Jingle : Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "poudre" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Disclaimer : Jonathan Stroud est l'auteur de ce fabuleux livre Lockwood et Co (T.1). Je lui emprunte ses personnages pour un temps.
La Voie close
2. Pétards mouillés
Lucy garda le silence, contrairement à George.
« Je n'aime définitivement pas ça. Il est absolument hors de question que j'entre là-dedans. Et puis « la voie est close », ça veut dire ce que ça veut dire : il n'y a pas d'issue par là.
- Ca fait peut-être simplement référence au fait que la porte soit verrouillée.
- Ce message a été écrit par des Visiteurs, ou par quelqu'un à partir d'ectoplasme de Visiteurs. Dans un cas comme dans l'autre, c'est tout sauf une bonne idée.
- Calme-toi George, intervint pour la première fois Lucy. On ne va pas passer par là. Sortez vos chaînes, on va essayer de faire une sorte de corde avec et de la lancer. La machine de tout à l'heure ne doit pas être bien loin, on devrait avoir assez de longueur pour l'atteindre et réussir à bloquer la chaîne.
- Faut-il encore avoir la force de lancer si loin une corde de chaînes en argent, opposa George en sortant néanmoins son matériel. J'ai 1 mètre 50 à mettre à disposition.
- Ca ne coûte rien d'essayer. J'ai la même chaîne avec moi. Avec celle de Lockwood on devrait être bons.
- Le souci c'est que je n'ai pas pris de chaîne, révéla alors leur associé.
- Quoi ?, s'estomaqua l'adolescente. Mais comment peux-tu encore négliger de prendre du matériel si important après le fiasco de la maison des Hope ?
- Vous en aviez déjà prises, je ne pensais pas avoir besoin d'en prendre aussi dans l'immédiat. Et nous avions encore la possibilité de rejoindre l'aire de sécurité et le stock qu'on a embarqué. C'est sûrement à cause du poids de vos chaînes que vous avez traversé le plancher.
- Ne détourne pas la faute sur nous !, s'indigna George.
- Pas la peine de se disputer, coupa Lucy en se massant le front. On a à peine trois mètres de chaînes, ça ne va pas suffire. Peut-être que si on rajoute nos écharpes et …
- Attention, Lucy ! »
Lockwood se jeta sur Lucy juste à temps pour la dévier de la trajectoire du Visiteur. A discuter, ils en avaient oublié de créer un périmètre de sécurité et de penser aux fantômes. Sans le talent de la Vue de Lockwood, Lucy y serait passée. Cette dernière tira d'ailleurs sa rapière de son fourreau pour se défendre contre le Spectre. Lockwood voulu l'imiter mais grimaça de douleur à cause de son poignet cassé et dû prendre la lame de la main gauche.
« C'est le Spectre de l'ouvrier, s'exclama George en s'armant d'une fusée au magnésium. Et vu le froid qu'il fait ici, la source ne doit pas être bien loin.
- Elle est ici, je viens de marcher sur un os, annonça Lockwood, ce qui arracha une lamentation au Type Deux. Retenez-le pendant que je pose le scellé. »
Lucy chargea mais le Spectre recula, comme s'il ne voulait pas attaquer. Lucy pouvait d'ailleurs l'affirmer, le Visiteur ne leur était pas hostile du tout, elle le Sentait. Il avait dû manquer de la traverser en voulant protéger sa source. Si Lockwood avait marché dessus, elle ne devait pas en avoir été bien loin elle non plus.
« Lucy, qu'est-ce que tu fais ?, cria George. Eloigne-toi de lui ! »
Elle s'exécuta et George lança son feu grégeois, qui ne s'enflamma pas.
« Mais qu'est-ce que … ?
- George ! »
Lucy fendit le Spectre avec sa rapière. Il se dissipa à peine. L'attaque de George l'avait rendu fou de rage et ses pensées pacifistes lui étaient vite passées. Lucy tenta à son tour de lancer une fusée au magnésium, mais se rendit compte en s'en saisissant qu'elle était complètement trempée.
« La poudre ! Les fusées sont foutues ! Lockwood, qu'est-ce qui te prends autant de temps ?
- Je ne trouve pas tous les morceaux, il y en a partout ! »
Lockwood était en quatre pattes dans l'eau, fouillant le dépôt de vase boueuse à la recherche de l'ensemble du squelette qui s'était disloqué à tout va. Source non maîtrisable dans l'immédiat, fusées hors service, zéro solution de retrait : ils étaient grave dans le pétrin. Lucy déploya sa chaîne comme elle put, tentant d'installer un bouclier, mais avec toute la pagaille, ce n'était pas très efficace. George se défendait comme il le pouvait avec sa rapière, mais le Spectre était puissant. La situation semblait désespérée. S'ils restaient là, ils y passaient. Ils n'avaient plus le choix.
« Lockwood !, appela-t-elle. On prend la porte, défonce-là.
- Quoi ?, s'exclama George avant de passer à une phalange du contact mortel du fantôme.
- Ce sera plus simple d'installer une chaîne pour se défendre, » argua Lucy.
Cela fini de convaincre ses compagnons et Lockwood parvint sans difficulté à enfoncer la porte fragilisée par le temps et la forte humidité. Il s'engagea dans le passage, rapidement suivi de George et de Lucy, qui ferma la marche avec sa chaîne qu'elle parvint à mettre en travers du seuil, empêchant le Spectre de l'ouvrier de les poursuivre. Pour autant, le fantôme ne se laissa pas démonter et décida de se mettre à camper devant la porte, planant quelque part au-dessus d'une partie de ses ossements.
« Au moins on sait d'où vient ce plancher merdique, déclara George. Quelqu'un a dû vouloir effacer les preuves du décès de l'ouvrier en planquant son corps à la va-vite. Il faut dire que la conserverie était sous grosse pression à cause des accidents répétés. Mais c'est quand même dingue que le pauvre gaillard soit resté là sans que personne ne récupère son corps.
- Il y a trente ans, il y avait une grosse paranoïa autour des cadavres, se souvint Lucy. Certains agents psychiques avaient déclaré qu'ils étaient dangereux à manipuler. Ce qu'on sait être faux à présent, tant que le corps est correctement scellé.
- Merde ! »
Lockwood poussa ses associés pour passer en trombe devant eux et lancer la fusée au magnésium qu'il avait amorcée vers la sortie. Elle explosa et déclencha un éboulement. George se jeta à terre et Lockwood plaqua Lucy contre le mur, faisant pour elle un bouclier de son corps.
« Qu'est-ce qui t'a pris ?, couina George d'une voix rendue plus aiguë par la panique.
- Je voulais voir si mes fusées fonctionnaient toujours, s'expliqua-t-il en s'écartant d'une Lucy rouge pivoine. Je n'ai pas été autant mouillé que vous lors de ma chute.
- On se demande pourquoi, maugréa Lucy en essayant de cacher son trouble d'avoir été soudain si proche de son collègue, ce qui n'était pas dur avec l'obscurité totale dans laquelle ils étaient plongé. C'est à se demander pourquoi ce n'est pas moi qui me suis cassée le poignet en vous réceptionnant tous les deux.
- Je n'aime pas du tout devoir m'aventurer dans ce tunnel avec la moitié de notre matériel, déjà réduit, défectueux.
- Mais on n'a plus le choix, lui répondit Lockwood. On ne peut pas attendre ici. Avec l'éboulement, ils vont penser qu'on y est passé et ne vont pas nous chercher dans un tunnel qui n'est pas censé exister. Ce passage a dû être fabriqué pour une bonne raison, il doit forcément y avoir une issue. »
