Et voilà le chapitre 2 !
Merci beaucoup pour l'accueil et le soutient qu'à recueilli le premier chapitre, vos reviews m'ont vraiment fait très très plaisir :3

Réponse aux review anonymes :

elfedemoniaque : Voilà la suite ! Merci :)

eith : Merci beaucoup, j'espère que tu ne seras pas déçu(e) par la suite ^^

Delena4ever : C'est mon côté sadique :3 Merci !


« - Qui êtes vous ?
-
Quelqu'un dont tu dois te souvenir»


- … Sérieusement c'était quoi ça, une réplique de film à l'eau de rose ?

- À l'eau de rose ? Un film n'a pas d'arôme, comment peut-t'il être à l'eau de rose ?

John fixa son écran pendant une seconde, puis éclata de rire. Ce genre de phrases lui avaient tellement manquées.

Manquées ? Il avait donc connu quelqu'un qui ressemblait à cet inconnu ? Possible.

- Laissez tomber. John est un prénom très commun, vous aviez quasiment une chance sur 5 de tomber sur un John en faisant un numéro inconnu. Maintenant que la petite blague a été faite je retourne me coucher.

- Idiot, à Londres, une chance sur 47.


L'ancien médecin ignora le dernier message et remonta dans sa chambre. L'alcool faisait souvent faire des choses étranges aux gens et ce type ( ou cette femme d'ailleurs ) ne se souviendrait probablement de rien demain.

John.. John chéri réveille toi c'est l'heure

La voix féminine tira John des bras de Morphée. L'ancien militaire lui tourna le dos et serra son coussin un peu plus contre lui, il était trop tôt pour se lever. La femme rit de sa réaction et le secoua légèrement

Allons ne fais pas l'enfant, tu vas être en retard au travail Johnny...

Après être sorti du lit, s'être douché, rasé et habillé, John rejoignit Mary dans la cuisine. Ils déjeunaient dans le silence comme à leur habitude quand la jeune femme prit la parole.

- Tu n'as pas oublié que je pars ce soir passer le week-end chez Maman et Papa ?

- Bien sûr que non chérie, tu les embrassera de ma part.

Bien sûr qu'il avait oublié, John n'aimait pas ses beaux-parents. Henry et Elisabeth étaient le stéréotype du couple de l'ancienne génération. Ils s'étaient rencontrés à 16 ans, mariés à 17. Le mari était parti à la guerre, la femme était restée à la maison pour élever les enfants. Puis, le fils aîné partit à l'étranger pour ses études, et Mary quitta la maison pour se rapprocher de la ville. Alors ils se retrouvèrent seuls tout les deux, découvrant que les années avaient fait d'eux plus des colocataires, qu'un mari et sa femme.
Et maintenant ils en étaient là, dans cette grande maison, à faire semblant que tout allait pour le mieux, qu'ils avaient choisis cette vie et que cela leur convenait parfaitement. Mentant à leur conjoint en disant « je t'aime », tous les soirs avant d'aller dormir, et se mentant à eux-mêmes en étant persuadés d'être sincères. Ce couple donnait la chair de poule au médecin. Le pire étant sûrement qu'ils espéraient la même vie pour leur fille.

John regarda sa petite amie faire sa valise proprement. Ce serait la première fois depuis leur emménagement qu'il se retrouverait seul chez eux. Une fois la valise terminée, il la descendit devant la porte, embrassa doucement Mary, et lui fit un signe de la main quand celle-ci s'éloigna au coin de la rue à bord d'un taxi.

Finissant de se préparer, l'ancien soldat pris le chemin de l'hôpital.


Sur le chemin du retour, John pris son temps. Personne ne l'attendait à la maison. Et puis l'air était frais, le ciel dégagé et les gens semblaient toujours de meilleure humeur les samedis soirs.
C'était peut-être toutes ces raisons à la fois qui firent que John s'arrêta devant cette bijouterie. Les bagues de fiançailles attirèrent son regard.

Après tout, ne serait il pas temps pour lui de poser LA question ? Il vivait avec Mary depuis plusieurs années déjà, elle lui avait fait part de son désir de vie avec mariage et enfants, et il semblait évident que c'est ce qui les attendait. C'était tout ce que John souhaitait pour tourner la page de sa vie de soldat, oublier la balle perdue dont il avait été victime ici, à Londres, et mettre définitivement de côté sa vie passée.
Alors pourquoi l'idée de concrétiser cela l'empêchait elle de respirer ?
Non. Mary était la femme de sa vie. Elle l'avait toujours été. Il avait appris à la connaître et s'était attaché à elle avec le temps. C'était elle qui l'avait accueilli à sa sortie de l'hôpital. C'est grâce à elle que John était sorti de cette solitude qui l'étouffait. Et il était heureux avec elle. Il lui devait au moins ça.
Oui, il était temps pour John de demander Mary en mariage.

Fort de cette conviction, il reprit son chemin vers leur appartement. Mais le détour qu'il avait pris pour profiter de la soirée le fit passer devant un restaurant qui lui semblait familier, « Chez Angelo ». John étant un terrible cuisinier, il se dit que dîner dehors n'était pas une si mauvaise idée en définitive.
En poussant la porte, l'ancien soldat découvrit un endroit chaleureux et accueillant. Chaleureux, accueillant, et au combien familier. Cette sensation de déjà vu à chaque coin de rue de la capitale commençait à le rendre dingue. John proposerai à Mary d'emménager à la campagne après leur mariage. Une serveuse le tira de ses pensées :

« Bonjour, bienvenue Chez Angelo, un petit bout d'Italie en pleine Angleterre ! Ce soir exceptionnellement Angelo ne sera pas là, c'est donc moi qui m'occuperai de vous pour la soirée ! Cette table près de la fenêtre vous convient elle ? »

Le médecin hocha la tête. Ce discours lui semblait cliché et surjoué mais cela l'amusa plus qu'autre chose. Après avoir commandé ses lasagnes, John fixa la chaise en face de lui. Il était déjà venu ici accompagné, il en était sûr. Restait à savoir par qui.

Son téléphone vibra dans sa poche.

« Cesse de regarder cette chaise comme si ça pouvait me faire apparaître ! »

L'ancien militaire regarda autour de lui, dans le restaurant, les clients, les serveurs Dans la rue, les passants, les chauffeurs de taxi, impossible de déterminer qui avait pu envoyer ce message avec certitude, trop de personnes utilisaient leur téléphone en même temps.

« Qui êtes-vous ? »

« Arrête de regarder autour de toi comme un imbécile, tu ne me trouveras pas. »

Quel genre de personne pouvait adopter un ton aussi méprisant même par écrit ?

« Ça ne répond pas à la question. »

«J'ai déjà répondu à cette question : Quelqu'un dont tu dois te souvenir. »

« Oh, je vois, le romantique de l'autre soir. Vous me suivez maintenant ? »

« C'est tout ? Quand la plupart des gens auraient pris peur, toi tu constates seulement que tu es suivi par quelqu'un que tu as oublié ? »

« Oh et arrête avec le vouvoiement »

Son '' interlocuteur '' n'avait pas démentit pour « le romantique », John avait donc à faire à un homme. Un homme qui contre toute attente avait raison. Là où John aurait dû ressentir une certaine peur à l'idée qu'un inconnu ( apparemment pas tant que ça ) soit en train de l'observer, il ne ressentait qu'un picotement familier dans le bout des doigts. Une sorte.. d'adrénaline, familière mais longtemps endormie. Datant de son époque en tant que soldat. Une sensation ô combien agréable.
John décida de jouer le jeu.

« C'est toi qui m'a dis qu'on se connaissait, je n'ai donc aucune raison de me méfier pas vrai ? »

« J'ai dis qu'on se connaissait, pas qu'on était.. amis. »

« Tu ne serais pas en train de m'observer amoureusement tel Roméo épiant Juliette si nous n'étions pas ami. »

Sachant qu'il était là, quelque part, à l'observer, John pris la pose, imitant les acteurs de tragédies grecques.

« Ceci était tout à fait ridicule »

Le médecin eut un éclat de rire à la lecture du dernier message, s'attirant les regard des clients autour de lui. Il n'aurait pas dû rire, il aurait dû être plus prudent, ne pas faire confiance aussi facilement, il avait fait la guerre, il le savait mieux que quiconque. Pourtant cet inconnu, apportait à John une nouveauté, une excitation dont il n'avait pas conscience qu'elle lui manquait.

Décidant de ne pas répondre et de rentrer chez lui avant de passer définitivement pour un fou aux yeux des autres clients, l'ancien soldat sortit du restaurant.


John rentra juste à temps dans son appartement pour décrocher le téléphone.

- Allo ?
- Johnny ? C'est moi, Mary.

Bien sûr que c'était elle, personne à part Mary ne l'appelait Johnny

- Ah, euh, le voyage s'est bien passé ? Comment vont tes parents ?

- Justement, je t'appelais à ce sujet, Maman doit faire quelques examens de santé, je pense rester la semaine là-bas, tu pourras te débrouiller tout seul ?

- Bien sûr, ne t'en fais pas pour moi, reste près d'elle.

- Tu es un amour Johnny, à la semaine prochaine, j'essaierai de t'appeler, je t'aime.

- D'accord, moi aussi, embrasse tes parents pour moi.

Après avoir raccroché, John resta pensif. Depuis quand étaient ils devenus si expéditifs ? Il ne se rendait compte qu'aujourd'hui, après avoir échangé seulement quelques textos avec un inconnu, d'à quel point il manquait de réel contacts humains depuis quelques années. Pourtant il était médecin, voyait des patients tous les jours, discutait avec ses collègues et vivait avec une femme adorable. Mais cette personne à qui il avait parlé deux fois, et très brièvement, éveillait sa curiosité.

Retirant son manteau, il le jeta sur le fauteuil, s'assit sur le canapé et saisit son téléphone.

« Alors, à quel point est-ce qu'il est important que je me souvienne de toi ? »


Voilà pour le chapitre 2 ! Review ? :3

Peanut.