Bonsoir, bonsoir.
Et oui, je suis enfin de retour. Je m'excuse de mon absence impardonnable, mais j'ai eu tellement à faire récemment que j'ai dû cesser de publier. Enfin, me voici de retour. Je publierai les suites des fics en cours très rapidement.
En espérant que ce chapitre vous plaira, bonne lecture, et on se retrouve comme d'habitude: en bas.
...
-On dirait que c'est la fête, ici. Auriez-vous mis la main sur un nid de fées d'eau ?
-Je vous demande pardon ?
-Sales petites bêtes, n'est-ce pas ?
.
Xenophilius Lovegood et Neville Londubat
…
Le lendemain matin, Hermione ouvrit automatiquement les yeux en sentant un changement dans l'atmosphère : Draco Malefoy venait de se lever. Déglutissant, elle ferma les yeux, faisant semblant de dormir.
Il s'arrêta brièvement devant elle, puis repartit s'habiller. Tâche accomplie, elle ne l'entendit plus, et après quelques minutes, elle entrouvrit un œil afin de savoir ce que fichait ce maudit enfant de...
Il était accroupi devant elle, la regardant, et si elle en croyait l'amusement dans son si magnifique regard, il savait depuis le départ qu'elle ne dormait pas. De mauvaise humeur, Hermione se redressa légèrement et le fixa. Il décrocha la laisse mais laissa le collier en place, et Hermione se rendit compte qu'elle allait beaucoup dormir par terre dans l'avenir le plus proche. Ayant récupéré la laisse, il se releva, aussitôt imité d'un bond par la captive, qui s'étira enfin convenablement. Il la regarda, visage indescriptible, et finit par déclarer,
-Tu vas rester ici aujourd'hui.
-Non, c'est vrai ? s'exclama-t-elle avec sarcasme. Je pensais que tu me confierais la barre.
Il eut un rictus quelque peu amusé, et dit avec condescendance :
-Sois sage, Granger. Je reviendrai bientôt.
Il sortit en verrouillant la porte, et Hermione regarda par le hublot. Le jour se levait à peine. Visiblement, Malefoy était quelqu'un de matinal. Remarque, il dégageait l'impression d'être au meilleur de lui-même quelle que soit l'heure. Elle le détestait. Il était hautain, arrogant, et méprisant.
Hermione n'était pas sotte. Elle se doutait bien qu'il avait des plans pour elle. Il n'avait pas cherché à abuser d'elle, mais elle sut instinctivement que ce n'était pas le genre du Capitaine, et étant donné qu'elle se trouvait avec Harry lors de l'attaque, elle se doutait bien que c'était pour attirer ce dernier dans un piège qu'il la gardait en vie, puisque si elle pouvait témoigner d'une chose, c'était que Malefoy la détestait autant qu'elle le haïssait.
Plissant les lèvres, Hermione se tourna vers l'armoire verrouillée et l'inspecta. C'était du bois solide, mais si elle trouvait quelque chose pour faire sauter le verrou, alors elle pourrait accéder à son contenu, et surtout aux couteaux de Malefoy. Ensuite, elle pourrait lui trancher la gorge, aller libérer Tonks, et...
Et quoi, ensuite ? Sauter à la baille ? Ah, la bonne plaisanterie. Elle pourrait se cacher sur le navire, bien qu'il ne soit pas grand, si l'équipage refusait de naviguer sous elle. Généralement, lorsqu'un Capitaine capturait un navire sans en tuer l'équipage, les matelots naviguaient alors pour lui ou elle. Hermione espérait que ce soit le cas. Son propre équipage se serait mutiné contre un nouveau Capitaine, mais ceux-ci n'étaient que pirates sans foi ni loi, alors...sentant les larmes revenir à l'évocation de son équipage défunt, elle se concentra à nouveau sur l'armoire.
L'idéal serait de pouvoir faire sauter le verrou sans laisser de traces visibles de son passage. Ainsi, elle pourrait surprendre Malefoy la nuit, sectionner sa laisse, le tuer et aller chercher Tonks pour qu'elles élaborent toutes deux un plan. C'était parfait, mais comment faire ?
Elle s'assit sur le sofa, au moment même où la porte s'ouvrait. Pucey était là avec un plateau, orné d'une carafe d'eau, d'une tasse de thé et d'une miche de pain agrémentée de miel. Il lui jeta un regard menaçant, son mousquet parlant pour lui, et repartit en silence.
Hermione décida de déjeuner : elle avait faim, et ne pourrait mettre son plan à exécution que le ventre plein. Ayant terminé, elle regarda son couteau à beurre.
Puis regarda l'armoire.
Puis regarda son couteau à beurre à nouveau.
Se levant vivement, elle se dirigea jusqu'à l'armoire dont elle inspecta minutieusement le verrou. Délicatement, afin de laisser le moins de traces possible, elle inséra le couteau dans l'interstice et le remua contre le verrou. Elle faillit laisser échapper un cri de joie en sentant le verrou bouger légèrement. Son plan marcherait peut-être...elle enfonça le bout du couteau dans le verrou et tourna, tout doucement.
Elle fut récompensée par un cliquetis à peine sonore. Laissant échapper un soupir de contentement, Hermione reposa le couteau sur le plateau avec innocence et ouvrit l'armoire.
Plusieurs documents qu'elle aurait à loisir de regarder plus tard, si elle en avait le temps, des vêtements, des instruments de navigation, et enfin, dans une boite d'acajou verni, un ensemble de couteaux.
Elle en prit un doucement et remit la boite à sa place, priant que Malefoy ne s'en aperçoive pas, sans quoi ce serait assurément sa mort, et reprenant son couteau à beurre, verrouilla l'armoire. Elle retourna vers le sofa, cachant son couteau effilé sous un coussin, et s'assit alors que la porte s'ouvrait sur Pucey qui vint collecter le plateau avant de repartir sans un mot.
Hermione soupira de soulagement. À quelques secondes près le quartier-maître l'aurait trouvée occupée à fouiller l'armoire.
Plusieurs heures passèrent avant le déjeuner, puis avant le dîner. Hermione s'ennuyait ferme, en plus de se faire du souci pour Tonks et l'ensemble de ses amis. Elle espérait que Harry n'avait pas été trop dur avec Dean pour ce que celui-ci avait fait afin de sauver le Red Phoenix. Elle espérait également que son bien-aimé Golden Lion avait coulé, emportant avec lui les pirates, afin de ne pas un jour arborer le Jolly Roger.
À l'heure du dîner, aussi bien Malefoy que Pucey revinrent dans le carré, parlant à voix basse et l'ignorant royalement. Hermione retint son souffle lorsque Pucey ouvrit l'armoire pour en retirer quelques cartes et instruments, puis les deux hommes s'assirent autour du bureau et se mirent à discuter de vents dominants, de marées montantes et de routes de navigation.
-Nous mouillerons donc à la Tortuga, acheva Malefoy. Potter y sera peut-être.
Adrian hocha la tête vivement, et Hermione se garda bien d'éclater de rire. Suite à son attaque, connaissant Harry, il serait retourné à Spanish Town afin d'informer sa famille de sa perte, quitte à se faire fusiller. Mais il n'y avait nul besoin d'informer ses ravisseurs de ce léger détail.
Ils rangèrent le matériel, tandis que plusieurs pirates portant des plateaux d'argent entrèrent dans la dunette. Ils posèrent les repas respectueusement devant leurs deux supérieurs, puis un troisième pour Hermione à côté de Pucey, face à Malefoy.
-Viens à table, l'appela Pucey sans même la regarder.
Elle leva le nez avec mépris et le pirate ricana.
-Très bien, Granger, crève de faim si tu le désires. Vois si j'en ai quelque chose à faire.
Malefoy les ignorait tous les deux, mangeant ses pommes de terre avec une telle élégance que Hermione se demanda ce qu'il en était des origines du jeune homme. Il se comportait comme un jeune lord.
-J'ai déjà mangé aujourd'hui, je ne mourrai donc pas de faim, Pucey, rétorqua-t-elle. Cependant, il est contre ma nature et mes principes que de dîner avec des pirates.
Pucey roula les yeux et répéta,
-Viens ici, ou je viens te chercher moi-même. J'ai hâte de te voir te mettre mal à l'aise. Tu serais ridicule.
-Ridicule, vraiment ? Étant un maître en la matière, j'estime que tu sais de quoi tu parles ?
-Espèce de sale petite garce !
Pucey se leva brusquement et la leva par un bras, faisant fi de ses protestations, et l'assit brutalement sur sa chaise, face au repas avant de se rasseoir lui-même. Malefoy les regardait avec un intérêt limité. Frémissante de rage, Hermione emplit sa coupe d'eau, et la jeta au visage du quartier-maître borgne :
-Ta maman ne t'a jamais appris qu'on ne malmène pas les femmes ?
Pucey la fixa, ébahi et furieux de son geste, avant que son œil unique ne se plisse dans sa colère et que ses doigts se resserrent sur sa fourchette.
-Je vais t'apprendre les manières, moi, sale petite...
-Cela suffira, Adrian, décréta doucement Malefoy en buvant une gorgée de vin. Et toi, Granger, si tu persistes à te comporter de la sorte, je te laisserai enchaînée au lit même la journée, est-ce clair ?
Il la transperçait du regard et elle serra les dents.
-Comme de l'eau de roche, finit-elle par murmurer.
Elle joua avec sa nourriture durant le reste du repas, avalant à peine ce qu'elle touchait, songeant à ce qu'elle allait faire cette nuit, à savoir tuer Malefoy. Enfin, les pirates leur ôtèrent les plateaux, et repartirent en même temps qu'Adrian. Comme la veille, Draco ordonna à Hermione :
-Viens ici.
Bien que sachant pertinemment ce qu'elle allait faire de sa laisse, Hermione ne voulait pas éveiller les soupçons et répliqua :
-Pour m'attacher au lit ? Certainement pas.
-D'accord. Dans ce cas je vais t'attacher au mât de misaine. Tu prendras l'air, cela t'éclaircira les idées. Ai-je précisé que tu irais nue ?
Déglutissant, Hermione hésita. Malefoy leva une main et se contenta de lui indiquer du doigt de s'approcher et elle obéit, vaincue, ne bougeant pas lorsqu'il attacha la laisse au collier avant de la tirer vers le pied du lit. Elle se coucha, et il éteignit les bougies avant de l'imiter. Les minutes s'égrainaient, silencieusement, et Hermione ferma les yeux afin de faire semblant de dormir, laissant sa respiration se calmer d'elle-même. Lorsqu'elle entendit que le Capitaine s'était à son tour laissé aller au sommeil, elle poussa un soupir discret et sortit de sous son corsage le couteau dérobé à l'armoire. Faisant mine de changer de position dans son sommeil, elle guetta le moindre signe de réveil de la part de Malefoy, et n'en percevant aucune, entreprit de couper doucement la laisse au plus près du collier, s'arrêtant régulièrement pour voir si le bruit à peine perceptible éveillait son ennemi. Elle suait abondamment, priant Dieu que Malefoy ne l'entende pas.
Dieu dut accéder à sa requête, puisque finalement, la laisse lâcha, et elle put s'asseoir sans s'étrangler. Doucement, elle se mit debout, et approcha lentement le lit, yeux fixés sur son occupant, durant ce qui lui semblait être des heures. Enfin, elle parvint au niveau de Malefoy, et ne put s'empêcher d'admirer un moment le spectacle de beauté pure devant elle, illuminé largement par la lune.
Malefoy était couché au milieu du lit, les draps remontés jusqu'à sa taille, et dormait paisiblement, un bras sur son bas-ventre, l'autre à ses côtés. Son torse tonifié était pâle, presque translucide dans la clarté nocturne, et elle put contempler ses abdominaux parfaitement dessinés et ses pectoraux aux tétons durcis. Son visage était moins froid et méprisant qu'en temps normal, comme s'il posait le masque : il était beau, tout simplement, sans glace, sans dédain. Le fantasme féminin à l'état pur.
Il était magnifique contre les draps blancs de coton d'Égypte, et elle eut une bouffée de chaleur à cette pensée, suivie presque aussitôt par une bouffée de haine pure. Quel droit avait cet homme, ce misérable pirate, cet assassin sans foi ni loi, pour être aussi ravissant ? Quel droit avait-il de lui faire tourner la tête, alors qu'elle était amoureuse de Ron comme au premier jour ?
Esquissant un rictus de dépit, Hermione frappa, et tout s'enchaîna très vite.
Elle se pencha par-dessus lui pour mieux atteindre sa gorge, et alors qu'elle abaissait le couteau, Malefoy ouvrit soudainement les yeux, lui attrapant le bras en plein vol. De l'autre main il saisit sa gorge entre ses doigts, l'enserrant, avant de la précipiter sur le lit. Elle tomba à moitié sur lui, étouffant un cri, et il la retourna aussitôt pour se tenir à quatre pattes au-dessus d'elle, ses jambes puissantes bloquant celles de Hermione et une main tenant les deux bras de la jeune fille par-dessus sa tête tandis que l'autre serrait toujours sa gorge. Étouffant presque sous l'assaut, Hermione s'accrocha au couteau même lorsqu'il frappa violemment ses mains contre le matelas pour le lui faire lâcher. Il serra encore plus sa gorge et recommença, l'obligeant cette fois à lâcher prise. Il s'en saisit immédiatement et le porta à la gorge de sa captive, tandis que celle-ci se raidissait.
Ils étaient tous deux légèrement haletants suite à l'altercation, et les yeux de Malefoy étaient sombres et vengeurs en la fixant. Elle avala difficilement sa salive. Qu'allait-il faire d'elle à présent ? La tuer, certainement. Elle sentit une goutte de sang perler contre la lame du couteau et le regarda, se mordillant légèrement la lèvre inférieure. Malefoy jeta un bref regard à ses lèvres, ses yeux s'assombrissant encore pour une raison inconnue d'elle, et revint à ses yeux.
-Je devrais te tuer, siffla-t-il.
-Fais-le, dans ce cas, répondit-elle à voix basse.
-Ce ne serait pas drôle, n'est-ce pas ?
Il jeta le couteau par-dessus son épaule avec une acuité incroyable, puisque l'objet du délit vint s'imbriquer fermement dans l'armoire d'où il sortait. Malefoy passa un pouce songeur sur la petite plaie laissée par le couteau, essuyant le sang s'y trouvant. Elle déglutit sous ce toucher inquisiteur, et il put clairement le sentir, puisqu'il ferma les yeux un instant en se figeant, puis les rouvrit, regard moqueur.
Elle avait failli le tuer, et il se fichait d'elle ? Quel culot !
-Si tu voulais finir dans mon lit, princesse, il suffisait de demander, railla-t-il de sa voix traînante.
Elle se raidit en s'empourprant et il ricana.
-Ce n'était pas...je ne...
-Ah ? Ce n'est pas parce que tu voulais finir sous mon corps que tu as agi de la sorte ?
-Certainement pas...et tu le sais.
-Je sais surtout que j'ai le sommeil très léger, Granger, et que tu n'avais même pas fini de découper ta laisse avant que le bruit ne me réveille. En plus, mon armoire portait de légères traces d'intrusion, et la boite aux couteaux n'était pas exactement là où je l'avais laissée. Sans oublier que de toute manière, je ne te fais pas confiance. Je surveillerai donc mieux mes paroles à l'avenir.
-Alors que vas-tu faire de moi, à présent ? murmura-t-elle.
Il sembla pensif, puis un rictus démoniaque vint dévaster ses traits magnifiques.
-Je pourrais t'enfermer dans la cale, te donner un seul repas par jour, et te priver de commodités, dit-il lentement. Mais ce ne serait pas aussi drôle que de te donner à mes pirates, pour...satisfaire leurs besoins personnels. Comme ton amie, Tonks, qui fait leur bonheur.
Hermione se raidit, à la fois abasourdie et folle de rage du sort de son amie, et de ce qu'il prévoyait pour elle, et tenta de se débattre. Malefoy ne fit pas un geste, se contentant de rester en place, et elle se lassa bien vite, maudissant ses yeux remplis de larmes dont Malefoy se délectait.
-S'il te plaît, murmura-t-elle en maudissant à présent sa voix chevrotante et ses paroles. Pas cela...tout mais pas cela...
-Je ne sais pas, Granger, railla-t-il d'un air profondément désintéressé. Tu as tout de même tenté de me tuer, lâchement en plus, dans mon sommeil...il va te falloir une très grande capacité de persuasion pour te faire pardonner.
Hermione se détestait en cet instant, mais pour ne pas devoir « servir » les pirates, il ne lui restait qu'à faire tout ce qu'il pouvait bien exiger d'elle. Il avait raison : elle avait tenté de le tuer et devait payer le prix de son échec, plus encore que de son geste. Et encore, Hermione savait qu'il se montrait clément en lui offrant une alternative, geste qu'elle ne s'attendait pas venant de lui.
-Tout ce que tu voudras, murmura-t-elle finalement.
-Tout ? Sans exceptions ?
-…
-…
-Tout.
-Si je te commande de sauter du nid-de-pie, tu le feras ? Si je te commande de t'adonner aux corvées les plus dégradantes, tu le feras ? Si je te commande d'attaquer un navire sous mes ordres, en pirate, tu le feras ? Si, encore, je te commande de t'allonger sur ce lit et de m'accueillir, tu le feras ?
Ne comprenant pas vraiment sa dernière phrase, mais saisissant l'idée générale, Hermione ferma les yeux, permettant à quelques larmes de s'échapper, et hocha doucement la tête.
-Parfait, murmura-t-il songeusement. La corsaire devenue esclave du Dragon des Ténèbres. N'oublie pas, dans ce cas, que tu as une dette envers moi : lorsque je voudrais y faire appel, je te préviendrai et tu ne te déroberas aucunement...n'oublie pas que je te sauve la vie, Granger.
Elle ouvrit les yeux avec méfiance et lui demanda :
-Tu ne comptes pas me demander quelque chose maintenant ? Je ne sais pas, moi, de réparer les voiles ou de briquer le pont et la carène ?
-Oh, non, sourit-il avec délice. Je préfère largement tenir cette épée de Damoclès au-dessus de ta tête.
Il s'écarta d'elle soudain, comme dégoûté, et ordonna sèchement,
-Dégage de mon lit, maintenant, petite idiote. Et si tu tentes quoi que ce soit d'autre contre moi, ou contre quiconque ici par ailleurs, tu prieras pour servir de putain à mes hommes lorsque ton châtiment arrivera, est-ce entendu ?
Elle ne se le fit pas dire deux fois : marmonnant un bref « oui », elle sauta à bas du lit, et il se leva à son tour, attachant une seconde laisse toute neuve à son collier avant de la tirer violemment vers le bas pour l'attacher fermement. Hermione s'allongea à même le sol, pleurant silencieusement. Elle devinait que son calvaire commençait à peine.
…
Hermione sombra profondément durant les prochains jours. Elle restait silencieuse, passant ses journées lovée sur le sofa, pensive, seule avec ses fantômes, et les nuits aux pieds de Malefoy. Celui-ci ne parlait naturellement que lorsque c'était nécessaire, et donc dispensait à peine deux phrases par jour à sa captive, qui se sentait plus seule que jamais. Le temps passait, lentement, et finalement, Hermione n'eut même plus le goût de se nourrir.
Un soir, alors que depuis deux jours ses plateaux repartaient pleins, tandis qu'elle touchait à peine à l'eau, le Capitaine pénétra dans la dunette, regard noir, la fixant.
-Pucey me dit que tu ne manges plus, dit-il d'une voix tranchante.
Hermione n'avait ni la force, ni l'envie de se lever. C'était une jeune femme qui d'ordinaire croquait la vie, et le fait de perdre sa liberté lui en avait fait perdre le goût.
-Pourquoi ? poursuivit Malefoy, imperturbable.
Elle haussa les épaules, désintéressée, et il sembla songeur un instant.
-Lève-toi, finit-il par commander.
Elle obéit après un long moment passé à peser paresseusement le pour et le contre, et il attacha fermement la laisse à son collier avant de saisir son menton, notant mentalement les cernes et la pâleur de la jeune femme, et la força à le regarder.
-Nous allons faire une petite promenade, déclara-t-il. Je te conseille de faire tout ce que je te commande, sinon...
Elle hocha la tête lentement, se demandant où il l'amenait. Elle eut vite sa réponse. Malefoy la traîna presque hors de la cabine, et ils montèrent sur la passerelle. Hermione cligna des yeux alors que le vent marin fouettait vivement son visage. Ahurie, elle regarda autour d'elle, notant que les pirates, lorsqu'ils ne tuaient ni ne pillaient, se comportaient aussi normalement à bord du navire que son propre équipage décimé : certains étaient à leurs postes, briquant le pont, tirant et nouant les cordages, huilant les équipements. D'autres étaient assis près de la proue, jouant aux dès en pariant des noix, au repos. D'autres encore devaient dormir dans les cales.
Hermione inspira goulûment l'air marin, et se sentit revivre pour la première fois depuis des jours. Elle sut alors que c'était moins le fait d'être privée de ses mouvements que d'être privée de la mer qui l'avait plongée dans sa léthargie : elle sut également à ce moment-là à quel point elle était follement et irrémédiablement amoureuse des flots. Elle mourrait sur la mer, elle le savait, et ne voudrait pour rien au monde une autre fin que celle-là.
Tandis qu'elle regardait, fascinée, l'eau défilant sous la coque, reniflant avec délice le vent marin, Draco l'observait avec une fascination sauvage sur ses traits. Non pas qu'il se souciât du bien-être de la jeune femme, mais si elle cessait de s'alimenter et mourrait, il ne pourrait s'en servir pour attirer Potter dans les filets de Blaise. Par ailleurs, la jeune fille l'intriguait. Hormis l'effet qu'elle produisait sur lui, et qui pouvait être aisément expliqué par des phénomènes naturels, elle l'intéressait. Comment cette jeune bourgeoise était-elle devenue corsaire, qu'en était-il de son fiancé, comment parvenait-elle à commander des hommes en étant une femme et ce, sans violence ni mise à mort ? Et surtout, comment parvenait-elle à maintenir son innocence alors qu'elle était, très franchement, un assassin ? Il se demanda soudainement si elle était vierge. Une réponse comme l'autre était convenable, évidemment : elle semblait l'être, ne comprenant pas totalement les allusions pouvant être faites à ce sujet, mais il était difficile de concevoir qu'une aussi jolie jeune femme ait conservé sa virginité dans ce domaine où les relations sexuelles étaient banalisées et le viol fréquent.
Une mèche vint obstruer son regard intense en se posant sur la joue de Hermione, et ses doigts le démangèrent de l'écarter. Il serra les poings, agacé. Il n'avait aucune raison de réagir comme un adolescent à peine en découverte de la sexualité ou pire, en amoureux transi, devant elle ! Elle n'était même pas si belle que cela...il était le Capitaine Draco Malefoy, et il n'avait que faire des prisonnières trop jolies ou des Capitaines ennemies excitantes.
Il se demanda ce qu'il adviendrait d'elle une fois Potter dans leur piège et mort. Il pourrait la libérer. Ou la garder à bord pour la donner à ses hommes. Ou la vendre comme esclave. Ou l'abandonner sur une île sauvage avec une bouteille de rhum et un pistolet armé d'une seule balle, sans lui avoir coupé les oreilles et le nez. Ou la donner à Blaise ou à Bellatrix. Non, cette dernière solution n'était pas l'idéal : Bellatrix ne montrerait aucune pitié pour elle, et ce serait dommage que tant de délicate beauté vienne à être ruinée par les tortures de sa tante. Il aviserait une fois Potter capturé.
Il voulait la mettre dans son lit, de cela il était certain, mais pas sans jeu. Elle était sa proie, et il était un excellent prédateur. Ce serait extrêmement excitant, de la séduire et de la dévergonder, de lui apprendre l'art de l'amour charnel. L'autre amour, celui qui faisait parler avec le cœur plutôt qu'avec les hormones, Draco ne l'avait jamais expérimenté et n'y croyait guère : c'était une légende inventée pour faire tenir tranquille les jeunes filles et pour donner de l'espoir aux imbéciles. Mais pour ce qui consistait en l'embrasement des sens, Draco était un maître, aussi bon au lit qu'à la barre d'un navire. Et très franchement, bien que l'idée lui plaise, il hésitait à la mettre en pratique. Elle pouvait tenter de l'égorger en plein orgasme.
Finalement, Draco tira légèrement sur la laisse, et elle se détourna du spectacle enchanteur de la mer pour le regarder. Leurs yeux se croisèrent, ceux de Hermione brûlant de passion à cause de ce qu'elle venait de voir, se refroidissant lentement tandis qu'elle redescendait au moment présent. Malheureusement pour lui, ce même regard brûlant enflamma une autre partie de son anatomie, et il se détourna d'elle pour prendre place à la barre. Elle hésita, puis s'assit à ses côtés, ne pouvant aller loin à cause de la laisse, et se mit à contempler le pont, observant les pirates.
Un ricanement leur parvint alors que Pucey montait sur la passerelle, caressant d'une main aimante le fourreau de sa rapière.
-Tiens donc. La petite peste est arrivée en haut. Je me demande ce qu'elle t'a fait pour mériter cet honneur, Capitaine ?
Draco coula un bref regard en direction de Hermione, dont les yeux étaient remplis de confusion. Vierge ou non ? Draco se fustigea mentalement. Il avait d'autres préoccupations que la vie sentimentale de la demoiselle !
-J'aurais cru, avança Adrian en s'accoudant au bastingage près d'eux, qu'après avoir tenté de te tuer, tu l'aurais au moins enfermée dans la cale, Capitaine.
Draco eut un rictus et répliqua, sans détacher le regard de la mer :
-Tu n'as aucune notion de la subtilité, Pucey, cela ne m'étonne donc pas.
Adrian porta sa cigarette à ses lèvres, aspira, et jeta le mégot rougeoyant dans l'eau derrière lui, se roulant déjà une autre cigarette avant même d'avoir terminé d'expirer sa bouffée.
-Tu as raison, sans doute, concéda-t-il, mais il y a des limites.
-Oui, acquiesça Draco en regardant Hermione avec une moquerie insupportable. La limite étant mes pieds.
Adrian éclata de rire, manquant de s'étouffer sur sa bouffée, et Hermione croisa défensivement les bras sur sa poitrine.
-Vous êtes hilarants, décréta-t-elle sèchement. Il n'empêche, le jour où vous rejoindrez les poissons, je rirai bien.
-Le jour où on rejoindra les poissons, petite peste, tu seras morte, rétorqua Adrian.
Hermione se contenta de rouler des yeux avant de répondre :
-Peut-être, mais cela ne m'empêchera pas de rire de là-haut.
-Tu crois en Dieu et en tous ses saints, donc, railla Adrian en expirant sa fumée.
-Parce que tu n'y crois pas ? Évidemment que non, suis-je bête, marmonna-t-elle. Vous êtes des pirates, vos âmes sont donc toute dévouée au Diable.
-Au Diable peut-être pas, petite peste, mais aux dieux de la mer, oui, rétorqua-t-il.
Il aimait apparemment ce surnom de petite peste. Et effectivement, il trouvait qu'il lui convenait à merveille. Draco naviguait distraitement, écoutant attentivement leur conversation.
-Il n'y a qu'un seul Dieu, annonça fermement Hermione. Les dieux de la mer, les nymphes et autres créatures marines n'existent pas. Ce sont là des légendes pour faire tenir tranquilles les marins.
-Peut-être, peut-être pas, répondit tranquillement Adrian en la surveillant attentivement. Mais laisse-moi deviner. Tu as été élevée dans la plus fervente religion, n'est-ce pas ? Celle où on ne pose pas un orteil en-dehors des lignes clairement établies, surtout lorsqu'on est une femme. Alors comment es-tu devenue corsaire, petite peste ?
-Je me demande surtout en quoi cela te regarde, pirate.
-Parfait, rétorqua-t-il en levant les bras en l'air. C'est mon jour de repos, alors j'ai tout mon temps pour écouter ton histoire. Si tu racontes la tienne, je te raconterai comment j'ai fini par naviguer comme pirate sous les ordres du célèbre Draco Malefoy, notre Capitaine et ton ravisseur. Et même, en prime, la manière dont j'ai perdu mon œil.
Draco tourna brièvement la tête vers son quartier-maître, étonné qu'il veuille répandre ce bruit-là auprès de leur ennemie, mais Adrian l'ignora, roulant une cigarette encore une fois. Et il écouta la conversation d'autant plus précautionneusement. Il voulait véritablement connaître l'histoire de Hermione Granger. Elle hocha la tête, curieuse, et se lança.
-Je suis née en Angleterre, de parents bourgeois, venus faire fortune à Spanish Town. J'y fréquentais la bonne société, spécialement la famille Weasley, nobles désargentés, et la famille Potter, Gouverneurs de la ville. Harry et moi avons été élevés comme frère et sœur et, à mes quinze ans, j'ai été fiancée à Ronald Weasley, le plus jeune fils.
Elle parlait de ce Weasley avec tant d'amour passionnée dans la voix que les doigts de Draco se serrèrent compulsivement autour du gouvernail. Gamine niaise et sotte. L'amour. Quelle arnaque, franchement : celui qui avait inventé cette notion était maître en l'art de la manipulation de masse.
-La guerre a éclaté, poursuivit-elle avec réprobation, et les parents de Harry furent assassinés. Il a fait armer le Red Phoenix et est parti combattre les pirates. Pendant ce temps, Ron, lui, était embarqué à bord du HMS Slayer comme Lieutenant, et moi je restais au domaine, attendant les rares visites et craignant pour leurs vies. Puis un jour, ma mère a annoncé la précipitation de mon mariage à Ron. Nous nous aimions, et c'est toujours le cas, mais aucun de nous ne voulait d'un mariage arrangé, fait à la va-vite entre deux départs de navire, d'autant que l'on me poussait à concevoir le plus rapidement possible.
Elle s'arrêta, perdue dans ses souvenirs, et Adrian l'encouragea d'un :
-Alors tu es partie.
-Oui, acquiesça-t-elle. Harry m'a trouvé le Golden Lion, racheté à un de vos déserteurs, et a faussé une demande d'armement devant la Compagnie qui est passée. Nous avons fui le plus vite possible, partant à Los Roques pour qu'il m'apprenne les tours et détours de la mer et du combat contre les pirates. C'était la seule solution.
-Je vois, dit lentement Adrian. Et ce...Weasley ? Ton fiancé ? Toujours en mer, à combattre ?
Elle eut un sourire lumineux à l'évocation de son fiancé.
-J'imagine que oui. C'était une aubaine et le rêve de sa vie. Malheureusement, je n'ai aucune nouvelle depuis mon départ. J'imagine que les fiançailles ont du être annulées, car les Weasley doivent estimer qu'en corsaire, je me suis déshonorée, mais Ron et moi nous nous aimons au-delà de ce détail.
-Tu l'épouseras en revenant chez toi, devina Pucey.
-Si je reviens, répliqua-t-elle avec amertume en désignant son collier d'un geste blasé. Mais oui, si c'est le cas...
Elle laissa la fin de sa phrase traîner, et Draco resserra ses doigts imperceptiblement sur la laisse. Il avait bien raison de l'enchaîner, finalement.
-Et toi ? finit-elle par demander, curieuse.
Le quartier-maître alluma sa cigarette et en tira une bouffée.
-L'histoire est simple et bien moins romanesque. Notre maître, Lord Voldemort, avait prévu de déclarer la guerre à l'Angleterre, et a estimé qu'une guerre maritime pour le contrôle des mers devait être menée, spécialement ici, aux Caraïbes, afin d'avoir un contrôle total sur les marchandises amérindiennes si recherchées en Europe, afin de faire notre richesse. Le tabac. Le coton. Le sucre. Celui qui est riche est puissant...enfin, bref, il a fait construire et armer plusieurs navires en y plaçant des Capitaines dignes de confiance, surtout les plus jeunes d'entre nous, car nous avons la force physique de mener un navire, et a également fait d'autres de ses hommes, et femmes d'ailleurs, des quartier-maîtres. Le Capitaine Draco a été parmi les premiers appelés et j'ai eu l'insigne honneur d'être nommé son second. Nous avons embarqué vers les Caraïbes parmi les premiers, et nous voilà.
-Et pour ton œil ?
-Ah, ça, sourit Adrian. Nous avions mouillé au large d'une île et je suis descendu parmi les marins afin de nous ressourcer en eau douce, lorsqu'une vingtaine de sauvages a surgi des bois pour nous courser...
A la fin de l'histoire rocambolesque, Hermione riait presque aux larmes. Draco trouvait que le son cristallin de sa voix était enchanteur et lui donna presque envie de sourire. L'air indigné, Adrian s'en offusqua :
-Puis-je savoir pourquoi, au juste, tu ris de mon infortune ?
-Parce que, répondit-elle en essuyant ses larmes de joie, pas une partie de ton histoire n'est vraie, Pucey. Au début les sauvages étaient vingt, puis cinquante, et pour finir cent...
-Ils avaient des renforts, s'exclama-t-il.
-Et la flèche ne t'a pas tué mais seulement privé d'un œil, bien entendu, s'exclama-t-elle avec un sarcasme mordant. Enfin, pour terminer, tu as mis en déroute une centaine de sauvages à toi tout seul ? Mais bien entendu. Garde cette histoire pour les comptoirs à rhum et les filles de petite vertu, pirate. Elle ne m'intéresse guère.
-Si jamais tu dis à quiconque que cette histoire est fausse, petite peste, je te fais jeter à la baille, déclara-t-il d'une voix menaçante mais qui manquait néanmoins de cœur à l'ouvrage.
-Cela suffit, dit doucement Draco.
Comme d'ordinaire, au son glacial et commandant de sa voix, les deux se turent et se tournèrent vers lui. Hermione lui jeta un regard brûlant de haine qui le fit frissonner d'envie charnelle, et Adrian semblait perplexe. Draco, à la vérité, n'appréciait pas du tout la tournure que leur conversation prenait. À son sens, Adrian et la corsaire devenaient trop...amicaux ? Naturellement possessif, il n'aimait pas qu'autrui approche de ses biens et, étant sa prisonnière, Hermione était à cet égard son bien.
-Nous rentrons. Dis à un des marins de venir tenir la barre, déclara-t-il toujours aussi froidement.
Réduit au silence, Adrian hocha la tête, et Draco tira brusquement sur la laisse. Hermione étouffa un soupir triste à l'idée de retourner en bas, mais obéit et le suivit docilement, tout en imaginant mille et une façons de l'assassiner, et de réussir cette fois. De quel droit la traitait-il comme un chien, fulmina-t-elle silencieusement.
Parvenus dans le carré, Draco lui ôta sa laisse et la dévisagea.
-Je te déconseille de trop te rapprocher de mes hommes, et surtout de Pucey, corsaire, la prévint-il d'une voix dangereusement basse. Cela ne t'avancerait à rien d'autre qu'à susciter ma colère.
Il claqua la porte en partant et Hermione, bouche bée devant ce discret éclat, se laissa retomber sur le sofa.
Pourquoi pensait-il qu'elle voudrait se rapprocher de ses pirates ? Elle les haïssait tous plus les uns que les autres, Pucey le premier. Certes, il était drôle dans une certaine mesure, mais il ne fallait pas pousser : sa curiosité l'avait emportée devant la raison, et c'était pourquoi elle avait confié son histoire au jeune quartier-maître et reçu en retour ses confidences corrompues. Malefoy était malade, voilà tout.
Elle n'aimait pas avoir le Capitaine autour d'elle. Au-delà de sa haine pour lui, elle manifestait lorsqu'il était présent des réactions physiques honteuses, qu'elle n'avait jusqu'alors ressenti qu'en présence de Ron, avec moins d'intensité cependant. Peut-être aimait-elle trop le danger, si elle en venait à vouloir embrasser un pirate, le pire de tous en outre ? Et encore, elle doutait qu'elle veuille seulement l'embrasser. Son dérangement était bien au-delà du simple baiser.
Malefoy l'intriguait honnêtement. C'était un personnage très soigneusement discret sur lui-même, tenant ses émotions d'une main de fer, calculant et manipulant en permanence. Même s'il n'avait pas été un pirate, elle aurait voulu s'en tenir éloignée à tout prix.
À l'heure actuelle, cela était évidemment impossible, mais dès que l'occasion se présenterait, elle y veillerait. D'autant plus qu'elle se doutait bien qu'elle n'intéressait pas le pirate en retour : sa beauté devait lui assurer les faveurs des femmes, toutes plus belles les unes que les autres. Sans doute avait-il une amante, peut-être même plusieurs, songea-t-elle avec dégoût.
Et c'était l'idéal, qu'il n'ait pas idée de son désir à son égard. Il n'hésiterait pas à s'en servir contre elle, ou à la moquer de manière insupportable, d'autant plus qu'elle était amoureuse d'un autre homme. Le pire scénario serait que Malefoy la désire en retour, mais c'était impossible : il la détestait et elle n'avait pas assez d'atouts physiques pour l'attirer, Dieu merci. Car si jamais il en venait à la vouloir, qui pourrait la sauver d'elle-même ?
Confuse, Hermione ferma les yeux, une migraine martelant ses tempes sans relâche, et finit par s'endormir sur le sofa, roulée en boule.
…
-Ron !
Ronald Weasley éclata de rire au cri de pure joie de sa sœur cadette, et souleva la petite tornade rousse dans ses bras pour la faire tournoyer. Il s'arrêta enfin et la reposa sur le sol du salon, la prenant par les épaules et l'admirant.
Ginny Weasley avait toujours été une jolie enfant promettant de s'épanouir pleinement en une magnifique jeune femme, et Ron reconnut avec fierté que tel était le cas aujourd'hui. Il revenait de plusieurs mois en mer, aux commandes du HMS Slayer, et était heureux de retrouver les siens. Ginny, vêtue d'une robe vert pâle accentuant sa peau de porcelaine, ses yeux d'un brun doux pouvant être tantôt câlins, tantôt flamboyants selon ses humeurs changeant aussi rapidement que le temps des Caraïbes, le dévorait des yeux. Sa chevelure d'un feu éclatant était remonté dans un de ces chignons à la mode qu'elle détestait tant, préférant aller pieds nus et chevelure déployée sur ses épaules. Ginny était parfaitement consciente de son pouvoir de séduction admirable sur les hommes et en jouait souvent, même si elle demeurait sur certains aspects une femme-enfant. Ron ne pouvait rien lui refuser. Elle était la seule fille de sept enfants, et était en tant que telle la chérie de la famille.
-Comme tu as grandi, murmura-t-il.
-Ron, sourit-elle, il n'y a que six mois que tu es parti !
-Tu te vois tous les jours, Gin. Évidemment que tu ne t'en rends pas compte.
-On dirait père, rit-elle avec malice. Alors ? Cette vie de marin, à combattre de vils pirates ?
-Elle me plaît énormément, confia-t-il en passant son bras autour des épaules de sa sœur. Et toi, qu'as-tu fait en mon absence ?
Elle retroussa le nez, l'air dégoûtée :
-Rien d'intéressant. Mère m'a forcée à assister à tous les bals de l'île. J'ai été séduite par un tas de veufs âgés et de jeunes imbéciles.
-Que tu t'es faite un plaisir de mener en bateau, j'imagine ?
-Je m'ennuie, offrit-elle fermement en guise d'explications. Et toi, mon frère ? Combien de navires ennemis as-tu coulé ?
-Cinq ou six, dit-il vaguement.
-Et...des nouvelles de...
-Non.
La réponse était implacable, et Ginny se défit de son étreinte pour le regarder avec le plus grand sérieux.
-Ron...
-Je ne veux pas en parler, Ginny, soupira-t-il. Mon meilleur ami a fait armer ma fiancée, mon amour, comme corsaire. Et elle y est allée. Comment veux-tu que je me sente ? Ils sont partis filer le grand amour tous les deux au large, dans mon dos...
-Je n'y crois pas, déclara Ginny sèchement. Et la lettre qu'elle t'a laissé, qu'y avait-il d'écrit ?
-Quelle lettre ?
Ron fronça les sourcils et Ginny l'imita en répondant, confuse,
-Mais oui. Hermione avait laissé une lettre pour toi, sur son lit, pour te dire qu'elle t'aimait et que...attends, tu ne l'as pas lue ? J'ai entendu mère et Mrs Granger en parler...elles se disputaient.
-Tu as encore écouté aux portes ?
-Comme si cela ne te servait pas, à toi aussi, répliqua-t-elle. Mais peu importe.
Ron serra et desserra les poings lentement. Il n'aimait pas Mary-Ann Granger du tout. Le fait qu'elle discute d'une lettre d'amour laissée pour lui avec Molly Weasley, sa propre mère, lettre dont il n'avait jamais vu la couleur, n'augurait rien de bon...
-Je vais voir mère, trancha-t-il.
Et sur ce, Ron s'avança tête haute vers la chambre parentale, se demandant confusément où se trouvait la vérité. Suite à la disparition de Hermione, il avait amarré pour découvrir qu'elle avait fait armer un sloop comme corsaire quelques heures plus tôt avant de fuir avec Harry pour combattre les pirates. Et sa mère l'avait informé, profondément désolée, que Hermione et Harry entretenaient une liaison scandaleuse hors-mariage. De toute manière, liaison ou non, la jeune fiancée était déshonorée et Ron ne pouvait décemment plus l'épouser.
Étant amoureux d'elle depuis toujours, et sachant ses sentiments réciproques, il avait toujours l'intention de l'épouser la guerre terminée. Cependant, si elle avait reporté son affection sur Harry...
Ron devait en avoir le cœur net. Il fut autorisé à pénétrer respectueusement dans la chambre de ses parents, où sa mère se relevait d'une brève sieste.
Le visage replet et maternel de Molly Weasley s'illumina à la vue de son cadet, et elle l'invita à s'asseoir sur le balcon, surplombant la mer.
-Mère, je voudrais vous parler...de Hermione et Harry.
Le visage avenant de Molly se referma brutalement, et une négresse déposa le plateau de thé sur la table devant eux avant de se retirer discrètement.
-Chéri, commença-t-elle lentement. Je sais que cela te choque et te déçois, cela a eu le même effet sur nous tous. Une trahison de la sorte est toujours difficile à...
-Justement, mère, l'interrompit Ron en la fixant yeux dans les yeux. Est-ce vraiment le cas ? Hermione ne m'a-t-elle rien laissé...je ne sais pas...une lettre ?
Les yeux de Molly se plissèrent violemment tandis qu'elle reposait la jatte de lait brusquement.
-Je vois que tu as parlé à Mary-Ann, cracha-t-elle. Nous avions pourtant un accord...
-Racontez-moi tout, exigea Ron en saisissant la balle au bond. J'ai entendu la version de Mrs Granger. Je veux la vôtre.
Molly se laissa aller dans son fauteuil, laissant son regard errer sur la mer.
-Hermione a bien armé un navire corsaire avec le concours de Harry. Toutefois, elle a laissé une lettre pour toi, déclarant qu'elle t'aimait, mais qu'elle ne voulait pas précipiter le mariage et qu'elle désirait aider à combattre les pirates de Voldemort...après sa fuite, j'ai su Hermione déshonorée par son geste, et j'ai décidé de rompre l'alliance. Il ne faut pas que tu lies ton nom à celui de cette fille, sans quoi tu serais déshonoré par extension. Enfin, Mary-Ann ne voulait absolument pas rompre cette alliance avantageuse avec un baron Weasley, et elle m'a donc montré la lettre pour preuve.
-Et vous avez fait quoi, ensuite ?
-J'ai brûlé la lettre en personne. Et j'ai fait promettre à Mary-Ann de ne rien dire à quiconque sans quoi je veillerai personnellement à détruire sa réputation. Ronald chéri, il faut que tu puisses avancer dans la vie. Je sais à quel point tu aimes Hermione, et Harry est ton meilleur ami, mais il est essentiel de couper les ponts avec eux. Ils ne feraient que salir...
-Hermione et Harry n'ont jamais eu de liaison, n'est-ce pas ?
Molly hésita, puis céda au regard réprobateur de son fils.
-Pas à ma connaissance, mais l'on peut tout imaginer, chéri.
-Je le savais, murmura-t-il.
Ron se leva brutalement, toisant sa mère avec dédain.
-Ne vous en déplaise, mère, mais j'aime Hermione et elle m'aime en retour. Lorsque nous serons enfin réunis, je l'épouserai, qu'importe sa réputation ou l'état de son hymen. Et Harry, comment osez-vous le salir de la sorte, lui un brave corsaire qui défend son pays ? Et Hermione de même par ailleurs ! Vous ne savez rien de la difficulté de vivre sur la mer, et je peux vous assurer que Hermione a été d'un grand courage pour défier les valeurs corrompues de mariage forcé qu'on lui imposait. Je ne veux que d'une femme courageuse à mes côtés, et Hermione l'est assurément. Lorsque Harry et elle reviendront, le trio se formera à nouveau, et Madame Hermione Weasley vous fera nombre de petits-enfants, quel que soit votre avis. Restez en-dehors de cette affaire, mère. Mes intérêts ne sont pas les vôtres à défendre.
Molly était rose d'indignation et de colère à la fin du discours de son fils et celui-ci se dirigea vers la sortie, avant d'ajouter un sourire sarcastique par-dessus son épaule :
-J'oubliais, mère. Malgré ses fiançailles à l'autre vieillard, laissez-moi vous assurer que je pense que Harry Potter est un bien meilleur parti pour ma sœur, et je n'aurai de cesse de les pousser ensemble. Ce ne sera pas difficile : je crois que Ginny est sincèrement amoureuse de lui, et la réciproque ne m'étonnerait guère.
Il claqua la porte en sortant, faisant sursauter Molly.
…
-C'est un fameux trois mâts fait comme un oiseau, hisse-et-ho ! Santiano ! Dix-huit nœuds quatre cent tonneaux, je suis fier d'y être matelot ! Tiens bon la vague et tiens bon le vent...
Neville Londubat, visage rubicond de plaisir, accepta une autre choppe de rhum, qu'un de ses matelots enfonça dans sa main. Leur dixième prise se fêtait, après tout.
Suite à la première bataille contre un pirate, que Neville avait contre toute attente gagnée haut la main, les prises s'étaient enchaînées les unes après les autres. Olivier Dubois chantait de toute sa voix, tandis qu'un mousse maniait son accordéon au fil de la musique. Éclatant de rire, Neville s'arrêta soudain lorsqu'en nid-de-pie on hurla :
-Navire à tribord, venant sur nous, Capitaine !
-S'ils veulent se battre, qu'ils viennent, hein Capitaine, ricana Olivier en produisant sa rapière.
-Ils arborent l'Union Jack, précisa-t-on du nid-de-pie.
-Amis, donc, décida Neville.
-A moins que ce ne soient des pirates, qui tentent de nous amadouer, pour mieux nous piéger, prophétisa Olivier doigt levé.
-C'est la Rowena, Capitaine. Le navire des Lovegood !
Ils regardèrent la splendide Rowena, le schooner au bois bleu, approcher, et purent rapidement distinguer Xenophilius et Luna debout sur le pont, effectuer des signes de main amicaux.
-Excellent, s'enthousiasma Olivier. Des invités supplémentaires pour faire la fête !
Les matelots rugirent leur accord, et un quart d'heure plus tard, les marins des deux navires abordaient amicalement l'autre, se saluant, échangeant quelques objets de valeur et troquant leurs meilleures histoires de navigation. Neville sauta à bord de la Rowena, et alla saluer les Lovegood, un grand sourire fendant son visage.
D'abord, Xenophilius, le père. Il avait été très beau, même si son aura de folie douce partagé avec sa fille empêchait les femmes les plus récalcitrantes de l'approcher. À présent, sa beauté sur le déclin laissait place à une harmonie des vieux jours. Ses cheveux, encore blonds, encadraient en rideau un visage carré, aux yeux d'un bleu ciel, avec un nez légèrement bombé et des lèvres pleines. À ses côtés, sa fille Luna, l'amour secret de Neville.
C'était une ravissante demoiselle, pâle, avec de longs cheveux d'un blond sale tombant jusqu'à ses reins, et ayant hérité de son père les yeux et les lèvres, et de sa défunte mère un visage de poupée délicat. Elle était petite, fine, et très jolie, mais Neville savait que Luna ne s'intéresserait jamais à lui dans ce sens, malgré qu'ils soient d'excellents amis comme leurs parents l'avaient été avant eux. Parents dont seul Xenophilius Lovegood demeurait en vestige.
-Mr Lovegood, Luna, salua-t-il poliment en ôtant sa tricorne.
-Nous te saluons, jeune homme, répliqua le père.
-Bonjour, Neville, s'exclama Luna avec une joie innocente.
Ils se sourirent, et Neville rosit. Une quinte de toux peu sincère de la part de Xenophilius les ramena à la réalité.
-On dirait que c'est la fête, ici, déclara Xenophilius en promenant un regard tranquille sur la foule. Auriez-vous mis la main sur un nid de fées d'eau ?
-Je vous demande pardon ?
-Sales petites bêtes, n'est-ce pas ?
Neville cligna des yeux, et Luna sourit avant de se tourner vers son père.
-L'événement serait excitant, mais étant donné que Neville ne paraît pas comprendre ce de quoi nous parlons, je pense que la joie ambiante a une autre origine.
-En réalité, nous fêtons nos dix prises, murmura Neville en rougissant.
-Dix, s'exclama Luna avec admiration. C'est absolument superbe, Neville !
La Rowena avait bien plus de prises à son actif, mais il ne fallait pas oublier que jusqu'à une date récente, Neville fuyait devant chaque pirate rencontré.
-Merci, sourit-il simplement.
-Oh, est-ce Mr Dubois que je vois par là ? Nous nous verrons plus tard, Mr Londubat.
Xenophilius s'éloigna, et Neville, soudainement angoissé, se gratta la tête pour trouver quelque chose d'intelligent à dire à Luna afin qu'elle le complimente encore.
-Il, euh, il fait mer d'huile, finit-il par dire pour couper le silence qui s'étirait.
-En effet, acquiesça son amie d'enfance.
-Et, hum, il ne sert à rien de déferler les voiles.
-C'est juste. Tu sais, Neville, si tu tentes d'engager la conversation, il suffit de me demander si tu peux me faire visiter ton navire, par exemple, répondit-elle doucement avec un sourire tendre.
Neville rougit mais hocha vivement la tête, gêné.
-Alors, euh...cela te dirait de visiter la Rapière de Godric ?
-Mais avec grand plaisir, Neville. C'est très gentil de me proposer.
Bien que sa voix ne comporte pas une once de malice, Neville lui jeta un œil suspicieux. Il ne lut sur le joli visage de Luna que douceur et gentillesse, et se détendit. Luna avait sa manière bien à elle d'aider les autres sans chercher à en tirer parti.
Neville se rappela, pour la énième fois, pourquoi il était tombé amoureux de Luna Lovegood.
…
-Le Capitaine du navire, c'est un jeune homme de vingt ans, il a pris pour équipage trois jeunes filles de quinze ans. Ah mon cœur n'a pas d'amant, je passe mon temps gaillardement...
Draco se figea, et colla son oreille à la porte du carré, écoutant la voix mélodieuse et légèrement rauque qui s'élevait en une fameuse chanson.
-Il commande à la plus jeune de monter dans les haubans, quand la belle y fut montée elle se mit à pleurer tant. Ah mon cœur n'a pas d'amant, je passe mon temps gaillardement.
Elle chantait a capela, mais étonnamment, Draco sentit ses muscles se détendre, comme si la voix de sa captive lui caressait la peau. Elle semblait mélancolique, et Draco sut instinctivement que la mer lui manquait. Lui aussi deviendrait fou si on l'en privait.
La mer était un territoire si vaste, mais peuplé si peu, et les marins, qu'ils soient mousses, matelots ou Capitaines, qu'ils soient pirates, corsaires ou marchands, l'aimaient tous à la fois comme un amoureux exclusif et une mère, comme une sœur et un confident. Ils la protégeaient, la défendaient au prix de leur vie. La mer leur appartenait. Il comprenait cela.
N'en pouvant plus d'entendre la douce mélodie, il entra dans la dunette, et la voix s'éteignit aussitôt. Hermione se tenait dos à lui, debout face aux hublots, une main enserrant la tête de son lit. Elle se retourna vivement, et il perçut les traces de larmes sur ses joues. Cette vision la rendait si belle, ses yeux si éclatants, et sa misère était si glorieuse qu'il s'en délecta. Draco était avant tout un prédateur, et tout comme un requin qui hume le sang d'une proie, les larmes de la jeune femme éveillaient son instinct le plus primitif de chasseur. Esquissant un sourire délibérément narquois, il ferma doucement la porte derrière lui et s'y adossa, croisant les bras sur sa poitrine. Elle renifla, et essuya rageusement ses larmes sur sa manche. Rictus méprisant jouant sur ses lèvres, Draco s'approcha lentement, laissant chaque pas résonner comme une menace dans l'espace réduit, et elle se tourna pour lui tenir tête. Quelle sotte, franchement. Elle venait de livrer son âme meurtri sur un plateau d'or à son ravisseur, et elle croyait pouvoir l'affronter ?
Il s'arrêta devant elle, et se pencha légèrement en avant, laissant son amusement paraître sur ses traits.
-Alors, Granger, susurra-t-il. On pleure ?
Elle leva la main, comme pour le gifler, et il attendit un impact qui ne viendrait pas, il le savait. Effectivement, elle hésita, tressaillit, et laissa sa main retomber le long de son corps, baissant les yeux, vaincue. Il prit un instant pour se délecter de sa victoire, véritablement délicieuse, ôta de sa poche un mouchoir de soie émeraude à ses initiales, et essuya doucement les larmes inondant le visage de la jeune fille. Elle se laissa faire un moment, léthargique, alors qu'il masquait subtilement cette marque de dominance derrière une fausse couverture de gentillesse moqueuse, puis elle se redressa et le foudroya du regard, reculant d'un pas.
-Ne me touche pas, souffla-t-elle.
Il sourit et jeta le mouchoir sur le lit.
-Je te touche si j'en ai le désir, Granger. Tu es ma prisonnière, et je peux faire ce que je veux de toi.
-Par la force, peut-être, rétorqua-t-elle yeux écarquillés.
-Je suis un pirate, chérie. Si j'ai envie d'utiliser la force, je suis en mon bon droit.
-Je te déteste, murmura-t-elle d'une voix éraillée.
Il ricana froidement.
-Crois bien que le sentiment est réciproque, Granger. Je doute que tu saches à quel point je te hais.
Un éclair de curiosité traversa le regard de la jeune femme et elle pencha légèrement la tête de côté, incompréhensive.
-Pourquoi ? Tu connais mes motivations pour te détester, Malefoy. Mais toi, pourquoi me hais-tu donc ?
Il ferma les yeux un instant, avant de les rouvrir, la dévisageant avec moquerie.
-Parce que tu es pathétique, Granger, rétorqua-t-il en ignorant son frémissement surpris et choqué. Tu te crois si parfaite, si au-dessus de tout le monde. Tu as été incapable de défendre ton équipage, ceux-là même qui donnaient leurs vies pour toi...
A l'expression douloureuse dans laquelle se tordit violemment le visage de Hermione, il sut qu'il avait frappé juste pour parvenir à ses fins : la blesser, la briser.
-Parce que tu es si attachée à l'imbécile Potter. Parce que tu es assez stupide pour croire en l'amour, l'amitié et toutes ces niaiseries. Parce que ta naissance de bourgeoise t'a poussée à rechercher des dangers qui te dépassent. Parce que tu es une petite fille, une princesse en jupons qui joue à la rebelle, alors que tu es risible.
Les larmes se mirent à couler de nouveau tandis que sa lèvre tremblotait, et Draco tira une jouissance immense de l'effet qu'il lui faisait.
-Parce que tu es faible, Granger, c'est aussi simple que cela.
-Je ne suis pas faible, répliqua-t-elle d'une voix brisée.
-Ah, vraiment ? Tu peux essayer de te rassurer, c'est naturel. Tu as causé le déshonneur de ta famille, la mort de tes hommes et la perte de ton navire pour quoi, exactement ? Pour jouer aux corsaires et aux pirates. Tu as tout perdu, pour rien. Et tu es pathétique.
-Je ne suis pas pathétique, murmura-t-elle avec haine, yeux flamboyants. Je vaux infiniment mieux que toi et tous les pirates de ton espèce. J'ai fait du bien. J'ai coulé des pirates. J'ai servi mon pays et mon roi, alors que tu n'es qu'un traître à la Couronne...
-Qu'ai-je à faire de l'Angleterre ? Les Caraïbes sont à moi.
-Et tu finiras au bout d'une corde, ironisa-t-elle, avec un peu de chance, tu auras même vue sur mer.
-C'est cela, tigresse, souffla-t-il. Sors tes griffes. Mais n'oublie pas que je te suis supérieur : je suis un meilleur marin, un meilleur attaquant, et un meilleur défenseur que tu le seras jamais, Granger.
-Le jour où je serai à nouveau à la tête d'un navire, je te détruirai moi-même, Malefoy, jura-t-elle soudain.
Il eut un ricanement de plaisir, et répondit presque aimablement,
-Je n'attends qu'à voir, chérie.
Avant de ressortir en claquant la porte. S'adossant derrière, il se délecta du bruit de ses sanglots déchirants jusqu'à ce que tout ne fut plus que silence. Comme il la détestait, et comme sa peine était bonne à savourer ! C'était plus réconfortant de se concentrer sur sa haine que sur son désir pour elle, sentiments démesurés l'un comme l'autre. Par ailleurs, afin de compenser ce dernier sentiment, il savait qu'ils arrimeraient à la Tortuga le surlendemain : il avait plusieurs maîtresses dans ce port.
…
Alors? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre? Du Dramione? De la scène entre les Weasley? De nos charmants Neville et Luna? Que croyez-vous qu'il va se passer à présent?
Bisous et à bientôt sur mes autres fics.
DIL.
