Bonjour, bonsoir ! Après une attente relativement longue ( j'ai le sens de l'euphémisme ) voici le chapitre 4 de " Quelqu'un dont tu dois te souvenir " !

Réponse aux reviews anonymes :

A : Mon sadisme n'a aucune limite :3 Merci pour ta review !

Siana : Ahah, contente si ça tu as aimé ^^ Merci pour ta review

Delena4ever : Oh non n'arrête jamais tes reviews ( s'il te plaît ( t'as vu moi aussi je mets des parenthèses ( parenthèse dans la parenthèse dans la parenthèse, Bim. ))) ! Le fait qu'on pense que c'était Sherlock qui suivait John c'était volontaire, j'aime bien les feintes ^^ Merci pour ta review !

Voilà, en espérant que ce chapitre vous plaise, bonne lecture ;)


Les yeux de l'homme s'humidifièrent juste un peu plus quand John prononça son nom :

- Sherlock..


C'était insensé. John avait la tête qui tournait, il voyait les deux hommes en face de lui, voyait les lèvres bouger, sentait l'air crépiter entre eux, la tension palpable, mais était incapable de suivre ce duel de géants.

Sherlock sortit un revolver de sa poche et le pointa sur le criminel consultant.

Tout allait trop vite dans sa tête, les pensées se bousculaient, disparaissaient, puis revenaient en force pour essayer de se faire entendre. Il n'arrivait pas à relier son ancienne vie à ces deux dernières années. Depuis son retour d'Afghanistan, Sherlock avait été omniprésent dans sa vie. Il avait débarqué et avait tout emporté sur son passage, emplissant chaque recoin de la vie de John de son intelligence, sa lumière, son excentricité. La possibilité d'une vie sans Sherlock n'avait pu être ne serait-ce qu'envisagée pendant tout ce temps.

Moriarty souriait lorsque les points rouges se mirent à danser sur la poitrine du détective.

Mais maintenant ? Son amnésie l'avait forcé ( lui avait permis ? ) d'entrevoir la vie qu'il aurait dû avoir. Avec Mary. Penser à la jeune femme lui fit mal. Elle n'avait certes pas la lumière éblouissante de Sherlock, mais elle était rassurante. Elle avait été près de lui pendant tout ce temps, à penser ses plaies, à l'aider à se relever, il ne pouvait pas juste faire une croix là-dessus, prétendre qu'il ne s'était rien passé. Il n'arrivait toujours pas à regarder la forme immobile à la surface de l'eau. C'était trop, trop d'un seul coup. Tout ce qu'il considérait comme étant sa réalité venait de voler en éclat et sa seule source de stabilité c'était Mary. Mary qui n'était plus là.

John sentit du sang couler le long de ses mains. Ce n'est qu'à ce moment là qu'il se rendit compte qu'il tirait sur ses liens avec beaucoup trop de force depuis que Sherlock était en ligne de mire des snipers.

De l'autre côté du bassin, James Moriarty se mit en mouvement. Il leva un bras, très lentement. John vit Sherlock serrer plus fort l'arme entre ses mains. Le criminel consultant poursuivait son mouvement, imperturbable. Il plia légèrement le coude, et claqua des doigts.

Se mêlant à l'écho sinistre de ce bruit, la bombe aux pieds de John se mit à biper.

Le détective posa immédiatement ses yeux sur lui, attrapant son regard. John ne se souvenait pas avoir jamais vu autant de panique dans ces yeux clairs.

« - Sherlock, Sherlock, Sherlock... C'est beaucoup trop facile.. Peu importe le nombre de fois où je t'attaquerai sur ce terrain, tu réagira toujours aussi.. sentimentalement ! Il suffit que je m'en prenne à ton animal de compagnie et tu deviens doux comme un agneau.. C'est tellement.. normal.. »

Le ton placide et franchement ennuyé aurait pu insulter John. Aurait pu. Si Sherlock n'avait pas eu son regard ancré tout au fond du sien et qui suppliait « Ne l'écoute pas, je t'en prie ne l'écoute pas.. »

« - Je me demande comment tu réagirais si je le tuais, là, maintenant. Tu serais aux premières loges.. »

Si il n'avait pas été aussi concentré sur lui, John n'aurait jamais remarqué les jointures blanches du détective autour de l'arme.

« - Tu te souviens de ton état après son.. petit oubli ? Pitoyable. Et pourtant tu le savais vivant, là quelque part dans la même ville que toi. Sans maître mais avec une petite chienne à ses côtés pour vivre leur petite vie tranquille. »

Le regard qu'il jeta à la silhouette sans vie de Mary donna à l'ancien militaire l'irrépressible envie de lui loger une balle pile entre les deux yeux.

« - Mais imagine maintenant, John, ton cher John, ne plus exister. Nulle part. Tu pourrais le chercher aussi fort, et aussi longtemps que tu veux, tu ne pourrais jamais le retrouver, jamais le faire revenir. Oh bien sûr tu saurais exactement où il est : dans une boîte. Sous terre. Son corps en décomposition bouffé par les vers. Tes connaissances te permettraient même de savoir à quel degré précis de décomposition il se trouve, jour après jour... »

Moriaty se rapprocha de la maigre silhouette de Sherlock. Il avait la tête baissée et la masse de cheveux noirs empêchait John de voir son visage. Il avait l'air si fragile à cet instant. Quand Moriarty ne fut plus qu'à quelques centimètres du détective, John se débattit plus fort contre ses liens. Il ne devait en aucune façon, laisser Sherlock être blessé.

L'ancien militaire stoppa tout mouvement quand Jim Moriarty passa sa main presque tendrement dans les boucles sombres.

« - Ce serait dommage, tu perdrais tout ton charme en étant si sentimental, si.. humain. »

Puis il se retourna et claqua des doigts une deuxième fois.

« Reste sur tes gardes Sherlock, tu entendras parler de moi »

Et ce fut fini. La bombe cessa de biper, les lumières rouges s'éteignirent sur la poitrine du détective et les hommes de main de Moriarty s'en allèrent en même temps que leur patron.

En y repensant, il était surpris que Moriarty aie utilisé le mot '' sentimental '' pour qualifier Sherlock. Et pourtant, il l'avait été. Même si il avait l'air normal ( si tant est qu'il ai été normal un jour ), du moment où il était entré dans la piscine, au moment où ils en étaient sortis, John avait senti le détective fébrile, d'une sensibilité à fleur de peau. Il pouvait presque voir chacune des émotions qui avait effleuré le détective lui faire l'effet d'une agression.

Sherlock maintint sa position de longues minutes après le départ de Moriarty. Il se tenait là, près du bassin, son grand corps maigre courbé, la tête baissée sur sa poitrine, l'arme toujours fermement serrée entre ses doigts. Il tremblait. John ne s'était jamais senti aussi impuissant. Il avait beau tirer sur ses liens, impossible de se libérer et il ne pouvait pas demander de l'aide à Sherlock, il avait l'impression qu'un seul mot prononcé un peu trop fort aurait pu briser le détective ou au contraire, faire réapparaître sa carapace en acier, son masque. John ne savait pas quelle solution était la pire.

Mais il ne pouvait pas le laisser dans cet état. Au moment où il ouvrit la bouche pour parler, la porte d'entrée s'ouvrit avec fracas.

Une dizaine de policiers suréquipés entrèrent, se mettant immédiatement à inspecter chaque recoin. John pouvait entendre d'autres agents à l'étage au dessus de lui, là où s'étaient tenus les hommes de Moriarty quelques instant auparavant. Combien de temps auparavant ? Aucune idée, ça aurait pu faire 3 minutes comme 2 heures, impossible de faire la différence.

Quand des '' RAS '' se mirent à être criés un peu partout dans le bâtiment, l'agent Donovan et le détective/inspecteur Lestrade passèrent à leur tour les portes d'entrée. Ce dernier se précipita immédiatement sur John pour le défaire de ses liens et s'enquérir de son état.

« - Tout va bien Greg, merci »

L'officier du Yard le regarda avec toute la surprise du monde dans les yeux. D'un léger hochement de tête il confirma que oui, il se souvenait bien de tout.

« -Bon retour parmi nous John »

Alors qu'on le menait vers la sortie, John chercha à localiser Sherlock, en vain. Celui-ci avait disparu.


La clarté du jour éblouit John un instant. Avaient t'ils réellement passé la nuit à l'intérieur ? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir d'avantage qu'une silhouette se jeta littéralement sur lui, le serrant à l'en étouffer et le couvrant de baisers partout sur le visage.

« - Oh Johnny, mon Johnny, j'ai eu si peur pour toi. Tu vas bien ? Tu es blessé ? On va rentrer à la maison, je vais m'occuper de toi. »

La choc paralysa John instant. La seconde d'après il repoussait durement la femme accrochée à lui, la maintenant en face de lui.

« - Je.. Comment... Ce n'est... Mais alors.. Qui.. »

Il avait beau étudier le visage sous toutes les coutures, se mordre la langue à s'en faire saigner pour tenter de se réveiller, la conclusion restait toujours la même.

Mary se tenait bel et bien en face de lui, plus vivante que jamais.

« - Johnny, si tu savais comme j'étais inquiète, j'étais chez Maman et Papa quand ce monsieur a appelé et.. »

John ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase et posa ses lèvres sur les siennes. Le baiser n'était pas doux et chaste comme ceux qu'ils avaient l'habitude d'échanger. L'ancien militaire déversait dans ce baiser toute la peur, la confusion, la douleur qu'il avait ressentie cette nuit, dans cet enfer. Il ne lui laissait aucun répit, envahissant la bouche de la jeune femme avec sa langue, leur dents s'entrechoquant, une main à l'arrière de sa tête pour la maintenir contre lui.

Mary repoussa John, réarrangea son pull, s'essuya discrètement les lèvres et pris John par le bras de façon plus correcte.

Le médecin eu du mal à réprimer son avis de repousser la jeune femme et se mettre à hurler.


Après avoir passé le reste de la journée au poste à alterner siestes sur des chaises inconfortables et rapport détaillé de événements, puis promis à Lestrade de revenir dans la semaine, John et Mary étaient rentrés chez eux. La petite amie de l'ancien militaire n'avait cessé de dire à quel point elle avait eu peur, qu'il avait été très courageux et qu'elle allait s'occuper de lui.

Pendant qu'elle préparait le repas, John était parti se doucher, restant un long moment assis dans sur le carrelage, l'eau éteinte, à tenter d'effacer de sa mémoire deux iris translucides.
Il n'avait pas besoin qu'on s'occupe de lui, il avait besoin de réponses.

Ayant au préalable enfilé un pantalon de sport et un vieux tee-shirt de l'armée, il rejoignit Mary à la cuisine pour dîner puis ils remontèrent tous les deux se coucher. Après que la jeune femme se soit endormie, John s'extirpa du lit et descendit dans le salon.

Assis sur son fauteuil, son téléphone portable entre les mains, John tentait d'assembler les morceaux. Maintenant qu'il se souvenait de tout, il apparaissait évident que l'inconnu dans son téléphone était Sherlock. De son manque de patience à Angelo, en passant par le système solaire, chaque message anonyme portait sa signature.

Et John ne comprenait pas comment ils en étaient arrivés là. Tellement de questions restaient sans réponse. Pourquoi Sherlock n'avait jamais tenté de le contacter ? Pourquoi l'avait il fait maintenant ? Que c'était il passé durant ces années ?

Et surtout, la plus importante de toute : Comment allait Sherlock ?

John écrivit un message et l'envoya immédiatement après avant de pouvoir changer d'avis.

« Il faut qu'on parle. »


Eeeet voilà pour le chapitre 4 !
Bravo à celles qui avaient deviné la non-mort de Mary ^^

Review ?

Peanut.