Voici la suite. On se retrouve en bas. Bonne lecture.

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-Exactement ma pensée. Dis aux marins que je veux quelqu'un dans le nid-de-pie en permanence, c'est entendu ? Premier corsaire qui voyage seul...

-On va lui faire faire un petit tour au fond de l'abîme antillaise. J'adore cette manière de penser, Capitaine.

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Blaise Zabini et Anthony Goldstein

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Six mois plus tard. Mer des Caraïbes, large de Los Roques, 1656.

Le jour se levait sur les îles de Los Roques, dont le décor idyllique était devenu, depuis plusieurs mois, le toile de fond du nouveau domicile de Hermione. Il faisait doux, le soleil n'étant pas encore assez agressif pour leur causer de maux, et la plupart des membres de l'équipage dormaient sur le pont, prêts à s'éveiller au moindre signe de leur Capitaine, ou installés dans les cales. Hermione et Tonks dormaient dans la dunette, mais la jeune femme s'était éveillée quelques minutes plus tôt, assoiffée, et s'était levée sans un bruit.

En six mois, elle avait fait tant de progrès qu'elle-même se demandait quelquefois, sans prétention aucune, si elle était née sur un navire, gouvernail et boussole à la main en guise de parents. Harry s'était révélé être un excellent professeur, de même que Tonks ou Dean. Parfois, le Red Phoenix s'éloignait des îles afin de se fournir en eau douce et en alimentation pour les deux navires.

Professionnelle de la navigation, Hermione avait également appris à commander ses hommes et surtout, à se battre. N'importe lequel de ses hommes l'entraînait, tour à tour, et elle était devenue aussi bonne pistolet ou rapière en main que la plupart des officiers de l'armée anglaise. Élève douée, Hermione absorbait le savoir et l'enseignement de manière aussi efficace qu'une éponge, et aujourd'hui, cela se payait.

Harry l'avait prévenue que Los Roques voyaient parfois débarquer des navires pirates, pour les mêmes raisons qu'eux : l'abri qu'offrait l'ensemble d'îles. Néanmoins, en six mois, Hermione n'en avait vu que deux : le premier appartenait à un petit pirate sans envergure qui se rendit après quelques coups de canons échangés avec le Red Phoenix, et le second ne les avait pas remarqués en passant à toute vitesse.

Elle sourit en voyant un canot venir vers elle. Le Red Phoenix mouillait à quelques deux cent mètres, à portée de voix, mais le canot était occupé par Harry et Dean. Hermione alla leur défaire l'échelle elle-même et ils montèrent lestement à bord.

-Alors, où est le petit-déjeuner ? demanda rêveusement Dean en se frottant l'estomac.

-Va à la coquerie, je suis certaine que Chef aura préparé quelque chose.

Sans plus de façons, Dean se dirigea à grande vitesse vers le château, se préparant à un raid alimentaire. Hermione roula des yeux et se retourna vers Harry.

-A quoi dois-je le débarquement du ventre-sans-fond Thomas sur mon navire dès l'aube ?

-Il faut que je te parle, déclara Harry en se tournant lentement vers l'horizon.

Les deux amis s'accoudèrent au bastingage et surveillèrent attentivement la mer.

-Tu as fait de si grands progrès que, même si tu n'as jamais affronté de navire ennemi, certains de mes hommes demandent à rejoindre ton équipage s'il devait m'arriver malheur. Félicitations, Hermione. Ton éducation est achevée.

-Attends, attends.

Hermione leva lentement une main, tentant de saisir le sens des paroles de Harry :

-Tu veux dire que nous en avons terminé à Los Roques ?

-Absolument, sourit-il. Normalement, je t'accompagnerais pour ta première prise, mais il y a déjà six mois que je n'ai pas affronté les pirates de Voldemort.

Hermione comprenait parfaitement. Elle affronterait alors son premier pirate seul. Cela ne la dérangeait pas : elle espérait même, secrètement, que la nouvelle de cet exploit arriverait aux oreilles des Granger, leur prouvant alors qu'elle réussissait parfaitement sa reconversion sur les eaux.

-Je te propose de lever l'ancre pour quitter Los Roques aujourd'hui, dit-il. Nos hommes ont besoin d'action. J'ai eu vent d'une activité ennemie intense vers les Îles Vierges Britanniques. Toi, tu pourrais aller dans les eaux de la Jamaïque.

-Port Royal ?

-Trop gros. Reste dans les eaux territoriales, au gré des vents et marées, et attaque seulement les navires que je te commanderai de prendre. Les autres sont trop bons pour que tu commences par là, et certains navires pirates nécessitent une flotte entière pour les décimer. Retrouvons-nous à Los Roques dans un mois.

-Entendu.

Harry hocha doucement la tête.

-Viens, je vais te renseigner sur les pirates de Voldemort.

Il la prit par le bras et l'entraîna vers la dunette que Tonks avait enfin déserté, certainement pour aller concurrencer Dean au jeu de Je-Mange-Le-Plus.

-Voldemort a placé environ une centaine de navires pirates sur les Caraïbes, qu'il renouvelle en cas de destruction. Cependant, même lui n'a pas de moyens illimités et ne pourra un jour plus remplacer les navires coulés ou les Capitaines morts...l'armée britannique a cinquante navires sur les flots, et nous sommes une quarantaine de corsaires aujourd'hui. Il y a trois ans et demi, lorsque les combats ont commencé, nous étions le double...autant dire que les pirates sont bons, très bons...cependant, nous deux, Hermione, sommes meilleurs qu'eux.

-Y a-t-il d'autres corsaires que je dois retenir ?

-Tu peux retenir les Lovegood, père et fille, sur la Rowena, ou encore Neville Londubat, sur la Rapière de Godric. Ce dernier a notre âge, est plutôt timide et colle les côtes, mais c'est un bon garçon qui pourra t'aider à te repérer dans les eaux peu profondes des îles si tu en éprouves le besoin. Je ne te cite que ceux-là, puisque ce sont des valeurs sûres.

-Bien.

-Passons aux pirates, à présent. Seuls trois d'entre eux nous inquiètent. D'abord, Bellatrix Lestrange, la cruelle Capitaine du Mangemort, qui est facilement reconnaissable : c'est une frégate, noire, entièrement noire. Même les voiles. Elle possède une figure de proue qui a forme d'une femme torturée...c'est vraiment laid à voir...sa réputation est tellement mauvaise que les marins se jettent à la baille à son approche. Toutes les morts les plus atroces de ces derniers mois peuvent lui être reprochées. Bellatrix aime la torture, la mort, et s'y complaît. Elle est extrêmement dangereuse, je ne le répéterai jamais assez, et n'a aucune limite. Tu ne dois pas t'en prendre à elle, Hermione, je suis sérieux. Une flotte entière est nécessaire pour l'affronter.

-L'as-tu déjà affronté, toi ?

Les yeux de Harry devinrent distants et il la regarda froidement.

-Voilà un conte pour un autre jour, déclara-t-il d'une voix glaciale. Revenons à nos moutons.

Il se racla la gorge et reprit un ton normal :

-Ensuite, un autre navire intéressant est celui de Rodolphus Lestrange. C'est le mari de la précédente, et ne représente en soi pas une menace lourde. Cependant, sa dangerosité dérive du fait qu'il ne voyage presque jamais sans sa femme. Son quartier-maître est son jeune frère Rabastan et à eux deux, ils accomplissent un travail respectable dans leur domaine...le navire en question se nomme le Salazar. C'est un sloop, comme le tien, de bois grisonnant. À vrai dire, il est très utile à Bellatrix. Grâce à la rapidité et la maniabilité de son bateau, il encercle la victime, la pousse vers l'endroit où Bellatrix a décidé que la bataille se déroulerait, harcèle sa proie. Et lorsqu'il l'a mené où il voulait, Bellatrix prend la relève avec sa frégate blindée de canons et détruit l'ennemi. C'est sournois et navrant, mais cela fonctionne à la perfection.

-D'accord. Et le troisième ?

-Le troisième est aussi inquiétant, sinon plus, que le couple Lestrange. Le Capitaine se nomme Draco Malefoy, et il commande le Dragon des Ténèbres. C'est un brigantin peint de noir aux voiles d'un gris étrange, lui faisant ressembler à un bateau fantôme...avec un superbe dragon noir et vert émeraude peint sur la coque. Il arrive, silencieux, glissant de manière presque indétectable, et au moment où personne n'attend quoi que ce soit, c'est soudainement une orgie de bruit, de coups de canons et de pirates qui abordent, tuent et pillent. Malefoy a notre âge, mais il est d'une dangerosité telle que la Compagnie l'a placé au-devant de Bellatrix, dont il est le neveu, dans sa liste des priorités. Je vais te donner un seul chiffre qui va te faire comprendre l'étendue de sa puissance. En trois ans de guerre, Malefoy a pris cinq cent navires toutes catégories confondues.

Hermione en eut le souffle coupé. Cinq cent navires ? Qui était cet homme, un démon de l'océan ? Le fils diabolique de Poséidon ? En autant de temps, Harry avait pris une soixantaine de navires pirates, et il était le meilleur de son domaine.

Son effroi dut se lire sur son visage, puisque Harry tenta de la rassurer :

-Mais ne t'en fais pas. Malefoy aime collectionner les trophées. Tu n'es pas encore connue comme corsaire, il ne s'en prendra pas à toi à la condition que vos routes ne se croisent pas...le meilleur il devient, le plus haut il vise.

-Donc...

-...je suis dans sa ligne de mire, oui, sourit tendrement Harry. Mais ne t'en fais pas, Hermione. Tout se passera bien. Je te fais confiance.

Les adieux avec Harry furent déchirants, malgré qu'ils avaient prévu de se retrouver d'ici un mois. Mais en un mois, ils avaient des milliers de possibilités de mourir...

Et enfin, pour la première fois, Hermione s'installa derrière le gouvernail du Golden Lion afin de prendre le large, et hurla :

-Déferlez les voiles, mes fidèles garçons ! Appareillez immédiatement, nous prendrons le vent en poupe, cap au sud-ouest ! Allez, chiens de mer, allez ! Remontez l'ancre flottant !

Et ce fut un cri unanime qui s'éleva, tandis que Tonks regardait son amie avec fierté :

-Aye, Capitaine !

-Capitaine, Capitaine !

Neville sentit son cœur descendre au fond de ses entrailles. Lorsque son quartier-maître, Olivier Dubois, l'appelait avec tant d'excitation fébrile au fond de la voix, il craignait le pire. Et en effet, le beau jeune homme aux cheveux sable arriva devant son Capitaine avec une étincelle belliqueuse au fond du regard.

-Navire pirate à un mille nord-est, Capitaine.

La mâchoire de Neville se contracta violemment, et il tenta de ne pas bouger, ne voulant pas que Dubois s'aperçoive de sa peur panique des pirates, et de la mer en général. Il savait pourtant que ses hommes doutaient de lui, et depuis quelques semaines, un vent de mutinerie s'élevait sur la Rapière de Godric. Déglutissant, il demanda,

-Que font-ils, Dubois ?

-Ils s'approchent toutes voiles dehors et vent en poupe, Capitaine. Nous allons devoir les affronter. Nous n'aurons pas le temps de nous réfugier au large.

Cette dernière phrase, référence à la politique de l'autruche de Neville, comportait clairement un reproche. Le jeune Capitaine essuya une couche de sueur qui perlait à sa lèvre supérieure.

-Les...les affronter ?

-Oui, Capitaine, s'impatienta Olivier. Je sais que vous n'en avez pas vraiment envie, mais nous ne pouvons pas nous permettre une tentative de fuite pour les raisons que j'ai cité. D'autant que si vous continuez à ne pas faire votre devoir de corsaire, les hommes du navire finiront par appliquer la tradition pirate de vous abandonner seul sur une île déserte avec un pistolet, une balle, et une bouteille de rhum.

-Je vois, marmonna Neville. Il ne me reste donc pas le choix ?

Olivier secoua la tête. Le jeune Capitaine s'approcha du bord du navire, braquant son télescope sur le navire qui approchait. Étonnamment, le fait de ne pas avoir le choix, d'être mis devant le fait accompli, l'apaisa.

Ces pirates avaient tué ses parents.

Se léchant les dents dans une moue d'anticipation, Neville se retourna vers son équipage qui le détaillait avec doute. Il éclata d'un rire bref, et lança,

-Messieurs, ces pirates désirent l'affrontement. Je m'en voudrais de les décevoir.

Des yeux s'écarquillèrent devant ce constat, et des bouches s'ouvrirent de surprise.

-Alors ? hurla soudain Neville. Qu'attendez-vous, que les eaux s'ouvrent sous la quille pour nous avaler ? Présentons-leur la batterie de tribord, mes garçons !

Les premiers marins commencèrent à s'activer, murmurant entre eux avec excitation et se hélant les uns les autres. Voyant porter son ordre, Neville devint plus hardi.

-Dubois, au gouvernail ! Armez les canons ! Hissez le drapeau anglais ! Et pas de quartier, mes garçons !

-Aye, Capitaine !

Jamais Neville n'aurai cru obtenir un tel plaisir de la réponse en cœur qui vint caresser ses oreilles. Derrière la barre, Olivier sourit. Un jour, Neville serait un grand corsaire.

-Et un tonnelet de rhuuuum, un tonnelet de rhum et un ! Et un lingot d'ooooor, un lingot d'or et un ! Et une femme à poiiiiil, une femme à poil et un !

Blaise Zabini roula des yeux tandis que la chanson d'Anthony, passablement heureux, lui parvenait aux oreilles. Le quartier-maître arriva dans la dunette du Capitaine à grand fracas, une bouteille de rhum à la main. Sans lever les yeux de la carte maritime qu'il contemplait, Blaise dit platement,

-J'espère pour toi que tu n'es pas ivre, Goldstein. Sinon, quartier-maître ou non, je te ferai subir le supplice de la planche.

-Moi ? Beurré ? Mais où vas-tu chercher cela, Capitaine ? demanda Anthony d'une voix scandalisée.

Blaise ne répondit pas, se contentant de tracer un trait léger sur la carte, s'aidant d'un compas et d'une plume de paon splendide.

-Alors ? Quels sont nos plans, Capitaine, maintenant que nous avons ravitaillé à Port Royal ?

Blaise se caressa pensivement le menton. Contrairement à la plupart de ses hommes, il aimait être rasé de près.

-Il y a deux semaines que je n'ai pas coulé de navire, Goldstein. Et il se trouve que nous allons bientôt croiser le chemin favori qu'empruntent les corsaires pour se rendre de la Jamaïque au Nord de la mer des Caraïbes.

-Parfait, déclara Anthony en se jetant sur un divan. Nous allons faire sombrer les gueux le canon dans le fessard, et festoyer sur leur chargement !

Blaise claqua la langue contre ses dents, et répliqua :

-Exactement ma pensée. Dis aux marins que je veux quelqu'un dans le nid-de-pie en permanence, c'est entendu ? Premier corsaire qui voyage seul...

-On va lui faire faire un petit tour au fond de l'abîme antillaise, acheva pour lui le quartier-maître avec un sourire mauvais. J'adore cette manière de penser, Capitaine.

Blaise se contenta de ricaner.

-Capitaine, Capitaine !

-Aye, Tonks ?

La jeune femme se retourna et vit Tonks, assise sur l'accastillage, surveiller l'horizon à tribord, l'air surexcitée.

-Oy, Capitaine, un navire pirate à tribord !

Hermione se précipita vers le quartier-maître et, dans son impatience, lui arracha la longue-vue des mains, ignorant les protestations de son amie.

C'était un petit sloop, semblable au sien, avec moins d'hommes. Et il venait droit sur eux, à deux milles marins de là, Jolly Roger claquant au vent. Le cœur de Hermione fit une violente embardée, et elle demanda à Tonks :

-Le connais-tu ?

Tonks reprit le télescope, avisant le navire d'un œil professionnel.

-Aye, Capitaine. C'est le Bois-Vert. Navire des hommes de Voldemort, et le Capitaine en est un certain Avery, fils du quartier-maître de Bellatrix Lestrange...d'après ce que je sais, il est moins équipé que nous. C'est l'occasion idéale pour une première prise, Capitaine.

-Parfait, soupira Hermione. Et dire que nous ne sommes même pas arrivés dans les eaux de la Jamaïque...

-On va s'amuser comme des petites folles. Alors, Capitaine ? Quels sont vos ordres ?

Hermione resta figée un moment, perdue dans ses pensées, puis enfin laissa un sourire quelque peu sombre prendre place sur ses traits.

-Virons pour les prendre de bâbord, vent en amure à tribord. Nous aurons plus de lancée pour aborder. Chacun à son poste, armons les canons avec des boulets et des boulets enchaînés. Carguez-moi les voiles dès arrivée à portée de tir.

-Aye, Capitaine, s'exclama Tonks en se levant d'un bond.

Elle se tourna vers l'équipage, qui attendaient, l'air excités, et beugla d'une voix impressionnante de par sa force :

-Vous avez entendu le Capitaine, bande de gueux, chiennes de mer, bons à pendre ? On va bouffer du pirate, ce soir, mes amis ! Chacun à son poste, nous allons attaquer le Bois-Vert ! Ouvrez-moi les sabordes, tribord amure, armez les canons avec du gros et du cassant, préparez à carguer à portée de tir !

-Aye, hurlèrent les hommes en se précipitant.

Hermione admira un instant les marins qui grimpaient aux mâts, tendaient les cordages, couraient ça et là sur le pont, descendaient dans la cale, remontaient les munitions, testaient une dernière fois le tranchant de leurs rapières. Elle sourit brièvement, puis reporta son attention sur le sloop ennemi. Cet Avery avait visiblement des intentions belliqueuses : à l'aide de la longue-vue, elle pouvait distinguer autant d'agitation à son bord que sur le Golden Lion. Ricanant brièvement et avec amertume, elle sut que cela y était. Elle allait pour la première fois affronter un pirate, blesser, peut-être même tuer, et elle allait gagner. Si Mary-Ann la voyait, elle en aurait certainement un infarctus. De toute manière, si sa mère la voyait porter autre chose qu'une robe, elle s'en trouverait mal. Hermione portait un pantalon noir, lui collant au corps, fait dans un tissu léger, et un corsage noir également, au laçage rouge sang, qui s'arrêtait en-dessous de ses seins : le haut qu'elle portait en-dessous était une chemise blanche, aux manches bouffantes, lui englobant la poitrine jusqu'en-dessous de son cou, ceint d'un collier d'or blanc orné d'une croix de diamants. Ses longues bottes de cuir noir lui remontaient à mi-cuisse, également lacés de rouge sang, et elle portait sa chevelure sur ses épaules, lâche, ses boucles cernant son joli visage sans maquillage.

Tandis que Hermione examinait leur adversaire, Tonks la regardait, elle. La jeune Capitaine avait un pied posé sur la base du cabestan sur lequel elle appuyait son poids. Elle ne s'en rendait pas compte, mais si jamais elle était capturée vivante, les pirates la trouveraient trop jolie pour se contenter de la tuer. Tonks se promit alors de protéger son amie et Capitaine des horreurs que pourraient lui faire subir l'ennemi. Malgré son habileté à l'art de la navigation et au combat, Hermione restait une jeune fille anglaise, de bonne famille, innocente et quelque peu naïve. Sa fraîcheur et son manque de méchanceté pouvaient en faire une jeune fille très recherchée par les hommes en quête d'une épouse, mais ce genre de qualificatifs n'avaient rien à faire chez une corsaire. Heureusement, Tonks veillait.

Le Bois-Vert approchait, menaçant, fonçant sur le Golden Lion toutes voiles dehors, et Tonks approcha de Hermione.

-As-tu peur ?

Hermione ne tressaillit pas, et se contenta de répliquer songeusement.

-Oui. Oui, sans doute. Mais en guerre, avons-nous le choix ? Quel genre de Capitaine serais-je si je décidais de fuir devant ces maudits pirates ? Je me suis jurée de combattre pour le bien. Alors si je dois être blessée, ou tuée...ainsi soit-il. Au moins j'aurai ma conscience tranquille.

Tonks hocha doucement la tête.

-Nous arrivons à portée de voix, Capitaine.

-Bien. Hissez l'Union Jack.

Le drapeau britannique fut haussé, et Hermione, Tonks à ses côtés, s'approcha du bâbord. La jeune fille posa ses mains à plat contre le montant, et, visage agrémenté d'un petit sourire défiant, elle attendit.

Sur le Bois-Vert, un homme d'une trentaine d'années, grand, brun, le visage sournois, approcha de son tribord et la fixa.

-Qui es-tu ? l'interpella-t-il. Tu armes ton navire comme une corsaire, mais je ne connais ni ton navire, ni ton visage. Et si j'avais déjà vu une corsaire aussi mignonne, pense bien que je m'en souviendrais.

Ses marins éclatèrent d'un rire moqueur, et ceux de Hermione bandèrent leurs muscles. Toutefois, elle rétorqua tête haute,

-J'ai nom Capitaine Hermione Granger et mon navire est le Golden Lion. Je suis corsaire, oui. Mais je ne vois pas en quoi cela vous servirait de savoir cela, puisque je vais couler votre navire, et vous dedans.

Cette fois, les hommes de Hermione ricanaient, et Avery haussa un sourcil éloquent.

-Voyez-vous cela. Tu ferais mieux de te rendre, Hermione Granger. Je serai clément et t'épargnerai, ainsi que ton quartier-maître, qui est assez jolie pour contenter mes marins.

Tonks se braqua à côté de Hermione, et l'instant d'après pointait sa rapière sur le navire ennemi.

-Tu as mal fait de provoquer mes hommes et mon quartier-maître, rétorqua froidement Hermione. Feu !

-Feu, ajouta aussitôt Avery.

Les canons tonnèrent, et Hermione s'aperçut avec soulagement que le Bois-Vert n'était équipé que de boulets pleins. Deux boulets ennemis vinrent endommager légèrement la coque du Golden Lion, tandis que six boulets touchèrent le navire pirate, dont deux enchaînés, l'un déchirant le mât et l'autre emportant un pirate à l'eau.

-Feu nourri, hurla Hermione.

Durant les minutes suivantes, qui s'égrainaient avec lenteur malgré la vivacité des attaques, les boulets volèrent, et au moment où un simple morceau de bois atterrit non loin d'elle, venant des canons ennemis, Hermione comprit que ceux-ci étaient à bout de munitions. Quel imbécile était cet Avery pour l'attaquer avec ses cales à moitié vides ?

-A l'abordage, hurla-t-elle.

Un rugissement de joie s'éleva de ses marins, et l'instant d'après, ils dépliaient les cordages pour s'attaquer directement au Bois-Vert, valsant dans les airs, couteau entre les dents, pistolet à la main et rapière prête à être sortie.

-Excellent travail, Capitaine, la félicita Tonks avant de sauter à son tour à l'abordage.

Hermione eut un sourire éclatant, puis se saisit également d'une corde pour se jeter à l'assaut du Bois-Vert.

Elle atterrit sur le pont ennemi presque avec délicatesse, et se jeta de côté dès qu'une balle la frôla, égratignant à peine son avant-bras. Ôtant sa rapière de sa taille, elle vint aussitôt en aide à Tonks qui affrontait, seule, trois pirates, et avec courage, Hermione serra les dents, demanda silencieusement à Dieu de lui pardonner, et poignarda de sa rapière un pirate droit au cœur.

Il la regarda, yeux écarquillés, alors que sa chemise sale se teintait de sang, et lâcha un gargouillis. Hermione, terrifiée par ce qu'elle venait de faire, tira sa rapière en arrière, et l'homme s'écroula. Perdue, comme ailleurs, Hermione resta debout à observer le cadavre, horrifiée, lorsqu'une main amie et chaude se posa sur son épaule, la tirant de cette vision d'horreur.

-En le tuant, rapidement et proprement, tu l'as empêché de subir une mort lente et terrifiante par noyade, murmura Tonks avec compassion. De même, tu as empêché ce maudit pirate de tuer d'autres personnes à l'avenir. Qui sait combien de victimes il avait fait ?

-Merci, marmonna Hermione.

Tonks lui étreignit l'épaule puis ajouta,

-Nous devons nous battre.

Elle repartit se jeter dans la mêlée avec un cri de guerre. Hermione inspira longuement, serra les dents, puis la suivit.

Elle croisa immédiatement le fer avec un grand pirate noir, qui lui sourit avec méchanceté, révélant ses dents en or. Pas impressionnée le moins du monde, Hermione lui trancha la gorge en quelques passes. Ensuite, un vieux pirate vint à elle, et elle le laissa blessé sur le pont, hurlant de douleur en tenant son ventre déchiré par la lame. Abattant deux autres hommes, chacun d'une balle, l'un à la tête, l'autre à la poitrine le poussant par-dessus bord, elle se trouva alors devant le jeune Capitaine qui la regardait avec mépris.

-Mais c'est qu'elle saurait presque se battre, la petite, railla-t-il d'une voix tranchante. Tu m'as étonné, Granger.

-Il faut être un parfait idiot pour décider d'attaquer un navire sans même avoir assez de boulets pour endommager sérieusement la coque, rétorqua-t-elle en parant à ses passes avec ingéniosité.

-Parce que la plupart des corsaires sont des lâches, sourit-il.

-C'est vous qui êtes lâche, à attaquer des marchands, des innocents, cracha-t-elle. Moi, non.

-Je vois. Le Bois-Vert est le premier pirate que vous attaquez, n'est-ce pas Granger ? Ta première prise...

-Comment...

-Tout se sait sur les mers, Granger. Qui t'a formé ?

Elle eut un sourire de satisfaction. D'un coup, elle para à une passe à sa droite, et porta son poing gauche dans la figure d'Avery, avant d'enfoncer sa rapière jusqu'à la garde dans le cœur de son ennemi. La lame de la rapière reparut de l'autre côté de sa poitrine, et vint s'imbriquer dans le mât du sloop. Elle ne cessa d'appuyer sur la poignée en s'approchant de l'oreille du jeune Capitaine mourant :

-C'est mon meilleur ami, l'ingénieux Capitaine Harry Potter, susurra-t-elle avec fierté.

Le corps d'Avery se fit lourd alors qu'il expiait, et elle tenta de reprendre sa rapière, sans succès : elle ne parvenait pas à la déloger du mât. La voix apeurée d'un pirate résonna non loin :

-Le Capitaine est mort ! Avery est mort ! Granger l'a tué ! Abandonnez le navire !

Trois pirates s'occupèrent de faire descendre un canot sur l'eau, protégés par leurs comparses, tandis qu'un craquement sinistre s'élevait de la coque. Les hommes du Golden Lion poussèrent un cri victorieux et redoublèrent d'efforts, avant de repartir un à un sur le Golden Lion. Hermione les y rejoignit la dernière, alors qu'un canot empli de seulement six survivants s'élançait sur la mer.

Une fois arrivés à terre, ils conteraient l'histoire inquiétante à leurs camarades pirates : comment une corsaire, une simple femme, l'inconnue Hermione Granger, fille de bourgeois comme on l'apprendrait plus tard, avait attaqué et remporté son premier ennemi, le Bois-Vert, territoire du grand Capitaine Avery. Ils frissonneraient en contant l'ingéniosité navale et de combat de la jeune fille et de son équipage, qui lui était fidèle, et ils trembleraient en annonçant la présence sur la mer de la protégée du célèbre Harry Potter. Enfin, ils rempliraient leurs verres de grog, et raconteraient comment le Bois-Vert avait coulé, emportant ses cadavres au fond de l'océan, tandis que le défunt Avery était vissé au mât par la rapière de Granger, indélogeable.

Mais pour l'heure, Hermione était portée en victoire par ses hommes. Et Tonks sut, en la regardant, qu'elle ne sombrerait pas tant qu'il resterait des pirates à vaincre sur les flots.

-Pansy, Pansy, Pansy.

La voix glaciale de Lord Voldemort s'éleva, prononçant son prénom avec une moquerie mortelle, et la jeune brune cacha son sursaut. Près du trône, Nagini siffla de déplaisir.

Glacius, regardant résolument ailleurs, et Hortensia, lèvres serrées de dépit en foudroyant alternativement fille et époux du regard, se tenaient au fond de la salle du trône de leur maître, tandis que Pansy, yeux baissés, se tenait, raide, devant le puissant Voldemort.

-J'aurais cru que six mois seraient amplement suffisants pour que tu apprennes l'art de la navigation et celui de la tuerie, mais visiblement non. Tu n'es même pas capable d'amener un bateau de pêche hors du port. En six mois, tes chers amis, Messieurs Malefoy et Zabini, eux, étaient déjà en mer.

Pansy serra les dents. Certes, elle n'était ni une bonne Capitaine ni une bonne tueuse. Mais elle n'avait jamais demandé à l'être ! Draco et Blaise aimaient cela. Elle n'y parvenait pas. Elle savait qu'en s'appliquant, elle parviendrait à maîtriser les notions qu'on tentait de lui inculquer, mais elle ne voulait pas de cette vie. Était-ce trop demander de simplement se marier et faire des enfants ?

Il était vrai qu'elle aurait mieux fait de s'assurer de la réaction de Voldemort avant que de mettre tant de mauvaise volonté à la tâche, mais elle n'y pouvait rien si elle était têtue. Et à présent Voldemort allait assurément la punir. Cependant, lui-même semblait, fort heureusement, estimer qu'elle était une idiote incapable, plutôt que de penser qu'elle allait contre ses ordres. Si jamais il avait le moindre soupçon, il la tuerait, et ses parents avec. Plus préoccupée par sa propre vie que celle des Parkinson, Pansy ne voulait néanmoins pas qu'il leur arrive de mal : Glacius était responsable de ses problèmes actuels, et Hortensia ne l'aimait pas. Cependant ils demeuraient ses parents et elle ne pouvait pas leur souhaiter sciemment du tort.

-Je suis déçu, Pansy, très déçu, clama Voldemort en s'asseyant, pianotant des doigts contre le bras du trône. Que vais-je bien pouvoir faire de toi ?

Pansy ne répondit pas, malgré que son tempérament l'y pousse, et enfonça ses ongles dans les paumes de ses mains, se préparant à recevoir son châtiment.

-C'est vraiment stupide de ta part, Pansy, de n'avoir pas écouté tes leçons, se moqua froidement Voldemort. Car je me demande comment tu vas te débrouiller face aux flots des Caraïbes.

Elle releva vivement la tête, inquiète. Les yeux du maître suintaient la méchanceté.

-Ta mise à flots se fera demain matin, Pansy, poursuivit-il. Peut-être apprendras-tu mieux sur le tas ? Tu rejoindras mes pirates dans les Caraïbes, oui. Tu peux y aller à présent, Pansy. Repose-toi bien avant ton départ.

-Oui, maître, chuchota-t-elle avant de se retirer larmes aux yeux.

Cela y était. Voldemort la précipitait vers une mort humide aux crochets de l'océan. Et elle ne pouvait fuir son destin : pour aller où ? Il fallait s'y résigner. Avec un peu de chance, elle croiserait Blaise ou Draco, qui la prendraient sur leur navire pour la protéger.

Mais en attendant, comment pourrait-elle mener un navire depuis les Amériques du Nord jusqu'aux Caraïbes ?

Bellatrix s'ennuyait. Et lorsque Bellatrix s'ennuyait, elle trouvait remède à son problème en organisant des divertissements très appréciés par ses marins à bord du Mangemort.

Il y avait trois semaines depuis leur dernier ravitaillement à Port Royal, et depuis, hormis la prise d'un petit navire marchand dont elle avait massacré l'équipage en les pendant par les pieds au boute-dehors avant de couler le navire, les eaux claires des Caraïbes s'étaient avérées vides de tout corsaire ou autre proie.

-Avery, viens ici, appela-t-elle sèchement.

Le quartier-maître arriva aussitôt, souriant de sa bouche édentée, en lui tendant un plateau sur lequel reposait un verre en cristal empli de vin. Elle le prit, surveillant les horizons avec déception, puis lança,

-Qu'on me remonte mon trône.

-Oui, Capitaine, s'exclama-t-il avec excitation.

Il héla deux marins qui passaient par là, pour aller briquer le pont, et leur transmit l'ordre. Les marins s'empressèrent, attendant clairement le divertissement que Bellatrix avait prévu tout en craignant d'en être les victimes. Lorsqu'on remontait le trône sur le pont depuis le gaillard arrière, des festivités étaient à prévoir.

Les marins s'agglutinèrent autour du trône, surexcités. Bellatrix avait trouvé le siège en ébène à son goût en pillant un galion espagnol, et l'avait fait monter pour son profit sur le Mangemort. Presque avec délicatesse, la Capitaine s'y assit tandis qu'Avery se lovait à ses pieds comme un chien amoureux. Croisant les jambes, Bellatrix sirota son vin en regardant attentivement chaque membre de l'équipage, avant d'arrêter son regard sur un vieillard. Elle pointa un long doigt pâle, semblable à un os doté d'un ongle peint de rouge vif, sur lui.

-Toi, siffla-t-elle.

Le marin déglutit, visiblement tremblant et apeuré, tandis que Bellatrix avalait une gorgée de vin, yeux pétillants de malice vicieuse. Les autres marins reculèrent légèrement pour laisser le malheureux en pleine ligne de mire de la dangereuse Capitaine.

-Quel âge as-tu ?

Il sembla étonné, mais répliqua en tordant ses mains d'angoisse,

-Soixante ans, Ca...Capitaine...

-Soixante ans, s'exclama-t-elle narquoise. À cet âge, que fais-tu encore sur un navire à travailler ? Pourquoi n'es-tu pas à terre à mendier ta vie ? Pourquoi n'es-tu pas mort ?

Le marin chercha une réponse, mais elle enchaîna sans en attendre.

-A cet âge, tu ne me feras pas croire que tu es encore capable d'exécuter les tâches qu'on te confie, vieillard. Tes os te lâchent, ta vue baisse, et tu as du mal à faire ce pour quoi je te paye...cela ne se peut, n'est-ce pas ? Je parie qu'en vertu de ta mauvaise santé, tu as mal exécuté certains travaux, matelot.

Il déglutit, avant d'ouvrir la bouche, visiblement prêt à la contredire, et elle pencha la tête sur le côté, menaçante, le défiant de répondre. Les autres marins retenaient leur souffle.

-C'est...c'est possible, Capitaine, finit-il par capituler avec indécision.

-Tu fais bien d'avouer ta faute, vieillard, rétorqua-t-elle en finissant son verre avant de claquer des doigts. Qu'on m'amène du vin ! Matelot, tu comprendras qu'en vertu de ce que tu viens de me déclarer, tu dois être puni.

Les autres marins se jetèrent des regards impatients.

-Je...

-Ne m'interromps pas, siffla-t-elle tandis qu'un pirate remplissait sa coupe, sous peine d'alourdir ton châtiment.

Il hocha résolument la tête, pâle. Peut-être qu'elle le laisserait en vie ?

-Certaines de nos meilleures punitions, déclara Bellatrix à la foule en se levant, se perdent au fil du temps lorsque marquées du sceau de la barbarie. Or, en tant que pirates, ne sommes-nous pas la définition même de la barbarie ? Nous pouvons tout nous permettre, en rois des mers que nous sommes. J'aime ces vieux châtiments, qui délient la langue des imbéciles.

Elle toisa le vieillard et déclara tranquillement,

-Qu'on lui fasse subir le supplice du carénage.

Plusieurs marins inspirèrent vivement. Bellatrix devait être d'extrêmement mauvaise humeur pour recourir à de telles tortures.

On se saisit du vieillard paniqué qui se débattit vainement en hurlant, et on lui attacha bras et jambes, avant de le faire passer par-dessus bord lentement, à tribord, et d'autres marins vinrent se saisir des cordes qui le retenaient à bâbord, puis on entreprit de faire passer le malheureux pirate d'un côté à l'autre du navire, en le tirant contre la carène couverte de coquillages qui lui ouvrirent la chair. Lorsqu'il remonterait, il ne serait qu'un tas informe de chairs déchiquetées : Bellatrix était impatiente de voir le résultat. Puis, elle lui ferait faire subir le supplice de la planche, et l'abandonnerait à son triste sort en haute mer.

-Capitaine, navire corsaire à bâbord ! Il vient sur nous, Capitaine !

Blaise plissa les yeux, et approcha d'Anthony qui surveillait l'horizon.

-Aye, je le vois. Nous allons l'attaquer, comme je te l'ai promis il n'y a pas trois jours, Goldstein. Sait-on de qui il s'agit ?

Anthony plaqua sa longue-vue contre un œil et regarda attentivement le navire ennemi, avant de blanchir considérablement.

-Capitaine, déclara-t-il d'une voix tremblante, c'est le Red Phoenix...

-Quoi !

Blaise lui arracha la longue-vue et guetta le navire corsaire avec attention. Pas de doute, le phénix peint sur la coque dénonçait l'approche du célèbre Capitaine Harry Potter. Seul face à Potter, Blaise n'avait aucune chance et le savait. Grinçant des dents, Blaise soupira.

-Il faut fuir...

-Il n'y a pas d'îles dans les coins, et la barque de Potter aura vite fait de nous rattraper...

-Fuyons tout de même et si Potter parvient à nous rattraper, j'ai une idée.

Anthony salua brièvement avant d'aller alerter l'équipage. Blaise surveilla attentivement le Red Phoenix. Pas de doute, Potter approchait, et à l'allure où il arrivait, il avait l'intention de parler business.

Bientôt, comme Goldstein l'avait prévu, le navire corsaire s'alignait au leur, et avant même d'avoir pu échanger quelques civilités d'usage, les canons de Potter tonnaient, déchiquetant lentement le Serpentard, tandis que celui-ci se défendait tant bien que mal.

-Votre idée, Capitaine ? hurla Anthony en évitant de justesse un boulet.

-Nous avons bien des prisonniers dans les cales, n'est-ce pas ?

-Affirmatif, Capitaine !

-Faites-les descendre, attachés, dans un canot dont on aura troué le fond, et mettez-les à l'eau. Pendant que Potter les sauvera, nous fuirons.

Les yeux d'Anthony brillèrent d'admiration, et le plan fut mis en place. Comme prévu, Harry Potter, debout au gaillard arrière, serra les dents et se précipita à la rescousse des prisonniers, tandis que le Serpentard filait, comme un animal blessé, pour trouver un port et panser ses bois abîmés. Blaise Zabini souffla, mais sut que cela ne s'arrêterait pas là.

Il se vengerait de ce Potter, il se le jurait, et il savait exactement qui contacter pour cela.

Changement de cap, déclara-t-il d'une voix glaciale. Nous allons à Port Royal.

-Pourquoi faire, Capitaine, demanda Anthony en tentant de réparer un voilage carré déchiré.

-Pour assaillir ce maudit corsaire avec l'aide de Bellatrix et de Draco que nous recruterons là-bas.

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Voilà. Petit chapitre, disons, de transition. N'oubliez pas de laisser une review : ce sera motivant pour moi, étant donné qu'en ce moment j'ai quinze mille choses à faire et que je délaisse l'écriture. Et soyez sages, parce que le prochain chapitre est le moment tant attendu de...LA RENCONTRE, mouahahahahaha. À vrai dire, dans cette fiction, les moments Dramione sont les meilleurs que j'ai écrit jusqu'à maintenant je pense.

Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? De Bellatrix ? J'ai adoré écrire cette scène. Aussi folle soit-elle, c'est un personnage passionnant. Que pensez-vous de Blaise, le plus sournois des pirates ? De Neville, qui devient enfin un homme ? De Voldemort et de la pauvre Pansy ? Pensez-vous qu'elle va se débrouiller ? De Hermione et de sa capture d'Avery, et le fait qu'elle ait dû donner la mort ? De tout le reste ?

Dans le prochain chapitre, LA RENCONTRE donc, mais aussi des informations échangées, une bataille en mer, une beuverie insouciante, et d'autres choses encore.

A très vite pour Golden Boy et I'm still alive !

DIL.