Chapitre 5 !
Réponse aux reviews anonymes :
Delena4ever : Je les aimes très fort moi tes reviews pas du tout modestes. Des retrouvailles tu disais.. ?
« Il faut qu'on parle »
00h15
John, allongé sur son canapé, fixait le plafond. Après la nuit qu'ils avaient passé c'était normal que Sherlock ne réponde pas instantanément, il devait sûrement avoir des tonnes de choses à faire.
00h30
Non ce n'était pas normal, Sherlock-j-aurais-le-dernier-mot-quoi-qu-il-arrive -Holmes ne mettait jamais autant de temps à répondre. Surtout quand le message venait de John.
« Sherlock, je sais que c'est toi, répond moi »
01h00
Il se comportait exactement comme cette nuit là. Après leur premier ( et unique ) baiser. John se força à empêcher les souvenirs de le submerger et usa de toute l'auto-persuasion dont il disposait pour se convaincre que non, cette accélération de son muscle cardiaque n'était en rien due à ce souvenir, mais plutôt à ce qu'il s'était passé après. C'était la dernière fois qu'il avait vu Sherlock.
« SHERLOCK ! »
01h30
Le médecin avait mal aux pieds à force de faire des aller retour sur le parquet et il savait qu'il aurait déjà du être en train de dormir, il travaillait demain. Mais il ne pouvait pas. Pas avant d'avoir eu, si ce n'est des réponses, au moins des nouvelles du détective.
« Je t'en prie dis moi au moins que tu vas bien »
02h00
Bien. Très bien. Après sa cinquième tasse de thé, John se dit que son ancien colocataire n'avait peut-être juste pas envie de parler. Il s'était sûrement enfermé dans son palais mental et s'était perdu dans sa propriété, ou avait oublié la clé pour sortir, ou il était en train de faire le ménage, ou de refaire la décoration.. Toutes ces possibilités étaient plausibles, très plausibles même.. Il n'avait donc aucune raison de s'inquiéter..
« Tu n'es pas obligé de répondre par message tu sais. Je répète la question, est-ce que tu vas bien ? Tire dans la rue une fois pour oui, deux fois pour non. J'expliquerai moi-même la raison de ces coups de feu à la police si tu veux. Je suis sûr que Lestrade sera compréhensif. »
02h30
« Vas-y , tu peux tirer maintenant. Essaie juste de ne blesser personne. »
« Surtout pas toi, ne te blesse pas toi. »
03h00
Sherlock n'avait toujours pas répondu quand Mary descendit dans le salon, vêtue de sa robe de chambre, les cheveux ébouriffés et les yeux encore à moitié fermés.
- Chéri ? Qu'est ce que tu fais encore debout ?
- Rien ne t'en fais pas, je viens me coucher dans un instant.
Quelque chose dans la voix de son compagnon interpella la jeune femme. A présent tout à fait réveillée elle vint s'asseoir à côté du médecin.
- Tu repenses à ce qu'il s'est passé ?
- Oui.
Ce n'était pas tout à fait un mensonge. Il repensait à Sherlock, à son regard sur lui, à sa fragilité, sa vulnérabilité cette nuit là ( était-ce réellement seulement la nuit dernière ? ). À sa disparition soudaine. À son absence de réponse. Mais il n'avait pas eu une seule pensée pour Moriarty et ses idées tordues. Pas maintenant. Plus tard, quand il serait sûr que Sherlock allait bien, quand il aurait eu des réponses, là seulement il s'inquiéterait de Moriarty
- N'y penses plus mon chéri, tu es en sécurité maintenant, tout va revenir à la normale et on va reprendre notre vie comme avant d'accord ? Tout va aller pour le mieux mon Johnny. Maintenant viens au lit, tu travailles demain.
- Oui, remonte te coucher, j'arrive dans une minute.
Comment pourrait t-elle savoir ? Il n'avait rien dit sur le retour de sa mémoire et la jeune femme était à peine au courant de ce qu'il s'était passé dans la piscine. Elle ne savait rien de la tempête qui venait de s'abattre sur John. Elle ne savait rien de Sherlock. Mais il n'avait pas non plus envie de lui en parler. Faire le lien entre son ancienne vie et sa nouvelle le mettrait obligatoirement au pied du mur. Ce serait admettre que ces deux vies ne peuvent pas cohabiter, et donc, admettre qu'il allait falloir faire un choix, prendre des décisions.
Non, les choses n'allaient sûrement pas être pour le mieux.
En retard. John était assurément et définitivement en retard. Ses deux dernières nuits n'ayant pas été de tout repos, il s'était rendormi et à son réveil, il n'avait plus que 10 minutes pour se préparer et être à l'heure à l'hôpital.
L'ancien militaire sauta dans des vêtements propres ( pas le temps pour une douche ), fit un crochet par la cuisine, attrapa au vol un toast sur lequel il étala de la gelée d'orange, saisi sa mallette et se rua à l'extérieur en criant un « à ce soir » à Mary.
À 8h58 il passait les portes de l'hôpital et à 9h tapantes il ouvrait à la volée la porte de sa salle de consultation, faisant sursauter la vieille dame attendant à l'interieur.
Il voyait les patients défiler, diagnostiquait encore et encore les mêmes maladies ( « Oh c'est pas bien méchant, juste une petite angine », « C'est un gros rhume que nous avons là, mais aller, dans une semaine vous serez sur pieds » ), se forçant à rester aimable et souriant. Pourtant, plus la journée avançait, plus John commençait à sentir la fatigue accumulée l'écraser. En ajoutant le fait que, malgré les coups d'oeil réguliers qu'il jetait à son téléphone, Sherlock ne répondait toujours pas, la journée commençait à être vraiment, vraiment longue.
5 minutes. 5 petites minutes à tenir et il pourrait rentrer chez lui, se mettre en pyjama, enfiler un gros pull, se faire un thé, puis aller se coucher pour rattraper le siècle de sommeil en retard qu'il avait accumulé.
Alors qu'il rangeait ses affaires et enfilait sa veste, son téléphone, désespérément silencieux depuis le début de la journée, bipa.
« Labo, tout de suite. »
Sherlock.
Il avait attendu sa réponse pendant des heures mais maintenant que la possibilité de le voir était toute proche, John avait peur. Car si lui avait changé, pourquoi Sherlock serait resté le même ?
« Pourrait être dangereux. »
Il avait à peine passé la porte que la silhouette amaigrie de son ancien colocataire accrocha son regard. Il était appuyé contre le mur en face dans une attitude faussement nonchalante et ne quittait pas John des yeux. Sherlock prit la parole en premier.
- Tu as des cernes, tu n'aurais pas du passer autant de temps à m'envoyer des messages hier soir. Après les récents événements n'importe quel humain normal dirait que ton organisme a besoin de repos.
- Tu as aussi besoin de repos.
- Je ne suis pas normal, je n'ai pas besoin des mêmes choses que vous.
- De quoi as-tu besoin alors ?
Le détective ne répondit pas. Au lieu de quoi il traversa la pièce pour venir se placer en face de John. Le médecin, gêné par cette proximité nouvelle s'éclaircit la voix et se concentra pour réengager la discussion.
- Je t'ai cherché en sortant de la piscine, tu avais disparu.
- Je suis parti, je n'ai pas disparu.
- Où ?
- Maison.
Tous deux attendaient que John demande qu'est ce que c'était que '' maison '' exactement. Mais s'il le faisait et que la réponse était 221B Baker Street, John n'avait aucune idée de la façon dont il allait réagir. C'était la première fois qu'il entendait Sherlock parler d'un lieu de façon aussi intime et, dans l'immédiat, il ne voulait pas savoir ce que ça voulait dire.
- Tu as maigris
- Et alors ?
- Il faut que tu manges plus, tu vas finir par tomber malade.
- Ennuyeux.
Sherlock fit encore un pas en avant, réduisant la distance entre les deux hommes à quelque chose d'à peine politiquement correct.
- Tu sens '' elle ''
- Qui elle ?
- La femelle ennuyeuse avec laquelle tu entretiens des relations sexuelles régulières.
- Sherlock !
- Je n'aime pas ce parfum.
- Ce ne sont pas tes affaires.
- Tu ne sentais pas ça avant. Avant tu sentais la laine, le thé, la poussière, la cannelle et ton shampoing. Tu ne sentais pas elle.
- Je vis avec elle Sherlock.
- Quand tu vivais avec moi tu ne sentais pas l'antiseptique et le patchouli.
John essaya de se dégager, la proximité du détective le mettant vraiment mal à l'aise. Mais au lieu de le laisser partir, celui-ci mis ses bras de part et d'autre de la tête du médecin, et se rapprocha encore, créant un étau autour de lui.
- Tu sentais la laine, le thé, la poussière, la cannelle et ton shampoing. Et c'était mon odeur mélangée à la tienne, pas le parfum bon marché d'une stupide nourrice.
- Sherlock, laisse moi partir.
- Quand tu m'as embrassé ce n'était pas ton odeur sur mes vêtements ou mon odeur sur ton pull, c'était un mélange parfait des deux.
- Stop, ça suffit, éloigne toi !
- Refais le John.
Le détective essaya, sans succès, d'accrocher le regard de l'ancien soldat. Celui, les joues rouges, posait son regard à tous les endroits possibles qui ne nécessitaient pas de poser les yeux sur l'homme collé contre lui. Malgré tout, il sentit sa résistance faiblir quand Sherlock caressa doucement sa joue avec le bout de son nez.
- Refais le John.
- … Refaire quoi ?
Sherlock releva la tête et planta ses iris glacés dans ceux de John.
- Embrasse-moi.
Et voilà !
Oui je sais, un chapitre plus romantique que les autres mais je sais pas, j'avais envie :p
Petite déception car moins de review, sur le chapitre 4 que sur les autres, j'espère que l'histoire continue quand même à vous plaire.. :/
Reviews ?
Peanut.
