Jingle : Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur les thème "boîte" et « baleine » en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Disclaimer : Jonathan Stroud est l'auteur de ce fabuleux livre Lockwood et Co (T.1). Je lui emprunte ses personnages pour un temps.
J'ai regroupé ensemble les deux derniers thèmes de cette 67ème Nuit du Fof pour faire un chapitre un peu plus consistant. Mais je l'ai quand même séparé en deux parties, comme je l'aurait fait si je l'avais coupé en deux chapitres.
La Voie close
5. Le Dernier Combat du Colonel
Lucy pouvait ressentir le désespoir, la fureur et peut-être même de la honte chez le Spectre du colonel. L'adolescente parvint à le comprendre parfaitement, ayant partagé exactement le même état d'esprit un peu plus tôt. Ce colonel avait perdu ses hommes, n'ayant pas été capable de les faire sortir du tunnel d'évacuation alors qu'il était en charge de veiller sur eux. Et maintenant, il venait de les perdre une deuxième fois, ayant cru pouvoir les confier à la garde d'une nouvelle recrue qui l'avait en réalité dupé. De la même façon qu'Annie Ward avait voulu anéantir son assassin, le colonel avait à présent soif de voir la vie de Lucy Carlyle s'éteindre.
Elle se défendit comme elle put, fendant l'air de sa rapière avec toute son énergie. Mais cela ne suffisait clairement pas. Elle lui jeta une poignée de limaille de fer qui le fit reculer un instant, lui permettant d'en rependre sur le sol autour d'elle pour tenter de se protéger. Mais il était trop puissant. Lucy attrapa une fusée au magnésium. La salle était suffisamment grande, peut-être ne provoquerait-elle aucun éboulement. Elle n'avait pas le choix, sans avoir trouvé la Source du colonel, le feu grégeois était sa dernière carte.
Le Spectre fut efficacement repoussé, mais sa volonté de détruire Lucy était si forte le fit revenir bien vite à la charge. Elle n'allait pas réussir à s'en tirer.
« Eh ! Laisse-là, c'est nous qui avons ce que tu veux ! »
Le colonel se détourna aussitôt et Lucy tomba à genoux. Lockwood et George étaient là, vivants. Ils s'étaient entourés de la chaîne en argent de George et l'autre agent tendait devant lui une boîte en bois très banale. Il la glissa dans une sacoche toute brodée d'argent et le Spectre qui se ruait vers eux disparut instantanément. Lockwood était parvenu à trouver une potentielle Source et l'avait neutralisée dès que le colonel avait confirmé ses soupçons. Encore fallait-il que ce ne soit pas une stratégie du Visiteur de leur faire croire qu'il avait été vaincu pour mieux les attaquer dans le dos. Mais la fureur du colonel avait disparue elle aussi. Pour Lucy, l'affaire était classée.
« Vous, vous êtes vivants, dit-elle à nouveau au bord des larmes, de soulagement cette fois-ci. Je suis tellement heureuse.
- Oui, on a trouvé au passage cette boîte pleine de plaquettes militaires et plutôt bien défendue par des Brouillards Gris et un Ecorché qui nous a laissé quelques sueurs froides.
- On pense que l'évacuation de l'aérodrome ne s'est pas si bien passée que cela, poursuivit George. Le colonel s'est attaché à cette boîte qui symbolisait la vie de tous les hommes placés sous son commandement. Probablement qu'il a été le dernier à y passer et avait récupérer toutes les plaquettes.
- J'étais globalement arrivée à la même conclusion, haleta Lucy, toujours à terre. Je suis tellement contente que vous n'ayez rien.
- Lucy, ça va ?, s'inquiéta brusquement Lockwood en remarquant qu'il y avait visiblement quelque chose qui clochait.
- J'ai été touchée. »
o°O°o
Le silence retomba, mais comme s'il pesait dix tonnes. Pour quiconque, être touchée par un Visiteur signifiait devenir bleu, enfler et mourir dans d'atroces souffrances. Lucy remonta la manche de sa doudoune pour montrer sa main qui avait déjà commencé à changer de couleur. Lockwood se précipita vers elle.
« Ce n'est pas trop tard. Avec une injection d'adrénaline tu vas t'en sortir.
- On n'aura pas le temps d'aller chercher des secours, se résigna Lucy. Et il faut encore trouver un moyen de sortir d'ici. La sortie est barrée par une grille. Ces soldats n'ont pas pu s'échapper. »
C'était les risques du métier. Mais au moins ses amis allaient bien. Lucy serra Lockwood dans ses bras, mais ce dernier la repoussa, ce qui lui brisa le cœur. Ne ovulait-il pas avoir l'occasion de lui dire au revoir.
« On n'a pas besoin d'aller chercher les secours. »
Sur ce, il tira une seringue en métal d'une des sacoches attachées à sa ceinture et injecta son contenu dans la veine du bras de Lucy, grimaçant au passage de forcer sur son poignet cassé. Aussitôt, l'adolescente sentit son cœur commencer à s'emballer et le froid qui avait commencé à paralyser sa main disparaître. L'adrénaline faisait son effet.
« Notre visite chez les Hope ne m'a peut-être pas apprise à garder en permanence une chaîne en argent sur moi, mais j'ai retenu l'utilité de conserver une seringue d'adrénaline résistante aux chocs pour les urgences. Maintenant tu peux me faire un câlin. »
Lucy lui envoya un coup de poing sur l'épaule, ce qui tira un gémissement à Lockwood car elle l'avait frappé sur le bras droit et qu'il l'avait ressenti jusque dans son poignet. Et ensuite elle l'attira dans ses bras et le serra aussi fort qu'elle le pouvait. Elle fit aussi signe à George qui les rejoint pour un câlin collectif de retrouvailles.
« Tu as mentionné que la sortie était bloquée, non, lui rappela-t-il.
- Oui, il y a une grille en travers du chemin sous la trappe. Elle a dû être placée là avant le bombardement par des ennemis qui avaient trouvé le passage et ont préféré les laisser mourir lentement ici plutôt que de risquer une riposte au moment de les cueillir à la sortie. On ne peut pas passer par là.
- Je pense que ces soldats n'avaient pas de feu grégeois, mais nous on peut essayer.
- Tu aimes bien faire exploser des trucs en fait Lockwood, le taquina George. Il faudrait quelque chose pour diriger l'explosion et éviter de faire s'ébouler le passage. Il me reste toujours mes deux fusées au magnésium.
- Je n'en ai plus qu'une, » annonça Lucy en la sortant, à l'image de Lockwood qui tendit sa dernière à George.
Ils trouvèrent de quoi fabriquer une sorte d'entonnoir censé juguler l'explosion et y mirent les fusées avec de quoi les amorcer à distance. L'explosion fit sauter la grille, la trappe et la moitié du plafond qui écrasa une bonne partie des squelettes de la Quatrième Compagnie. L'échelle avait été épargnée et les trois associés purent enfin retourner à l'air libre.
Ils se retrouvèrent sur une falaise, le soleil commençant timidement à apparaître à l'horizon et la ville abritant l'ancienne conserverie discernable au loin en direction des terres. Ils regagnèrent l'usine en même temps que leurs clients après quelques heures de marche. Ces derniers furent ravis d'apprendre que les Visiteurs ayant probablement causés tous les accidents de l'usine avaient été maîtrisés. Une ambulance fut appelée pour emmener Lockwood faire soigner son poignet. Lucy irait voir un médecin plus tard pour faire regarder sa main, mais elle était déjà hors de danger grâce à son colocataire. Avec George, elle attendit l'équipe de chez Fittes dépêchée pour sceller les restes de l'ouvrier de l'ancienne conserverie et récupérer les squelettes scellés par Lucy. Les agents de l'illustre agence décidèrent de leur laisser une partie des bénéfices de l'opération, soi-disant en paiement de leur dette pour les agents retrouvés à Combe Carey et parce qu'ils avaient déjà fait la majorité du boulot.
Quelque mois plus tard, les propriétaires de l'usine invitèrent les trois associés à l'inauguration de la nouvelle conserverie. Le bâtiment avait été complètement rénové et les propriétaire avaient même décidé de conserver l'ancien logo : une baleine bleue bondissante. Pendant la cérémonie, George se pencha vers Lucy et lui souffla à l'oreille :
« S'ils ont aussi conservé les standards d'hygiène de l'ancienne compagnie, rappelle-moi d'éviter les boîtes de conserve à la baleine à l'avenir. »
