Tout bougeait. Gajeel hurlait le nom de son frère. Il était tombé à la renverse quand l'immeuble s'était mit à bouger. Il se retourna pour tenter d'y voir clair et tomba nez à nez avec trente mètres de vide. Le mur de sa chambre s'était effondré. Il recula précipitamment, paniqué alors que le sol commençait à se fissurer sous ses pieds.

- ROGUE ! Hurla-t-il une nouvelle fois.

Le petit garçon sortit de derrière le lit. Il était complètement paniqué, des larmes roulaient sur ses joues pâles. Un peu soulagé, Gajeel tenta de se relever mais eu un cri de douleur. Il tourna la tête vers sa jambe et vit le carnage qu'avaient fait les éclats de la fenêtre. Le haut de sa cuisse était un véritable hérisson de morceau de verre. Quand bien même il fallait qu'il sorte de là. Tout continuait de trembler et il vit l'immeuble d'en face s'effondrer. Les hurlements qui résonnaient partout le paniquait d'autant plus.

- C'est la fin du monde, sanglota Rogue, a quelques mètres de là.

Son frangin. Il lui fit signe de venir jusqu'à lui et lui attrapa les épaules, essayant de le calmer.

- T'es blessé ?!

- N-non...

- Aide moi à me lever, faut qu'on sorte d'ici !

Il réussit à se redresser en s'appuyant sur son frère alors que le sol de la chambre se fissurait. Chaque pas était une torture. Ils sortirent presque en courant de la chambre. Les couloirs étaient envahis de gens paniqués, qui hurlaient, ce bousculaient dans la plus grande des cohues. Une morceau de plafond se détacha et provoqua d'autant plus de cris. Rogue se serra contre son frère, complètement terrifié.

- Je veux pas mourir !

- Tu ne vas pas mourir ! cria Gajeel pour couvrir les hurlements.

A peine eu-t-il terminé sa phrase que le sol se fissura et s'effondra à plusieurs endroits. De justesse le jeune homme fit un bon en arrière et évita une chute d'une dizaine de mètres. Il hurla en retombant sur sa jambe blessée et avisa un bureau en bois massif. Il chopa son frère et se glissa dessous, le serrant contre lui comme s'il pouvait disparaitre à tout moment. Le petit garçon au bord de la crise de panique cacha son visage dans le pull de son frère, pour faire comme si tout cela n'arrivait pas vraiment. Tout continuait de trembler et Gajeel voyait des gens tomber dans les trous, se faire écraser par les morceaux de pierre ou hurler en tentant de s'enfuir. La minute suivante lui parut des siècles. Quand enfin tout cessa de trembler, il lui fallut une minute pour régir. Il secoua alors son frère. Ils avaient une chance de sortir du piège mortelle qu'était devenu l'hôtel.

- Allez, lève toi, faut qu'on bouge !

Hochant la tête en tremblotant, le garçonnet se releva. Ils prirent la direction des escaliers. Les hurlements retentissaient toujours, et au bruit es immeubles, des routes et des infrastructures diverses continuaient de s'effondrer. C'était inimaginable. C'était l'apocalypse. Ils arrivaient à peine au premier étage quand soudain, une parcelle de mur sur lequel Rogue était appuyé céda et il bascula dans le vide avec un hurlement de peur.

La seconde sembla s'étirer lentement. Il y eu un éclair bleu et Gajeel fut tiré en arrière, alors que le sol cédait sous lui. Il se cogna violement la tête et resta sonné quelques secondes. Quand il reprit ses esprits, la première chose qu'il fit fut de se relever pour scruter l'endroit ou il se tenait une seconde avant. Rien. Du vide.
- Rogue ? Murmura-t-il d'une voix plaintive.

Il entendit des sanglots hystériques et tourna la tête. Dans les bras d'une jeune fille aux cheveux bleus, son petit frère semblait au bord de l'apoplexie. Un garçon aux cheveux curieusement blanc l'attrapa par les épaules pour qu'il le regarde.

- Hey, tu vas bien ?!

- Ou-ouais... Le sol... Rogue il... Il était en train de tomber...

- Il à rien, fit l'inconnu. Jubia l'a rattrapé à temps. Toi par contre, t'a la jambe trouée.

Il refit enfin complètement surface. Rogue n'était pas mort et la jeune fille –Jubia- était en train d'essayer de le calmer. Un autre jeune homme, aussi brun que l'autre était blanc, était accroupi près d'eux. Tous avaient les vêtements pleins de poussière, et le brun avait une méchante entaille au dessus de l'œil. Il reporta son attention sur celui qui avait parlé : il examinait sa jambe avec un air soucieux.

- Faut que je retire les éclats de verre, fit-il. Ça va faire mal, mais sinon se serra pire.

- Vas-y, souffla Gajeel.

C'était complètement surréaliste comme situation. Il eu un cri de douleur lorsque le médecin improvisé lui retira les trois morceaux de verre imbriqués dans sa chair. L'autre retira sa veste et lui fit un bandage de fortune. Les cris avaient diminués dehors, et on entendait plus d'immeubles s'effondrer.

- J'm'appelle Leon, fit le blanc. Lui là bas, fit-il en désignant le brun, c'est mon frère, Grey. Et la fille c'est Jubia.

- Gajeel, mon frère c'est Rogue. Qu'est ce qui c'est passé ?! Un instant on regardait la télé et après...

- Tremblement de terre, fit Jubia.

Sa voix tremblait. Elle renifla et repoussa ses cheveux qui lui tombaient devant les yeux.

- Tout le monde a paniqué. On a préféré attendre que tout le monde soit sortit... On n'a pas eu vraiment le choix, c'était la cohue, murmura-t-elle.

- Faut qu'on sorte avant qu'il y ait d'autres secousses, fit Grey. Gajeel, tu peux marcher ?

- Ça va aller. Tu pense qu'on sera plus en sécurité dehors ?

- Faut qu'on sorte de la ville, argumenta Leon. Sinon on se prendra des immeubles sur la gueule. Le mieux c'est de passer par Wall Street et de prendre le pont.

- Tu pense qu'il tien toujours ? Demanda Jubia en se relevant.

- Espérons.

Leon aida Gajeel à se relever. Celui-ci posa doucement sa jambe au sol. La douleur était supportable. Il leva le pouce et tout le monde se mit en marche.

Dehors, le paysage était apocalyptique. Les immeubles à moitié effondrés, la route fissurée, les cadavres écrasés ou transpercés, les voitures retournées... Jubia eu un frisson. Elle n'avait pas lâché la main de Rogue. Le petit garçon n'avait pas arrêté de pleurer. Ça et là des survivants tentaient de fuir par les rues parallèles, ou pleuraient en appelant des proches. Ils cheminèrent parmi les cadavres et les voitures, le nœud au ventre.

- Vous croyez qu'il y aura d'autres secousses ? Demanda Gajeel, appuyé sur Grey.

- Il y en aura, répondit celui-ci. Forcément. Se sont des retours. Ils seront un peu moins fort, mais si on à pas quitté la ville avant qu'ils arrivent, ça ira mal pour nous.

- Bon sang, grommela Leon. C'est le scénario d'un putain de film de fin du monde, ça !

- Sauf qu'on n'est pas dans un film, murmura Rogue.

Cette réflexion engendra un silence mal à l'aise. Ils continuèrent encore sur une centaine de mètres. Là, des taxis, écrasés par des morceaux de façades où retournés, gisaient comme des véritables cadavres. Ils venaient d'arriver sur Wall Street. Jubia marqua un temps d'arrêt. Le cadavre d'un jeune homme aux cheveux longs la fixait sans vraiment la voir, la partie basse écrasée sous des tonnes de bétons. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux et se retourna pour rendre son déjeuner sur le sol. Leon lui caressa doucement le dos. Rogue s'accroupis près du jeune homme et lui ferma doucement les yeux. Il avait séché ses larmes.

- Voila. Maintenant c'est comme s'il dormait.

Le cynisme de l'enfant donna un frisson à Grey.

- Hey, vous !

Le cri les fit se retourner. Un jeune homme blond, une partie du visage couvert de sang, agitait les bras vers eux. Il pointa du doigt un taxi près de lui.

- Venez m'aider ! Y'a une fille qu'est coincée !

Grey regarda Jubia, Jubia regarda Leon, Leon regarda Gajeel et Gajeel se mit à boitiller en direction de l'inconnu. Celui-ci les vit s'avancer avec soulagement. Arrivés devant la voiture accidentée, Grey lâcha Gajeel qui s'assit près d'un autre garçon, qui gardait la main crispée sur son ventre. Sur son haut était poisseux de sang. Ses cheveux d'un curieux mélange bleu-violet étaient trempés de sueur et couvert de poussière. Il tenait dans sa main un portable, et le serrait tellement fort que ses phalanges en devenaient blanches. Son visage avait la couleur de la craie.

- Mur ? Demanda-t-il en désignant la jambe du brun.

- Fenêtre, répondit ce dernier.

- Dur, souffla le jeune homme. J'm'appelle Bixlow.

L'inconnu – qui s'avéra s'appeler Luxus- expliqua la situation aux autres.

- Un bout du mur est tombé et a écrasé le taxi. Le chauffeur est mort mais y'a une fille à l'arrière qui est vivante, mais je ne peux pas soulever le béton tout seul et Bix...

- Il n'a pas la forme, approuva Leon.

Grey s'approcha de la voiture. La fenêtre était brisée et la porte complètement tordue. A l'avant, la carrosserie était complètement défoncée et un filet de sang noir s'écoulait d'entre les pierres. Une main sans vie pendait. Le jeune home réprima un haut de cœur.

- Hey ! Tu vas bien ?

-J'suis vivante, lui répondit une voix féminine fatiguée. Mes jambes sont bloquées sous le siège... Et je crois que j'ai le bras cassé...

- Comment tu t'appelle ?

- Levy...

- Ok Levy. Moi c'est Grey. On va te sortir de là.

Leon fit le tour de la voiture pour évaluer les dégâts. Il grimaça. Le poids du béton qui écrasait le taxi lui semblait phénoménale, d'autant plus qu'ils étaient presque tous blessés. Luxus avait une plaie assez moche qui lui traversait l'œil gauche. Heureusement que son œil n'avait pas été touché. Grey avait fini par découper une manche de sa veste pour se l'enrouler autour de la tête et ça avait un peu arrêté le sang. Mais le pire restait Bixlow. On aurait dit qu'il allait clamser à tout instant.

- On va soulever la pierre avec Grey, Luxus et Jubia, fit le blanc. Gajeel tu récupère Levy.

- J'peux vous aider à soulever, fit le jeune homme en se relevant.

- Avec ta jambe ? Mauvaise idée, rétorqua Luxus. Tu risquerais de te blesser encore plus.

Le brun se sentit de protester mais finalement il hocha la tête et shoota dans les éclats de verre qui pendaient encore de la fenêtre – pas comme s'il avait besoin de s'entailler encore plus. Il s'assura que Levy avait entendu le plan et hocha la tête vers les autres.

- Vous êtes près ? Demanda Luxus. Un, deux, trois !

Ils poussèrent de toutes leurs forces et le métal eu un grincement. Levy essaya tant bien que mal de se dégager, mais rien à faire. Ils eurent beau pousser de toute leur force et réussir à soulever le bloc de béton de quelques centimètres, la jeune fille était toujours bloquée. Rogue observa un instant la pierre, la voiture, la pierre et posa son ornithorynque – qu'il n'avait pas quitté malgré le tremblement de terre - passa derrière la voiture et ouvrit le coffre. Bingo. I en ressortit un cric que Jubia se hâta de placer juste sous la pierre qui bloquait les jambes de la prisonnière. Et une fois arrivé au bout de l'engin...

- C'est pas vrai ! S'énerva Gajeel. Il manque juste quelques centimètres !

- Les pneus, fit Bixlow, prit d'une illumination. Crevez les pneus !

Ils s'entreregardèrent. Jubia se saisit d'un des morceaux de verre et le planta dans un des pneus du taxi. Celui-ci se dégonfla joyeusement avec un pchiiiiit qui redonna un souffle d'espoir aux autres. Elle fit de même avec tout les autres et Levy poussa un cri de victoire quand elle dégagea ses jambes de sous le siège. Gajeel tendit les bras et l'attrapa sous les aisselles pour la sortir de sa prison de métal. Il fut étonné par sa taille et son poids plume lorsqu'il la posa enfin sur le sol.

- Merci, bredouilla la jeune fille qui sentait des larmes rouler sur ses joues.

- Y'a pas de quoi, siffla Bixlow qui avait encore pâlit. On a pas put protéger Fried, alors si toi t'es sauvée, c'est que cette putain de journée n'est pas totalement foireuse.

Il semblait sur le point de s'évanouir. Jubia s'agenouilla près de lui, soucieuse. Il perdait beaucoup trop de sang. Elle déchira la deuxième manche de la veste de Grey et appliqua le reste contre la plaie béante du jeune homme. Elle se mordit la lèvre. Ça ne suffirait pas, et Bixlow ne pourrait jamais marcher jusqu'en dehors de Seattle. Elle échangea un regard avec Luxus. Il avait suivit le même cheminement.

- Je vais le porter, fit-il.

- Vous avez essayé d'appeler des gens ? Demanda Levy avec une voix tremblante.

- Ouais. On a plus de réseaux, les lignes et les bornes relais on du être détruite, fit Gajeel. Et puis de toute façon, les secours doivent êtres complètement débordés à l'heure qu'il est.

- Faut qu'on sorte de la ville nous même, conclu Leon

- Attendez un peu, fit Luxus. Les immeubles les plus haut on généralement des bornes relais sur le toit ou dans les étages supérieurs. On pourrait les utiliser pour appeler du secours, ou au moins nos familles.

- Nous on à pas de famille, murmura Rogue assez haut pour que tout le monde entende. Pas une vraie, en tout cas.

Il y eu un instant de silence. Luxus jeta un coup d'œil au petit garçon. Il savait reconnaitre un enfant battu. Gajeel, qui devait être son frère, avec ses piercings et ses cheveux en bataille, soudain son regard avec un air de défi, du genre vas-y, fait un commentaire et je te bute. Il posa une main sur les cheveux du plus jeune.

- Ma mère travaille dans les forces armées, fit Jubia. Si je l'appelle, elle pourra peut être nous évacuer plus rapidement. Son petit ami est pilote d'hélicoptère...

Ils s'entre regardèrent.

- C'est quoi, l'immeuble le plus proche ? Demanda Grey.

- Le Horney Building, près du port, répondit Levy. C'est à une heure de marche, à peut près.

- Quand-est ce que les retours vont arriver ?

- Dans les trois quartes heures, je pense, fit Leon. Ça nous laisse le temps d'au moins appeler la mère de Jubia et d'être suffisamment hors de la ville en cas de danger.

Luxus hocha la tête. Ça lui convenait. Avec l'aide de Grey, il chargea Bixlow su r son dos, ce qui arracha à son ami une plainte de douleur. Levy ramassa l'ornithorynque de Rogue, serrant contre elle son bras cassé pendant que Leon soutenait Gajeel.

- C'est partit, murmura-t-elle.