Je sais je sais je sais ! Je mets du temps pour poster et j'en suis vraiment désolée ! Mais je suis là, avec la suite :D C'est ce qui compte, non ?! :p
Merci beaucoup à vous tous pour vos reviws, vos PM, vos lectures et vos encouragements ! Ca me fait toujours chaud au coeur de vous lire alors milles merci. Pour répondre également à plusieurs d'entre vous qui m'ont demandé si j'avais un compte twitter, la réponse était non. Mais du coup j'en ai créé un tout spécialement afin que vous puissiez être au courant des prochains posts et sur lequel je mettrais des choses en rapport avec mes fictions ! Voilà, c'est cadeau, c'est pour vous ! (les avalanches de PM pour me forcer à créer ce compte twitter se reconnaîtront :p )
Voici donc mon twitter : ladydarkbley
Et je vous laisse avec ce nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira et on se retrouve en bas !
Chapitre 5 : Drapeau Blanc
- Zelena nous attend sur le parking, avertit-elle froidement sans même se retourner. Dépêches-toi de remplir ton stupide papier ou bien on part sans toi.
Emma suivit Regina des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champs de vision. Elle n'avait toujours pas bougé de ce mur et laissa son cœur reprendre un battement régulier. Quoi qu'il lui soit arrivé, la brune en souffrait à chaque instant.
"Veille sur elle."
L'orpheline aurait dû éprouver de la colère pour le geste brusque de Regina mais, à la place, elle ferma les poings. Elle allait honorer sa promesse et découvrir ce secret que tout le monde semblait connaître. D'une façon ou d'une autre elle allait découvrir le noir passé de Regina Mills.
Le trajet du retour se fit dans le plus grand silence. Depuis l'excès de colère de Regina dans les couloirs du lycée, Emma n'osait plus ouvrir la bouche et préférait ruminer sur les raisons qui auraient pu pousser la brune à agir aussi violemment. Les mots de Merrin Schmitt repassaient sans cesse dans son esprit et, bien malgré elle, ses yeux ne pouvaient s'empêcher de s'égarer dans le rétroviseur. Elle y voyait la jeune fille pensive, la tête reposant sur son coude. Aucunes ne s'étaient adressées la parole.
Zelena non plus ne pipait mot, se concentrant sur la route. Elle avait bien tenté de savoir si leur première journée s'était déroulée sans encombres mais l'absence de réponse de l'une et de l'autre avait fini par la convaincre de ne pas chercher à la connaître plus en détail. De temps à autre, Emma la voyait jeter un coup d'œil inquiet à sa sœur, puis dans le rétroviseur central où leur regard se croisait. La blonde tentait de lui faire comprendre que quelque chose ne tournait pas rond mais si Zelena l'avait deviné, alors elle ne laissait rien paraître.
- Vous voulez écouter quelque chose à la radio ? finit-elle par demander d'un ton léger.
N'obtenant aucune réponse, ses doigts s'agitèrent sur le poste jusqu'à trouver une chanson entraînante. Elle laissa pourtant le son presque au minimum et se tourna une fois de plus vers Regina toujours avachie contre la vitre.
- Qu'est-ce qui ne va pas Regina ?
- Je ne veux pas en parler, répondit celle-ci d'un ton cassant.
- Tu sais que tu peux tout me dire...
- Je sais.
- Alors dis moi.
- Je ne veux pas en parler.
- Regina, est-ce que ça concerne -
- Je ne veux pas en parler ! s'écria la jeune fille en la foudroyant du regard. Concentre-toi sur la route et fiche-moi la paix !
Le ton employé eut l'effet radicale de faire taire Zelena. Emma s'attendait à la voir vexée, énervée même que sa jeune sœur ose lui parler sur ce ton mais ce qu'elle vit dans son regard fut tout autre. Une profonde tristesse marquait ses traits, ainsi qu'un sentiment que l'orpheline cru reconnaître comme de la culpabilité.
Elle se demanda si elle devait parler de l'attitude des gens aujourd'hui à l'égard de Regina ou pire encore, de la réflexion de la capitaine de l'équipe de crosse.
"Mais attend, c'est pas toi l'orpheline qui vient de Boston ? Mais si c'est ça, tu as la sœur de cette nympho de Mills !"
Nymphomane. Est-ce que ce mot résumait le pourquoi du comportement de l'ensemble du lycée ? Était-il à l'origine de tous ces murmures qui s'élevaient sur le passage de Regina, ainsi que de tous ces éclats de rire mal dissimulés ? Se pouvait-il qu'il soit là le secret très sale de la brune ?
En parler à Zelena, confronter Regina ? Les choix étaient moindres et les faux pas multiples. Elle n'aimait pas son agaçante demi-sœur, mais ne souhaitait pas non plus profiter de la situation pour la mettre plus mal à l'aise, ou plus en colère qu'elle ne semblait l'être à cet instant. Une part de la jeune fille voulait parler à voix haute de ce qui les tracassait toutes les trois mais l'autre désirait prendre la brune à part et lui en parler seule à seule.
Emma eut la mauvaise surprise de croiser le regard assassin de Regina dans le rétroviseur. Manifestement, elle devait se douter du choix qui tracassait la blonde car ses lèvres esquissèrent un "Si jamais tu parles..." silencieux et menaçant. Elle lui répondit d'un simple hochement de tête entendu, essayant de transmettre par ce geste qu'elle pouvait lui faire confiance. La brune parut décontenancée par son aplomb, détourna les yeux une seconde avant de les reporter sur Emma. Presque timidement, un "merci" inaudible se dessina auquel l'orpheline ne put s'empêcher de répondre par un sourire.
Elles se fixèrent de longues secondes, l'une pour jauger, l'autre pour rassurer. Défi contre assurance. Un combat silencieux dans lequel Emma plongea dans le regard de Regina. Elle ne connaissait rien à son histoire, mais elle imaginait très mal la brune comme une nymphomane. Garce, prétentieuse, horripilante, imbu d'elle même et insultante, oui. Mais nymphomane...
Perdue dans ses pensées, elle ne se rendit pas compte de la surprise qui commençait à se lire dans le regard de sa demi-sœur, ni même que le sien changeait peu à peu. Ce ne fut que lorsque la voiture s'arrêta devant le manoir que le contact fut rompu, chacune reprenant pied après cet étrange échange.
Emma voulut prononcer un mot mais Regina ne lui en laissa pas l'opportunité et se précipita hors du véhicule sans attendre. Elle eut tout juste le temps de disparaître à l'intérieur de la maison et Zelena poussa un soupir.
- Ce premier jour ne s'est pas bien passé, hein ? demanda-t-elle à la blonde.
- Je n'ai rien remarqué de particulier, mentit aussitôt l'orpheline. Ta sœur est toujours une garce sans cœur qui m'a bien fait comprendre à quel point je pollue son air. Alors je pense que tout va bien.
Ce n'était après tout qu'un demi-mensonge.
- Zelena, pourquoi est-ce que tu m'as demandé de veiller sur elle ce matin ?
Cette question lui brûlait les lèvres depuis tellement de temps qu'elle se sentit étrangement soulagée de la poser enfin.
- Je sais que tu m'as dis que Regina avait vécu une période compliquée mais j'aimerais savoir de quoi en il retourne. Tu sais, pour mieux veiller sur elle.
- Emma...Je préfère que tu ais cette discussion avec elle et non pas avec moi. Je sais que tu détestes ma sœur, et elle te le rend bien. Je n'aurais pas dû te demander une chose pareille mais je n'ai confiance en personne d'autre. Ses soit-disant amies du lycée ne sont que des minettes écervelées.
- Ses amies ? Regina a passé la journée toute seule, il n'y avait personne avec elle.
- Seule ?
- Oui, au repas aussi. Quand je lui ai demandé pourquoi elle ne traînait pas des groupies partout sur son sillage, elle m'a simplement répondu qu'elle aimait la solitude.
Zelena fronça les sourcils tout en remontant l'allée jusqu'à l'entrée, perdue dans ses pensées. Elles pénétrèrent ensemble dans le manoir vide, Cora et Henry n'étant pas encore rentrés de leur travail respectif. Il y régnait un silence presque religieux et Emma se douta que Regina avait dû s'enfermer dans sa chambre aussitôt le palier passé.
- Tu es sûre qu'il n'y a rien eu aujourd'hui ? redemanda encore une fois la rousse, l'air beaucoup plus grave qu'auparavant.
Elle s'arrêta devant Emma et plongea ses yeux dans les siens, sûrement à la recherche du moindre soupçon de mensonge.
La jeune fille sentit son ventre se serrer douloureusement mais se força à afficher un sourire, priant intérieurement pour que Zelena ne remarque rien.
- Puisque je te le dis.
- Pas de remarques, d'insultes ? Pas de choses bizarres ou de comportement étrange de la part des gens ? Tu n'as pas entendu de rumeurs ?
- Non Zelena. Il ne s'est rien passé.
Le mensonge n'était pas son fort. Elle détestait devoir mentir, surtout qu'elle le faisait en général très mal. Tout le monde parvenait à voir quand elle ne disait pas la vérité et malheureusement cela lui avait fait défaut de nombreuses fois par le passé.
Zelena la regarda encore pendant un temps interminable puis finit par hocher la tête.
- Je dois aller étudier, annonça-t-elle. Essayez de ne pas vous entre-tuer.
SQ SQ SQ SQ SQ SQ
Emma n'arrivait pas à trouver le sommeil. Étendue en travers de son lit, la tête pendouillant dans le vide, elle fixait le plafond. Le repas s'était déroulé dans un silence quasi religieux, chacune ne prenant la parole que pour répondre aux parents de Regina curieux de connaître leur premier jour de classe. La jeune fille n'avait rien loupé des échanges de regards entre Cora et Henry dès qu'ils s'adressaient à leur enfant mais s'était abstenue de tout commentaire. Ils s'étaient aussi beaucoup intéressés aux impressions d'Emma qui avait pris plaisir à raconter sa journée. Omettant bien sûr les détails qui concernaient la brune. Ils avaient été peu surpris lorsqu'elle leur avait annoncé vouloir intégrer l'équipe de crosse féminine et reçut même un encouragement sincère de la part de Cora.
Elle avait passé une bonne soirée, passer un coup de fil à Lily pour qu'elles se racontent leur journée respective et se retrouvait maintenant dans son lit, incapable de fermer l'œil. Étrangement, elle se sentait liée à Regina par le mensonge qu'elles affichaient depuis qu'elles étaient rentrées du lycée. Et c'était un sentiment étrange. Ce moment qu'elles avaient partagé dans la voiture, la façon dont la brune l'avait menacé silencieusement, puis de la remercier. Tout cela n'avait fais que renforcer son envie de connaître la vérité, de savoir ce que cachait la famille Mills une bonne fois pour toute.
Animée d'une résolution nouvelle, elle se redressa brusquement, noua ses cheveux en queue de cheval et sortit de sa chambre. A cette heure avancée de la nuit, il n'y avait aucun bruit dans la maison. Chacun dormait sûrement paisiblement et Emma se mit à douter d'elle-même. Et si Regina dormait elle-aussi ? Si elle prenait mal son arrivée à l'improviste ? Elle fit quelques pas, y revint aussitôt, jura de sa stupidité avant de fixer la porte de la chambre de son ennemie. Un mince filet de lumière filtrait en dessous et la rassura sur l'état éveillée de la jeune fille.
"Allez Emma, tu peux le faire. Ce n'est qu'une petite discussion de rien du tout."
L'orpheline soupira un grand coup avant de toquer doucement contre le bois. Aucun son ne lui indiqua si Regina avait entendu ou non et elle s'apprêtait à faire demi-tour lorsque le battant s'ouvrit lentement.
- Swan ? Qu'est-ce que tu fiches ici ? Tu as vu l'heure qu'il est ?
- Je sais je...
Maintenant qu'elle se retrouvait face à elle, Emma n'était plus aussi certaine qu'avoir une conversation soit une bonne idée.
- Je voulais te parler.
- Je n'ai pas envie de te parler.
- S'il te plait, ça ne durera que quelques minutes. Je ne suis pas venue pour t'embêter, promis.
Comme pour prouver ses dires, Emma sortit un mouchoir qui traînait dans sa poche et l'agita comme un drapeau blanc. Pendant un instant, elle crut que Regina allait lui claquer la porte au nez mais eut l'agréable surprise de voir un minuscule sourire, si petit et furtif qu'elle se demanda s'il avait vraiment exister.
- Tu m'embêtes déjà, Swan, rétorqua la jeune fille en ouvrant malgré tout la porte. Entre.
Penaude malgré sa victoire, Emma pénétra dans la chambre. La lumière qui émanait de la lampe de chevet tamisait la pièce et l'ordinateur était ouvert sur le lit dont les draps tirés lui indiquèrent que Regina devait être couchée avant son intrusion.
- Alors, qu'est-ce que tu avais de si important à me dire ?
- Je voulais te parler de ce qui est arrivé avec l'autre fille.
- Bordel Swan, qu'est-ce que tu ne comprends pas dans "je ne veux plus jamais en parler" et surtout pas avec toi ?
- Je sais, j'avais déjà compris la première fois. Mais je voulais simplement te dire que je m'en fiche de ce qu'a dit cette Merrin. Je n'y crois pas.
Regina croisa les bras, les sourcils froncés et la mine sévère.
- Je me fiche de ce que tu penses. Si tu es venu pour me dire ça tu peux partir immédiatement.
Emma voulait se gifler elle-même. Malgré toute sa bonne volonté, elle ne parvenait pas à exprimer à la brune ce qu'elle pensait réellement et la voyait se mettre de plus en plus en colère.
- Je ne cherche pas l'affrontement, Regina. Je cherche juste à comprendre. J'ai entendu dire qu'il n'y a pas si longtemps tu étais une personne différente.
- Ah oui c'est ton stupide groupe qui t'a raconté ça ? Et qu'est-ce qu'ils ont dis d'autre ? Que j'étais une fille facile ? Une nympho qui couche avec tout ce qui bouge ? Grand bien te fasse ce que tu crois ou non Swan, je n'en ai rien à faire. Ni de ce lycée, ni de ces élèves et surtout pas de toi !
- Mais ce n'est pas ce que -
- Tu sais quoi ? Je suis en train de me demander pourquoi j'ai accepté de te laisser rentrer dans ma chambre ! Discuter, bien sûr ! Tu es comme tout le monde, tu n'es qu'un charognard qui cherche un os à ronger !
La voix de Regina se cassa et elle profita d'une pause pour chasser rageusement une larme qui commençait à se former au coin de son œil. Emma n'avait toujours pas bougé, choquée par les paroles de la brune, et en colère. En colère contre elle parce qu'elle ne parvenait pas à s'exprimer et avait envenimer la situation, et contre son ennemie pour toujours compliquer les choses.
- C'est bon ? demanda l'orpheline avec hargne. Tu as fini ? Non parce que si tu avais eu la patience de m'écouter deux secondes tu aurais compris que je suis de ton côté ! Je ne sais absolument pas ce qui s'est passé, ni pourquoi tu es comme tu es ! J'ignore ce qui a fait de toi une garce aussi froide que de la glace mais pour une fois, je voulais te faire comprendre que tu pouvais compter sur moi ! Mais dans le fond, tu as raison. Je ne sais pas ce qui m'a pris de vouloir essayer de discuter avec une fille comme toi. Je ne sais même pas pourquoi je cherche à sympathiser !
Elle voulut tourner les talons et sortir la tête haute de la chambre mais elle ne put que soupirer tristement. Encore une fois elle s'était laissée emporter par sa colère et maintenant Regina la fusillait du regard, bouillonnant de l'intérieur et sûrement prête à lui jeter à la figure toutes les horreurs dont elle était capable. A croire qu'elles ne pourraient jamais trouver un terrain d'entente.
En temps normale ces petites joutes verbales l'amusaient terriblement et elle n'en avait rien à faire de ce que pouvait penser ou ressentir son adversaire mais cette fois ci...cette fois c'était différent.
- Je sais ce que c'est, les rumeurs, annonça-t-elle lentement. Les gens chuchotent sur ton passage, murmurent dans ton dos. Tes ennemies en usent et en abusent, quant à tes amis ils finissent par te laisser et se mêler au troupeau. Les rires, les moqueries. Et personne qui ne t'écoute lorsque tu tentes de te défendre.
La jeune fille releva la tête. Regina avait toujours les bras croisés mais ses prunelles irradiaient moins de haine. Elle parvenait même à y apercevoir de la curiosité et ce fut cela qui la poussa à continuer.
- Qu'elles soient fondées ou non, les rumeurs peuvent détruire une réputation et changer radicalement une vie. On ne s'apprécie peut-être pas, mais je voulais que pour une fois tu te sentes soutenue. J'ai déjà vécu cette situation et même si les insultes ne sont pas les mêmes, ça n'enlève rien au fait que je sais ce que tu ressens aujourd'hui. Alors je ne sais pas ce qui t'es arrivée et une fois passée cette porte je ne soulèverais plus cette question, mais sache que si tu veux parler à une personne qui connait ce que tu vis, alors je serais là. Je serais cette personne. Tu as peut-être Zelena, ou tes parents mais ils ne te comprendront jamais aussi bien que moi dans cette situation. Moi je serais là pour toi.
Sa dernière phrase laissa place à un silence. Comme plus tôt dans la voiture, elles plongèrent dans le regard de l'autre, cherchant à déceler le mensonge ou à convaincre de son honnêteté. Voir Regina souffrir autant, se renfermer sur elle-même et élever un mur impénétrable renvoyait Emma à ses propres démons, son propre passé. L'unique différence entre elles résidait dans le fait que l'orpheline n'avait aucunes attaches. Il lui était presque simple de changer de lycée, de changer de vie et de se reconstruire dans un endroit ou personne n'avait jamais entendu parler d'elle.
Mais Regina Mills était la fille du Maire de Storybrooke et de la doyenne du lycée. Tout le monde la connaissait, tout le monde pouvait mettre un visage sur un nom. Cette ville était sa prison et s'en échapper lui était pour l'instant refusé, comme un mirage dans le désert qui s'évapore lorsqu'on est sur le point de l'atteindre. Épiée et jugée.
Voyant que la brune ne rebondissait pas à ses paroles, Emma commença à se diriger vers la sortie.
- Tu sais que Schmitt va t'écraser pendant les épreuves de sélections ?
La jeune fille ne put empêcher le sourire qui se dessina sur son visage et se retourna en direction de Regina. Assise sur son lit, les genoux repliés contre sa poitrine, ses traits étaient étonnamment dénués de colère ou de dégoût.
- Tu penses ? demanda-t-elle avant de hausser les épaules. Je n'ai plus qu'à lui prouver ce que je vaux alors.
- Elle ne te laissera jamais une chance. Elle va tout faire pour non seulement te décourager mais aussi à te blesser.
D'un geste nonchalant, Emma tira la chaise du bureau vers elle et prit place dessus, attentive au moindre changement d'attitude de la part de sa compagne.
- Elle l'a déjà fais à une élève l'année dernière. La fille est arrivée avec le sourire et trente minutes plus tard elle est partie en ambulance pour une fracture de la clavicule.
- Aïe...L'autre n'a pas dû y aller de main morte.
- Je ne te le fais pas dire. Ma mère voulait l'exclure mais le conseil administratif a juger que le seul responsable de ce tragique accident restait le sport en lui-même. Ils ont déclaré que Merrin n'y était pour rien et elle a été réintégré au bout de deux semaines.
- Et pour l'autre fille ?
- Elle ne peut quasiment plus faire de sport. Je préférais te prévenir, histoire que tu ne sois pas surprise si Schmitt te charge comme un rhinocéros enragé.
L'éclat de rire que laissa échapper Emma les surprit toutes les deux et elles se dévisagèrent un instant comme prises en faute. C'était la première fois qu'une telle chose se produisait entre elles et ce qui aurait dû être une simple réaction banale se retrouva la source d'un immense gêne. Malgré le rouge qui lui monta aux joues, la blonde se surprit à penser qu'après tout, ce n'était pas si mal de rire avec Regina Mills.
- Merci Mills, maintenant à chaque fois que je la croiserai je vais l'imaginer en rhinocéros.
- Tu es certaine de vouloir faire partie de l'équipe ? Sérieusement, ce n'est qu'un sport minable. A quoi bon prendre le risque d'être blessée ? C'est stupide, même pour une fille comme toi.
- Je vais faire comme si je n'avais rien entendu, rétorqua Emma en levant les yeux au ciel. Et pour te répondre, oui je suis certaine de vouloir entrer dans cette équipe. Ce sport, c'est une façon d'oublier un peu le monde extérieur. Mes peurs, mes angoisses et mes blessures disparaissent le temps d'un entrainement ou d'un match et pendant ces quelques minutes, je me sens bien. Libre. Tu n'as rien qui te fais sentir comme ça toi ?
- Si, répondit timidement la brune après de longues secondes de silence.
La jeune fille aurait voulu en savoir plus sur cette activité, lui demander qu'est-ce que c'était mais elle préféra ne pas prendre le risque d'être trop curieuse. Elles parvenaient tout juste à avoir un semblant de conversation civilisé, Emma ne voulait pas lui donner l'impression d'être trop envahissante.
Après un instant de silence, elle décida qu'il était temps pour elle de regagner sa chambre et se leva sans grâce de la chaise.
- Bon, ce fut un plaisir de parler avec vous votre Majesté mais les simples gens comme moi doivent prendre du repos ! s'exclama-t-elle avec une révérence qui arracha un soupir d'agacement à la brune.
Elle prit la direction de la porte qu'elle ouvrit sans bruit.
- Emma ?
L'appellation la surprit tellement que la jeune fille écarquilla les yeux et se figea sur le palier.
- ...Oui Regina ?
- Merci.
SQ SQ SQ SQ SQ
Durant les jours qui suivirent, ni l'une ni l'autre ne revinrent sur ce bref instant de paix qu'elles avaient vécu. Pourtant, chacune était consciente que quelque chose avait changé. Un grain de sable dans le désert de leur affrontement mais le fait était là. Elles se détestaient un peu moins. Les disputes étaient moins fréquentes, les piques moins insultantes. Regina continuait de se montrer froide et hautaine, surtout quand leur chemin se croisait dans les couloirs du lycée, mais à présent Emma faisait un détour le soir par sa chambre pour lui souhaiter un bref "bonne nuit".
- Je suis certaine que tout va bien se passer, s'exclama Cora en posant devant les filles la brique de jus d'orange. L'équipement que nous t'avons acheté te va bien ?
- Il est parfait, merchi ! Henry, ches pancakches chont délichieux !
- Emma, ne parle pas la bouche pleine.
- Désholée Cora.
Au prix d'un énorme effort, l'orpheline réussit à avaler d'un seul coup l'entassement de crêpes qu'elle avait fourré dans sa bouche. Elle déglutit difficilement et arracha une grimace de dégoût à Regina assise en face et qui tournait distraitement sa cuillère dans son café.
- Il faut que j'y aille ou je vais être en retard, annonça Henry en embrassant son épouse puis sa fille. Emma, dès que tu as les résultats je veux que tu m'appelles ! Et je n'accepterais aucune excuse.
Il agrémenta ses paroles d'un clin d'œil puis posa une main sur son épaule avant de prendre la direction de l'entrée. La jeune fille lui était reconnaissante de l'effort qu'il faisait pour ne pas envahir son espace personnel, mais aussi pour tenter de lui montrer qu'elle faisait dorénavant un peu parti de la famille. Il tâchait de ne pas la brusquer et d'y aller en douceur et elle l'en remerciait pour ça.
- Je pars aussi. Bon courage pour aujourd'hui et surtout, bonne chance pour tes épreuves de sélections.
Cora suivit le pas de son mari et Emma attendit qu'elle ait disparu de son champ de vision pour attraper deux pancakes et les mettre quasiment en entier dans sa bouche. Les joues gonflées comme ceux d'un hamster, elle ouvrit de grands yeux innocents devant la mine écœurée de sa voisine.
- Quoi ?
- Est-ce que tu es vraiment obligée de manger de façon aussi dégoûtante ?
- Ech que tu peux me pacher le shirop d'érable ?
- Sérieusement Swan, tu m'écœures. Ils auraient peut-être dû t'apprendre en premier à manger correctement dans ton orphelinat.
- Pashe-moi le shirop d'érable, répéta Emma en mâchant tant bien que mal.
- Arrêtes de parler la bouche pleine.
- Oui Maman !
- Je ne suis pas ta mère !
- Oui Papa !
Agacée, Regina se leva de table et laissa Emma finir tranquillement son petit déjeuner.
Aujourd'hui était un grand jour. Les épreuves de recrutement se rapprochaient à une vitesse folle et la jeune fille accueillait avec plaisir la boule de nervosité qui commençait à se former dans son ventre. Assise sur le banc de touche, sa crosse entre les mains, elle regardait les autres joueuses s'échauffer ou discuter en attendant l'arrivée de Mr Nolan. Si certaines semblaient confiantes et détendues, d'autres en revanche semblaient sur le point de s'effondrer. Et la vision de Merrin Schmitt en train de s'entraîner n'arrangeait en rien la situation.
Pourtant la tension monta d'un cran lorsque le professeur pénétra enfin sur le terrain et leur demanda de se rassembler autour de lui. Le discours était court et éloquent. Chacune devait donner le meilleur d'elle-même et aucune place n'était garantie. Si elles la voulaient, il ne tenait qu'à elles de prouver qu'elles en valaient la peine. Il insista également sur le fait qu'il ne voulait pas avoir de blessées et que le fair-play était de rigueur. Chose à laquelle Schmitt répondit par un reniflement peu féminin.
- Les sélections commenceront par un affrontement une contre une puis tir dans la cage. A l'appel de votre nom vous m'annoncez le poste que vous désirez occuper. Suite à cela, vous jouerez une simulation de match pour voir ce que vous valez ! Bonne chance à toutes !
Tétanisée autant que revigorée par ces paroles, Emma s'assura que ses épaulettes étaient bien en place, réajusta son protège-dent dans sa bouche et s'empara de son casque. Par réflexe, elle tira sur le masque facial pour être certaine qu'il tenait bien en place puis reprit sa place sur le banc, les yeux fixés sur le jeu qui commençait déjà. Pendant d'interminables minutes elle garda le regard rivé sur ses concurrentes, épiant chaque fautes, notant mentalement chaque bonnes actions. Elle tournait et retournait sa crosse entre ses doigts lorsque son nom retentit soudain.
- Emma Swan !
Des hurlements s'élevèrent des gradins et la jeune fille eut l'agréable surprise de découvrir Peter, Neal, les jumeaux et Felix venus pour l'encourager. Les garçons s'attiraient d'ailleurs des regards réprobateurs de la part des autres spectateurs beaucoup plus silencieux.
Le coeur battant, Emma s'avança. Il était temps de montrer de quoi elle était capable.
Alors alors, comme d'habitude qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?
Cette conversation Swanqueen vous a plut ? :D
P.S : pour la personne qui m'a dit qu'il manquait des passages M, ce n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour ;)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, soit par reviews, soit par PM (et même sur twitter maintenant ! ^^)
Bonne soirée et à la prochaine !
