-Lorsque le moment sera venu, je coulerai moi-même le Salazar, et ces deux idiots à bord, attachés fermement au mât.

-Le spectacle sera merveilleux. Ensuite, ma tante, ce sera à nous deux...

-En effet. Mais nous avons encore besoin l'un de l'autre.

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Bellatrix Lestrange et Draco Malefoy

La lune éclairait la mer d'huile, rendant les flots d'un noir d'encre. À l'horizon, l'on pouvait à peine distinguer, même aidé d'une lunette, les terres qui se profilaient et représentaient les îles de Los Roques. C'était un fouillis de minuscules terres émergées, certaines encore vierges, parfois habitées par des cannibales ou des sauvages, dans d'épaisses forêts tropicales. Les îles de Los Roques étaient parfaites pour se cacher, pour se réunir, et étaient connues pour de telles raisons par les pirates, même si descendre à terre pouvait s'avérer fatal, en raison des troupeaux d'Indiens sauvages habitant les lieux. Entre les îles, parfois éloignées de seulement quelques centaines de mètres, les eaux étaient souvent peu profondes, et il fallait être équipé d'un navire tel que le sloop, le brick, le brigantin ou la barque pour y accéder.

Derrière la barre, le Capitaine Draco Malefoy dirigeait son brigantin avec le professionnalisme d'un vieux loup de mer, faisant se glisser le navire silencieusement et lentement, presque indétectable. Il ricana en voyant la frégate qui l'attendait au large. Sa tante était d'une telle prétention qu'elle se sentait obligée de commander une immense frégate, ce qui, Draco en était persuadé, serait sa fin. Non que cela le dérange : une fois Bellatrix Lestrange écartée, il serait et resterait le seul favori de Lord Voldemort, place pour laquelle ils se battaient tous deux. En attendant, cependant, le jour béni où l'un d'eux, et Bellatrix de préférence, serait vaincu, il fallait bien qu'ils collaborent afin de battre les corsaires et les armées qui tentaient vainement de défendre les eaux tropicales de la mer des Caraïbes. Près de lui, Adrian Pucey, son quartier-maître, ricana tout bas, recrachant une bouffée de tabac.

-Connasse, murmura-t-il en fixant la frégate.

Cela résumait bien les pensées de Draco, qui hocha la tête.

-Gare à toi, Pucey, de ne pas émettre de tels avis devant elle, prévint-il cependant. Sinon, je ne pourrai rien pour toi. Une fois que Bellatrix a mis en tête de tuer quelqu'un, elle le fait sans se poser de questions.

Adrian émit un bruit à mi-chemin entre le grognement et le rire, et expira une nouvelle bouffée. Draco le fixa froidement.

-Je t'ai déjà demandé d'aller fumer ailleurs, dit-il d'une voix glaciale.

-Que veux-tu que je te dise, Capitaine ? C'est tellement bon. Pour une fois que les Amérindiens produisent quelque chose de valeur. Leur sucre et leur coton, c'est une belle connerie. Mais le tabac, tudieu, je pourrais en parler durant des heures.

-Malheureusement pour toi, je ne suis pas intéressé par ton lyrisme, railla Draco d'une voix traînante. Tu veux perdre un poumon, en plus d'un œil ?

Adrian haussa les épaules et décocha à son ami et Capitaine un sourire étincelant. Comment il parvenait à garder des dents d'une blancheur impeccable tout en fumant continuellement, Draco n'aurait su le dire. Adrian n'était pas laid : au contraire, il avait été beau, et gardait un certain charme. Il avait un visage carré, aux lèvres fines, un nez un peu trop long, et l'œil gauche d'un bleu foncé seyant. Son autre œil, cependant, était couvert par un cache-oeil noir. Il portait un tricorne noir, le penchant afin de mieux cacher cet handicap. Mais il était vrai que les prostituées de la Tortuga aimaient ce côté mystérieux. Contrairement à l'histoire qu'Adrien confiait à tous, et qui invoquait une vingtaine de sauvages le coursant à travers les îles avant de le priver de son œil d'une flèche, Draco savait qu'en réalité, c'était Voldemort, furieux, qui avait puni Adrien en le lui arrachant pour une baliverne. Cependant, si les hommes savaient qu'Adrien avait attiré les foudres de leur maître, il serait certainement tué. Alors Draco le laissait raconter des contes rocambolesques. Adrian était d'une taille moyenne, mais extrêmement musclé.

-Je me demande où est son chien de garde, déclara soudainement Adrian en fouillant la mer des yeux- ou, en l'occurrence, d'un seul œil.

Draco ne répondit rien, se contentant de jeter un regard à sa boussole qui pendait, ouverte, à sa taille.

-Il ne doit pas être bien loin, finit-il par murmurer. Là où se trouve Bella, tu peux être sûr que son mari est tout près. À moins qu'il ait été vaincu par l'ennemi, ou que Bella elle-même ait disposé de lui.

-Bellatrix a trop besoin de Rodolphus pour cela, nota Adrien en jetant son mégot dans les eaux sombres.

Il fouilla ses poches, trouva sa pochette de tabac, et entreprit aussitôt de se rouler une cigarette.

-Et elle le sait, poursuivit-il en léchant le papier du tabac. Elle se prend sans doute pour une sorte de demi-déesse vivant parmi les mortels, mais elle n'est pas stupide.

-Non, acquiesça Draco avec un sourire cruel, juste folle.

Ils ne dirent plus rien, et glissèrent vers le large.

Draco n'aurait jamais rêvé aimer à ce point la vie de pirate. Cruel, mauvais, fils d'un des meilleurs hommes de Voldemort, le voie de Draco était déjà toute tracée avant même sa naissance. Toutefois, lorsque Voldemort avait décidé de construire sa flotte, Draco avait été l'un des premiers membres d'élite choisis pour devenir pirate, tout comme Bellatrix. Formé pour devenir l'un des meilleurs Capitaines, Draco n'avait pas lésiné : si Bellatrix était célèbre dans les Caraïbes, depuis trois ans, pour sa cruauté inouïe, Draco était connu essentiellement pour son efficacité, ses qualités de marin et sa stratégie, qui avait jetée des dizaines de navires civils et militaires vers le grand fond. En presque trois ans de carrière, il n'avait eu qu'à déplorer la mort d'une trentaine de ses hommes, et les plus grands voulaient naviguer avec lui.

Finalement, le brigantin du Capitaine Malefoy vint doucement, presque langoureusement, s'amarrer aux côtés du Mangemort, la frégate de Bellatrix, qui se tenait debout sur le pont de son navire, bras croisés, foudroyant Draco du regard. Ce dernier cacha un sourire, avant de tourner un regard innocent vers sa rivale.

-Bonjour, ma tante, dit-il calmement en soulevant brièvement sa tricorne en guise de salut.

Les yeux noirs de Bellatrix se plissèrent, menaçants.

-Je rêve, ou tu joues au plus insolent avec moi, Draco ?

Les yeux de Draco s'écarquillèrent tandis qu'il feignait l'ahurissement.

-Comment ?...moi, ma tante ?

Bellatrix fit claquer sa langue contre la paroi de son palais, de mauvaise humeur, puis claqua des doigts. Immédiatement, deux de ses marins mirent en place une planche entre les deux navires. Draco, suivi d'Adrien, monta sur le Mangemort.

La frégate était immense, armée des cales au mât, et synonyme de mort imminente pour les malheureux qui la croisaient. Sa lourdeur et sa taille condamnait Bellatrix à se cantonner à la haute mer et aux ports maritimes, mais lui permettait également de confronter des proies telles que les galions espagnols chargés d'or. Cependant, la frégate demeurait tout de même un navire de guerre rapide. Bellatrix était la seule pirate de la flotte de Voldemort à en posséder une.

Tout y était noir, d'après les désirs de la Capitaine, que ce soit la coque, les mâts ou même les voiles. Sur la coque, une tête de mort humaine était dessinée, tandis qu'elle crachait un serpent faisant guise de langue, dénonçant le nom du navire, Mangemort.

Bellatrix était une femme de taille moyenne à grande, rehaussée souvent par des talons interminables dans lesquels elle se déplaçait aussi aisément que si elle eut été pieds nus. Étrangement, Bellatrix n'avait jamais adhéré aux vêtements tels que les chemises et les pantalons : elle naviguait en robe de femme, toujours invariablement en noir. Une pirate redoutable, en corset et en jupons.

Bellatrix avait été d'une beauté somptueuse, et, la quarantaine passée, gardait de sa jeunesse ses traits, vestiges d'une perfection, malgré les quelques rides et les cernes. De grands yeux maquillés de noir afin de mieux rendre leur couleur, noir, pour changer, des joues creuses, et une bouche pulpeuse peinte en rouge à chaque instant, souvent tordue en une expression méchante et cruelle. Sa chevelure abondante était aussi noire, parsemée de quelques mèches grisonnantes précoces, en boucles épaisses. Elle fixa son neveu, le fils de sa sœur, d'un mauvais œil lorsqu'il monta sur le Mangemort. Derrière elle, son propre quartier-maître, un petit homme nommé Avery, huilait des cordages, souriant de façon mauvaise et démontrant ses dents jaunies et pourrissantes.

-Qu'attendons-nous ? demanda Draco en s'adossant au rebord.

-Qui, plutôt, cracha Bellatrix. Mon bon à rien de mari et son imbécile de frère.

-J'aurais cru qu'il serait avec vous, ma tante, puisqu'il semble avoir du mal à quitter vos jupons, répliqua Draco en vérifiant l'état de ses ongles.

Bellatrix grinça des dents et déclara d'une voix qui tremblait de colère :

-Fais attention à toi, Draco. La seule raison pour laquelle je t'épargne est parce que je ne veux pas causer de peine à Cissy, ta pauvre mère. Mais si tu me pousses à bout...

-Si vous n'étiez pas amoureuse de notre maître, je penserais que vous le seriez de ma mère, rétorqua froidement Draco. Je dois avouer que peu de choses me dégoûtent, mais vos intentions incestueuses en font partie...

L'instant d'après, Bellatrix était face à lui, sa rapière pointée vers la poitrine de Draco. Ce dernier, peu impressionné, haussa un sourcil.

-Désirez-vous vous battre, ma tante ? Si c'est le cas, je m'en voudrais de vous décevoir, dit-il d'une voix si glaciale que Adrian frissonna et que Avery perdit son sourire un peu fou.

Il produisit son épée.

-Ce serait l'occasion idéale, acquiesça Bellatrix en tremblant d'anticipation. Je serai, alors, la seule favorite du maître...je rêve, la nuit, de te tuer, mon cher neveu...

Ils se cerclaient, se fixant en chien de faïence. Draco eut un rictus moqueur.

-Comme je vous ai dit, ma tante, je n'aime pas votre tendance à l'inceste. Le fait que vous songiez à moi la nuit me dérange...

Elle poussa un feulement de rage et porta sa rapière à la gauche de Draco qui, en à peine un mouvement profondément ennuyé, la bloqua. Soudain, un cri les interrompit.

-Ohé, le bateau ! Descendez le ponton !

Draco roula des yeux en reconnaissant la voix de son oncle, l'époux de Bellatrix. Elle-même retroussa la lèvre, méprisante. Échangeant un dernier regard assassin, les deux adversaires rangèrent leurs armes, tandis que Rodolphus Lestrange, suivi par son quartier-maître et frère cadet Rabastan Lestrange, montaient à bord.

Draco avait toujours trouvé l'époux de sa tante d'un ridicule immonde. Descendant d'une famille de grande noblesse britannique, tout comme les Malefoy ou les Black, nom de jeune fille de la mère et de la tante de Draco, ils avaient trahi la Couronne au Moyen-Âge, causant leur démise. Son mariage à Bellatrix avait été arrangé, et bien qu'il soit fou amoureux de sa femme, elle le détestait et s'en servait allègrement.

Rodolphus Lestrange était un homme de haute taille, malingre, au teint pâle presque maladif, caché par une barbe en pointe et des moustaches recourbées. Ses yeux brun de vase étaient enfoncés profondément dans leurs orbites et cernés, lui conférant un air fatigué en permanence. Il s'habillait comme un seigneur britannique, et portait souvent un monocle, estimant que cela lui donnait un air distingué, ce qui était loin d'être le cas. Il tentait de parler comme un grand homme, mais sa stupidité le desservait à ce but. Depuis qu'il avait supplié Lord Voldemort de suivre sa femme dans les Caraïbes comme Capitaine de navire pirate, il tentait de parler comme tel : le résultat, couplé à son accent faussement aristocratique, était ridicule.

Son frère était aussi idiot que lui et, si l'aîné se pliait en quatre afin de plaire à Bellatrix, le cadet en faisait autant pour que Rodolphus le remarque. Aussi blond que l'aîné était brun, il ne manquait pas de charme, doté de yeux bleu clair et d'un charisme inexistant chez l'autre. Malheureusement, sa stupidité profonde l'empêchait de parvenir à de plus grandes choses. Étant donné que Voldemort doutait de l'efficacité des frères Lestrange, il n'avait pas daigné offrir un navire à chacun d'eux.

D'autres pirates sillonnaient les mers des Caraïbes également, tels que Selwyn, Travers, Greyback, Dolohov, Croupton, les Carrow, Rosier, Yaxley, Nott, Rookwood...les serviteurs de Voldemort étaient légion sur les flots et pour l'heure, peu de navires avaient été capturés ou détruits par l'opposition. Et c'était pour faire un bilan que Draco et les Lestrange se trouvaient réunis sur le Mangemort au beau milieu de la nuit. Officiellement, tous les pirates de Voldemort se retrouvaient une fois par mois, à la Tortuga. Cependant, en tant que les deux meilleurs pirates, et ne faisant confiance à personne, Draco et Bellatrix s'entre-aidaient, c'est à dire qu'ils se servaient l'un de l'autre pour mieux asseoir leur autorité sur les mers. Ils se rencontraient donc de temps à autre, et puisque l'une des armes favorites de Bellatrix était de se servir des frères Lestrange, ils venaient aussi.

-Bonjour, ma bien-aimée, salua Rodolphus.

Draco étouffa un ricanement moqueur et Bellatrix le foudroya du regard, tout en ayant l'air de vouloir rendre son dernier repas.

-Ce ne sera pas la peine de s'attarder, claqua-t-elle avec impatience. Rodolphus, Rabastan, avez-vous repéré une quelconque activité au large de la Jamaïque ?

-Potter fait encore des siennes, déclara Rabastan.

-Il a envoyé Jugson par les fonds, ajouta Rodolphus.

Hans Jugson, ancien Capitaine de la Belle Mortelle. Draco fronça les sourcils.

-Jugson était incapable de distinguer bâbord de tribord, déclara-t-il avec mépris. Ce n'est pas étonnant.

-Le problème étant, répliqua Bellatrix l'air pensive, que c'est le troisième de nos meilleurs navires que le corsaire Potter coule. Il a aussi eu, je crois, Karkaroff et Gibbon...

-C'est un excellent corsaire, acquiesça Rodolphus à contre-coeur.

-Peut-être le seul qui soit capable de nous gêner, ajouta Rabastan.

Il fixait religieusement son frère, attendant son approbation. Draco roula des yeux, impatient, et croisa ses bras musclés sur sa poitrine.

-Et au niveau des armées ? demanda Bellatrix.

-Le HMS Slayer et le HMS Tiger ont envoyé Wilkes bouffer les poissons. Sinon, très peu d'activité à rapporter, informa Rodolphus.

-Ce sont des lâches, se moqua Draco. Cependant, il faudra garder un œil ouvert. D'autres choses à rapporter ?

-Nos trois navires ont coulé six ennemis en une semaine, se vanta Rabastan.

-Mais nous devons faire de Potter une priorité, rétorqua Draco.

-Pour le moment, je rappelle que le maître nous a demandé de faire des côtes amérindiennes une priorité. Aussitôt que nous aurons coulé quelques navires marchands, nous pourrons nous occuper de Potter, décréta Bellatrix. Qu'en penses-tu, Draco ?

-C'est un bon plan, dit celui-ci pensivement.

-Je le crois aussi, ajouta hâtivement Rodolphus.

Bellatrix se tourna vers lui, dédaigneuse, mains sur les hanches.

-On ne t'a rien demandé, de toute manière. Je parlais à mon neveu qui, je regrette d'avoir à le reconnaître, est un excellent Capitaine. Toi, en revanche, tu serais par le fond avec Jugson et tous les autres depuis le premier jour, si je ne t'avais pas pris sous mon aile. D'ailleurs, prends ton frère et dégagez, tous les deux. J'en ai assez de vous voir. Vous tâchez le paysage de mon magnifique navire.

Rodolphus et Rabastan se dépêchèrent, l'air défaits, et Draco échangea un rare sourire complice avec sa tante.

-Lorsque le moment sera venu, je coulerai moi-même le Salazar, et ces deux idiots à bord, attachés fermement au mât, décréta Bellatrix.

Draco hocha la tête doucement.

-Le spectacle sera merveilleux. Ensuite, ma tante, ce sera à nous deux...

-En effet, confirma-t-elle. Mais nous avons encore besoin l'un de l'autre.

Draco hocha la tête, suivant paresseusement des yeux le Salazar, navire des Lestrange, qui s'éloignait.

-Je vais vous quitter, ma tante. Bonne chance.

-A toi de même, mon neveu.

Draco fit signe à Adrian et ils remontèrent à bord du brigantin de Draco, le très craint et très détesté Dragon des Ténèbres, avant de lever l'ancre et de s'éloigner, silencieusement et discrètement, dans la nuit.

-Oh mon bateau ! C'est le plus beau des bateaux...chantonna Blaise Zabini, tenant barre à bâbord.

Il vit le navire militaire britannique dans le lointain et décocha un sourire malicieux à son quartier-maître, Anthony Goldstein, qui fixait l'horizon, plissant les yeux et penchant la tête sur le côté. Blaise ricana et fit craquer les os de sa nuque en roulant lentement la tête. Il se lécha les lèvres.

-Tu vois ce que je vois, Goldstein ?

-Aye, Capitaine, affirma Anthony en ébouriffant ses cheveux.

Il reporta son télescope sur le navire qui approchait, toutes voiles dehors.

-On dirait le HMS Slayer, Capitaine, déclara Anthony pensivement. Ce sont bien eux qui ont coulé cet imbécile de Jugson, non ?

-Affirmatif, répondit tranquillement Blaise. Cap au sud-ouest, virée pour vent de grand largue.

-Mais, Capitaine, demanda Anthony, ne sommes-nous pas supposés les affronter ? Je veux dire, les ordres de notre maître...

-Nous sommes des pirates, Goldstein, rétorqua Blaise. Nous faisons ce que nous voulons. En l'occurrence, le Slayer est mieux équipé que nous. Si nous désirions l'affronter, alors, nous devrions avoir les cales pleines de boulets et de quoi attaquer...ce qui n'est pas le cas. D'autant que le Slayer est souvent accompagné par le Tiger...

Blaise pointa du doigt un deuxième petit point noir, quelques deux milles marins derrière le navire ennemi.

-Si on ne peut pas combattre le Slayer, nous n'avons aucune chance contre lui et le Tiger, conclut-il. Les îles Los Roques sont à six milles d'ici. Si nous prenons le vent, nous y serons bien avant les armées pour s'y cacher. Nous avons un chebec, et nous irons plus vite. Alors, à vos postes, bande d'ignares, chiens de mer, bons à pendre !

-Aye, Capitaine, beuglèrent les hommes.

Blaise se pencha religieusement et embrassa brièvement son gouvernail.

-Allons, mon petit Serpentard, susurra-t-il. Fais de nous les pirates les plus sournois de la mer des Caraïbes...

Spanish Town, 21 Septembre 1655

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Le soleil des Caraïbes dans ses yeux fut ce qui éveilla Hermione ce matin-là. Elle s'étira entre les draps de coton, frissonnant par un réflexe naturel, et se tourna vers les portes-fenêtres donnant sur le jardin de la villa.

Puis, se souvenant de sa conversation de la veille avec Harry, elle se redressa subitement dans son lit, épouvantée.

Elle ne savait ce qui l'avait piquée, au juste, d'accepter l'offre de son ami. Elle, une jeune fille de la bourgeoisie anglaise, vouée à épouser un baron, ne saurait aller courir les mers en corsaire. Même si elle n'aimait pas cela, elle n'était bonne qu'en jupons, pas en vêtements d'homme, à mener un navire. Et malgré qu'elle n'acceptât pas ce que l'avenir, à travers ses parents, lui réservait, elle ne pouvait se le permettre. Elle serait déshonorée, car la plupart des gens s'imaginaient que les corsaires ne différaient pas des pirates, et plongée dans un milieu rude, où la loi de la barre et de l'épée réglait les comptes mieux qu'une parole. Elle devrait tuer des hommes.

Non, elle ne le pouvait pas. Elle devait appeler Harry cet instant, et revenir sur sa décision.

Hermione se leva précipitamment, se chaussant au passage, jetant un regard distrait par la fenêtre, lorsqu'une étincelle accrocha son regard. Elle s'arrêta, se retournant vers l'extérieur, et s'approcha de la vue somptueuse que présentait son jardin en pente.

Au-delà, elle apercevait la mer, qui étincelait, gorgée de soleil matinal. Posant une main sur ses lèvres, Hermione réfléchit.

L'envie de fuir sa vie actuelle n'était pas suffisante pour lui faire abandonner sa vie et sa famille, ses promesses et ses rêves. Mais, en contemplant la mer, Hermione se rappela ce qui lui avait fait réellement accepter la proposition de Harry.

Petite, Hermione n'aimait rien de mieux que se faire lire des contes ou d'entendre raconter des histoires. Et des légendes sur les pirates, les armées maritimes et les conquêtes, Sarah en connaissait énormément. Les trésors, les épopées spectaculaires faisaient battre son cœur d'enfant. Et au-delà de ces sensations que Hermione, même adulte, voulait goûter, il y avait la possibilité d'aider autrui en éradiquant le risque pirate. Si elle mourrait en mer, la question ne se poserait plus. En revanche, si elle survivait, elle savait que Ron l'aimait à la folie et l'épouserait tout de même.

L'aventure, le risque, le danger. Voilà ce qui attirait réellement Hermione. Et si c'était, grande rareté, compatible avec la chance de sauver des innocents, alors...

Elle sut instinctivement qu'elle avait bien choisi.

Mais elle avait besoin d'un dernier avis, aussi prit-elle la cloche à côté de son lit et sonna. Sarah arriva rapidement, ses jupons coquelicot tournoyant autour de son énorme corps, un plateau entre les mains chargé de mets délicieux. Ignorant les cris de joie de son estomac, Hermione attendit que l'esclave ait posé le plateau près du lit, puis demanda,

-Ferme la porte, Sarah. J'ai à te parler.

La mulâtresse lui décocha un regard curieux et s'empressa d'obéir avant de revenir dans la pièce, tandis que Hermione, une fois de plus, tournait son regard vers la mer.

-Tu dois savoir que ma mère ne m'aime pas, déclara la jeune fille avec amertume. Elle a crié assez fort pour prévenir l'Europe, hier soir, et Harry m'a dit que tout le monde était au courant de toutes les manières. Est-ce exact ?

Sarah hésita, puis répondit mollement.

-Oui, maîtresse.

-Pourquoi ne m'en avoir rien dit ?

-Parce que ce n'était pas ma place, maîtresse...

-Ce n'était la place de personne, acquiesça Hermione. Toutefois, à présent, je vais te poser une question, Sarah. Je t'ordonne de me répondre tout ce que tu as sur le cœur. Tu sais que je t'aime beaucoup, et que ton avis m'est précieux et cela, quoi que puisse dire ma mère sur les races soi-disant inférieures. Hier soir, Harry m'a proposé de m'échapper à ce monde guindé qui me pèse, au moins jusqu'à la fin de la guerre. Il m'a demandé de m'armer comme corsaire. Qu'en penses-tu ?

Elle se retourna enfin, plantant ses yeux d'ambre dans ceux de l'esclave, qui se mit alors à sourire d'oreille en oreille :

-C'est une excellente nouvelle, ma maîtresse.

-Tu crois ?

Hermione était surprise. Sarah avait toujours cherché à la materner, à la protéger : et à présent, elle l'encourageait à partir combattre de dangereux criminels.

-Oui, maîtresse. Je sais que vous aimerez cela, et votre bonheur est le mien. Vous y serez bonne, de plus, avec un maître d'apprentissage comme Monsieur Harry, encore meilleure. Vous ferez une excellente corsaire, maîtresse. Petite, vous demandiez toujours ces histoires de combat en mer. Vous êtes assez compatissante pour ne pas perdre la tête et assez intelligente pour vous en sortir. De plus, si maîtresse me permet, cela fera enrager Madame Mary-Ann, ajouta la mulâtresse avec précaution.

Hermione se contenta d'un faible sourire.

-Tu peux y aller, Sarah. Je te remercie de m'avoir ouvert ton cœur. Envoie un messager à Harry lui demandant de me rejoindre ici, mais qu'il se fasse discret : je ne veux pas que ma mère sache ce que nous préparons, pour une raison évidente. Va.

Sarah lui offrit une révérence et quitta la chambre de Hermione d'un pas précipité. Hermione songea distraitement qu'elle devrait rendre la liberté à son esclave avant de partir, sinon sa mère le ferait payer à Sarah. Elle porta une tasse de Ceylan à ses lèvres, pensive, avant de croquer une tranche d'ananas. Si elle voulait armer, elle devrait le faire rapidement.

Harry était une perle parmi les hommes, Hermione l'avait toujours su, mais elle savait également que c'est lorsqu'on est confronté à la difficulté que quelqu'un révèle son véritable potentiel : Harry avait dépassé de loin ses attentes les plus folles.

-J'ai tenté de te trouver un navire, mais par les temps qui courent, les marins sont hésitants à se séparer de leur flotte, déplora-t-il.

Ils étaient soigneusement cachés de Mrs Granger dans le fond du jardin, derrière un plant de roses, avec la complicité des esclaves de la maison.

-Mais j'y parviendrai, et en moins de trois semaines, confirma-t-il. Ensuite, j'ai improvisé ton dossier devant la Commission de la Compagnie Orientale, et ils ont accordé des droits immédiats pour que tu armes comme corsaire. Je crois qu'ils sont désespérés, même moi je n'ai pas eu une réponse aussi rapide. À la condition que tu aies un navire, tu pars quand tu veux. Mon quartier-maître, Dean, s'occupe à l'heure qu'il est de trouver un équipage pour toi.

-Je croyais que les corsaires armaient par lettre de marque, déclara Hermione, confuse.

-C'est le cas, mais en temps de guerre, la Compagnie peut remplacer le roi pour donner, refuser ou retirer leur accord. Je vais te procurer un navire, et dans trois semaines, nous partirons d'ici vers les îles Los Roques, là où l'on ne nous cherchera pas. Je pourrai t'entraîner de la sorte.

Hermione n'était pas exactement une novice en la matière. Le déplacement par bateau était aussi courant dans les Caraïbes qu'à pied, et plus encore qu'à cheval. Elle était donc montée à bord de navires à des reprises assez régulières, et, ayant toujours cherché à satisfaire sa soif de connaissance intarissable, s'était renseignée sur les différents bateaux, les nœuds marins, les pièces des navires, les rôles à bord, les voiles, les vents, les manières de naviguer. Cependant, cela ne suffisait pas pour naviguer, encore moins pour être Capitaine, et elle le savait. Du moins pouvait-elle sauter la partie théorique.

-Je te recontacterai lorsque je t'aurai trouvé un navire en état de fonctionner, conclut Harry.

Glacius Parkinson était un homme malchanceux.

Si l'on regardait les faits, en réalité, il pouvait s'estimer heureux. Issu de petite noblesse anglaise, il possédait une fortune colossale amassée grâce au commerce, entre autres d'épices, d'esclaves, et de sucre. C'était un personnage grossier, sans goût, qui avait épousé une femme vaine et rusée pour sa grande beauté. Ami de jeunesse de Lucius Malefoy, il s'était mis au service de Lord Voldemort lorsque Lucius lui en avait vanté la grandeur et le mérite.

Si Voldemort était effectivement rempli d'idées excellentes, Glacius avait toujours regretté ne pas être en faveur. Aussi lorsque le maître avait décidé de déclarer la guerre à l'Angleterre, Glacius avait décidé de se proposer comme officier terrestre, persuadé qu'il pourrait prouver sa valeur, car il s'était toujours imaginé être un grand homme de guerre, comme son père et son père avant lui. Glacius ne se rendait pas compte, toutefois, qu'il était comme ces petites races canines dont les anglais de l'époque étaient si friands : petit, doté d'une grande gueule, mais fait uniquement pour se rouler dans un canapé et y dormir.

Hormis sa valeur militaire, Glacius désirait monter assez en faveur pour demander à son maître le rappel de Draco Malefoy, fiancé à sa fille unique, pour les marier, et le temps que Malefoy la féconde d'un fils. Glacius n'était pas prêt de voir mourir sa lignée si Draco se faisait tuer par un corsaire ou un soldat.

Cependant, c'était un Glacius défait qui s'était présenté à son maître ce matin-là. Il avait perdu les deux cent hommes dont Voldemort lui avait confié le commandement dans une embuscade sur l'île de Man, et le chien revenait la queue entre les pattes.

Voldemort avait investi une plaine proche de la côte est amérindienne dont il avait massacré les indigènes. À partir de bois de la région, il s'était construit un puissant fort lourdement protégé et austère.

Glacius tremblait en exposant à son maître sa défaite.

Comme prévu, Voldemort explosa, d'autant plus qu'il avait appris, ce matin-là, la mort de Karkaroff et de Wilkes, celle de Jugson étant trop récente pour lui être parvenue.

Voilà en quoi Glacius était malchanceux.

Lord Voldemort était un homme de très haute taille, assez mince, ne portant que du noir. Sa pâleur rappelait celle d'un cadavre, et son visage, monstrueux au demeurant car issu du fruit de l'inceste entre son père, qui avait violé sa sœur, laquelle était donc sa mère, cachait une âme vouée au Diable et un esprit ingénieux.

Son nez n'existait presque pas, se réduisant à deux fentes ovales, à la manière des serpents, et qui palpitaient dans sa rage. Ses lèvres minces et longues cachaient des dents blanches, coupées en pointe. Ses yeux étaient d'un noir violine si intense que par moments, et selon l'éclairage, ils pouvaient paraître rouges. On disait que Voldemort était le fils du Malin, et beaucoup croyaient fermement à cette légende qu'il ne démentait pas, comme fier. Il était chauve, laissant paraître des veines bleues sous sa peau blanche, et avait les oreilles pratiquement collées aux côtés de sa tête.

De plus, Voldemort, qui n'avait pas d'amis, mais plutôt des esclaves, possédait, en guise de proche, un serpent terrifiant, d'une taille inquiétante, pouvant écraser et dévorer un homme adulte. Cette horrible chose était femelle, et se nommait Nagini.

Nagini tournait en ronds autour des pieds du trône de son propriétaire, comme si elle sentait le mécontentement de son maître et se préparait à son prochain repas, en l'occurrence, Glacius Parkinson.

Il déglutit, et une goutte de sueur tomba de sa moustache épaisse, alors que Lord Voldemort s'approchait de Glacius, son fidèle serpent le suivant de près, testant l'air de la langue avec un intérêt malsain.

-Imbécile, siffla Voldemort. Deux cents hommes, deux cents ! Cherches-tu exprès à provoquer ma colère, Glacius ? Ou te complais-tu dans ta stupidité naturelle ? On aurait dû te supprimer du patrimoine humain, t'empêcher de reproduire...

Voldemort s'arrêta soudainement de parler, tandis qu'une lueur rougeâtre éclairait son regard. Glacius n'aimait pas cela du tout. Un sourire révéla les dents pointues du seigneur auto-proclamé, qui retourna s'asseoir sur son trône. Glacius frissonna, à genoux devant lui, et Nagini siffla doucement. Voldemort plaça ses doigts les unes contre les autres et contempla son serviteur, tête légèrement penchée sur le côté.

-Mais voilà la solution idéale, déclara froidement Voldemort. Tu as une fille, Glacius, n'est-ce pas ? Elle est la promise du jeune Malefoy, un de mes meilleurs hommes...la petite Pansy, me semble-t-il ?

-Je vous en supplie, murmura Glacius en suant à grosses gouttes. Maître, je vous en prie, pas ma Pansy...elle est innocente...elle ne mérite pas de mourir...

-Mais qui t'a dit que j'allais la tuer, Glacius, voyons ?

Le ton faussement innocent de Voldemort était grotesque et donna envie à Glacius de vomir. Il se retint néanmoins.

-A vrai dire, Glacius, railla Voldemort, j'ai reçu une nouvelle fâcheuse depuis mes agents en mer des Caraïbes qui, comme vous le savez, regroupe mes meilleurs éléments. Les navires d'Igor Karkaroff et Blain Wilkes ont été coulés et leurs Capitaines, tués. J'ai donc besoin d'envoyer un renfort. De plus, cela la rapprocherait du jeune Malefoy, n'est-ce pas ? Qui sait...elle pourrait même se faire engrosser entre deux coups de canon ?

Glacius déglutit péniblement. Pansy était une demoiselle d'excellente naissance, et qui ne savait pas distinguer la proue de la poupe sur un navire. La faire Capitaine était une folie : elle mourrait certainement. Voldemort punissait simplement Glacius en le forçant à regarder partir sa fille vers les marées, en attendant jour et nuit dans la peur insoutenable de l'annonce de sa mort.

-S'il vous plaît...

-Pansy est de bonne extraction, continua Voldemort en le fixant durement. Si elle est aussi valeureuse, elle s'en sortira, n'est ce pas ?

Non, elle ne s'en sortirait pas, les deux hommes en étaient convaincus.

-Gardes, déclara froidement le maître. Qu'on aille me chercher Pansy et Hortensia Parkinson.

L'un des gardes salua, et partit immédiatement en quête des deux femmes, mère et fille. Les minutes s'égrenaient en salle du trône, lentement, doucement, une torture agonisante pour Glacius. Il aimait sa fille, dans une certaine mesure, et ne voulait pas la perdre. Il voulait encore moins voir s'éteindre sa précieuse lignée...

-Maître, tenta-t-il. Je ferai ce que vous voudrez, mais je vous en supplie...

-Si j'entends encore un mot sortir de ta bouche sans que je ne t'y ai invité, coupa sèchement Voldemort sans le regarder, je ferai ligoter ta fille au mât d'un bateau de pêche et la ferai couler. Et je te forcerai à regarder.

Glacius se rembrunit, et des bruits de pas se firent entendre. Les deux femmes Parkinson entrèrent, s'abîmant en révérences devant leur maître.

Hortensia Parkinson née Crabbe était une femme qui, à quarante ans passées, gardait une beauté légendaire qui en avait fait la coqueluche du Tout-Londres avant son mariage. Ses cheveux blonds et bouclés tombaient de part et d'autre d'une échancrure au décolleté vertigineux, ses grands yeux pervenche dévorant son visage parfait mais glacial. Elle ondula scandaleusement des hanches en s'approchant.

Pansy, en revanche, semblait moins pressée de rejoindre la scène devant elle. Jeune femme intelligente, elle avait remarqué que son père à genoux et l'air malheureux, ajouté à un Nagini sifflant d'un air menaçant, et à un maître quelque peu extatique, ne faisaient pas bon ménage.

C'était une jolie femme. Elle tenait de sa mère des traits harmonieux et froids, une peau blanche, et un corps aux atouts avantageux. Sa chevelure était, à son grand dépit, lisse, malgré que la mode les voulait bouclés, et d'un noir de corbeau. Elle possédait de jolis yeux calculateurs émeraude. Son seul défaut physique était son nez trop retroussé, mais elle demeurait tout de même très belle.

-Je dois te féliciter, mon enfant, déclara Voldemort en la fixant tandis qu'elle gardait les yeux résolument baissés.

Hortensia leva fièrement le menton et tenta de détourner l'attention du maître sur elle. Pansy estimait le comportement de sa mère dégoûtant : elle désirait se mettre, clairement, dans le lit du maître afin de bénéficier du pouvoir allant avec le rôle de maîtresse du tout-puissant. Et elle tentait de le séduire ouvertement, devant son époux. Pansy songeait, cynique, que Voldemort n'avait de relations de ce type qu'avec son horrible serpent.

-Pouvons-nous savoir à quoi vous référez, mon maître ? roucoula Hortensia en battant des cils.

Voldemort ne la regarda pas, un sourire mauvais fendant ses lèvres tandis qu'il dévisageait résolument Pansy.

-Votre fille, Glacius, Hortensia, vient d'être promue.

Glacius lâcha un petit gargouillis étrange en fermant les yeux, Hortensia semblait perplexe, et Pansy pâlit redoutablement, son cœur accélérant furieusement. Elle savait qu'une promotion au sein des forces de Voldemort était aussi rare que mauvais signe. Ses hommes en rêvaient, mais pas elle : elle souhaitait se tenir à l'écart de la guerre au mieux possible, même si Draco et Blaise en étaient, et qu'elle priait chaque jour pour eux.

Draco, Blaise et Pansy avaient grandi ensemble. C'étaient ses amis les plus chers, et les seuls auxquels elle demeurerait d'une loyauté inébranlable jusqu'à la mort. Bien qu'elle avait toujours, secrètement, aimé Blaise, elle avait été fiancée contre son gré à Draco. Se mordant la lèvre, elle relâcha la pression en goûtant son sang, métallique et familier.

-Je ne comprends pas, maître, décréta Hortensia en faisant la moue.

-Votre fille, Pansy, répliqua Voldemort en regardant toujours celle-ci, vient d'être élevée au rang envié de Capitaine de navire sous mon commandement.

Une larme coula le long de la joue de Glacius, sans que personne ne le remarque. Hortensia laissa échapper un cri, et Pansy regarda enfin Voldemort, yeux écarquillés.

Il n'était pas nécessaire de discuter l'ordre de Voldemort. Cela ne résulterait qu'à des ennuis que la jeune fille ne désirait pas affronter. Cependant, elle devinait aisément que son père avait fauté, et que la punition était reportée sur elle.

Car Pansy ne saurait jamais naviguer, même pour sauver sa propre vie, ce de quoi, en l'occurrence, il était question.

-Je...

Sa bouche était sèche, et elle jeta un regard rapide à ses parents. Glacius se tassa un peu plus, et Hortensia fixait son mari avec fureur, devinant également de quoi découlait cette défaveur. Pansy toussa, et reprit d'une voix blanche :

-Merci, maître.

-Va, dit Voldemort. Je ferai mettre un navire à ta disposition, ainsi qu'un équipage, dans les prochains jours. Tu apprendras à naviguer durant les semaines qui viennent, puis tu rejoindras tes amis et ton fiancé en mer des Caraïbes. Est-ce entendu ?

-Oui, mon maître, chuchota-t-elle.

Elle offrit une révérence bancale et se retira, marchant d'un pas peu assuré, aveuglément. Parvenue dans les couloirs près de sa chambre, elle se plia en deux, des larmes obscurcissant sa vue, et vomit, avant de s'évanouir.

Xenophilius Lovegood sourit à sa fille, Luna, assise face à lui dans la dunette du Capitaine. La jeune femme retraça une route imaginaire sur la carte de ses doigts frêles, fascinée par ce qu'elle voyait.

-Oui, père. Ce serait merveilleux.

-Je ne crois pas que les indigènes soient sots ou détraqués, contrairement à ce que pensent la majorité des Européens, dit Xenophilius en regardant la mer par le hublot. Au contraire. Et les légendes ont toujours un fondement.

Luna lui sourit affectueusement, prenant un compas pour calculer leur course actuelle.

-Nous serons aux Bermudes avant demain, si nous continuons notre route avec le vent en poupe, déclara-t-elle distraitement. Croyez-vous que nous puissions rencontrer des indigènes là-bas, qui confirmeraient la présence de ces sorcières aux pieds de bouc ou de cheval dans les îles ?

-C'est possible, murmura Xenophilius en caressant sa longue barbe blonde. Mais peu probable. Les blancs ont, hélas, tué la plupart des indigènes. Leur savoir devait leur faire peur.

Luna grimaça de dégoût et Xenophilius sourit. La jeune fille ressemblait tant à sa mère, décédée lors d'un accident de pirogue avec des esclaves il y avait de cela une dizaine d'années. C'était une ravissante jeune blonde avec des yeux rêveurs, couleur de la mer des Caraïbes qu'ils aimaient tant. Malgré l'or de la famille, les deux Lovegood préféraient, depuis longtemps, vivre sur les eaux, afin de se rapprocher de l'esprit de la défunte Mrs Lovegood, morte noyée. Son âme les protégeait.

Luna partageait la plupart des croyances de son père, que d'autres trouvaient grotesques et qui étaient essentiellement tirées des contes et légendes locaux. Les sorcières, hommes-animaux, requins parlant et autres folies, ils en étaient persuadés, existaient.

-Malgré sa féminité et ses vingt ans, Luna était une excellente navigatrice, et avait tout appris de son père qui excellait de même dans la matière. Elle était son quartier-maître sur leur schooner, la belle Rowena au bois verni de bleu, car c'était la couleur de la mer. Le Capitaine Xenophilius était réputé pour sa bonté et sa protection des créatures marines et Luna marchait dans ses pas.

-Aussi, lorsque, trois années plus tôt, Voldemort avait déclaré la guerre à l'Angleterre, les Lovegood s'étaient-ils fait déclarer corsaires, et étaient partis sillonner les vagues à la recherche de l'ennemi qu'ils exterminaient avec une pitié jamais rencontrée chez la plupart des corsaires. S'ils coulaient les navires, ils tentaient de laisser les pirates en vie du mieux possible, les enfermant dans les cales et les rendant à la Justice lorsqu'ils arrivaient à la Jamaïque, et à Spanish Town surtout, la capitale anglaise des Caraïbes. Bien souvent, évidemment, ladite Justice s'occupait de pendre promptement les pirates rapportés, mais au moins Xenophilius et Luna n'avaient-ils pas leur mort directement sur les mains.

Bien qu'en temps habituel, la Rowena et les Lovegood étaient l'objet de plaisanteries de la part de la plupart des marins, pirates ou autres, de par leurs croyances étonnantes d'une part et de par leur gentillesse estimée incongrue d'autre part, ils étaient reconnus comme étant très bons depuis que la guerre avait commencée. Sur les quelque six cent navires pirates de Voldemort, ils avaient, en trois ans et à eux seuls, capturé une trentaine de navires, tandis que d'autres ne parvenaient pas à en attraper un seul. Ils étaient très bien cotés par d'autres grands corsaires du moment : Harry Potter, surtout, le Capitaine du splendide Red Phoenix, Seamus Finnegan, mais aussi par Neville Londubat par exemple.

Neville était la risée des marins, bien que les Lovegood l'apprécient beaucoup. Il avait été forcé d'armer quelques mois plus tôt comme corsaire par sa grand-mère, après le meurtre de ses parents. Neville n'était pas très doué, malgré son énorme potentiel, manquait de confiance en lui-même, passait pour maladroit, et préférait se coller aux côtes terrestres comme un enfant sous les jupons de sa nourrice. Ses marins l'abandonnaient souvent, et il n'avait encore jamais combattu de navire ennemi. Les Lovegood connaissaient néanmoins son potentiel et lui devinaient un grand avenir maritime, ce en quoi ils n'auraient pas tort. Ils avaient rencontré le jeune homme quelquefois chez Augusta Londubat, sa grand-mère, amie de Xenophilius.

Luna revint à son père pour déclarer avec un petit sourire :

-Peut-être que Neville aimerait venir avec nous. Il est passionné par la botanique. Cela lui plairait de découvrir de nouvelles choses.

-Je crois que malheureusement, Neville a été trop traumatisé par la mer et son armement forcé pour remonter sur un navire de sitôt, répondit Xenophilius doucement.

-C'est des pirates qu'il a peur, père, pas de la mer. J'aimerais bien qu'il vienne.

Xenophilius eut un sourire tendre envers sa fille. Il croyait en beaucoup de choses, la plupart sans doute fausses, mais il n'avait pas totalement la tête dans les nuages et savait reconnaître une fille amoureuse lorsqu'il en voyait une. Neville serait un bon mari pour Luna, il en était persuadé, même si cette dernière ne savait pas encore qu'elle était attachée de cette manière au jeune homme. En attendant, il savait que Neville n'aurait pas le courage, si les sentiments étaient réciproques, d'approcher Luna avec ce genre d'intentions : qu'il apprenne d'abord à affronter les pirates, avant de plonger dans les eaux sombres mais chaudes de la mer Amour.

Au large de la Jamaïque, 29 Septembre 1655

.

-Weasley, j'aimerais vous parler, un moment.

Ron leva les yeux de la corde qu'il était occupé à huiler actuellement, et plongea dans le regard fatigué de son Capitaine.

-Aye, Capitaine, répliqua-t-il.

Il se leva tandis que Filius Flitwick, satisfait, s'éloignait vers la proue du HMS Slayer. Zacharias Smith, un jeune marin de l'âge de Ron, le regarda partir curieusement.

-Il te veut quoi, à ton avis ?

Ron haussa les épaules en ôtant les plis de son uniforme.

-Je n'en sais rien. Sans doute me reprocher quelque chose, s'inquiéta-t-il soudain. Tu crois que j'ai raté un nœud, quelque part ?

Zacharias émit un bruit de gorge dédaigneux.

-Tu manques trop de confiance en toi, l'ami.

-Il vaut mieux ne rien attendre d'exceptionnel, rétorqua Ron en s'éloignant.

Le jeune roux s'approcha du Capitaine et se racla la gorge. Flitwick, qui fixait jusqu'alors la mer, s'en détourna et le regarda. Ron effectua un salut impeccable.

-Repos, Weasley.

-Merci, Capitaine.

-Weasley, te rappelles-tu lorsque tu es monté sur ce navire pour la première fois, il y a trois ans ? Tu en avais alors dix-sept, te souviens-tu ? Les yeux qui brillaient à l'idée de rendre ta famille fière de toi, mon garçon. Ton rang dans la société, ta baronnie britannique, te conféraient d'avance le grade de lieutenant. Et ce grade, durant le temps que tu as servi ici, tu l'as mérité, Weasley, définitivement. Pour tout dire, tu as mérité bien plus encore.

Il marqua une pause, et Ron, mains liées derrière le dos, ne répondit rien, attendant craintivement la suite.

-De toute ma carrière, Weasley, j'ai rarement vu un marin aussi pressé de faire plaisir que toi. Une fois mise de côté ton manque de confiance en toi, tu fais un excellent officier, et un excellent marin. Je ne te connais pas personnellement, mais je pense que tu as toutes les qualités d'un excellent homme. Ta famille peut être fière, en effet, de même que ta fiancée.

Ron s'empourpra, et le Capitaine ricana.

-Tu es l'un des seuls à te proposer à chaque fois pour garder le navire lorsque nous faisons escale dans un port où se trouvent des putains, mon garçon. C'est assez parlant. Ta fiancée peut donc être fière. Tu n'es pas sans savoir que mon quartier-maître vient d'être grièvement blessé, en affrontant le navire pirate d'il y a trois jours...nous serons obligés de le laisser à terre en mouillant à Spanish Town dans une vingtaine de jours. Tu le remplaceras.

Ron cligna des yeux.

-Je...je vous demande pardon, Capitaine ?

-J'ai dit que tu remplaceras mon quartier-maître, Weasley. Félicitations, lieutenant, te voilà promu.

Ron vira écarlate, mais ne put s'empêcher de douter :

-Capitaine, êtes-vous certain que...

-Quel âge crois-tu que j'ai, Weasley ? l'interrompit le petit Capitaine en levant un doigt.

-Euh...je ne saurais m'avancer...

-Soixante-neuf ans. Ne suis-je pas trop vieux pour diriger un navire ? Je vais rester à bord le temps que tu fasses tes armes, durant environ trois mois. Puis, je prendrai ma retraite, dans une jolie maison de bord de mer, avec une gourgandine et un tonnelet de rhum comme le font les vieux loups de mer comme moi. Et cela accompli, le HMS Slayer sera à toi.

-Comment ?

-C'est moi le vieux, et c'est toi qui es sourd ? J'ai dit que tu seras Capitaine sous peu de ce navire. Quelle part n'as-tu pas compris ?

-Capitaine, je...

-Pas la peine de me remercier, rétorqua distraitement Flitwick. Tu peux retourner à tes tâches.

Il s'éloigna, laissant Ron retomber contre le rebord du navire, profondément choqué. Puis, un sourire lent gagna ses traits, et sous peu, il souriait comme un dément.

Capitaine. Capitaine Ronald Bilius Weasley. Même ses frères n'en espéraient pas tant. Capitaine d'un navire militaire britannique. Ses parents et Hermione seraient si fiers...

Ron se retourna, fixant l'horizon, et éclata de rire, profitant de la folle sensation des vagues contre son visage et du vent ébouriffant sa chevelure rousse. Il posa sa main sur son cœur, là où se trouvait un petit portrait à l'huile de Hermione dont il ne se séparait jamais. Il rit, encore et encore, de pur bonheur.

Vocabulaire :

Îles de Los Roques : il s'agit d'un archipel de plus de 350 îles situées à 160 km des côtes de l'actuelle Venezuela. Ce sont principalement des îles volcaniques et la faune et flore aquatiques y sont abondantes, faisant de l'archipel la carte postale des Antilles. Au temps des pirates, ceux qui étaient assez chanceux pour posséder un petit navire rapide pouvaient se glisser sans mal entre les îlots parfois dangereusement rapprochés pour se cacher ou semer un ennemi, et les gros navires de la Marine Anglaise n'y passaient pas, comme ici Bellatrix et sa frégate. La plus grande île de l'archipel est Gran Roque et est, aujourd'hui, la seule à être habitée (1500 habitants environ). Malgré le nombre d'îles, l'archipel demeure relativement petit, seulement 41 km². C'est à ce jour un parc naturel. Je ne sais pas si les îles de Los Roques étaient habitées avant l'arrivée des colons, mais pour le bien de l'histoire, nous pouvons imaginer qu'elles l'étaient par des cannibales autochtones.

Brigantin : le Dragon des Ténèbres, navire de Draco Malefoy, l'est. L'appellation « brigantin » peut désigner, comme ici, un petit vaisseau rapide à un seul pont, deux mâts grées en carré à l'avant et voile aurique à l'arrière, ou alors un bateau à fond plat avançant à la rame utilisé pour la reconnaissance fluviale entre autres. Sa taille se situait entre le petit sloop et la grosse barque (comme celle de Harry), profitant des avantages des deux navires : la vitesse et la maniabilité du sloop, et la force et la capacité d'armement de la barque. C'étaient des navires très appréciés aux Caraïbes pour ces deux atouts lorsqu'on voulait être en capacité à la fois de pouvoir combattre un ennemi et se diriger dans les dangereux archipels comme Los Roques, mais relativement rares car leur entretien demandait un équipage plus important que pour de plus petits navires.

Vieux loup de mer : appellation désignant un vieux marin très bon connaisseur de la navigation. Comme le vieux Flitwick.

Frégate : grand navire de guerre très rapide, à la coupe fine, à trois mâts entièrement grées de voiles carrées, doté d'un gaillard à l'avant et à l'arrière. Son équipage pouvait monter jusqu'à 600 hommes contre moins d'une centaine pour d'autres navires ! Sa taille et sa vitesse la destinent à une utilisation en haute mer puisqu'elle est trop grosse et trop peu maniable pour naviguer dans les eaux peu profondes des Caraïbes (comme illustré dans ce chapitre). La présence de deux gaillards est intéressante, puisque la plupart des navires décrits dans cette fic ne possèdent pas de gaillard avant et parfois aussi même pas de gaillard arrière. Pour des raisons pratiques, bien que cela soit rarement le cas sur les brigantins, le navire de Malefoy est pourvu également d'un gaillard arrière. Bellatrix est toujours obligée de tout voir en grand...les navires dans les films comme Pirates des Caraïbes sont inspirés des flûtes hollandaises, destinées au marchandage, qui ressemblent à la frégate en plus gros encore. Ce sont des navires superbes, mais vous reconnaîtrez que la réalité historique et pratique ne permettrait pas à un pirate de naviguer les eaux antillaises dans de tels vaisseaux. On les a choisis pour en mettre plein la vue aux spectateurs au détriment de leur véritable utilisation.

Tricorne : fameux chapeau des pirates. Vous en trouverez des images certainement sur Internet.

Rapière : longue épée fine et légère.

Tribord/bâbord : droite et gauche du navire lorsqu'on regarde vers l'avant dudit navire. Pour retenir, il existe plusieurs exercices mnémotechniques. Exemple : lorsque vous tournez à gauche en voiture, vous tirez le clignotant vers le Bas. Bas=Bâbord donc Gauche=Bâbord. Pour les non conducteurs, séparez le mot « bateau » en deux. « Ba » est à la gauche du mot et « Teau » est à la droite du mot, respectivement bâbord et tribord.

Proue/poupe : c'est l'avant et l'arrière du navire lorsqu'on regarde vers l'avant dudit navire. Pour retenir, il existe également un exercice. Il y a deux « p » dans « poupe », ce qui fait pépé, et tout le monde sait que pépé est toujours derrière !

Vent de grand largue : il existe plusieurs moyens de « prendre le vent » en mer. L'idéale est d'avoir le vent en poupe, évidemment, mais à défaut de cela, il existe d'autres vents avantageux et moins avantageux. Le vent de grand largue en fait parti. Cette manière de « prendre » le vent, c'est l'allure. Si vous désirez consulter un schéma des allures, je vous mettrai bien le lien mais Feufeu a tendance à supprimer les adresses. Alors au lieu de cela, tapez sur Google (ou votre navigateur, peu importe) « allure marine » et allez sur la page Wiki qui a un schéma.

Chebec : navire pirate méditerranéen, qui était notamment le navire fétiche des pirates arabes, espagnols, etc. Fin et rapide, doté de trois mâts grées de voiles latines (en forme de triangle), il aurait pu s'adapter plutôt bien aux Caraïbes. Blaise Zabini en a un, vous comprendrez pourquoi plus tard.

Nagini : tout le monde connaît le serpent de Voldemort, mais je tenais juste, en aparté, à préciser que c'est une femelle dans les livres anglais.

Sorcières aux pieds de bouc/cheval/etc. : beaucoup de légendes antillaises font état de femmes séductrices, très belles, qui attirent les hommes à elle pour les tuer. On les reconnaît uniquement parce qu'elles sont pourvues de pieds peu naturels, et ce sont des sorcières. Comme ceci est un UA sans magie, Luna et son père peuvent difficilement discuter des Ronflaks Cornus, donc je me suis inspirée du folklore local.

Schooner : la Rowena est un schooner (étrangement coloré je vous l'accorde). Schooner est un mot hollandais, utilisé également par les anglais et les allemands. Les français appelleraient cela une « goélette ». C'est un navire à deux mâts grées de voiles auriques sur cornes (en forme de trapèze), avec pour particularité bizarre que le mât principal soit également le mât arrière. Bref, on sort des habitudes des constructeurs de navires à l'époque. Le schooner me semblait tout indiqué pour les Lovegood. Niveau technique, la goélette ou schooner est un navire léger, peu indiqué pour affronter la haute mer mais absolument parfaite pour la navigation des petites mers comme les Caraïbes, vif et rapide.

Je vous rassure, au fur et à mesure que la fic avance vous aurez de moins en moins de vocabulaire. Nous posons simplement les bases.

Voilà. Qu'en avez-vous pensé ? Dites-moi tout.

Bon. Je pars en vacances après-demain, mais demain, je serai occupée toute la journée suite à un imprévu et du coup, les choses me paraissent sérieusement compromises pour publier la suite de Black Ops et de Mariage. J'essaierai mais si je n'y parviens pas, je m'en excuse d'avance et vous promets que la première chose que je ferai en rentrant sera de vous publier la suite des deux fics. Enfin, après avoir fait tourner une lessive, nettoyé la maison, déballé mes affaires, mangé un œuf en chocolat, préparé le dîner, trié mon courrier et récupéré mes lapins chez leur nounou. Vous m'avez comprise, quoi.

J'aurai Internet via mobile et pourrais lire vos reviews et tout mais je ne pourrai pas publier...donc je vous dis à bientôt si je ne peux pas publier d'ici là !

Voilà ! À très vite

DIL.