'elle.
Elle s'écroula sur la table, hilare.
-On doit être totalement fous, glapit-elle.
-Oui, rétorqua-t-il sur le même ton, mais on adore cela...
Leurs rires inexplicables taris, Hermione se redressa et sourit doucement. Harry lui saisit les mains.
-Je ferai de toi la meilleure corsaire femme des mers des Caraïbes, promit Harry.
-Tu avais raison, acquiesça Hermione. Ronald va te tuer.
Ils éclatèrent encore de rire, sans raison valable. Sans doute était-ce nerveux, afin d'oublier un moment leurs craintes, afin de ne pas se concentrer sur les aventures de hautes marées à venir. Mais ils rirent, et ils aimèrent cela.
.
Notes de fin et explications.
.
Nègre/négresse : le terme est parlant. À l'époque des colonisations, nombre de noirs étaient déportés d'Afrique afin de servir des maîtres blancs dans les Caraïbes et ailleurs. Bien qu'ils soient relativement bien protégés par la loi jusqu'à la fin du XVIIème siècle (en théorie du moins), des mesures furent vite prises. Ainsi en France, Louis XIV adopta le célèbre Code Noir, traité par certains historiens comme « le texte le plus barbare des temps modernes », qui autorisait entre autres mesures aux maîtres d'amputer des membres aux esclaves qui tentaient de s'échapper : on appelait ces amputations le « marronnage », terme qui s'est ensuite étendu aux tentatives de fuite. Les noirs étaient les plus maltraités de toutes les catégories d'esclaves, et étaient ceux qui coûtaient le moins cher à l'achat. Plus tard, les lignées afro-américaines furent connues pour le gospel, des chants traditionnels qu'ils entonnaient lorsqu'ils travaillaient dans les champs pour leurs maîtres et qui aujourd'hui encore est demeuré dans les esprits comme un ensemble de chants d'espoir, ainsi que d'hymnes : la plupart des maîtres exigeaient, en effet, que leurs esclaves embrassent la religion chrétienne.
Mulâtre/mulâtresse : c'étaient des esclaves avec un parent blanc et l'autre noir. Estimés comme étant plus « purs » que les noirs, ils coûtaient plus cher et occupaient de meilleurs postes au sein des maisons, comme par exemple le service de table ou la surveillance des enfants des maîtres. Généralement, les « demies-races » étaient les enfants de femmes noires qui avaient eu des relations sexuelles avec leur maître, la plupart non-consentantes ou dans l'espoir d'améliorer leur qualité de vie. Dans cette catégorie sont aussi recensés les quelques esclaves indigènes qui vivaient aux Antilles à l'époque de la colonisation : ils étaient peu nombreux, se comptant seulement en dizaines, car les colons s'étaient efforcés de les exterminer avant de les exploiter de manière si dure que la plupart y laissèrent la vie.
Quarteron/quarteronne : c'étaient des personnes avec un seul grand-parent noir. Ils étaient donc un « quart » noirs, d'où leur nom. Assez rares, peu d'entre eux étaient toutefois esclaves. Les quarterons écumaient souvent les ports, proposant leurs services pour par exemple porter des chargements, etc. En revanche, le terme pouvait aussi s'appliquer aux personnes n'ayant qu'un grand-parent européen sur quatre : ces quarterons-là étaient souvent rangés dans la catégorie des mulâtres et réduits en esclavage.
Barque : le Red Phoenix est une barque, c'est à dire qu'il s'agit d'un navire (à voiles, évidemment) ayant trois mâts (les mâts étant de grands poteaux tenant les voiles) : mât de misaine, grand mât et mât de barque remplaçant le traditionnel mât d'artimon, de l'avant à l'arrière. Les deux premiers sont dotés de voiles carrées, et le dernier d'une brigantine à corne et un flèche. C'étaient des navires très appréciés au Cap Horn et dans les Caraïbes. Malgré sa taille relativement grande pour un navire pirate, il permettait de tenir les flots de très bonne manière, et était relativement facile à manœuvrer. Sa rapidité était appréciable, même si elle n'était pas faite pour les eaux peu profondes et la navigation souvent difficile entre les îles rapprochées des Caraïbes.
Corvette : le HMS Slayer est une corvette. Navire réputé comme étant légère et rapide, très maniable, c'était un vaisseau de guerre, d'où son utilisation, ici, par l'armée. Intermédiaire entre le brick et la frégate, c'était soit un trois mâts, soit un trois mâts barque (donc avec un mât de barque remplaçant le mât d'artimon. Néanmoins le HMS Slayer est doté d'un mât d'artimon). N'étant malheureusement doté que d'une rangée de canons, il était plus utilisé pour la chasse à l'ennemi qu'à un affrontement en pleine mer.
HMS X : le HMS placé devant le nom d'un navire de la marine signifie « His Majesty's Ship » (ou Her Majesty's Ship, dans le cas où il s'agit d'une reine), signifiant « Navire de Sa Majesté ». Cela était employé en Angleterre pour démontrer qu'un navire de la marine était la propriété de la Couronne. C'est toujours un système utilisé aujourd'hui. Un navire portant le sigle « HMS » devant un nom appartient donc au roi ou à la reine d'Angleterre. Malheureusement, cela comportait aussi des défauts, comme par exemple les attaques ciblées sur les navires de la Couronne.
Phénix peint sur la coque : le fait de marquer le nom du navire en toutes lettres est relativement récent. Au XVIIème siècle, la majorité des populations européennes était illettrée, y compris dans la marine, rendant la lecture du nom d'un bateau impossible pour la plupart des personnes. Pour pallier à ce défaut, on peignait alors sur la coque de chaque navire un dessin dénonçant son nom. Ainsi, les personnes voyant passer le Red Phoenix remarquait le phénix rouge sur la coque et pouvaient l'identifier.
HMS Slayer : j'ai simplement trouvé ce nom sympathique. Durant mes longues recherches sur les navires à voile, j'ai attribué chaque navire à un personnage de l'histoire selon sa personnalité et ce que ledit personnage pourrait éventuellement rechercher dans un navire. Pour les noms, vous verrez que j'ai repris plusieurs éléments de l'univers HP (ex. : le Mangemort, la Rowena, la Rapière de Godric, le Serpentard, etc...vous verrez qui est qui ;)) mais j'ai aussi attribué certains noms en anglais (HMS Slayer, HMS Tiger, Red Phoenix, Golden Lion, etc.) parce qu'en anglais, cela faisait plus classe que la traduction française, je trouvais. Le mot « slayer » pourrait se traduire par « pourfendeur ».
Aye: signifie "oui" en Anglais. Aye est le mot utilisé traditionnellement par les marins britanniques, pirates ou non. En Ecosse on utilise également ce terme.
.
Voilà! N'oubliez pas de reviewer.
