Jingle : Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "titre" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Disclaimer : Jonathan Stroud est l'auteur de ce fabuleux livre Lockwood et Co (T.1). Je lui emprunte ses personnages pour un temps.
J'ai considéré « titre » comme « grade » pour ce chapitre, ce qui colle bien aussi.
La Voie close
3. Le Bataillon
Avant de se mettre en marche, les trois agents firent l'inventaire de leur matériel et trièrent ce qui était encore utilisable de ce qui était bon à jeter. Ainsi, Lockwood redistribua équitablement les fusées au magnésium qu'il lui restait (ils s'accordèrent pour dire qu'ils ne les utiliseraient qu'en dernier recours pour éviter un autre éboulement) et George garda la seule chaîne en argent du groupe. Ils gardèrent tous leurs rapières dégainées, y compris Lockwood qui avait du mal à s'habituer à la tenir de la main gauche.
Ils se mirent en marche en longeant le couloir. Lucy laissait sa main parcourir les murs de pierres brutes pour essayer de ressentir quelque chose, tandis que George et Lockwood gardaient l'œil ouvert. Depuis le message ectoplasmique, ils n'avaient trouvé aucune autre trace du passage d'un fantôme. Ils préféraient avancer ainsi dans le noir complet plutôt que de gaspiller les allumettes de Lockwood et de créer des interférences avec leur Vision.
« Tu sens quelque chose, Lucy ?, s'enquit son ami.
- A part le froid, rien du tout. Pas encore du moins.
- En effet, on doit se rapprocher de quelque chose, confirma George. Mais je ne sais pas de quoi et ce n'est pas très rassurant. Je doute qu'on trouve la source du pilote qui s'est écrasé au fin fond d'un tunnel lugubre.
- On finira bien par le savoir. Je suis quand même étonné, George, que tu n'aies trouvé aucune information sur des souterrains sous l'usine. Ce n'est pas ton habitude de passer à côté de ce genre de chose.
- Crois-moi, si je ne les ai pas trouvé, c'est que ces documents n'existent pas, se vexa-t-il.
- Et sinon Lockwood, ça va ton poignet, s'inquiéta Lucy.
- Je crois bien qu'il a doublé de volume, mais si je ne bouge pas la main la douleur reste supportable. Tiens, il n'y a pas un truc là-bas ?
- Si tu me dis que c'est couvert d'ectoplasme, je ne vais pas voir ce que c'est, le prévint George.
- Non, c'est juste une impression. »
Lucy s'avança, gardant toujours la main contre le mur en point de repère et buta du genou contre quelque chose. Elle le tata pour tenter de l'identifier.
« On dirait une caisse. »
Lockwood se décida à craquer une allumette pour observer leur trouvaille de plus près. Ils découvrirent ainsi qu'il y avait bien plus qu'une caisse. Il y avait là entre autres des équipements militaires, des munitions, des coffres vides estampillés « rations de survie » et une sorte de vieux puit à sec. Tout cela semblait dater de plus de cinquante ans, de l'époque de la guerre.
« On doit se trouver dans une sorte d'abri ou de tunnel d'évacuation, en déduisit Lucy.
- Espérons plutôt un tunnel d'évacuation, décréta George. C'est par là qu'a dû s'enfuir la garnison quand l'aérodrome a été bombardé. Et on n'indique pas ce genre d'issue de secours sur une carte pouvant tomber entre les mains des ennemis. Voilà pourquoi je n'ai trouvé aucune mention de souterrain aux Archives.
- Venez voir, le chemin est bloqué, » appela Lockwood.
Lucy s'empressa de le rejoindre et constata que le chemin était effectivement bloqué par des gravats.
« La Voie est close, marmonna-t-elle. Peut-être qu'il y a un chemin en passant par le puit ?
- L'éboulement n'a pas eu l'air très important, rétorqua Lockwood, c'est plus de la terre qu'autre chose. On va pouvoir ouvrir cette voie de ce pas. »
Avec ses associés, George surtout Lockwood étant assez inutile avec son poignet cassé, Lucy commença à déblayer le chemin et ils tombèrent bien vite sur un passage étroit qui avait dû être creusé dans l'autre sens. Décidant de partir en éclaireur, elle parvint avec difficultés à se faufiler sur les quelques mètres les séparant de l'autre portion du tunnel.
« J'y suis !, leur annonça-t-elle. Le tunnel a l'air de se poursuivre.
- Parfait, à toi George.
- Ca ne va pas être possible Lockwood. Lucy a réussi à passer, tu y arriveras peut-être aussi avec des efforts, mais le passage est trop étroit pour moi, même si je retire mon ma doudoune. Il faudrait l'élargir d'abord. »
Lucy de son côté, ses associés de l'autre, ils entreprirent d'élargir le passage pour permettre à George de s'y faufiler. Mais l'opération fragilisa la paroi qui fini par s'effondrer sur le passage, coupant l'adolescente de ses amis. Prise de panique, elle tenta de les appeler. La voix étouffée et presque qu'inaudible de Lockwood lui parvint :
« …passage bloqué… passer par le puit…
- Lockwood ! George ! Ne me laissez pas toute seule !
- …retrouve plus loin… continues d'avancer…
- D'accord, je vais chercher des secours ! Je reviendrai vous chercher ! »
Cette fois, Lucy n'obtint pas de réponse. Elle se retrouva toute seule avec pour seule option d'avancer dans le noir, vers l'inconnu et sans allumette.
« On se croirait de plus en plus dans un film d'horreur. Je savais que je ne la sentais pas cette vieille conserverie moisie. »
Ce fut après ce qui devait faire une centaine de mètres à marcher à l'aveuglette, et alors que l'atmosphère se rafraîchissait de plus en plus, que Lucy croisa les premiers Brouillards Gris. Ils avaient beau être inoffensifs, ils semblaient particulièrement nombreux. N'aimant pas particulièrement les traverser, de peur qu'un fantôme plus dangereux ne se cache parmi eux, Lucy préféra les écarter de son chemin avec sa rapière et ils se rangèrent aussitôt bien en rang contre les murs. Le point positif de cette manifestation était qu'elle lui apportait un peu de lumière, mais ça ne pesait pas beaucoup dans la balance face à la montagne d'aspects négatifs. Et que faisaient tous ces Types Un ici ? C'était ce qui l'inquiétait le plus.
Lucy arriva bien vite à une bifurcation. Elle ne s'y était pas attendue, pensant que le chemin mènerait directement à la sortie.
« Un labyrinthe maintenant, de mieux en mieux. »
Les deux passages s'ouvrant à elle étaient trop sombres pour qu'elle puisse voir ce qui s'y trouvait. Cependant, une lueur apparut progressivement, comme si elle se rapprochait, par la droite. Lucy se retrouva ainsi très vite face à un Spectre. Il s'agissait d'un homme en vieille tenue militaire, un colonel si elle devait en croire ses insignes. Mais surtout, Lucy ne le sentait pas du tout. Le Visiteur n'était que fureur contenue, tout juste sur le point d'éclater. Elle devait faire quelque chose pour l'apaiser, et vite, car sinon elle ne donnait pas cher de sa peau avec sa rapière, sa limaille de fer et ses deux fusées au magnésium. Elle repensa alors aux Brouillards Gris si disciplinés et fit la seule chose qui lui passa par la tête, heureuse que ses associés ne soient pas là pour constater à quel point elle était devenue folle.
« Recrue Carlyle, mon colonel !, clama-t-elle en se mettant au garde à vous. A votre service ! »
Contre toute attente, cela fonctionna. Le Spectre s'apaisa, salua Lucy à son tour et reparti vers le chemin de droite en lui faisant signe de le suivre. L'adolescente ne tenta pas le diable en choisissant l'autre direction et suivit à une distance toutefois raisonnable son nouveau commandant. Elle ne savait plus depuis combien de temps elle marchait, ils avaient croisé de nouveaux Brouillard Gris qui s'étaient écarté du chemin du colonel. Bien qu'ils n'aient pas de forme distincte, Lucy eu la sensation qu'ils se mettaient au garde à vous à leur passage. Elle avait visiblement trouvé le boss de leur troupe.
A ce moment là, Lucy entendit l'explosion caractéristique d'une fusée au magnésium. Le bruit ne semblait pas si éloigné que cela, comme s'il elle avait eu lieu dans un couloir parallèle au sien.
« Lockwood !, » appela-t-elle sans réfléchir.
Le colonel dû l'interpréter comme une alerte contre un ennemi car il plongea aussitôt à travers le mur, laissant Lucy seule et incapable de s'élancer à sa suite.
